Il se devait d'être fort. C'est ce qu'il pensait. Mais Edward ne c'était pas réveillé et Elizabeth toussait et crachait du sang et il ne savait pas ce qu'il faisait.
Il pensait que c'était fini. Regarder les personnes dont il se souciait mourir trop jeune ou de façons violentes.
Avant qu'il n'ait découvert Edward inconscient dans le lit avec une fièvre, il avait eu un cauchemar récurrent qu'il avait cru disparut pour de bon. Il l'avait eu auparavant, avant qu'il n'ait finalement vaincu Voldemort.
Il avait eu ce cauchemar qu'il perdait. Qu'Hermione, Ron, Ginny, Neville, tous étaient alignés sur le sol à côté de Sirius et de ses parents et de tous les autres qui étaient morts dans cette guerre. Cette fois, cependant, Edward et Elizabeth étaient aussi dans la ligne.
Tout le monde avait un point de rupture et il savait que regarder Edward mourir serait le sien.
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L'hôpital était bondé. Il semblait que la plupart de la ville ait attrapé la maladie. Edward et Elizabeth avaient fini côte à côte.
Harry avait lu des livres où les gens ont décrit une sensation de flou lorsque quelqu'un dont ils se souciaient était amené à l'hôpital. Il regrettait que ce ne soit pas comme ça. Il se rappelait clairement de tout. Il se souvenait qu'Edward ne s'était pas réveillé une fois sur le chemin. Il se rappelait qu'Elizabeth s'était effondrée quand ils étaient finalement arrivés à l'hôpital.
C'était un cauchemar, c'était certain. Il se demanda amèrement si c'était ce que cette lettre signifiait à propos de la mise au point. Devrait-il les regarder mourir avant qu'il ne soit renvoyé à son époque ?
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Harry passa la majeure partie de la journée à essayer de les aider. En essayant de garder Elizabeth dans le lit où elle était supposée être et en essayant de calmer Edward. Edward ne se réveillait toujours pas mais il ne dormait pas paisiblement.
Harry aperçut le docteur qui s'occupait de beaucoup de gens ici, dont Edward et Elizabeth. Harry n'avait pas parlé à l'homme. Il ne pouvait pas. Il ne voulait pas entendre ses craintes confirmées. Il connaissait déjà leurs chances.
Il se glissa dans la chambre et se tenait à la porte, les yeux fixés sur deux d'entre eux.
"Vous ne devriez pas être ici," entendit Harry d'une voix douce et se tourna pour faire face au docteur. Harry l'observa quand il vérifia Edward d'abord et ensuite Elizabeth. Elizabeth s'était finalement endormie mais Harry savait que cela ne durerait pas longtemps.
"Pourquoi pas ?" Demanda-il, en regardant l'homme. "Rester sans aider ? Ça ne les aide pas." Harry observa l'homme qui se déplaçait gracieusement dans la pièce.
"Je suppose que non. Je ne vous forcerai pas à partir mais vous devez les laisser se reposer. Et vous devez savoir qu'il y aura un risque plus élevé pour vous d'être ici." Harry haussa les épaules et se dirigea au côté d'Edward.
"Il n'y a aucun risque. Je ne tomberai pas malade." Il s'assit avec précaution sur le petit lit et observa le sommeil agité d'Edward. "Quand il sera parti, ils me ramèneront à la maison et ensuite je n'aurai plus rien."
"Où est votre maison ?" Harry rit.
"Vous ne me croiriez pas si je vous le disait."
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Carlisle sortit de la pièce peu de temps après que le garçon c'était tu, les yeux fixé sur l'autre. Il avait entrevu le garçon plusieurs fois depuis que les Masen étaient arrivés.
Le garçon était étrange, il avait dit beaucoup de choses qui n'avait aucun sens. Ce n'était pas une chose si étrange pour les membres de la famille qui mouraient de cette maladie mais ce garçon semblait différent. Il ne semblait pas conscient de ce qu'il disait.
Il avait un étrange sentiment pour la famille entière. Tant la femme, Elizabeth que son fils, Edward le dérangeait pour quelque raison. Le garçon, particulièrement. Il avait vu Edward auparavant quand son père avait été amené. Il y avait quelque chose dans ses yeux, la façon dont il l'avait regardée alors qu'il avait attrapé l'attention de Carlisle.
Il en avait vu plusieurs, beaucoup de personnes mouraient et personne n'avait eu cet effet sur lui. Pour quelque raison, il se retrouvait dans la chambre d'Edward et d'Elizabeth Masen plus que dans n'importe quel autre. Peut-être était-ce la façon dont Elizabeth le regardait quand elle était éveillée. Un regard comme si elle pouvait voir à travers lui.
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"Ce n'est pas juste." Carlisle jeta un coup d'œil vers le garçon, dont il avait appris que le nom était Harry, quand il parla. Le garçon était dans la pièce depuis la première fois que Carlisle lui avait parlé mais il a rarement parlé par la suite.
"Je sais." Dit Carlisle, marchant tout près en regardant vers Edward. La situation du garçon était plus mauvaise que celle de sa mère. Il s'était réveillé seulement à quelques reprises depuis qu'il était là mais il n'était pas cohérent.
"Je pensais que je pourrais le faire." Carlisle secoua la tête.
"Il est difficile de regarder les gens qu'on aime souffrir." Harry secoua la tête.
"Non, vous ne comprenez pas. J'allais partir de toute façon. Je savais que ça allait arriver. Que je devrais y aller. Je pensais que je pourrais gérer cela, le laisser si je savais qu'il avait au moins une chance. Vous savez, pour être bien. Je ne pense pas que je puisse le gérer. Revenir en arrière et savoir..."
Carlisle jeta un coup d'œil à Edward de nouveau. Le jeune homme avait saisi son intérêt depuis la première fois qu'il l'avait vu. Il savait que ce n'était pas une bonne chose, de s'attaché. Quand il se retourna, il vit dans le regard d'Harry, comme si le garçon savait ce qu'il pensait.
"C'était impossible pour moi de ne pas être attiré par lui."
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Harry soupira après que le médecin soit parti. Il y avait quelque chose chez l'homme, quelque chose d'étrange mais il était trop fatigué et trop inquiet pour l'analyser.
Il avait vu le regard de l'homme quand il avait regardé vers Edward et il savait que le docteur visitait la pièce plus que l'on attendait probablement de lui.
S'il avait l'énergie il aurait pu être en colère. En colère contre celui qui l'avait envoyé ici juste pour voir Edward et Elizabeth mourir. Peut-être qu'il avait eu tort. Malgré la preuve qu'il avait reçu de la lettre de qui l'avait écrit, peut-être qu'il avait eu tort. Peut-être que quelqu'un voulait juste qu'il souffre.
Il était dans ses pensées quand Edward commença à bouger et dire quelque chose dans son sommeil. Harry s'approcha de lui, étant assis à côté de lui sur le lit.
"Edward ?" Quand Harry mit une main sur son épaule, les yeux d'Edward se sont écarquillés. Ils n'étaient pas concentrés. Il essaya immédiatement de repousser Harry. Il était très faible, cependant. Harry avait vu auparavant. La fièvre d'Edward était élevée, il n'était pas entièrement éveillé.
"Edward." Harry déplaça ses mains sur les joues d'Edward. Edward était brûlant. Edward saisit ses poignets un instant, le regard toujours affolé.
"Edward, c'est juste moi." Après un moment, les yeux d'Edward s'éclaircirent quelque peu et il sourit même un peu avant de desserrer sa faible emprise et ses yeux se fermèrent de nouveau.
"Il ira bien." Harry sursauta à la voix d'Elizabeth et regarda où elle était assise dans son lit. "Je vais m'en assurer."
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Il commençait à faire sombre à l'extérieur quand il l'avait entendu. Il s'était échappé à l'extérieur pendant quelques minutes. La respiration d'Elizabeth était plus mauvaise. Sa fièvre était plus élevée. Elle ne pouvait pas même sortir de son lit désormais. Harry avait la dû convaincre plusieurs fois de ne pas essayer, qu'il s'occuperait d'Edward.
Il revenait à l'intérieur, mais s'est arrêté quand il entendit les voix à l'intérieur de la chambre. Elizabeth et le docteur qui s'était occupé d'eux. Il se laissa tomber quand il entendit Elizabeth exiger que l'homme sauve Edward.
"Vous devez!" L'entendit-il dire à haute voix. "Vous devez faire tout ce qui est en votre pouvoir. Ce que les autres ne peuvent pas faire..."
Harry posa ses mains sur sa tête. La femme ne renoncerait jamais. Elle espérait toujours qu'un miracle sauverait son fils. Il ne voyait pas comment ce docteur pourrait faire ce que personne d'autre ne pourrait, cependant.
Harry leva à peine les yeux quand l'homme quitta la pièce. Il resta dans le couloir pendant plusieurs minutes avant de retourner dans la chambre. Elizabeth était inconsciente maintenant, sa respiration plus mauvais qu'il ne l'avait jamais entendu.
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Carlisle était dehors, les paroles d'Elizabeth Masen sonnant toujours dans ses oreilles. Non seulement les siennes, mais celle du garçon, Harry, aussi. L'un et l'autre réclamaient pour la vie du garçon et ils le regardaient comme s'ils savaient.
Il refusait depuis si longtemps. Refusait de faire ce qui lui avait été fait à une autre personne. Mais les yeux d'Harry, hantés, les yeux d'un enfant au bord du gouffre, un enfant qui en avait vu trop, qui priait pour que ça n'arrive pas... Elizabeth elle ... savait, priait. Le priait de faire ce qu'il pouvait faire. Sauver son fils.
Savait-elle vraiment à quoi elle soumettait son enfant ou c'était juste une réclamation désespérée d'une femme qui était au bord de la mort elle-même ?
Carlisle leva les yeux vers le ciel obscurci et considéra sérieusement sa demande.
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Harry n'observa pas l'heure mais il savait que ce n'était pas très longtemps après qu'il soit entré dans la chambre et prit sa place habituelle à côté d'Edward sur le lit quand il arrêta d'entendre la respiration haletante de l'autre lit.
Cela prit un moment pour s'inscrire, un moment avant de regarder. Elizabeth était couchée sur son dos, dans la même position qu'elle avait quand il avait regardé la dernière fois, un froncement de sourcils encore sur son visage. Il la regarda fixement pendant une minute entière, observant sa poitrine, comment elle ne bougeait plus.
Il était assis, engourdit, pendant un petit moment avant de se lever et trébucha jusqu'à son lit. Elle ne bougeait pas, ne respirait pas. Juste couché là. Il ne savait pas combien de temps il resta comme ça mais le son de pas dans le vestibule le tira brusquement de sa stupeur et une sorte de panique arriva.
Il ne pouvait pas être là. Pas quand ils allaient venir. Venir pour emporter son corps. Venir pour la prendre pour que personne ne la voie plus jamais. Ceux qui viendraient pour Edward...
Il supposa que c'était juste une réaction parce qu'un moment il était debout près d'elle et le moment suivant il courait dans les couloirs de l'hôpital. Il devait sortir avant leur arrivé.
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À la fin, c'était une décision de fraction de seconde. Quand Carlisle revint dans la chambre, Elizabeth était déjà morte. Il regarda Edward et savait que le garçon avait seulement quelques heures avant de mourir.
C'était plus qu'il ne pouvait. Il ne pensa pas aux conséquences sur le moment. Il pensa seulement que, les yeux fixés sur le visage du garçon, qu'il ne pouvait pas laisser cela arriver. Comment pourrait-il laisser ce garçon mourir ?
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Harry n'était pas sûr de combien de temps il était parti, combien de temps il lui avait fallu pour garder sa panique sous contrôle. Dès qu'il l'avait fait, il éprouva un sentiment de culpabilité écrasant pour son moment de la faiblesse. Pour avoir quitté Edward quand sa mère venait juste de mourir, même si Edward n'était pas conscient de ce qui se passait.
Il avait passé trop de temps à l'extérieur, s'affolant. Il devait être là. Le moins qu'il pouvait faire était de tenir le coup jusqu'à la fin, d'être là pour Edward, qui maintenant n'avait personne d'autre.
Il s'attendait à ce que le lit d'Elizabeth soit vide quand il est finalement revenu. Il ne s'attendait pas, cependant, que ce soit les deux.
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Carlisle mit Edward dans le lit que lui-même n'avait jamais utilisé. Il ressentit un moment de la culpabilité en prenant simplement le garçon. Peut-être qu'il pourrait essayer de donner à l'autre garçon, Harry, un peu de paix aussi.
Quand il baissa les yeux sur Edward et vit la douleur dans laquelle le garçon de trouvait, vit qu'il n'avait pas beaucoup de temps, il ne pouvait éprouver de regret de ce qu'il était sur le point de faire.
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Harry resta figé sur place dans l'entrée à la pièce. Il ne pleura pas, il se contentait de regarder fixement le lit vide où Edward devait être. Était-il vraiment parti si longtemps ?
Il était vaguement conscient de tomber sur le plancher lorsqu'il sentit la sensation de traction de nouveau. La vision trouble pendant un moment. Quand ça s'éclaircit, il vit la familière salle de classe de potion.
