voilà la suite tant attendue par certains
chapitre:1
Séverus se précipita sur lui :
-« Mon amour, tu es vivant ! »
Il avait beau lui parler Harry était ailleurs comme enfermé dans un monde à part. Il ne réagissait à rien. Il le prit dans ses bras et se dirigea vers le château. Plusieurs souvenirs lui revinrent en mémoire comme le jour où tout avait changé entre lui et son ange.
Ce jour-là, la pluie avait chassé le soleil, de gros nuages gris attristaient le paysage enchanteur, peut-être que un mauvais présage de ce qui allait se passer. Séverus faisait sa ronde de nuit habituelle, il n'avait toujours pas trouvé la solution pour aider son élève. Au fil des jours, il entendait les mélodiesdu violon joué par Harry mais elles étaient tellement tristes. Cependant ce jour-là, aucune musique ne sortait des murs du château et une peur tenace le prit au ventre. Il parcourut les quelques escaliers qui le séparaient de la salle où il avait surpris le virtuose quelques jours plus tôt.
Il arriva devant la porte et la poussa doucement anxieux de ce qu'il pourrait trouver derrière.
La pièce était plongée dans une pénombre, il y régnait un silence de mort, on entendait seulement le bruit de la pluie sur les vitres. Il entra et une forte odeur métallique assaillit son odorat. Il se dirigea vers celle-ci et découvrit le corps inerte de Harry. Il semblait sourire, heureux. Au départ, il pensait que le jeune homme était endormi et tenta de le réveiller :
-« Monsieur Potter que faites-vous ici ? »
Mais Harry ne lui répondit pas. Séverus essaya une nouvelle fois et c'est là qu'il remarqua que ses pieds baignaient dans un liquide étrange. Il prononça un faible « lumos » et découvrit avec stupeur la marre de sang qui entourait le survivant. Le temps venait de se figer pour Séverus, un de ses élèves se mourrait sur le sol froid d'une salle délabrée. Il était seul, il allait mourir seul. Seul comme tout héros qui se respecte. Ses gestes semblaient ralentis comme si le temps lui-même avait décidé de laisser mourir le jeune homme. Il le prit dans ses bras et l'emmena à l'infirmerie. Sur le chemin, une traînée carmine imprégnait sur le sol.
Ses pas résonnaient dans le silence de la nuit. Il courut aussi vite que ses forces le lui permettaient. Il sentait bien que la vie s'échappait du corps qui reposait dans ses bras. Il parcourut les différents couloirs et escaliers menant à l'infirmerie du château. Il poussa la porte du pied et cria après Pomfresh.
-« Poppy, je vous en prie, venez vite. »
Elle arriva en courant, pestant contre les gens qui dérangeaient le sommeil des autres. Elle resta stupéfaite devant tant de sang. Le jeune homme était pâle, toute couleur avait quitté son si beau visage.
Séverus le déposa dans le lit indiqué par l'infirmière. Pompom avait vite repris son rôle de guérisseur. Elle devait le sauver, Harry ne méritait pas de mourir de cette façon. Elle aussi avait vu le mal qu'avait causé la mort de Sirius Black sur le Survivant.
-« Séverus, je vais avoir besoin de votre aide, maintenez ce tissus sur la plaie de son bras gauche pendant que je m'occupe de son poignet droit. Il faut absolument arrêter l'hémorragie. »
-« Oui Pompom, est-ce que cela convient comme ça ? »Lui demanda le maître des potions.
-« Oui, si vous voyez que le pansement est trop imbibé, changez-en mais veillez à ne pas rouvrir les blessures ! »
Elle s'affaira sur les coupures pendant plusieurs heures mais il semblait que la magie ne servait à rien. Le survivant ne voulait pas survivre, il voulait mourir et donc la magie ne marcherait pas dans son cas. Il ne restait plus que la méthode moldu pour le sauver tout en sachant que cela réduisait d'avantage ses chances de s'en sortir. Lorsqu'ils eurent terminé de le soigner, Harry avait les deux poignets bandés de manière très serrée. Son visage était trop pâle et ses traits étaient tirés.
-« Séverus, il faudrait prévenir le directeur et sa directrice de maison ! »
-« Oui j'y vais de ce pas. »
Il laissa l'infirmière et son patient.
Séverus se souvenait encore de la tête qu'avait faite le directeur lorsqu'il lui avait annoncé la tentative de suicide de Harry.
Séverus avait quitté l'infirmerie, avait parcouru les couloirs menant au bureau du directeur. Il ne savait pas quoi lui dire, son golden boy venait de tenter de se tuer. Il arriva devant la gargouille, donna le mot de passe et monta l'escalier.
Il frappa doucement à la porte et entendit :
-« Entrez ! »
-« Bonsoir Albus ! Je suis heureux que vous ne dormiez pas. »
-« Bonsoir Séverus, que puis-je pour vous ? »
Séverus hésita un instant. Albus le sortit de son monde.
-« Que se passe-t-il Séverus ? Je sens que vous êtes venu pour m'annoncer quelque chose qui ne va pas me plaire. »
-« Cela fait plusieurs semaines que lors de mes rondes nocturnes, j'entends un violon jouer et je l'ai trouvé un jour. »
-« Oui, je sais que Harry joue de cet instrument à la perfection mais lui ne sait pas que je suis au courant. »
-« Et bien, ces mélodies semblaient si tristes, alors je l'ai surpris et écouté un moment. Après sa prestation, j'ai vu quelque chose qui m'a laissé totalement impuissant. Il a posé son violon et a pris un couteau avec lequel il s'est coupé plusieurs fois les poignets. Je l'ai laissé, je ne savais pas quoi faire. Je m'en veux plus que tout, si seulement je vous en avais fait part avant, rien de tout cela ne serait arrivé. »
Albus le coupa :
-« Harry s'automutile, non c'est impossible, je n'ai rien vu ! »
-« Personne ne le pouvait, il le cachait bien ! Mais il s'est passé quelque chose cette nuit … il … il … »
-« Il a fait quoi ? »L'inquiétude transparaissant dans sa voix.
-« Il a tenté de mettre fin à ses jours. »
Il n'eut pas le temps de continuer que le directeur quitta brusquement le bureau. Séverus était toujours un peu choqué par les événements de cette soirée. Il repassait sans cesse les images du Survivant baignant dans son sang. Il revint à la réalité lorsqu'il remarqua qu'il était seul et que Fumseck lui chantait une mélodie apaisante. Il se leva à son tour et descendit dans le seul lieu où il pensait trouver le directeur. Il n'eut pas tort, Albus était au chevet du jeune homme, ce dernier paraissait si paisible même s'il était tout de même très pâle.
Séverus se souvenait parfaitement de la détresse qu'il avait lue dans les yeux de son ange. Il est vrai qu'à cette époque, il n'était encore rien l'un pour l'autre mais il se souvenait. Lorsque Harry avait ouvert ses yeux, ils reflétaient tant de sentiment confus et contradictoire. Il y avait de la peur, de la souffrance, de la honte, de l'innocence et surtout le vide. Le vert de ses émeraudes était si terne.
Harry papillonna des yeux doucement, il ne savait pas où il était. Les deux autres avaient la nette impression de voir un navire en perdition s'approchant dangereusement des récifs où il sombrerait au point de non-retour.
-« Harry, s'il te plaît, regarde-moi ! »
Mais il n'osait pas, il avait si honte, il avait été si lâche, il avait montré sa faiblesse aujourd'hui et plus jamais personne ne croirait qu'il pouvait battre son ennemi. De toute façon, lui-même en doutait.
-« Harry, je sais que c'est dur ! »
Harry chuchota :
-« Je suis désolé, je ne voulais pas vous décevoir ! »
A suivre
Je sais, pas besoin de me le dire, je suis sadique mais c'est pas de ma faute. A force d'attendre le résultat de mes exam, ça me stresse.
