Titre : Cette nuit-là
Auteur : Kristana
Disclaimer : JKR et encore JKR
Couple : Mimi Draco et pitit Harry
Rating : M
Bonjours chers lecteurs !
Je suis désolééééééeeee de vous avoir fait attendre aussi longtemps ! Je vous prie, dans votre infinie gentillesse de gentils lecteurs, de me pardonner !
Tout d'abord je tiens à remercier tous ceux qui m'ont suivie jusque maintenant. Je sais que le prologue vous avait laissé sur votre faim, mais qu'apparemment le chapitre 1 vous a rassasié, bande de voraces !
Merci à ceux qui m'ont laissé des review, elles me font toujours autant plaisir. Vos critiques et remarques me permettent d'avancer et de m'améliorer, c'est pourquoi je leur donne tant d'importance. Et puis, j'avoue que recevoir une review flatte quelque peu l'ego °rire°.
Merci également à ceux qui mettent des review anonymes, si vous voulez cependant que je vous réponde, pour discuter autour de votre avis ou simplement pour vous remercier personnellement (c'est tout de même plus agréable), il vous faudra mettre votre adresse e-mail ; Fanfiction interdisant les réponses aux review dans les chapitres (allez comprendre !).
Très bien, voici donc le chapitre 2 :
Bonne lecture !
oooOooo
Chapitre 2
Effet boule de neige
POV Draco
Deux semaines ont passé depuis le bris du miroir.
Je suis seul dans l'immense maison, Harry est allé suivre ses cours. Cela fait quatre ans que c'est ainsi. Le matin, Harry part de bonne heure, rentre parfois à midi pour déjeuner avec moi et retourne en cour jusqu'au soir où généralement je le reçois, assis dans un fauteuil, un livre à la main.
Je ne sais pas si nous sommes amis, ni si un jour nous le deviendront. Mais je suis sûr d'une chose, nous ne sommes plus ennemis comme nous l'avons été autrefois. Comment alors qualifier cette situation intermédiaire, ce lien étrange qui nous uni ?
Je vis chez lui vingt quatre heures sur vingt quatre car je ne peux pas sortir au grand jour sous peine de me faire attraper par les aurors.
Je dois sourire à l'idée qu'Harry veut lui-même devenir l'un d'entre eux. Si ses congénères savaient quel lourd secret il cache !
Car les gens du ministère n'ont pas abandonné l'idée de me retrouver un jour et de me punir pour un acte que je n'ai pas commis. Qu'ils sont aveugles et bornés ! Seul mon nom les attire, attraper un Malefoy ! Quelle récompense pour ces pitoyables dirigeants !
Une chance que Voldemort ne soit plus, tué par Harry, comme le prévoyait son avenir. Une personne de moins à mes trousses ! Car il ne m'aurait pas laissé une seule chance de m'expliquer. J'ai faillis dans ma mission et j'aurai dû en payer les conséquences. Mais je ne voulais pas le faire, il m'a soumis à un chantage des plus ignobles ! Tuer Dumbledore ou voir ma mère mourir. Je ne pouvais souffrir de voir ma mère entre les mains de cet immonde personnage. Alors, je l'ai fait. Du moins, j'ai tenté de le faire.
Bref, je n'ai pas envie de revenir sur cette nuit.
Comme je le disais, Harry fait en sorte que je sois à l'aise chez lui et je lui en serai éternellement reconnaissant même si je ne sais toujours pas ce qui le motive à agir ainsi. Tout comme je ne sais toujours pas ce qui a arrêté mon geste cette nuit-là.
J'entends le cliquetis de la porte. Harry est de retour. Il pose ses affaires dans le couloir et me rejoints dans le salon, un prémice de sourire se dessinant sur ses lèvres.
Je lui lance un regard interrogateur mais il ne me répond pas tout de suite. Il se sert d'abord un verre de gin, s'assied en face de moi et enfin dit d'une voix enjouée qu'il tente de maîtriser :
- J'ai eu mon examen… Je suis officiellement devenu auror !
Je manque de m'étouffer avec ma gorgée de whisky pur feu.
J'avais complètement oublié qu'il avait passé ces stupides examens et qu'aujourd'hui, il en recevait les résultats.
- Je… C'est génial, réussis-je à articuler, tentant de ne pas paraître trop surpris.
Il me sourit à nouveau et ses yeux étincellent.
Comme j'aime voir cette petite lueur illuminer ses émeraudes, j'adore le voir heureux. Peut-être parce que moi-même je ne le suis pas. Je suis heureux par procuration en fait.
Il remet une mèche de ses longs cheveux bruns derrière son oreille droite, boit une longue gorgée d'alcool et pose son verre sur la table devant lui.
- Je suis désormais un vrai auror !
- Ne le prends pas mal mais quel est aujourd'hui l'intérêt des aurors alors qu'il n'y a plus de mages noirs.
Je murmure presque ce dernier mot. Parler des Mangemorts est pour moi encore très pénible. C'est à cause d'eux que je suis réduit à vivre aux crochets de mon ancien ennemi.
- Draco, Draco, Draco… Ce n'est pas parce qu'il n'y a plus de Mangemorts que la vermine est entièrement exterminée. Non, il y a tant de choses à faire, tu n'imagines même pas !
Je baisse les yeux. C'est vrai, je ne peux pas imaginer. Je ne suis plus sorti dans la rue depuis quatre ans. Je ne sais rien du nouveau monde, de l'après Voldemort. A peine ai-je pris l'air sur le balcon mais en ces temps froids, il n'est même pas question de mettre le nez dehors !
- Je suis désolé Draco… Je ne voulais pas dire cela. Je sais que cela doit être dur de ne pas pouvoir sortir. Mais c'est pour ta sécurité.
Ma sécurité ! Je commence à en avoir marre de ma sécurité ! Rien n'avance ! On pensait que le ministère de la magie oublierait cette histoire et laisserait tomber les recherches mais il n'en est rien. Je suis toujours le meurtrier de Dumbledore, point final !
- Viens, je vais préparer à manger, dit-il en se dirigeant vers la cuisine.
- Non merci, je n'ai pas vraiment faim.
- Moi non plus, remarque.
Soudain son visage s'illumine.
- J'ai une idée, les voisins sont partis en vacances, que dirais-tu d'aller dans le jardin faire un bonhomme de neige.
J'hausse un sourcil.
- Harry, on est plus à Poudlard je te signale. Rappelle-toi on a vingt-et-un ans !
Il secoue la tête.
- Il n'y a pas d'âge pour un bonhomme de neige et puis regarde dehors, c'est magnifique ! Pour une fois que je te propose de sortir !
Je le fixe d'un air incrédule. Je ne l'ai plus vu d'aussi bonne humeur depuis… Non, en fait, je ne l'ai jamais vu d'aussi bonne humeur depuis que je vis chez lui. Sans doute l'idée d'être un Auror…
Alors, je me résigne. Je me lève, prend mon manteau et enfile les bottes doublées de fourrure qu'Harry me tend. Et nous voilà dehors, dans la nuit glaciale, à patauger dans la neige.
C'est vrai que le jardin est magnifique. Il n'est pas très grand, on pourrait même dire qu'il est petit ! Mais quelle beauté ! Les deux sapins qui trônent au milieu du terrain plient leurs branches sous le poids du manteau de neige qui les recouvre. Le mur d'enceinte en pierre de grès se confond avec la ligne d'horizon et aborde un chapeau blanc et froid.
Quel bonheur de sentir le vent gelé fouetter mon visage. Moi qui dans ma jeunesse détestait cela, j'apprécie le picotement du froid sur ma peau. Je ferme les yeux et hume l'odeur que dégage la neige (NDLA : tous mes amis rigolent quand je leur dis que la neige a une odeur et personne ne me croit, mais je proteste : la neige a une odeur ! ). Que la nuit est calme, la neige occulte tout son. J'en oublierai presque que je me trouve à Pré-au-Lard !
Je reste debout dans le froid à me délecter de chacune des sensations que me procure cette nuit magique jusqu'à ce qu'une boule de neige m'arrive de plein fouet sur le crâne.
Je me retourne et vois Harry en façonner une nouvelle. Alors je me baisse et tente moi aussi de fabriquer mes munitions pour ce qui semblera être une guerre froide (désolée pour ce pitoyable jeu de mot, mais il m'est venu tout seul). Mais il ne m'en laisse pas le temps et voilà qu'une nouvelle boule de neige m'atteint à nouveau derrière la tête. Je tressaillis quand je sens l'eau couler le long de ma nuque. J'entends le rire cristallin d'Harry au loin et vois son merveilleux sourire.
- Alors Draco, la défense faiblit !
- C'est ce que tu vas voir ! Dis-je en me baissant pour ramasser une poignée de neige, la rouler grossièrement et la lancer en direction de ce petit chenapan. Mais il réussit à l'éviter tout en préparant une nouvelle boule.
Ne pouvant faire face à la catapulte nommée Harry, je décide d'y aller par la force et cours dans sa direction pour lui sauter dessus. Nous tombons tous les deux à la renverse, et j'en profite pour le gratifier d'une savonnette.
Je le vois lutter et je ris, je ris sans pouvoir m'arrêter.
Harry se relève, les lunettes de travers, le visage rougi et le souffle court et me regarde me ternir les côtes, couché dans la neige. Je le regarde et cesse de rire.
- Qu… quoi ?
- C'est juste que je ne t'avais jamais vu rire, dit-il d'une voix basse.
Je ne réponds pas. Moi-même je ne sais plus à quand remonte mon dernier fou-rire. Mais je dois dire que cela m'a fait du bien. J'ai l'impression que tous mes doutes, toutes mes craintes se sont envolés par ma bouche. Je soupire et lui demande :
- Et alors ?
Il réfléchit un instant :
- C'est… perturbant. Mais je dois avouer que cela te va bien. Tu parais moins vieux.
Mes entrailles se serrent, il ne m'a jamais rien dit à ce sujet. Il évite toujours de parler de ma déchéance physique mais je sais qu'il en est conscient. D'ailleurs, comment ne pas le voir ? Je suis devenu une vraie loque ! Sa phrase m'a met mal à l'aise. Je dois chasser cette gêne, je ne veux pas gâcher cette soirée.
- Moins vieux ? Comme si j'avais l'air d'un grand-père, dis-je en plaisantant. Attend de voir ce que papi Malefoy est encore capable de faire.
Je me jette à nouveau sur lui et commence à le chatouiller. Mais Harry n'est pas en reste, il entreprend de me chatouiller mais je suis plus fort que lui et je me maintiens au-dessus de lui. Mais au bout de quelques minutes de ce rythme effréné, essoufflé, je m'arrête un instant. Harry aussi.
Son visage est si près du mien que je peux sentir son souffle sur mon visage et la vapeur qui s'évapore à chacun de ses halètements. Je plonge mon regard dans le sien et j'ai la sensation de m'y noyer.
Et je comprends. Après cinq ans de doute, je comprends enfin la raison de mon geste. Pourquoi je n'ai pas réussi à tuer Dumbledore. Pourquoi le regard d'Harry m'a si terriblement ébranlé.
Devant cette révélation, je me détourne d'Harry et me couche à ses côtés dans la neige. Je contemple les cieux d'un noir si profond qu'on ne distingue même pas la lune et encore moins les étoiles. Les flocons se remettent à tomber, je les sens caresser mon visage dans leur inexorable chute, dévaler la douce pente de mes joues telle une larme cristalline. Que je voudrai être l'un deux à ce moment même. Ils n'ont aucun autre but ni soucis que celui de quitter leur nuage et se laisser porter par l'air pour rejoindre leurs semblables sur Terre et recommencer leur éternel voyage. L'innocence des flocons…
Je frissonne. Mes vêtements sont trempés. Je sens l'eau s'insinuer dans le tissus de mon pantalon jusqu'à ma peau.
- Je crois que le bonhomme de neige sera pour une autre fois, dit soudain Harry en se levant. On est mouillés jusqu'aux os, on ferait mieux de rentrer. Viens.
Il me tend la main. Je la prends et il m'aide à me relever. Debout, je titube. J'ai vraiment froid.
- Draco, tu vas bien ?
- Oui. Un peu froid.
- Un peu ? Tu plaisantes, tes lèvres sont bleues.
Il me prend par l'épaule, me conduit à l'intérieur, dans la salle de bain. J'ôte mes vêtements détrempés et prends une douche chaude. Quand je sors, des vêtements secs sont posés devant la porte. Harry pense vraiment à tout.
Je le rejoins devant la cheminée. Lui aussi a changé de vêtements. Il avait revêtu un pantalon noir et un pull de la même couleur sous lequel on devine qu'il avait passé une chemise en flanelle rouge. Son visage est fermé, son attitude complètement différente, jamais on n'aurait pu croire qu'un quart d'heure auparavant il batifolait dans la neige.
Je le regarde adossé au mur jouxtant l'âtre, les flammes se reflétant dans ses yeux, leur donnant une brillance surnaturelle. Aucune expression n'anime ses traits figés, sa poitrine se soulève au rythme régulier et lent de sa respiration.
- Je vais me coucher, dis-je en me levant.
Il ne répond ni ne fait de geste prouvant qu'il m'a bien entendu.
Je vais dans ma chambre, me déshabille et me glisse entre les draps froids de mon lit.
Les images de cette agréable soirée me reviennent en tête. Le rire d'Harry, mon rire. Comme c'est étrange d'entendre un tel son sortir de ma bouche. Je n'arrive toujours pas à y croire.
Mais ce qui me surprend encore plus, c'est ce dont j'ai pris conscience, ce que j'ai ressenti alors que je me perdais dans l'océan vert de ses yeux.
Et la vérité m'apparaît soudain. Cette vérité qui met fin à tous mes doutes. Celle qui expliquerait pourquoi je n'ai pas pu tuer Dumbledore.
Je crois que j'aime Harry Potter…
oooOooo
Voilà, ce sera tout pour cette fois.
Laissez-moi simplement vous dire que j'ai vraiment aimé écrire la scène de la bataille de boule de neige. Elle m'a permis de libérer Draco de cette situation oppressante, ne serait-ce que quelques instants. Mais étrangement, je me suis sentie moi-même libérée, comme si la vie de Draco déteignait sur moi… Hum.. Me suis-je bien fais comprendre là ? Bref, un vrai soulagement cette sortie dans la neige !
Concernant l'éventuelle suite dont j'avais fait mention dans le chapitre précédent ; j'ai eu plusieurs review positives, m'encourageant à vraiment écrire cette suite. Je n'ai pas encore pris ma décision, bien que votre « engouement » me fasse réellement chaud au cœur. Mon hésitation est due à plusieurs éléments. Entre autres se pose un problème que beaucoup d'auteurs connaissent (je suppose), je parle du temps. Eh oui, la vie n'est que dur labeur et ne laisse malheureusement que peu de temps aux loisirs.
Je ne sais donc pas si j'aurai vraiment le temps d'écrire cette suite, bien que l'envie soit là ! J'ai pleins d'idées, notamment grâce à Trinitytagada, que j'embrasse au passage et que je remercie pour toutes les gentilles reviews et mails qu'elle m'envoie. Mais comme je pensais faire une suite assez longue, il faut que j'arrive à caler son écriture dans mon emploi du temps de minist… de juriste pardon (enfin, d'étudiante en droit plutôt), ce qui n'est pas une mince affaire ! Donc voilà, et comme me l'a fait très justement remarqué une revieweuse, il est difficile pour vous de savoir si une suite est nécessaire ou non avant d'avoir lu la fin. Donc je vais attendre la fin de la fic et réitérer ma question à ce moment-là.
Sur ce, je vous laisse,
Merci de m'avoir lue.
Kristana
