Harry s'assit immobile dans sa chaise à la table où il avait l'habitude de s'assoir pendant la classe de potions, les yeux fixés sur la table. Il ne sursauta pas quand la porte s'ouvrit ou quand il entendit une voix qu'il n'avait pas entendu depuis deux mois crier son nom.
Il se demanda si cela devait faire mal quand Hermione le colla pratiquement à sa chaise, l'étreignant avec acharnement. Il ne rendit pas l'étreinte mais il ne la repoussa pas non plus.
Il laissa Ron et Hermione l'aider à se relever. Il savait qu'Hermione lui disait quelque chose mais il ne pouvait pas entendre ce qu'elle disait.
Il est mort. La pensée se répétait à maintes reprises dans sa tête. Quelqu'un saisit sa tête et il regarda dans les yeux d'Hermione. Il pensait qu'elle semblait préoccupée, il pensait qu'elle lui demandait quelque chose mais il ne pouvait pas forcer les mots.
Il est mort. Le monde s'inclinait et se brouillait et pendant une seconde il se demandait si cela arrivait de nouveau, s'il partait de nouveau. Une seconde plus tard, sa vision s'obscurcit et la dernière chose qu'il sentit était ses genoux le lâchant.
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Hermione était plus qu'extasié quand le jour est finalement venu et s'est bien sûr un peu inquiété que cela n'arrive pas.
Elle n'avait pas dormi la nuit précédente. Eh bien, honnêtement, elle n'avait pas beaucoup dormi depuis qu'Harry avait disparu. Elle c'était beaucoup inquiétée à son sujet.
Elle détestait ça. Détestait de n'avoir aucun moyen d'entrer en contact avec lui, pour s'assurer qu'il allait bien. De son point de vue, Harry était son frère, tout simplement. Elle l'aimait comme elle aimait sa propre famille et elle détestait de ne pouvoir rien savoir.
C'est pourquoi elle passa la journée entière marchant à pas mesurés nerveusement. Elle ne pouvait se concentrer sur rien. Après tout ce qui était arrivé pendant la guerre, au fil des ans ils étaient à l'école, elle était convaincue qu'elle pourrait gérer à peu près quoi que ce soit, sauf la perte de Ron ou d'Harry.
Elle et Ron arrivèrent à la classe de potion tôt. Elle savait que cela arriverait bientôt. Cependant, ça semblait être une éternité avant de voir ce flash et ensuite il était là, assit dans la même chaise où il était avant qu'il ne disparaisse.
Elle ne pouvait pas s'empêcher de l'étreindre, le sortant de sa chaise dans le soulagement et l'excitation. Il lui fallut quelques instants avant qu'elle ne se rende compte qu'il ne lui rendait pas son étreinte.
"Harry ?" Elle se leva et fronça les sourcils vers Ron quand Harry ne réagit pas. Ils l'ont tiré sur ses pieds. "Tu vas bien ? Nous avons été si inquiet pour toi." Harry ne disait toujours rien. Hermione mit une main sur son épaule. Il tremblait.
"Harry ?" Elle posa une main sur sa joue, le forçant à la regarder. Il ne semblait pas l'entendre. "Harry!" Hurla-t-elle quand ses jambes ont cédé et qu'il est tombé sur le sol.
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"Qu'est-ce qui se passe ?" Neville courut jusqu'à eux, suivit de près par Ginny. Hermione et Ron marchaient nerveusement devant les portes de l'infirmerie.
"Je ne sais pas. Ça disait qu'il irait bien, que tout se mettrait en place à la fin. Mais il me regardait fixement et ensuite il s'est effondré et je ne voulais pas l'amener ici, pas avant que je puisse tout lui dire, lui dire que c'était une erreur que tout irait bien mais il a perdu connaissance et ne se réveille pas et j'avais quelque chose à lui dire sur ce qui c'est passé pour lui, non sans que quelque chose de physiquement n'aille mal avec lui-"
"Vous avez trouvé Harry ?!" Dit Neville coupant le discours. Il n'en avait pas compris la plupart mais il attrapa le nom d'Harry. Hermione reprit haleine et inclina la tête.
"Il ira bien." Dit Ron avec force, serrant son épaule. Elle semblait toujours un peu affolée. Il comprit ce sentiment. Ils avaient tous les deux pensé que les dangers disparaitraient avec Voldemort.
Hermione sourit faiblement à Ron. Il était le seul à comprendre. Après tout ce qu'ils avaient vécu ensemble, il était le seul qui pouvait. Après tout ce qu'ils avaient vécu, elle ne pensait pas que Ron survivrait de la perte Harry, pas plus qu'elle.
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Il ne fallu pas trop longtemps pour pouvoir entrer voir Harry. Hermione ne connaissait pas les détails d'où Harry était parce qu'elle avait tenu sa promesse de ne pas lire la lettre qui était adressé seulement à Harry mais elle se demandait ce que Dumbledore savait parce qu'elle était sûre que si ce n'était pas pour lui, ils auraient dû attendre beaucoup plus longtemps.
Hermione et Ron marchait tranquillement vers le lit d'Harry. Il ne dormait pas, mais regardait fixement au mur opposé. Elle détestait le voir. C'était pire que quand il était revenu de ce cimetière après avoir vu Cédric mourir.
"Harry..." Hermione échangea regard avec Ron avant d'atteindre sa poche et de retirer la lettre. La lettre était écrite sur du papier pas du parchemin et scellée dans une enveloppe ordinaire.
"Harry je sais que tu vas ....mal" Elle jeta un coup d'œil à Ron de nouveau et tendit la lettre. "J'ai fait une promesse ... et je pense que cela t'aidera. Je sais que ça t'aidera." Elle se pencha près de lui. "Je dois te dire ... ce que l'on m'a dit de te dire.... je ne suis pas sûr de ce que cela signifie, mais... il n'est pas mort, Harry." Harry tourna sa tête brusquement à cela, la regardant fixement. Il semblait surpris pendant un instant, mais après c'était parti et ses yeux sont devenus morts de nouveau. Hermione soupira et mit la lettre sur le lit à côté de lui.
"Lit-ça, Harry. Tu promets de la lire ?"
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Harry tourna la lettre à maintes reprises dans ses mains. Il envisagea de la déchirer en morceaux. Après tout, la dernière qu'il avait reçue était pleine de mensonge. Au lieu de cela, il se trouva à ouvrir la lettre. Ce n'était pas comme si Hermione lui permettrait de ne pas la lire.
Il n'enregistra pas ce qu'elle disait la première fois. Il ne pouvait pas se concentrer sur quoi que ce soit. Son cœur, qui avait été réduit petit à petit depuis qu'il était un jeune enfant, se sentait comme s'il était parti avec Edward.
Il a dû la lire plusieurs fois avant qu'il n'ait compris ce qu'elle disait et ensuite il la lut plusieurs fois juste pour être sûr. La froissant dans sa main, il eut envie de rire ou pleurer. Ou peut-être frapper quelque chose.
Cela devait être une sorte de plaisanterie destiné à le rendre fou. Jetant le papier chiffonné à travers la chambre, il s'effondra sur le lit. Les fortes envies momentanées se sont effacées et il était de nouveau comme vide.
Était-ce ce à quoi ressemblait une personne ayant atteint son point de rupture ? Il supposait qu'il finirait à St-Mangouste dans la même salle que Lockhart et les parents de Neville.
Outre les éclats très brefs de colère ou de douleur ... il ne sentait rien. Il ne pensait pas que c'était possible. Peut-être que ce ne l'était pas. Peut-être qu'il le sentirait bientôt. Il ne savait pas ce qui était pire mais il ignorait comment quelqu'un pourrait survivre longtemps comme cela.
Étant assis, Harry jeta un coup d'œil à l'enveloppe chiffonnée et soupira. Que diable ? Il n'avait plus rien à perdre. Il prit sa décision.
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Alice était folle. Edward le savait depuis des années, bien sûr. Cependant, au cours des derniers jours passés il s'était demandé si elle essayait de le rendre fou aussi. Elle gardait quelque chose de lui, quelque chose qui l'impliquait. Il se demandait si elle avait pris des conseils de Carlisle pour déguiser ses pensées. Quoique, la plupart du temps elle l'évitait.
Il y avait cette lueur dans ses yeux qui était apparu à plusieurs occasions. Un regard qui sait. Elle savait vraiment la plupart des choses avant les autres mais ce regard était un différent que celui qu'elle avait juste avant quand elle dit au reste de leur famille pour une de ses visions.
Il y avait seulement une pensée ou plutôt une image qu'il était certain qu'elle voulait qu'il voit. Des yeux verts brillants, les cheveux bruns et en désordre.
Il ne pouvait pas décrire, même à lui, le sentiment qu'il eut à cette image. Il aurait juré que, s'il avait pu, à cet instant son cœur avait commencé à battre pour la première fois en quatre-vingts ans.
C'était après cela qu'il avait commencé à éviter sa sœur autant qu'elle le faisait. L'image le hanta pendant des jours après et il y avait ce chuchotement vague qu'il ne pouvait pas discerner, mais estima qu'il appartenait à l'image dans sa tête.
C'était comme un souvenir qu'il ne pouvait pas atteindre. Ce n'était pas possible. Il se souvenait tout de sa vie depuis que Carlisle l'avait changé. Chaque détail. Pourtant, il sentait qu'il manquait quelque chose. Il ne se rappelait pas ce que c'était que ce rêve mais il comprit que s'il pouvait, il en rêverait.
Certes, il avait utilisé le bourdonnement des voix dans sa tête qui n'étaient pas la sienne. Il avait pensée, après avoir été changé, que ça le rendrait fou avant qu'il n'ait appris à le pousser au fond de son esprit, pour mieux le contrôler. Pourtant, même le bourdonnement constant de l'opinion des adolescents à l'école le mettait aussi en colère que ce chuchotement qu'il ne pouvait pas tout à fait discerner et pouvait entendre tout le temps maintenant.
Il se mit à se tenir à l'écart, plus souvent qu'autrement, de la ville, de la maison. Parfois, s'il se concentrait suffisamment, le chuchotement arriverait un peu plus fort et l'image apparaissait un peu plus nette.
Le piano a toujours été son activité préféré pour se divertir. Ça lui donnait toujours un sentiment de familiarité et de confort. Il savait qu'il jouait avant qu'il ne soit malade et soit changé. C'était une des rares choses qu'il savait de sa vie humaine.
Il ne jouait pas autant que d'habitude. Il n'avait pas analysé la raison jusqu'à ce qu'il ne se soit assis pour jouer après avoir vu cette image dans la tête d'Alice. Il manquait quelque chose. Quelque chose qui lui avait toujours manqué, il ne l'avait juste pas remarqué auparavant.
Il supposait que ça avait toujours été là. Il sentait qu'il qu'il n'avait pas vraiment sa place depuis longtemps. Il pensait que c'était juste parce qu'ils avaient tous quelqu'un. Emmett et Rosalie, Alice et Jasper, Carlisle et Esme.
Ce n'était pas qu'il n'aimait pas sa famille, c'était juste qu'il y avait que ce sentiment qu'il n'était pas complet. Depuis qu'il avait vu cette image, le sentiment s'était développé en quelque chose de reconnaissable. Quelque chose de familier.
Il avait essayé de découvrir comment et ça n'avait pas pris longtemps. Dans les premières années après que Carlisle l'ait changé, il l'avait senti alors. Cela avait été plus fort, bien pire. Il avait pensé que c'était tout simplement la perte de sa vie humaine, de sa famille.
Peut-être c'est ce qu'il était. Peut-être cette image qu'il avait à l'origine vu dans la tête d'Alice n'était pas de son avenir, mais de son passé. Carlisle avait été là. Peut-être sa mère et son père n'étaient pas les seuls qu'il avait perdus quand il avait été changé.
C'était peut-être pourquoi Alice l'évitait. Il ne pouvait pas voir pourquoi Carlisle lui parlerait de quelque chose de son passé mais il savait que c'était ça. Après réflexion ... il savait tout simplement.
S'il se concentrait suffisamment, il voyait l'image d'une femme avec de longs cheveux la même couleur que les siens qu'il savait être sa mère debout à côté d'un garçon avec des cheveux sombres, en désordre et des yeux brillants, verts.
Il essaya d'éviter d'y penser. Quand il le fit, le sentiment se développa en quelque chose de douloureux. Le piano est devenu une source de douleur aussi.
C'était peut-être pourquoi il n'avait jamais trouvé personne comme les autres avaient fait. Peut-être que ça signifiait qu'il devait toujours être seul. Si les sentiments qu'il recevait étaient une indication, il avait déjà constaté qu'il y a eu quelqu'un ... et les avait perdus.
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Cela prit beaucoup plus longtemps qu'il ne l'aurait souhaité. Même avec l'aide de Dumbledore, il avait toujours besoin d'être préparé. Il n'avait pas d'autre choix que d'attendre. Ce n'était pas comme s'il pouvait transplanné aussi loin.
Dumbledore semblait d'accord avec tout cela. Il aida plus qu'Harry le pensait qu'il ferait. Il se demanda ce que, exactement, Hermione avait dit à Dumbledore. Il avait dit qu'après tout ce qu'Harry avait vécu il voulait qu'il soit heureux. Maintenant que la guerre était finie, Harry supposa que l'homme n'avait plus besoin de lui désormais.
Harry ne pouvait se concentrer sur rien, cependant Il laissa Dumbledore, Hermione et Ron prendre le relais. Il était vaguement conscient de ce qu'ils faisaient. La préparation d'un endroit pour lui de rester là, changeant un peu d'or dans sa chambre forte en devise américaine, la mise en place de moyens pour qu'il puisse revenir ici et visiter ses amis quand il en avait besoin.
Il ne pouvait se concentrer sur rien vraiment. Seulement cela ne pouvait pas être réel ... qu'il ne pouvait pas probablement l'avoir... Il ne pouvait pas se laisser espérer ... ne pouvait pas se laisser y croire. La personne qui envoie ces lettres avait été celui qui l'avait forcé à regarder Edward mourir. Ou, du moins, c'est ce qu'Harry croyait avoir vu.
Hermione et Ron étaient si confiants que ce serait excellent. Les préparatifs qu'ils faisaient, pour qu'il reste en Amérique indéfiniment étaient la preuve de cela.
Il se détestait et les détestait un peu pour le petit peu d'espoir qui apparut brusquement à la façon dont ils agissaient, à la confiance totale qu'ils détenaient. Pourtant, les mots d'Hermione continuaient à jouer à maintes reprises dans sa tête et il ne pouvait pas les sortir par la force, ne pouvait pas se forcer à écraser de ce petit peu d'espoir qu'elle avait dit était vrai et qu'il était vraiment vivant.
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Alice détestait attendre. Eh bien, habituellement ce n'était pas grave. Elle savait toujours ce qui allait arriver. Attente quelque chose qui va arriver est beaucoup plus facile quand vous saviez que cela arriverait.
Cependant, avec les grandes choses, elle détestait ça. Elle était immortelle, elle devrait avoir une meilleure patience. Au moins, c'est ce que Jasper lui disait. Elle s'abstenait d'indiquer l'impatience de Jasper avec lui-même. À son avis, il faisait exceptionnellement bien à l'école. Il n'avait blessé aucun des enfants après tout.
Cette attente, décida-t-elle, était la pire. Ce n'était pas quelque chose pour elle, mais quelque chose pour son frère. Edward était son frère et une chose qu'elle détestait plus que l'attente était le fait que son frère n'était pas heureux.
Elle savait qu'Edward savait qu'elle gardait quelque chose de lui. C'était impossible pour lui de ne pas le savoir. Elle pensait qu'elle avait très bien réussi à cacher la plupart de ses pensées mais elle ne pouvait pas s'empêcher de remarquer quand Edward commença à l'éviter, quand il semblait de plus en plus malheureux.
Elle savait que c'était sa faute mais elle avait peur de dire la vérité à Edward, de lui raconter ce qu'elle avait vu arrivée. Sa vision de celui-ci avait hésité deux ou trois fois. Elle avait peur que l'autre garçon change d'avis. Elle avait peur de la façon dont Edward réagirait si elle lui disait à l'avance.
Elle le vit, cependant. Vu comment il pourrait être si elle ne disait rien. Elle pouvait presque voir son frère heureux et cela valait le risque de ne pas lui dire. Ainsi, elle attendait, même si elle n'était pas très patiente.
Elle ne revint pas jusqu'à ce qu'il soit presque temps. Comme elle savait qu'il était la seule chance de son frère au vrai bonheur, elle savait aussi qu'elle devrait l'amener à Edward.
