NdA : Je suis navrée pour le retard ( moi qui ai horreur d'attendre quand je lis les fics des autres, c'est un peu paradoxal ) et j'espère que ça ne vous aura pas trop lassé.


Deux jours s'étaient déjà écoulés depuis que cela s'était produit mais Drago ne parvenait toujours pas à comprendre ce qui avait pu se produire. Il avait tenté d'en parler avec le professeur Rogue mais celui-ci ne s'était pas montré très disponible ni même à l'écoute de ce que le jeune homme pouvait dire. Cela faisait des semaines qu'il semblait ailleurs. En fait, c'était depuis le départ d'Ava. Personne n'avait donné d'explication sur son absence et le plus étrange était que même la famille Malefoy ignorait où se trouvait la jeune femme. Mais Drago avait d'autres préoccupations pour le moment.

Il avait essayé de rassembler ses souvenirs pour avoir un début d'explication mais le résultat était toujours le même. Il se trouvait dans la salle commune des Serpentards, en compagnie de Crabbe et Goyle, et leur racontait à voix basse les derniers exploits des mangemorts. Et tout à coup, il s'était retrouvé dans une forêt, sans avoir la moindre idée de la façon dont il avait pu y arriver. Il avait alors regardé autour de lui et avait constaté qu'une ombre était au sol, non loin de lui. Il était incapable de dire ce qu'était cette ombre mais il lui semblait qu'elle lui avait parlé. Il avait entendu une faible voix murmurer dans sa tête :

« Il faut que tu m'aides... Je vais mourir... S'il te plait, viens ... »

Et puis, sans comprendre non plus comment il était revenu, Drago avait rouvert les yeux et il se trouvait à nouveau dans la salle commune des Serpentards. Crabbe et Goyle le regardaient avec insistance, lui laissant comprendre que quelque chose s'était passé. Mais ils avaient seulement dit que Drago s'était figé pendant quelques minutes. Il n'avait pas bougé mais ses camarades avaient craint qu'il n'ait fait « une crise cardiaque », avaient-ils dit.

Drago avait beau observer le phénomène sous toutes ses coutures, il ne connaissait qu'une seule personne qui ait vécu quelque chose de semblable. Au premier abord, il avait refusé de lui demander quoi que ce soit. Mais à force de ressasser tout ça, et surtout de ne pas pouvoir identifier la voix, bien trop faible, il s'était plus ou moins fait à l'idée de devoir s'adresser à celui qu'il méprisait le plus au monde.

Cela faisait donc deux jours et il avait enfin réussi à admettre qu'il avait besoin de Harry. Il mit donc sa haine de côté pour quelques minutes et, le soir venu, s'approcha de l'adolescent :

- Potter, je peux te parler une minute ?

- Pourquoi ? Demanda Harry sur la défensive.

- C'est à propos de tes visions …

- Et bien quoi ?

- Comment tu fais pour les provoquer ?

- Je ne les provoque pas ! Pourquoi ? Tu as besoin de contacter ton maitre ?

- C'est bon, laisse tomber !

Drago était parti furieux. Il savait pourquoi il haïssait Potter et il s'en voulait d'avoir cru que ce sale petit … pouvait l'aider. Pourtant, il avait un renseignement : il ne pouvait pas recréer lui même le phénomène. Il ne pourrait donc aider cette personne que si elle le recontactait, si jamais cela arrivait.


Harry était en train de diner dans la Grande Salle lorsqu'il repensa à Malefoy. Il ne comprenait pas pourquoi il lui avait demandé ça. Avait-il, lui aussi des visions ? Pourtant, c'était impossible car Drago n'avait pas de lien avec Voldemort. Il n'avait pas de cicatrice et surtout … il avait encore ses parents … Harry était amer en pensant à la chance qu'avait son ennemi. En était-il seulement conscient ? Harry ressentit une montée de colère en lui. Il avait cru trouver l'équivalent d'un nouveau parent grâce à Ava. Et, elle aussi avait disparu. Elle l'avait abandonné. L'adolescent se souvint soudain de ce que lui avait dit Ava : un jour, il serait amené à collaborer avec Drago. N'avait-il pas commis une erreur en le rembarrant ainsi lorsque le jeune homme était venu lui demander son aide ?

Harry fut sorti de ses pensées par des cris venant de l'extérieur de la Grande Salle. Il reconnut tout de suite la voix de Drago et sut instinctivement que son devoir était d'aller voir ce qui lui arrivait. Harry sortit donc dans le hall et y trouva Drago. Le jeune homme paraissait paniqué. Harry lui attrapa le bras et le secoua afin de lui faire reprendre ses esprits :

- Qu'est ce qui t'arrive ?

- Suis-moi ! Viens m'aider !

- Mais pourquoi ?

- On n'a pas le temps de discuter ! Dépêche-toi ! Elle va mourir !

Drago partit en courant en direction du portail du château, suivi par Harry, de plus en plus inquiet. Ce n'est qu'une fois arrivés aux portes du château, que Harry vit ses pires appréhensions prendre vie. Ava était allongée au sol, inerte et d'une pâleur assez effrayante. Harry interrogea Drago :

- Mais qu'est-ce qui s'est passé ?

- Je ne sais pas. Elle m'a appelé et je l'ai trouvée comme ça. Aide-moi, nous devons l'emmener à l'intérieur.

Ils n'eurent pas le temps d'entreprendre quoi que ce soit car un hurlement se fit entendre à cet instant là :

- AVA !!!!

C'était Severus qui arrivait auprès d'eux. Lorsqu'il fut assez près pour voir la jeune femme, son visage se décomposa.

- Est-ce qu'elle est … ?

- Non, je ne crois pas, répondit Drago. Mais elle à l'air vraiment mal en point.

- Ne la touchez pas ! Je vais m'occuper d'elle ! S'écria Severus d'un ton agressif.

- Vous ne croyez pas que vous en avez assez fait ? Intervint le professeur McGonagall qui venait d'arriver sur les lieux.

- Mais … je … balbutia t-il.

- Retournez vous occuper des élèves, dit la sorcière d'un ton impérial. Nous vous tiendrons au courant dès que nous en saurons plus.

Il partit la tête basse, ayant perdu toute son envergure habituelle. Le professeur McGonagall murmura quelques mots tout en pointant sa baguette sur le corps d'Ava. Aussitôt, le corps de la jeune femme fut soulevé de terre et, guidé par le professeur McGonagall, se dirigea vers l'intérieur du château. Drago et Harry restèrent quelques instants immobiles puis retournèrent silencieusement dans le hall d'entrée. A peine eurent-ils mis un pied à l'intérieur, que Severus se jeta sur eux et les assaillit de questions :

- Que s'est-il passé ? Comment l'avez-vous trouvée ? Où était-elle ?

- J'aimerais, moi aussi, le savoir, le coupa le professeur Dumbledore. Mais venez plutôt, tous les trois, dans mon bureau. Nous avons à parler.

Ils suivirent tous le vieil homme en silence. Harry était avide de savoir, inquiet de ce qui avait pu se passer et surtout, de quelle pouvait être la suite des évènements. Ils arrivèrent finalement dans le bureau du directeur où celui-ci leur fit signe de prendre place dans des fauteuils qu'il venait de conjurer. Lorsqu'ils furent tous installés, le vieil homme prit la parole :

- Messieurs, pourriez-vous nous expliquer depuis le début tout ce qui s'est passé ?

- Professeur, commença Drago qui paraissait encore sous le choc, tout a commencé il y a deux jours. J'étais dans ma salle commune lorsque j'ai eu comme une absence. Je me suis retrouvé dans une forêt que je ne connaissait pas et quelqu'un m'appelait. Je n'ai pas très bien compris ce qui s'était passé et je n'arrivais pas à reconnaître la voix. Et puis, tout d'un coup, de la même façon que ça avait commencé, tout s'est arrêté et je suis revenu dans ma salle commune.

Harry ressentit une profonde honte à l'idée d'avoir repoussé Drago alors qu'il venait de comprendre qu'il était certainement le plus capable de l'aider. Il écouta avec beaucoup d'attention la suite du récit de Drago :

- Ensuite, il y a environ une heure, j'ai à nouveau entendu la voix. Je lui ai alors demandé de me dire où elle se trouvait et elle m'a guidé jusqu'à elle. C'est en la voyant que j'ai réalisé qu'il s'agissait d'Ava. Elle me parlait mais je ne voyais pas son corps bouger. Je ne savais pas si j'arriverais à retrouver le chemin si je partais chercher de l'aide, alors j'ai pris le risque de transplaner avec elle.

- Tu as très bien agi, glissa le professeur Dumbledore.

- Pouvons-nous aller la voir, demanda Harry.

- Je ne pense pas que vous le puissiez dans l'immédiat. Elle doit d'abord recevoir des soins. Alors retournez dans vos salles communes, je vous promets que nous vous tiendrons informés dès que vous pourrez lui rendre visite.

Les deux adolescents sortirent de la pièce, déçus de ne pas en savoir plus et se séparèrent sans un mot. Dans le bureau, le professeur Dumbledore s'adressa à Severus avec pitié :

- Severus, je ne suis pas certain que nous puissions la guérir.

- Comment ça ?

- D'une part, nous ne savons absolument pas de quel mal elle souffre et d'autre part, rien ne nous dit qu'elle répondra à nos soins comme n'importe quel autre sorcier. Mais soyez certain que nous allons tout faire pour l'aider.

Severus murmura un timide « merci » et se recroquevilla sur lui-même.