House resta longtemps à regarder Cuddy, avant que le sommeil finisse par avoir raison de lui. Une infirmière vint dans la nuit pour vérifier que tout allait bien, lorsqu'elle reconnut le médecin endormi dans le fauteuil et tenant la main de la directrice de l'hôpital, elle se dit qu'il était peut-être humain en fin de compte.
Vers 6h30 Lisa émergea, elle se demanda où elle était, puis le braquage et ce qui avait suivi lui revint en mémoire. La douleur à la poitrine, sa chute comme dans un ralenti, la brûlure sur son côté et le néant. La bonne nouvelle, c'est qu'elle était en vie et à l'hôpital. Elle prenait peu à peu conscience de son environnement, elle sentait les aiguilles des perfusions dans son bras gauche, l'oxygène qu'on lui envoyait grâce aux deux petites canules enfoncées dans ses narines. Mais qui pouvait lui tenir la main, elle tourna la tête et le vit.
Il était là, près d'elle, veillant sur elle, cette simple présence l'emplit d'une joie immense. Des larmes roulèrent sur ses joues, Wilson avait raison, comme la plupart du temps, il tenait à elle. Elle ne résista pas bien longtemps et serra la main du diagnosticien à plusieurs reprises pour le réveiller.
House ouvrit les yeux presque aussitôt, il fixa d'abord cette main qui pressait la sienne et ensuite posa son regard sur le visage de Cuddy qui lui souriait. A son tour un sourire fendit son visage, il se leva, s'approcha, s'assit sur le bord du lit tout en portant la main de Lisa vers ses lèvres pour y déposer un baiser. Elle apprécia le contact rugueux de sa barbe de trois jours sur sa peau.
Cuddy : …bon…
House : N'essaies pas de parler….reposes-toi.
Cuddy acquiesça d'une signe de tête et referma les yeux, une chaleur n'étant pas due à la fièvre l'envahissant. House venait de la tutoyer, chose qu'il n'avait pas encore osé faire durant leurs sorties. Elle perçut ses mouvements qu'en il se rassit dans le fauteuil. Deux minutes plus tard elle dormait de nouveau ;
House resta auprès d'elle encore un moment, il était soulagé, jamais il n'avait eu aussi peur pour quelqu'un. Ce qu'il y avait de positif dans tout ceci, c'est que cela lui avait permis de libérer et de montrer ses sentiments pour Lisa. Il finit par se lever, embrassa Lisa sur la joue et quitta la chambre.
Après un passage par les vestiaires pour prendre une douche et se changer, il retourna dans son bureau, 7h30, il passa dans la grande salle et prépara du café. Il examinait le dossier de sa patiente quand toute son équipe arriva. Il soupira, reposa le dossier sur la table, et répondant à leur question muette.
House : Cuddy va bien, ses constantes sont stables, aucunes complications suite à l'intervention, il lui faut juste du repos et elle se rétablira vite.
Foreman : Et vous….ça va ?
House : Certainement mieux que vous si vous continuez à poser ce genre de questions. Oui je vais bien
Kutner : Vous et Cuddy ensemble, c'est plutôt cool. Dit-il avec un large sourire
Taub : Qui sait cela va peut-être vous rendre plus aimable, rajouta-t-il l'air amusé
House : En attendant cet hypothétique moment, allez donc faire mes heures de consultation.
Foreman : vous allez où ? demanda-t-il en voyant House se lever et quitter la pièce avec un dossier à la main.
House : Refilez la patiente à Wilson, c'est son tour maintenant.
Quelques secondes plus tard il voulut entrer dans le bureau de Wilson, mais ce dernier était fermé. Il regarda l'heure, 8h15, étrange Wilson n'était jamais en retard, il descendit dans le hall et demanda à l'infirmière si Wilson avait prévenu d'une absence ou d'un retard. Elle lui répondit que non.
Il essaya de joindre Wison au téléphone, sans succès. Quelque chose n'allait pas, il commença à s'inquiéter. Il prévint Foreman qu'il s'absentait et 20 minutes plus tard, il était devant la porte de Wilson. Il cogna avec sa canne à plusieurs reprises, toujours aucunes réponses. Pourtant il était là, il entendait le bruit de la télé. A tout hasard il tourna la poignée, la porte s'ouvrit, elle n'était pas verrouillée. Il entra et stoppa net en découvrant le spectacle qui s'offrait à lui. Wilson était affalé sur son canapé en tee-shirt et caleçon, à demi conscient, sa main droite fermement serrer sur le goulot d'une bouteille de Whisky vide, des bouteilles de bières vides également trainées sur la table basse et le sol. Il n'en revenait pas, ce n'était pas le style de James de se mettre dans un état pareil. Il s'approcha de son ami, qui le fixait d'un air béat. Il réussit à lui faire lâcher la bouteille, et le saisissant sous les aisselles le souleva, il avait du mal à tenir debout.
House : Merde Jimmy, aides-moi un peu ! Avec ma jambe ce n'est pas facile de te tenir.
Wilson : Je…cru…cri…crois… il se mit à rire en voyant qu'il n'arrivait pas à aligner deux mots cohérents à la suite.
House : Une bonne douche froide s'impose, allez direction la salle de bain !
House mit son ami dans la baignoire, lui ôtant son tee-shirt attrapa le pommeau de douche, ouvrit le robinet d'eau froide et l'aspergea. Ce dernier ne réagit pas de suite mais recevant pour la 5ème fois de l'eau en plein visage, lui coupant la respiration il eut enfin un sursaut de lucidité.
Wilson : Merde ! Arrête ! Tu veux me tuer ou quoi ?!
House : Mais c'est qu'il est hargneux le criquet quand il a bu ! Je te laisse, tu vas pouvoir te débrouiller maintenant… Eh attention ! cria-t-il en faisant un bond de côté, évitant ainsi que Wilson lui gerbe dessus.
House laissa son ami et se rendit dans la cuisine pour y préparer du café, il venait de terminer de couler quand Wilson, vêtu d'un peignoir arriva, il s'assit à la table prenant sa tête entre les mains en proie à un mal de crâne phénoménale. House ne lui adressa pas la parole, se contentant de lui tendre une tasse de café et aussi un comprimé de vicodin. Il but le café et avala le comprimé dans l'espoir que les tambours qui raisonnaient dans son crâne s'arrêtent. Il en était à sa troisième tasse quand House lui posa enfin la question.
House : Pourquoi ?
Wilson : Je te demande pardon. Il avait dit ça d'une traite en regardant son ami droit dans les yeux.
House s'attendait à tout mais, certainement pas à des excuses de la part de son ami. Il était perplexe, qu'avait-il à se reprocher. Il voyait que Wilson essayait de trouver le courage de continuer, après avoir longuement fixé le fond de sa tasse, il releva la tête. House ne sut comment réagir en voyant les yeux humides de son ami.
House : Qu'est ce que tu….
Wilson : Fermes-là et écoutes –moi !
House : …..
Wilson : Depuis mon retour et le fait que l'on se revoit, j'avais l'impression que quelque chose n'était pas entièrement redevenue comme avant, j'ai d'abord pensée qu'inconsciemment je t'en voulais encore. Hors hier soir, en te voyant près de Cuddy, j'ai compris, j'ai enfin trouvé ce qui n'allait pas….
House : C'est …
Wilson : Laisses-moi finir ! Il respira un grand coup et reprit, je ne suis qu'un sale con égoïste, j'ai cherché désespérément des raisons de t'en vouloir mais…mais je ne t'ai jamais dit merci, alors que tu n'as pas hésité à risquer ta vie pour tenter de sauver Amber et cela inconsciemment et consciemment.
House était troublé et profondément touché par les excuses de son ami. Wilson baissa la tête en partie pour cacher ses larmes mais aussi ce sentiment de honte, face à son égoïsme, qui l'étreignait. Il attendait stoïquement une remarque acerbe qui le remettrait à sa place mais au lieu de ça, il sentit une main se poser sur son épaule. La pression de la main s'accentua et se relâcha enfin. House enleva sa main, continuant à se diriger vers la sortie, mais avant de quitter la pièce. Il prononça d'une voix rauque à peine audible.
House : Merci Jimmy…
House sortit s'en rien ajouter, c'était inutile. Wilson, quand à lui était soulagé, et il regarda les bouteilles vides. Il fut prit de nausée et eut juste le temps d'atteindre l'évier. Il appela l'hôpital pour les prévenir qu'il serait absent pour la matinée.
House, retourna à l'hôpital, il n'avait pas de cas, donc il laissa son équipes et rejoignit la chambre de Lisa et s'installa dans le fauteuil. Son cerveau était en ébullition, il ne cessait de penser à la vision du corps inerte de Lisa allongé au sol, aux divers sentiments qui l'avaient alors assailli, le doute, la crainte, la panique et l'amour qu'il éprouvait pour Lisa. Il pensa aussi aux excuses de Wilson. Il soupira tout en souriant, Lisa sur un lit d'hôpital, Jimmy faisant des excuses pour s'être conduit en parfait imbécile et lui, laissant paraître ses sentiments. « C'est le monde à l'envers, d'habitude c'est moi qui suis à leur place »
