Dans une maison du centre de Londres, un adolescent se réveilla au milieu de la nuit, en sursaut et ruisselant du sueur. C'était la quatrième fois de la semaine qu'il faisait le même rêve. Il se trouvait au milieu d'une forêt et une ombre noire s'approchait de lui mais à cause de la brume qui l'entourait, il ne parvenait pas à distinguer de quoi il s'agissait. Il avait cependant une certitude : il devait voir ce qui se cachait derrière la brume. Et une étrange sensation l'habitait à chaque fois : un mélange d'appréhension et de curiosité.
Mais cette fois-là, quelque chose était différent : il avait vaguement vu l'ombre. Il lui avait semblé voir une femme. Et le plus étrange était qu'elle ressemblait énormément à sa mère, même si quelque chose lui disait qu'il s'agissait de quelqu'un d'autre. Il avait acquis une autre certitude : cette femme le cherchait. Il en ressentit une peur qu'il jugea ridicule. Après tout, il ne s'agissait que d'un rêve. Mais il aurait eu envie d'en parler à quelqu'un qui l'aurait pris au sérieux. Quelqu'un comme un parent … or il n'en avait presque jamais eu. Un pincement lui serra le cœur. Soudain un prénom surgit de ses lèvres : « Sirius ». Un sourire se dessina sur le visage de l'adolescent. Comment avait-il pu oublier son parrain ? Il était désormais un parent pour lui. Qui plus est, il lui avait à maintes reprises répété qu'il serait toujours là pour parler de tout ce qui pourrait tracasser l'adolescent.
Le jeune homme sortit donc de son lit, bien décidé à aller exposer ses inquiétudes à son parrain. Il se disait que Sirius serait surement le seul à le prendre au sérieux. Après avoir chaussé ses lunettes, il sortit de sa chambre sans bruit, ne voulant pas réveiller son camarade, Ron. Il prit alors la direction de la cuisine et fut soulagé d'y voir de la lumière. Il pénétra dans la pièce et effectivement, Sirius était là, plongé dans une montagne de parchemins qu'il s'empressa de replier à l'arrivée de son filleul.
- Harry, qu'est ce que tu fais debout aussi tôt ? Demanda Sirius inquiet.
- J'ai fait un rêve étrange et je voulais en parler avec toi.
- Assis-toi, je t'écoute.
Harry fit donc le récit de sa nuit mais lorsqu'il eut terminé, il fut déçu de voir un sourire sur le visage de celui qu'il pensait le plus à même de le comprendre.
- Je ne crois pas qu'il soit nécessaire de s'inquiéter, dit Sirius avec douceur. Tu rêves de ta mère et c'est tout ce qu'il y a de plus normal.
- Mais enfin, tu ne m'as pas écouté ? S'écria Harry avec colère. Ce n'était pas elle !
- Et qui donc cela pouvait-il être ?
- Je ne sais pas, répondit Harry déçu. Mais elle semblait tellement réelle.
- Tu sais, l'esprit est quelque chose de très mystérieux. Il est extrêmement difficile d'expliquer les rêves, mais sache qu'ils viennent de toi. Ils ne peuvent donc te montrer que des gens que tu connais.
- Et quand je voyais dans la tête de Voldemort ?
- Parce que tu penses qu'il s'agit de ça ? Demanda vivement Sirius, l'air soudain inquiet.
- Non, je ne pense pas.
- Tu penses ou tu en es sur ? Le pressa Sirius. C'est très important.
- J'en suis sur, répondit Harry que l'attitude de son parrain ennuyait. Tu dois avoir raison, ce n'était qu'un simple rêve …
Harry retourna dans sa chambre, repensant à ce qu'il avait dit à Sirius. Mais il n'en pensait pas un mot. Il le savait au plus profond de lui : ce n'était pas un simple rêve. Il était furieux et avait simplement dit à Sirius ce qu'il voulait entendre afin de mettre un terme à une conversation stérile. Néanmoins, une part de ce qu'il avait dit à Sirius était vraie : ce rêve ne venait pas de Voldemort. Il ne pouvait pas, il était bien trop doux. Il se demanda soudain de quoi il se plaignait. Il aimait ce rêve, alors où était le problème ? Peut être résidait-il seulement dans le fait qu'il ne connaissait pas cette femme ? En plus, en y réfléchissant bien, elle ne ressemblait pas tant que ça à sa mère. Certes, elle avait les mêmes yeux que Harry. Des yeux qui lui venaient de sa mère évidemment. Mais c'était tout. Ses cheveux n'étaient pas roux mais d'un noir de jais, et elle semblait plus vieille que sa mère ne l'avait jamais été. Mais qui était-elle ?
