Disclaimer : comme d'habitude, les personnages de Saint Seiya appartiennent à Kurumada, nous ne faisons que les emprunter pour leur faire profiter des joies d'une vie normale…
En revanche, le choix du prénom de Lorcan vient de notre imagination.
Voici donc la suite de ma fic « Flashés », co-écrite avec Kittyarra. Si nous arrivons au bout, il y aura 4 parties en tout dont voici la première qui se déroule dans le Sanctuaire d'Athéna. On y retrouve tous nos chevaliers et leurs histoires d'amour. Attention !! Nombreux lemons à venir…
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Sans se douter de l'agitation qui régnait dans le sixième temple et le cœur de certains chevaliers, Shiryu était allongé sur la plage, écoutant la houle des vagues, regardant les étoiles et une constellation en particulier qui brillait plus que les autres du point de vue du disciple de Dokho.
« Je peux me joindre à toi ? »
Le cœur du dragon faillit lâcher en entendant la voix qui hantait ses nuits.
« Bien sûr. » répondit-il malgré tout, tentant de se reprendre et de masquer le trouble qui l'avait envahi.
Le nouveau venu s'installa près du Bronze et leva à son tour son regard vert en direction des astres lumineux.
« Le ciel est magnifique ce soir. »
« Oui, les étoiles brillent d'une telle intensité qu'on voudrait tendre la main pour les toucher. »
Il y eu un petit rire.
« Tu viens souvent ici ? »
« A chaque fois que j'ai besoin d'être seul pour faire le point. »
« Aurais-tu des soucis, Shiryu ? »
Entendre son nom prononcé par cette belle voix et de façon si douce procura une délicieuse sensation au Dragon qui coula un regard discret vers son frère d'arme.
« Non, pas particulièrement. » finit-il par répondre.
Le silence s'établit, chacun perdu dans ses pensées et profitant de la simple présence de l'autre.
« Tu n'es pas auprès de Shunrei ? » reprit le Lion sur le ton de la conversation.
La question le fit sursauter. Pourquoi lui demandait-il cela ?
« Pourquoi devrais-je être auprès d'elle ? » lui répondit le Dragon, surmontant sa surprise.
« N'est-ce pas le devoir d'un futur époux que d'être auprès de la femme qu'il aime ? » continua Aiolia d'un air indifférent mais fixant le Bronze d'un regard perçant.
Shiryu tourna la tête, scrutant son interlocuteur d'un air stupéfait.
« Où as-tu été chercher que j'étais amoureux de Shunrei et que j'allais l'épouser ? »
« Ce n'est pas le cas ? » fit l'autre d'un air innocent.
« Non ! Shunrei est comme une sœur pour moi ! Bien sur que non je ne vais pas l'épouser ! » se défendit le Chevalier Divin qui se demandait bien pourquoi le Lion lui posait toutes ses questions sur sa vie privée et encore plus pourquoi il y répondait aussi sincèrement.
« Tu m'en vois ravi… »
Ces derniers mots, chuchotés dans le creux de son oreille, laissèrent le Dragon sans voix pendant que l'autre se relevait et lui souhaitait une bonne nuit en partant.
Shiryu resta un long moment à contempler l'obscurité dans laquelle avait disparu l'homme qui hantait ses rêves, s'interrogeant sur la signification de ses derniers mots. Se pourrait-il qu'il lui plaise ? Il était pourtant réputé pour être hétéro, ces nombreuses conquêtes l'attestaient. Et puis, il entretenait une relation suivie avec une femme chevalier, tout le monde était au courant.
Alors que signifiaient ses paroles ?
Ne trouvant aucune explication satisfaisante et logique, Shiryu se releva souplement et se dirigea vers la maison où il logeait avec les autres Chevaliers Divins en bas des escaliers, sans se douter qu'il était observé.
Après l'avoir quitté, l'homme s'était éloigné puis, camouflant son cosmos, était revenu sur ses pas pour se cacher derrière un monticule rocheux d'où il pouvait contempler le jeune Chinois tout à loisir.
Il avait deviné l'incompréhension se peindre sur visage et en avait été satisfait. Il avait réussi à semer le doute dans l'esprit du Chevalier mais ce ne serait pas chose aisée que de l'amener à partager ses sentiments.
Depuis son intervention contre les renégats dans le sixième temple, il avait commencé à voir différemment ce jeune Bronze qui avait déjà tant combattu et qui n'hésitait pas, une fois de plus à risquer sa vie en tentant de les aider, se jetant au milieu de deux Athéna Exclamation.
Lui, le fier et courageux Chevalier du Lion en avait été impressionné et il avait senti son cœur se serrer lorsqu'il était tombé face à Rhadamanthe en sachant que plus rien ne faisait obstacle entre ce spectre d'une puissance terrible et le Chevalier du Dragon.
Sa dernière pensée face au mur des lamentations avait été pour lui et après leur résurrection, il s'était rendu à l'évidence que les sentiments qu'il ressentait pour le disciple de la Balance dépassaient le stade de l'admiration ou de l'amitié. Il avait alors entreprit de se rapprocher lentement de celui qui faisait battre son cœur.
Il l'observa se relever et admira au passage ses mouvements fluides et sa longue chevelure ébène qui cascadait sur ses épaules pour finir sur ses fesses. Aiolia sentit un frisson lui parcourir la colonne vertébrale en imaginant ses mains à la place de ses pointes de jais.
Le jeune homme passa près de lui sans remarquer sa présence et le Lion le suivit des yeux, pensif.
'Fais de beaux rêves mon beau Dragon.'
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Lorcan se pencha au dessus de Shion qui pu voir dans son regard une grande souffrance longtemps refoulée.
« Si je te dis pourquoi je n'utilise pas mon vrai nom, je pourrais m'endormir en écoutant ton cœur ? »
Et sans attendre la réponse, il lui confia son plus grand secret et sa plus grande tristesse.
« Bien avant ma naissance, ma mère avait du mal à enfanter, elle eut de nombreuses fausses couches et beaucoup de peines. Ce qui n'arrêtait pas mon père qui voulait absolument une fille. Une fois de plus ma mère se retrouva enceinte et 9 mois plus tard, je naissais. Mon père étant marin, il était souvent absent du village pour quelques mois, il ne sut rien de ma venue au monde. Je fus baptisé et présenté au village.
Quand mon père rentra il pleura de joie quand il apprit que son enfant était né et en pleine forme. Mais une fois à la maison, il eut une grande déception, j'étais un garçon. Alors, il me nomma Aphrodite et m'éleva comme une fille. Si j'avais le malheur de dire le contraire il me punissait. Je devais avoir 6 ans quand je me suis rebeller contre lui. De ce jour là, j'en garde un souvenir cuisant. »
« Quel genre ? » s'inquiéta Shion.
Lorcan continua son récit en ignorant la question.
« J'ai retenu la leçon. Ce n'est qu'un an plus tard que quelqu'un du Sanctuaire est venu me chercher pour devenir un chevalier d'Athéna. Mon père ne voulait pas me laisser partir et ma mère qui était proche de son deuxième accouchement était complètement sur les nerfs. Le soir même, j'eu une petite sœur. Mon père trop heureux me donna, comme si j'étais un jouet dont il ne voulait plus. »
Aphrodite se leva. Arrivé devant la porte, il se tourna et baissa un peu son pantalon découvrant l'aine où il y avait une rose qui avait été faite au fer rouge.
« Un souvenir qui ne s'oublie pas ! » répondit-il au Pope en détournant le regard.
Il se rhabilla et attrapa la poignée dans l'intention de sortir de la pièce. Il avait dévoilé une partie de son passé pitoyable mais avait au moins éviter de répondre à la dernière question du Pope.
« Lorcan, attends ! T'en vas pas. »
Celui-ci ne bougea pas.
« Tu ne voulais pas t'endormir en écoutant mon cœur ? »
Le Chevalier tourna son regard pur où brillait une lueur indéfinissable, mélange de douleur, de colère et d'autre chose qu'il n'aurait su définir, des larmes traçaient des sillons humides sur ses joues pâles.
« Lorcan… »
Le Suédois baissa les yeux.
« Lorcan, je ne peux pas te prendre dans mes bras pour te réconforter mais laisse moi au moins t'accorder ce que tu m'as demandé… » le supplia presque Shion dont l'état malheureux du Suédois lui serrait le cœur.
Le Poisson s'approcha du lit et lentement se glissa sous les draps, se blottissant contre Shion et posant sa tête contre le torse aimé, écoutant les battements puissants et réguliers.
Une mèche des ses longs cheveux tomba dans la main de l'Atlante qui la lui caressa d'un mouvement régulier des doigts. Il entendit bientôt à sa respiration régulière qu'il s'était endormi.
Il réfléchi à ce qu'il venait d'apprendre. Comment pouvait-on faire cela à son propre enfant ? Il se promit d'aider son Chevalier à oublier son passé et il s'endormit à son tour, bercé par la respiration du jeune homme contre sa poitrine.
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Milo se réveilla en sursaut avec une peur indescriptible qui lui tordait les tripes. Une intuition le fit bondir du canapé sur lequel il s'était endormi, ignorant les photos qui jonchaient le sol et se rua dehors.
Il arriva très vite au sixième temple et déboula dans le salon. Il eut une vision d'horreur ; Shaka était là, étendu sur le canapé, inconscient, couvert de sang. Ikki, Shun et Kanon tentant de soigner ses brûlures et ses coupures.
« Poussez vous ! » ordonna le Scorpion.
Il enflamma son cosmos, appela Mû qui se matérialisé au milieu de la pièce dans la seconde. Ce dernier n'eut pas le temps de poser des questions qu'on lui assénait un ordre.
« Emmènes nous tout de suite à l'hôpital ! »
Milo avait pris le corps de Shaka dans ses bras et Mû, voyant l'état de son ami, n'avait pas perdu de temps et les avaient téléportés à l'hôpital du Sanctuaire
Milo faisait les 100 pas dans la salle d'attente, suivit des yeux par Saga, Kanon, Mû, Shun et Ikki. Aucun d'eux n'avait essayé de le calmer, c'était peine perdue.
« Que s'est-il passé ? » demanda le Scorpion d'une voix sourde.
« J'allais rendre visite à mon frère quand j'ai senti le cosmos de Shaka, qui m'a glacé le sang. Pris d'un mauvais pressentiment, je me suis précipité chez lui pour le trouver évanoui sur le sol de sa salle de bain dans l'état où tu l'as trouvé en arrivant à ton tour. »
Ikki avait parlé d'une voix blanche que personne ne sembla remarquer, trop inquiets de l'état du Gold.
Milo planta son poing dans le distributeur de sucreries qui se vida de son contenu ainsi que de sa monnaie. Il était loin de s'imaginer que sa surprise ferait autant de dégâts, il avait juste voulu que son beau chevalier se détende dans un cadre magnifique…Il tomba à genoux, une main sur sa bouche tentant de retenir ses sanglots. Les deux chevaliers Divins ne comprenaient rien à ce qu'il se passait, tandis que Mû et Saga le relevaient pour l'installer sur une chaise. Kanon était resté en retrait, il réfléchissait à sa conversation avec Shaka et se demandait ce qui avait bien pu se passer après pour que le blond chevalier en arrive à de telles extrémités.
De longues heures étaient passées quand le médecin arriva.
« Il est dans un état stable, les brûlures sont superficielles, nous avons pu stopper toutes les hémorragies, mais il a perdu beaucoup de sang, il lui faudra beaucoup de repos et tout rentrera dans l'ordre. »
« Je peux le voir ? » s'empressa de demander le Scorpion.
« Demain matin, comme je vous l'ai dit, il a besoin de repos. »
Mû proposa aux autres chevaliers de rentrer chez eux pendant que lui resterait à l'hôpital et leur promit de les avertir dès que Shaka serait réveillé.
« Je reste aussi ! » affirma Milo.
« Moi aussi, je te tiendrais ainsi compagnie. » fit Saga à l'attention du Bélier.
« J'acceptes avec plaisir. »
'Et nous devons avoir une discussion avec Milo.' ajouta Mû par télépathie.
« Bon, alors en route ! » lança Kanon.
« On compte sur toi pour nous prévenir s'il y a la moindre chose. » dit Shun, inquiet malgré lui et ayant encore l'image de l'Indou baignant dans son sang au milieu de sa salle de bain ravagée.
« Oui, oui, ne vous inquiétez pas, je vous tiens au courant. » leur promit Mû avant d'aller déposer un chaste baiser sur les lèvres de Saga qui s'empourpra, faisant sourire les autres.
Les chevaliers partirent et Milo put enfin respirer. Shaka s'en sortirait.
Mais que s'était-il passé pour qu'il en arrive là ? Le cœur du Scorpion se comprima, encore.
« Tu peux m'expliquer ? »
Mû se tenait planté devant Milo, les poings sur les hanches, dans une posture réprobatrice.
« Mû, c'est toi son meilleur ami, son confident et depuis quelques temps, le seul à le fréquenter alors que moi, je n'ai plus de nouvelle de lui. Tu es le mieux placé pour me dire ce qu'il lui a prit. » répliqua le Grec d'un ton accusateur, blessé par l'attitude du Bélier et profondément inquiet pour son amant.
Mû baissa le regard. Habituellement oui, il savait ce qu'il lui arrivait, mais là, il lui manquait une pièce du puzzle et de taille.
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Alors qu'Ikki repartait auprès de Hyoga pour le mettre au courant, Kanon et Shun s'arrêtèrent dans le sixième temple pour tout nettoyer et remettre en ordre. Le jeune Chevalier était pâle en lavant le sol couvert de débris de verre et de crystal, de bougies et du sang de Shaka.
« Ca va aller ? » s'inquiéta Kanon.
« Je ne comprends pas. Pourquoi a-t-il fait ça ? »
« Je n'ai pas de réponse à te donner. Quand je suis parti de chez lui, il semblait moins déprimé que ces derniers jours et j'ai même vu une lueur d'espoir traverser son regard. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé après. »
« Nous devons l'aider Kanon. On ne peut pas le laisser se détruire comme ça. »
Shun avait les larmes aux yeux.
« Je te le promets. » répondit l'ex Général en serrant le jeune Andromède contre son cœur.
Kanon berça quelques instants l'angelot qu'il avait entre ses bras. Puis, essuyant ses larmes avec ses pouces, il rapprocha son visage du sien et lui vola un tendre baiser. Leurs langues ne tardèrent par à se chercher pour enfin se trouver. Shun déchira sans ménagement le polo du gémeau et caressa d'une façon érotique les muscles de son torse et de son dos.
Grisé par les sensations que faisait naître dans son corps le jeune Andromède, Kanon le souleva pour le porter dans le troisième temple, manquant de chuter à chaque marche.
La descente des escaliers fut hasardeuse et c'est à bout de souffle et très excités qu'ils pénétrèrent dans le temple des Gémeaux. Kanon plaqua Shun contre une colonne, le déshabillant fébrilement.
La fraîcheur de la colonne dans son dos sembla le faire revenir à la réalité.
« Kanon… ne penses-tu pas qu'il serait préférable d'aller dans la chambre ? » gémit-il.
« Non ! Je ne veux pas attendre, je veux te faire l'amour ici et maintenant ! »
Le jumeau avait de plus en plus de mal à se contrôler et à ne pas prendre son jeune amant brutalement. Les mains et la langue de celui-ci étaient autant de tortures sur sa peau brûlante. Son désir se faisait pressant et douloureux entre ses jambes.
Lorsqu'il sentit la main de Shun s'insinuer vers son bas ventre et déboutonner son pantalon, il crut devenir fou. Il se colla encore plus étroitement à lui, frottant sa virilité libérée au membre gonflé de désir du jeune chevalier tout en laissant glisser sa main vers son intimité pour le préparer.
« Prend-moi maintenant Kanon, je veux sentir ta chaleur m'envahir. »
« Mais… je vais te faire mal ! »
Kanon avait le regard troublé par le plaisir.
« Kanon… s'il te plait… je ne peux plus attendre… » le supplia Andromède.
Il souleva délicatement les jambes du Bronze pour les appuyer sur ses hanches et commença à le pénétrer. Ce dernier se crispa sous la douleur mais l'enjoignit tout de même à continuer, s'empalant de lui-même d'un seul coup sur le sexe de son amant, poussant un cri de douleur.
« Shun ! »
Le Jumeau n'osait plus bouger, scrutant, inquiet, le visage grimaçant du jeune homme.
« Pourquoi as-tu fait ça ? Tu t'es blessé ! »
Shun rouvrit les yeux et plongeât un regard où se mêlaient douleur, tristesse, peur et … un immense amour, et Kanon comprit.
Après ce qu'il venait de voir, il avait besoin d'être rassuré, de sentir ses sensations décuplées. La douleur en faisant partie car il savait qu'après viendrait la jouissance, le bonheur sublime d'appartenir à celui qu'il aimait et qui l'aimait en retour.
Kanon commença à bouger en lui, faisant des mouvements amples, remplaçant rapidement la douleur par le plaisir, son regard toujours fixé à celui émeraude du Chevalier Divin. Il guettait la montée de la volupté sur son visage, sentant lui-même les flammes de la délectation le consumer lentement, jusqu'à les emmener tous les deux au Nirvana.
Il sentit les ongles de Shun s'enfoncer dans sa chair et chercha ses lèvres qui s'entrouvrirent instantanément, leurs langues se mêlant lascivement. Ils laissaient échapper des gémissements entrecoupés de cris, les flammes les dévorant de plus en plus. Soudain, le jeune Japonais se contracta sous l'effet de la jouissance pendant que Kanon donnait un dernier coup de rein pour plonger au plus profond d'Andromède avant de se déverser en lui en longs spasmes de plaisir.
Kanon ne sut comment il trouva le courage de rester debout, sur ses jambes flageolantes et de ramener son amant jusque dans leur chambre où ils s'écroulèrent sur le lit, se blottissant dans les bras l'un de l'autre avant de s'endormir.
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Mû venait de mettre Saga au courant du malentendu qui avait entraîné la séparation des deux amants et Milo était à son tour en train de raconter comment il avait voulu faire plaisir à Shaka et ce qu'il avait fait dans la salle de bain de celui-ci.
« Ca devait être joli » remarqua le Gémeau.
« Oui, il aurait du être magnifique dans le bain avec une lueur féerique. Je voulais recréer quelque chose comme ce jour là. »
« Quel jour ? » demanda Mû, surpris.
« C'était une chaude après midi, j'étais en train de me balader, quand je l'ai vu. Il était sous un arbre en pleine méditation, les rayons passaient au travers des branches et se reflétaient contre l'armure de Shaka. A ce moment là j'ai pu voir ce qu'il y avait de plus beau sur cette Terre. Il a fini par ouvrir les yeux, il souriait. J'en étais tout retourné, à tel point que je ne savais même plus où j'étais ni comment je m'appelais. C'est à partir de ce moment là que je me suis rendu compte de ce que j'éprouvais pour lui. » Avoua le Grec d'une voix mélancolique.
Et Milo raconta comment il avait fait pour se rapprocher de sa Vierge, pas à pas, les fous rires, les points communs, les balades, les essais culinaires. Ce qu'il ressentait au plus profond de son être pour ce Chevalier.
« J'aurais dû lui dire que je l'aime. » termina-t-il d'une voix où perçaient les regrets et l'amertume.
Sans ajouter mot il se leva et partit dans le couloir en direction des chambres. Il entra discrètement dans celle de l'Indou, prît une chaise et se mit à le veiller.
« Tu savais depuis le début ? » demanda Saga, troublé par la révélation du Scorpion.
« Si je suis parti à Jamir, c'est parce que j'étais persuadé que tu n'éprouvais rien pour moi, alors que je me consumais d'amour pour toi. J'ai préféré fuir. C'est Shaka qui m'a tiré de cet enfer. Nous nous sommes énormément rapprochés au point de ne plus avoir de secret l'un pour l'autre et de tout se confier. Alors oui, je savais. Mais il a du se passer quelque chose aujourd'hui et je n'ai pas la moindre idée de ce que ça peut-être. »
Après être allés voir dans la chambre et trouvé Milo assis près du lit où reposait Shaka, sa main tenant celle de l'Indou, il s'était finalement endormi la tête posée sur son bras sur les couvertures près de l'épaule du Chevalier encore inconscient, Mû et Saga décidèrent de rentrer se reposer un peu au treizième temple.
En traversant le huitième temple et prit d'une impulsion subite, Mû se rendit dans les appartements du Scorpion et fût surpris par les deux énormes cadres qui lui faisaient face.
« Mon amour, pourrais-tu venir s'il te plait ? »
« Qu'y a-t-il ? » demanda Saga en stoppant lui aussi face aux photos.
Mû se rendit près du fauteuil, il avait vu des photos éparpillées un peu partout et se pencha pour les ramasser. Il en prit quelques unes et ses yeux se dilatèrent de surprise. Tous les clichés représentaient le couple. Ils avaient l'air si heureux, comment une stupide méprise avait pu, à ce point, tout ruiner ? Il tendit les clichés à Saga et se laissa tomber sur le divan.
« Mais que s'est-il passé ? » répéta-t-il pour la énième fois.
Le jumeau observa un instant les photos puis s'installa à côté du Bélier.
« Shaka n'a pas l'habitude des relations humaines ou sentimentales. C'est nouveau pour lui. Je pense que, plus que quiconque, il a besoin d'être rassuré et connaissant l'insouciance caractéristique dont fait preuve notre Milo, il y a fort à parier que cela ne lui ait même pas traversé l'esprit et qu'il ne se soit pas posé plus de question que cela puisque tout allait bien entre eux. »
Mû leva les yeux vers Saga.
« Promets-moi de ne jamais laisser aucun malentendu s'insinuer entre nous. »
« Maintenant que je te tiens, je ne vais pas risquer de te perdre. » lui affirma le Gémeau, son regard exprimant toute la sincérité de ses paroles.
Ce dernier se releva et tendit sa main à l'Atlante, son regard toujours rivé au sien.
« Viens. Allons nous reposer un peu et demain nous irons prendre des nouvelles de Shaka. »
Le Bélier mit sa main fine dans la sienne pour se relever et la fit glisser autour de la taille de son amant. Etroitement enlacés, ils finirent l'ascension des marches qui les menaient au palais du Pope.
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Hyoga était allongé sur le canapé de la maison qu'il partageait avec les autres Bronzes. Il avait revêtu un des T-shirt d'Ikki et était plongé dans un roman d'aventures quand le Phénix entra dans la pièce.
« Alors, comment va Shun ? Toujours aussi amoureux ? » fit-il sans lever les yeux de son livre.
N'obtenant pas de réponse, il releva la tête pour croiser le regard terne du Japonais et bondit hors du canapé pour se précipiter sur lui.
« Ikki ! Qu'est-ce que tu as ? Il est arrivé quelque chose à Shun ? Ikki ! Réponds-moi ! »
Hyoga commençait à paniquer devant le regard inexpressif du jeune homme.
« C'est Shaka… »
« Shaka ? Et bien quoi Shaka ? »
« Il est à l'hôpital. »
Encore tout retourné, le Phénix lui raconta comment il avait trouvé le Chevalier de la Vierge, couvert de sang et inconscient, dans son temple ainsi que comment Milo et Mû l'avaient transporté d'urgence à l'hôpital.
Hyoga fut soulagé de savoir le Saint hors de danger mais s'inquiéta de l'absence de réaction de son amant. Il savait à quel point ce dernier avait de la considération pour l'Indou, à tel point que c'en était presque de la vénération, et en déduisit sans mal qu'il avait du être choqué par ce qu'il avait découvert : celui qu'il considérait comme le plus fort des Golds mais aussi comme un demi-Dieu, tant par sa force physique que mentale, ce demi-Dieu avait des faiblesses et pouvait souffrir.
Cela avait du être un choc pour Ikki.
Hyoga le prit tendrement dans ses bras et lui murmura des mots apaisants en lui caressant doucement le dos.
Il le sentit bientôt se détendre. Reculant légèrement la tête pour capter son regard, le Cygne vit que la tristesse y était apparue.
« Shaka est certainement le plus fragile d'entre nous pour ce qui concerne les sentiments humains, tu sais. A force de le voir méditer et toujours tourné vers Dieu, nous en avons oublié qu'il n'en restait pas moins humain lui aussi, mais qu'à la différence de nous, toutes ces émotions qui nous sont familières, lui, il commence tout juste à les ressentir et elles sont d'autant plus décuplées qu'il est seul pour toutes les assimiler. »
« Hyoga, si tu l'avais vu… Il gisait dans son propre sang, j'ai cru qu'il était mort… Je n'ai rien pu faire d'autre que d'appeler Shun. Je ne savais pas quoi faire pour lui. Alors que lui m'a sauvé la vie, moi j'étais impuissant à l'aider. »
« Tu n'es pas coupable, Ikki. S'il y a un coupable alors nous le sommes tous pour l'avoir laissé seul quand il avait besoin du soutient de chacun d'entre nous pour l'aider à assimiler toutes ces nouvelles sensations et les peurs qu'elles ont du faire naître en lui. »
Ikki se blottit un peu plus dans les bras du Cygne qui le serra plus étroitement et, lui relevant la tête, lui prit ses lèvres avec douceur.
Le Phénix laissa la langue du jeune Russe se frayer un chemin entre ses dents et envahir cette antre humide. Presque timidement, il répondit au baiser et se laissa entraîner dans un ballet langoureux, sentant un frisson lui remonter le long du dos.
Ses mains se glissèrent sous le T-shirt du Bronze pour venir effleurer sa peau du bout des doigts faisant frémir celui-ci qui se colla encore un peu plus à lui.
Hyoga sentait le désir monter en lui, il avait enfoui sa tête dans le cou d'Ikki et respirait l'odeur de celui qui savait si bien trouver ses points sensibles et le faire crier de plaisir. Il passa à son tour ses mains sous le vêtement du Japonais et les fit glisser sur la peau chaude dont il sentait les muscles rouler sous ses doigts.
Leurs respirations s'accéléraient, leurs gestes se faisaient plus précis, plus sensuels. Ils se débarrassèrent de leurs T-shirt pour coller leur peau l'une contre l'autre.
Ikki eut des frissons de plaisir en sentant la fraîcheur du corps du Russe contre le sien brûlant. Il avança, faisant reculer le jeune homme jusqu'à le plaquer contre le mur, lui maintenant les poignets d'une main au dessus de la tête. De l'autre, il s'évertuait de rendre son amant fou de désir en la promenant sur tout son corps, s'attardant sur les points sensibles qu'il connaissait maintenant par cœur.
Le Cygne gémissait sous les assauts de l'oiseau de feu, il sentait son corps s'embraser et commençait à se sentir à l'étroit dans son boxer quand il ne put retenir un petit cri en sentant la jambe d'Ikki se glisser entre les siennes pour venir appuyer leur bassin l'un contre l'autre.
« Ikki…tu vas me rendre… fou… Si… quelqu'un…arrivait… Il…il…vaudrait…mieux qu'on…monte…dans la…ch… »
Hyoga ne put finir sa phrase, le Phénix reprenant ses lèvres et forçant l'entrée pour un baiser exigent, presque brutal.
Le Russe ne s'en formalisa pas. Son amant avait le sang chaud et même s'il était quelque peu brusque, il faisait toujours attention à ne pas lui faire de mal. Il avait confiance en lui.
Il réussit à dégager une main de la poigne d'Ikki et la fit directement glisser dans le pantalon de ce dernier, la posant sur son membre gonflé de plaisir qu'il se mit à caresser.
Le Phénix émit un long râle et, ni tenant plus, se détacha légèrement du Cygne pour dégrafer son jean et commencer à l'enlever.
Celui-ci l'arrêta d'une main pendant que l'autre était toujours en action sur la verge du Japonais. Il se laissa glisser le long du mur et vint positionner sa tête au niveau de l'objet de ses désirs, son regard accroché à celui, profond, de son amant. Il fit glisser le reste de ses vêtements le long de ses jambes et remonta sa main vers les fesses bien galbées alors que l'autre n'avait cessé ses mouvements de va-et-vient.
Sans prévenir, il le prit en bouche, l'avalant jusqu'à la garde, arrachant un cri de volupté au puissant Phénix.
Il resta quelques secondes immobile, fixant toujours Ikki du regard, puis se mit lentement en devoir de lui donner des petits coups de langue et de dents, provoquant des spasmes et des gémissements chez son partenaire.
« Han !... Hyo…ga ! … t'arrêtes pas… continue…c'est bon… »
Hyoga sentait son propre désir décuplé au son des paroles et des gémissements de son amant, mais il n'accélérait pas, torturant celui-ci par sa lenteur.
Ikki était secoué de spasmes et donnait des coups de reins pour forcer son tortionnaire à aller plus vite, se sentant au bord de la jouissance.
Soudain, Hyoga s'agrippa aux deux lobes charnus et serrant les lèvres, accentua son mouvement et se délecta de la semence de son bien-aimé qui tomba à terre, ses jambes ne le soutenant plus. Aussitôt, le Russe le couvrit de son corps, ondulant contre lui et l'embrassant voracement.
Il sentit des mains se poser sur ses cuisses et remonter vers ses fesses pour finalement se glisser sous son boxer. Il se détacha, à bout de souffle, des lèvres du Japonais et plongea son regard clair dans le sien, noyé de plaisir. Se soulevant légèrement, il se débarrassa du dernier obstacle à la fusion de leurs deux corps et se remit à onduler sensuellement sur son amant.
« Tu me rends fou Ikki… »
Il se retrouva brusquement sur le dos, un genou forçant doucement mais fermement ses jambes à s'entrouvrir et sentit une main se glisser vers son intimité.
Il se sentait perdre pied et plonger dans un monde de volupté où seul le Japonais savait l'emmener. Se contractant involontairement sous l'effet de l'intrusion qu'il ressentait dans son corps, il se détendit presque aussitôt et dans un long gémissement de plaisir, sentit une douce chaleur humide le lécher et l'enserrer alors que l'intrusion se faisait plus présente encore en lui.
Ikki bougeait maintenant 3 doigts dans l'intimité palpitante de son amant et s'appliquait à le détendre avant de le faire sien.
Hyoga gémissait, son corps était parcouru de frissons et de spasmes incontrôlés. Il émit un grognement de mécontentement quand les doigts se retirèrent, pour étouffer un cri de douleur quand la virilité imposante du Phénix s'insinua en lui.
Comme toujours, Ikki lui murmura pardon au creux de l'oreille, n'osant plus se mouvoir, attendant que son Cygne s'habitue à sa présence. Et comme toujours, c'est Hyoga qui bougea le premier, ses grimaces de douleur vite remplacées par le plaisir intense que lui prodiguait le membre du Phénix qui allait et se retirait avant de revenir s'enfoncer encore plus loin, arrachant des cris de ravissement au Russe qui se cambrait toujours plus pour l'accueillir plus profondément en lui.
« Hn… Hyoga ! … Tu es … si … étroit… »
Le corps de Hyoga ne lui appartenait plus, il était mû par le plaisir, la volupté que lui apportait Ikki et indépendamment de sa volonté, il cherchait à ce que ce corps qu'il désirait tant se fonde dans le sien.
Des étoiles dansaient devant ses yeux, son cœur s'emballait, il avait la sensation que son corps, en sueur, ne pourrait pas supporter plus de plaisir et pourtant Ikki continuait de plonger en lui, déclenchant à chaque coup de butoir, des milliers d'ondes qui lui traversaient le corps en autant de décharges, se répercutant dans ses reins, l'amenant toujours plus prêt de la rupture de ses sens. Il se sentait perdu, son cœur menaçait d'exploser dans sa poitrine, sa raison avait fui, son univers se résumait aux deux orbites assombries par le plaisir qui le fixaient avec intensité, semblant vouloir sonder son âme.
« Ikkiiiiiiiiiiiii… »
Une main imprima le même mouvement à sa virilité, que soit dit en passant, il n'avait rien à envier au Phénix, et il sentit sa conscience qui l'abandonnait, sombrant dans la jouissance intense dans un cri dont l'écho se répercuta dans sa tête alors qu'il perdait la notion de réalité et atteignait un niveau de volupté qu'il ne pensait pas pouvoir dépassé d'une fois sur l'autre, et dont les limites se révélaient à chaque fois repoussées.
Il croisa ses jambes sur les reins de son amant par réflexe et se laissa aller à une semi inconscience.
« Hyoga, tu es merveilleux. Je t'aime tellement. »
« Ikki, promets-moi de me faire toujours l'amour avec la même passion. »
« Je te le promets. Tu es si beau quand tu es submergé par le plaisir. »
« Je t'aime. »
« On devrait peut-être monter dans la chambre pour que je te prouve à nouveau à quel point je t'aime. »
« Ikki ! Tu n'en as jamais assez ? … Mais j'avoue que j'aime ça… » le gronda gentiment le Cygne en prenant la main tendue que le Phénix lui tendait pour se retrouver dans ses bras.
« Je ne pourrais jamais en avoir assez de toi, car je t'aime chaque jour encore un peu plus. » lui répondit le Japonais tout en l'emmenant dans leur chambre, tendrement serré dans ses bras puissants.
oOo
Le Poisson se colla un peu plus contre la source de chaleur, s'éveillant lentement.
« Bonjour Lorcan. »
Il ouvrit les yeux, stupéfait et à présent parfaitement réveillé. Cela faisait des années lumières que personne ne l'avait appelé par son véritable prénom et cette voix douce qui venait de prononcer ces mots lui faisait l'effet d'un électrochoc.
Shion, qui ne voyait pas le visage du Poisson, celui-ci reposant sur son torse, continua de le réveiller en douceur.
« As-tu bien dormi ? »
« Pourrais-tu le redire s'il te plait ? »
« Lorcan ? »
« Oui. Encore une fois s'il te plait. »
« Lorcan »
Le poisson releva la tête avec un grand sourire, approcha son visage de celui du Bélier et déposa un baiser léger sur la joue de celui-ci.
« Merci, Shion »
Quoiqu'un peu surpris par l'attitude de son garde-malade, ce dernier lui rendit volontiers son sourire.
« Tu as faim ? » lui demanda Lorcan en sortant du lit.
« J'avoue que je ne serais pas contre un bon petit déjeuner. »
« Ne bouges pas, je vais nous préparer un solide petit déj', tu vas te régaler. Tu préfères du café ou du thé ? »
« Du thé s'il te plait. »
Pendant que le Poisson s'afférait dans la cuisine, Shion pensa à la tournure qu'avait prise leur relation après les révélations de la veille.
Il n'en aimait que plus le jeune Saint et se fit la promesse que plus jamais ce dernier ne serait blessé par qui que ce soit.
Lorcan le tira de ses pensées en revenant dans la chambre, portant un plateau sur lequel étaient deux bols de thé fumants, du pain grillé encore chaud, du beurre, de la confiture, du jus d'orange, deux yaourts et … du Nutella… .
Alors que le Suédois se glissait de nouveau sous les draps en faisant attention de ne rien renverser, Shion continuait de fixer le pot de Nutella, incrédule.
Lorcan, suivant le regard de l'ancien Bélier, éclata de rire.
« C'est mon péché mignon, je ne peux plus m'en passer au petit déjeuner. »
Le Pope ne répondit pas et sourit en le voyant ouvrir le pot et plonger sans plus de façon sa cuillère à l'intérieur avant de la porter à sa bouche pour déguster consciencieusement le contenu.
« Beurre et confiture ? » questionna-t-il, la cuillère dans la bouche, en montrant une tranche de pain grillé à l'Atlante qui avait du mal à détacher ses yeux de cette langue qui se délectait de la pâte à tartiner au chocolat.
« Hein ? Euh… Oui… Non ! Seulement de la confiture, s'il te plait. » bégaya l'aîné.
Ils déjeunèrent tranquillement, Lorcan s'amusant à faire manger Shion, puis le Poisson débarrassa le plateau et revint dans la chambre avec le nécessaire pour faire la toilette de son patient.
Ce dernier fut plus détendu que la veille et surtout plus confiant et il se laissa laver par le Suédois sans éprouver de gêne.
Lorcan le revêtit d'un kimono et l'installa dans le fauteuil près de la cheminée avant de partir prendre une douche. Il laissa la porte de la salle de bain entrouverte et continua de discuter avec lui tout en se lavant rapidement. Il finit par ressortir de la salle de bain juste vêtu d'une serviette autour de la taille et demanda à Shion ce qu'il lui plairait de faire tout en passant dans la chambre pour s'habiller.
Le Bélier ne répondit pas de suite, se remettant du choc qu'avait provoqué la vue du Gold à peine vêtu.
« Je te laisse décider. »
Lorcan ressortit de la chambre, vêtu d'un pantalon en velours crème et d'un pull assorti à la couleur de ses yeux. Il finissait de se démêler les cheveux.
« Que dirais-tu d'aller se balader autour du lac ? Il me semble avoir vu un chemin à peu près praticable. »
« Oui, pourquoi pas. »
Le Suédois s'approcha de Shion et le soulevant dans ses bras, le porta jusqu'au fauteuil roulant sur lequel il le déposa délicatement. Il retourna dans la chambre pour revenir muni d'une couverture chaude qu'il étendit sur les jambes du Pope avant de lui poser un blouson épais sur les épaules.
Attrapant lui-même une sorte de doudoune, il poussa le fauteuil roulant et ferma la porte derrière lui.
L'air froid fouetta le visage de Shion qui respira un grand coup, revigoré par la fraîcheur. Ils arrivèrent près du lac et prirent le chemin qu'avait repéré Lorcan en arrivant la veille. Au bout de 10 minutes de promenade silencieuse, chacun semblant plongé dans ses pensées, Lorcan stoppa le fauteuil près d'une plage de galet gris où l'eau venait paisiblement s'échouer et soulevant le Pope, il l'installa confortablement entre ses propres jambes, son torse lui servant de dossier. Shion se laissa complètement aller, le Poisson le maintenant par la taille.
Il sentit celui-ci enfouir discrètement le visage dans ses cheveux et respirer leur parfum.
« C'est magnifique… » s'extasia le Pope, contemplant le paysage, pour se donner une contenance.
« C'est toi qui est magnifique. » répliqua le poisson sans même s'en rendre compte.
Les joues de l'Atlante prirent une jolie teinte rosée et il se focalisa sur le paysage.
Lorcan était heureux, il respirait bien pour une fois, il avait le cœur léger et il se sentait libéré d'un poids sur ses épaules. La confidence de la veille lui avait finalement fait un bien fou, même si au début ça avait été difficile. Et puis avec Shion, le secret était bien gardé.
« Lorcan ? »
« Oui ? »
Le Poisson avait le cœur qui battait à tout rompre, Dieux qu'il adorait cette voix et la façon dont elle prononçait son prénom résonnait d'une façon très sensuelle.
« Pourquoi ne reprendrais-tu pas ton prénom au Sanctuaire ? »
Le cœur du Suédois s'arrêta sur le coup de la question, son visage devint blême et une lueur de panique passa dans son cosmos que le Pope ressentit instantanément. Il se tourna tant bien que mal vers le Poisson qui, déséquilibré, tomba en arrière entraînant l'Atlante. Chacun d'eux en eut le souffle coupé et le temps sembla s'arrêter.
A suivre …
