Note de l'Auteur : Pas de reviews… Hm, ça vous plait pas ?
Tu es làMon sac tombe sur le sol. Mes jambes flageolent. Ma vue se brouille… Je ne peux pas courir. Je n'y arrive pas. Pourquoi ? Parce que je suis un trouillard. Rien qu'un gosse sans une once de courage qui fait fasse à trois grands de 3ème qui ricanent. Je donnerais n'importe quoi pour être à mile lieux d'ici. Chaque semaine c'est le même manège qui recommence. Pourquoi maman s'obstine-elle à vouloir me donner de l'argent pour mon goûter ? Cela ne sert à rien : je ne suis parvenu à la boulangerie que trois fois jusqu'à présent. Toutes les autre fois, mes malheureuses pièces ont terminé au fond des poches de ce trois gaillards. Et j'ai comme l'impression qu'aujourd'hui ne fera pas exception à la règle. Mais que peux faire un garçon de 10 ans aussi chétif que moi ? J'ai bien essayé de donner des coups de pieds, sans grand succès.
« Alors petit ? T'as combien aujourd'hui ? » me demande le roux en s'approchant.
Je recule de deux pas mais je m'arrête bien vite en sentant le mur derrière moi. Je ferme les yeux et sers les poings, rageur.
« Bah, il doit avoir la même somme que d'habitude. Sa maaaaman doit lui donner ça pour son p'tit goûter ! » lui répond son copain et lui donnant un petit coup de coude moqueur en me montrant du menton.
J'ouvre les yeux brusquement. Ils n'ont pas le droit de mentionner ma mère. Qu'ils me volent mon argent presque chaque jour c'est déjà bien assez…
« Fermez-là ! » lâche-je d'une voix sifflante.
Ces simples mots provoquent l'hilarité chez mes persécuteurs. Le plus grand sort finalement les mains de ses poches et s'approche de moi. Il pose doucement une main sur mon épaule et me dit, presque gentiment.
« Allez, donne nous ce que t'as à nous donner p'tit. »
Mais je me sens d'humeur rebelle aujourd'hui. Je me dégage brusquement et je le charge. Je suis de petite taille… Ma tête arrive au niveau de son ventre… Il se plie en deux sous la douleur. Je tente de m'échapper sur la droite, voyant en la ruelle adjacente une échappatoire mais je sens une main s'abattre violement sur mon épaule. Mes genoux ploient. Je m'écroule…
« Petit con, tu croyais aller où comme ça ? » grogne l'un des garçons en me plaquant sur le sol violement, l'expression mauvaise.
J'étouffe une plainte. Mon bras émet un craquement qui ne me plait guère. Du coup de l'œil je vois la main de celui qui me tient qui s'élève. Je ferme les yeux et me crispe prêt à encaisser le coup qui va suivre. Sa main ne retombe pas. Au contraire, la pression qu'il maintenant sur mon corps se relâche brusquement et je l'entends crier de surprise et de douleur. Je reste un moment immobile sans oser ouvrir les yeux et ose finalement un regard sur la scène.
Je reste figer sur place… C'est Don. Don qui est en train de mettre la raclée de leur vie aux trois garçons qui m'ont mené la vie si dure pendant deux mois. Mon grand frère… Je regarde avec admiration son poing qui atterrit sur la mâchoire du premier, sur l'épaule du second… Je le vois pivoter près à s'attaquer au troisième, faisant preuve d'une hargne rare, mais ce dernier détale déjà, ses compagnons sur ses talons.
« Et n'y revenez plus, bande de crétins ! » hurle t'il dans leur direction.
Il les regarde tourner le coin de la rue, essuie le sang récupéré de l'un des assaillants puis se tourne vers moi, un sourire rassurant aux lèvres.
« C'est fini Charlie… » me dit-il.
J'hoche la tête, perdu dans son regard. Je sais que c'est terminé. Il m'a sauvé. Don, mon grand frère veille sur moi, je ne risque plus rien à présent. Il s'approche et m'aide à me remettre sur mes jambes. Je titube un peu mais tiens bon. Cela aurais pu être pire. Mon épaule me tiraille un peu mais rien de casser. Don insiste cependant pour l'examiner… Après l'avoir fait tourner dans tout les sens et déclarer qu'effectivement, tout cela était très bénin, il me dit, en mettant un bras autour de mes épaules et en ébouriffant ma tignasse :
« On rentre à la maison maintenant ? »
J'opine du chef et emboîte le pas à mon grand frère, le cœur et l'esprit apaisé. Mon ange gardien veille sur moi. Don… tu es là.
