Auteure: Blanche Malfoy

Titre: Love me, Love me not.

Traductrice: Falyla

Rating: R

Paring: Draco/Harry Draco/Bill

Warning: Cette histoire est un slash, ce qui implique des relations homosexuelles masculines. Si cette idée vous choque ou vous rebute, passez votre chemin, cette fic n'est pas pour vous.

Homophobes, s'abstenir !

Disclaimer: Rien n'est à nous, tout à JKR. L'histoire appartient à Blanche Malfoy, quant à moi, je revendique la traduction.

Petit mot de Falyla : je sais, je sais, ce chapitre est très en retard et je plaide non coupable. La traduction était faite depuis longtemps mais Remus était trop surbooké pour m'envoyer les RAR concernant le chapitre précédent. C'est désormais chose faite. Comme d'habitude, je fais des copier-coller de ses réponses et j'espère que je n'ai pas fait de boulettes en me trompant de destinataire. Le chapitre 39, traduit par Remus, devrait prendre moins de temps, essentiellement parce qu'il est beaucoup plus court…

Avertissement: ce chapitre est classé NC-17, quartier de citron et cacao bouillant...

Chapitre 38. Souviens-toi que je t'aime.

Trois jours plus tard, Draco se retrouva assis sur le rebord de la fenêtre, maudissant et boudant à propos de son mauvais karma, et se détestant d'être si pathétique. Ses yeux semblaient collés au ciel. Il remarqua à peine l'entrée de Severus. Draco n'avait pu éloigner ses yeux de Harry et Sirius, lorsqu'ils avaient pris leur envol dans le vaste ciel gris comme s'il n'y avait pas de lendemain. Il s'était presque rongé tous les ongles et avait grogné de mécontentement quand il avait entendu le rire plein de joie de Harry tandis qu'il cherchait le Vif d'Or.

- Tu veux ce scotch maintenant ? Tu sembles en avoir besoin, dit Severus d'un air perplexe, observant attentivement Draco.

- Oui, s'il te plait, répondit distraitement Draco.

Il entendit un rire bas derrière lui et il pivota pour regarder Severus. Son parrain lui retourna son regard, lui disant silencieusement « je te l'avais bien dit ». Le sang de Draco bouillit.

- Quoi ? grogna-t-il.

Severus leur versa du scotch à chacun et lui tendit un verre plein. Après avoir bu une gorgée, Severus fit :

- Oh, rien, vraiment. Je pensais juste… à certaines choses.

Draco haussa un sourcil.

- Des choses comme quoi ?...

- Des choses comme…

Severus fit une longue pause et reprit avec un ricanement :

- … celles que je t'avais dites.

Draco le maudit et lui jeta un regard noir. Il leva les yeux encore une fois et vit Harry attraper le Vif d'Or et étreindre Sirius. Du point de vue de Draco, Harry était plutôt pathétique. Il se comportait comme s'il avait douze ans et voulait impressionner son père par son adresse.

Severus l'avait averti. Il lui avait dit qu'une fois Harry et Sirius réconciliés, ils passeraient en second. Draco avait prié pour une issue différente mais le fait était que Severus avait eu raison. Draco se sentait comme s'il n'existait pas la plupart du temps.

Ses sentiments en la matière étaient très contradictoires. D'un côté, il était heureux pour Harry mais d'un autre, ça l'emmerdait. Il espérait maintenant – plutôt égoïstement et jalousement – que Harry n'ait pas accepté les excuses de Sirius du tout. En fait, il était assez fâché de l'amour trop tendre que Harry avait pour un homme qui ne s'était même pas soucié de le chercher. Harry avait pris les choses trop bien, trop facilement. Il n'aurait pas dû laisser Sirius regagner sa confiance si rapidement.

Mais à la place, Draco était celui qui boudait seul. Bon, pas tout à fait seul. Il avait l'agaçante compagnie de Severus – et de Johnny Walker aussi – qui le déprimait encore plus. Il appuya sa tête contre la vitre et soupira lourdement.

- Je croyais que tu étais content pour lui, fit remarquer vicieusement Severus.

- C'est le cas, répondit sèchement Draco. Mais ça ne veut pas dire que je n'ai pas envie de l'étrangler parce qu'il me laisse de côté et m'ignore depuis quelques jours. Je veux dire, ils ne sont jamais fatigués ? Je n'avais pas vu cette énergie à Harry depuis longtemps.

- Tu es jaloux, déclara Severus avec un sourire narquois.

- Je suis jaloux, admit Draco, amer. Et bizarrement, tu prends ça plutôt bien.

Severus prit une autre lampée de son scotch et fit une grimace.

- Je suis aussi fâché que toi. La seule différence, c'est que j'en ai l'habitude. Je sais que, dans sa vie, je ne suis pas au sommet de ses priorités. D'abord, il y a eu James, puis Lupin, puis les Maraudeurs, l'Ordre et maintenant… Harry.

Severus sembla triste un instant puis l'instant passa.

- Je ne peux pas les battre. Quel est l'intérêt de s'exciter à cause de ça ? Je suis vieux et épuisé. J'en ai fini de me plaindre de choses que je ne peux pas changer. Laissons-les prendre du bon temps. Au moins, il revient vers moi le soir…

- Je ne veux pas passer en second dans sa vie ! s'écria Draco. Je suis fatigué d'être le second ! Merde alors ! Je n'étais même pas son ennemi numéro un à Poudlard ! Je veux être sa priorité ! Je le mérite ! C'est moi qui l'ai sorti de sa dépression, pas Black ! Lui, il se cachait loin de Harry quand moi, j'étais là pour l'aider. Et qu'est-ce que moi, j'obtiens en retour ? Rien ! Même pas la nuit !

Severus fronça les sourcils.

- Tu veux dire… Vous deux, vous n'avez pas…

Draco grogna.

- Non.

- Même pas une fois ? demanda Severus, sceptique.

- Non… murmura sombrement Draco.

- Et bien, quelle surprise. Ou peut-être pas. C'est de Potter dont nous parlons, dit Severus pour lui-même. Tu as essayé de le séduire ?

Draco rougit légèrement. Il n'arrivait pas à croire qu'il avait ce genre de conversation avec Severus.

- Non ! Pourquoi ? J'aurais dû ?

- As-tu parlé avec lui de ce qui t'ennuie ?

- Il aurait dû le voir par lui-même ! s'exclama Draco, contrarié. Quel genre d'amant est-il pour ne pas remarquer que je suis fou furieux contre lui ?

Les lèvres de Severus s'ourlèrent.

- Je suis certain que tu ne veux pas de conseils d'une personne comme moi parce que je ne suis pas de ceux qui parlent, mais… Il ne sait pas ce que tu ressens à moins que tu ne le lui dises, Draco. Tu as besoin de communiquer avec lui si tu veux une relation réussie. Ce qui n'arrivera pas si tu continues à lui cacher tes vrais sentiments.

- Ça, c'est vraiment fameux, venant de toi ! se plaignit Draco.

- En fait, ça l'est. Je suis toujours novice en matière de relations, Draco, mais c'est quelque chose que j'ai appris. Si tu n'exprimes pas verbalement tes craintes, il ne le saura pas. Et je sais que c'est plus facile à dire qu'à faire…

- Je pensais plus à « faites ce que je dis, mais pas ce que je fais » mais ça marche aussi pour moi, ricana Draco.

Severus soupira.

- Je sais que ce n'est pas simple. C'est même plus difficile pour moi parce que je suis vieux et plutôt campé dans mes habitudes. Mais tu es encore jeune. Il est toujours temps d'améliorer les choses. Si tu es fâché contre lui, alors dis-le lui ! Tu as le droit d'être en colère ! Il est en train de se comporter comme un pauvre type. Mais, bon, c'est un Potter après tout, ajouta Severus, aigrement.

Draco continua à fixer le vide un moment, perdu dans ses pensées. Tout à coup, il lâcha un petit rire. Severus le regarda, perplexe et Draco s'expliqua :

- J'étais en train de penser à quel point ce serait commode pour toi si j'allais parler à Harry. Ça t'éviterait la difficulté d'aller faire la même chose avec Black. Je me trompe ?

Severus grimaça.

- Pas étonnant que tu sois un Malfoy.

Draco leva son verre et lui adressa un clin d'œil.

- Pas étonnant que tu sois mon parrain.

Severus le fixa affectueusement mais aussi un peu embarrassé par la perception aiguë de Draco. Son filleul l'avait percé à jour.

- Je croyais aussi que tu désapprouvais ma relation avec Harry. Et maintenant tu ne donnes un conseil matrimonial. C'est assez bizarre, c'est le moins qu'on puisse dire. Bien sûr, maintenant que je t'ai enfin compris, je ne peux pas te blâmer d'essayer. Et en fait, c'est plutôt rafraîchissant. Penser que ton amour pour cet homme là-haut vaut plus que ta fierté.

- Pas autant, le coupa immédiatement Severus.

- D'accord, admit Draco avec un demi-sourire. Laisse-moi le reformuler alors. Ton amour pour lui n'est pas plus grand que ta fierté, mais il est plus grand que ta haine pour Harry…

- Ce n'est pas de la haine, le coupa Severus à nouveau. Haine est un mot trop fort. En fait, j'apprécie ce vaurien quand il ne se comporte pas en morveux gâteux, ce qui est très rare…

- Ce n'est pas un vaurien ! Cependant, c'est un pauvre type. Et putain, il est tellement aveugle…

Draco lui lança un regard en biais.

- Tu sais, je ne suis pas sûr que je devrais t'écouter. Tu ne sais rien à propos des relations. Tu as peur de faire exactement ce que tu me dis de faire… Et tu ne te donnerais pas la peine de renier tes principes si ce n'était juste pour avoir Black à nouveau tout à toi ! Laisse-moi te demander une chose : t'as couché avec lui dernièrement ? Tu as l'air si désespéré maintenant que j'y pense. Tu n'aurais jamais cette conversation avec moi si tu ne l'étais pas. Tu ne me jetterais certainement jamais dans les bras de Harry et tu ne me dépannerais pas dans mes rapports avec lui !

Severus fit une grimace et Draco se pencha en avant avec un froncement de sourcil.

- Tu sais, parfois je me demande à quel point ce serait merveilleux d'avoir un Gryffondor pour parrain. Mieux même : un Poufsouffle ! Réfléchis à ça… Les Gryffondors sont d'une nature trop sensibles et peuvent se montrer foutument lâches des fois… Et les Poufsouffles…. Ils ont tellement besoin d'attention et… ils sont trop gentils. Ils te tapotent sur la tête même si tu as fait quelque chose d'horrible. J'aime mieux rester fidèle à un bon vieux bâtard sans cœur Serpentard comme toi qui ferait des choses uniquement en pensant à ses propres intérêts.

Severus fit une autre grimace.

- Ça t'amuse, n'est-ce pas ?

- Comment pourrais-je faire autrement ? demanda Draco en souriant d'un air narquois. Tu viens juste de te mettre à nu devant moi. Je suis ravi. Je suis aussi un Serpentard. Je ne peux pas manquer une occasion pareille. Vraiment… Tu m'as presque eu. Presque. Je suis content de ne pas être un Poufsouffle. Parce que j'aurai cru en tes bonnes intentions ! Ça serait un tel choc !

N'importe qui d'autre aurait été ennuyé à ce moment-là, mais pas Severus et Draco. Etant Serpentard, ils trouvaient leur conversation très amusante. Draco préférait ça. Ça lui faisait se rappeler qui il était. Il n'avait rien d'un pathétique bébé pleurnichard. Il était un Serpentard et les Serpentard analysaient tout avec une froide distance. Severus avait échafaudé un de ses plans. Draco se devait d'agir aussi.

Severus leva les yeux vers son mari et demanda à Draco avec un sourire moqueur :

- Alors, qu'est-ce que tu vas faire maintenant ? Lui tirer les cheveux ? Y mettre de la colle ? Si tu veux faire ça, je peux faire une potion spéciale

Draco reporta son attention sur Harry qui n'était rien d'autre qu'un point très haut dans le ciel tandis qu'il volait puis il dit :

- Je vais faire ce que chaque petit ami devrait faire de temps en temps. Je vais lui botter le cul dès qu'il redescendra et lui faire réaliser à quel point que lui ai manqué… J'aurai ma douce revanche.

Severus sourit d'un air mauvais.

- J'en suis sûr.

°°°§§§°°°

Harry et Sirius revinrent à la maison juste avant le repas du soir, en sueur et heureux. Harry ne manqua de remarquer l'étrange rictus de Severus tandis qu'il montait dans sa chambre. Il se demanda ce que la vieille – mais attirante – chauve-souris avait à l'esprit. Harry savait que sa relation avec Sirius n'état pas au beau fixe depuis leur discussion trois jours auparavant mais il doutait que Severus lui fasse quelque chose de blessant pendant que Sirius regardait. Il n'oserait pas.

Cependant, c'était de Severus Rogue dont il s'agissait, ancien Mangemort et ex-responsable des Serpentards aimant faire chier le monde. Il ferait mieux s'observer ses arrières quand Severus était dans les parages.

Harry était encore étonné de la tournure des événements. Il ne s'était jamais attendu à revoir Sirius et il le trouvait marié avec Severus Rogue, son cauchemar d'adolescent. Il ne s'était pas attendu non plus à lui pardonner si rapidement. Il devinait qu'une part de lui était trop impatiente de vouloir se soucier de Sirius à nouveau. Il avait pleuré plus d'une fois dans ses bras. Il avait pensé ne jamais lui reparler. Mais qu'est-ce que ça aurait résolu ? Ils avaient toujours partagé leurs craintes et leurs sentiments et parler de ce qu'ils avaient sur le cœur. Harry ne voulait plus perdre de temps. Avoir Sirius près de lui à nouveau était une bénédiction. Comme si la vie lui donnait une seconde – ou une troisième – chance. Il ne voulait rejeter ça pour rien au monde.

Ils avaient passé beaucoup de temps à rattraper leur retard, comme s'ils n'en avaient jamais assez de la compagnie de l'autre. Mais après un exténuante mais amusant match de Quidditch ce jour-là – quelque chose qu'il n'avait pas fait depuis très longtemps – Sirius l'avait questionné sur sa relation avec Draco et Harry n'avait su que dire. En vérité, il n'avait pas trop fait attention à Draco depuis qu'il s'était réconcilié avec Sirius. Ce n'était pas comme s'il l'avait fait intentionnellement cependant. Ou est-ce que ça l'avait été ?

Harry fronça les sourcils tandis qu'il s'arrêtait devant la porte de sa chambre à coucher. La confession de Draco avait été trop soudaine et faite au mauvais moment. Harry avait eu bien trop de choses à s'occuper dans un délai très court. Il était reconnaissant pour tout ce que Draco avait fait pour lui mais il avait besoin de temps pour construire les choses.

Profondément, il savait qu'il était juste terrifié par ses propres sentiments et avait peur d'y faire face. C'était toujours la même vieille histoire. Sa confession n'avait pas du tout l'air d'en être une. Il avait agi maladroitement comme il le faisait habituellement. Il n'avait jamais été bon avec tous ces trucs. Cho et Ginny étaient les preuves vivantes qu'il foutait systématiquement en l'air ses rapports avec les autres.

En outre, ce n'était pas comme si Draco avait été chaleureux avec lui. Ces derniers temps, ce dernier se comportait plutôt froidement à son égard. L'attitude de Draco était si bizarre que Harry se demandait si le blond n'avait pas perdu son intérêt pour lui. Cette pensée le rendit triste tandis qu'il tournait la poignée de la porte.

Il entra dans la pièce, déterminé à suivre le conseil de Sirius et comprendre ce qui se passait dans la tête de Draco. Il referma la porte et marcha jusqu'à sa malle pour y prendre des habits propres. La porte de la salle de bain s'ouvrit et un Draco à moitié nu en sortit d'un pas nonchalant.

Harry en eut le souffle coupé. Les cheveux de Draco étaient humides et légèrement en désordre. Quelques gouttes d'eau glissaient sensuellement sur son corps. La serviette était nouée lâchement autour de sa taille, révélant presque ce qu'elle cachait à peine. Les yeux de Harry ne pouvaient se focaliser sur rien d'autre. Son cœur commença à marteler sa poitrine ; la partie basse de son corps se contracta.

Draco le fixa posément et leurs regards se verrouillèrent. Bien que Draco prétende ne pas s'en soucier, Harry attrapa le feu dans ses yeux gris sombre. Harry se mordit la lèvre inférieure et réprima un gémissement. Le diable était en train de le séduire à dessein et Harry était en train de tomber dans le piège.

Draco détacha sa serviette et commença à se sécher les cheveux avec. Son corps nu luisait et rendit Harry incapable d'articuler le moindre mot. Il ne put que le fixer, en priant pour qu'il ne se bave pas dessus.

- J'espère que ça ne te dérange pas que j'aie utilisé ta douche. Il n'y avait plus d'eau chaude dans la mienne, dit Draco.

Chaque mot qui sortait de sa bouche sonnait comme du velours aux oreilles de Harry. C'était presque hypnotique et définitivement attirant.

- Je t'en prie, murmura Harry, ébloui.

Il se détesta d'être si faible. Néanmoins, il ne pouvait nier les besoins de son corps. Son être entier réclamait Draco. Il lui avait manqué.

Draco laissa tomber la serviette sur le sol et attrapa son caleçon mais il ne le mit pas tout de suite. Au lieu de ça, il se tourna vers Harry et demanda :

- Tu t'es bien amusé aujourd'hui ?

Harry ne répondit pas. A la place, il s'enquit :

- Draco… Est-ce que tu es en train d'essayer de me séduire ?

Draco secoua la tête et sourit d'une façon charmante.

- Qu'est-ce que tu veux dire ? Je t'interroge simplement sur la journée.

- Tu parades nu dans ma chambre.

Draco repoussa ses cheveux et haussa les épaules.

- J'ai simplement pris une douche, en toute innocence.

- Et maintenant, tu es entrain de te changer en face de moi, en toute innocence. Tu provoques délibérément ma libido ! Je suis sûr qu'il y a assez d'eau chaude dans ta salle de bain. Et même si ce n'était pas le cas, tu es un sorcier. Tu peux régler le problème d'une légère tape de ta baguette. Pas que je m'en plaigne. En fait… j'aime quand tu me séduis.

Draco marcha lentement jusqu'à lui et s'arrêta seulement à quelques centimètres.

- Je ne sais pas de quoi tu parles. Pourquoi est-ce que je prendrai la peine de te séduire ? Ces derniers jours, tu t'es montré très clair sur le fait que tu ne te souciais pas du tout de moi. Pourquoi est-ce que je perdrais mon temps avec toi ?

Les yeux de Harry étaient attirés par les lèvres de Draco.

- Parce que tu es amoureux de moi. Tu l'as dit toi-même.

- Je retire ce que j'ai dit, répliqua Draco, l'air indifférent.

- Tu ne peux pas retirer ce que tu as dit, affirma Harry, plutôt sûr de lui.

Draco eut envie de lui coller son poing sur la figure.

- Et bien, passer du temps seul m'a fait repenser à certaines choses…

Il regarda profondément dans les yeux de Harry avant d'ajouter :

- Par exemple, en te comparant à Bill, j'ai réalisé que…

Ces paroles déclanchèrent quelque chose en Harry qui lui fit bouillir le sang et il tira abruptement Draco contre son corps.

- Dis-le encore une fois, le défia Harry. Compare-moi une nouvelle fois à Bill et voyons où ça te mènera.

Harry frotta les lèvres de Draco contre les siennes mais le blond détourna la tête. Harry se renfrogna.

- Tu peux m'expliquer ce qui se passe ? Tu viens dans ma chambre, tu utilises ma douche en me servant une excuse boiteuse et tu parades en face de moi complètement nu avec l'intention manifeste de me rendre dingue. Mais lorsque je me rapproche de toi, tu commences ce jeu étrange… Ton corps et tes mots m'envoient des signaux contradictoires.

Harry relâcha Draco et recula d'un pas.

- Je me trompe ?

Draco croisa les bras et s'appuya contre le mur le plus proche.

- Tu m'as ignoré.

- Tu m'as ignoré, moi. Tu m'as battu froid depuis que Sirius et moi…

Le grognement de Draco l'interrompit et lui fit demander avec curiosité :

- Quoi ?

- Sirius, Sirius, Sirius !

Draco semblait très irrité maintenant. Sa froide façade s'était envolée.

- Tu n'as que ce prénom à la bouche !

Harry fut légèrement décontenancé.

- Et bien, je…

- Tu as chaque minute de chaque jour avec lui, continua Draco sans prendre garde au visage renfrogné de Harry. Et quand le soir arrive, tu ne me parles que de lui et combien il est parfait et bla, bla, bla ! Je ne veux plus en entendre parler ! Je n'arrive pas à comprendre pourquoi tu lui as pardonné si facilement. Nous parlons du type qui ne s'est pas soucié de te rechercher et qui ne t'a même pas fait savoir qu'il était vivant ! Tu aurais pu même exiger que nous quittions cette maison quand il a réapparu ! Mais au lieu de ça… tu joues au Quidditch avec lui et tu te comportes comme si rien ne s'était passé du tout !

Les mots de Draco contrarièrent Harry.

- Je croyais que tu me soutenais ! Je croyais que tu voulais que je me réconcilie avec lui. Tu m'as dit de chérir ce moment, tu te rappelles ?

- Oui, je m'en souviens… répondit amèrement Draco.

- Alors quoi ? demanda Harry. Je ne pige pas.

- Tu es tellement obtus, Harry. Tu ne vois pas que je suis jaloux ? hurla Draco et il se détesta immédiatement pour ça.

Les yeux de Harry s'écarquillèrent. Alors c'était pour ça que Draco l'avait traité si froidement. Il aurait dû le savoir. Il secoua la tête puis sourit.

- Tu n'as aucune raison d'être jaloux.

Draco se renfrogna.

- Bien sûr que j'en ai ! Tu ne t'es pas senti jaloux de Bill ?

- Et bien…

Harry détourna les yeux, agacé.

- Oui, je l'étais. Mais c'était différent !

Il lui jeta un coup d'œil furieux et ajouta :

- Bill était ton petit ami. L'idée de toi et lui ensemble me rendait furieux parce que je continuais à vous imaginer tous les deux au lit. C'est impossible que le même cas puisse s'appliquer à Sirius et à moi !

- Il y a toutes sortes de jalousie. As-tu la moindre idée que ce que ça fait d'ouvrir son cœur à une personne et ensuite de se voir traiter comme si rien n'avait changé ? Et pire ! Tu m'as ignoré pour être avec quelqu'un d'autre. Je sais que toi et Sirius avez plus qu'une relation père-fils mais ça me fait toujours mal, confessa Draco en inspirant profondément. Je ne veux pas venir en second dans ta vie. Je veux être ta priorité.

Harry fut abasourdi par les paroles de Draco. Il le fixa un long moment, essayant de trouver la bonne chose à dire.

- Tu es si… foutument égoïste ! Toi et Rogue, vous êtes pareils. Ceci n'a a rien à faire avec vous deux ! C'est entre Sirius et moi ! Pour l'amour de Merlin, Draco ! Sa mort a été le déclencheur de toutes les paranoïas que j'ai eues jusqu'à maintenant. C'était traumatisant. J'ai passé toutes ces années à pleurer sa mort, pensant que c'était ma faute… D'abord, je l'ai perdu, lui, puis j'ai perdu Remus… Tu n'as pas idée de ce qu'on ressent ! Tu l'avais facilement refoulé en ce temps-là ! J'ai dû traiter avec beaucoup de choses tout seul !

- Va te faire foutre, Harry ! Tu n'es pas le seul qui a souffert ! Tu n'es pas le seul à avoir subi des expériences traumatisantes ! J'ai eu ma part de ces moments aussi ! rétorqua sèchement Draco. Mais je n'ai pas repoussé les gens pour autant. Au contraire, j'ai réalisé que j'avais besoin d'eux. J'ai vaincu mes peurs. Je n'ai pas laissé tomber la vie comme tu l'as fait !

- Félicitations, alors ! hurla Harry en colère. Tu vois ? Tu as gagné. Tu as été capable de te rétablir et de recommencer ! Pas moi ! Putain, tu as gagné ! T'es content maintenant ?

- NON !

Draco respirait difficilement. Il marcha jusqu'au lit, attrapa sa serviette qui traînait par terre et s'en ceignit la taille. Puis il s'assit sur le fauteuil le plus proche et soupira tristement, berçant sa tête entre ses mains.

- Cette conversation ne va pas dans la direction que j'avais planifiée. Je ne voulais pas dire ces choses sur toi… C'est juste que… C'est dur pour moi… de te voir si heureux et penser que je n'y suis pour rien… ça me fait mal d'être mis de côté simplement parce que lui est là. Je sais que je suis égoïste mais je suis comme ça. Je veux que tu m'aimes comme je t'aime. Je veux être ton tout.

La dernière phrase fut murmurée si bas que Harry ne l'entendit presque pas. Il se dirigea lentement vers Draco puis il s'agenouilla en face de lui et le cajola pour qu'il lève la tête.

- Si tu n'étais pas venu chez moi pour me tirer de ma dépression, je ne serais même pas là aujourd'hui. Tu m'as redonné le sourire. C'est grâce à toi si j'ai été capable de pardonner à Sirius. Alors, je pense que tu es très important pour moi. Je suis désolé si je te fais ressentir le contraire. J'étais juste si heureux de revoir Sirius. Sirius et Remus étaient importants pour moi parce qu'ils représentaient mon dernier lien avec mes parents. Je me suis senti vraiment mal après qu'ils soient partis. Ce n'est une question d'arriver en premier ou en second. Tu veux bien cesser de tout ramener à une compétition tout le temps ?

La voix de Harry était légère et enveloppante. Draco se sentit honteux.

- C'est comme ça que j'ai été élevé, dit-il doucement. Je n'ai jamais été aimé par personne. Mon père était seulement fier quand je faisais quelque chose qu'il approuvait. Il aimait quelqu'un qu'il avait inventé dans sa tête. Il n'aimait pas ma vraie personnalité ! Il ne me voyait même pas la plupart du temps.

Draco fit une pause. Les larmes silencieuses qui coulaient sur ses joues brisaient le cœur de Harry. Harry se pencha et les sécha avec de tendres baisers. Draco ferma les yeux et soupira profondément. Harry se serra dans ses bras et berça sa tête sur son épaule.

- C'est bon, murmura Harry à voix basse. Je comprends.

- Je crois que je suis jaloux parce que te voir avec Sirius me rappelle ce que je n'ai jamais eu avec mon père, confessa Draco dans un chuchotement. Parmi d'autres choses, comme se sentir complètement exclu…

Harry lui caressa le dos.

- Je suis désolé.

- Je me sens stupide. C'est moi qui t'ai encouragé à lui pardonner en premier lieu. Maintenant je suis en train de me ridiculiser… La jalousie est une émotion tellement mesquine. Je suppose…

Draco s'interrompit puis fronça les sourcils.

- Tu sais, si tu ne m'avais pas ignoré, je ne me serais pas senti si mal. C'est de ta faute, bon sang.

- Tu n'as pas exactement essayé d'attirer mon attention. Tu aurais dû venir nu dans ma chambre bien avant, le taquina Harry, refusant de se laisser entraîner par la mauvaise humeur de Draco.

- Tu as oublié que je pars dans deux jours. Je ne sais pas quand nous nous reverrons à nouveau.

Les yeux de Harry s'écarquillèrent. Il ne s'en était pas rendu compte. Comme la pensée de ne pas voir Draco pendant un moment le pénétrait, il sentit soudain une pression autour de son cœur qui rendit son souffle laborieux. Il avait l'habitude d'avoir Draco près de lui. Il réalisa, abasourdi, que Draco était devenu une grande part de sa vie, une grande part de lui. Il ne voulait pas être séparé.

- Putain, marmonna-t-il, fâché.

- Je me suis demandé si je te manquerai, fit Draco en s'enfonçant profondément dans le fauteuil.

Harry enlaça leurs doigts ensemble puis dit avec un demi-sourire :

- Assez étrangement… tu vas me manquer. Nous avons une routine ensemble… J'en ai pris l'habitude.

Draco fit une grimace.

- Mince alors, chéri ! C'est d'un romantique.

Harry gloussa doucement.

- Bon, ça n'a jamais été mon truc… Mais sérieusement, Draco, je suis… je ne… Merde ! Je n'aime pas l'idée d'être loin de toi. Tu sais, j'ai pu me détendre ces derniers jours seulement parce que je savais que tu étais là au cas où j'avais besoin de toi. Tu me mets à l'aise.

- J'ai peur que…

Draco se leva du fauteuil et se mit à faire les cents pas dans la chambre.

- Lorsque je serai parti, j'ai peur que tu réalises que tu n'avais pas besoin de moi autant que tu le pensais. Comme tu dis, tu t'es simplement habitué à ma présence. Une fois parti, tu vas m'oublier. J'ai peur que tu te rendes compte que tu ne m'aimes pas vraiment. Que tu as juste suivi le courant… Après tout, tu n'arrêtes pas de répéter que tu n'as aucun intérêt pour les hommes.

Harry se leva immédiatement. Les yeux de Draco cherchèrent les siens, l'air d'attendre quelque chose. Harry soupira et dit :

- Je ne peux te faire aucune promesse.

Draco se mordit durement la lèvre inférieure et essaya de ne pas montrer combien cette déclaration écrasait son cœur.

- Ecoute, je ne sais pas ce qui va se passer. Je n'ai pas toutes les réponses, continua Harry. Mais ce que je sais, en cet instant, c'est que je… je t'aime. Tu as raison quand tu dis que je ne suis pas intéressé par les hommes. Je ne suis intéressé que par toi.

La voix de Harry trembla. Draco se sentit trembler aussi.

- Et j'espère que ce sentiment durera toujours. Je veux que tu m'attendes et je veux revenir vers toi en étant une meilleure personne. Tu mérites quelqu'un qui t'aime inconditionnellement. Je veux être cette personne. J'espère être cette personne.

Draco baissa ses yeux pleins de larmes. Il se leva et marcha lentement vers Harry puis il l'embrassa très doucement sur les lèvres.

- Sois cette personne pour moi, Harry. Sois celle qui m'aimera inconditionnellement, chuchota Draco contre sa bouche. Aime-moi avec tes yeux, avec ton corps, avec tes mots…

Il plaça de doux baisers sur les joues de Harry, sur le bout du nez puis finalement sur ses lèvres.

- Aime-moi avec ta bouche… avec tes gestes… avec tes caresses… Aime-moi de tout ton être ce soir.

Harry n'avait nul besoin qu'on le lui demande deux fois. Sa bouche captura avidement celle de Draco. Le bout de ses doigts caressèrent délicatement son visage pour descendre ensuite vers son cou et sa poitrine, s'arrêtant à mi-chemin pour jouer avec un mamelon rose.

Draco sentit des frissons dans sa colonne vertébrale. Il émit un doux gémissement quand Harry fit courir sa langue le long de sa mâchoire puis la pinça avec ses dents. Sa serviette fut dénouée et elle tomba sur le sol. Puis il se laissa transporter jusqu'au lit où ils se couchèrent côte à côte.

- Apprends-moi comment te rendre heureux, chuchota Harry après un profond baiser.

Draco sourit et l'embrassa. Puis il commença à le déshabiller. Il était sur le point de le caresser intimement quand Harry le repoussa et sauta hors du lit. Draco n'avait jamais eu plus envie d'étrangler méchamment quelqu'un qu'en cet instant. Il haussa ses sourcils d'un air interrogateur.

- Désolé, dit Harry pour s'excuser. Je viens juste de réaliser que je suis en sueur. Je viens de jouer au Quidditch et… enfin… tu sais… Tu sens tellement bon et… moi, je pue. J'ai besoin de me doucher d'abord. Je suis vraiment navré. Tu n'as pas idée de combien c'est difficile pour moi de m'arrêter maintenant.

Draco gloussa doucement quand il s'aperçut que Harry était déjà en érection et il sut qu'il disait la vérité.

- Ça ne me dérange pas, dit Draco.

- Mais moi, oui.

Draco sortit du lit et se plaça en face de Harry.

- Laisse-moi me joindre à toi.

- D'accord, répondit Harry d'une voix rauque de désir.

Ils allèrent dans la salle de bain et s'arrêtèrent l'une en face de l'autre. Ce fut au tour de Draco de se sentir hors d'haleine tandis qu'il observait Harry se déshabiller devant lui. Le corps de Harry fut dénudé plutôt rapidement. Draco se sentit un peu jaloux de cette silhouette mince et sexy qui équivalait la sienne. Harry lui sourit, narquois, presque comme s'il avait lu dans ses pensées.

Si Draco s'attendait au même Harry timide d'avant, il fut abasourdi de ne plus en trouver aucune trace en lui. Il trouva un Harry plein d'élan qui l'attendait, un que ça n'ennuyait pas d'être touché partout, ni d'essayer de nouvelles choses.

Harry lui avait demandé de lui apprendre comment lui donner du plaisir mais Harry semblait très bien savoir ce qu'il faisait. Tandis que l'eau coulait sur leur corps, Harry lavait chaque partie de Draco dans un sensuel massage. Ils échangeaient des baisers de temps en temps et frottaient leurs sexes l'un contre l'autre jusqu'à ce qu'ils soient sur le point d'exploser. Les caresses de Harry étaient en train de rendre Draco fou de désir.

- Dis-moi ce que tu veux que je fasse, murmura Harry avec des yeux qui semblaient vouloir dévorer Draco.

Draco s'appuya contre le mur de faïence et rapprocha le corps de Harry. Il lui prit la main et l'amena sur son membre tendu. Puis sa propre main trouva celui de Harry. Lentement, il commença à le caresser et à serrer tendrement ses testicules.

- Suivez le guide, dit Draco d'une voix rauque tandis qu'il massait Harry du bout des doigts.

Harry fit ce qu'il lui dit. Son souffle s'accéléra ainsi que ses mains sur Draco. Comme ils atteignaient l'extase, leurs caresses devinrent moins douces et plus exigeantes. Il se cramponna fermement à Draco tandis qu'il se frottait comme un fou contre lui jusqu'à ce qu'il jouisse le souffle court. Il suça le cou de Draco tandis que le blond atteignait aussi l'orgasme avec un gémissement, ses doigts empoignant férocement le dos de Harry.

Soupirant, ils glissèrent jusqu'au sol carrelé et observèrent les restes de leurs caresses et de leurs frictions désespérées lavées par l'eau qui s'écoulait.

- Ouch ! lâcha Harry après que sa respiration se fut apaisée.

Il frotta la partie de son dos où les doigts de Draco s'étaient enfoncés.

- Tu es plutôt sauvage aujourd'hui. C'est une vengeance ?

Draco sourit paresseusement tandis qu'il frictionnait l'endroit la partie que Harry avait mordu. Je pourrais te demander la même chose. Ça fait mal, tu sais ?

Harry se sentit embarrassé comme il fixait le grand suçon qu'il avait laissé dans le cou de Draco. En même temps, ça l'excitait. Ça représentait un symbole de possession et d'une passion qu'il ignorait avoir en lui. Ses yeux rencontrèrent ceux de Draco et il perdit ma maîtrise une fois de plus lorsqu'il remarqua l'expression peu sage de Draco.

Leurs lèvres se cherchèrent passionnément. Bientôt leurs caresses et baisers les embrasèrent une nouvelle fois et ils furent prêts pour un nouveau round. Harry se recula en se levant et retourna Draco, laissant courir ses lèvres et sa langue de l'arrière de sa nuque à la vallée entre ses fesses. Draco appuya son front contre le mur de faïence et gémit sourdement de surprise quand la langue de Harry le caressa plus intimement. Il se demanda où Harry avait appris à être si assuré et si impudent. Le rouge aux joues, il se sentait faible et pris de vertige. Son plaisir grandit à l'intérieur de lui jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus.

- Baise-moi, Harry, demanda-t-il en caressant son sexe tendu. Maintenant, pendant que je peux encore me retenir.

Il gémit bruyamment tandis que Harry se redressait et le mordait à l'épaule avant de se positionner derrière Draco pour le pénétrer durement.

Pour le torturer encore plus, Harry attrapa ses mains et les épingla sur le mur pour l'empêcher de se toucher. Puis Harry poussa plus rapidement en lui, laissant un autre suçon de l'autre côté de son cou.

Et Draco se perdit. Il ne savait plus qui il était, ni où il se trouvait. Il n'y avait que Harry le martelant, le faisant se fondre, lui donnant l'impression qu'ils allaient se dissoudre dans l'eau. Il en oublia presque de respirer.

Il rejeta sa tête en arrière alors qu'il était balayé par un plaisir intense. Harry le suivit un instant plus tard, criant son prénom.

Ils combattirent le besoin de se laisser simplement glisser sur le sol une nouvelle fois et de s'endormir et rassemblèrent assez de force pour se sécher, trouver des pyjamas et sauter dans leur lit ensemble. Le sommeil les surprit plutôt rapidement, mais leur cœur – et leur corps – étaient très satisfaits. Les lèvres de Draco s'étirèrent lorsque Harry se serra dans ses bras et se mettant à ronfler très doucement. L'amour qu'ils avaient partagé avait apaisé son esprit pour le moment. Une part de lui se sentait encore inquiet de rester séparé pour une période indéterminée mais Draco voulait croire en eux.

- Je t'aime, murmura Draco tandis que ses yeux se fermaient et qu'il sombrait dans un profond sommeil.

°°°§§§°°°

Severus se réveilla ce samedi matin comme tous les matins : de très mauvaise humeur. Il n'avait jamais été du matin. Sirius, d'un autre côté, semblait toujours débordé d'énergie et souriait comme le petit con qu'il était. Severus grogna quand il sentit le bras de Sirius se resserrer autour de sa taille pour les rapprocher. La chaleur du torse de Sirius contre son dos provoquait un désir familier chez lui. Il plissa fermement les paupières comme si ce geste était suffisant pour repousser ses besoins. Comme d'habitude, c'était en vain. Au moment où les doigts de Sirius lui chatouillèrent le ventre très doucement puis descendirent pour le caresser, Severus sut qu'il était prêt à se rendre, qu'il le veuille ou non.

C'était toujours une bataille perdue d'avance que de résister aux caresses de Sirius. Il sentit un baiser sur son épaule et réprima un gémissement. Cette fois-ci, ce ne fut pas difficile de lui faire perdre son sang-froid mais qu'importe le nombre de fois qu'ils avaient joué à ce jeu, il trouvait toujours la force de lutter, même si ce n'était que pour quelques minutes. Sirius considérait sa résistance comme une part de l'amusement.

Severus se permit d'être touché et embrassé. Il voulait tout posséder de Sirius ; il voulait s'approprier l'âme de son amant. Mais ce n'était pas possible – à moins d'utiliser un très puissant sortilège. Il devait accepter le fait que Sirius ne lui appartenait pas seul, et il priait pour que le morveux aille bientôt mieux ainsi il pourrait avoir Sirius à nouveau tout à lui.

Au moins Draco avait bien joué sa partie la nuit d'avant. Lui et le morveux s'étaient enfermés dans la chambre de Harry et n'étaient même pas descendus pour le dîner. Severus émit un gémissement quand une langue froide rencontra ses tétons puis ses lèvres. Toutes les pensées à propos de Harry ou tout autre chose s'envolèrent au moment où la langue de Sirius glissa dans sa bouche ouverte.

Puis, d'un endroit très éloigné, il entendit un cri excité de quelque part en dehors de la maison. Il essaya de l'ignorer et de se concentrer sur les attentions de Sirius mais bien vite, il entendit un rire clair et magnifique éclater dans l'air. Severus jura à haute voix tandis que Sirius arrêtait ce qu'il faisait pour porter son attention sur ce qui se passait à l'extérieur.

- Tu es dingue ! entendirent-ils Draco s'exclamer. Tu vas attraper froid, imbécile ! Rentre !

Bien que les mots de Draco laissaient transparaître son inquiétude à propos de Harry, son ton était celui de quelqu'un extrêmement amusé par quelque chose.

La curiosité fut la plus forte, Sirius et Severus sautèrent du lit simultanément pour voir ce qui se passait. Lorsqu'ils atteignirent la fenêtre pour regarder en bas, devant la maison, ils froncèrent les sourcils au même moment. Mais tandis que Severus émettait un halètement plutôt bruyant et se renfrognait en signe de désapprobation, Sirius éclata de rire.

La scène qui semblait causer de tels sentiments contradictoires chez Severus était un Harry nu comme au premier jour, courant dans tous les sens, souriant comme un idiot et invitant son filleul à se joindre à sa folie. Severus en fut profondément dérangé.

- Il est totalement cinglé ! s'exclama Severus.

Il voulait rire comme Sirius mais il était trop choqué pour le faire.

- Pour l'amour de Merlin ! Il a complètement perdu la boule cette fois ! Pourquoi est-ce qu'il fait ça ? Et pourquoi est-ce que Draco sourit comme un Poufsouffle au lieu de faire cesser cette bêtise !

Comme si Harry avait entendu sa question, il dit à Draco :

- C'est la seule façon d'honorer notre pari. Ceci n'est pas ma maison mais ça devrait aller. Du moins, pour l'instant.

Severus haussa un sourcil. Il se demanda de quel pari il s'agissait.

- Mais il fait foutrement froid ! Je ne veux pas que tu meures d'une pneumonie à cause d'un stupide pari !

Harry sourit d'une façon si tendre que même le cœur de Severus en fut touché.

- Oh, allons ! Ne me dis pas que tu ne trouves pas ça divertissant ! Je te connais. Ça t'amuse !

Draco haussa les épaules mais il fut incapable de réprimer son sourire.

- Viens plutôt par ici ! Je prendrai plus de plaisir à te voir nu dans mon lit.

Severus fit une grimace.

- Je ne souhaitais pas vraiment entendre ça. Ce sont deux idiots…

Sirius regarda Severus avec un sourire narquois et dit :

- Idiots, certes. Mais ô combien amoureux ! Nous devrions les rejoindre et courir tout nu dans le froid ! Ça nous gèlerait le cul mais ensuite nous pourrions nous réchauffer devant le feu et…

Severus roula des yeux.

- Ne sois pas stupide.

- Je ne suis pas stupide, je suis juste romantique, chuchota Sirius tout près de son oreille.

Severus frémit comme un désir familier le rattrapait.

- Allons, Sev. Laisse-toi aller.

Sirius posa sa bouche sur sa joue puis lui tourna la tête pour l'embrasser.

- Permets-moi d'être romantique, même si c'est stupide, et je pourrais t'aimer de tout mon être.

- Je suis vraiment obligé d'écouter cette déclaration à deux noises ? demanda Severus l'air renfrogné.

Mais profondément en lui, son cœur fondait.

Sirius sourit avec espièglerie, sachant que l'humeur de Severus était assez bonne maintenant pour ne tenir aucun compte de ses commentaires sarcastiques qui n'étaient qu'un mécanisme de défense pour protéger son cœur. Il se contenta de dévisager longuement son amant maussade puis le tira vers le lit. En dépits de ses protestations, Severus cédait sous ses caresses. Leur relation était loin d'être parfaite et ils étaient encore fâchés l'un contre l'autre mais c'était comme ça que les choses avaient toujours fonctionné entre eux. Ils ne pouvaient s'empêcher de se faire du mal mais ils ne pouvaient s'empêcher de s'aimer.

Une vie entière ne suffirait probablement pas à résoudre leurs problèmes mais les choses s'arrangeaient au jour le jour. C'était assez pour Sirius et Severus. Aussi longtemps qu'ils étaient ensemble, le reste passait au second plan.

Pendant que Sirius faisait l'amour à Severus, en bas de l'escalier, deux amants se réconfortaient aussi. Si Sirius et Severus les avaient observés un bref instant, ils auraient été témoins d'une scène très touchante. Draco avait enveloppé le corps de Harry dans une grande cape noire et mis une écharpe rouge autour de son cou tandis que Harry le surprenait en lui volant un baiser…

A suivre…

Merci d'avoir lu jusque-là. Alors, si ça vous a plu, laissez un petit mot et si ça ne vous a pas plu, dites-le aussi ! LOL

Bisous.

Falyla