La nouvelle venue sortit de l'ombre afin que tous puissent la voir. Il s'agissait d'une femme relativement grande, fait accentué par sa minceur. Une aura planait autour d'elle et la faisait paraître assez douce, plus que ce que les traits de son visage ne laissaient penser. Elle avait de très longs cheveux noir tels le plumage d'un corbeau et bien évidemment, ses yeux étaient du même vert que ceux de Harry. Il s'agissait sans conteste de la femme qui hantait ses rêves.

Un silence s'était abattu dans la cuisine. Il fut rompu par un cri de Kreattur :

- Ce n'est pas moi ! Ils m'ont forcé, je ne voulais pas dire tout ça !

- Silence ! S'écria Ava en le stupéfixant. Et toi Sirius, tu n'as pas changé. Toujours aussi arrogant et beaucoup trop sur de toi.

- Par contre, toi, tu as bien changé. Tu parais encore plus fourbe qu'avant ! Peut-on savoir ce que tu fais ici et comment tu es rentrée.

Tout en parlant, Sirius s'était placé devant Harry, voulant former une barrière vivante entre l'intrus et son filleul.

Ava, qui avait bien vu la manœuvre mais semblait l'approuver, s'avança vers eux mais, à l'étonnement général, ne fit que prendre place sur un plan de travail tout près. Elle s'adressa alors à l'assemblée avec un ton amusé :

- Tout d'abord, merci de m'avoir invitée à prendre place parmi vous. Ensuite, pour répondre à ta question, je suis entrée ici grâce à Severus. Inutile de le regarder comme ça, il n'était pas au courant que je le suivais.

- Mais comment avez-vous fait pour franchir le sortilège de Fidelitas ? s'indigna Severus.

- Vous devriez savoir, mon cher, qu'aucune de vos magies n'a d'emprise sur moi.

Le professeur Dumbledore, jusque là silencieux, prit la parole :

- Est-il nécessaire de faire les présentations ?

- J'en doute, répondit Ava. Pour ma part, je sais pertinemment qui est chacun d'entre vous. Quant à moi, je m'appelle donc Ava Soledad et il m'a semblé comprendre que vous avez déjà entendu parler de moi.

- Et peut-on savoir ce qui nous vaut l'honneur de votre visite ? Demanda le professeur Dumbledore qui paraissait désemparé mais malgré tout prêt au combat.

- En voilà une excellente question. Pour tout vous dire, je m'ennuyais un peu en attendant les ordres de mon père. Aussi, j'ai pris l'initiative de partir seule en quête de notre jeune ami. Sachant pertinemment que Severus me mènerait tout droit jusqu'à lui, je l'ai donc suivi et me voilà.

Elle se tourna alors vers Harry après avoir, d'un geste de la main, réduit les autres au silence. Elle lui fit un signe afin de l'attirer jusqu'à elle. Harry paraissait fasciné par la nouvelle venue et s'approcha donc d'elle, sous les regards horrifiés des membres de l'Ordre du Phénix.

- Bonjour Harry.

- C'était vous ! S'exclama l'adolescent qui comprit soudain d'où lui venait cette sensation de familiarité. Dans mes rêves !

- Je suis ravie de voir que tu as reçu mes petits messages, dit Ava avec douceur. Tu sais donc pourquoi je suis là aujourd'hui.

- Je ne suis pas sur.

Ava se pencha vers Harry qui ne recula pas. Elle lui murmura :

- Est-ce que tu as peur de moi ?

- Non, pas du tout.

- Et est-ce que tu sais pourquoi ?

- Je pense que vous n'êtes pas là pour me tuer.

Harry ne savait pas d'où lui venait cette idée mais il en était certain : elle n'était pas un ennemi. Et comme pour confirmer ses pensées, Ava lui adressa l'un des plus radieux sourires qu'il eut jamais vu. Il le lui rendit et sentit monter en lui une agréable sensation : enfin, il savait qui elle était et surtout, enfin, il se sentait un peu moins seul. Il aurait eu envie de lui parler, de tout et de rien mais il ne savait pas par où commencer.

Ava, de son côté, paraissait satisfaite de la situation. Elle avait rendu la parole aux convives, ayant obtenu bien plus rapidement que prévu ce qu'elle était venue chercher. Mais les membres de l'Ordre semblaient muets. Seul Sirius parut reprendre contenance :

- Auriez-vous l'amabilité de nous expliquer ce qui se passe ?

- Je ne sais absolument pas comment cela est possible, répondit Harry mal à l'aise par ce qu'il avait à dire, mais j'ai l'impression que c'est une … amie.

- Si c'est une plaisanterie, reprit Sirius apparemment loin d'être amusé, elle est vraiment de mauvais goût.

- Je suis sérieux, s'écria Harry. Je t'en ai déjà parlé il y a quelques jours.

- Mais comment est-ce possible ?

- Sirius, entama Ava, tu dois savoir que je suis en contact quasi permanent avec mon père par le biais de la télépathie. D'autre part, tu dois déjà savoir que lorsque mon père a essayé de tuer Harry, il a établi malgré lui un lien entre leurs deux esprits. Cependant, il s'est produit quelque chose que mon père n'avait pas prévu : je peux avoir accès à l'esprit de Harry en me servant de mon père. J'en ai pris conscience il y a bien longtemps, lorsque j'étais encore en Angleterre, mais je ne savais pas ce qu'elle pourrait représenter. Je n'ai retrouvé cette connexion que depuis que je suis revenue au pays.

- Comment se fait-il que je n'ai rien senti ? Demanda Harry intrigué.

- Je dois dire que mon père est un imprudent. Il n'a jamais pris la peine de conserver cette capacité secrète, pensant qu'il pourrait toujours la contrôler. Moi, j'ai préféré attendre le bon moment avant de t'en faire part.

Ava s'approcha du jeune homme et lui caressa tendrement la joue. Harry se sentait perdu : une femme venait d'entrer dans sa vie et voulait manifestement y jouer un rôle. Mais ce qui le troublait le plus, c'était qu'il en était heureux. Il fut interrompu dans le cours de ses pensées par la voix grave de Sirius. Son ton laissait transparaitre une certaine agressivité :

- Quelles sont tes intentions vis à vis de Harry ?

La jeune femme ne répondit pas et se tourna vers l'adolescent :

- Qu'est-ce que tu en penses, toi ? Lui demanda t-elle doucement.

- Je ne pense pas non plus que vous soyez là pour me livrer à votre père.

- C'est exact. Je ne veux rien faire de plus que ce que fait Severus. En moins désagréable, bien sur. Et surtout si ça te convient, si jamais tu avais envie de mieux me connaître.

Spontanément, Harry aurait volontiers acquiescé mais une petite voix lui disait qu'il devait se méfier. Qu'il ne pouvait pas être certain de l'honnêteté d'une femme en se basant uniquement sur son capital sympathie. Il ne comprit pas immédiatement ce qui se passa mais il constata qu'il s'était retrouvé dans un genre de pensine, perdu au milieu des souvenirs d'Ava.