Disclaimer : comme d'habitude, les personnages de Saint Seiya appartiennent à Kurumada, nous ne faisons que les emprunter pour leur faire profiter des joies d'une vie normale…
En revanche, le choix du prénom de Lorcan vient de notre imagination.
Voici donc la suite de ma fic « Flashés », co-écrite avec Kittyarra. Si nous arrivons au bout, il y aura 4 parties en tout dont voici la première qui se déroule dans le Sanctuaire d'Athéna. On y retrouve tous nos chevaliers et leurs histoires d'amour. Attention !! Nombreux lemons à venir…
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Après la réunion, Mû resta un moment à parler avec Saga et d'autres chevaliers des dispositions qu'ils allaient devoir prendre pour mener leur plan à exécution, puis il se rendit chez lui et trouva l'enveloppe qu'il s'empressa d'ouvrir.
Mû,
Merci pour tout le mal que tu t'es donné pour essayer d'arranger les choses.
Je te confie Shaka, prends soin de lui.
Ton ami
Milo.
Le Bélier était plus inquiet que jamais, il envoya un message mental à Saga pendant qu'il se rendait à toute vitesse à l'hôpital. Dans la chambre remplie de Lys, le sommeil de l'Indou semblait tranquille mais pas de trace de Milo. D'un coup d'œil circulaire il repéra une lettre à côté de la photo. Il savait que c'était très indiscret mais il n'avait pas le choix. Il s'en saisit et la lut s'écroulant sur le fauteuil au fur et à mesure des phrases. Mû avait les larmes aux yeux. Comment cet empoté de Scorpion était-il capable d'écrire tout ce qu'il avait sur le cœur alors qu'il était incapable de les dire ?
Saga entra dans la pièce. Mû lui tendit le mot qu'il avait reçu et se remit à la lecture de celui laissé à l'intention du chevalier de la Vierge. Les pupilles du Bélier se dilatèrent d'horreur, il relut à voix haute les quelques lignes.
Shaka, mon éternel amour,
Depuis ce jour où tu m'as accepté près de toi, tu es devenu le soleil qui réchauffe mon âme, ton amour était l'eau qui étanchait ma soif et ta seule présence suffisait à emplir mon cœur de bonheur.
Mais j'ai été un monstre d'égoïsme en ne me souciant que du bonheur que tu m'apportais sans jamais me préoccuper du tien, de tes sentiments. Je t'ai fait souffrir et à cause de moi tu en es venu à te détruire.
Je suis ton malheur alors que je ne souhaite que ton bonheur.
Je te rends ta liberté afin que tu puisses t'épanouir pleinement, délivré du joug d'un amour que je voulais exclusif, je m'en rends compte.
Pardonne-moi mon amour pour tout le mal que je t'ai fait.
Je disparais avec le regret de t'avoir fait souffrir mais avec la joie de savoir que tu vas enfin vivre heureux, sans moi.
Qu'Athéna me pardonne, je ne peux vivre sans toi car mon cœur n'appartenait qu'à toi et ne battait que pour toi.
Adieu, mon bel amour. Ne te reproches rien, le seul fautif c'était moi.
A toi par delà la mort,
Milo
Saga était abasourdi.
« Oh le con !! » lâcha-t-il malgré lui.
« Saga, il faut avertir Shion, la situation nous échappe totalement. » déclara Mû.
« Oui, mais avant… il faut le retrouver en espérant qu'il ne soit pas trop tard pour cela…» lui répondit Saga.
A cet instant, Hyoga et Ikki firent leur entrée dans la chambre, venant reprendre leur garde. Avant qu'ils n'aient pu émettre un son, Saga les mit au courant des derniers événements, leur demandant de veiller sur Shaka, pendant que Mû se téléportait dans le temple de Milo.
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Au même moment, Shun traversait les temples, il devait avoir une discussion avec le Scorpion. Il traversait le sixième temple lorsqu'il ressenti un faible cosmos qui s'éteignait non loin de là.
Alarmé, il courut vers les jardins pour y découvrir Milo allongé sous les arbres, inconscient et baignant dans son sang.
En voyant les piqûres sur le corps du Scorpion, Shun comprit instantanément ce qu'avait fait Milo et lança aussitôt un appel mental aux deux seules personnes capables de le sauver.
« Kanon ! Hyoga ! Je suis chez Shaka, dans les jardins, dépêchez vous ! »
Il assena une gifle magistrale au Scorpion, espérant le faire réagir pour le maintenir en vie quand il entendit la voix de Kanon derrière lui.
« Ca ne sert à rien, Shun, il ne sentira rien ! Il a perdu ses 5 sens. »
Shun le regarda, désespéré.
« Tu as subi la Scarlet Needle, tu sais ce qu'il faut faire. »
Hyoga apparu au même moment.
« Shun ! Qu'est-ce qu'il t'arrive ? »
Puis apercevant Milo.
« Mais c'est pas vrai ! Qu'est ce qu'il a fait !? »
« Hyoga, tu peux ralentir l'écoulement du sang avec ton froid pendant que je tente de stopper l'hémorragie ? »
« Shun, éloignes-toi je vais le prendre contre moi pour que Kanon puisse porter son coup. »
Hyoga souleva le corps inerte de Milo et l'appuya contre lui, augmentant son cosmos pour faire chuter la température corporelle du Scorpion et ainsi ralentir le flux sanguin. Puis il se cala bien contre l'un des arbres et fit signe au jumeau.
Kanon enflamma son cosmos à son tour, se concentra sur son point d'impact et lançant brusquement le poing en avant, frappa le centre vital du Scorpion.
Shun et Hyoga fixait Milo, se demandant si ça avait marché. Lentement, le sang s'arrêta de couler et Kanon, qui avait retenu son souffle, poussa un petit cri de victoire.
Ils sursautèrent en voyant soudain Mû se matérialiser aux portes du jardin et accourir à eux. Son regard s'assombrit lorsqu'il découvrit le corps ensanglanté dans les bras de Hyoga.
« Milo ! Est-ce qu'il est… ? »
Il ne pouvait pas terminer sa phrase.
« Non, nous sommes arrivés à temps. Hyoga et Kanon ont fait ce qu'il fallait. » le rassura Shun.
« Mais à quoi pensais-tu, stupide bestiole, en te suicidant dans le jardin de la Twin Sal ? Comment croyais-tu que Shaka allait réagir en découvrant ton cadavre vidé de son sang ? » ne put s'empêcher de hurler le Bélier, ses nerfs mis à rude épreuve craquaient et l'abandonnaient au plus mauvais moment si bien qu'il ressentît le besoin de se précipiter dans les bras de Saga qui venait de les rejoindre, guidé par le cosmos de Mû.
Kanon et Hyoga portèrent Milo dans la chambre de Shaka et le déposèrent sur le lit où ils entreprirent de lui nettoyer ses blessures avant de les panser.
Mû avait recouvré ses esprits et discutait avec Saga de ce qu'ils allaient faire pour Milo et Shaka. Ils décidèrent de convoquer tout le monde au treizième temple et confièrent la garde de Milo à Hyoga et Shun.
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Tous les chevaliers d'or étaient réunis dans la salle du grand Pope et écoutait avec attention Saga leur relater les évènements qui avaient eu lieu au cours des derniers jours.
« Voilà, vous connaissez à présent les derniers évènements. Milo est actuellement dans les appartements de Shaka, gardé par Shun et Hyoga. Nous devons prendre une décision et je pense qu'il n'y a pas de meilleur moment pour les isoler. »
« Quoi ?! Alors que Milo est encore sous les effets de sa propre attaque ! » s'exclama Shura, inquiet.
« Justement ! Ce sera l'occasion rêvée pour Shaka de pouvoir s'occuper de lui sans que Milo ne l'étouffe. » répliqua Mû.
« Et puis d'avoir à s'occuper des blessures de Milo, le distraira de ses doutes et de ses sombres pensées. » ajouta Angelo.
Tout le monde acquiesça et il fut entendu qu'ils seraient tous deux téléportés dès le soir même à Jamir. De toute manière, ni l'un ni l'autre, ne se réveilleraient le soir venu. Le premier reprendrait connaissance au plus tôt au petit matin quant à Milo, d'ici à quelques jours puis ils ne seraient pas entièrement livrés à eux même, Mû garderait le contact discrètement, évitant ainsi d'autres complications non désirées.
Ils se séparèrent et Mû se rendit dans le bureau de Shion pour y être tranquille. Il devait contacter Shion pour le mettre au courant.
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« Oui Mû ? »
« Quoi ?! »
Lorcan releva la tête, Shion avait parlé à voix haute. Le Poisson regarda le Pope qui palissait à vue d'œil.
« Es-tu sûr que ce soit la meilleure solution ? »
…
« Je te fais confiance, Mû. Tiens-moi au courant. »
« Que se passe-t-il ? » s'inquiéta Lorcan.
Shion résuma rapidement la situation et le visage du Poisson laissa apparaître une vive inquiétude pour ses frères d'armes.
« Es-tu sûr que Milo soit hors de danger ? »
« Oui, Kanon a réussi à stopper l'hémorragie à temps. Il recouvrera ses sens rapidement. Après tout, il est plus immunisé que nous contre son attaque. »
« Mais que leur a-t-il prit à ces deux là ? Je ne savais même pas qu'ils étaient ensemble. »
« Moi non plus, je te l'avoue. Mais l'important pour l'instant, c'est qu'ils se retrouvent avant de s'entretuer l'un l'autre. »
« Oui, tu as raison. J'espère que ça marchera. »
« Lorcan ? »
« Oui Shion ? »
« Qu'éprouves-tu pour moi ? »
L'Atlante le regardait droit dans les yeux, le Poisson pouvait y lire l'appréhension de la réponse.
Lorcan se releva et fit quelques pas dans la pièce, nerveux puis, respira un grand coup, c'était l'heure de vérité. Ses joues se teintèrent de rose et un petit sourire timide naquit sur ses lèvres.
« Et bien je… Je pourrais dessiner ton visage les yeux bandés, je connais tous ses contours, toutes les expressions qu'il traduit, même quand tu essayes de garder un masque de marbre. Quand tu prends Mû dans tes bras, même si je sais que c'est ton ancien disciple, ça me fend le cœur. Quand tu regardes les autres chevaliers lors des entraînements, j'ai envie de hurler, tout en espérant que tu me regardes autrement. J'aime le mouvement d'épaule que tu fais pour enlever ta toge. Les traces de tes pas dans la terre battue des arènes… Et quand tu te saisis de ton verre pour boire, je ne peux m'empêcher d'imaginer que ce sont mes propres lèvres à la place. J'aimerais toucher et goûter ta peau… Chaque fois que je croise ton regard, j'aimerai que ça dure des heures.
J'aimerai pouvoir toujours rester auprès de toi, partager tes rires et tes pleurs. J'aimerai être celui sur qui tu puisses te reposer. »
Il s'arrêta quelques secondes, reprenant son souffle après une si longue tirade et avant de manquer de courage, il ajouta, si faiblement, que Shion du tendre l'oreille pour saisir les derniers mots.
« Shion, je suis amoureux de toi. »
Shion sentit son cœur se gonfler de bonheur. Il avait posé la question sur une impulsion. En apprenant l'histoire de Milo et de Shaka et le gâchis qu'un non-dit avait engendré, il avait subitement pensé qu'il ne servait à rien de jouer au chat et la souris et qu'il valait mieux parler franchement. Mais il ne s'était pas attendu à une telle déclaration.
Lorcan n'osait pas le regarder par crainte de ce qu'il découvrirait dans les yeux de l'Atlante. Il ne savait pas ce qui l'avait poussé à dire ça, même si c'était ce qu'il ressentait réellement. A présent il le regrettait, le Pope allait certainement croire que pour quelqu'un qui démentait toutes les rumeurs qui couraient sur lui, il était plutôt rapide à se déclarer.
« Je t'aime Lorcan. »
Ces quatre mots firent l'effet d'une décharge au Poisson qui se releva d'un bloc et fixa la bouche qui venait de les prononcer d'un air stupéfait. Ce n'était pas possible, son ouie lui jouait des tours.
« Je t'aime Lorcan. »
En même temps que Shion répétait ces mots, Lorcan les lisait sur les lèvres de celui-ci. Il n'avait pas rêvé, n'avait pas de problème d'audition. Son cœur s'emballa et il s'approcha de Shion.
Lentement, il s'agenouilla et posa sa tête sur les jambes recouvertes de plâtres.
« J'ai tellement peur Shion, peur des gens, de ce qu'ils peuvent faire… surtout quand il s'agit de… »
Il s'arrêta, encore un souvenir douloureux.
« Je suis sincèrement désolé. » murmura l'Atlante d'un air triste.
« Tu n'as pas à te sentir coupable de ce qui m'est arrivé. »
Lorcan sentit le cosmos chaleureux du Pope autour de lui, puis des bras l'enlacer, le serrant avec une infinie douceur. Une main lui caressa ses longs cheveux. Apaisé par cette caresse, le Suédois allait s'endormir quand il eut un éclair de clairvoyance et se redressa.
« Shion qu'as-tu fait de tes plâtres ?? »
« Tais-toi un peu, allons nous allonger un moment, tu veux bien ? »
« Mais… »
« Lorcan, si tu es tellement inquiet, on ira à l'hôpital plus tard. »
Avec un sourire, le Chevalier pris le Pope dans ses bras et le transporta jusqu'à la chambre.
Une fois dans le lit, Lorcan se coucha sur le cœur du Pope comme la veille. Et celui-ci, momentanément débarrassé de ses plâtres, put le serrer dans ses bras et caresser son visage comme il l'avait maintes fois souhaité.
Le poisson ainsi bercé ne tarda pas à s'endormir.
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Shaka ouvrit lentement les yeux. Il n'avait fait que dormir pourtant il ressentait une immense fatigue. Il se souvint des fleurs et de la piqûre, des calmants pensa-t-il.
Il regarda sur sa droite, s'attendant à y voir assis Mû et fut étonné de n'y trouver personne. D'ailleurs, il y avait quelque chose qui clochait. Où étaient les fleurs ? Ce n'était pas la même chambre.
Brusquement, il réalisa ! Il était à Jamir ! Il y avait suffisamment séjourné en compagnie de Mû pour reconnaître la chambre dans laquelle il dormait à chaque fois. Ainsi donc, Mû l'avait emmené à Jamir. Il lui en était reconnaissant. Il avait besoin de calme pour pouvoir réfléchir et mettre de l'ordre dans ses pensées et dans son cœur.
Il se força à se lever et partit à la recherche de Mû.
Il se dirigea directement vers la petite cuisine et n'y voyant personne, se rendit dans la pièce qui servait d'atelier à l'Atlante l'endroit où il réparait les armures endommagées. Personne non plus. Il tenta de rentrer en contact télépathique avec lui, en vain. Il étendit son cosmos pour tenter de le repérer et détectant une aura dans une des chambres, il rebroussa chemin.
Lorsqu'il ouvrit la porte et que son regard tomba sur le corps recouvert de bandages, son cœur manqua un battement et il cria en se précipitant vers le lit.
« MILO !! »
Milo avait l'impression d'être dans un rêve. Il avait cru entendre Shaka hurler son nom. Il ouvrit difficilement les yeux. Il eut la vision du Chevalier de la Vierge.
« Tu es magnifique mon amour, je t'aime. Ne t'en fais pas, d'où je serais je veillerais toujours sur toi. » murmura-t-il avant de retomber dans les limbes de l'inconscience.
Shaka haussa un sourcil tout en poussant un soupir de soulagement. Il était vivant. Mais de quoi parlait Milo ? Pensait-il être mort ? Il examina les bandages, il fallait les changer. Il ne savait pas ce qui était arrivé au Scorpion mais ça avait l'air grave. Avec qui s'était-il battu pour être dans cet état ?
Plongé dans ses pensées, il partit chercher de quoi changer les pansements de Milo.
Revenant avec une trousse d'urgence, il s'agenouilla prêt du chevalier endormi et entreprit de défaire les bandages tachés de sang qui couvraient son torse. Il étouffa un cri à la vue des blessures.
« Non ! Ce n'est pas possible… Milo ! Qu'as-tu voulu faire ? » cria-t-il, sortant le Scorpion de son inconscience.
« Je ne suis pas mort ? » s'étonna ce dernier en réalisant que c'était bien Shaka qui se trouvait à son chevet.
Shaka lui administra une gifle magistrale sous l'intensité de la colère qu'il ressentît à cet instant, marquant ainsi le visage de Milo qui en garderait les stigmates un moment et le laissant incrédule.
« Espèce d'imbécile ! Bien sûr que non tu n'es pas mort ! Mais qu'est ce qui t'a prit ?! »
La Vierge sentait la tête lui tourner. Il ne comprenait pas pourquoi l'homme qu'il aimait avait voulu se suicider. Il se raccrocha aux draps du lit, luttant pour ne pas se laisser envahir par cette obscurité qui menaçait de l'engloutir.
« Shaka, la vie sans toi ne vaut pas la peine d'être vécue, ce serait un véritable enfer. Mais je n'avais pas le choix, je t'avais déjà trop fait souffrir. » murmura faiblement Milo.
A ces mots, Shaka s'effondra en pleurs sur le torse ensanglanté du Grec qui ne put réprimer un gémissement de douleur. Aussitôt, l'Indou s'éloigna et plongea son regard à la couleur si pure dans celui du Scorpion.
« Repose-toi, on en rediscutera plus tard. »
Il finit de le soigner et c'est avec les caresses apaisantes du blond que le Grec se rendormit.
Quelques heures plus tard, Milo se réveilla en sueur, tremblant, avec une horrible sensation de froid. Il attrapa la main chaude qui lui tamponnait le front avec une compresse fraîche et l'attira à lui, entraînant un corps chaud qu'il retint dans ses bras musclés mais affaiblis par la fièvre.
Quand le Scorpion se réveilla à nouveau, la fièvre était finalement tombée mais il avait ressenti comme un manque et les impacts de son attaque le faisaient souffrir. Il sortit du lit avec quelques difficultés, regarda autour de lui et ne reconnaissant pas l'endroit où il se trouvait, quitta la chambre et se rendit au salon. Shaka lévitait en son centre en pleine méditation.
Le cœur de Milo s'arrêta pour repartir en s'emballant tout de suite après. Il retint son souffle puis eut un sourire. Il avait oublié à quel point il se sentait fondre en face de l'Indou. Il murmura un ' Je t'aime' avant de retourner dans sa chambre et de se recoucher. Il se sentait faible et ses blessures étaient douloureuses.
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Shiryu était assis à la table du petit déjeuner, son café refroidissant devant lui. Il se sentait idiot, doublement même. Il avait oublié qu'Aiolia était hétéro et s'était laisser aller à penser qu'il ne lui était peut-être pas indifférent, de plus, il avait totalement occulté sa liaison avec le chevalier de l'aigle.
Résultat, il s'était ridiculisé devant le Lion et se sentait tellement honteux et malheureux qu'il aurait voulu se terrer loin d'ici. Il redoutait à présent de croiser le Gold. Peut-être que son maître acceptera qu'il l'accompagne aux Cinq Pics, Dokho devait y retourner le surlendemain. Aucune raison ne le poussait à s'y rendre mais son air triste laissait à penser qu'il avait besoin de s'isoler.
Après leur retour à la vie, Dokho s'était déjà retiré aux Cinq Pics. Il avait un peu de mal à se faire à cette nouvelle chance qui leur était donné de vivre une existence sans guerres ni sacrifices, la prochaine grande bataille n'était en effet pas prévue avant plusieurs générations, le temps que le sceau d'Athéna qui retenait Arès se rompe.
Les Dieux avaient établi une trêve, Zeus ne leur avait pas donné le choix, et ils entretenaient des relations cordiales tout en s'évitant soigneusement. Ce que les Dieux pouvaient se montrer rancuniers.
Shiryu était tellement plongé dans ses pensées qu'il sursauta quand son ami lui donna une claque amicale dans le dos.
« A qui tu rêves ? » plaisanta t-il.
« Bonjour Seiya, bien dormi ? Je suis désolé que ce soit tombé à l'eau hier soir. »
« Ce n'est pas de ta faute, Shiryu et vu les circonstances, personne n'avait envie de s'amuser, même pas moi. » reprit-il d'un ton sérieux.
Quand le Dragon était rentré la veille et qu'il lui avait appris que Shaka et Milo étaient au bord du gouffre, il avait sentit toute sa joie refluer en même temps que son sang. Même s'il n'avait jamais eu beaucoup d'échanges avec le chevalier de la sixième maison, il avait beaucoup d'estime et de respect pour lui. Quant à Milo, il était aussi gamin que lui et ils avaient eu l'occasion de faire quelques blagues ensemble.
Ils avaient passé la soirée à quatre, Hyoga, Ikki, Shiryu et lui, à chercher des raisons aux comportements des Golds, à espérer que tout s'arrange et s'étaient couchés tôt.
« Alors ? A quelle heure pars-tu ? » s'enquit le Dragon.
« Tu es si pressé de te débarrasser de moi ? » le taquina Seiya.
Avant qu'il n'ait pu répondre, Hyoga et Ikki faisaient leur entrée dans la cuisine.
« Moi, oui ! Tu m'as encore piqué mon dentifrice ! » lui reprocha Ikki d'un ton accusateur.
« Ikki, ne sois pas agressif dès le matin. J'avais oublié le mien, ce n'est pas dramatique quand même. Je t'ais pas piqué ta brosse à dent non plus ! » riposta le jeune Japonais.
« Manquerait plus que ça tiens ! » s'énerva le Phénix.
« Ca suffit vous deux ! Le prochain qui l'ouvre je lui gèle la langue ! »
Hyoga venait d'intervenir d'un ton qui ne souffrait aucune réplique.
« Ce que vous pouvez être gamins tous les deux… » continua-t-il d'un air las, il n'avait visiblement pas assez dormi.
A cette constatation, Shiryu eut un sourire qui s'effaça presque aussitôt de ses lèvres en songeant qu'il aurait bien aimé pouvoir dire la même chose avec Aiolia.
La honte le submergea à nouveau, il avait chaud, il fallait qu'il aille prendre l'air.
Il se leva et sans un mot pour ses compagnons, sortit de la pièce.
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« Quand vas-tu te décider à lui parler ? »
Le cadet des deux frères avait fait irruption dans le temple de son aîné, furieux.
« Je sais bien que je n'ai pas eu le temps de finir ton éducation mais je pensais que je t'avais inculqué au moins la politesse ! » le réprimanda son frère.
« Ne joue pas avec moi Ayo ! Cette situation est intenable ! Je ne peux même pas avoir de vie privée ! »
Le Sagittaire sembla s'affaisser sur lui-même.
« Je sais, Lia, mais je n'y arrive pas. Et si elle ne voulait pas de moi ? »
« C'est pas vrai ! Explique-moi dans ce cas pourquoi elle ne cesse de me demander de tes nouvelles ? Et pourquoi s'intéresse-t-elle à tout ce que tu fais ? Vous n'êtes que des gamins tous les deux et moi j'en ai marre de vous servir d'intermédiaire ! Tu vas aller lui parler aujourd'hui sinon c'est moi qui le fais ! »
« Lia… je t'en prie, c'est encore trop tôt… je ne peux pas… »
Aiolia regarda son frère dont les larmes menaçaient de couler et s'approchant de lui, le prit dans ses bras.
« Ayo, on ne dirait vraiment pas que c'est toi l'aîné. On en a déjà parlé, tu crois vraiment qu'elle me parlerait autant de toi si elle ne ressentait rien pour toi ? »
« J'ai peur d'un refus, Lia… non… en fait, je n'arrive même pas à expliquer ce que je ressens mais quand je me retrouve devant elle, je perds tous mes moyens et je me sens tellement pitoyable face à cette femme qui semble si sûr d'elle…Oh Lia, qu'est-ce que je dois faire ? »
Le Lion s'attendrit en entendant les paroles de son frère.
Même s'il était le plus vieux par l'âge, son frère était mort à 14 ans en sauvant Athéna alors bébé et, malgré qu'il ait été ressuscité avec le corps d'un jeune homme de 27 ans, comme s'il avait continué de vivre, il n'en restait pas moins qu'il n'avait pas vécu 13 années de sa vie : les plus importantes.
A 32 ans, il se retrouvait toujours vierge avec les émois d'un jeune adolescent à son premier rendez-vous. Le contraste était saisissant et il comprenait ses peurs.
« Ecoute-moi, grand frère. Marine n'est pas femme à se moquer de toi ni de tes sentiments. Tu dois lui faire confiance. Crois-moi. » le rassura Aiolia.
« Je ne suis pas encore prêt, p'tit frère. Laisse-moi encore un peu de temps… s'il te plait. » supplia Ayoros.
« D'accord… » céda-t-il une fois de plus.
C'était toujours pareil, il finissait toujours par capituler face au désespoir qu'il lisait dans les yeux de son frère. Mais il n'en pouvait plus. Il servait d'intermédiaire entre Marine et lui, si bien que tout le Sanctuaire les croyait ensemble. Il fallait que cela cesse.
Il avait eu le temps de voir la déception dans les yeux de Shiryu quand le chevalier de l'Aigle s'était jeté à son cou et il en avait souffert.
Sa décision était prise, il allait parler à Marine aujourd'hui et faire en sorte qu'elle fasse le premier pas vers Ayoros.
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Profitant que Shun était resté avec Mû à Jamir pour s'assurer, de loin, que le réveil des deux tourtereaux se passait bien, Kanon avait décidé de faire une surprise à son amant en faisant le ménage de fond en comble.
Il estimait s'en être bien tiré jusqu'à présent, les draps étaient changés, les tapis secoués, le linge sale tournait dans la machine… ; il allait donc pouvoir s'occuper de passer l'aspirateur. Il le brancha et commença à aspirer sous le lit quand il entendit un bruit bizarre. Il tira le manche et eut juste le temps de voir disparaître un éclat doré dans la brosse.
« Haaaaa !! » hurla-t-il épouvanté.
Il mit ses doigts dans l'orifice de la brosse mais ne sentit rien. Alors il commença à démonter le tuyau qui reliait celle-ci à l'aspirateur sans plus de résultat.
La panique commençait à l'envahir. Shun allait lui en vouloir énormément, il en était sur.
Il trouva comment ouvrir le corps de l'engin et, dans sa précipitation, arracha le sac de son logement dont le contenu s'envola dans toute la chambre, dispersant une fine couche de poussière sur le lit tout propre, les chevets, le sol et lui-même.
Saga, qui passait voir son frère, arriva sur ces entrefaites et resta ébahi à l'entrée de la chambre, fixant son frère qui était recouvert de moutons de poussières. Notant un objet brillant à terre, il se pencha et le ramassa pour le tendre à Kanon. Celui-ci prit machinalement l'objet et resta assis par terre sans réagir plus.
« Kanon, mais qu'est-ce que tu as encore fait ? » ne put s'empêcher de demander l'aîné des jumeaux.
A ce moment, l'intéressé sembla revenir sur terre et éclata en sanglots, serrant le précieux bijou sans sa main.
« C'est le cadeau que lui avait offert Ikki la première fois qu'ils se sont fêté leurs anniversaires et il… le… il l'avait avalé… alors j'ai voulu le récupérer et…et… voilà… » hoqueta t-il en désignant l'état de la chambre d'un grand geste avant de fondre à nouveau en larmes.
Saga s'approcha et le prit tendrement dans ses bras en lui murmurant des mots apaisants.
« Ce n'est pas grave, ne t'inquiètes pas. Je vais t'aider à tout nettoyer. »
Il sentait son frère se détendre contre lui
« Tu es sur ? Oh Saga, qu'est ce que je ferais si tu n'étais pas là ? » lui demanda Kanon d'une toute petite voix avant de se remettre à pleurer.
Le Pope lui releva le menton délicatement d'une main et fixa son regard si semblable au sien.
« Tu t'en sortirais très bien tout seul. »
Puis il se pencha et ses lèvres effleurèrent celles de son frère en un chaste baiser avant de le serrer dans ses bras.
« Vas prendre une douche pendant que je m'occupes de la chambre. » lui murmura-t-il après quelques minutes.
Kanon se leva et partit en direction de la salle de bain pendant que Saga allait chercher un sac neuf pour l'aspirateur et s'occupa à éliminer toute trace de poussière dans la chambre. Puis il remplaça les draps et rentra dans la salle de bain pour mettre les poussiéreux au sale.
Son frère était sorti de la douche et était en train de se sécher. Il resta un moment à l'admirer. C'était vraiment son reflet dans le miroir. Lentement il se rapprocha, prenant une serviette au passage et s'appliqua à lui essuyer cette masse rebelle et bleue avant de la lui démêler, comme lorsqu'ils étaient enfants, avec des gestes infiniment doux.
Kanon le laissait s'occuper de lui, il adorait ça et ça lui avait tellement manqué. Même si Shun était aux petits soins pour lui, il ne pouvait se passer totalement de la chaleur de son frère et c'est à plusieurs reprises que Shun les avait laissé dormir dans les bras l'un de l'autre alors qu'ils s'étaient assoupis sur le canapé en regardant un film.
Depuis que Mû était avec Saga, ils se voyaient moins et le premier Gémeau ne venait plus passer de soirée chez son frère, il comprenait mais ça lui manquait.
Sentant que Saga avait fini de lui coiffer les cheveux, il se retourna et embrassa son frère à son tour.
« Ca m'a manqué, tu sais. »
« A moi aussi. » répondit Saga simplement.
Kanon fila dans la chambre pour changer de vêtements et retrouva son frère à la cuisine en train de se faire du café.
« C'est toi qui a tout nettoyé ? » s'étonna l'aîné qui avait remarqué que le ménage était récent.
« Oui, je voulais faire la surprise à Shun… heureusement que tu es passé, sinon ça aurait encore tourné au fiasco. » répondit le cadet d'un air peiné.
« Je suis impressionné Kanon et je suis sur que Shun le sera aussi. Vous vous êtes bien trouvés tous les deux. Je l'aime beaucoup. »
« J'aime bien Mû aussi. Et je suis heureux que tu aies toi aussi trouvé le bonheur… même si je ne te voie plus assez à mon goût. » se plaignit-il avec un petit air triste qui émut son frère.
« Que dirais-tu de se faire une soirée à quatre un de ces jours ? »
« Oh oui ! On pourrait se faire un restau et après sortir en boite ! »
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Shura était chez lui. Simplement vêtu d'un pantalon et pieds nus, il regardait sa statue, Excalibur était toujours imposante. Il eut un petit sourire triste. Le disciple de Dokho était en ce moment en proie à d'intenses émotions et personne ne semblait le remarquer. Il avait beaucoup d'estime pour le Dragon et ne rien pouvoir faire pour lui l'attristait beaucoup.
Ses pensées s'envolèrent vers le maître de Shiryu. Il ne l'avait jamais connu autrement que sous l'aspect de ce vieillard deux fois centenaire qui restait inlassablement perché sur son rocher sans que personne n'en connaisse les véritables raisons. Il avait eu un choc, lors de la bataille contre Hadès, de voir la véritable apparence du chevalier de la Balance, qui avait retrouvé toute sa jeunesse et par la même occasion toute sa splendeur.
Lui qui avait voué son existence entière à la vénération de sa Déesse, faisant fi d'éventuelles relations amoureuses, avait alors ressentit une chaleur inconnue s'étendre dans son bas ventre et en avait été un instant perturbé avant de se reprendre rapidement.
« Tu m'as l'air bien pensif, Shura du Capricorne… »
Le Capricorne se mit en position de défense et regarda dans l'ombre de la statue. Il était là, adossé à la pierre, bras croisés.
« Dokho ? Que fais-tu là ? » demanda-il en abandonnant sa position de combat.
La Balance se détacha de la statue et avança vers l'Espagnol, un drôle de sourire sur le visage.
« Je suis venu te voir. » répondit-il simplement.
« Tu veux boire quelque chose ? »
Shura, sans attendre la réponse, se dirigea vers la cuisine. La Balance fondit alors sur lui et, lui prenant le poignet, le plaqua contre une colonne et l'embrassa.
Le Capricorne, d'abord surpris, ne réagit pas et se laissa faire, inconsciemment il lui rendit son baiser.
Le sentant s'abandonner, Dokho s'enhardit à passer sa main sur son torse, s'attardant sur les boutons rosés qui ne tardèrent pas à s'éveiller sous ses doigts experts. Shura entrouvrit les lèvres pour laisser échapper un gémissement et aussitôt une langue en profita pour envahir la cavité humide, cherchant une compagne de jeu qu'elle ne tarda pas à trouver.
Shura était transporté par les émotions qu'il avait toujours refoulées jusqu'à présent. Son corps semblait comme mu par des fils invisibles, répondant aux caresses qui le parcouraient. Il n'était plus en état de penser à autre chose qu'à ce corps collé contre le sien qui lui procurait des sensations délicieuses et étranges, à ces mains qui laissaient des traînées brûlantes sur leur passage, à cette bouche qui le dévorait savamment. Toute l'intensité de ces bouleversements avait eu raison de son discernement et à présent, il se laissait guider par ses sens en ébullition qui semblaient vouloir l'amener vers des contrées encore inconnues.
Quand la source de chaleur qui le maintenait dans un état de lévitation sensorielle, s'éloigna de lui, il poussa un grognement de frustration qui se transforma presque immédiatement en un long gémissement en sentant son membre palpitant étreint par un fourreau doux et humide. Baissant le regard vers la source de plaisir, il découvrit le Chinois s'activant sur son membre.
Cette vision sembla le ramener subitement à la réalité et poussant un cri horrifié, il repoussa durement le Gold qui retomba sur son séant d'un air étonné. Shura s'affaissa sur lui-même et se recroquevilla contre la colonne, mort de honte. Comment avait-il pu se laisser aller à de tels actes avec ce chevalier ? Il lui semblait qu'il venait de trahir l'amour pur qu'il portait à Athéna. Son corps était encore parcouru de spasmes du plaisir interrompu que lui avait prodigué la Balance dont il fuyait le regard.
Dokho le regarda perplexe puis se souvint de ce que lui avait confié un jour Shiryu.
« Shura a fait vœux de chasteté, il a juré de n'aimer qu'Athéna. »
La Balance eut un petit sourire triste, mais ne se laissa pas démonter pour autant. Il se rendit à coté du Capricorne et le prit tendrement dans ses bras.
« Shura, tu ne fais rien de mal, l'amour que tu portes à Athéna est pur mais spirituel. Ton corps a le droit d'aimer aussi et ton amour pour notre Déesse ne sera en rien trahi ou altéré sous prétexte que tu portes quelqu'un d'autre dans ton cœur. Regarde autour de toi les sentiments qui se sont épanouis sous la bienveillance d'Athéna. Notre Déesse est amour et nous a libéré de cette chasteté ancestrale. »
Tout en parlant, Dokho percevait le tumulte dans le cosmos de Shura.
« Elle a béni chaque union qui s'est formée depuis notre retour à la vie. N'est-ce pas une preuve suffisante ? Crois-tu que, parce que nous aimons aussi une autre personne, nous en aimions moins notre Déesse ? »
Ce dernier argument sembla briser la résistance du Capricorne qui leva un regard plein d'espoir vers lui.
« C'est vrai ?? » demanda le Capricorne les yeux larmoyants tout en reniflant bruyamment.
« Oui, promis ! »
L'Espagnol fondit alors en sanglots dans les bras du Chinois qui le réconforta en lui murmurant des paroles apaisantes. Tendrement il le souleva dans ses bras et le transporta jusqu'à sa chambre.
Il le dévêtit et le fit s'allonger dans les draps. Retirant ses vêtements à son tour, il se glissa à ses côtés et le reprit dans ses bras, lui caressant doucement les cheveux.
Les sanglots cessèrent rapidement et Dokho le cala plus confortablement contre lui.
« Dors, chevalier du Capricorne, je vais veiller sur ton sommeil. A partir de ce jour, tu ne seras plus seul si tu le veux bien. »
Shura leva son visage, lèvres entrouvertes, et Dokho posa délicatement les siennes sur celles offertes en un baiser d'une tendresse infinie.
L'Espagnol lui sourit et enfouissant sa tête contre le cou du Chinois, il s'endormit, rassuré et confiant.
Dokho écouta sa respiration devenir régulière et avant de se laisser emporter, lui aussi, par Morphée, lui murmura :
« Je t'aime Shura. Tu m'as enfin donné une raison de rester au Sanctuaire. »
oOo
« Tu crois réellement qu'il est prêt à assumer mes sentiments pour lui ? »
Marine regardait le chevalier du Taureau les yeux pleins d'espoir.
« Tu sais, même s'il n'a pas vécu son adolescence, aucun d'entre nous peut se vanter de l'avoir fait. La seule différence c'est qu'il est un peu décalé en ayant manqué 13 ans mais il n'en reste pas moins Ayoros, chevalier du Sagittaire, le héros qui a sauvé Athéna de la mort. Il est plus mûr que Milo par exemple. »
Marine étouffa un rire, il n'y avait pas de mal à être plus adulte que Milo ou même Kanon.
« J'en suis consciente Aldébaran, c'est même la raison pour laquelle je n'ose pas l'approcher. Comment veux-tu qu'il s'intéresse à une femme comme moi. Je suis insignifiante à côté de lui. Qu'ai-je fait pendant la bataille contre Hadès ? Je ne lui arrive pas à la cheville. Lui, même mort, il aidait Seiya ! »
« Ne mélange pas tout Marine. D'abord tu sais très bien qu'Ayoros n'est pas comme ça. Ensuite, nous parlons de sentiments et pas d'actes de bravoures. »
Aldébaran regardait la jeune femme avec gentillesse. Il l'avait trouvé seule, assise dans les gradins des arènes d'entraînement alors qu'il s'y rendait pour s'échauffer un peu. Il s'était assis près d'elle et tous deux avaient commencé à parler de tout et de rien pour finir sur le sujet qui lui rongeait le cœur.
Il n'était pas dupe, il avait remarqué comment les deux chevaliers se comportaient quand ils étaient en présence l'un de l'autre. Tout le monde croyait le chevalier d'argent avec le Lion mais lui savait qu'il n'en était rien et que le cœur de l'Aigle battait pour le Sagittaire.
« Je suis même persuadé qu'il doit se dire qu'il ne te mérite pas lui non plus. Alors avec ça, si l'un de vous deux ne fait pas le premier pas, vous finirez vieux et seuls. »
Marine réfléchissait aux paroles du Taureau. Elle n'avait jamais envisagé les choses sous cet angle.
« Mais… » commença-t-elle.
« Marine. Il est fort probable qu'en ce qui concerne l'amour et les relations qui vont avec, Ayoros soit aussi innocent que Kiki. Essaye de te mettre à sa place. Toi, tu as déjà eu des expériences. Il ne l'ignore certainement pas. Que crois-tu qu'il ressente ? »
Là, le Taureau sut à son changement d'attitude qu'il avait marqué un point.
« D'autre part, à force de rester dans l'ombre d'Aiolia, tu l'empêches de mener sa propre vie et tu rends une personne malheureuse. »
Rien n'échappait à Aldébaran qui ne disait jamais rien mais savait observer. Sur ce terrain, il battait Aphrodite à plate couture.
« Tu parles de Shiryu ? »
« Alors tu l'avais remarqué toi aussi ? »
« Non, je m'en suis douté quand je l'ai aperçu dans les bras d'Aiolia hier et tu viens de m'en donner confirmation. » avoua Marine.
« Va parler à Ayoros. Je suis certain que tout se passera bien. Et tu devrais aussi rassurer un certain Bronze… »
Aldébaran lui fit un clin d'œil.
« Oui, tu as raison, je crois que je dois bien ça à Aiolia. »
Marine s'en alla sans plus de cérémonie d'un pas décidé. Elle allait d'abord voir Shiryu et ensuite le Sagittaire de son cœur.
Une silhouette sortit de l'ombre d'une colonne, des bras entourèrent le cou du Taureau et des lèvres se plaquèrent sur sa joue bronzée.
« Bonjour mon cœur ! » lança une voix féminine.
« Ca y est, elle s'est enfin décidée ? »
« Ca m'en a tout l'air. »
« Aldé, il faut que je te parle. »
Les joues de la jeune femme pâlirent, ce qui inquiéta le Brésilien. Il la prit dans ses bras.
« Shaina, qu'as-tu ? Tu te sens bien ? »
« Aldé, je sais qu'avec tout ce qu'il se passe en ce moment, tu es inquiet pour tes frères et tout et tout,… mais je t'assure que ce n'était pas calculé… Et puis… tu es aussi fautif dans l'histoire mais j'aimerais tellement le… »
« Mon ange de quoi tu parles ? Je ne comprends rien à ce que tu racontes. Calme-toi, respire et recommence plus lentement. Au juste, je suis fautif en quoi ? »
Shaina commença à trembler. Ce qui inquiéta un peu plus le Taureau.
« Je…Je suis enceinte. »
Ca y est elle avait lancé la bombe. Elle attendait la réaction de son amant qui ne tarda pas à arriver. Aldé resta stupéfait pendant quelques secondes puis il sourit et serrant la jeune femme dans ses bras, l'embrassa passionnément.
« C'est la plus merveilleuse nouvelle que j'ai entendu de toute ma vie !! Tu es à combien ?? Tu viens t'installer chez moi ?? »
Il s'agenouilla et colla son oreille sur le ventre de Shaina.
« Tu n'es pas fâché ?? »
Il se releva et la regarda dans les yeux.
« Pourquoi serais-je fâché alors que tu fais de moi l'homme le plus heureux du monde ? »
Aldébaran était aux anges, ils allaient avoir un bébé, le premier bébé du sanctuaire.
Depuis leur retour à la vie, Athéna avait assoupli certaines règles. Les femmes chevaliers n'étaient plus obligées de porter leur masque dans l'enceinte du Sanctuaire sauf en présence des apprentis, les relations amoureuses inter chevaliers n'étaient plus proscrites et même le fait d'avoir des enfants.
Mais le plus important aux yeux du Brésilien était que Shaina allait enfin être obligée de vivre leur amour au grand jour. Ils n'auraient plus à se cacher. Il avait toujours respecté sa volonté de discrétion. Il comprenait. Il lui avait déjà fallu 3 ans avant qu'elle enlève son masque devant les autres mais restait malgré tout très pudique et il n'avait pas voulu la brusquer.
Il resserra son étreinte autour de la mère de leur futur enfant.
« J'ai hâte de l'annoncer à Saori et à Shion. »
« Ce qui me parait compliqué, l'un comme l'autre étant absent mon chéri. »
« Saga alors ? » suggéra le Taureau avec espoir, sachant pertinemment que tant que la nouvelle n'aurait pas été annoncée officiellement, Shaina ne voudrait pas se montrer en public.
« Va pour Saga. » acquiesça t'elle, attendrie malgré elle et tout aussi désireuse à présent de vivre son bonheur ouvertement.
oOo
Marine trouva le Dragon sur la plage, comme elle l'avait prévu. Elle s'assit à coté de lui et ils se regardèrent. Il y avait dans le regard de Marine une farouche détermination.
« Je n'irai pas par quatre chemins Shiryu. Il y a une méprise. Je ne suis pas amoureuse d'Aiolia comme tout le monde semble le penser. Mon cœur appartient à Ayoros. Son frère sert d'intermédiaire, mais ça ne peut plus continuer comme ça ! J'ai décidé de mettre les choses aux points. C'est pour ça que je suis venue t'en parler. Je te souhaite bonne chance avec Aiolia. »
Avant que le Dragon puisse ouvrir la bouche, elle se releva souplement et partit sans plus attendre. Shiryu resta un instant perplexe, repassant la discussion dans sa tête. Quant les paroles de Marine prirent enfin toute leur signification, il se senti soulagé d'un grand poids et éclata de rire. Se relevant à son tour, il se déshabilla et plongeât dans l'eau fraîche.
Aiolia s'était caché derrière un rocher quand il avait aperçu le Chinois parlant avec le chevalier de l'Aigle.
Lorsqu'il avait vu Marine partir, Shiryu était hilare, qu'avait-elle bien put lui dire pour qu'il agisse de la sorte ? Il l'avait vu se déshabiller avant d'entrer dans l'eau. Perdu dans ses réflexions, il ne sentit pas une présence s'approchée.
Quand on le poussa, le Lion se retourna en sursautant et vit Seiya.
« Au lieu de l'espionner, vas le voir ! »
Pégase le propulsa vers la plage et le Lion se retrouva juste à coté des affaires du Dragon. Discrètement le Lion toucha l'étoffe soyeuse de la chemise avant de reporter son attention sur son propriétaire qui ne l'avait pas remarqué.
Shiryu faisait la planche, repensant aux paroles de Marine, quand il se retrouva brusquement attiré vers le fond. Il se libéra et rejoignit la surface en toussant, recrachant l'eau qu'il avait ingurgitée. Il ne chercha pas à comprendre et attaqua son agresseur en sautant sur lui, appuyant sur les épaules, lui immergeant ainsi la tête. De cette façon débuta un jeu d'eau où aucun d'eux ne voulait s'avouer vaincu, utilisant la force pour soumettre l'autre et lui faire déclarer forfait. Ce n'était que cris, rires, éclaboussements, plongeons. Quand le Lion réussi, par la ruse, à immobiliser le Dragon face à lui et que leurs regards se rencontrèrent, leurs rires cessèrent immédiatement.
« Tu as les lèvres bleues… » remarqua le Lion.
« Viens on va se sécher au soleil. »
Il prit la main du Dragon et le tira vers le rivage. Ils se laissèrent tombés sur le sable et fermèrent les yeux quelques instants. Aiolia rompit le premier le silence.
« Shiryu, ça te dit de venir chez moi pour manger un bout ? »
« D'accord ! Je vais prendre une douche et j'arrive. » s'empressa de répondre Shiryu, rougissant malgré lui de la hâte avec laquelle il avait répondu au Gold.
« Pas la peine, j'ai une salle de bain chez moi que tu peux utiliser. Je te prêterais des vêtements ! »
Aiolia aida Shiryu à se relever en lui tendant sa main, évitant soigneusement de laisser ses yeux s'aventurer plus bas. Ils se rhabillèrent rapidement et remontèrent le sentier qui menait aux temples.
A suivre …
