Auteure: Blanche Malfoy

Titre: Love me, Love me not.

Traductrice: Falyla

Rating: R

Paring: Draco/Harry Draco/Bill

Warning: Cette histoire est un slash, ce qui implique des relations homosexuelles masculines. Si cette idée vous choque ou vous rebute, passez votre chemin, cette fic n'est pas pour vous.

Homophobes, s'abstenir !

Disclaimer: Rien n'est à nous, tout à JKR. L'histoire appartient à Blanche Malfoy, quant à moi, je revendique la traduction.

Petite note de la traductrice : Ce chapitre arrive avec un peu de retard, toutes mes excuses, je pensais pouvoir le terminer et le poster avant de partir en vacances mais j'avais vraiment trop à faire. Mais maintenant, ça y est, je suis revenue de Pologne – c'est un pays magnifique que je recommande chaudement – alors il est là. Bonne lecture. J'attends vos impressions.

Chapitre 45/48. Perdu et retrouvé.

Draco refusait de laisser son père entrer dans la maison de Harry. Harry ne lui aurait jamais pardonné de permettre à Lucius de mettre un pied dans sa sacro-sainte maison. Alors sans tenir compte du conseil de Severus qui lui disait de rester là, Draco envoya un message à son père lui indiquant qu'il venait au Manoir. Puis il alla à la gare, acheta un ticket pour le Wiltshire, situé dans le sud-ouest de l'Angleterre et monta dans le train. Il était déterminé à lui faire comprendre une fois pour toutes qu'il ne le laisserait pas ruiner sa vie plus qu'il ne l'avait déjà fait.

Le temps d'arriver au Manoir, il avait recouvré un peu de son sang-froid. Son corps entier se raidit lorsqu'il entra dans la maison mais au moins, il ne tremblait plus comme une feuille.

Il trouva Lucius qui l'attendait dans son bureau, assis derrière sa table de travail, tenant élégamment un cigare entre ses doigts. Leurs yeux se rencontrèrent en défi muet. Lucius sourit d'un air narquois et s'assura d'envoyer le message qu'il ne rendrait pas les choses faciles pour Draco, pas tant qu'il respirait encore.

- Tu avais peur que je tache la précieuse maison de ton amant ? demanda Lucius avec un ricanement.

Draco lui retourna son rire moqueur.

- Que s'est-il passé avec le : « Salut, fils. Que me vaut le plaisir de ta visite ? ». Aller droit au problème me fait penser que vous n'êtes pas content de me voir, père.

- Bien sûr que je le suis, affirma Lucius d'un air affecté. C'est toujours un plaisir d'avoir mon fils en visite. Je ne suis plus à la recherche de Potter de toute façon. Tu m'as épargné des ennuis.

Lucius éloigna son cigare après avoir envoyé des ronds de fumée bleutée vers Draco. Ce dernier fit de son mieux pour ne pas tousser.

- Et comment vas-tu ce matin ?

- Magnifiquement, répondit Draco.

- Comment as-tu apprécié le journal de ce matin ? Plutôt amusant à lire, non ? Je suppose que tu es soulagé que j'aie éliminé deux de tes ennemis pour toi. Smear n'a pas été trop difficile à attraper. Ta tante a été un problème cependant. C'était un esprit tellement sauvage. C'est une honte d'avoir dû à se débarrasser d'elle. Elle va profondément me manquer. Ta mère est dévastée mais elle a compris que c'était ce qu'il y avait de mieux à faire. Elle t'aime tellement qu'elle a été capable de tuer sa propre soeur. N'es-tu pas reconnaissant, Draco ? Tu as des parents tellement aimants. Combien d'enfants peuvent en dire autant ?

Draco sentit son estomac se retourner et il se retint de ne pas vomir à ce moment-là. Il ne pouvait s'empêcher de penser que s'il vomissait, son père le gronderait d'avoir sali son tapis hors de prix.

- Alors vous avouez. Je devrais vous arrêter, dit froidement Draco.

Lucius grimaça.

- N'es-tu qu'un morveux ingrat ? Pourquoi dois-tu toujours mordre la main qui te nourrit, Draco ? Oh, ne te préoccupe pas de répondre à ça. Je suppose que c'est dans ton sang. Tu es un Malfoy, après tout.

Draco sortit sa baguette de sa ceinture et la pointa sur son père, en espérant que son emprise sur elle resterait ferme.

- Vous êtes en état d'arrestation. Tout comme Mère.

Les yeux bleu tranchant de Lucius le transpercèrent. Draco serra sa baguette plus fort.

- Cesse de faire l'imbécile. Je sais que tu es doué, déclara Lucius. Je sais que tu peux m'attraper facilement maintenant. Je ne suis plus aussi fort qu'avant. L'âge et la prison ont diminué mes pouvoirs magiques.

Draco ne se laissa pas abuser par son petit discours. Il avait remarqué que la main de Lucius caressait le pommeau de sa canne. C'était là qu'il gardait sa baguette.

- Mais la question est, continua Lucius, es-tu assez courageux pour me faire face ? Es-tu assez courageux pour me tuer si tu le dois ?

Draco cligna des yeux mais sa main et sa voix ne flanchèrent pas quand il répondit :

- Oui.

Lucius parut plutôt amusé.

- Vraiment ? C'est intéressant ! Ça rend le désir de posséder ton âme encore plus fort. Continue de lutter, Draco ! J'aime ça ! Il n'y a rien au monde qui me donne plus de plaisir que la pensée de te soumettre à ma volonté.

Lucius se leva de sa chaise et marcha lentement jusqu'à Draco, ne s'arrêtant qu'à quelques pas. Draco n'abaissa pas sa baguette et l'extrémité de cette dernière se pressa contre le riche tissu de la robe de Lucius. Le père ne trembla pas devant l'audace du fils. Il garda un sourire pervers ourlé sur ses lèvres. Draco sentit un frisson lui courir sur l'échine. Lucius tendit la main et toucha le poignet de Draco. Ce mouvement soudain l'alarma. Puis son père caressa doucement son poignet en marmonnant trois mots en latin. Draco écarquilla les yeux et tenta de s'éloigner mais il était trop tard.

La baguette de Draco lui fut facilement enlevée. Il sentit son corps devenir plus faible et il battit des paupières comme s'il allait s'évanouir. Il avait oublié que Lucius avait cette sorte de pouvoir sur lui. Lucius lui avait lancé un sort de soumission pour la première fois quand il avait osé le défier à l'âge de huit ans. C'était le triomphe de Lucius sur Draco. Il n'y avait rien que Draco puisse faire maintenant. Il était paralysé et incapable de se défendre.

Lucius rapprocha son fils de lui et lui caressa tendrement le visage avec la paume de sa main. Il sourit victorieusement et avec amusement en voyant la capitulation forcée de son fils. Draco voulait hurler mais ses lèvres semblaient scellées.

- Tu es ma poupée, Draco, chuchota Lucius contre les lèvres de son fils. Tu es si parfait… Si tu étais resté à mes côtés, j'aurais toléré ton goût pour les hommes. Je ne suis pas insensible. Ta mère ne peut pas comprendre les besoins de la chair mais moi, je peux. Je suis aussi un homme. Nous sommes guidés par notre désir. Je sais que c'est difficile de résister à la séduction d'un homme et à sa beauté. C'est dur de résister à la beauté, dans tous les cas. C'est même plus difficile encore de résister à l'envie de jouer avec ladite beauté.

Lucius pressa son pouce sur la lèvre inférieure de Draco et la caressa. Draco se maudit silencieusement d'avoir permis à son père de s'approcher suffisamment pour lui jeter ce vicieux sortilège. Il avait besoin de le combattre.

- Ça aurait été notre petit secret, poursuivit Lucius dans un murmure, fixant le désespoir muet de Draco.

Il sourit de satisfaction.

- J'aurai même toléré que tu joues avec Harry Potter. Jouer, Draco, pas l'aimer. Je ne peux pas admettre que tu sois amoureux de Potter. Je suis désolé mais c'est trop demander à ma bonté. Tu ne dois aimer que tes parents. J'ai même accepté que tu couches avec un Weasley, sachant que ça ne durerait pas. Comment cela aurait-il pu ? Ils ne nous valent pas. Mais je ne peux pas tolérer Potter. Je ne te laisserai pas lui appartenir, parce que tu n'appartiens qu'à moi. Je suis certain que tu as lu l'article de Charles Hagen. N'est-il adorablement vicieux ? Je l'ai juste payé un peu et il était plus qu'enthousiaste à l'idée de détruire ton nom et ta réputation. Il m'a surpris par la qualité de son travail. Je ne m'attendais pas à toutes ces amusantes photos de Potter et toi ensemble. Et je ne m'attendais certainement pas à cette photo de Ste-Mangouste. Il est doué ! Et il a continué à écrire des choses vicieuses sur toi jusqu'à ce que tu réalises où est ta place, Draco. Je ne m'inquiète pas de salir le nom des Malfoy, du moment que tu me reviens. Laisse tomber Harry Potter. Laisse-le tomber ou je ne vais pas juste te détruire, je le détruirai aussi. Tu vois, Draco, Harry Potter n'est qu'un agaçant morveux mais j'ai compris qu'il n'est rien qu'un humain pathétique qui ne vaut rien du tout. J'ai entendu parler de sa dépression et de son dégoût pour la vie en général. Tant qu'il reste comme ça, je ne m'inquiète pas. Mais, ce qui m'ennuie, c'est que tu sois avec lui, que tu sois amoureux de lui, que tu le laisses poser ses sales pattes sur toi.

Lucius pressa les joues de Draco et amena ses lèvres plus près.

- C'est mon offre. Tu quittes Potter et tu reviens vers moi et je laisse Potter tranquille. Et en bonus, je fais même disparaître Charles Hagen. Je vais te laisser y réfléchir.

Lucius lâcha finalement Draco et, au moment où leur connexion fut rompue, le sortilège se brisa. Draco glissa sur le sol, pris de vertiges. N'avait-il pas fait une terrible erreur en pensant qu'il était de taille à affronter son père ? N'était-il pas plus fort maintenant ? Il se mordit la lèvre inférieure jusqu'à ce qu'il sente le goût du sang. Il n'osa pas regarder vers Lucius. Il savait qu'il y trouverait l'écœurant sourire de la victoire qui ornait son visage.

- Trinity ! s'écria Lucius.

Le minuscule elfe de maison apparut dans la pièce en tremblant de tout son corps.

- Oui, Monsieur ?

- Appelle ta Maîtresse, ordonna-t-il. Dis-lui de descendre dans mon bureau. Maintenant !

L'elfe de maison disparut. Pendant ce temps, Draco considéra ses options. Il avait besoin de rassembler ses forces pour empêcher son père de lui faire plus de mal. Il avait besoin de retourner au combat. Il n'était pas un faible. C'était un Auror, un des meilleurs sur son terrain. Il avait fait face aux pires situations.

Il fut distrait par l'arrivée de sa mère. Il remarqua qu'elle paraissait plus pâle qu'à l'ordinaire. Draco pouvait dire que l'épisode avec sa sœur l'avait affectée. Narcissa et Bellatrix avaient été très proches l'une de l'autre. Est-ce que sa mère avait vraiment eu le courage de tuer sa chair et son sang ? Etait-elle si inhumaine ?

Tout ça dégoûtait Draco. Il ne pouvait concevoir l'idée de Narcissa tuant quelqu'un. Elle était terriblement fière, elle était vaniteuse et arrogante et elle aimait montrer sa supériorité à ceux qu'elle considérait comme inférieurs à elle. Mais une meurtrière ? Non, Draco ne pouvait pas le croire. Lucius avait probablement menti à propos de ça juste pour le choquer.

- Narcissa, ma chérie, j'ai de merveilleuses nouvelles. Draco a décidé de rester avec nous pendant un moment, l'informa-t-il avec plaisir.

Elle jeta un coup d'œil sans expression à Draco.

- S'il te plait, assure-toi que sa chambre est bien rangée. Nous ne voulons que le meilleur pour notre cher enfant.

- Je ne vais pas rester, dit Draco fermement.

- Sottises, Draco. Tu ne peux même pas marcher, n'est-ce pas ?

Draco essaya de se lever du sol mais découvrit qu'il ne pouvait pas encore bouger ses jambes. Il soupira presque de désespoir. Il se demandait si Severus viendrait le chercher.

- En outre, n'as-tu pas encore recouvré ton bon sens ? Ne te soucies-tu pas de Potter ?

Draco sourit sans humour.

- Vous n'avez pas la moindre idée de ce qui me préoccupe. Vous ne l'avez jamais su. Vous ne vous souciez que de vous et de vos intérêts. Et parce que j'ai osé vous défier, en tombant amoureux, vous voulez me punir.

- C'est faux ! Je ne veux pas te punir. Mais je le ferai si tu ne m'obéis pas. Je peux tolérer ton homosexualité. Ce que je ne peux pas, en revanche, c'est accepter le fait que tu aimes Potter. Est-ce que tu réalises à quel point ceci est absurde ? La seule idée est…

- C'est dégoûtant ! compléta Narcissa, prenant enfin la parole. Ton père est plus compréhensif que je ne peux l'être. Sois reconnaissant de l'avoir comme père, Draco, parce que je n'accepterai jamais ta maladie.

- J'ai cessé de me préoccuper de ce que vous pensiez depuis bien longtemps, Mère, fit Draco, amer. Alors quoi que vous fassiez ou disiez, je m'en fiche. Pour ce qui est des manières compréhensives de mon père… ricana-t-il tout bas, en vérité, il est si aimable qu'il a paralysé son fils, menacé son amant et ruiné sa vie. Je vous suis très reconnaissant. Merci, Père, d'avoir fait de ma vie un enfer !

- C'est à ça que servent les parents, Draco, se moqua Lucius.

- Vous êtes cinglés tous les deux ! s'écria Draco, qui en avait marre de tout ça. Utilisez Harry contre moi, Père. Utilisez-le autant que vous le voulez. C'est Harry Potter ! Il a battu Voldemort. Est-ce que vous pensez qu'il a peur de vous ? Si vous souhaitez mourir, alors, je vous en prie, pourchassez-le. Harcelez-le autant que vous le voulez. Mais gardez à l'esprit que lui est dix fois plus fort que vous.

Draco sourit quand il vit s'affadir l'expression confiante de son père.

- Je ne vais pas le laisser tomber. Détruisez-moi si vous le souhaitez. Je m'en fiche. Mais renoncer à mon amour pour lui est ce qui me tuera vraiment.

Lucius sembla sur le point d'exploser de colère mais il se contrôla.

- Je ne serais pas assez stupide pour défier Harry Potter en duel. Nous sommes au XXIème siècle après tout. Les choses peuvent être faites différemment. Je n'ai pas besoin de le tuer. Tout ce que j'ai à faire, c'est de détruire sa réputation de petit garçon modèle. La presse est plus mortelle que n'importe quel sortilège. Tous les gens croiront les conneries des journaux. C'est quelque chose que nous avons copié des Moldus. Je suppose qu'ils ne sont pas si mal après tout.

Lucius eut un rictus narquois lorsqu'il vit le sourire de son fils se faner.

- Pourquoi, Père ? Pourquoi me haïssez-vous tant ? Pourquoi ne pouvez-vous pas me laisser être moi-même ?

- Pourquoi ? répéta Lucius en haussant un sourcil. Tu oses me demander pourquoi ? Tu sais pourquoi, Draco. Tu es mon seul fils ! J'en attendais beaucoup de toi. Mais tu as tout rejeté. Tu m'as laissé en prison. Tu as laissé ta mère supporter toute seule la honte de notre famille. Il est allé plus loin encore en devenant un Auror, tu as eu une liaison avec un Weasley et enfin, en bouquet final, tu es tombé amoureux que Potter. Il croit qu'il y a suffisamment de raisons.

Lucius tira sa baguette de sa canne et Draco retint son souffle.

- Finissons-en. Je suis fatigué. Narcissa, la chambre !

Sa femme se leva après un bref acquiescement. Lucius pointa sa baguette sur Draco et sourire diaboliquement.

- Allons, Draco, n'aie pas peur. Je ne te veux pas de mal. Tu le sais, n'est-ce pas ?

Lucius s'agenouilla en face de lui et lui caressa le visage avec l'extrémité de sa baguette.

- Si ton cher Potter vient te chercher, je pourrais même reconsidérer ma décision. Tant que le marché le vaut, je le laisserai t'avoir. Tu vois comme je peux me montrer aimable ? Combien crois-tu qu'il est prêt à payer pour que tu lui reviennes ?

La soudaine compréhension des paroles de son père frappa soudainement Draco et ses yeux s'écarquillèrent.

- Espèce de fils de pute ! s'écria Draco. Ce sont là vos véritables intentions ? Attirer Harry ici ? Vous n'êtes qu'un salopard ! Il ne viendra pas ! Il ne négociera pas avec un bâtard comme vous !

- Alors tu es en train de me dire que son amour pour toi n'est pas assez grand. Comme c'est intéressant ! Si c'est le cas, tu peux rester ici avec ceux qui t'aiment vraiment sans plus t'inquiéter de rien. Non ?

Lucius eut un sourire sardonique.

- Oh, Draco… Je croyais que je t'avais mieux élevé. Tu n'aurais pas dû venir ici seul…. Tu sais que je ne suis pas bon. Je pensais que tu savais comment mon esprit fonctionnait.

- Qu'est-ce que vous lui voulez ? Vous m'avez dit que vous vous fichiez de lui ! Vous m'avez dit qu'il était pathétique ! Il n'est pas sur votre chemin ! Alors pourquoi le voulez-vous ? demanda Draco, rapidement désespéré de ne pas connaître quels étaient les véritables motifs de son père.

- Je croyais que tu avais dit qu'il pouvait prendre soin de lui. Pourquoi est-ce que tu t'inquiètes pour lui ?

- Père ! Je vous en prie ! Ne faites pas ça ! Laissez-le tranquille ! C'est moi que vous voulez !

- C'est vrai.

Lucius paraissait de plus en plus satisfait de l'extrême anxiété de Draco.

- Je ferai ce que vous voulez ! Mais, je vous en prie, laissez-le tranquille !

Draco était perdu. Il le savait. Son père avait finalement réussi à l'acculer dans un coin. Mais il ne pouvait supporter la pensée de son père faisant chanter Harry pour une quelconque raison qui lui était propre. S'il pouvait épargner à Harry d'être la cible de la folie de Lucius, il ferait n'importe quoi pour protéger son amour.

Lucius embrassa légèrement Draco sur les lèvres avant de se lever. Draco se sentit malade.

- Enfin, Draco ! J'étais las de trouver des raisons pour te convaincre. Mais puisque tu es mon fils et que je connais très bien ton caractère… Je t'en prie, n'y vois rien de personnel. Rappelle-toi que je t'aime.

- …

- Stupéfix ! cria Lucius.

°°°§§§°°°

Il faisait des progrès, ou du moins, le croyait-il. Depuis combien de temps était-il là, déjà ? Un jour ? Sept ? Un mois ? Harry l'ignorait. Il avait été dans le flou pendant pas mal de temps, piégé dans un endroit très sombre, revivant un par un ses pires souvenirs, les combattant comme un lion tandis qu'ils s'avançaient vers lui. Il avait perdu le compte du nombre de fois où il avait lutté contre Voldemort. Et il avait toujours gagné, ce qui était une bonne chose. Mais il ne pouvait toujours pas sortir de cet affreux endroit. Qu'y avait-il de plus à venir ? Il était fatigué. Il ne voulait plus rester là. Il y avait un endroit qui l'attendait. Il y avait une paire de yeux bleus qui l'appelaient constamment. Mais il n'arrivait pas à trouver le chemin de la maison.

Que devait-il faire d'autre ? Il se sentit dès lors très agité. Peut-être que c'était ça. Peut-être que sa dernière tâche était de dompter son anxiété, apprendre à contrôler son tempérament bouillant.

Sirius n'avait rien appris de ce genre-là, cependant. Son parrain était toujours têtu et farouche. Il n'arrivait toujours pas s'entendre avec Snape, même s'ils étaient mariés. Si Sirius était revenu en conservant son caractère sauvage, alors pourquoi donc Harry ne le pouvait-il pas ? Ce n'était pas juste. Il voulait se précipiter dans les bras de Draco. C'était là qu'il avait sa place. Il le savait maintenant.

Alors pourquoi n'arrivait-il pas à revenir ? Qu'est-ce qui le retenait ? Il s'assit sur la terre sèche, cacha son visage dans ses mains et pleura comme un enfant. Il ne savait comment c'était arrivé, tout comme il ignorait comment s'arrêter. Il continua simplement à sangloter pendant un long moment. Il était si las. La seule chose qui lui donna la force d'essuyer ses larmes et de recouvrer sa maîtrise fut l'image de Draco. Il prit une profonde inspiration et se leva. Il y avait un moyen de sortir d'ici, quelque part et il allait le trouver, quel qu'il soit.

Une lumière descendit jusqu'à lui, l'aveuglant un instant. Il cligna des yeux, déglutit et une fois sa vision rétablie, il eut envie de pleurer une nouvelle fois. Juste à quelques pas devant lui se tenait Remus. Puis, à ses côtés, ses parents. Autour d'eux, il y avait de nombreuses personnes qui étaient mortes pendant la guerre. Harry connaissait à peine la plupart d'entre eux mais il se sentait responsable de leur mort quand même. Ils étaient morts parce qu'il n'avait pas réussi à tous les protéger. C'était ainsi ce qu'il pensait,

- Harry ! s'exclama une magnifique femme aux cheveux roux, en s'avançant et en ouvrant des bras accueillants.

Les yeux de Harry brillèrent vivement en voyant sa mère et il n'y réfléchit pas à deux fois avant de l'étreindre.

- Maman !

Il sourit largement.

- Nous sommes fiers de toi, mon chéri, dit-elle doucement à son oreille, laissant courir sa main sur la tête de son fils. Tu as tellement fait !

Se trouvant lui-même à court de mots, Harry ne put qu'acquiescer.

- Mon fils, fit son père en l'enlaçant à son tour. Nous t'avons toujours surveillé. Toujours. Tu es si brave. Nous sommes vraiment fiers de toi.

Harry regarda ses parents, les larmes aux yeux.

- C'est un rêve, n'est-ce pas ?

- Même si c'en est un, n'est-ce pas mieux de rêver de nous que de Voldemort ? plaisanta James.

- Absolument ! s'écria Harry. Je… Je ne sais même pas quoi dire. Même Remus est là ! Remus !

Remus marcha jusqu'à lui et le tint dans ses bras un moment.

- Harry ! Je suis content de te voir. J'étais inquiet pour toi.

- Remus… Remus… Tu m'as manqué ! J'ai tant à te dire, commença Harry, ému. La façon dont nous nous sommes séparés ce jour-là… Je me sens si coupable ! Je ne t'ai même pas dit au revoir. J'ai été si stupide. Je…

- C'est bon, Harry. Tu ne dois pas te sentir responsable. Ce n'était pas de ta faute. Tu avais mal. Tu ne pouvais pas savoir ce qui allait arriver.

- Mais si je t'avais demandé de rester…

- Je ne t'aurais pas écouté de toute façon, répondit Remus. De quoi te sens-tu coupable alors ? Je t'ai dit de nombreuses fois que ce qui était arrivé à Sirius n'était pas de ta faute non plus. Si quelqu'un est à blâmer pour tout, c'est Voldemort. Maintenant que nous sommes enfin libérés de lui, nous pouvons reposer en paix. Nous méritons tous le repos et ceci t'inclut également.

- Accorde-toi une pause, mon fils, ajouta James. Tu n'as plus besoin de t'inquiéter de Voldemort. Il n'est plus qu'un souvenir maintenant. Il est temps d'avancer.

- C'est vrai !

Lily enlaça sa main avec la sienne et la caressa.

- Tu dois prendre le temps de vivre et de tomber amoureux correctement. Il y a une certaine personne qui a désespérément besoin de toi.

Harry rougit.

- Vous savez à propos de…

Lily et James opinèrent.

- Et ça ne vous dérange pas ? Je veux dire… Ce n'est pas… une fille… bégaya Harry.

- Tu l'aimes, non ? demanda Lily.

- Oh oui ! Aussi fou que ça en a l'air, je suis vraiment amoureux de lui, répondit Harry avec un sourire.

- Et il t'aime aussi. C'est plus qu'assez pour nous, fit Lily.

- En outre, il t'a aidé, fit remarquer James. Il t'a réappris à aimer la vie.

- Oui. Et maintenant, il est temps de revenir, Harry. Il est temps tu l'aides.

- Que je l'aide ? Qu'est-ce que tu veux dire ? demanda Harry, inquiet.

Lily sourit faiblement.

- Il a besoin de toi maintenant. Et lorsque tu seras face à lui, pense à toutes les bonnes chose qui sont arrivés entre vous deux avant de prendre une décision hâtive.

- Mais…

- Nous t'aimons, fils. Ne t'inquiète de plus rien. Va simplement vers ton propre bonheur. Tu le mérites, ajouta son père. Adieu.

Lily, James et Remus agitèrent leurs mains tandis que leurs corps disparaissaient lentement dans une brume nébuleuse.

- Non ! Attendez ! Ce n'est pas juste ! se plaignit Harry, en les regardant s'en aller. Je ne vous ai même pas dit au revoir correctement ! Merde ! Maman ! Papa ! Remus ! Ne partez pas maintenant ! C'est quoi ce bord…

Harry fut brusquement tiré du pays des songes et quand il ouvrit les yeux, il vit Tei Pei qui lui souriait. Au début, Harry se sentit désorienté mais lorsqu'il regagna finalement ses esprits, il eut envie de sauter à la maigre gorge de Tei Pei.

- Vous ! J'étais avec eux et vous m'avez arraché de là ! Pourquoi ? demanda-t-il au petit homme. Vous êtes un démon ! Ce n'était pas une partie de ma guérison que de faire la paix avec moi-même et avec ma famille et mes amis décédés ?

- Tu en as assez accompli, je pense, répondit Tei Pei de son habituelle voix douce et basse. Si tu veux, nous aurons la possibilité d'aller plus loin. Tu pourras reprendre contact avec ceux que tu as aimés. Mais je ne te le recommande pas. Je ne crois pas que tu en aies besoin.

- Je croyais que vous aviez dit que j'étais dans la merde lorsque je suis arrivé ici !

La calme expression de Tei Pei demeura inchangée quand il dit :

- Je n'emploie jamais de mots grossiers, Harry Potter. Ce que je t'ai dit, c'est que tu permettais à tes craintes d'entraver le chemin de ta vie. La guerre t'a causé trop de peine à supporter seul mais pourtant tu as décidé de t'occuper de tout à ta manière. Et regarde ce qui est arrivé. Tu es devenu amer et froid. Mais comment te sens-tu maintenant ?

- A la part le fait d'être vraiment en pétard ?

- Oui, à part ça.

Harry haussa un sourcil tandis qu'il réfléchissait son était d'esprit présent et fut surpris de réaliser qu'il se sentait revigoré. Il arrivait soudainement à sentir chaque cellule de son corps, chaque battement de son cœur.

- Je me sens… en super forme ! répondit-il avec un sourire. Oh, mon Dieu ! Je me sens magnifiquement bien !

Il y avait tellement longtemps qu'il ne s'était pas senti comme s'il pouvait conquérir le monde qu'il en était électrisé. Il était stupéfait par l'énergie que son corps avait gagnée.

- Je croyais que je me réveillerais en me sentant comme une merde ! Combien de temps je suis parti ?

- Oh, juste un jour.

- UN SEUL JOUR ? C'est impossible, s'écria Harry, étonné. J'ai eu l'impression de passer une éternité là-bas !

- C'est généralement ce que ça fait. Le cas de Sirius était beaucoup plus difficile. Je suppose que ton âme n'était pas aussi touchée que je le pensais. Tu es sorcier plutôt fort après tout. En plus, tu devras aussi remercier ton amoureux. Il semblerait qu'il ait aidé ton cœur à guérir.

Harry sourit.

- Oui, hein ? C'est vraiment stupéfiant. Ça aurait été bien si vous m'aviez permis de rester avec mes parents et Remus un peu plus longtemps mais… je suppose qu'il est temps pour moi de rentrer à la maison ? Rentrer à la maison… vers lui.

Puis il se souvint de ce que ses parents lui avaient dit à propos de Draco et s'inquiéta.

- Tei Pei, mes parents m'ont dit que Draco avait besoin de mon aide. Il a des ennuis ?

Tei Pei haussa les épaules.

- Comment pourrais-je le savoir ? Je ne suis pas un Seer.

Harry fit une grimace.

- Vous pouvez vous moquer de moi… Sérieusement, il y a quelque chose qui ne va pas avec lui ?

- C'est quelque que tu devras découvrir par toi-même. Mon travail ici est terminé. Tu as vaincu tes peurs et tu es enfin libéré de la plupart des angoisses qui pesaient sur ton cœur. Je suppose que, si nous avions plus de temps, que nous pourrions faire quelque chose pour apaiser ton esprit farouche et ton tempérament bouillant. Mais je devine que tu es comme ton parrain et c'était un cas perdu d'avance… Ne sois pas trop obstiné, cependant. Je suis certain que tu apprendras à maîtriser ton caractère avec les années. La vie se chargera de t'enseigner ce qu'il faut si tu te prouves que tu es un élève acharné. Et tu es Harry Potter. C'est toi. Ton processus de guérison a été incroyablement rapide. Je suis impressionné ! Maintenant, mon conseil pour toi est le suivant : ouvre-toi à la nouveauté et au pardon. Si tu apprends comment y arriver, tu seras heureux à jamais, conclut Tei Pei avec un large sourire.

- Alors je suis libre d'y aller, demanda Harry anxieusement.

- Oui, Monsieur Potter. Vous êtes libre de partir, à moins que vous ne vouliez profiter du plaisir de ma compagnie et du magnifique paysage autour de nous un peu plus longtemps… Mais je sens que votre esprit est déjà ailleurs, sourit Tei Pei. Alors va apaiser ton cœur agité avec la personne que tu aimes.

- C'est ce que je vais faire. Merci, ajouta Harry, ému.

Harry courut vers Sirius pour lui annoncer la bonne nouvelle. Deux heures plus tard, ils avaient fait leurs bagages et étaient prêts à partir. Harry remercia Tei Pei avec profusion tandis que Sirius promettait au petit homme qu'il reviendrait une autre fois pour travailler sur son tempérament. Harry jeta un dernier regard au paysage, pensant combien il allait lui manquer. A vrai dire, c'était un endroit mystique et il ne l'oublierait jamais.

Maintenant qu'il était enfin libéré de son passé, il était prêt à accepter sans réserve Draco dans sa vie. Il était très impatient de voir Draco. Est-ce qu'il remarquerait quelque chose de différent chez lui ? Plus tard, lorsque Sirius et lui furent assis dans le train de Londres, il lui posa la même question.

- Ouais, je pense que tu es différent, répondit Sirius avec un sourire. Tu sembles plus à l'aise. Mais Harry… Comment je vais pouvoir te dire ça ?

- Dire quoi ?

- Et bien… commença Sirius en regardant longuement son filleul. Je sais par expérience personnelle quels sont tes sentiments à l'heure actuelle. Mais… Ce n'est pas parce que tu as pu résoudre un problème, que tous les autres se sont envolés.

Harry fronça les sourcils.

- Ce qui signifie ?

- Ça veut dire que…

Sirius détourna les yeux comme s'il cachait quelque chose à Harry.

- Que tu seras certain d'avoir bien appris ta leçon quand tu seras face à un autre problème.

- Ne refroidis pas mon enthousiasme ! s'exclama Harry. Tu es jaloux parce qu'il t'a fallu une année pour guérir alors que mon séjour a pris moins de deux mois !

Sirius lui adressa un faible sourire.

- J'espère que tu es pleinement guéri, Harry, du fond de mon cœur.

Harry sentit qu'il y avait quelque chose derrière ce sourire et il sut avec certitude que ça n'allait pas lorsque Sirius garda ses yeux détournés.

- Quoi ? C'est quoi le problème ? demanda-t-il avec méfiance.

- Rien.

- Sirius ! Tu mens ! Qu'est-ce qui ne va pas ?

Harry attrapa fermement le bras de son parrain.

- Ça a quelque chose à voir avec Draco ?

Sirius le regarda avec surprise et le cœur de Harry manqua un battement.

- Jésus, Sirius ! Quoi ? Tu as parlé à Snape ?

Sirius acquiesça lentement.

- Oui. Je lui ai parlé ce matin. Je voulais lui faire savoir que nous étions de retour. Il est à Grimmauld Place.

- Et ? le pressa anxieusement Harry.

Sirius se mordit la lèvre inférieure.

- J'avais prévu d'attendre que nous soyons là-bas pour te le dire…

- ME DIRE QUOI ?

- Ton cauchemar, Harry… Il était réel, lâcha Sirius. Draco s'est vraiment fait attaqué et son appartement a été détruit. Rien de sérieux ne lui est arrivé ; comme tu le sais. Après tout, tu lui as parlé ce jour-là. Mais… Il semble que les choses se sont compliquées. Tu vois… Lucius est sorti de prison.

Harry ferma les yeux. Brusquement, le monde parut flou.

- Je t'en supplie, dis-moi que Draco va bien.

- C'est justement le problème. Je ne sais pas. Severus n'en sait pas plus. Lucius a harcelé Draco depuis qu'il a été mis en détention à domicile. Et hier, Draco est allé parler à son père et… aux dernières nouvelles, il n'était pas revenu à Grimmauld Place.

A suivre…

Merci d'avoir lu jusque-là. Alors, si ça vous a plu, laissez un petit mot et si ça ne vous a pas plu, dites-le aussi ! LOL

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Bisous.

Falyla