Auteure: Blanche Malfoy
Titre: Love me, Love me not.
Traductrice: Falyla
Rating: R
Paring: Draco/Harry Draco/Bill
Warning: Cette histoire est un slash, ce qui implique des relations homosexuelles masculines. Si cette idée vous choque ou vous rebute, passez votre chemin, cette fic n'est pas pour vous.
Homophobes, s'abstenir !
Disclaimer: Rien n'est à nous, tout à JKR. L'histoire appartient à Blanche Malfoy, quant à moi, je revendique la traduction.
Note de Falyla : Il semblerait que Remus Lupin soit aux abonnés absents depuis quelques temps, je me suis donc permise de répondre aux reviews qui concernaient le chapitre 39 qu'il avait traduit, pour ne pas prendre trop de retard. Si je suis toujours sans nouvelle de sa part, je terminerai la traduction de cette fic toute seule, comme je l'avais commencée.
Chapitre 40/48 – Des non-dits laissés en suspens.
Draco sentit une main sur son épaule un pâté de maison avant d'entrer dans son immeuble. Il sursauta brusquement, tournoyant sur lui-même, sa baguette prête. Son cœur battait aux cents coups à l'idée que ce pourrait être un des fans cinglés de Harry, un maniaque homophobe ou – il frissonna violemment – la personne qui le menaçait.
Mais ce n'était aucun d'eux. C'était juste Bill Weasley vêtu d'une longe veste de cuir noir, d'une chemise blanche moulante et des bottes de dragon que Draco qui avait données avant qu'ils ne se séparent.
- Bill ! s'exclama Draco, une main sur sa poitrine, mais tout de même soulagé de voir son ex-petit ami.
- Je suis désolé si je t'ai fait peur, dit Bill d'une voix rauque que Draco avait appris à adorer.
Voir Bill alors qu'il se sentait si seul réveilla une part de son cœur qui encourageait vraiment que leur relation marche à nouveau. Le rouquin paraissait si séduisant et élégant. Et pas du tout déprimé, ce qui agaça un peu Draco. Draco déglutit et réprima le besoin l'enlacer son ex-petit ami. Cet acte stupide l'amènerait à faire des choses auxquelles il ne voulait pas penser, comme un « bonjour » passionné et un baiser « tu m'as manqué » suivi d'une folle nuit de sexe très satisfaisant dans un lit.
Draco se sentit mortifié par le train de ses pensées. Il était amoureux de Harry : il n'y avait plus d'erreurs là-dessus. Mais même si son cœur appartenait à l'Enfant Prodige, son corps se rappelait encore Bill et il lui manquait… spécialement quand il était seul. Il fronça les sourcils de dégoût à cette faiblesse de son corps. Il pouvait presque entendre le ricanement de Harry dans sa tête : « Je savais que tu ne tiendrais pas une semaine sans sexe ». Il allait prouver que Harry se trompait. Il était fort. Bill et lui étaient juste des amis maintenant, rien de plus. Ils ne s'étaient pas reparlés depuis la terrible rencontre du Chemin de Traverse.
- Est-ce que ça va ? demanda Bill avec un froncement de sourcil.
- Ouais, marmonna Drcao, acquiesçant distraitement de la tête.
- On peut parler ? s'enquit Bill en baissant la tête comme s'il avait peur de lui faire face. La dernière fois que nous avons parlé a été un vrai désastre… Trop d'inconnus mettant leur nez dans nos affaires… Et je voulais te remercier pour ça… Je n'ai pas exactement été franc avec toi, ce jour-là… Mais… J'étais blessé. Tu n'avais pas vraiment été franc avec moi non plus. Alors… On peut parler ? Puis je pourrai te demander pardon correctement.
Draco soupira. Ils avaient vraiment besoin de parler de la fin de leur liaison. Dire que les choses avaient été embrouillées entre eux lors de leur dernière rencontre était en dessous de la vérité. Ça avait été terriblement embrouillé. Ils échangèrent un regard. Draco acquiesça une nouvelle fois et demanda à Bill de le suivre à l'intérieur.
Pas un mot ne fut échangé tandis qu'ils montaient vers l'appartement de Draco. Cependant, le blond pouvait sentir la tension grandir entre eux. Et tout ça, c'était de la faute de Harry de le laisser et de le priver de sexe depuis une semaine, en plus de ne pas s'inquiéter du tout de le contacter. Harry méritait d'être trompé puisqu'il ne se souciait pas de lui dire qu'il allait bien. Draco secoua la tête et serra fortement la poignée de son attaché-case jusqu'à ce que ses jointures blanchissent. Il ne devait pas penser comme ça. Il avait été trop loin pour simplement laisser tomber une relation à cause de ses stupides insécurités.
En outre, ce ne serait pas honnête envers Bill de l'utiliser comme roue de secours uniquement parce qu'il était fâché contre Harry.
Draco déverrouilla la barrière de sécurité de sa porte avant de l'ouvrir et fit entrer Bill dans la pièce. Une fois à l'intérieur, Draco demanda à Bill de choisir entre l'un des deux petits canapés ou le fauteuil de cuir pour s'asseoir. Bill était sur le point de s'exécuter mais quand il passa près de Draco, leurs corps se touchèrent légèrement et se fut comme si le temps se gela entre eux. Bill dévisagea Draco qui lui rendit son regard. Une fois, leurs yeux verrouillés, leurs souffles devinrent mal assurés. Le corps de Draco se rappelait qu'il aimait sentir celui, plus fort, de Bill sur lui, plongeant en lui, le faisant jouir. Il cligna des paupières pour dissiper le charme de son esprit mais ça ne sembla pas marcher. La distance entre eux se réduisit lentement et l'instant suivant, ils aggripaient les bras de l'autre, s'embrassant désespérément jusqu'à être hors d'haleine et excités.
Tout aussi rapidement que leurs s'étaient collés l'un à l'autre, l'image de Harry envahit l'esprit de Draco et il repoussa Bill vigoureusement. Il le maudit d'embrasser aussi bien. Ils se fixèrent, haletant pour recouvrer leur souffle. Draco s'assit durement dans le fauteuil, l'air déprimé.
- Je suis désolé, dit-il. On ne peut pas faire ça… Harry… Tu sais ?
Bill prit place à côté de lui et sourit faiblement.
- En fait, c'est moi qui suis désolé. Je n'aurais pas dû faire ça. Alors, je vois que les choses entre toi et Harry avancent doucement. Ou pas. Mais tu l'as eu finalement. N'est-ce pas ?
Il y avait une pointe de jalousie dans la voix de Bill, et quelque chose qui ressemblait à de l'espoir. Mais il n'était pas en colère contre Draco, juste triste que les choses entre eux n'aient pas fonctionné.
- En fait, je ne sais pas. Je pense que oui.
Draco fit une grimace devant l'expression interrogatrice que Bill.
- Disons simplement que nous avons réalisé que nous nous aimions mais Harry est parti pour un bon moment, alors… Je ne sais pas.
- Parti ? s'enquit Bill en fronçant les sourcils. Pour où ?
- Il a juste besoin de faire un truc personnel, répondit Draco, comme si ça importait peu.
Mais ça le faisait vraiment chier. Mais en même temps, Harry avait une chance de se retrouver même s'il était loin de lui. Draco avait envie de se frapper la tête contre le mur le plus proche.
- Mais pourquoi il ne t'a pas pris avec lui ?
Maintenant Bill ne semblait pas seulement perplexe mais aussi très contrarié.
- Parce que… Et bien, il ne pouvait pas. Il voulait le faire, mais il ne pouvait pas. Et d'un autre côté, j'ai mon boulot. Je ne peux tout simplement pas partir n'importe où avec lui. J'ai mes responsabilités… Et ce n'est pas comme s'il était parti pour toujours. Il va revenir.
- Mais vous venez à peine de commencer votre relation ! Comment a-t-il pu partir comme ça ? Quand est-ce qu'il revient ? insista Bill.
- Bill…
Draco soupira avec lassitude et lui demanda de cesser ses questions avec un regard suppliant. Bill obéit mais contre sa volonté.
- Je veux juste m'assurer que tu vas bien, déclara Bill.
- Je sais. Et je vais bien. C'est juste que… et bien… ça fait une semaine… Et puis je t'ai vu… Nous avons partagé quelque chose de très spécial ensemble… En fait, tu étais le premier gars avec qui j'ai envisagé de m'établir. Et je t'adorais. Alors, en te voyant comme ça… Mon corps s'est rappelé le tien… mais je suis avec Harry, alors… Non.
Draco était pleinement conscient qu'il parlait pour ne rien dire mais il ne pouvait s'empêcher de se rendre ridicule. Bill s'appuya contre le canapé et soupira lourdement à son tour.
- Je comprends. Je pensais que j'étais tout simplement incapable de te parler sans vouloir t'embrasser et te garder… mais… tu m'as manqué aussi. C'est pourquoi je n'arrive pas à croire que Harry est parti. Parce que ça a été dur pour moi de te laisser. J'étais honnête avec toi quand j'ai dit que tu étais le premier homme à me tenter, Draco. Tu as été le premier à vraiment me faire croire que je pouvais avoir une relation profonde avec un autre homme et être heureux. Je dois admettre, cependant, que peut-être, au début, je me suis trouvé attiré par toi parce que tu me rappelait Jacques. Et puisque tu étais beaucoup plus mature que lui, je ne suis retrouvé amoureux de toi.
- Au fait, comment il est, le morveux ? demanda Draco, ignorant les battements sourds de son cœur au dernier commentaire de Bill.
Il se convainquit qu'il était juste en manque. D'un côté, coucher avec Bill aurait été une façon de faire payer Harry de ne pas être resté en contact avec lui.
Bill grimaça à la manière dont Draco avait détourné la conversation sur Jacques dans le but d'éviter d'écouter les vrais sentiments que Bill avait pour lui.
- Il agit toujours comme le morveux immature qu'il est. Je l'ignore et il me traque.
- Mais tu l'apprécies, non ?
Bill haussa les épaules.
- Et depuis quand apprécier quelqu'un est la réponse à tout ? C'est assez compliqué, voilà ce que c'est. Mais oui, je l'apprécie. Contre toute logique, je pourrais ajouter.
Draco sourit avec sympathie.
- Je partage ta douleur.
Leurs yeux se rencontrèrent un instant. Draco se rappela à nouveau la chaleur et la sécurité que Bill avait toujours été capable de lui donner et qui contrastait avec l'anxiété que Harry lui faisait ressentir. Mais les baisers de Bill ne l'avaient jamais rendu tremblant sur ses jambes. Avoir Bill dans son appartement ne rendait que moins facile le fait de ne pas avoir Harry près de lui pour Merlin savait combien de temps.
- N'importe qui vaut mieux que Fleur, je suppose, fit Draco. Même le morveux.
Bill rit tout bas.
- Fleur n'est pas méchante. Elle est juste… trop empressée à mettre la main sur des choses qu'elle croit vouloir. Tu sais, Jacques m'a parlé d'elle. Elle a piqué une crise.
- Oh, mince ! s'exclama Draco. J'aurai tant voulu voir sa tête.
Bill secoua la tête.
- Crois-moi, ce n'était pas beau du tout.
- Je peux l'imaginer. Je connais très bien cette garce.
Bill lui raconta combien les Delacour avait mal pris la chose et comment ils l'avaient presque mis en état d'arrestation parce qu'il couchait avec Jacques alors qu'il était encore mineur. A la fin, ce fut Fleur qui prit la défense de Bill en alléguant que Jacques avait toujours été un petit débauché et par conséquent, si une personne avait été trompée dans leur relation, cette personne était Bill. Puisque Jacques avait déclaré qu'il avait perdu sa virginité avec un de ses oncles, si Bill devait être arrêté, alors l'oncle Philippe aussi ; tout avait été rapidement enterré et oublié et la famille avait souhaité la bienvenue à Bill.
- Je suis content de savoir qu'il est amoureux de toi. Il s'est finalement réveillé alors. Tu es heureux maintenant ? demanda doucement Bill.
Les yeux de Draco clignotèrent et il détourna le regard avec un faible sourire.
- Oui.
- Vraiment ?
- Et bien, tu sais… tout est nouveau, et il n'y a aucune garantie… Mais je suis heureux. Il a dit qu'il m'aimait, non ? Même s'il est parti juste après… Il reviendra bientôt. J'espère, ajouta Draco en se renfrognant. En outre, j'ai besoin de temps pour moi. Harry aussi. C'était trop soudain, trop rapide… si…
Draco savait parfaitement qu'il radotait encore. Il se maudit à mi-voix. Bill ne semblait pas convaincu mais il ne dit rien. A la place, il changea de sujet.
- Tu sais, je suis aussi venu ici pour te demander pardon et t'offrir mon amitié, dit Bill, sans jamais le quitter des yeux. Après tout, nous avons toujours été de bons amis, avant même de devenir amants. Alors, si tu as envie de parler, tu peux venir vers moi. Si Harry ne revient pas, moi je le ferai revenir.
Drago gloussa doucement à la dernière phrase.
- Merci. Je garderai ça dans un coin de mon esprit. Et je te pardonne si tu me pardonnes aussi.
Bill acquiesça et Draco poursuivit sur le ton de la plaisanterie.
- Evite juste de m'inviter pour un double rendez-vous avec la petite crevette blonde et notre amitié sera parfaite.
- Ça me va. Après tout, je ne vois pas Jacques en ce moment. Alors… Tu veux m'utiliser comme jouet sexuel pendant que Harry est absent ? demanda Bill. Je suis encore disponible. Et n'oublie pas que j'étais ton petit ami en premier.
Les joues de Draco se teintèrent légèrement de rose et il gloussa plus ouvertement cette fois.
- Ne me tente pas…
- Bon, si tu me veux, tu sais où me trouver, fit Bill sur un ton moqueur et séduisant.
- Et que dirait le petit morveux ? s'enquit Draco, amusé. Je ne veux pas qu'il me traque moi d'un regard meurtrier. Il est plutôt insolent.
- Il t'attendrait probablement dans un coin sombre pour t'assommer. Ou pire.
- Il peut toujours essayer…
Ils rirent de leur bêtise. Puis Draco posa sa tête sur l'épaule de Bill et soupira.
- Je t'aime vraiment.
- Moi aussi, répondit Bill, en caressant les cheveux soyeux de Draco. Mais tu es raide dingue amoureux de Harry Potter.
- C'est vrai. Peux rien faire contre ça. Peux pas l'empêcher. La dernière fois que je l'ai vu, il s'est comporté d'une façon tellement craquante. J'ai eu envie de le mordre, de le baiser et de l'enfermer à double tour pour que personne ne puisse me le voler et l'éloigner de moi, confessa Draco.
- Oh ! C'est intense, hein ? grimaça Bill. Peut-être que je ne suis pas vraiment encore prêt à entendre ce genre de choses.
Draco secoua la tête et mit un peu de distance entre eux.
- Désolé…
- C'est bon. Je sais ce que c'est d'être fou de quelqu'un, et je veux vraiment dire fou, au point de vouloir étrangler la personne mais aussi la baiser de façon insensée jusqu'à ce que le morveux ne puisse plus marcher le lendemain.
- Eh ! Je ne suis pas prêt non plus à entendre ces choses-là ! se plaignit Draco, en faisant la grimace.
Ils rirent à nouveau.
- Bill… Tu m'as vraiment manqué. J'espère que nous pourrons rester amis.
- Moi aussi.
Bill amena Draco plus proche de lui et l'étreignit. Puis il lui embrassa le sommet de la tête et lui pinça gentiment le nez.
- J'espère que tu as trouvé le bonheur que tu cherches, Draco. Et j'espère que Harry t'apprécie parce que tu mérites le meilleur.
Draco sentit ses yeux s'embuer.
- Merci. Je te souhaite la même chose. J'espère que le morveux saura t'apprécier.
Ils se firent une bise sur les lèvres pour sceller cette nouvelle amitié. Tandis que Bill le tenait, Draco laissa son esprit voler vers Harry. Est-ce qu'il pensait à Draco chaque minute de chaque heure comme le blond le faisait pour lui ? Tout ce qu'il pouvait faire était d'espérer que Harry voudrait être avec lui lorsqu'il reviendrait.
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Bill retourna à son appartement à presque minuit, et il trouva un Jacques enragé qui l'attendait. Il fit une grimace tandis que Jacques l'acculait à l'entrée de son immeuble.
- Tu étais avec lui ! l'accusa Jacques. Tu y étais, n'est-ce pas ?
- Tu devrais le savoir. Après tout, tu me suivais, non ? rétorqua Bill d'un air renfrogné en entrant dans l'immeuble.
Jacques le suivit jusqu'à l'ascenseur.
- Non !
- Je t'ai vu, s'exclama Bill.
Jacques se tint à côté de lui en faisant la moue.
Ils restèrent silencieux jusqu'à l'appartement de Bill. Quand ils furent à l'intérieur, Jacques s'exclama :
- D'accord, je t'ai suivi. Mais parce que je voulais te parler. Tu m'évites.
- Bien sûr que je t'évite.
Bill s'assit sur le divan et soupira lourdement. Il leva les yeux vers Jacques et réprima le besoin de le câliner. Les yeux du jeune homme semblaient effrayés mais ses bras croisés, ses lèvres boudeuses et son visage rouge exprimaient la colère. Bill adorait cette dualité en lui. Une des choses qui l'attiraient le plus en Jacques était son habileté à paraître si fragile tout en essayant d'agir de façon forte et courageuse.
- Grandis un peu, Jacques. Tu ne me gagneras pas avec des menaces et ta famille entière se retournera contre moi.
- Je ne voulais pas dire que ça arriverait, se plaignit Jacques. Je leur ai juste dit que je ferai tout pour être avec toi.
- Ils veulent me mettre en état d'arrestation, se récria Bill, perdant son sang-froid.
- Oui, mais j'ai menacé de dénoncer mon oncle s'ils osaient faire quoi que se soit contre toi, non ?
Bill fit une grimace. Les Delacour tenaient tellement à la réputation de leur famille qu'après que les goûts de l'oncle Philippe fussent mis en lumière, tout le monde était soudain devenu docile à éviter le scandale. Ils étaient si différents des Weasley. Tout ce qui se rapportait aux Delacour était factice, et c'était l'une des raisons qui l'avait fait rompre avec Fleur. Leurs familles n'avaient rien en commun.
- Nous n'avons rien en commun, déclara Bill plus pour lui-même que pour Jacques.
Le menton du jeune homme blond se mit à trembler. Le cœur de Bill fondit immédiatement.
- Tu vois ? Tu es sur le point de pleurer, dit-il, ennuyé, même si profondément en lui, il voulait rapprocher Jacques de lui. Tu pourrais grandir mais tu continues à te comporter comme un sale gosse pourri gâté. J'ai besoin de quelqu'un qui peut être sur un pied d'égalité avec moi. Je ne veux pas te servir de baby-sitter. Je veux un partenaire, pas un gamin.
- Je ne suis pas un gamin ! nia Jacques mais il en avait vraiment l'air.
Il fit encore la moue, puis son menton trembla une nouvelle fois et quelques larmes s'échappèrent de ses yeux.
Cette fois, Bill ne parvint pas à se retenir. Il se leva et enlaça le jeune homme, faisait reposer sa tête sur son épaule.
- Tu es vraiment un stupide morveux, hein ? chuchota Bill à son oreille.
- Bien sûr que j'en suis un. Je suis amoureux. L'amour nous rend stupide, déclara Jacques, essuyant ses larmes avec le dos de sa main. Est-ce que vous vous êtes remis ensemble ?
- Non. Nous sommes justes amis maintenant. Nous avions simplement besoin de mettre les choses au point.
Jacques regarda Bill dans les yeux.
- Tu es encore amoureux de lui ?
- Oui, déclara Bill calmement.
Le blond parut blessé.
- Mais… poursuivit-il et Jacques leva les yeux avec espoir, ce qui fit sourire Bill. J'ai pensé… qu'il n'y avait qu'une seule personne dans mon esprit depuis longtemps. Il est beau et impertinent. En quelque sorte, j'aime ses côtés provocateurs. Mais il me tape joliment sur les nerfs la plupart du temps. Si seulement il pouvait grandir une fois pour toutes. Et cesser de se comporter de façon si immature. Alors, je pourrai envisager de sortir avec lui.
Les yeux de Jacques rayonnèrent.
- Vraiment ? Alors tout ce que je dois faire est…
- Agir de manière plus adulte.
- Et ensuite tu m'accepteras enfin ?
Bill prit le visage de Jacques en coupe.
- Ce n'est pas une question d'acceptation. Je t'apprécie vraiment, Jacques. C'est juste ce minuscule bout de toi qui refuse de grandir. Tu es beaucoup trop impatient. Tu as besoin de laisser notre relation suivre son cours naturellement. Tu ne peux pas exiger que je sois avec toi. Donne-moi un peu d'espace. Laisse-moi être celui qui séduit de temps en temps. Tu comprends ce que je veux dire ?
- Oui. J'essaierai de faire de mon mieux. Je vais être… plus patient. Bien que je t'attende depuis que j'ai seize ans…
- Tu m'as joué un sale tour cette nuit-là. Tu m'avais dit que tu avais vingt ans.
Jacques haussa les épaules.
- Un type doit faire ce qu'il faut pour mettre l'homme de ses rêves dans son lit.
Bill secoua la tête et réprima un sourire. L'attitude de Jacques lui avait donné beaucoup de migraines.
- Tu ferais aussi bien de commencer à mieux te comporter à partir de maintenant. Plus de subterfuge. Plus de mensonge. Laisse les choses se faire doucement.
- Alors, tu veux vraiment nous donner une chance ?
Jacques était ravi.
- Oui. Si tu te comportes correctement et que tu me prouves que tu n'es plus uniquement un morveux pourri gâté.
Jacques sourit malicieusement. Il s'approcha pour l'embrasser mais il se recula soudainement, mettant quelque distance entre eux. Bill haussa un sourcil.
- Quoi ? demanda-t-il.
- Tu m'as dit que tu voulais faire le séducteur, lui rappela Jacques.
Ses yeux étincelaient et il sourit de manière séduisante. Bill sentit sa température augmenter. Quand Jacques se mettait en mode séduction Veela, c'était plutôt dur de lui résister. Après tout, c'était dans son sang d'être sexy et utiliser ça pour parvenir à ses fins. Et la finalité de cette nuit, c'était Bill.
Bill s'approcha et enveloppa ses bras autour du petit corps et l'écrasa dans un baiser agressif et plein de désir jusqu'à ce que Jacques se rende. Puis il porta le jeune homme dans sa chambre à coucher où ils passèrent la nuit entière à faire l'amour.
°°°§§§°°°
Une semaine avait passé et Harry allait devenir fou. Il n'y avait aucune cure miraculeuse ou de chemin dangereux à suivre dans le but de se retrouver soi-même. Tei Pei ou Maître Yoda comme se plaisait à l'appeler Sirius, ressemblait juste à un moine tibétain ordinaire. C'était un petit homme chauve aux paisibles yeux brun clairs, arborant toujours une expression calme sur le visage. Il avait l'air de plutôt bien aimer Sirius, c'est pourquoi ils n'avaient pas rencontré trop de problèmes pour le localiser.
Harry s'était attendu à subir une série d'aventures pour trouver l'endroit mais rien d'extraordinaire n'était arrivé. Après que Sirius et Harry eurent transplané à côté de la frontière, Tei Pei était déjà là, il les attendait pour les guider jusqu'à son temple au sommet d'une magnifique montagne.
Et ce fut tout. Le vieux sorcier n'avait rien demandé à Harry, juste de se préparer. Harry ne savait pas exactement ce qu'il était sensé préparé pour lui-même. Sirius lui dit que bientôt Tei Pei le conduirait à travers un voyage de découverte de soi mais Harry n'arrivait pas à comprendre précisément comment il ferait ça quand tout ce que Tei Pei lui demandait de faire était de l'aider dans ces travaux domestiques matinaux quotidiens et de méditer tout l'après-midi.
Harry s'ennuyait à en devenir fou. Et pour rendre les choses pires, il n'arrêtait pas de penser à Draco. Durant ses heures de méditation, ses pensées s'envolaient sur ce que faisait Draco, où il se trouvait et avec qui. Si l'image de Bill apparaissait avec celle de Draco, alors l'entière session de méditation de Harry était perdue. Il détestait cette faiblesse. Il détestait sa jalousie. Mais il ne pouvait pas s'empêcher d'en ressentir.
Et le fait que Sirius avait pensé qu'il était mieux qu'il coupe tout contact avec le monde extérieur était une chose de plus qui allait le rendre dingue. Il voulait désespérément rester en contact avec Draco mais il n'avait pas le droit. Il était plutôt surpris de la force de ses sentiments. Il ne se croyait pas si amoureux. Ça lui avait pris du temps pour réaliser combien il avait besoin de Draco dans sa vie.
- Tout est magnifique ici, non ? constata Sirius quand il vit Harry observer le paysage en contrebas.
- Si, répondit Harry sans regarder son parrain.
- Mais tu ne pensais pas au paysage, n'est-ce pas ? demanda Sirius, connaissant déjà la réponse.
Harry soupira, fatigué.
- Mon esprit est ailleurs. Je ne peux pas m'en empêcher. Ça me rend fou, crois-moi.
- Et bien, mon garçon, tu ferais mieux de te focaliser sur ce que tu as à faire, sinon, nous n'allons pas quitter cet endroit de sitôt. Tei Pei est un homme plutôt patient. Il attendra éternellement si tu veux qu'il le fasse. Mais tu n'as pas l'éternité, Harry. Pas si tu veux rentrer pour être avec celui que tu aimes. Je sais que c'est difficile pour toi mais essaie aussi dur que tu peux de te concentrer afin de purifier ton esprit.
Harry leva les yeux vers Sirius avec une expression boudeuse.
- Et comment je suis sensé faire ça ? Est-ce que Tei Pei n'est pas le gars qui est supposé m'aider à éclaircir ma foutue tête ? Si je pouvais le faire seul, je ne serais pas là.
- Cet endroit est conçu pour notre paix intérieure, expliqua Sirius. Mais tu dois faire ta part, toi aussi.
- Ça a été difficile pour toi ? s'enquit Harry.
- Très.
Sirius s'assit à ses côtés et poussa un soupir.
- Tout était tellement chamboulé. Mais Tei Pei m'a vraiment aidé. J'ai même été capable de me marier avec Severus, alors je suppose nous pouvons accorder quelques crédits au vieil homme, hein ? plaisanta-t-il.
- Combien de temps ça t'a pris pour guérir ?
- Environ une année, quelque chose comme ça.
Les yeux de Harry s'écarquillèrent.
- Une année ! C'est beaucoup trop…
- C'est pourquoi je te dis de faire de ton mieux, Harry. Tu as le droit de penser à celui que tu aimes. En fait, tu le dois. Ça t'aidera mais seulement si tu utilises ces images comme une récompense positive. Pense que dès que tu auras fini ici, tu pourras retourner chez toi, retourner vers lui. Essaie de te concentrer sur toi pour l'instant, lui conseilla Sirius. Tu as besoin de discipline si tu veux guérir.
- Ce serait beaucoup plus facile si Maître Yoda était plus utile, fit Harry, frustré.
- Il t'aidera quand il sentira que tu es prêt. Mais entre-temps…
- Sois patient, hein ?
- Oui.
- Très bien.
Harry prit une profonde inspiration et ferma les yeux.
- Pars que je puisse me concentrer. Je quitterai cet endroit en un rien de temps. Et si Draco s'est remis avec Bill le temps que je revienne, je le tue.
Sirius sourit sincèrement à son filleul.
- Je suis sûr qu'il t'attendra.
« Il ferait mieux » pensa Harry, essayant de ne plus penser à Draco et Bill ensemble. Il devait plutôt penser à la chaleureuse façon dont Draco l'accueillerait quand il reviendrait du Tibet.
A suivre…
Merci d'avoir lu jusque-là. Alors, si ça vous a plu, laissez un petit mot et si ça ne vous a pas plu, dites-le aussi ! LOL
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Bisous.
Falyla
