Ava avait lut le trouble sur le visage de Harry et afin de mettre un terme à toute ambiguïté, elle avait décidé de lui montrer ce qu'elle avait au fond de son cœur. Alors, il serait plus à même de juger de la sincérité de ses dires.
Harry s'était donc retrouvé propulsé dans les souvenirs d'Ava. Il se trouvait désormais dans une immense pièce, luxueusement meublée mais de laquelle n'émanait que du froid. Une fillette était là, debout, et elle semblait attendre quelque chose. Face à elle, un homme était plongé dans des parchemins. Il lui tournait le dos et paraissait très occupé. Harry se demandait même s'il avait conscience de la présence de la fillette. Lorsqu'Harry s'approcha de l'homme, il constata qu'il s'agissait de Voldemort et que donc, de toute évidence, la fillette n'était autre qu'Ava. Harry ressentit alors un violent sentiment de déception mêlé de tristesse, sentiment qui se lisait sur le visage de la fillette.
La fillette, après avoir assez attendu sembla capituler. Elle tourna les talons et sortit de la pièce. Elle alla retrouver une sorcière qui ressemblait étrangement à l'Ava qui se trouvait dans la cuisine du 12 square Grimmaurd. Cependant, lorsque la fillette s'approcha de la sorcière, cette dernière fit une grimace qui glaça Harry. Elle s'adressa alors à la fillette avec un ton plein de dégoût :
- Qu'est-ce que tu veux ?
- Papa ne veut pas jouer avec moi et je m'ennuie.
- Et que veux-tu que ça me fasse ? J'ai d'autre chats à fouetter que de m'occuper d'une petite …
Harry ressentit à nouveau les sentiments d'Ava. Elle semblait à la fois très triste et très en colère. L'adolescent eut l'impression de revivre sa propre enfance : être toujours en trop, encombrant et rejeté en permanence. Il n'eut pas le temps de revenir sur ses propres souvenirs car il bascula soudain dans un nouveau souvenir.
Il se trouvait désormais dans une immense chambre où il avait presque l'impression de se noyer. Ava, un peu plus âgée que dans le souvenir précédant, était assise sur un vaste lit. Elle était seule et semblait perturbée. Harry entendit alors la voix de Ava, adulte, murmurer à ses oreilles :
- C'est ce jour-là que j'ai ressenti la disparition de mon père. Et que je t'ai senti, toi.
Harry observa la fillette sur son lit et constata qu'une larme coulait sur sa joue. Harry pouvait ressentir sa tristesse mais il lui sembla percevoir autre chose, une sorte de satisfaction. A peine eut-il mis un nom sur ce qu'il avait senti qu'il fut conforté dans son idée par quelques mots murmurés par la fillette :
« Tu ne méritais vraiment pas mieux ! »
Mais brusquement, les yeux de la fillette parurent s'illuminer. Harry crut même qu'elle était en transe. Elle dit alors, à haute voix :
- Mais qui es-tu toi ?
Harry ressentit le même élan de sollicitude qu'il avait lui même ressenti dans la cuisine du quartier général de l'Ordre du Phénix : elle avait, elle aussi, été soulagée de se sentir désormais moins seule. Et tout aussi brusquement que la première fois, Harry sentit le sol se dérober sous ses pieds.
Un nouveau décor fit place au précédant. Harry se trouvait cette fois dans un grand salon aux murs de pierre, une ambiance lugubre y régnait. Cependant, le souvenir devait être bien plus récent car Ava semblait avoir le même âge qu'au moment présent. Elle faisait face à Voldemort mais ne paraissait pas le moins du monde impressionnée. Le Seigneur des Ténèbres s'adressa alors à sa fille :
- Je savais que tu répondrais à mon appel. Je suis cependant déçu que tu n'aies pas été là quand j'étais au plus mal.
- Si je ne m'abuse, votre fidèle Queudver s'en est très bien sorti, non ?
- Tu sais très bien que ce n'est pas la même chose …
Harry entendit alors les pensées qu'avait eu Ava à ce moment là :
« Oh, ça c'est certain ! Si ça avait été moi, tu ne serais pas là aujourd'hui. »
Ava jeta alors un regard noir à Queudver et pensa à travers elle :
« Quant à toi, misérable cloporte, je n'arrive pas à croire que tu aies eu l'idée de le faire revenir. Tu aurais du le laisser, l'abandonner à son sort ! Il ne méritait pas mieux ! »
Harry vit alors les yeux d'Ava se perdre dans le vague. Elle pensait :
« Je ne sais pas où tu es Harry Potter mais je jure de te retrouver et je peux t'assurer que tu sauras qui je suis. Pas quel est mon sang mais quel est mon cœur ! »
Avant que Harry ait pu réaliser ce que signifiait les paroles d'Ava, il fut de retour dans la cuisine du 12 square Grimmaurd. Ava était debout face à lui et lui souriait.
- Alors ? Demanda t-elle pleine d'espoir.
Harry ne savait quels mots utiliser pour lui exprimer ce qu'il ressentait alors il hocha juste la tête et se tourna vers les autres.
- Je crois qu'on peut lui faire confiance.
- Mais enfin Harry, tu es fou ?! S'indigna Sirius. On ne fait pas de pacte avec le diable !
- Je l'ai vu ! Je suis sur de ce que je dis.
- Je ne sais pas quel crédit vous allez accorder à mes paroles, dit Ava pas vraiment convaincue, mais sachez que je ne veux que le bien de Harry et je peux vous assurer que quoi qu'il arrive, je le protègerais. Et, Sirius, je te prierais de ne pas être désobligeant ! Tu es bien placé pour savoir que nous ne ressemblons pas forcément à nos parents.
Le professeur Dumbledore prit la parole après un instant de silence, un air contrarié sur le visage :
- Elle n'a pas tort Sirius. Et j'ai peur que, de toute façon, nous n'ayons pas le choix, n'est-ce pas ?
- Effectivement, non. Sauf le respect que je vous dois, je ne vous ai pas demandé votre avis. Il s'agit d'une affaire entre Harry et moi. Pourtant, tout se passerait mieux si vous l'acceptiez. Je ne suis pas idiote, je sais très bien que vous ne me ferez jamais confiance. Mais ça m'est égal. Harry me croit, lui, et c'est tout ce dont j'ai besoin.
- Et que direz-vous à votre père concernant votre relation avec Harry ? Demanda le professeur Dumbledore encore plus contrarié.
- Exactement la même chose que Severus. Que je suis un espion infiltré qui vous observe et n'attend qu'un signe de sa part pour vous trahir. De plus, il sera ravi que je puisse espionner également Severus, car, je suis navrée de vous l'apprendre mon cher, mais il n'a que peu de confiance en vous.
- Et comment savez-vous, vous, demanda Severus un peu inquiet, que je ne suis pas tout ce que je prétend ?
- Il se trouve que je suis plus sournoise, dans ma pratique de la Légilimancie, que mon père. Mais ne vous en faites pas, ajouta t-elle en voyant Severus pâlir, il ne sait absolument rien.
Le silence s'établit à nouveau. Les membres de l'Ordre paraissaient tous vexés, certainement à cause de la façon dont Ava leur avait forcé la main. Mais cette dernière paraissait s'en moquer royalement. Mrs Weasley se redressa et s'adressa à elle sur un ton narquois :
- Tout ceci est bien beau, mais comment comptez-vous vous y prendre pour rester aux côtés de Harry ? Je vous rappelle que d'ici quelques jours, il va retourner à Poudlard !
- Je n'ai pas encore réglé ce détail, mais il est certain que je n'ai pas besoin de me montrer pour être là.
Severus, l'air gêné, s'adressa au professeur Dumbledore :
- Je sais que cette proposition va probablement vous paraître farfelue, mais ne vous manquerait-il pas un professeur de Défense contre les Forces du Mal, par hasard ?
- Si, effectivement, répondit le professeur avec une pointe de colère, mais je ne sais pas si Miss Soledad sera apte à enseigner ni même si elle sera intéressée par cette tâche.
- Moi ? Intervint Ava. Enseigner ? Pourquoi pas, mais dans cette discipline là, je trouve que l'ironie est tout de même de mauvais goût.
- C'est en effet peu orthodoxe, ajouta le professeur Dumbledore, mais il faut avouer que c'est le statut le moins suspect que vous pourriez avoir au sein de Poudlard. Et aussi étrange que cela m'apparaisse, il semblerait que Severus veuille vous faire confiance. Quelle que soit votre décision, sachez que vous serez constamment entourée de gens dont l'unique but est de protéger Harry. Ceci étant dit, vous savez à quoi vous en tenir.
- Il est inutile de me menacer, je ne suis pas dupe. Et je vous le répète : nous sommes finalement du même côté. Mais je trouve que cette idée d'enseigner à quelque chose de très intéressant alors je vais me laisser tenter.
