Auteure: Blanche Malfoy

Titre: Love me, Love me not.

Traductrice: Falyla

Rating: R

Paring: Draco/Harry Draco/Bill

Warning: Cette histoire est un slash, ce qui implique des relations homosexuelles masculines. Si cette idée vous choque ou vous rebute, passez votre chemin, cette fic n'est pas pour vous.

Homophobes, s'abstenir !

Disclaimer: Rien n'est à nous, tout à JKR. L'histoire appartient à Blanche Malfoy, quant à moi, je revendique la traduction.

Chapitre 43/48. Le Manoir.

Quand Draco Malfoy arriva au Manoir, il ressentit une grande variété d'émotions. Étrangement, la plupart de ses souvenirs n'étaient pas aussi mauvais qu'il le pensait. Il y avait passé de bons moments. Tous ses caprices avaient été réalisés et satisfaits par sa mère et son père quand il était petit. Il sentit quelque chose peser sur son cœur tandis qu'il se rappelait comment Lucius lui avait appris à voler à un très jeune âge ; comment sa mère lui avait enseigné à devenir un parfait gentleman et comment garder la tête haute en toute situation. Narcissa lui avait aussi transmis le sens de la mode et du style. Elle l'avait beaucoup dorloté et lui avait présenté le meilleur du monde sorcier et du monde moldu.

C'était drôle de penser à ces choses maintenant. En fait, il avait cru qu'une fois qu'il aurait vu le Manoir Malfoy à nouveau, il serait submergé par d'horribles souvenirs, du genre qui le ferait fuir au loin. Mais c'était l'inverse qui se produisait. Il avait de bons souvenirs de cette magnifique et ancienne maison qui ressemblait à un château qui avait vu vivre des générations de Malfoy.

Et le plus saisissant de tout était qu'en fait, il avait de bons souvenirs de ses parents. Quand il n'était qu'un gamin qui ne connaissait rien du monde, cet endroit avait été son royaume privé, sa mère et son père des héros à ses yeux. Narcissa s'était toujours présentée comme la femme la plus élégante que Draco eut jamais vu et continuait à l'être à l'heure actuelle. Son père avait été un exemple de bonnes manières et de classe hors pair. Draco les avait adorés comme des dieux et il avait espéré grandir en étant exactement comme eux.

Mais ensuite, ses merveilleux souvenirs d'enfance furent renversés par la réalité.

C'était vrai que Draco avait été traité comme un prince jusqu'à l'âge de onze ans. Il avait régné en maître absolu dans sa maison , paradant comme un vrai membre de l'aristocratie sorcière qui a le monde dans ses mains et aucune limite dans le ciel, ne remettant jamais en question l'autorité de ses parents parce qu'ils semblaient savoir ce qui était le mieux pour lui.

Et cependant, tout avait changé quand Harry était entré dans sa vie. Après leur rencontre chez Madame Guipure, la vie de Draco avait pris un tournant. Après Harry, tout n'avait été que compétition entre eux et bagarres pour tout, faire souffrir le binoclard et lui faire éprouver comment c'était de venir d'une espèce inférieure. Lucius avait encouragé Draco de toutes ses forces à haïr Potter. Et parce que Potter le traitait avec un tel dédain, ce n'était pas très difficile pour Draco de trouver des raisons de l'abhorrer.

Ce n'était pas compliqué de garder sa haine pour Harry intacte pendant toutes ces années. Ce qui devint très dur pour Draco fut de nier sa vraie personnalité. Et ce n'était pas tout. Les exigences constantes de ses parents pour qu'il soit parfait le rendaient fou. Chaque fois que Draco rentrait au Manoir pour les vacances d'été, Lucus semblait de plus en plus déçu par lui, et trouvait toujours de nouvelles imperfections dans son caractère.

Sa mère avait été indulgente avec lui une plus longue période mais lorsqu'il fut prouvé que sa petite poupée avait sa volonté propre et n'obéissait plus à la sienne, elle devint aussi vicieuse dans ses commentaires et ses actions que Lucius. Ses parents avaient été si dégoûtés de lui qu'ils avaient même loué Johnson Smear pour attirer Draco dans une romance uniquement pour faire de sa vie un enfer. Lucius s'était attendu à ce que Draco revienne au Manoir en suppliant qu'on l'y accepte à nouveau. Il avait sous-estimé la force de Draco et la compassion de Severus.

Ce fut Severus qui vint à son secours alors qu'il était brisé et désespéré. Severus le confia aux bons soins de Molly et Arthur Weasley avant de disparaître du monde magique à la recherche de Black. Et pour ça, Draco lui serait éternellement reconnaissant. Draco ne cessait de s'étonner de la façon dont les Weasley l'avait accepté si librement et si chaleureusement, considérant l'horrible manière dont les Malfoy les avaient traités depuis des décennies, si ce n'était des siècles.

Draco avait trouvé sa route. Il avait fait la paix avec lui-même. Il serait damné s'il laissait ses parents détruire ce qu'il avait construit pendant ces années, ce qui était précisément pourquoi il était en face du Manoir en premier lieu. C'était la confrontation finale.

Il sentit qu'on lui touchait doucement le dos et il se retourna avec un faible sourire.

- Tu es prêt ? demanda Hermione.

Draco lâcha un sourire.

- Je te mentirais si je te disais que je le suis. Si je pouvais, je renverrai ce moment à jamais. Mais, dit-il en humectant ses lèvres sèches, je sais que je ne peux pas laisser ça s'éterniser. Je dois le faire.

- Tu n'as pas à faire ça seul, cependant, lui rappela gentiment Hermione. Je peux entrer avec toi.

Draco secoua la tête.

- Ça ne va pas être joli à l'intérieur, Hermione.

- Je n'ai jamais pensé que ça le serait, déclara-t-elle. C'est exactement pourquoi tu pourrais avoir besoin de soutien.

- Non, ceci est mon combat. Je dois y faire face, seul, dit-il, déterminé. Ceci dit, merci de ton offre.

- Bien, si tu as besoin de moi, je serai ici. Tu n'as qu'à lancer un sortilège d'avertissement par l'une des fenêtres.

- Je le ferai, dit-il et elle lui sourit d'un air rassurant.

Il prit une profonde inspiration et marcha jusqu'à la porte d'entrée du Manoir.

Il n'y avait aucun policier sorcier aux alentours, ce qui ne le surprit pas. Son père les avait probablement payé afin qu'ils gardent leurs distances et prétendent le surveiller de temps à autre. Il regarda la lourde porte de bois sculptée de serpents et des armoiries des Malfoy. Puis il déverrouilla les sortilèges de protections, un par un, reconnaissant que ses parents aient gardés les mêmes. S'ils les avaient changés, il aurait eu des difficultés à entrer.

Il se demanda si Narcissa et Lucius l'attendaient. Après tout, ils l'avaient déjà invité à les rejoindre deux jours auparavant.

Il avança prudemment dans le Manoir, faisant attention aux nouveaux sortilèges inamicaux. Il n'en trouva aucun. Le son de ses semelles frappant le marbre du sol se répercutait dans le long et silencieux corridor du hall d'entrée à chacun de ses pas. Il ne s'arrêta que lorsqu'il atteignit la pièce favorite de son père : son bureau.

Draco l'ouvrit lentement et il retint son souffle d'anticipation. Tenant sa baguette prête, il entra et le trouva vide. La seule chose qui prouvait que Lucius était déjà là, était sa pipe allumée sur le bureau de style victorien. Draco poussa un profond soupir de soulagement. Il n'avait pas remarqué qu'il retenait son souffle jusqu'à cet instant.

Son apaisement ne dura pas longtemps. Il sentit la présence de son père derrière lui et se tourna rapidement. Ses yeux rencontrèrent le regard fixe de Lucius et il essaya durement de ne pas détourner les siens. C'était important de montrer à son père qu'il ne plierait pas ou ne permettrait pas qu'on l'humilie.

Même si Lucius avait des cernes sous les yeux, son arrogance était peinte sur son visage. Ils se dévisagèrent un long moment. Draco déglutit et s'ordonna de rester calme et posé. Il était prêt pour Lucius. Il pouvait s'en occuper.

- Salut, fils. Que me vaut le plaisir de ta visite ? demanda finalement Lucius avec une feinte courtoisie. J'ai cru que tu ne viendrais pas, même si ta mère n'a cessé d'essayer de me convaincre du contraire. Elle ne perd pas espoir avec toi, cette idiote.

- Vous n'allez pas me demander comment je suis entré ?

Lucius se crispa sur l'extrémité de sa canne et marcha jusqu'au fauteuil près de l'âtre. Draco se tendit un instant mais se relaxa quand Lucius passa devant lui sans rien faire. Correctement assis, Lucius fit courir ses doigts à travers les cheveux blond argenté maintenant courts et releva le menton.

- Pourquoi te demanderais-je quelque chose d'aussi stupide ? Je sais comment tu es entré. Ta mère a gardé les anciens sortilèges de sécurité autour du Manoir dans l'espoir que tu reviennes un jour.

Draco haussa un sourcil en entendant ça et Lucius lui adressa un sourire narquois.

- C'est ta mère, Draco. Elle a foi en toi et ta loyauté envers ta famille.

Draco grogna à cette déclaration et Lucius ricana.

- Comme je disais, c'est une femme idiote. Mais tu n'as pas encore répondu à ma question. Pourquoi es-tu ici ?

- Je pensais que vous aviez fait vos bagages, fit Draco. Je croyais que vous seriez parti depuis longtemps.

- Et tu es venu ici dans l'espoir de m'en empêcher ? De m'arrêter, peut-être ?

Draco ne tressaillit pas en répondant.

- C'est une possibilité.

Lucius eut un petit rire rauque.

- Tu n'oserais pas mettre ton propre père aux arrêts.

- Je pourrais.

Lucius le fixa pensivement.

- Peut-être que tu es aussi stupide que ta mère. J'avoue que j'espérais aussi que tu reviendrais un jour la queue entre les jambes. Mais en regardant dans tes yeux maintenant… Tu as changé. Tu es plus fort. Cette terrible expérience avec Smear ne t'a même pas fait frémir. Tu es même un Auror. Une honte pour nos ancêtres. Mais bizarrement, je suis fier de toi. Tu t'es arrangé pour survivre sans nous. Félicitations !

Draco eut un rire moqueur.

- Je suis sûr que vous l'êtes. Et ensuite, vous m'inviterez pour le thé et nous passerons du bon temps ensemble comme un père et son fils. Vous me questionnerez sur mon travail et je m'enquérrai de votre séjour en prison. Je vous pardonnerai d'être un salaud fini. Vous me pardonnerez d'être un pédé et d'avoir ruiner vos plans d'élever un morveux Malfoy afin de conserver notre lignage. Nous pleurerons tous les deux, nous nous étreindrons et nous réaliserons que nous avons passé un temps précieux séparés l'un de l'autre.

Lucius eut un sourire affecté.

- Je n'irai pas si loin. Le thé est une bonne idée cependant.

Lucius prit sa baguette de ses robes, provoquant une certaine tension chez Draco et il agrippa sa propre baguette. Mais tout ce que Lucius fit fut de tapoter sa baguette sur la table pour matérialiser un service à thé en porcelaine de Chine devant lui.

- Voudrais-tu prendre un siège, s'il te plait ? Je promets que je ne ferai aucun geste brusque, pas plus que je ne te sauterai à la gorge. Ce n'est pas mon style de toute façon.

- Non, votre style, c'est de vous glisser par derrière et de poignarder dans le dos, fit remarquer Draco en prenant la tasse dans ses mains pour la humer avec méfiance.

- Pas de poison, je te l'assure. Est-ce que j'empoisonnerai mon propre fils ?

- Vous avez payé les services de quelqu'un pour me violer à répétition, lui rappela Draco avec un ricanement amer.

Il était stupéfait de la façon dont il arrivait se contenir.

- Ne devrai-je pas être inquiet ?

- Oh, mais c'était pour t'apprendre une leçon, dit Lucius en avalant une gorgée de thé. C'est ce que n'importe quel père aurait fait. Par exemple, qu'est-ce qu'un père fait s'il attrape son fils en train de fumer ? Il fait fumer le paquet entier au petit morveux, ainsi il ne répétera pas la même erreur une nouvelle fois. J'ai utilisé le même principe avec toi. Est-ce que j'ai eu tort ? Peut-être. Mais j'ai seulement pensé à ce qui serait le mieux pour toi.

Draco trembla légèrement. Lucius était méprisable de croire que ce qu'il lui avait fait subir était tout simplement une façon normale de corriger son caractère.

- Ça n'a pas marché, de toute façon. Je suppose que je t'ai sous-estimé, toi et ton affreux goût pour les hommes. Oh, au fait, j'ai vu une adorable photo de toi et de Harry Potter. Quelle honte que je n'ai pas été informé de ce béguin jadis… Nous aurions pu en tirer avantage. J'aurai pu utilisé ça comme moyen pour échapper à la prison.

Draco eut un rire creux.

- Vous plaisantez.

- Non, pas du tout, souligna Lucius. J'aurai dit à tout le monde que j'avais à cœur les intérêts de Harry en travaillant pour Voldemort, parce que mon fils avait une liaison avec lui. Et bien sûr, en tant que père très concerné, je me serais réjoui de leur romance et je n'aurai fait ce que Voldemort me demandait que parce que je pensais les protéger.

Draco grogna.

- Ça n'a aucun sens ! C'est juste comme si vous étiez d'accord avec ça aussi longtemps que vous aviez quelque chose à y gagner. Vous me méprisez d'être gay.

- C'est juste, admit Lucius en haussant les épaules. Mais un père ne peut-il pas changer d'avis, spécialement quand ça vient sauver ses propres fesses ?

Draco secoua la tête, incrédule.

- Tu ne veux pas t'asseoir, Draco ? Tu me rends nerveux. Et bois ce thé. Il n'est pas empoisonné.

Draco posa la tasse qu'il n'avait pas touchée au centre de la table sans ajouter un mot, et il s'assit dans le fauteuil opposé à celui de Lucius, sa baguette posée sur ses genoux.

- Et où est-ce que vous allez ? Paris ? Vienne ? Afrique du Sud ? demanda Draco, désinvolte.

Lucius plaça sa tasse de thé à côté de celle de Draco, claqua brusquement ses doigts et attendit que sa pipe s'installe dans sa main droite avant de la fumer avec un soupir de plaisir.

- Je ne vais nulle part, l'informa calmement Lucius. Je n'ai aucune raison de le faire. Dans deux mois, ma peine sera effacée et je serai à nouveau un homme libre.

Draco fonça les sourcils.

- Comment pouvez-vous en être certain ?

- Oh, Draco, mon pauvre fils innocent.

La pipe resta entre ses lèvres un instant. Puis l'aîné des Malfoy l'ôta de sa bouche et regarda sans rien fixer de particulier.

- Ça a pris un bon moment mais les beaux jours sont presque de retour à nouveau. La corruption est finalement en vogue cette automne. C'est stupéfiant de voir ce que des pots-de-vin peuvent faire aux gens. Je te jure que je n'ai menacé personne cette fois, je n'ai eu qu'à agiter de l'argent et quelques titres de propriété devant leurs visages. C'est tout ce qu'il a fallu pour acheter ma liberté. Je suppose que je suis un peu triste de perdre cette magnifique Villa en Toscane mais… bon… tout a un prix. En outre, je peux toujours les récupérer plus tard.

- Alors vous aviez déjà acheté votre liberté. Ce que le Wizengamot a fait n'était que pour la galerie… dit Draco, triste que ses prédictions s'avèrent exactes.

Lucius acquiesça lentement, un grand sourire imprimé sur sa figure.

- Tu pensais autrement ? Tu es habituellement plus intelligent, Draco. En fait, tu croyais que j'allais quitter le pays comme un criminel ordinaire ? Je t'en prie ! Pas moi ! Je reste ici ! Et dès que possible, je reprends mes affaires. Et prends-en bien note : j'influencerai le Ministère exactement comme je le faisais avant.

Draco se mordit la lèvre inférieure et réalisa qu'il s'était trompé sur beaucoup de choses concernant son père, ce qui ne signifiait pas que Lucius était moins dangereux. Au contraire. Draco devait se montrer très prudent.

- Vous pourriez me mentir, songea Draco. Vous pourriez partir pour une destination inconnue dès que j'ai le dos tourné.

- Je ne le ferai pas, je peux te l'assurer. Bien sûr, je sais qu'il difficile de croire un vieil homme. Mais je suis honnête, je le jure !

Lucius fit une pause, sourit à Draco puis ajouta :

- Aussi honnête que je peux l'être.

- Est-ce que vous n'avez pas tout perdu au profit du Ministère ? Ce n'est pas pour ça que Mère m'a poursuivi pour me demander de revenir et que vos actifs me reviennent, dit Draco.

Lucius secoua la tête.

- Ta mère a passé outre mes instructions. Je ne l'avais pas autorisée à te faire une telle offre. Tu es renié. Pourtant, je lui avais dit que je changerais d'avis si tu demandais pardon et revenais en rampant, ce que je sais que tu ne feras pas… A moins que… je ne menace la vie de ton doux amant.

Il y avait quelque chose de mauvais dans le ton de Lucius qui envoya des frissons dans la colonne vertébrale de Draco.

- C'est un point intéressant, fit Draco, essayant d'ignorer la voix dans sa tête qui ne cessait de le pousser à jeter un sort sur Lucius. Vous êtes en train de me menacer, moi. J'ai reçu des messages intimidants depuis que la photo de Ste-Mangouste a été publiée. Et il y a deux jours, mon appartement a été détruit et j'ai presque été tué par une de vos chères connaissances : Johnson Smear. Vous avez de nouveau loué les services de Johnson ? demanda Draco.

Il fut surpris de voir un sincère étonnement sur le visage de Lucius.

- Oh, allons. Vous ne le saviez pas ?

- Il n'y avait rien dans la Gazette du Sorcier, fit remarquer Lucius.

- Oh, c'est vrai. Mon patron ne veut pas que la nouvelle paraisse dans les journaux. Il pense que je suis le seul coupable, Merlin sait pourquoi, alors, il croit que ça fera tache pour le Département si la nouvelle était publiée, sourit amèrement Draco.

- Je ne sais vraiment rien de ce récent événement. Et je jure que je n'ai rien à voir avec ça. Je ne payerais personne pour te tuer, Draco. Je le ferai moi-même si nécessaire, dit froidement Lucius et Draco le crut. Est-ce que Smear t'a dit qu'il agissait sur mes ordres ?

- Non.

Drcao sentit ses paumes devenir moites. Sa maîtrise commençait à s'écrouler.

- Il a dit que c'était Bellatrix Lestrange.

- Ta tante Bella ? demanda-t-il, les sourcils relevés.

S'il n'avait pas vu une veine pulser frénétiquement sur le front de Lucius, Draco n'aurait jamais su qu'il était furieux. Draco acquiesça.

- Oui.

Lucius délaissa sa pipe qui reposait sur le centre de table, prit sa baguette et la pointa vers l'âtre. Un rayon de lumière blanche le frappa et créa des flammes blanches. Lucius hurla pour appeler Trinity et l'elfe de maison apparut en retenant son souffle. La petite créature se pencha jusqu'à ce que son nez pointu touchât presque le tapis persan sur le sol.

- Appelle Narcissa, j'ai besoin de la voir immédiatement dans mon bureau, ordonna Lucius.

L'elfe de maison se précipita à nouveau à l'intérieur des flammes et disparut. Lucius dévisagea Draco mais ne dit rien.

- Alors, vous ne savez vraiment rien à propos de Smear et Bellatrix, fit Draco à voix basse.

- Non, je n'en savais rien. En fait, je suis très en colère d'entendre ça. Tu vois, je m'attendais à ce que tu reviennes pour certaines raisons, même si je savais que tu ne reviendrais pas pour les mêmes raisons qu'imaginait ta mère. Je savais que tu me confronterais et me poserais des questions pour savoir comment je m'étais arrangé pour convaincre le Wizengamot d'alléger ma sentence. Mais je ne savais pas que tu viendrais parce que quelqu'un t'avait attaqué et que tu pensais que c'était moi.

- Mais vous avez vu la photographie dans la Gazette du Sorcier. Je croyais…

Lucius l'interrompit.

- Je ne nierai pas que j'ai été choqué en la voyant. Cependant, l'article entier était plutôt amusant, sourit Lucius d'un air narquois. Et la façon dont le journaliste suggérait que Potter pourrait être le prochain Seigneur des Ténèbres… Ingénieux. Mais pas du tout vrai. En fait, j'ai cru que la photo était un montage ce qui prouve que même un vieil homme peut se montrer naïf quelque fois !

- Alors, vous n'êtes pas fâché contre moi ?

Draco était très confus.

- Vous ne pensiez à vous venger parce que j'ai brisé la malédiction que Voldemort avait placé sur Harry avant de mourir ?

- Pourquoi est-ce que je voudrais me venger ? Je suis plus que reconnaissant que Voldemort soit mort, Draco. Pour être honnête, je préférais vivre dans un monde sans lui. Il était vraiment trop cinglé. Tôt ou tard, il nous aurait tués, ta mère et moi. J'ai protégé tes fesses de nombreuses fois, faisant croire que tu avais déserté notre armée, et non rejoint l'Ordre. Lui, il savait que je mentais. Si Potter ne l'avait pas tué, nous serions tous morts, à l'heure qu'il est.

- Mais je pensais…

- Et bien, tu pensais mal. Je n'aurais poursuivi Potter que s'il s'était mis en travers de mon chemin. Ce qu'il n'a pas fait. Pourquoi me serais-je soucié de lui ?

Draco était trop abasourdi pour dire quoi que se soit d'autre.

- Il n'y a pas beaucoup de Mangemorts qui en ont réchappé, continua Lucius. Et ceux qui sont en liberté ne vont pas risquer de te pourchasser. Tu es un Auror. Ils le savent très bien. Mais nous avons ta cinglée de tante Bella…

Ils furent interrompus par l'arrivée de Narcissa, vêtue d'une magnifique robe blanche et rose clair, constellée de petits diamants et de cristaux taillés en forme d'étoiles. Les longs et soyeux cheveux blond clair cascadait dans son dos, lui donnant un air éthéré. Ses yeux clignotèrent lorsqu'elle vit Draco aux côtés de Lucius, puis ses lèvres s'ourlèrent en sourire affecté.

- Alors, tu as enfin recouvré la raison, dit-elle, plus que satisfaite d'elle-même. Je savais que tu le ferais.

- Il est venu m'empêcher de quitter le pays, très chère, déclara Lucius. Et quand je lui ai dit que ce n'était pas dans mes projets, il m'a accusé de lui avoir envoyer Smear pour le tuer. Qu'en penses-tu, chérie ?

- Des conneries, répondit-elle promptement. Pourquoi est-ce que nous voudrions tuer notre propre fils ?

Draco fit une grimace. Cette entière conversation devenait de plus en plus surréaliste. Il sentait un nœud dans son estomac. C'était très déroutant de se retrouver dans la même pièce avec ses deux parents.

- C'est juste, admit Lucius en la fixant intensément. Puis il m'a donné d'autres nouvelles plus intéressantes. A savoir que le responsable pour Smear est ta chère sœur Bellatrix.

Pendant un instant, Narcissa devint plus pâle qu'à l'accoutumée. Ses mains délicates tremblèrent légèrement ainsi que son menton.

- C'est plutôt intéressant. Je n'ai pas entendu parler de Bella depuis un long moment. Je me demande où elle est.

Lucius fronça les sourcils. Il se leva et vint se placer devant elle, ses yeux étincelant dangereusement.

- Est-ce que tu oserais me mentir ? Tu sais où elle est, Narcissa. Je sais que tu l'as aidée.

Il parlait très près de son visage. Narcissa resta tranquille mais Draco pouvait voir qu'elle était nerveuse. Lucius était le seul qu'elle craignait.

- Je ne sais pas… tenta-t-elle de dire mais il lui attrapa les bras et les serra jusqu'à ce qu'elle gémisse de douleur.

Draco se leva instinctivement. Il ne savait pas s'il devait intervenir ou laisser son père poursuivre sa démonstration. Bien qu'il la détestât, elle restait encore sa mère. Mais ne méritait-elle pas de souffrir si elle avait quelque chose à voir avec la dernière attaque de Smear ? Ne méritait-elle pas de souffrir pour tout ce qu'elle lui avait fait dans le passé ? Draco tressaillit. Il ne savait pas quoi faire.

- Avoue, Narcissa ! Est-ce que tu sais où elle est ?

Elle grimaça.

- Oui.

- Est-ce que tu as comploté avec elle contre Draco ?

Lucius serra ses bras plus fort et elle cria.

- O-Oui ! admit-elle sur un ton brusque.

Lucius la relâcha comme il était dégoûté d'elle et elle tomba sur le sol, tête baissée, les mains sur le visage.

- Voilà, Draco, siffla Lucius avec mépris. Le vrai esprit criminel qui se cachait derrière ton attaque. Une femme qui croit pouvoir agir par elle-même et qui compte sur sa dingue de sœur au lieu de son mari. Je t'ai dit quoi avant d'aller en prison, Narcissa ? QUOI ?

- Que je devais m'occuper des affaires de la maison et rien d'autre, chuchota-t-elle, humiliée.

Son arrogance s'était totalement envolée maintenant. Draco eut pitié d'elle mais profondément en lui, il pensait qu'elle le méritait bien. Il se détesta de penser ça.

- Exactement ! Et quelle partie de cette consigne tu n'as pas comprise ? demanda Lucius, furieux.

- Mais tu n'étais pas là ! Il y avait des problèmes urgents dont il fallait s'occuper ! s'exclama-t-elle en levant les yeux.

- Oh, et ton brillant esprit a cru que c'était intelligent d'aller vers ton fils et de lui demander de revenir à la maison, ainsi nous aurions pu lui transmettre nos actifs afin de duper le Ministère. A notre traître de fils ! Un fils qui nous a tourné le dos, qui a rejoint l'Ordre du Phénix et qui est maintenant Auror ! Un fils qui nous hait et qui se réjouirait de savoir que nous sommes assez désespérés pour tenter d'user d'une combine aussi puérile !

Lucius fulminait.

- Et comme si ce n'était pas assez, tu envoies ta sœur après lui, tout en sachant parfaitement qu'elle le tuerait pour ce qu'il a fait à Ste-Mangouste.

- Elle ne l'aurait pas fait! Smear n'était pas sensé tuer Draco. Il devait l'enlever et nous l'amener! s'écria-t-elle. Draco mérite de souffrir pour ce qu'il nous a fait! Toute cette honte qu'il a amenée sur notre famille! D'abord en couchant avec des hommes puis en nous vendant à l'Ordre! Ou est-ce tu as oublié que tu as été arrêté grâce à lui? Tu l'as dit toi-même! C'est un traître! Et maintenant, il est avec Harry Potter! C'est lui qui a brisé la malédiction que notre Seigneur avait placé sur Potter! Il méritait une leçon! Je pensais qu'après une période d'emprisonnement dans nos donjons, il réaliserait enfin où est sa place! C'est moi lui ai donné naissance! J'ai été grosse et laide pendant neuf mois! Tu as couché avec d'autres femmes à cause de ça! Il est ma récompense d'avoir dû supporter cet enfer! Il est à moi! hurla-t-elle, hors d'elle. A MOI!

Draco se sentait nauséeux. Il se couvrit la bouche avec sa main comme si ça allait l'empêcher de vomir.

- Femme stupide!

Lucius la gifla.

- Je suis le Maître de cette maison! Je suis celui qui mène la barque, Narcissa! Draco est mon jouet! Il est à moi! C'était moi qui devais lui enseigner une leçon! Pas ta sœur psychopathe ! Pas toi!

Draco serra ses poings et se mordit durement la lèvre inférieure. Sa famille était vraiment tordue. Lucius n'était pas furieux contre elle parce qu'elle avait osé attaquer son fils mais parce qu'il voulait le privilège de le faire lui-même. Ainsi finalement, il ne s'était pas trompé sur Lucius. Il avait des raisons de le craindre. Draco était dégoûté par tout ça. Pour ses parents, il n'était qu'un jouet dont il pouvait disposer à leurs convenances.

- Et maintenant? Est-ce vous qui allez me donner une leçon, père? demanda Draco d'un air farouche.

Lucius se tourna vers lui avec un froncement de sourcil.

- Non, Draco. Ta mère est en tête de ma liste.

Il lui adressa un sourire mauvais.

- Elle va m'aider à traquer Bellatrix, puis Smear. Je m'occuperai d'eux.

- Je n'ai pas besoin que vous vous en occupiez pour moi! protesta Draco.

Lucius haussa les épaules.

- Alors, je le ferai pour mon propre plaisir.

Il se tourna une nouvelle fois vers Narcissa et vit la haine dans ses yeux.

- Ne me regarde pas comme ça. Tu savais que je te punirais lorsque je découvrirais ce que tu avais fait en mon absence. Respecte la place qui est la tienne, Narcissa ou paies-en le prix. Est-ce que tu es ma femme ou l'alliée de ta sœur? Choisis avec soin, très chère.

Narcissa se releva lentement du sol puis passa ses doigts dans ses cheveux. Draco trouva stupéfiant qu'elle se recompose si rapidement. Ses yeux bleus étaient aussi froids que de la glace quand elle répondit sans émotion.

- Je suis ta femme.

- Très bien, sourit Lucius, satisfait. Tu vois, Draco? C'est ainsi que l'on résout les conflits familiaux.

Draco respirait avec difficulté. Il ne pensait pas supporter la situation plus longtemps. Il avait besoin de sortir d'ici dès que possible ou alors il allait devenir fou. Il tremblait de tous ses membres.

- Tu veux du thé, ma chérie? demanda Lucius à Narcissa.

Elle acquiesça avec docilité et s'assit bien droite dans le fauteuil que Draco avait occupé quelques minutes auparavant.

- Jésus! Vous êtes complètement cinglés tous les deux! marmonna Draco, éberlué par la manière dont ils agissaient comme si de rien n'était. Alors quoi, maintenant, cher père? Est-ce que vous allez m'enfermer ici et me faire payer pour mes péchés? questionna Draco avec un rire moqueur.

- Pas pour le moment, non.

Lucius s'assit à nouveau dans son fauteuil et soupira.

- Je suis très déçu de toi. Et je ne peux pas dire que je suis enchanté de tout ce que tu as fait… Mais tu es toujours mon héritier.

- Je suis renié! Vous l'avez dit vous-même! s'exclama Draco, perdant patience. Pourquoi vous n'oubliez pas tout simplement que j'existe, tous les deux? Mais bordel, pourquoi vous ne pouvez pas me laisser tranquille?

- Mais où serait l'amusement dans tout ça? se moqua Lucius, tout comme Narcissa. Tu es notre précieux petit garçon, Draco. Tu es notre seul enfant. J'ai besoin de toi vivant. Pour l'instant, en tout cas.

Lucius remplit sa tasse de thé d'une tape de sa baguette.

- Tu peux y aller maintenant. Je suis content que tu aies fait un saut ici, fils. Nous devrions refaire ça une autre fois.

Draco fixa son père avec incrédulité mais sachant bien que lorsque ça venait de ses parents, il devait s'attendre à l'inattendu. Il secoua la tête, épuisé, leur tourna le dos et marcha jusqu'à la sortie de la maison. Il était trop étonné et choqué pour essayer de comprendre ce qui venait de se passer et il ne lui restait plus qu'à se demander ce qui allait arriver maintenant.

A suivre…

Merci d'avoir lu jusque-là. Alors, si ça vous a plu, laissez un petit mot et si ça ne vous a pas plu, dites-le aussi ! LOL

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Bisous.

Falyla