Epilogue
La neige avait commencé à fondre depuis déjà quelques jours, et un grand enfant regardait par la fenêtre les dernières traces blanches recouvrir le jardin, le visage un peu soucieux, comme si le départ de l'hiver l'attristait. La maison n'était ni trop grande, ni trop petite, mais bien trop vide... C'était un peu normal, mais jusque-là, la neige l'avait rassuré... Elle s'en allait elle aussi, elle allait le laisser seul elle aussi, jusqu'à l'hiver prochain. Le jeune homme posa son front contre la vitre, poussa un soupir qui l'embua, et détacha finalement son regard du jardin, pour le porter sur l'horloge aux couleurs vives du salon. Quelques heures. Et plein de minutes. Il restaitr quelques heures et plein de minutes avant son arrivée. Et il devait s'occuper jusque-là... Un bruit de moteur, puis de klaxon, le sortit de ses pensées, et il rejoignit sans joie la porte d'entrée. Un grand van noir aux allures de 4x4 s'était arrêté devant la maison. A l'intérieur, pas mal d'agitation... Une porte s'ouvrit, et un poids s'abbatit sur ses épaules. De vagues au revoirs, et le véhicule redémarra, laissant seuls les deux amants, l'un heureux d'être rentré plus tôt que prévu, l'autre surpris et heureux de le voir déjà arriver. Ils avaient quelques heures et plein de minutes en plus pour eux seuls. Aoi avait commencé par raconter toute la tournée, les lives, les fans, les problèmes techniques, les rhumes, la route, l'avion... Et la neige, qui n'était pas tout à fait pareil dans le reste du pays mais qui restait de la neige, et qui l'avait rassuré, lui avait donné courage quand ça n'allait pas trop. Le récit, miyavi en connaissait djà une partie, après tout ils s'appelaient tous les soirs, comme ils l'avaient toujours fait, mais il adorait entendre son amant parlerde tout ça, de tout ce qu'il n'avait pas pu vivre, et il adorait l'entendre parler tout court. Il aurait pu passer des jours à l'écouter sans la moindre pause. Et pourtant...
Aoi était allé prendre une douche pour se remettre du voyage. Il voulait aussi en profiter pour se changer. Mais il s'était effondré. BOUM. Un grand bruit, mais il espérait que miyavi ne l'avait pas entendu... Peine perdue, il savait déjà que c'était impossible. La porte n'était même pas fermée à clef, à quoi ça servait de toute façon ? Le guitariste tenta de se relever, mais son corps était bien trop douloureux. A cause des concerts. Du froid. De l'attente. De l'éloignement... Et de la tristesse. La douche, elle lui rappelait un peu celles des hôtels où il avait dormi, de grandes et belles douches qui ne faisaient qu'accentuer sa solitude... Oh bien sûr, des fois il dormait dans la même chambre qu'Uruha, mais entre dormir dans la même chambre qu'un ami et dormir dans le même lit qu'un amant, la différence est de taille. Son corps en portait encore les marques. Il avait fallu faire attention : ça ne devait surtout pas se voir lorsqu'il portait ses tenues de scène. Mais il en avait besoin. C'était douloureux. Et agréable. Et effrayant.
Des bruits de pas précipités, une voix inquète et trop familière, trop douce, ce fut tout ce qu'il entendit. Ses yeux s'étaient fermés sous la douleur, il ne voulait plus la sentir mais elle restait là, comme pour se moquer de lui. Il y avait des bras autour de son corps, des bras chauds et doux, recouverts d'un tissu qui ravivait la douleur. Mais ils était familiers. Rassurants. Agréables... Ses propres ongles qui avaient commencé à déchirer sa peau encore une fois cessèrent aussitôt leur petit manège, et il se laissa aller, tremblant, contre son amant. Une main lui caressait les cheveux, des lèvres murmuraient des mots doux, de ceux qu'il voulait entendre, à son oreille.
Il savait bien, il aurait du lui en parler. Il devait lui en parler. Mais comme toujours, il se tut.
