Je pensais sérieusement que les slashs seraient pour moi les plus durs à écrire. Je dois bien avouer que je me suis trompée. C'était une torture que de trouver une idée de Casey/Ralph. Alors... Eh bien, j'ai triché. Il y a la relation Casey/Ralph, bien sur, mais ce n'est pas exactement ce que fjudy devait attendre. Désolééee.


Défi de : Fjudy

Relationship(s) : Casey/Ralph... (et Derek/casey.)

Mots: Ritournelle, moteur, topinambour

Titre : Comme une incessante ritournelle


Pour Casey, les journées s'écoulaient les unes après les autres, semblables, comme une incessante ritournelle qui reviendrait toujours dans la musique de sa vie. Du moins, c'est ce qu'elle aimait penser. Le mot habitude lui déplaisait ; ritournelle faisait mieux. C'était une pointe de poésie dans la monotonie des jours qui passaient. Elle secoua à la tête, et se re-concentra sur son essai.

Comme chaque soir, elle faisait ses devoirs, après une journée banale au lycée. Elle se mordilla la lèvre, refusant à ses pensées de s'égarer à nouveau, et revint au sujet proposé.

« Expliquer en une cinquantaine de lignes les conditions de vie des gens à l'époque de la Seconde Guerre Mondiale. Parlez de la nourriture, du foyer, de l'éducation, et de l'économie. »

C'était un devoir simple, et Casey en avait pleinement conscience. Parlez de la nourriture, par exemple, était véritablement aisé. Même un gamin de l'école primaire savait que les gens en étaient réduits à manger du topinambour à longueur de temps. Le reste des termes étaient certes, plus vagues, mais pas d'une difficulté absolue.

Bref, comme d'habitude, Casey allait avoir une note excellente.

Avec un air satisfait, elle mit le point final à son texte, le relu entièrement en corrigeant quelques petites fautes, et poussa un petit soupir, en s'étirant lentement.

Comme tous les soirs après avoir terminé de travailler, elle descendit au salon, croisa Edwin et Lizzie qui regardaient une émission sur le surnaturel, sourit à sa mère qui lisait un dossier important, entra dans la cuisine en poussant légèrement Derek sur le côté, attrapa un verre, ouvrit le frigo pour attraper la brique de jus de fruit… et entendit un long sifflement appréciateur.

Avec un soupir mi-agacé mi-désespéré, elle se retourna avec un sourire crispé.

Comme il en avait prit l'habitude depuis maintenant une semaine, Ralph était ici.

La semaine précédente, il s'était brusquement découvert un grand intérêt pour la demi-sœur de son ami, et s'était mis à l'observer tout le temps, à lui parler le plus souvent possible, à essayer de la faire rire, allant même à s'inviter les soirs chez Derek ; malheureusement, avec Casey, ce n'était pas vraiment la bonne méthode à utiliser, et il avait surtout trouvé le moyen de se faire quasiment détester de la jeune fille. Elle détestait les pots de colle –et Ralph en faisait désormais parti.

« Salut, Ralph. » souffla-t-elle avec un sourire contrit. « Toujours là, à ce que je vois. »

« Hey, Casey. » s'exclama-t-il avec un clin d'œil appuyé. « Ce n'est pas ma faute, tu es encore plus jolie le soir, il serait injuste que Derek soit le seul à en profiter ! »

Les deux autres adolescents échangèrent un bref regard, entre la complicité et la provocation, que Ralph ne capta néanmoins pas. Casey devait avouer que ces compliments, s'ils n'avaient pas été répétés encore et encore, auraient pu être plaisants à entendre. Seulement…

« Ralph… » Soupira-t-elle en levant les yeux au ciel.

Derek toussota.

« Hum, Ralph, tu me rejoins plus tard ? »

Casey, paniquée, jeta un regard noir à son demi-frère, qui afficha seulement son petit sourire en coin moqueur, et leur adressa un petit signe de la main avant de disparaître. La brune l'injuria mentalement de tous les noms qui lui passaient par la tête. Ralph se racla la gorge, et Casey remarqua alors, horrifié, qu'il abordait désormais une mine gênée.

« En faites, Casey, je voulais te parler. »

Ses yeux s'ouvrirent en grands. Ça, elle ne s'y était pas attendue. Pas du tout. Oh mon dieu. Il allait lui faire une déclaration ?



« Je sais que je suis toujours vers toi depuis une semaine, et que je dois commencer à t'agacer… » Débuta-t-il avec un peu plus d'assurance.

Il lit dans les pensées, ou je suis si mauvaise actrice que ça ? Songea Casey, dépitée.

« Mais je pense que… que nous deux… Nous sommes des âmes-sœurs, Casey ! » S'exclama-t-il avec conviction.

Il ne venait quand même pas de dire ce qu'il venait de dire… N'est-ce pas ? Casey se mordit violemment la lèvre pour retenir le fou-rire qui la menaçait. Sans aucun doute, Ralph était original. Mais, pour le coup, sa phrase qui aurait pu paraître si belle dans un film romantique, semblait plutôt pathétique et ridicule, ici, dans cette cuisine.

Elle laissa échapper une exclamation qui relevait plus du rire étouffé qu'autre chose, mais se reprit immédiatement en voyant l'air blessé qu'il affichait. Il y croyait donc vraiment. La réplique moqueuse qui brûlait ses lèvres fut ravalée tout de suite, la compassion prenant la place de l'agacement.

« Oh, Ralph. Je… pardon, mais… Nous deux, je pense plutôt que c'est impossible. » Dit-elle doucement.

Etonnement, il sourit à nouveau ;

« Je savais que tu dirais ça. Mais réfléchi quelques secondes, d'accord ? Tu es très intelligente, mais tu ne t'amuses pas souvent. Au contraire, je m'amuse à longueur de journée, mais mon QI n'est pas extrêmement élevé. Nous nous complétons grâce à nos différences ! »

Intérieurement, elle admit qu'il n'avait pas totalement tord, et son raisonnement, dans le fond, était très correct. Malheureusement, il ne changeait en rien son opinion, et elle allait bien devoir lui faire comprendre. Elle soupira, s'installa sur un tabouret, et leva des yeux sérieux vers le jeune homme.

« Tu pourras dire ce que tu veux, Ralph, je ne pense pas être une fille pour toi. Je pense que la fille qui te conviendra sera jolie et intelligente, mais elle saura aussi parler de voitures et de moteurs, et de tous les trucs dont les garçons adorent parler –sauf peut-être des filles, mais c'est évident. »

Il s'approcha d'elle, abordant désormais une moue suppliante, et elle eut un mouvement de recul.

« Casey… Je t'en supplie… »

Elle fronça les sourcils, alors que, faisant mine de s'approcher encore, il chuchotait rapidement ;

« Casey, il faut absolument que tu fasses comme si tu étais charmée. Sinon, je vais perdre mon pari contre Derek qui a affirmé que jamais tu ne m'embrasseras. »

Il avait osé… Comment… Elle rugit mentalement contre son stupide demi-frère, et puis esquissa l'espace d'un instant un sourire rusé. Derek voulait jouer à ça ? Il allait même jusqu'à parier sur elle ? Très bien ! Monsieur allait être prit à son propre jeu ! Son sourire se fit attendrit, et elle adressa un clin d'œil discret à Ralph.

« Ralph… je ne peux pas prétendre que je suis amoureuse de toi. » souffla-t-elle, faussement désolée. « Mais… peut-être que… Si je… »

Elle s'interrompit un instant, se mordit légèrement la lèvre, puis pencha doucement la tête vers le jeune homme, qui, avec un sourire ravi, s'approcha à son tour. Leurs lèvres se frôlèrent, puis se réunirent totalement. Il passa maladroitement une main sur sa nuque, elle déposa ses doigts sur sa joue. Ce n'était pas que le baiser était désagréable, mais il n'y avait pas d'amour, alors il perdait de son charme. Ils se détachèrent en entendant un bruit sourd, et échangèrent un regard amusé.

« Hey, mon pote, tu vas bien ?! » s'exclama Ralph, 'inquiet'

Derek se releva tout de suite.

« Bien sur, bien sur. Tout va extrêmement bien. »

OoO



« CASEY ! »

« Derek ? » souffla-t-elle, moqueuse.

« Tu as embrassé Ralph. » s'exclama-t-il, outré.

« Et il embrasse très bien. » confirma-t-elle sérieusement.

« Il n'était pas sérieux, tu sais. C'était un pari. Avec moi. Et j'ai perdu, à cause de toi. »

« Derek ! » fit-elle mine de s'outrager, sans pouvoir s'empêcher de sourire. « Tu paris sur moi ? »

Il se rendit alors compte de la situation, et observa attentivement le visage de sa demi-sœur avant de laisser échapper un juron.

« J'y crois pas ! »

« De quoi ? » demanda-t-elle, innocente.

« Tu le savais, hein, que c'était un pari ! »

Elle hocha la tête.

« Tu t'es bien fichu de moi. » continua-t-il, boudeur.

« Ta tête était hilarante. » sourit-elle.

Il y eut un bref silence.

« Il embrasse vraiment bien ? »

Casey éclata de rire, et passa ses bras autour du cou du brun, les yeux brillants.

« Pas autant que toi, juré. »

Et, comme chaque soir, comme une suite à l'incessante ritournelle, la musique se termina sur la note joyeuse d'un baiser secret.

FIN