Auteure: Blanche Malfoy
Titre: Love me, Love me not.
Traductrice: Falyla
Rating: R
Paring: Draco/Harry Draco/Bill
Warning: Cette histoire est un slash, ce qui implique des relations homosexuelles masculines. Si cette idée vous choque ou vous rebute, passez votre chemin, cette fic n'est pas pour vous.
Homophobes, s'abstenir !
Disclaimer: Rien n'est à nous, tout à JKR. L'histoire appartient à Blanche Malfoy, quant à moi, je revendique la traduction.
Petite note de la traductrice: Un grand merci à toutes celles qui prennent le temps de lire mon travail et de l'apprécier. Vos encouragements sont du baume au cœur après une semaine plutôt difficile. Gros bisous à Onarluca, Vert Emeraude, Marion-Moune, Lemoncurd, Serpentis-draco, Zaïka, Crackos, Aella, Griselle Yukikawaii-chan, Satya Beautiful-Dray, Vif d'Or, Lem Black et Sahada
En souvenir de Michael Serpent qui aimait par-dessus tout les Draco/Harry.
Chapitre 34. L'ex-bâtard graisseux.
- C'est encore loin? demanda Harry avec un bâillement.
Il était presque minuit et ils étaient encore sur la route. Il était déjà fatigué mais n'avait pas le courage de demander à Draco de se garer. Il l'avait déjà fait quatre fois. Une fois de plus et Draco lui jetterait le Doloris.
- Juste un peu plus et nous y serons, dit Draco, gardant les yeux sur la route pleine de bosses. Tu ne vas pas me demander de m'arrêter à nouveau, hein?
Il y avait une menace très explicite dans sa voix. Harry fit la grimace et bailla à nouveau.
- Non, je ne le ferai pas. Mais vraiment, il habite où, merde? Nous voyageons depuis des heures! J'ai faim et j'ai sommeil. Peut-être que nous devrions chercher un petit village ou quelque chose comme ça.
- Il y a des sandwiches dans un sac à l'arrière, l'informa Draco.
- Et c'est maintenant que tu le dis? demanda Harry en colère, se tournant pour chercher le sac.
Draco haussa les épaules.
- Je ne savais pas que tu étais affamé.
- Bien sûr que je le suis! La dernière fois que nous avons mangé quelque chose, nous étions encore à la gare.
Harry attendit la répartie de Draco mais le blond semblait plonger dans son monde. Harry se demandait à quoi il pensait. Draco avait un visage si impassible que c'était difficile à dire. Avec un lourd soupir, Harry mordit furieusement dans le sandwich et fut satisfait de son goût.
Ça avait été étonnant de découvrir que, non seulement Draco avait son permis de conduire mais qu'en plus, il s'y connaissait en voitures. Harry ne savait pas vraiment pourquoi il avait été si surpris, après tout Draco vivait parmi les Moldus et ces choses ne paraissaient plus l'ennuyer. Harry était curieux de ces changements dans son caractère, mais il était trop lâche pour le questionner. Draco était très réservé sur sa vie personnelle. Quoi qu'il lui soit arrivé, Draco devait avoir été traumatisé à vie.
Harry reposa sa tête confortablement sur le siège. Puisqu'ils avaient abandonné le transplanage pour raison de sécurité, au moins ils avaient loué une très bonne voiture et ils étaient en train de se diriger vers le havre secret de Rogue, un endroit si difficile à trouver que Harry commençait à penser que a) l'endroit n'existait pas et que le bâtard graisseux était en train de rire d'eux à l'heure actuelle ou b) la maison de Rogue était au milieu de l'océan.
Où que se soit, ça prenait bien trop longtemps pour y arriver et Harry commençait à se sentir emmerdé. Rogue avait sûrement explosé le record de la personne la plus asociale du monde.
Finalement, Draco se gara alors que Harry finissait de manger son sandwich. Harry lâcha un jappement heureux mais quand il sortit et ne vit rien autour de lui à part une lande sans fin, il fronça les sourcils.
- J'ai un mauvais pressentiment, marmonna-t-il.
Il pouvait entendre l'océan pas très loin. Il se tourna pour dévisager Draco et attendit une explication.
- Où est la maison du bâtard? Je t'en prie, ne me dis pas que nous sommes perdus ou je te tue.
Draco s'appuya calmement contre la portière de la voiture et lui adressa un demi-sourire.
- Tu sais, j'étais en train de penser à jouer un peu avec toi en te disant que nous étions effectivement perdus mais je suis vraiment trop fatigué pour argumenter avec toi. Je m'amuse vraiment beaucoup quand nous nous crions dessus, mais là, en cet instant, je veux juste un lit confortable.
- Où est cette putain de maison? demanda Harry dans un sifflement.
- Elle est là, Potter.
Harry regarda à nouveau autour de lui et ne trouva rien.
- Très bien. Où est l'arnaque?
Draco souriait maintenant largement. Il avança près de Harry, mit ses bras autour de sa taille et posa son front sur le sien.
- Tu es intelligent, Potter. Je sais que c'est dur mais essaie d'utiliser un peu ton cerveau et tu trouveras la réponse.
Les yeux de Harry étaient brûlants d'irritation quand il dit:
- Mon cerveau marche à la perfection, Malfoy. Laisse-moi deviner… La maison du bâtard est protégée alors il doit y avoir un Gardien du Secret. C'est une première pour notre cher professeur. Je ne savais pas qu'il était capable d'avoir un ami assez brave pour accepter d'être son Gardien du Secret. Je suis sous le choc, vraiment, ricana Harry.
Draco grimaça.
- Et bien, il a confiance en quelqu'un. Et il n'est pas si déplaisant quand on le connaît mieux.
- J'ai vraiment envie de te croire mais j'ai beaucoup trop de mauvais souvenirs avec lui et je le connais plus que je ne le voulais avec nos leçons d'Occlumencie.
- Il t'a enseigné l'Occlumencie? demanda Draco avec une expression abasourdie.
- Oui.
- Merde alors, Potter! Comment tu as fait?
Draco semblait vraiment très contrarié.
- C'est Dumbledore qui l'a fait. Ne sois pas jaloux. C'était tout sauf consensuel. Il détestait le temps que nous passions ensemble autant que moi.
Harry omit le fait que quelques fois, Rogue avait en fait ressemblé à un être humain.
- J'ai dû me casser le cul pour qu'il accepte de me l'enseigner. On dirait… Tu as toujours tout eu facilement, Potter, fit Draco en boudant.
- Oh, répète ça encore une fois! Quand est-ce que ça a été facile pour moi, Malfoy?
- Tout le monde te léchait les bottes à Poudlard, rétorqua Draco en reculant d'un pas en croisant les bras.
Harry roula des yeux.
- Oh, je t'en prie! Tu ne vas pas te comporter comme un sale gosse maintenant? Tu es toujours jaloux de moi. Incroyable! Je croyais que tu étais trop fatiguée pour commencer à argumenter avec moi.
- Je le suis.
- On dirait pas. Et j'en ai déjà ras le bol, alors…
- Oh, pour l'amour de Merlin, fit une voix rauque derrière Harry. Vous êtres tous les deux encore plus irritants que dans mon souvenir!
- Mon Oncle! s'exclama Draco avec satisfaction, s'approchant de Rogue pour lui donner l'accolade.
Harry crut voir Rogue sourire mais avec uniquement la lumière de la lune sur eux, c'était difficile à dire.
- Mon Oncle? ricana Harry à Rogue qui le fixait comme à l'époque.
Harry se sentit presque comme s'il était à nouveau en classe de potions et qu'il venait juste de faire exploser un chaudron.
- Laissez-moi vous regarder, Potter, fit Rogue en sortant sa baguette et la pointant sur Harry.
Harry recula, méfiant.
- Lumos.
L'endroit où ils se tenaient s'éclaira et lorsque que Rogue le dévisagea avec un froncement de sourcil, Harry fut absolument choqué par l'apparence de son ex-professeur. Les longs cheveux gras s'étaient envolés. Ils n'étaient même plus noirs comme de la poix. Ils étaient courts, légèrement hérissés dans un parfait mélange de gris et noir. Et le plus étonnant de tout, c'est que Rogue semblait être un homme nouveau. Il paraissait plus jeune et plus beau. Bien que Rogue ait encore l'air bougon et maussade au premier abord, il y avait quelque chose à propos de lui que Harry ne pouvait pas définir, une étrange étincelle dans ses yeux.
- Vous ressemblez au même crétin que vous avez toujours été, en seulement plus mince, constata Rogue avec une grimace.
- J'y travaille, répliqua Draco qui commençait à se sentir irrité avec la façon dont Harry fixait Rogue.
- Vous semblez… différent, murmura Harry sans le quitter des yeux.
- Eh! s'exclama Draco en se renfrognant. Tu n'es pas gay, tu te rappelles? Est-ce que je devrai être jaloux, Harry?
- Ne sois pas stupide, Draco, rétorqua Harry avec colère. Je dis juste qu'il a l'air différent, pas que je veux coucher avec lui. Eurk
- Idem pour moi, Potter.
Rogue regarda vers Draco puis vers Harry.
- Alors maintenant, vous en êtes au prénom, hein? C'est certainement un grand changement.
Harry et Draco rougirent.
- Bien, vous me raconterez les nouvelles à l'intérieur. On gèle ici.
Tandis que Draco prenaient leurs bagages de la voiture, Harry se demandait encore où était la maison. Il ne pouvait toujours rien voir d'autre qu'un vaste champ. Il regarda Draco et Rogue marcher au loin dans cette immensité vide. Il s'éclaircit la gorge, contrarié. Draco et Rogue le dévisagèrent, interrogateurs et Harry dit, légèrement irrité:
- Je ne peux pas voir la maison.
Rogue eut un méchant sourire et Harry ne le trouva plus si beau.
- Oh, le Grand Harry Potter ne peut pas briser le sort de mon Gardien du Secret avec ses supers pouvoirs?
- Je le pourrais si je le voulais mais je suis trop fatigué, grogna Harry.
Draco avança vers lui, laissant les bagages flotter dans les airs puis il donna un morceau de papier à Harry.
- J'ai oublié. Je t'en prie, pardonne-moi, fit Draco en s'excusant.
- C'est bon, marmonna Harry.
Il ne pouvait jamais se fâcher avec Draco quand il se comportait d'une manière si craquante. Sur le papier, il y avait écrit l'adresse de Rogue et le nom du Gardien du Secret.
- Alors c'est le professeur McGonagall. C'est logique, se dit Harry.
- Vous feriez mieux d'emporter ça dans votre tombe, Potter, le menaça Rogue.
Harry sourit d'un air mystérieux.
- Je suppose que vous ne me feriez pas confiance.
C'était bien d'en connaître autant sur les secrets de ses ennemis. Pas que Rogue soit exactement un ennemi mais ils s'étaient beaucoup trop heurtés pour se considérer comme des amis. Hermione avait eu le culot de dire une fois que Rogue se comportait comme un père envers lui.
«Il te protège vraiment beaucoup. Je pense qu'il prend soin de toi de la manière tordue qui est la sienne…» avait-elle dit.
Ce commentaire sonnait si ridicule que Harry ne n'était pas ennuyé à rétorquer. Mais ensuite, Hermione avait été la première à remarquer son attraction pour Draco et vice-versa. Il secoua la tête pour chasser ses pensées.
- Potter! le héla Rogue avec un froncement de sourcil. Vous continuez de rêver éveillé même lorsque vous n'êtes plus en classe! Ne me dites pas que vous ne voyez toujours pas la maison.
Harry serra les dents et leva les yeux. La vision lui coupa le souffle. C'était un petit château qui combinait les influences victoriennes, grecques et la renaissance coloniale. Harry fut si stupéfait par sa beauté que sa mâchoire refusa de se fermer.
- Je le vois très bien, fit-il distraitement.
- C'est magnifique, non? demanda Draco, à côté de lui.
Harry acquiesça.
- J'avoue que je m'attendais à quelque chose de plus sobre et morne. Tu sais, comme Rogue.
Rogue se renfrogna.
- Eh! Espèce de petit… Je ne suis plus votre professeur mais je suis votre aîné, Potter. Montrez-moi un peu de respect.
- Ouais, ouais, répondit Harry avec un haussement d'épaule, se dirigeant vers la maison avec excitation.
Rogue prit sa baguette et la pointa vers lui mais Draco attrapa vivement son bras et l'abaissa.
- Pas de dispute, je t'en prie.
Rogue plissa le front.
- Alors, tu es le seul autorisé à lui crier dessus?
- Et bien, oui, répondit Draco, les joues rouges. C'est mon amant après tout.
Rogue se mordit la lèvre inférieure et soupira.
- La Gazette du Sorcier disait vrai, alors.
- Ouais. Je veux dire, seule la partie qui dit que Harry et moi sommes ensemble est exact. Le reste, c'est juste des conneries.
Draco attendait anxieusement les prochaines paroles de son parrain. Qu'il le veuille ou non, Rogue était comme un second père et son approbation comptait beaucoup pour lui.
- Qu'est-ce que tu veux que je te dise? Il est entêté, imbécile, impulsif et c'est un Gryffondor…
Draco grimaça.
- Mais il a bon cœur, poursuivit Rogue. Oh et puis merde! Il est mignon.
- Tu crois que je ne le sais pas? sourit Draco en sentant le poids sur ses épaules s'en aller. Je suis amoureux de lui.
Rogue se parut pas ravi par ça.
- Je l'avais remarqué depuis longtemps. La façon dont tu le traitais me semblait… familière. Tu sais que je me fiche que ce soit Potter que tu aies choisi, Draco. Mais est-ce que lui est amoureux de toi?
- Je ne sais pas.
- Et bien, assure-toi qu'il le soit, parce que ça a été dur de recoller les morceaux la dernière fois que tu es venu vers moi pour pleurer toutes les larmes de ton corps.
Draco sentit que le poids sur ses épaules était de retour.
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Draco était amusé par le comportement de Harry. Le brun se promenait dans la maison de Severus comme s'il était chez lui. Après le dîner, tandis qu'il observait Harry s'étendre sur le canapé avec un sourire, Severus semblait mal à l'aise. Draco s'assit à côté de Harry et lui demanda avec curiosité:
- Comment peux-tu être si détendu?
Harry haussa les épaules.
- Je ne sais pas. Il y quelque chose dans cette maison… quelque chose dans l'air… ça me rend très paisible. C'est étrange.
- Raconte-moi ça, s'exclama Draco.
Draco lança un coup d'œil à son parrain avec un sourire mais quand il remarqua combien le corps de Severus était raide, il sut que quelque chose n'allait pas. Ses yeux étudièrent attentivement Severus. En fait, Harry avait raison à propos de lui. Severus avait énormément changé au fil des années. Il ne ressemblait même plus à l'ancien professeur de potions aux cheveux tristes. Draco se souvint de la dernière fois qu'il avait passé du temps avec Severus dans cette maison. Severus montrait alors quelques signes de changement mais cette fois, Severus rayonnait. Il n'avait jamais paru si séduisant. Les yeux de Draco s'attardèrent sur chaque petit détail de son corps et laissa échapper un jappement quand quelque chose de doré brilla à son annulaire.
- Tu t'es marié? s'enquit Draco, abasourdi.
Harry se redressa instantanément du canapé et fixa Rogue avec une curiosité avide.
- Oh, mon Dieu! C'est un anneau de mariage? Mais qui est assez dingue pour se marier avec vous?
Severus rougit furieusement et instinctivement cacha sa main derrière son dos.
- Ce ne sont pas vos affaires.
Draco le regarda un peu triste et déçu.
- Tu ne vas même pas me le dire, à moi?
Severus maudit Draco à mi-voix. Il n'avait jamais été capable de refuser quelque chose à son filleul quand ce dernier faisait cette mine. Il soupira.
- D'accord. Oui, je me suis marié il y a un an… Ce n'est pas très important. On ne voulait pas faire de fête ni quoi que se soit comme ça, alors on n'a pas envoyé d'invitations. A notre âge, ça aurait été ridicule.
- Où est-elle/il? demandèrent Harry et Draco d'une même voix.
Ils se dévisagèrent puis Harry regarda vers Severus comme s'il venait de faire une énorme découverte.
- C'est un il? demanda Harry, amusé.
Severus se contenta de grogner mais Harry insista en disant:
- Vous êtes gay? Tout prend un sens maintenant. Attendez que Ron entende ça.
- Eh! se plaignit Draco. Qu'est-ce que c'est sensé signifier?
- Oui, Potter, ricana Severus. Après tout, d'après ce que j'ai pu voir, vous n'êtes pas exactement hétérosexuel, non?
Harry rougit furieusement.
- Draco est une exception.
- Ouais, bien sûr, répliqua Severus avec sourire narquois. C'est ce que tout le monde dit.
Draco ne semblait pas heureux de la réponse de Harry non plus mais en regardant le bon côté des choses, Harry avait eu le courage d'admettre à voix haute qu'ils avaient une relation.
«Je suis une exception… Est-ce que ça ne devrait pas me rendre heureux?» se demanda Draco en lui-même, avec un goût amer dans la bouche. Il commença à se sentir fatigué du constant changement de comportement de Harry quand ils étaient ensemble. Une minute, il était doux et la suivante, il était un parfait pauvre type.
- Peu importe, dit Harry en boudant.
Sentant les vibrations agressives entre Harry et Severus, Draco décida d'intervenir et changea de sujet.
- Est-ce que nous allons le rencontrer? C'est quelqu'un que je connais?
Cette fois, même Harry remarqua la tension de Severus. Ça le rendit très inquiet.
- Ce n'est pas un Mangemort, n'est-ce pas?
- Non, Potter! Pour l'amour de Merlin! s'écria Severus âprement. Voulez-vous laisser tomber? Vous le rencontrerez plus tard. Dans l'immédiat, je veux savoir exactement pourquoi vous êtes là tous les deux à déranger ma vie paisible.
Harry s'humecta les lèvres.
- Draco ne vous a rien dit?
- Non. Il m'a juste dit que qu'il voulait faire une pause à cause de l'article de la Gazette du Sorcier et parce qu'il avait peur de la réaction de Lucius à la photo de Ste-Mangouste.
Harry regarda instantanément vers Draco avec surprise.
- Tu as peur de ton père? Tu ne m'en as rien dit. Pourquoi? Pourquoi as-tu peur de lui? Il n'est pas en prison?
Draco soupira.
- Mon père saura que je suis celui qui a permis ta guérison.
- Et alors?
- Et alors? Tu es débile ou quoi?
Draco n'arrivait pas à croire que Harry ne n'en inquiétait pas.
- Mon père sera fou furieux, Potter. Il enverra quelqu'un après moi, ou pire, il pourrait lui-même venir à moi. Ma mère m'a dit que Lucius allait faire appel de sa sentence et, connaissant mon père, il va probablement acheter le jury au complet pour être libre. Il nous pourchassera.
- Il va demander votre tête sur un plateau d'argent, Potter, mentionna Severus avec une grimace. Après tout, Lucius ne pardonnera jamais à Draco d'être avec vous, parmi tous les autres.
Harry sentit sa colère grandir mais il haussa les épaules pour l'éloigner.
- Et alors? Laisse-le venir. Je n'ai pas peur de lui.
- Mais Draco oui et je ne laisserai pas les choses arriver à cause de ce salopard écoeurant. Plus jamais, déclara Severus de manière protectrice.
Draco était touché par les paroles de Severus mais aussi un peu ennuyé. Elles le faisaient se sentir tellement lâche.
- Je suppose que ton père est en majorité responsable de ce qui t'es arrivé après que tu as quitté Poudlard, dit Harry si justement que Draco en fut presque choqué. Que t'a-t-il fait? Tu crois vraiment que je te haïrai pour quelque chose que lui t'a fait?
- Tu ne lui as rien dit? le réprimanda Severus.
Draco se sentit hors d'haleine et étourdi.
- Ce qui s'est passé n'a rien à voir avec ça. Nous ne sommes pas venus ici uniquement parce que j'ai peur de Lucius. Je peux m'occuper de mon père.
Ce n'était pas tout à fait vrai mais Draco ne voulait pas admettre sa faiblesse devant eux.
- Nous sommes là parce que Harry m'a dit qu'il avait des cauchemars à propos de Voldemort et…
- … parce que nous voulons en savoir plus sur les liens entre sorciers, compléta Harry.
Severus pâlit légèrement au début mais il recouvra promptement son attitude froide. Il n'était pas dans sa nature de paniquer.
- D'accord. Commençons par le commencement. Débutons avec quelque chose de facile. Par l'enfer, que voulez-vous savoir sur les liens entre sorciers et pourquoi?
- Draco m'a sauvé plus d'une fois, déclara Harry.
- Et nous pensons que nous sommes connectés par un lien de vie et de mort. J'ai parlé à Hermione et elle semble penser que cette sorte de liens peut être dangereux, poursuivit Draco. Elle dit aussi que ces liens peuvent conduire à la folie si une ou les deux parties sont amoureux ou se haïssent et elle t'a cité.
- Moi? demanda Severus, surpris.
- Elle m'a parlé de ton lien avec le père de Harry. James Potter t'a sauvé et puisque tu ne pouvais pas lui retourner la faveur, tu t'es senti si redevable envers lui que tu en es devenu obsédé et qu'à la place, tu as reporté ta colère et ton souci sur Harry.
- Eh! Hermione t'en a dit beaucoup, cette traîtresse! s'exclama Harry, fâché.
Severus ne paraissait pas enchanté non plus.
- Mademoiselle Granger croit toujours qu'elle sait tout, n'est-ce pas? siffla-t-il.
- Madame Weasley, le corrigea Harry. Elle s'est mariée avec Ron.
- Quel charmant couple se doit être, ricana Severus, sous l'œil irrité de Harry.
Severus se dirigea vers le bar et se versa un verre puis il en offrit à Harry et à Draco. Harry ouvrit la bouche pour accepter mais Draco lui frappa durement la jambe, le faisant refuser en boudant. Severus observa la scène avec amusement. Draco et Harry lui rappelait la relation qu'il entretenait avec l'homme qui partageait son lit.
Severus s'assit dans son fauteuil et fixa la cheminée. Il savait que la visite de Draco et Harry serait difficile pour lui mais il n'avait pas pensé qu'il se sentirait si mal. Severus avait l'habitude des contrariétés dans sa vie. Sans nul doute qu'il pourrait traiter avec quelques questions sur les liens et Voldemort. Il frissonna puis posa son verre sur la petite table à côté de lui. Il y avait une autre chose qui le rendait nerveux et tendu. Ou mieux encore, quelqu'un qui pourrait se montrer d'une minute à l'autre.
Severus regarda Harry et Draco et fit une grimace.
- Les liens entre sorciers sont seulement dangereux lorsqu'ils sont causés par la magie. Les liens naturels ne signifient absolument rien à moins que vous ne le vouliez. Les liens naturels sont créés par votre propre conscience, c'est tout. Je me suis senti redevable envers votre père parce que je détestais le fait qu'il m'ait sauvé. Il n'y aucune menace invisible qui vous lie juste parce que Draco vous a sauvé, Potter. Même si vous ressentiez le besoin de lui devoir quelque chose, ça ne signifie pas que quelque chose de mauvais arriverait, à vous ou à lui, si votre dette n'est pas honorée. C'est complètement idiot.
- Mais tu étais si obsédé par l'idée de sauver Harry… marmonna Draco, recevant un regard meurtrier de la part de Severus.
- Obsession n'est pas le bon terme… fit Severus, âprement. Je m'attendais juste à ce que Monsieur Potter soit aussi insouciant et irresponsable que son père et son gang l'étaient, alors –
- Merde alors! Vous voulez bien arrêter de me comparer à mon père? Je déteste les gens qui font ça! En outre, je pensais que nous avions résolu tout ça, lâcha Harry de mauvaise humeur.
- Nous l'avons fait, Potter, rétorqua Severus, d'une voix crispée. Nous avons résolu nos problèmes il y a longtemps. Nous étions cependant d'accord pour dire que vous aviez le même goût pour les ennuis que votre père, nous étions aussi d'accord pour dire que vous n'étiez pas un tyran comme lui.
- Nous étions aussi d'accord sur le fait que mon père avait finalement grandi et changé en mieux. Vous avez dit que ma mère était la meilleur chose qui lui soit arrivé, non? Et vous avez dit aussi que j'avais hérité de quelques-unes de ses qualités en plus de ses yeux verts. N'est-ce pas? questionna Harry avec défiance.
Severus grimaça.
- Oui, Potter. Nous avons traversé tout ceci auparavant. Je n'ai nulle envie de revivre cette touchante scène d'excuses une nouvelle fois. Le fait est que je n'ai jamais pu retourner la faveur à votre père alors je me suis promis que je ferai tout ce qui était en mon pouvoir pour vous protéger, même de vous-même, ce qui s'est avéré être exact, puisque vous n'étiez qu'un petit morveux inconscient.
Harry et Severus échangèrent un regard sombre.
- Et je suis content d'avoir pu vous protéger de vous-même en de nombreuses occasions. Ça n'a rien à voir avec les liens. C'était juste quelque chose que j'avais envie de faire. Cessez de vous inquiéter à propos de ces liens entre sorciers, parce qu'à moins que vous ne vous en lanciez un sur vous-même, il n'y a aucun souci. Vous êtes-vous jetés un sortilège, tous les deux?
Severus avait envie de savoir, après tout, c'était Potter qui en avait parlé.
- Non, répondirent Draco et Harry en même temps.
- Alors comme ça, les gars, vous avez eu une conversation à cœur ouvert dans le passé? demanda Draco avec curiosité.
- Je ne dirai pas ça comme ça… marmonna Harry. C'était plus comme se crier des excuses à la figure. Mais ça m'a fait du bien.
Severus roula des yeux.
- Bon, le problème numéro un est résolu. Quant à l'autre problème…
Il sentit son dos se glacer.
- Qu'est-ce qui s'est passé exactement?
- Harry a des cauchemars à propos de Voldemort, commença Draco nerveusement.
Severus déglutit mais essaya de rester calme.
- Quelle sorte de cauchemars?
- Qu'est-ce que c'est que cette question? demanda Harry avec un ricanement. Les cauchemars sont des cauchemars! Ils sont là pour vous terrifier à mort, non? C'est cette sorte de cauchemars que j'ai. Je continue à revivre chaque moment douloureux de ma vie et je ne peux rien faire pour les arrêter. Au début, j'étais juste en train d'observer la même scène encore et encore mais d'une manière ou d'une autre, les cauchemars sont en train de changer. Dans un des mes rêves, Voldemort a regardé droit vers moi. Dans un autre, c'est moi qui étais lui. Je veux dire, mon rêve l'incorpore de lui-même ou quelque chose dans le genre.
Severus ne pouvait plus supporter de rester tranquille plus longtemps. Je se leva et se mit à faire nerveusement les cents pas dans la pièce.
- Et ensuite Draco m'a dit que Voldemort s'était arrangé pour me jeter un maléfice juste avant de mourir. Un sortilège qui me maintiendrait dans un cauchemar dans fin. Fait chier, merde! Aucun de vous ne s'est inquiété de me le dire jusqu'à maintenant!
- Je vous en prie, Potter. Vous ne nous auriez pas cru, peu importe combien nous sommes devenus amicaux après notre petite conversation, fit remarqué cyniquement Severus.
- C'est ce que je lui ai dit, fit Dracio.
- Mais je méritais de savoir la vérité! Je veux dire, regardez-moi maintenant! J'ai des cauchemars et –
- Depuis quand? s'enquit Severus en le coupant.
- Depuis quelques mois. Je n'en ai pas tous les jours, juste de temps en temps… Mais, je –
- Alors peut-être que vos cauchemars sont d'ordre psychologique, Potter. S'ils avaient été causés par le sort de Voldemort, vous auriez eu ces mauvais rêves depuis votre sortie de Ste-Mangouste, n'est-ce pas?
- Non, mais –
- J'ai préparé moi-même votre potion de guérison, Potter. Ça m'a pris beaucoup de temps et d'efforts. Ça a marché brillamment.
- Pas si brillamment si j'ai des cauchemars maintenant! s'exclama Harry farouchement.
- Et qu'est-ce qui vous fait penser que vos cauchemars ont un lien avec le maléfice de Voldemort? Les sortilèges ne s'éteignent pas pour émerger une nouvelle fois des années plus tard! C'est probablement le produit de vos propres angoisses. Peut-être quelque chose à l'intérieur de vous qui vous dit que vous devez faire face à votre plus profond traumatisme une fois pour toutes.
C'était ce que Harry pensait aussi. Mais il avait besoin d'être certain que c'était vraiment ça et pas un vestige du mauvais sort de Voldemort.
- Comment je peux en être sûr? demanda Harry.
Severus regarda vers lui sans dire un mot pendant un long moment, réfléchissant à ce qu'il devait dire. Il y avait un moyen mais c'était trop risqué. Il avait travaillé si dur pour maintenir Harry en-dehors des ennuis. Il ne voulait pas merder en l'envoyant dans un endroit dangereux. D'ailleurs, Severus se demandait ce que lui aurait à dire à propos de tout ça. Mais s'il y avait une possibilité, Harry avait le droit de savoir et de prendre sa décision, seul. Après tout, il n'était plus un gamin. Severus soupira.
- Il y a ce sorcier qui vit au Tibet. Il est connu pour être le plus avisé des hommes encore en vie, même plus sage que Dumbledore l'était. Il vit en reclus, même plus que moi. On dit que seuls ceux qui sensés voir l'endroit où il se trouve le verront. Vous avez gagné le droit de le voir et c'est la partie la plus épineuse. Je peux vous mettre dans la bonne direction, Potter, mais je ne peux pas vous aider à faire face aux obstacles qui vous trouverez tout le long du chemin, parce que, honnêtement, je ne sais rien d'eux. Je ne sais pas à quel point ils seront dangereux mais on dit qu'ils sont plutôt difficile à surmonter.
- Qu'est-ce que ce type fera pour Harry? demanda Draco dans un murmure.
- Il peut lire dans votre âme. Il peut apporter la paix de l'esprit aux âmes troublées. Peut-être que c'est ce dont vous avez besoin, Potter. Mais comme je l'ai dit, c'est assez compliqué de l'atteindre. Certains disent qu'il n'est même pas réel.
- Mais vous croyez qu'il l'est, non? demanda Harry.
Severus parut troublé.
- Oui… Mais c'est uniquement parce que Dumbledore est l'une des rares personnes à l'avoir rencontré.
- Alors, il est réel, déclara Harry. Je le chercherai et je le trouverai.
Severus soupira, agacé.
- Vous n'avez entendu ce que j'ai dit? C'est foutument impossible de le trouver. Vous vous rendez au Tibet! Il n'y a pas que les Moldus qui ont des problèmes politiques pour y entrer, les sorciers aussi! Vous ne pouvez pas entrer au Tibet simplement comme ça! En outre, vous devrez peut-être faire face à de nombreux défis de magie, Potter, et je ne pense pas que vous soyez prêt pour ça. Vous avez été inactif pendant un assez long moment. Vous avez besoin de vous préparer.
- Moi, j'irai, fit Draco, d'une voix résolue.
Severus secoua la tête.
- Je suis désolé, Draco mais tu ne peux pas. Seul Harry peut le faire. C'est son problème, pas le tien.
- C'est mon problème! Après tout, c'est moi qui lui ai fait boire la potion de guérison. Si ça n'a pas marché de la façon dont nous le pensions, alors j'en prends la responsabilité et…
- Tu ne peux pas y aller, Draco, dit fermement Severus.
- J'irai avec lui, alors, déclara Draco.
- Draco… commença Severus mais il fut interrompu par la voix de Harry.
- Tu ne peux pas.
Harry fixa Draco. Soudainement les choses semblaient très claires pour lui. Il savait qu'il devait faire face à ce voyage, seul.
- Ce type… Rogue a dit que seul ceux qui étaient supposés le voir pouvaient le rencontrer. Je suis cette personne. Je suis celui qui est en train de se battre avec lui-même pour autant que je m'en souvienne. Je suis divisé en deux. J'ai besoin de me rassembler une nouvelle fois. Il m'aidera, j'en suis certain. Mais tu ne peux pas venir avec moi, Draco. Je dois accomplir cette tâche tout seul. Je ne peux pas te laisser venir avec moi. Désolé.
Draco était sur le point de se plaindre quand Harry se tourna vers Severus et dit:
- Dites-moi comment aller là-bas.
Severus sentit son cœur se coller dans sa gorge. Il pouvait seulement faire ça. Il y avait une autre personne à qui le boulot conviendrait mieux mais Severus n'était pas sûr de comment Harry réagirait quand il le découvrirait.
- Je… Il y a…
Severus sentit ses mains trembler et il les serra en poings.
- Dumbledore n'est pas la seule personne qui l'a rencontré. Il y a quelqu'un d'autre… Quelqu'un que vous connaissez plutôt bien, Potter. Il devrait être votre enseignant, pas moi.
- Qui ça? demanda Harry avec curiosité.
- Moi, Harry, fit une voix rauque près de la porte.
Harry sentit le temps de geler et il ne put que fixer le grand homme qui était soudain apparu en face de lui.
A suivre…
Merci d'avoir lu jusque-là. Alors, si ça vous a plu, laissez-moi un petit mot et si ça ne vous a pas plu, dites-le aussi! LOL
Bisous.
Falyla
