Bonjour!
Oui, oui, déjà moi... Pour le chapitre 2 ! ça me fait penser qu'en fait, ma fic fait 3 chapitres, et non 4... Désolée désolée désolée...
Merci beaucoup à tous tous tous mes revieweurs ! ça fait vraiment plaisir de recevoir autant de review! =D
Dans ce chapitre, surtout centré sur la discussion, je cite deux chansons. Layla, d'Eric Clapton, et Tes yeux noirs, d'Indochine. Quant aux personnages, ainsi que l'univers... Ils sont bien sûr à JK Rowling. Le jour où ils m'appartiendront... Je saurais dessiner! Ce qui n'est pas près d'arriver.
On m'a demandé la traduction de la chanson du chapitre précédent, la voila :
J'aurais toujours été avec toi / Si tu avais été d'accord / Je t'aurais toujours souris / Si tu avais su que j'étais là / Je t'aurais toujours suivi / Si tu aurais voulu de moi / Je t'aurais toujours écouté / Si tu m'avais parlé / J'aurais toujours été avec toi / Si tu m'avais aimé
Mais tu ne savais pas que je vivais / Mais tu ne savais pas que je te regardais / Mais tu ne savais pas que j'étais là / Mais tu ne savais pas que je t'aimais / Mais tu l'as fait
Il y avait une nuit / Qui est toujours dans mon esprit / On a dansé ensemble / Je savais que tout nous séparait, mais je m'en foutais / Ensemble, la première fois / Et après, tu ne t'en souviens pas / Je m'en souviens et je ne préférerais pas / Je sais et je pleure / Tu ne sais pas ce qui s'est passé / Peut-être que c'est mieux / Mais ce souvenir est le meilleur que j'aie
Mais tu ne savais pas que je vivais / Mais tu ne savais pas que je te regardais / Mais tu ne savais pas que j'étais là / Mais tu ne savais pas que je t'aimais / Mais tu l'as fait
Après je ne pouvais plus te voir / A chaque fois mon coeur se brisait une fois de plus / Mais j'y pense toujours / Je ne sais pas comment l'oublier / Cette nuit tu étais mien / C'était juste une nuit / Mais c'était assez / Mon coeur est à toi et tu ne le sais pas / Je me souviens de cette nuit tous les jours / Toutes les nuits, toutes les secondes / C'est le meilleur souvenir que j'aie
Mais tu ne savais pas que je vivais / Mais tu ne savais pas que je te regardais / Mais tu ne savais pas que j'étais là / Mais tu ne savais pas que je t'aimais / Mais tu l'as fait
Mais tu ne savais pas que je vivais / Mais tu ne savais pas que je te regardais / Mais tu ne savais pas que j'étais là / Mais tu ne savais pas que je t'aimais / Mais tu l'as fait
Je t'attendrai toujours
Voila pour la traduction! Je vous laisse à votre lecture ! Enjoy!
2/ Viens avec moi, ne pars plus sans moi
"Tu joues bien. C'est joli."
Je m'arrête net. Ma main plaque les cordes, arrête les sons instinctivement. Je pose la guitare au sol, et me retourne. Je sais déjà qui est là, j'aurai reconnu cette voix entre des milliards. Oui, au risque de paraître trop cliché, c'est Remus. De toute façon, les clichés sont des moments de la vie courante qui sont arrivés tellement de fois qu'ils sont devenus clichés. Donc rien d'étonnant à voir Remus ici. Mais ça veut dire qu'il a compris… Oh non…
"Qu'est ce que tu fous là?"
Oui, d'accord, c'est un peu agressif. Mais je ne veux pas le voir, pas maintenant. Autrement, je vais encore mettre des heures à me calmer, à penser à autre chose, à m'endormir… Je le fixe, courageusement, fièrement. On dirait que c'est aujourd'hui, après presque sept dans la maison des Gryffondor, que je mérite enfin d'y être. Je voudrais soupirer, mais je ne l'ai pas fait. Il doit déjà avoir une mauvaise image de moi, alors pas besoin d'en rajouter…
"Il faut que je te parle, soupire-t-il.
-De quoi?
-Ta chanson.
-Arrête, c'est pas pour me féliciter que t'es là, seul, sans tes copains, alors que le spectacle continue. De quoi tu veux me parler?"
Il soupire encore. C'est injuste, pourquoi lui pourrait-il et moi non? Il a l'air de chercher ses mots. Le problème, c'est que plus on réfléchit à ce que l'on dit, plus c'est faux, moins c'est instinctif et inné.
"C'est vrai ce que tu racontes dans ta chanson?
-Oui.
-… C'était toi… À la fête de Sirius, je veux dire, c'était toi? Hésite-t-il.
-Oui."
Réponse simple et laconique. En même temps, je n'allais pas en faire des couches. Il baisse soudainement la tête, et je soupire.
"Arrête, c'est pas comme si tu regrettais et comme si tu t'en souvenais. Tu viens de mettre ensemble des pièces d'un puzzle qui devait sûrement pas te perturber, félicitations!
-Pourquoi tu dis que ça ne me perturbait pas?
-Autrement tu aurais cherché qui était cette inconnue. Tu aurais questionné ton entourage. Sirius te l'aurait dit, ou James, ou Peter qui ont été mis au courant par Sirius, parce qu'ils ne comprenaient pas mon comportement, et pour d'autres raisons, aussi. Ou Lily ou Alice te l'aurait dit. Ou encore ma façon d'être quand tu es dans les parages. Ou ma fatigue en revenant des vacances qui ont suivi la fête. Alors ne dit pas que ça t'a empêché de dormir."
Remus baisse encore la tête. Ok, j'ai été fort. Mais il faut qu'il comprenne. Maintenant qu'il a compris l'essentiel grâce à la chanson, autant qu'il sache tout. Mais pour ça, il va falloir qu'il pose les bonnes questions. C'est décidé, je ne lui cacherai rien qu'il m'aura demandé. J'en ai assez de tout garder pour moi, de faire en sorte qu'il ait moins de responsabilités.
"C'est vrai, tu m'aimes? Demande-t-il encore.
-Non, c'est vrai? Ironise-je. Bien sûr que je t'aime, autrement, je ne l'aurais pas dit à TOUTE la Grande Salle!"
Il baisse encore la tête. Ça doit être une manie.
"Ça fait combien de temps?
-La fête était fin novembre. Et je t'aime depuis le début de la sixième année. Fait le calcul, ça faisait combien de temps que je t'aimais quand t'as décidé que je ferrais une fille baisable pour une fête?
-Arrête!
-Arrêter de quoi, de ne pas taire la vérité ?!"
Et là, devinez ce qu'il fait? Il baisse la tête. Encore une fois, j'ai visé juste.
"Mais… De toute façon, tu vaux mieux que moi… Je ne suis pas… Je ne peux pas…
-Parce que tu es un Loup-Garou? Mais ça fait depuis juin dernier que je le sais, crétin! Et mes sentiments n'ont pas changé! Alors arrête avec tes motifs à deux balles! Tu ne me connais pas, de toute façon, comment tu peux dire que je mérite plus que toi?
-Dans ce cas… enchaîne-t-il rapidement, on peut peut-être essayer de se rapprocher, pour voir si ça pourrait marcher entre nous? Pour se connaître mieux."
Je le regarde, ébahie. Je ne m'attendais pas à ça. Je continue à le fixer, et je réponds, baissant soudainement d'un ton :
"Tu rigoles ?
-Non.
-Attends un peu. Tu proposes ça, mais ça sera à ton bon vouloir ! Tu sais que je t'aime, je sais que tu ne m'aimes pas. Je serrai quoi, une bonne poire qui t'attend, qui attend que t'ais personne d'autre sous la main ? Tu te servirais de moi, vu que je serais forcément d'accord. Arrête un peu avec tes essais, ça marcherait pas, on n'est pas égaux. Tu m'as suffisamment fait souffrir comme ça… Et puis, je te connais déjà, moi ! À travers Sirius, à travers tous les moments où je t'ai observé ! J'ai dit que je t'attendrais toi, pas ton envie d'amour ou de sexe le temps que tu arrives à avouer à la fille que t'aimes ce que tu ressens !"
Il se tait, il a l'air d'abandonner le sujet. Heureusement, je sens que je m'enflamme… Je n'aime pas qu'on se moque de moi, d'où mon emportement… Je le regarde. Merlin qu'il est beau, sous la lumière de la Lune, à regarder le sol comme s'il était soudainement d'une importance sans bornes. Son visage doux, ses yeux de miel, ses cheveux décoiffés, sa tenue décontractée qui lui fait un corps parfait, qu'il a d'ailleurs… Il ne s'en rend pas compte, et c'est ça le pire… Je soupire d'envie, et attends la suite.
"J'étais comment ?
-Au lit ?"
Il acquiesce. Les mecs, tous pareils. Je plonge mon regard dans ses yeux, et réponds d'un ton calme et froid. Comme si j'avais déjà tout oublié, comme si tout était effacé.
"On peut pas dire que t'es été… très attentionné au lit. J'étais vierge. Tu le savais pas, mais t'aurais pu le sentir, si t'étais plus sobre. Mais peu importe. Je pense que t'aurais fait un amant satisfaisant, voir même très bon, dans d'autres conditions, en un autre moment. Mais pour ma propre expérience… J'en garderais pas un très bon souvenir."
Il lève les yeux vers moi, et tente un sourire. Le sourire qu'il a adressé tellement de fois à ses amis. Je vois bien qu'il aimerait que j'en fasse partie, histoire d'oublier tout ça. Mais je ne peux pas. Il essaie de s'excuser, mais c'est bien trop tard. J'ai déjà souffert, j'ai déjà eu mal.
"Ça a été ? Tu… As réussi à t'en remettre? Murmure-t-il.
-Euh… À ton avis ? Ça aurait été le cas, j'aurais chanté ce soir ? Je t'aurais évité depuis cette nuit là ? Bien sûr que j'ai eu du mal ! Déjà, voir que tu t'en souvenais pas, voir les regards désolés de Sirius…. Mais après, il a fallu voir les conséquences."
Et voilà, je replonge dans mes souvenirs. Foutu pouvoir familial qui me permet de revivre des choses passées. Il paraît que je le maîtriserais bientôt, mais en attendant, il m'énerve plus qu'autre chose, à m'embarquer dans le passé sans que je puisse faire quoi que ce soit…
Je revois une scène qui datait de plusieurs semaines après la fête. Sirius à côté de moi, sur un canapé de la salle commune. Un sort d'insonorisation nous entourant. Des larmes sur mon visage. Une expression horrifiée sur le sien. La promesse de le faire regretter à Remus transmise par son regard. Lui qui me prend dans ses bras. Moi qui continue de pleurer. Une promesse. Il sera là, pour moi. Il m'aidera.
Je reviens brutalement à la réalité, et fixe Remus avec des yeux aussi gros que ceux des hiboux. Je cligne plusieurs fois des paupières, et dégage mon bras qu'il tient.
"Ça va ? Qu'est ce qui s'est passé ?
-Rien. Juste un… Effet secondaire des pouvoirs familiaux pas encore maîtrisés. Ça va, je te dis ! Tu ne vas pas commencer à t'inquiéter maintenant ! Ou alors t'as du retard, vu tout ce que je t'ai évité."
Il fronce les sourcils. Je suis trop bavarde, je le sais. Encore une fois, j'ai trop parlé, et comme je me suis jurée de lui dire tout ce qu'il demanderait… Je suis dans la merde. Et profond. Je soupire, et attends. À le voir, ça ne va pas tarder.
"Comment ça ?
-Tu veux vraiment le savoir ? Après, ne viens pas te plaindre, ou t'excuser…
-Oui.
-Comme tu veux. En fait, je t'ai évité toutes les raisons pour lesquelles Sirius t'a battu en froid pendant des semaines. Imagine. Une nuit de fête. Tu n'es pas lucide, et moi je ne pense à rien d'autre qu'à toi. On couche ensemble. Sauf que personne n'avait de baguette, de préservatif ou quoi que ce soit d'autre.
-Quoi ??? T'es… t'as été… hoquete-t-il.
-Oui, j'ai été enceinte. Merveilleux, n'est ce pas.
-Mais pourquoi tu ne me l'as pas dit ?
-Tu me voyais débarquer dans la salle commue : Bon Remus, on a couché ensemble à la fête, je suis enceinte, épouse moi ?
-Mais t'étais pas obligée de me demander de t'épouser !
-D'accord, autre version. Je débarque dans la salle commune : Remus, on a couché ensemble à la fête, je suis enceinte, qu'est ce qu'on fait ? Accompagne-moi me faire avorter, tu seras chou.
-Euh… Vu sous cet angle… soupire-t-il. Donc, t'as fait quoi?
-La seule chose possible. J'ai avorté. Façon moldue, donc opération et tout…. C'était le seul moyen pour tenir ma famille à l'écart de tout ça. C'est Sirius qui m'a hébergée, aidée, emmenée à l'hôpital. C'est pour ça que James doit être au courant de tout, ainsi que Peter."
Il baisse la tête, une fois de plus. Je soupire. Il semble réfléchir, mais en même temps, je lui en ai donné, matière à cogiter. Il relève la tête, et me regarde.
"Qu'est ce que je peux dire, ou faire ? Me supplie-t-il.
-J'en sais rien. Rien, sûrement. Tu ne peux rien faire, c'est le passé. Quant à dire, ça ne changera rien.
-Pourquoi t'as fait cette chanson, alors?"
Belle question. Bonne question. Je n'avais aucune réponse avant de la chanter, mais maintenant j'en ai une, autant lui en faire profiter. Et autant me l'avouer à moi-même par la même occasion.
"J'en avais marre de garder tout ça pour moi, de t'éviter perpétuellement, de voir les regards désolés de tout le monde. J'en avais marre de t'éviter des problèmes, sous prétexte que t'en avais bien assez avec ta condition particulière. J'en avais marre de pleurer tous les jours. -… Désolé..."
Je ne dis rien. Je tombe juste à terre, assise contre l'arbre, à regarder le Lac. Je suis fatiguée. Je passe une main dans mes cheveux noirs et bouclés, et soupire.
"Ce qui nous amène à ma première question. Qu'est ce que tu fous là ? Ne dis pas me parler, c'est moi qui ai parlé jusque là."
Remus s'assoit à côté de moi. Il me regarde, et sourit.
"Je suis venu vérifier mes doutes, en premier. Essayer de voir si je pouvais faire quelque chose. Mais ce que tu m'as dit… Je pensais pas avoir été si horrible, t'avoir fait autant de mal. Je comprends mieux Sirius, maintenant. Mais vu que je suis aussi venu te parler… Déjà, j'ai cherché l'identité de "l'inconnue". Mais James et Sirius ont refusé de me répondre, et je n'ai pas pensé à demander à Lily, Alice ou Peter, ou même à toi. Ça ne m'a pas vraiment empêché de dormir, t'avais raison. Je n'ai pas pensé aux conséquences, ou à quoi que ce soit. J'étais juste curieux, je pense. Je me souvenais de tout, sauf de ton visage.
-Et de ma voix, et de ma façon de bouger, et de mon corps… De tout sauf de moi ! Ironise-je.
-Euh… oui, c'est à peu près ça," soupire-t-il.
Quand je disais que je le décodais facilement. Un silence s'ensuit. Je continue à regarder le lac, ou le quart de lune se reflète, au milieu du ballet d'étoiles et de planètes. Je repère Véga, Alpha du Centaure, et la constellation Sirius. J'ai toujours aimé les étoiles… Un de mes grands rêves d'enfance, outre réussir à marcher sur l'eau, aurait été de pouvoir aller dans l'espace pour les voir de près, ou d'avoir un morceau d'étoile filante à moi, rien qu'à moi… Un rêve qui ne s'est jamais réalisé, si j'ai besoin de le préciser. Et depuis longtemps, l'enfance est derrière moi, alors… J'ai même cessé d'y croire.
"Tu devrais lui dire, murmure-je.
-De quoi ? À qui ? Demande Remus.
-À Samia, que tu l'aimes. Ne nie pas, c'est son nom que tu as dit quand… Enfin, tu sais.
-J'ai dit son nom ? S'étonne-t-il.
-Oui. C'est d'ailleurs ce qui m'a fait me barrer avant que tu ne te réveilles. Je n'aurais pas pu supporter ton regard en ayant entendu le nom d'une de mes amies sortir de ta bouche alors que tu couchais avec moi."
Il a l'air de comprendre, mais il fronce les sourcils. Quelque chose l'embête, je le vois. Je m'étire doucement, et saisit la guitare. Je la pose sur mes genoux, et attends.
"Je comprends pas pourquoi j'aurais dit son nom vu que je ne l'ai jamais aimée, ni même désirée…
-Les mystères des mecs, de l'amour et du désir…" murmure-je avec un sourire moqueur.
Il sourit en retour. J'aime son sourire, sa façon de plisser des yeux, ses pupilles qui pétillent. Je caresse ma guitare, lentement. Comme j'ai l'habitude de le faire depuis si longtemps Je commence à jouer doucement, une vieille chanson de rock que mon père aime beaucoup. Layla, d'Eric Clapton. Ça me calme toujours, de jouer. Et à mi-voix, doucement, je me mets à chanter. Ça me détend. J'aime beaucoup cette chanson, qui parle de petite amie, d'amour perdu et autre chose qui me rappellent tellement ma propre situation. Au refrain, j'entends avec surprise la voix de Remus se joindre à la mienne. Il a une belle voix, il chante bien. Il est beau quand il chante. Une chose que j'ignorais de lui. Je ne m'arrête pas, et continue à jouer, calmement. À la fin de la chanson, je plaque encore les cordes contre la guitare, et souris.
"Tu connais ?
-Oui, répond-il. J'écoute pas mal de rock moldu, c'est toujours mieux que la musique sorcière du moment…
-J'avoue que les Centaures Enchaînés, c'est pas terrible… Mais tu connais les Bizzar' Sisters?
-Les quoi ?
-Tu ne connais pas ? Je te traiterais bien d'inculte, mais personne ne connaît… Les Bizzar' Sisters, un tout nouveau groupe… Je te passerai des morceaux, si un jour j'en ai un disque… Et si tu veux.
-Oui, pourquoi pas."
Et on parle, on parle. Je ne sens pas le temps passer, même si je sens à chaque mot qu'il dit, à chaque fois que je vois ses yeux d'ambre posés sur moi, mon cœur se serrer. Décidément, je ne cesserai pas de l'aimer. Je commence à frissonner. Pour cause, je n'ai que mon T-shirt. J'ai abandonné ma cape avec mes affaires dans mon dortoir, donc forcément… Remus le sent, et me propose son pull, galamment. Il est ou un imbécile, ou un inconscient. Je l'aime, et il me propose son pull… Il ne le reverra jamais ! Je refuse, du coup. Je n'ai pas envie de passer pour une voleuse, et ça risquerait de me donner des faux espoirs… Résultat, il me le met de force sur les épaules. Je vous jure pour ne pas avoir de faux espoirs, c'est loupé… Je sais, ça a l'air tellement cliché de poser une veste sur les épaules de la pauvre future-petite amie frigorifiée, mais il le fait. Avec un geste d'une fluidité qui démontre l'habitude… Je frissonne déjà moins. Je respire à pleins poumons son parfum, une odeur qui lui correspond bien. Une odeur que j'aime particulièrement. Mais en même temps, j'aime tout chez lui. Un souffle de vent soulève mes cheveux noirs, qui commencent à voleter autour de ma tête. J'ai l'habitude, donc je n'y prête pas attention, mais Remus si. Il joue avec mes mèches de cheveux noirs, avec les boucles noires qui volent. Je frissonne. Ses mains sur mes hanches, ses mains dans les cheveux…
"Arrête."
Il me fixe, étonné. Il ne comprend pas. Évidemment qu'il ne comprend pas. Il ne peut pas comprendre, il n'a pas les mêmes souvenirs ni les mêmes sentiments que moi.
"Arrête de me donner ta cape, de jouer avec mes cheveux, de me toucher, de me parler, de me sourire… Tu ne te rends pas compte de ce que ça me fait ! Je t'aime, tu comprends ça ? On a couché ensemble, tu ne te souvenais pas de moi ! Et là, tu commences à faire des gestes anodins peut-être, mais je ne les prends pas comme ça ! J'ai assez souffert… S'il te plait, Remus…"
Il a compris… Encore heureux. Mais il a tout de même réussi à comprendre mon murmure inaudible, il a du mérite. Il lâche mes cheveux, mais ne reprend pas sa cape. Je mourrais de froid sinon. D'un geste souple, il saisit la guitare de sur mes genoux, et la pose sur les siens. Ses mains se posent exactement là où il faut, et un accord résonne dans l'air. Il sourit.
"Tu sais jouer ? Je demande.
-Un peu. Je me débrouille."
Et il commence à jouer. Quelque chose que je ne connais pas, alors que je connais pourtant bien le monde de la musique, moldue ou sorcière. À un moment, il commence à chanter, à mi-voix. En français. Je soupire. Voilà pourquoi je ne connaissais pas… Je n'écoute pas de musique étrangère, parce que je n'aime pas ne pas savoir ce que racontent les paroles. Il chante bien, très bien. Et il joue bien… J'ignorais ça de lui… Preuve que je ne le connais pas aussi bien que j'aimerais le lui faire croire… Je le regarde, je le regarde jouer. Il a un air apaisé sur son visage, il est calme. Encore plus beau que d'habitude. Je sais ce que vous dîtes, je suis totalement fan de lui. Pour moi, Apollon doit avoir le même corps que lui, le même visage. La chanson prend fin, je n'ai rien compris, mais je l'ai trouvée magnifique…
"C'était quoi ?
-Tes yeux noirs, d'Indochine, un groupe français.
-Et elle parle de quoi? Je demande en m'appuyant contre l'arbre, derrière moi.
-D'un homme qui parle à une femme. Il lui dit qu'elle est jolie, que ses yeux noirs le hantent, de l'attendre… Les paroles ne sont pas vraiment cohérentes, elles n'ont pas vraiment de sens, mais on comprend qu'il l'aime. J'aime bien cette chanson…"
Je le fixe. Je lui avais dit, pourtant. Je me lève, brusquement. Je le surplombe sans rien dire, hésitante. J'ai peur. Peur de me faire des illusions, de croire qu'il n'a pas choisi cette chanson au hasard, qu'il veut me dire qu'il m'aime. J'ai peur de tomber de mes rêves, de croire à quelque chose qui n'arrivera jamais. Je bredouille :
"Euh… Je… Tu… Je vais rentrer… Désolée."
Je sens des larmes monter à mes yeux. Je sais parfaitement que la chanson était choisie. Mes yeux noirs… Je me détourne, et m'éloigne rapidement. En courant. Je laisse tomber sa cape, pour éviter de pleurer dessus. Et loin, j'entends Remus lancer à la nuit :
"Viens avec moi, ne pars plus sans moi…"
En français. Des mots de la chanson. Que je ne comprends pas. Qui ne font que redoubler mes larmes.
