Auteure: Blanche Malfoy
Titre: Love me, Love me not.
Traductrice: Falyla
Rating: R
Paring: Draco/Harry Draco/Bill
Warning: Cette histoire est un slash, ce qui implique des relations homosexuelles masculines. Si cette idée vous choque ou vous rebute, passez votre chemin, cette fic n'est pas pour vous.
Homophobes, s'abstenir !
Disclaimer: Rien n'est à nous, tout à JKR. L'histoire appartient à Blanche Malfoy, quant à moi, je revendique la traduction.
Chapitre 44/48. L'enfer.
Après avoir passé quelques jours à l'hôtel, Draco rassembla ses vêtements et les affaires personnelles qu'il avait trouvé intacts dans son appartement et décida de s'installer dans la maison de Harry à Grimmauld Place. Madame Black le reçut avec un hurlement de bienvenue qui brisa presque toutes les fenêtres du premier étage. Puis elle essaya de prétendre qu'elle était très mécontente que la maison soit habitée une nouvelle fois alors qu'en fait, elle était ravie d'avoir quelqu'un avec qui elle pouvait échanger des cris et se plaindre de tout.
Draco l'ignorait la plupart du temps mais il était soumis à une telle pression qu'il se retrouva une nuit sous le portrait, ivre mort, à cracher sa hargne sur le combat de fous qu'il menait contre ses parents, riant de toute cette affaire puis pleurant de tout son soûl parce qu'il se sentait seul et que Harry lui manquait. Madame Black avait volé une bouteille de vin dans un autre portrait et pleurait autant que lui. Elle partagea même quelques secrets de famille avec lui. Et bien qu'elle essayât de nier qu'elle pleurait parce que Harry lui manquait aussi, elle n'avait pas l'air très convaincant.
La présence de Madame Black le rassurait étrangement. Ses constantes criailleries et discours idiots l'aidaient à oublier ses problèmes actuels au travail, et dans une certaine mesure, ceux avec ses parents. Au moins, Hermione avait réussi à faire abandonner toutes les charges que Jonah avait contre lui, alléguant que son argumentation était faible et ne reposait sur rien. Le seul qui pouvait prouver quelque chose contre Draco était Smear et l'homme s'était tout simplement évaporé de Londres. Draco pariait qu'il s'était envolé avec Bellatrix pour un endroit inconnu. Ils y avaient été contraints, spécialement maintenant que Lucius était à leurs trousses. Ce n'était pas que Bellatrix craignait Lucius mais son père n'était un adversaire à prendre à la légère. Une fois rendu furieux, Lucius pouvait se montrer très effrayant et, en ce moment, sa fureur les sauvait de Bellatrix et de son ex-petit ami.
En ce qui concernait Lucius en lui-même, il n'avait envoyé qu'une lettre à Draco à propos de menus problèmes au Manoir. Ça ne semblait pas si bizarre à Draco. Son père, il s'en n'était rendu compte lors de leur dernière rencontre, était un être singulier. Sa folie était quelque chose qui inquiétait Draco. Les agissements de Lucius étaient imprévisibles. Mais il était déterminé à ne pas laisser la démence de ses parents ruiner sa vie à jamais. Il avait besoin de se libérer d'eux une fois pour toutes. Bien que ce fût une tâche difficile, elle n'était pas impossible.
Au moins, il avait cessé de recevoir des lettres de menaces qui condamnaient sa relation coupable avec Harry, ce qui lui procurait quelque soulagement. La Gazette du Sorcier avait aussi changé de cible et se focalisait sur un scoop brûlant : la corruption au sein du Ministère. Bien que le public en général et le journal en particulier, étaient ouvertement contre l'allégement de la sentence de Lucius, le Tribunal de Grande Instance des sorciers ne semblait pas prêter attention aux critiques qui fusaient de toutes parts.
Draco savait bien combien il était difficile d'accuser le Wizengamot de corruption mais il espérait que justice se ferait un jour et que Lucius serait remis en prison, là où il avait sa place. Il espérait aussi que Bellatrix serait attrapée et arrêtée. Hermione et lui y travaillaient avec acharnement, presque aussi durement que Lucius.
Une autre semaine passa sans aucune nouvelle de Harry, de Bellatrix ou de son père. Draco priait chaque nuit pour le retour prompt et sauf de Harry. Il ne s'inquiétait plus que leur amour s'affaiblisse. Le dernier – et unique – téléphone de Harry avait apaisé son cœur. Mais il ne pouvait s'empêcher d'être anxieux parfois. Son cœur ressentait douloureusement l'absence de Harry.
Pour passer le temps et tromper sa solitude, Draco était sorti deux fois avec Bill – juste pour un café – et il n'avait rien ressenti d'autre qu'une tendre amitié pour son ex. Bill et lui continuaient à être très proches l'un de l'autre, plus encore maintenant qu'ils s'étaient rangés avec leurs vraies âmes sœurs. Mais c'était tout.
Lors de sa troisième semaine dans la résidence de Harry, Draco fut surpris par la soudaine visite de Severus. Comme d'habitude, l'ex-Maître de Potions était de très mauvaise humeur.
- Je vais rester avec toi jusqu'à ce que Sirius et le morveux soient de retour, ce qui pourrait être encore long… alors, tu ferais bien de t'habituer à ma présence dans les parages, l'informa Severus, en conduisant ses bagages flottant derrière lui.
Il monta l'escalier et s'installa confortablement dans l'une des nombreuses chambres d'invités. Draco le suivit simplement en fronçant des sourcils.
- Pourquoi ? Est-ce qu'il est entré en contact avec toi une nouvelle fois ? S'il l'a fait, c'était quand ? Harry n'a pas appelé depuis –
- Depuis que tu t'es fait attaquer par ton ex, je suppose, compléta Severus pour lui.
Draco pâlit.
- Rassure-toi, Draco. Potter ne sait pas vraiment ce qui s'est passé. Pas plus que Sirius. Sirius m'a appelé un peu après Harry pour m'informer qu'il avait fait un rêve étrange à propos de mon filleul attaqué dans son appartement. Mais tout semblait en ordre puisque tu as dis à Harry que rien de sérieux ne t'était arrivé, juste une bagarre de pub. Après avoir lutté avec moi-même, je suis venu à Londres il y a une semaine pour enquêter sur la vérité. Et j'ai découvert que non seulement ton ex avait essayé de te tuer mais que tu t'étais aussi payé une visite chez ton cinglé de père.
Draco le dévisagea, bouche bée.
- Comment tu as découvert tout ça ?
Severus sourit d'un air narquois.
- J'ai mes sources.
- Mais personne ne sait à propos de mon père, à part Hermione, et je doute qu'elle t'ait dit quoi que ce soit.
- Ce n'était pas Granger, dit Severus.
- Alors, qui t'a raconté ma visite au Manoir ? insista Draco.
Severus croisa les bras et soupira.
- Ton propre père.
- Mon père ? répéta Draco, ébahi. Tu lui as parlé quand ?
- J'avais entendu dire qu'il était en détention à domicile, alors je suis passé lui dire bonjour.
- Pourquoi ? demanda Draco, choqué. Pourquoi tu es allé là-bas ?
- Pourquoi, espèce d'idiot ? Parce que j'étais inquiet pour toi ! s'exclama Severus, courroucé. Je devais découvrir s'il était responsable de ton attaque. Et étonnamment, il ne l'était pas. Il a dit que c'était ta tante Bellatrix qui avait fait publié la photo de Ste-Mangouste en signe de représailles. Même lui n'a rien vu venir. Pourquoi n'as-tu pas demandé mon aide, Draco ? Pourquoi est-ce que tu crois que tu dois traverser ça tout seul ?
Draco roula des yeux et essaya de cacher le fait qu'il était touché par l'inquiétude de Severus.
- J'ai traversé la même chose avec Hermione, alors ne me fais pas répéter. C'est mon problème. Mon gâchis. Mes parents sont mon fardeau. J'ai besoin d'apprendre comment m'en occuper moi-même. Je ne suis plus un enfant.
- Pourtant, tu aurais dû te confier à moi…
- Non ! l'interrompit Draco. Tu sais ça mieux que quiconque ! Tu connais ce sentiment ! Bien que tu souhaites compter sur les gens et les laisser soulager ta douleur, tu sais que ce n'est pas bon pour eux. Ou pour toi-même ! En outre, tu ne veux pas passer pour un lâche. Tu veux te prouver à toi-même que tu peux t'occuper de ta propre foutue vie. Ce n'est pas ce que tu m'as appris à l'époque ? Que je devais être capable de me prendre en charge ? C'est ce que je suis en train d'essayer de faire. De plus, je n'ai pas eu le courage de le dire à Harry. J'admets que c'était une question de fierté au début. Bon, c'est toujours une question de fierté. Mais… il a dit que je faisais des progrès. Si je lui avais dit pour Johnson, il serait revenu pour moi. Je sais qu'il l'aurait fait. Je ne voulais pas ruiner ses chances de se guérir, alors j'ai menti.
Draco soupira lourdement puis il s'assit dans le fauteuil près du lit où Severus avait pris place.
- Et aussi, je n'aime pas me sentir comme une damoiselle en détresse. Je peux prendre soin de moi. Si je continue à dépendre de Harry pour tout… qu'est-ce qui va me rester ? Je ne veux pas dépendre autant de lui. Ce n'est pas sain. Je veux simplement l'aimer. Je veux que nous soyons ensemble sur un pied d'égalité.
- Alors, tu te sens toujours inférieur à lui, constata Severus, d'une voix aiguisée, frappant sa cible en plein cœur.
Draco lui jeta un regard furieux.
- Peut-être. Et alors ? Je suis en train de changer ça. Je suis en train de…
- C'est vraiment idiot, Draco, mais je comprends, dit doucement Severus, prenant Draco par surprise. Toi, par contre, tu dois comprendre cependant que si tu continues à penser de cette façon, cela affectera ta relation avec Harry de manière très négative. Tu es encore en compétition avec lui. Et si tu ne réalises pas qu'il est grand temps de changer ton stupide comportement juvénile, ta vie amoureuse sera un enfer. En amour, il n'est pas question de compétition, Draco. C'est une question de confiance, il faut partager ses craintes avec celui qu'on aime. Il ne faut pas avoir peur de permettre à la personne qui se tient à tes côtés de te relever quand tu tombes.
- Tu parles comme si tu étais la personnification de l'amour véritable, fit remarquer Draco avec un ricanement. Quiconque entendrait ces mots pourrait croire que tu les penses vraiment, Severus ! Est-ce que tu sais même de quoi tu parles ? Ta relation avec Black est basée sur la méfiance !
- Exactement ! Tu comprends mon point de vue ? Tu veux répéter mes erreurs ? Tu veux vivre avec Harry la même vie que je vis avec Sirius ? Tu es encore jeune. Il est encore temps d'ouvrir les yeux et de tirer une leçon de tes erreurs ! s'écria Severus avec impatience.
Cette attitude lui ressemblait si peu qu'il commençait à se sentir agité.
- En outre, Sirius et moi avons bien plus de raisons de nous haïr que toi et Harry.
- D'accord ! J'ai pigé ! Mais ça ne change pas le fait que je pense que j'ai eu raison de taire à Harry ce qui était arrivé !
- C'est ta vie, Draco. Fais comme il te plait avec elle. Mais rappelle-toi simplement une chose. Si ta fierté ou tes peurs surpassent ton amour, tu le perdras. Apprends à le laisser prendre soin de toi. Tu n'as pas besoin de jouer à la damoiselle en détresse, dit Severus avec une grimace, mais c'est bon de lui permettre de te soutenir de temps à autre et de tenir tes craintes à distance. Il aura aussi ce genre de moments. Tu n'aimerais pas être là pour lui quand il en aura besoin ?
Draco déglutit et détourna les yeux. Il se rappelait comme ça avait été bon de tenir Harry dans les bras après sa crise dans la maison de Severus et il comprit ce que Severus lui expliquait.
- Oui, répondit-il d'une voix faible. Je veux être là pour lui quand il en aura besoin. Et je ne veux pas qu'il croie que ça le rend inférieur à moi. Je veux qu'il me fasse entièrement confiance.
- Tu vois ce que je veux dire ? Si tu veux ces choses, tu devras te laisser t'ouvrir à lui aussi.
Draco lui adressa un demi-sourire.
- Tu es plein de surprises, tu sais ? Pourquoi tu n'appliques pas toutes ces choses que tu m'as dites à ta propre vie amoureuse ?
Severus grimaça.
- Parce que, comme je l'ai dit, je suis bien trop vieux pour changer mes habitudes. Et aussi parce que c'est Sirius. Nous avons toutes les particularités forgées au fil des ans par le mépris et la haine… Nous sommes tous les deux cyniques et maussades. Tout ce que nous pouvons faire, c'est d'essayer de ne pas nous porter sur les nerfs mutuellement… pas trop du moins. Nous sommes un de ces cas sans espoir. Nous ne pouvons pas vivre l'un sans l'autre, pas plus que nous ne pouvons vivre ensemble. C'est foutument stressant… En fait, je suis content qu'il soit parti avec le morveux et me laisse un peu d'espace pour souffler.
- Tu dis ça seulement pour tromper ton cœur. Je fais tout le temps la même chose. En réalité, il te manque profondément, non ? demanda Draco.
- Vraiment ? grogna Severus. Pourquoi est-ce que cet imbécile de chien en chaleur me manquerait ?
Draco gloussa.
- Oh, il te manque tant que ça.
Severus haussa les épaules.
- C'est le sexe qui me manque.
- Je parie que vos disputes te manquent aussi, se moqua Draco.
Severus essayer de réprimer son sourire mais il n'y parvint pas.
- Peut-être, Draco. Peut-être.
- Est-ce qu'il est resté en contact avec toi après ce jour-là ? s'equit Draco, un peu anxieux.
- Non. Et je ne m'y attendais pas de sa part. Je ne suis pas du type sentimental. Je peux endurer plusieurs mois sans Sirius. Comme je l'ai dit, j'avais besoin d'espace.
Draco savait qu'il mentait mais il n'insista pas.
- Et comment toi, tu supportes l'absence de Potter ? questionna Severus.
Draco soupira d'un air sombre. Lui n'avait pas envie de mentir. C'était vain. Ses émotions étaient écrites sur son visage de toute façon.
- Ça va, je suppose. Il me manque. Beaucoup.
- Tu ne vas pas pleurer, hein ? demanda Severus en se renfrognant.
- Non ! nia Draco, indigné. Mais je me permets de boire pour oublier de temps en temps.
Severus parut intéressé par cette option.
- Vraiment ? Ça t'ennuie si je me joins à toi ce soir ?
Draco sourit avec espièglerie.
- Pas du tout. Du moment que tu apportes ton propre Scotch.
- Très bien. Simplement ne viens pas pleurer pour goûter au paradis lorsque j'ouvrirai ma bouteille de meilleur Scotch au monde, répliqua Severus, narquois.
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Draco se réveilla avec une terrible gueule de bois. Severus et lui avaient un peu exagéré sur la boisson le soir précédent. Mais au moins, ça avait été drôle. Ce n'était pas tous les jours qu'on pouvait profiter de la compagnie d'un Severus Snape bourré. Mais juste avant de tomber comme une masse, il se demanda s'il ne devenait pas comme Harry avec la dégoûtante habitude de se fracasser à l'alcool pour s'endormir presque chaque soir.
Il se leva avec une grimace. Le monde autour de lui mit longtemps avant de se stabiliser. Il chancela jusqu'à la salle de bain, sa baguette à la main tandis qu'il se lançait le sortilège anti-migraine. Se sentant la tête légère après que le rayon de lumière jaune l'eût traversé, il remplit la baignoire d'eau tiède et sauta dedans. Il tapa doucement l'eau du bout de sa baguette pour y créer des bulles et soupira de béatitude quand il sentit l'eau masser ses muscles.
Quand il se trouva présentable, il descendit l'escalier pour rejoindre Severus dans la cuisine, la Gazette du Sorcier ouverte devant lui. Severus prit à peine note de la présence de Draco tandis que le blond se versait une tasse de café fraîchement passé. Draco prit un siège en face de lui et but son café en silence. Finalement, Severus mit le journal sorcier de côté et fixa Draco, les yeux plissés.
- Tu as bien dormi ? demanda Severus.
- Je suppose que oui, répondit Draco avec un haussement d'épaules.
- Gueule de bois ?
- M'en suis déjà débarrassé, l'informa-t-il, en prenant une gorgée de café.
Severus acquiesça légèrement. Draco n'aimait pas la façon dont son parrain l'observait intensément.
- Tu t'es débarrassé de ta migraine mais pas de la mauvaise humeur qui va avec, fit remarquer Severus.
Draco haussa une nouvelle fois les épaules. Il était de mauvaise humeur, et alors ? Sa vie s'écroulait de toutes parts. Il n'y avait rien qui réussissait à le faire se sentir mieux.
- J'ai remarqué de trop nombreuses bouteilles vides, renversées un peu partout, observa Severus.
Oh, voilà donc où se dirigeait leur conversation. Draco soupira, certain qu'ensuite, Severus allait lui faire la leçon. Il ne se trompait pas.
- Tu es venu dans cette maison en premier lieu pour soigner Potter et son problème de boisson, dit Severus. Maintenant il est parti, et tu prends sa place. Est-ce que tu vas attendre qu'il te sauve, Draco ?
Draco eut un sourire désabusé.
- Peut-être. Mais ce n'est pas toi qui m'as dit de cesser d'agir sur la défensive et laisser les gens prendre soin de moi ?
- Je ne voulais pas dire que tu devais devenir une pathétique loque humaine.
- Je ne suis pas pathétique, rétorqua sèchement Draco. Et épargne-moi le sermon. Je suis en âge d'assumer mes propres actions. Si je veux me saouler pour dormir, je le ferai.
- Pour devenir un alcoolique ?
Draco soupira, irrité.
- Bien sûr que non ! Les bouteilles renversées qui traînent aux alentours sont là depuis toujours ! Ce ne sont pas les miennes. Elles sont à Harry !
Il frappa durement son poing sur la table au moment où il réalisa ce qu'il venait de dire. Il ne se comportait pas seulement comme Harry. Il parlait comme lui, avec la même excuse boiteuse.
- Très bien. Tu as raison. Je suis pathétique. Je vais changer. On passe à autre chose.
- Si j'avais su que tu traversais une profonde dépression, je ne t'aurais pas laisser boire hier, fit Severus, le visage grave.
- Tu veux bien arrêter ? demanda Draco, sa figure rouge de colère. Je ne suis pas dépressif, pour l'amour de Merlin !
- Vraiment ? grimaça Severus.
- Non ! Je ne suis pas du tout dépressif. Par contre, tu me fais vraiment chier !
Draco se leva brusquement et prit sa tasse vide afin de la déposer dans l'évier, il avait ainsi une excuse pour éviter le regard aiguisé de Severus. Il plaça ses mains sur le rebord et s'humecta les lèvres. Puis il explosa.
- Est-ce que je n'ai pas le droit d'être furieux ? Ma vie était enfin sur des rails et ensuite tout ce gâchis est arrivé ! Harry, Mère, les lettres de menaces, Smear, Bellatrix, Père… ma carrière ne tient qu'à un fil ! Est-ce que je devrais sourire ? Dis-moi comment et je le ferai !
Il se tourna pour regarder fixement Severus et trouva son parrain plongé dans ses pensées.
- Je ne peux pas te dire comment. Je ne l'ai jamais su moi-même, dit amèrement Severus. Je ne voulais pas te faire la leçon. J'étais juste en train de tester tes nerfs.
- Mes nerfs ?
Severus le dévisagea et Draco aima encore moins ce regard. Quelque chose dans ce regard lui envoya des frissons dans la colonne vertébrale. Draco avait l'impression qu'il était pris dans un faisceau de lumière. Bien sûr que Severus ne s'ennuierait pas à lui faire la leçon. Il ne l'avait fait qu'en quelques occasions et généralement pour préparer Draco à quelque chose de pire.
- Quoi ? demanda Draco, effrayé de ce qui allait suivre.
Les yeux de Draco se posèrent sur la Gazette sur la table. Severus la prit et la plia comme pour cacher ce qui y était écrit.
- Quoi ? insista Draco.
- Tu veux la bonne ou la mauvaise nouvelle en premier ?
Draco déglutit difficilement. Sa bouche était devenue brusquement très sèche.
- La bonne, répondit-il.
- Bon, la bonne nouvelle, c'est que Bellatrix Lestrange et Johnson Smear ont été retrouvés morts la nuit dernière, l'informa Severus. Avada Kedavra. Le corps de Smear porte des signes de torture. Bellatrix ressemble à un ange. Je suppose qu'on doit ça à ton père. Narcissa doit lui avoir demander d'épargner la douleur à sa sœur. Smear n'a pas eu cette chance, ricana Severus. Il n'y a pas encore de suspects. A mon avis, ils n'en trouveront jamais. Le Ministère ne va pas s'ennuyer à enquêter sur le meurtre d'une ancienne Mangemort.
- Pourquoi on ne m'en a pas informé ?
« Je dois tout de suite appeler Hermione », se dit-il en lui-même, perdu dans ses propres pensées.
Il était sur le point de quitter la cuisine quand la voix de Severus l'arrêta.
- Il y a encore la mauvaise nouvelle, Draco. Prépare-toi, l'avertit-il, sa voix rauque coupant Draco comme un couteau.
Draco sentit ses mains trembler. Il crispa ses poings et serra les lèvres. Puis il attendit l'explosion. Severus jeta la Gazette ouverte sur la table et attendit la réaction de Draco à l'article intitulé « DRACO MALFOY : MANGEMORT ET PROSTITUE ».
Draco sentit ses intestins se retourner. Il s'appuya sur la table et se força à lire l'article en entier. Chaque mot semblait être une épée qui le déchirait. C'était un véritable récit de sexe et de drogues. Un mensonge élaboré sur la vie de Draco une fois la guerre terminée, signé par Charles Hagen, le même homme qui avait déjà essayé de déshonorer Draco dans son article précédent. Au moins, Smear n'était pas mentionné. S'il l'avait été, Draco aurait presque imaginé Jonah l'accusant d'avoir assassiné Smear à cause d'une vendetta personnelle. Puis, après une seconde, il se dit que Jonah l'accuserait probablement d'un tel acte de toute façon. Après tout, c'était Smear qui lui avait dit à propos du passé de prostitué de Draco.
Draco cacha sa figure dans ses mains en respirant difficilement. Rien dans les détails annexes de l'histoire n'était vrai mais le fait principal l'était, lui. Draco avait quelques fois couché avec des hommes pour de l'argent. Il s'était prostitué par crainte des violences de son ex-petit ami. En outre, le dommage était fait. Peu importe qu'il essaie de nier ces accusations, il y aurait toujours des gens pour les croire et le regarder de haut. Il allait certainement perdre son boulot maintenant. Même Hermione serait dans l'impossibilité de l'aider cette fois.
Il prit une profonde inspiration pour se calmer. Il pariait que Severus était en train d'attendre qu'il pique une crise mais il n'en fit rien.
- Draco ? l'appela doucement Severus.
Draco le dédaigna. Severus n'était-il pas sensé le traiter rudement afin de l'empêcher de s'écrouler ? Draco ne voulait pas de pitié. Il abhorrait cette émotion.
Pourtant, surgi de nulle part, un long rire s'échappa de ses lèvres. Il rit si fort que des larmes salées roulèrent sur ses joues. Sa figure devint légèrement rose au début puis rouge vif comme s'il manquait d'air. Si Severus ne l'avait pas giflé durement, il se serait étranglé.
Quand la crise fut terminée, son corps se mit à trembler de façon irrépressible. Il mit ses bras autour de lui.
- Sois en colère, Draco ! ordonna Severus. Crie si tu veux ! Brise quelque chose ! Simplement, ne t'effondre pas ! Tu es plus fort que ça !
- Mais, BORDEL, c'est qui ce Charles Hagen ? hurla Draco. Pourquoi est-ce qu'il me hait autant ? C'est la deuxième fois qu'il essaie de me détruire !
Draco frappa ses poings sur la table. Severus entendit la fenêtre en dessus d'eux exploser. Il soupira. La magie de Draco était totalement hors de contrôle. Juste au cas où, il tint sa baguette prête.
- PUTAIN !
Draco plongea ses doigts dans ses cheveux.
- Je m'en foutrais si le titre du journal était faux. Mais c'est vrai ! L'histoire n'est qu'un ramassis de mensonges mais…
Draco gémit comme s'il avait mal.
- Les gens vont le lire. Harry peut le lire.
Il se sentait dégoûté.
- Harry va me détester… parce que je vais devoir lui dire la vérité, peu importe le contexte. Et il me détestera.
Severus lui agrippa durement l'épaule. Draco sentit des larmes s'échapper de ses yeux.
- Tu as d'autres problèmes à t'occuper dans l'immédiat, alors reprends-toi vite, fit Severus, en espérant que son ton était ferme.
Il se sentait profondément désolé pour son filleul mais il ne pouvait pas permettre à Draco de perdre pied.
Draco le regarda avec attention. C'était là, la même expression qu'un peu plus tôt.
- Oh, non… Je t'en prie… Epargne-moi, marmonna Draco. Je ne peux rien supporter de plus pour l'instant. J'ai besoin d'abord de digérer toute cette merde.
- Pas le temps, Draco. Je suis navré mais tu as reçu un hibou ce matin. Quelqu'un va venir te rendre une petite visite.
- Qui ça ? demanda Draco.
- Ton père.
- Oh, Seigneur…
Il se cacha une nouvelle fois le visage dans les mains et se demanda quand cet enfer allait enfin cesser.
A suivre…
Merci d'avoir lu jusque-là. Alors, si ça vous a plu, laissez un petit mot et si ça ne vous a pas plu, dites-le aussi ! LOL
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Bisous.
Falyla
