Titre : Katsuki, féministe malgré lui.

Disclaimer : Les personnages et l'univers de My Hero Academia ne m'appartiennent pas, ils sont la propriété pleine et entière de Kõhei Horikoshi.

Pairing : Katsu/Deku

Genre : Friendship / Humour / Romance.

Résumé : " C'est quoi ce bordel ?" C'est sa première pensée. La seconde est assez similaire. La troisième c'est qu'il est dans la merde. Il va buter quelqu'un avant la fin de cette histoire !

Note de l'auteure : Une petite idée comme ça. Un truc que j'espère un peu drôle. J'espère que ça vous plaira.

Bonne Lecture,

Lili.


~ 1. C'est quoi ce bordel ? ~

- Crève !

Une violente explosion mit le vilain KO, ce dernier tombant lourdement au sol, inconscient.

- Kacchan, s'écria Izuku en se précipitant vers le blond. Tu vas bien ?

- Bien sûr, abruti de Deku ! râla l'interpellé agacé que son camarade s'inquiète encore pour lui, sans aucune raison valable.

Comme s'il n'était pas capable de se débarrasser d'un vilain de pacotille sans se blesser !

- La situation est sous contrôle, informa platement Shoto en rejoignant Deku.

Mais, surprenamment, ce dernier ne répondit pas. Izuku regardait droit devant lui, les yeux exorbités et la bouche béante. Tournant la tête vers ce qui causait l'ahurissement de son ami, Shoto vit les policiers ramasser le vilain inconscient, tout en discutant avec Endevor. Jusque là rien qui justifie la réaction de son camarade. Ses yeux s'écarquillèrent brutalement et il se retrouva à fixer le même point de Deku, abasourdi lui aussi.

- Putain de cheveux de merde, bougonna Katsuki en repoussant une mèche blonde qui lui tombait devant les yeux.

Il fallait vraiment qu'il trouve le temps d'aller chez le coiffeur un de ces jours. Ses cheveux commençaient à être trop longs et ça allait très vite l'emmerder. Peut-être que si Endevor les libéraient plus tôt, il pourrait s'arrêter chez un coiffeur avant de rentrer au lycée.

Mais il avait peu d'espoir. Endevor prenait à cœur son rôle de mentor pour les trois lycéens, et les journées d'apprentissages en sa compagnie se terminaient souvent tardivement, les faisant rentrer à Yuei bien après le couvre-feu. Quand ils ne dormaient pas directement à l'agence. Il y avait peu de chance qu'aujourd'hui déroge à la règle. Katsuki devrait donc demander à Aizawa une autorisation de sortie pour aller se faire couper les cheveux.

Il pourrait demander à un de ses amis de le faire, mais il tenait assez à sa chevelure pour ne pas prendre le risque. Doués comme ils étaient, ses potes étaient bien foutus de le rendre chauve. Et la calvitie ne tentait nullement l'adolescent de seize ans et demi. Oui, Katsuki Bakugo tenait à ses cheveux ! Cheveux qui lui tombèrent à nouveau devant les yeux, l'agaçant prodigieusement et le faisant râler une fois de plus.

Tout en repoussant ses mèches rebelles, Katsuki fronça les sourcils, un détail le perturbant. Certes, il devait aller chez le coiffeur, mais il n'avait jamais eu les cheveux aussi longs. Pris d'un doute, il se saisit d'une de ses mèches blondes et la fit glisser entre ses doigts pour en évaluer la longueur. Non, définitivement, il y avait un truc qui n'allait pas. Il s'était vu dans un miroir moins de trois heures auparavant et, à ce moment-là, il avait les cheveux bien plus courts.

Profitant qu'une mèche blonde lui tombe devant le nez, il l'examina minutieusement. C'était bien ses cheveux, aucun doute possible. Mais putain, depuis quand lui tombaient-ils jusqu'au nombril ? Katsuki cligna des yeux, perturbé par un autre détail. C'était quoi ce bordel ? Sans réfléchir, il posa brutalement ses paumes sur ses pectoraux, rougissant légèrement en sentant que ceux-ci étaient... moelleux !

Merde ! C'était quoi ce bordel ?! Décidé à comprendre, il tira sur le col de son débardeur regardant son propre torse qu'il connaissait plutôt bien, le voyant à chaque fois qu'il se déshabillait, soit plusieurs fois par jour. Il releva brusquement la tête, rouge comme un coquelicot. Putain ! Il... Incrédule, il jeta un nouveau coup d'œil paniqué à l'intérieur de son vêtement. Mais rien n'avait changé. Ses pectoraux, habituellement plats et musclés, étaient bien trop ronds et volumineux pour être qualifiés de pectoraux. Il avait... des seins !

Affolé, il tourna sur lui-même cherchant du regard quelque chose, n'importe quoi, qui pourrait lui confirmer qu'il était bel et bien dans un putain de cauchemar. Son mouvement lui tira une grimace quand sa poitrine ballota désagréablement. Juste derrière lui, il tomba sur son propre reflet dans la vitrine d'un magasin quelconque.

- C'est quoi ce bordel ? souffla-t-il incrédule.

C'était lui, ça, il en était certain. Mais il avait du mal à se reconnaître. Il semblait plus petit, plus fin, son costume ne lui allant plus aussi bien qu'auparavant. En examinant son profil, il put attester que ses cheveux étaient bien plus longs que quelques heures plus tôt, lui tombant au bas du dos. Il ne put aussi que constater le renflement de son débardeur, lui confirmant la présence d'une paire de seins. La réalisation se fit lentement dans son esprit, vite suivie d'un doute affreux.

Non sans appréhension, Katsuki posa une de ses mains sur son entrejambe et la palpa. Il blêmit en ne sentant rien. Absolument rien ! Il ne lui fallut pas plus d'une seconde pour tirer sur la ceinture de son pantalon et de son boxer, plongeant directement son regard terrifié dans ses vêtements ainsi écartés. Sa toison pubienne, blonde et frisée, était toujours là. Mais il manquait définitivement quelque chose...

- C'est quoi ce bordel ?! rugit-il en relevant brutalement la tête.

En s'entendant crier, Katsuki ouvrit de grands yeux paniqués. C'était sa voix ça ? Depuis quand avait-il une voix aussi aiguë ? Son regard tomba sur ses deux camarades qui le fixaient toujours avec une incrédulité ahurie.

- Deku, appela-t-il son affolement perçant dans son ton. C'est ma voix ça ?

Devant le silence de son ami d'enfance, Katsuki franchit les quelques pas qui les séparaient et le saisit par le col pour le secouer.

- Réponds moi, putain ! C'est ma voix ça ?!

- Oui... Kacchan... bafouilla Deku en tentant de repousser le blond énervé.

Tous deux se figèrent soudainement. Ils se regardèrent dans le blanc des yeux quelques secondes, avant que leurs regards ne descendent, en parfaite synchronisation, vers les mains du plus jeune. En voulant repousser son ami, ce dernier avait malencontreusement posé ses paumes sur le torse du blond, et plus précisément sur... sa poitrine.

Deku rougit furieusement en voyant ses propres mains pleinement posées sur le torse de Katsuki. Sous ses paumes, ce n'était pas la fermeté de pectoraux bien musclés mais le rebondi d'une poitrine féminine. Sans vraiment s'en rendre compte, Izuku pressa doucement les deux globes de chair, notant que c'était étrangement moelleux.

- Je rêve ou t'es en train de me peloter, sale nerd ?

A ces mots, Izuku retira brutalement ses mains et se recula précipitamment, rouge de gêne et bafouillant des excuses à tout va. Il avait... peloter Katsuki ! Et Katsuki était...

- T'es une fille, lâcha platement Shoto.

Le constat frappa de plein fouet Katsuki. Il était... une fille ! Ceci expliquait la poitrine, les cheveux longs, la voix aiguë et l'absence de renflement dans son boxer.

Katsuki était quelqu'un d'intelligent, vraiment très intelligent. Mais gérer les émotions, c'était un truc qu'il ne savait pas faire. Enfin si... Il avait une méthode, une méthode bien à lui : hurler et tout exploser autour de lui. Ce fut donc très exactement ce qu'il fit quand il réalisa pleinement l'ampleur du problème : il était devenu une putain de gonzesse ! Et il n'y avait qu'un seul responsable possible à cette situation de merde : le vilain.

Les policiers eurent bien du mal à protéger leur prisonnier, toujours inconscient, de l'ire d'une blonde enragée. Le pauvre malheureux étant déjà dans les pommes, il ne put profiter pleinement des injures, des menaces de tortures très imaginatives, et du vocabulaire riche et imagée de la demoiselle en furie. Les policiers, qui tentèrent d'arrêter la harpie, valdinguèrent joyeusement dans les airs et renoncèrent bien vite. Ils ne risqueraient pas leur vie pour celle d'un criminel.

- Kacchan ! Calme toi ! supplia Deku en sautant sur son camarade pour l'arrêter, usant de son alter pour l'immobiliser au sol.

- Lâche moi, putain de Deku de merde ! Pas question que je reste comme ça bordel ! Il va me rendre mon corps à moi cette merde débile !

- Il ne pourra pas le faire tant qu'il est inconscient, intervint Endevor en surplombant ses deux apprentis qui roulaient au sol dans un amas de jambes et de bras. Tu vas devoir prendre ton mal en patience, Bakugo !

Profitant que Deku ait un peu relâché son étreinte, Katsuki se releva d'un bond en rugissant :

- Quoi ?! Pas question que je reste comme ça ! Je...

Il s'interrompit brusquement en voyant des rougeurs s'étaler soudainement sur le visage du héros pro et des policiers.

- Oh mon Dieu, souffla Deku catastrophé. Kacchan ! Ton débardeur !

Baissant les yeux, Katsuki comprit enfin le problème. Dans sa bataille avec Deku, son débardeur avait été malmené et un de ses seins en avait profité pour prendre l'air. Il se trouvait donc devant une foule de personnes, avec un sein nu visible de tous.

- Putain, râla-t-il en ajustant précipitamment son vêtement pour cacher ce sein qu'on ne saurait voir. Merde ! Fais chier ! Et bordel, vous en avez jamais vu de votre vie ou quoi, bande de pervers !

Endevor soupira lourdement. La situation était gênante, plus que gênante même. Et le seul à pouvoir la résoudre, si c'était possible, c'était le vilain, actuellement inconscient. Il jeta un œil à ses apprentis, notant l'air furieusement mortifié du blond devenu blonde, celui affreusement inquiet de Deku qui ne quittait pas Katsuki des yeux, et l'air totalement neutre et habituel de son fils. Il ne voyait qu'une seule solution à cet imbroglio.

- On rentre à l'agence, décida-t-il.

- Quoi ?! protesta vivement Bakugo. Et la patrouille ?!

D'un regard bien noir, il fit taire son apprenti le moins docile. Endevor prit le chemin de son agence, sortant son téléphone pour prévenir Eraserhead, le professeur de ses étudiants, de la situation. Il envoya aussi un message à ses acolytes pour leur demander de gérer la patrouille à sa place le temps de régler le problème Bakugo. Le trajet se fit en silence, Endevor réfléchissant à la situation problématique de son apprenti, Deku et Shoto surveillant du coin de l'œil Katsuki.

Katsuki pesta intérieurement sur ses nouveaux attributs physiques qui l'emmerdaient sévèrement. Ses cheveux longs lui fouettaient le visage à chaque coup de vent, et ses explosions, pour bien faire, produisaient du vent ! Et les deux masses graisseuses sur son torse tressautaient désagréablement à chaque mouvement. Bref, à chaque explosion, ou saut, ou pas, il se prenait ses cheveux dans la tronche et sentait ses seins balloter dans tous les sens. Génial ! Vraiment génial !

Arrivé à l'agence, il suivit Endevor jusqu'à son bureau, rageant intérieurement contre sa poisse et contre ce vilain de merde et son alter bien pourri. Il ne prêta aucune attention à ce qu'il se passait autour de lui, ni à ce que purent dire les acolytes du héros incandescent. Ce ne fut que quand la lourde porte du bureau se referma dans son dos qu'il sortit de ses récriminations intérieures pour s'intéresser un peu à ce qu'allait décider son mentor.

Endevor se laissa pesamment tomber dans son fauteuil et soupira lourdement. Se tournant vers Burning, une de ses acolytes féminines, il lui demanda :

- Tu en penses quoi ?

- Je vois pas en quoi... commença Katsuki d'un ton rageur.

- Je parle à Burning ! l'interrompit Endevor d'un ton las.

L'héroïne se mordit les lèvres pour ne pas rire en voyant la mine furieuse du blond, enfin de la blonde. Elle avait suivi son supérieur dans ce bureau à sa demande, et se doutait de la raison précise de sa présence : elle était une femme ! Endevor espérait sûrement qu'elle aurait une solution à proposer pour la situation particulière de Bakugo. Mais en toute honnêteté, elle n'en voyait qu'une :

- Il faut qu'il achète un soutien-gorge.

Katsuki manqua de s'étrangler avec sa propre salive en entendant les mots de Burning.

- Quoi ?!

- Ta poitrine va te gêner plus qu'autre chose si elle n'est pas bien maintenue, expliqua Burning non sans un amusement sadique. D'où l'intérêt du soutien-gorge. Et si la situation perdure, il te faudra aussi probablement des protections périodiques.

Le sourire de l'héroïne s'agrandit en voyant Katsuki blêmir, son expression oscillant dangereusement entre l'horreur absolue et l'envie de vomir. Burning se retint de rire en voyant Deku prendre des notes sur un bloc sorti d'elle ne savait où.

- Certes, soupira Endevor blasé. Mais à part ça...

- Il va lui falloir un temps d'adaptation, reprit Burning plus sérieusement. Son corps est différent, ses capacités physiques peuvent avoir été affectées et cela peut avoir des répercussions sur son alter.

- C'est pas parce que je suis une putain de gonzesse que je suis moins bon qu'avant ! tonna Katsuki.

- En théorie non, confirma Endevor. Mais tu as l'habitude de faire avec un corps différent de celui-là. Qu'il te faille un temps d'adaptation est normal.

- Je vais pas rester une gonzesse toute ma foutue vie !

La colère de Katsuki était parfaitement compréhensible du point de vue de tous. Aussi Endevor tenta-t-il de calmer l'ire du blond devenu blonde.

- Être une femme ne fait pas de toi un moins bon héros.

- Je sais ça putain ! grogna Katsuki.

- Mais il n'empêche que tu dois faire plus attention à certaines choses et que tes capacités peuvent être amoindries. Il vaut mieux que tu te tiennes à l'écart en attendant que... reprit Endevor en dardant un regard noir sur son apprenti qui avait osé l'interrompre.

Mais avant qu'il puisse aller plus loin, la voix de Midoriya se fit entendre.

- Kacchan sait parfaitement qu'une femme peut être aussi forte et puissante qu'un homme, et il n'a jamais considéré un adversaire moins dangereux parce que ledit adversaire était une femme.

Burning et Endevor fixèrent un regard surpris sur Midoriya qui parlait d'un ton dur et froid, ses prunelles émeraudes emplies d'une colère résolue.

- Kacchan est un garçon depuis sa naissance, claqua Izuku d'un ton d'évidence. Il n'a jamais eu de problème d'identité de genre. Il n'a jamais demandé à être transformé en femme. Il est normal qu'il vive mal cette situation. Le mettre à l'écart n'arrangera rien !

Une main s'abattit sans aucune douceur sur le crâne d'Izuku, le faisant taire en un couinement pitoyable.

- La ferme ! J'ai pas besoin que tu prennes ma défense, sale nerd !

Katsuki darda un regard noir sur Deku qui se frottait le crâne en lui adressant une moue boudeuse. Il ne s'attendait pas à ce que ce dernier vole à son secours de cette manière et, même s'il appréciait l'intention, il n'était pas question de le laisser faire. Même s'il avait parfaitement raison sur toute la ligne.

Lui ? Croire qu'une femme était forcément une petite chose fragile et faible ? Quelle blague ! Ceux qui pensaient ça ne connaissait pas sa vieille sorcière de mère. Chez lui, c'était sa mère qui portait la culotte, elle qui représentait l'autorité et elle qui tenait tête à quiconque osait la mettre en rogne d'une manière ou d'une autre. Son père était adorable, mais une vraie chiffe molle.

- Bon, soupira Endevor. Vu la situation, je préfère que vous rentriez à Yuei tous les trois.

Il leva la main, coupant court aux protestations qu'il voyait venir.

- Avec de la chance, cette situation n'est que temporaire, ajouta-t-il. Et de toute manière, Burning a raison, il te faut le temps de t'adapter à ton nouveau corps pour être efficace Bakugo.

Ouvrant un tiroir de son bureau, il farfouilla dedans et tendit une enveloppe à ses apprentis.

- Je n'ai pas le temps de vous ramener et, comme Burning l'a souligné, il te faut acheter certains... accessoires. Voici de l'argent pour le faire.

- J'ai pas besoin de votre fric, claqua Katsuki. Et pourquoi eux doivent rentrer ? Je peux rentrer tout seul !

- Tu as été touché durant ton apprentissage, sous ma responsabilité, c'est donc de ma responsabilité de m'assurer que tu ais les moyens de te procurer ce dont tu as besoin, expliqua Endevor. Et ta sécurité relève aussi de ma responsabilité. Shoto et Deku doivent s'assurer qu'il ne t'arrive rien de fâcheux.

- Et qu'est-ce qu'il pourrait m'arriver, putain ? râla Katsuki. Je sais me défendre, bordel !

- Une jolie fille comme toi, répondit Burning d'un air moqueur, tu vas t'attirer des tas d'emmerdes ! Entre les tripoteurs dans les transports en communs et les dragueurs bien lourds...

Katsuki grogna, se remémorant le nombre de fois où il avait lui-même était témoin de ce genre d'attitude déplorable. En général, il s'arrangeait pour calmer rapidement les ardeurs des sans-gènes. Un coup de genou bien placé, ou une bonne bourrade brutale, assaisonnés de quelques insultes bien senties suffisaient à faire fuir les emmerdeurs. Se sentant observé, il tourna la tête, tombant sur les regards soucieux de ses deux camarades qui le détaillaient de la tête aux pieds.

- C'est vrai que tu es jolie, admit Shoto d'un ton plat.

- Burning a raison, marmonna Izuku. Une jolie blonde... tu vas attirer tous les pervers qu'on va croiser. Tu es capable de te défendre, mais il est possible que ton corps te joue des tours. Et si tu utilises ton alter, ça va provoquer des accidents. Il va falloir qu'on soit vigilant ! Il est plus prudent qu'on vienne avec toi, c'est évident...

Katsuki bouillonnait de rage. Putain de situation de merde ! Et maintenant que Burning avait dit ça, il était sûr et certain que les deux crétins ne le quitteraient pas d'une semelle, prêts à défendre sa foutue vertu contre tous les connards libidineux du coin. Et puis, merde ! Il n'était pas jolie ! Bordel ! Déjà qu'en mec il se trouvait passable, il ne voyait pas comment il pourrait être devenu une putain de jolie fille !

Il quitta finalement le bureau d'Endevor, après que celui-ci les ai congédiés, et se dirigea d'un pas reflétant toute sa colère vers les vestiaires, les deux autres sur ses talons. Perdu dans ses morigénations intérieures, il ouvrit vivement la porte de son casier, ôta ses gants et les balança sans aucune considération sur le banc derrière lui. Il portait les mains à son débardeur pour l'enlever, quand dix doigts se refermèrent sur ses poignets l'en empêchant.

Levant la tête, il tomba sur le visage inquiet de son ami d'enfance, face à lui.

- Quoi ? ragea-t-il.

- Tu devrais t'isoler pour te changer, Kacchan, souffla Deku en jetant un œil noir par dessus son épaule.

- Bah non, rit une voix grave dans son dos. Tu vas pas nous priver d'un strip-tease gratos quand même !

Une sueur froide envahit la nuque et le dos de Katsuki quand il entendit les rires gras des autres héros présents dans le vestiaire et qu'il n'avait pas vu. Il se retint de hurler et de se retourner pour leur exploser la tronche, se sentant bizarrement mortifié d'être la cible de ce genre de moqueries. Sans aucune douceur, il bouscula Deku et alla s'enfermer dans une des cabines de douches individuelles présentes dans le vestiaire.

Il ferma soigneusement la porte à clé et grinça des dents en entendant la voix de cet abruti de Double-face dire aux autres que leur attitude était déplorable et déplacée. Quelle merde ! Sans attendre, plus vite il pourrait partir mieux il se porterait, il se déshabilla entièrement et alluma la douche. Il allait se glisser sous le jet d'eau quand on frappa discrètement à la porte de la cabine.

- Kacchan, appela la voix de Deku.

- Quoi encore ?! tonna Katsuki.

- Tes affaires...

Et merde ! Dans sa colère, il avait effectivement laissé toutes ses affaires dans son casier.

- Si tu veux bien ouvrir la porte, reprit Izuku. Je te les ai amenés. Promis, je garde les yeux fermés.

Sans un mot, Katsuki déverrouilla la porte et l'entrouvrit. Un coup d'œil lui confirma que ce sale nerd avait ses fringues et ses affaires de toilettes dans les bras et les yeux clos. Il nota vaguement que son ami d'enfance s'était placé de telle sorte qu'il était impossible pour quiconque de le voir, faisant bouclier de son propre corps. D'un geste brusque, Katsuki se saisit du tas tendu par Izuku et referma la porte violemment, masquant son "merci" dans le claquement du battant.

- Je suis dans la cabine à ta droite, lança Izuku.

Et son putain de sourire était audible dans sa voix, faisant rager intérieurement Katsuki. Bien sûr que cet abruti l'avait entendu dire merci et s'en réjouissait. Il en fallait vraiment peu pour faire plaisir à ce sale nerd.

- Moi, dans celle à ta gauche, répondit la voix plate de Shoto.

Super ! Il était cerné ! Au moins, avec ces deux-là, il n'avait pas à craindre qu'ils regardent par-dessus les cloisons, entre les cabines, qui n'allaient pas jusqu'au plafond. Tout en se glissant enfin sous le jet d'eau, ses affaires posées à l'abri, son gel douche et son shampooing à portée de main, il soupira discrètement. Il n'avait jamais approuvé le voyeurisme et le sans-gêne de certains pervers, et se retrouver à en être la cible ne le ravissait nullement.

Il pesta longuement sur la quantité de shampooing qu'il dut utiliser pour se laver les cheveux, cheveux qui en plus s'emmêlèrent le faisant râler un peu plus quand ses doigts se retrouvèrent coincés dans un nœud. Putain, que ça le gonflait ! Ayant fini de batailler avec sa longue et épaisse chevelure, il entreprit de se savonner. Ses paumes naviguèrent sur son corps, d'abord rapidement, puis plus lentement, ses yeux observant les modifications qu'il avait subies.

Katsuki connaissait bien son corps masculin et ses proportions et, clairement là, ce n'était plus les mêmes. Ses épaules étaient moins larges, moins musclées, ses bras plus fins, son ventre un peu plus mou, sa taille plus marquée et ses hanches plus rondes. Il nota avec un certain soulagement qu'il avait malgré tout gardé une certaine musculature, même si bien moins visible qu'habituellement. Ses abdominaux étaient bien présents, de même que ses biceps, même si moins saillants.

Non sans une certaine appréhension, il posa ses mains sur ses seins, les palpant pour en évaluer la texture et la taille. Ils étaient bien ronds et assez fermes, assez gros pour ne pas tenir entièrement dans ses paumes. Ses tétons, habituellement assez petits et rosés, étaient plus larges et un peu plus foncés. C'était vraiment très bizarre de se retrouver avec deux masses graisseuses en lieu et place de ses pectoraux musclés et fermes.

Lâchant ses seins, Katsuki glissa ses mains dans son dos, allant toucher son postérieur. Il fut presque soulagé de ne sentir aucune différence ou presque. Il n'avait pas un cul plus gros, ni plus flasque. Non, il était bien ferme, comme avant, et bien proportionné. Juste un peu plus large, mais c'était parfaitement normal, son bassin étant plus large qu'habituellement.

Descendant ses yeux et ses paumes, Katsuki examina ses jambes (bien galbées mais plus fines), ses pieds (plus petits, moins larges), puis ses mains (bien plus fines et moins calleuses). Bon, ce n'était pas aussi catastrophique que ça finalement. Prenant son courage à deux mains, il se pencha sur l'épineux problème de son entrejambe. Là aussi, la différence était flagrante. Pas de pénis mou, ni de testicules pendouillant entre ses jambes. Juste le triangle de poils blonds et frisés habituel.

Non sans appréhension, il glissa une de ses mains à cet endroit précis. Il savait comment c'était fait, en théorie du moins, le souvenir des dessins assez explicites de son livre d'anatomie lui revenant en mémoire. Mais il n'en n'avait jamais vu et encore moins touché. Il eut une pensée fugace pour Kaminari, qui à sa place en profiterait allègrement, mais il la chassa vite pour se concentrer sur son cas.

Lentement, Katsuki fit glisser ses doigts entre ses cuisses, effleurant cette zone inconnue. Il grimaça en sentant la texture et les plis si différents de son appareil génital habituel. Ouais, non, ça, il allait avoir du mal, vraiment ! Il retira sa main et se la savonna abondamment, ayant l'impression ridicule d'être sale. Ce n'était pourtant pas plus sale que quand il se lavait le cul ou la bite, mais voilà, c'était définitivement trop bizarre.

Il se rinça soigneusement, notant au passage qu'il était encore moins poilu qu'avant. Déjà qu'en temps normal il était presque imberbe, seul son pubis et ses aisselles étant doté d'une certaine pilosité, et pas des plus épaisses, mais là c'était encore moins. Il avait bien du poil à son entrejambe, mais ses aisselles se retrouvaient vierges de tous poils. Il devait dire merci à son alter pour lui épargner ce genre de désagrément.

- Kacchan, tout va bien ?

La voix de Deku lui fit lever la tête vers le haut de la cloison mitoyenne à la cabine de douche à sa droite. Les sourcils de Katsuki se froncèrent quand il remarqua un détail. Il lui semblait que la cloison était plus haute que d'habitude. Serait-ce possible qu'il soit vraiment plus petit ? Rapidement, il réfléchit à comment évaluer sa taille et il trouva.

- Oï Deku, dit-il. Colle toi à la cloison et lève la main.

- Euh...

- Fais le putain !

- D'accord Kacchan.

Les yeux rivés sur le haut de la cloison, Katsuki guetta le moment où il verrait le bout des doigts d'Izuku. Trois phalanges apparurent finalement dans l'espace sous le plafond.

- Comme ça, Kacchan ? demanda Deku.

- T'es pas sur la pointe des pieds, hein ? s'assura Katsuki en se collant à la paroi de son côté.

- Non Kacchan.

- T'es bien collé ?

- Oui Kacchan.

Dubitatif, Izuku garda la pose, son corps collé contre la cloison, son bras droit levé en l'air, se demandant ce que cherchait à faire son ami d'enfance. Il l'entendit jurer entre ses dents et s'inquiéta :

- Kacchan ?

- Putain ! grogna ledit Kacchan. Je suis plus petit que toi ! Merde !

- Oh... souffla Izuku en comprenant. Tu peux pas atteindre mes doigts ? Même en te mettant sur la pointe des pieds ?

A peine eut-il fini sa phrase qu'il sentit un contact sur le bout de ses doigts, et un sourire étira ses lèvres.

- Ça ne m'a pas frappé, avoua-t-il. Ça ne doit pas être une grosse différence.

- N'empêche que je suis plus petit ! tempêta Katsuki. Fais chier !

Les bruits de l'autre côté de la cloison informèrent Izuku que Katsuki se séchait et s'habillait, aussi quitta-t-il sa position pour en faire de même de son côté.

Quelques minutes plus tard, la voix de Shoto résonna :

- Le vestiaire est vide, il ne reste que nous.

Cette information soulagea Izuku. Si Katsuki n'avait pas prêté attention aux autres héros qu'ils avaient croisés depuis leur retour à l'agence, Izuku, lui, avait remarqué les regards moqueurs et légèrement lubriques que beaucoup avaient posés sur son ami d'enfance.

Izuku admettait sans mal que Katsuki était devenue une très jolie fille et même son costume de héros, devenu un peu trop large, ne suffisait pas à cacher les courbes avantageuses du corps féminin de son ami d'enfance. Et son envie de protéger Katsuki avait grondé furieusement dans ses entrailles. Seule la certitude que le blond l'enverrait chier l'avait empêché de trouver quelque chose (une cape, une couverture, un drap... n'importe quoi) pour le cacher des yeux pervers le reluquant sans vergogne.

Il quitta la cabine de douche rapidement, rejoignant son casier pour y récupérer son sac, retrouvant Shoto assis sur un banc, déjà prêt, son téléphone à la main. Une porte claqua violemment, attirant l'attention des deux apprentis héros sur leur camarade. L'air rageur de Katsuki n'incita aucun des deux autres à dire quoique ce soit et ce fut dans un silence relatif qu'ils finirent de se préparer à partir.

- Putain ! Je vais me les couper bordel !

L'exclamation énervée fit soupirer doucement Izuku qui sentit son cœur se serrer en voyant Katsuki se battre avec son peigne coincé dans ses longues mèches blondes.

- Je ne crois pas que ce soit judicieux, intervint calmement Shoto. Quand tu retrouveras ton corps normal, ils vont raccourcir. Si tu les coupes, il ne te restera plus rien.

- La ferme putain ! Je t'ai pas demandé ton avis ! claqua Katsuki en tirant un peu plus fort sur son peigne.

Ses mains furent soudainement éloignées et la voix de Deku lui parvint :

- Attends, laisse moi faire. Tu vas t'arracher les cheveux si tu continues.

Katsuki fut bien tenté de protester, mais il en avait marre et il décida de laisser ce sale nerd faire ce qu'il voulait.

Voyant que son ami d'enfance ne disait plus rien, Izuku entreprit de démêler le peigne prisonnier puis, une fois fait, il se saisit de sa propre brosse à cheveux pour peigner la chevelure blonde. Se souvenant du nombre de fois où Katsuki avait râlé sur celle-ci durant le retour à l'agence, il décida de l'attacher. Il réunit maladroitement les longues mèches en une queue de cheval très imparfaite, et tendit la main vers Katsuki.

- Tu peux me passer ma cravate ?

La bande de tissu rouge atterrit dans sa main, et Izuku la noua autour de l'épaisse queue de cheval, serrant bien fort pour que ça ne bouge pas.

- Voilà, dit-il avec un sourire fier. Ce n'est pas extraordinaire, mais au moins ils ne te gêneront pas.

- Tsss...

Amusé par la réponse de Katsuki, Izuku se permit de l'observer d'un peu plus près. Le visage du blond était un peu plus fin, sa mâchoire moins carrée, ses joues un peu plus rondes et ses lèvres plus pleines. Oui, Katsuki faisait une très jolie fille. Dommage que l'expression typiquement renfrognée de son ami d'enfance gâche un peu les traits fins et doux de son visage, comme d'habitude.

Quelques minutes plus tard, les trois futurs héros sortaient du vestiaire avec leurs affaires, et prenaient la direction de l'extérieur. Katsuki serra les dents en croisant les regards amusés et lubriques des acolytes présents dans l'open space qu'ils traversèrent. Il accéléra l'allure, peu désireux de se prendre des réflexions plus ou moins semblables à celles entendues plus tôt dans le vestiaire.

Shoto et Izuku le suivirent à la trace, fusillant des yeux tous ceux qui se permirent de détailler sans vergogne leur ami. Ni l'un, ni l'autre n'appréciaient ces regards chargés d'un intérêt lubrique. Ces imbéciles semblaient oublier qu'il s'agissait de Katsuki Bakugo, garçon explosif s'il en était, un être humain, et non d'un vulgaire bout de viande. Et l'un comme l'autre craignait un peu le moment où leur camarade péterait un câble. Car nul doute que le blond ne supporterait pas ce genre de chose très longtemps.

Rapidement, ils se retrouvèrent sur le trottoir devant l'agence et prirent la direction de l'arrêt de bus le plus proche. Les yeux rivés sur son portable, Shoto lut le dernier message de sa sœur.

- Fuyumi nous conseille d'aller au centre commercial de la huitième avenue. C'est sur notre chemin et on trouvera tout ce dont tu as besoin, Katsuki.

- Parce que tu as raconté ça à ta frangine ! s'énerva immédiatement le blond.

- C'est une fille, expliqua Shoto de son ton calme habituel. Elle s'y connait bien mieux que nous pour tous les trucs de filles. Elle m'a donné toute une liste de produits dont tu pourrais avoir besoin.

- C'est très gentil à elle, intervint rapidement Izuku empêchant Katsuki de s'offusquer d'avantage. Et ça nous évitera de demander des conseils aux filles de la classe.

Katsuki blêmit légèrement et se tut, admettant en son for intérieur qu'il ne tenait pas à se retrouver entre les mains de ses camarades féminines. Évoquer leurs camarades lui fit réaliser un détail et il grogna d'agacement.

- Mineta va être infernal, souffla Izuku ayant visiblement pensé à la même chose que lui.

- Denki va pas être mieux, soupira Katsuki blasé.

- On s'arrangera pour les tenir éloignés de toi, décida Shoto.

- Je peux encore me défendre seul face au dragibus pervers et cet imbécile de Pikachu ! tonna Katsuki.

Durant la discussion, le bus était arrivé et les trois camarades y montèrent. Tous les sièges étant occupés, ils s'installèrent debout, au milieu du bus, s'accrochant aux poignées pendant du plafond.

- Est-ce que ta sœur t'a conseillé un magasin en particulier ? s'enquit Izuku.

- Plusieurs oui, confirma Shoto.

Tout en écoutant d'une oreille distraite la conversation entre les deux autres, Katsuki darda un regard noir sur un quatuor de mecs, à peine plus âgés qu'eux, qui le fixaient avec insistance. L'un d'eux lui fit un geste très suggestif, mime vulgaire d'une copulation sauvage, et Katsuki ne put s'empêcher de répliquer :

- Va te payer une pute si t'es en manque connard !

Son exclamation attira l'attention de Shoto et Izuku sur le petit groupe. En silence, Shoto se déplaça, se plaçant juste devant Katsuki, le cachant de la vue des pervers. Lesquels protestèrent vivement. Katsuki aurait bien continué à les insulter si une main se posant sur son postérieur ne l'avait pas fait sursauter. Il se retourna, prêt à exploser le propriétaire de l'intruse mais n'en eut pas le temps.

Izuku vit la main d'un homme d'une bonne trentaine d'années se faufiler jusqu'aux fesses de Katsuki et sans réfléchir agrippa le tripoteur par le col et le repoussa violemment.

- Pas touche ! rugit-il en fusillant des yeux le mal élevé.

Puis, sans un mot de plus, il se glissa derrière Katsuki. N'ayant pas de poignées pour se tenir, autre que celle à laquelle se tenait déjà son ami d'enfance, Izuku s'y accrocha, collant son corps contre celui du blond.

- Désolé Kacchan, souffla-t-il.

Katsuki fut tenté de protester, mais il croisa le regard lubrique de celui qui l'avait tripoté, sans son consentement, et préféra se taire. A choisir, il préférait se retrouver coller contre Deku plutôt que contre un pervers quelconque. Au moins avec Deku il ne risquait rien. Sérieusement, ça le gonflait sévèrement cette histoire. Juste parce qu'il avait les cheveux longs et une paire de seins, certains le regardaient comme un vulgaire bout de bidoche sur qui ils pourraient assouvir leurs travers lubriques. C'était dégueulasse !

Le reste du trajet se passa en silence, Katsuki coincé entre Shoto et Deku, l'un faisant barrage de son corps et l'autre le collant littéralement. Finalement, Shoto annonça que c'était leur arrêt et les trois apprentis héros descendirent non sans un certain soulagement.

- Le magasin de lingerie est le plus proche, informa Shoto en pénétrant dans la galerie commerciale. On devrait commencer par là.

Ils poussèrent la porte de la boutique et se figèrent sur place. Devant eux, tous les murs du magasin exposaient des soutiens-gorges et des petites culottes. Les trois adolescents rougirent violemment devant ce spectacle, très gênés de se retrouver là.

- Bon, souffla Izuku. Euh... Comment on choisit ?

- J'en sais rien, râla Katsuki. On en prend un au pif et on croise les doigts pour qu'il aille.

- Fuyumi conseille de demander à une vendeuse de nous aider, lâcha Shoto.

- Je reste pas là trois plombes ! décréta Katsuki en s'avançant résolument vers l'un des murs.

Shoto et Izuku le suivirent en silence, bien d'accord avec lui. Plus vite ils pourraient sortir d'ici, mieux ils se porteraient. Ils avaient seize ans, et si l'anatomie féminine en général les intéressait vaguement, les sous-vêtements beaucoup moins. Bref, cette situation était hautement embarrassante.

- Kacchan ? Tu préfères quel modèle ? demanda Izuku, le rouge aux joues, en observant les divers sous-vêtements exposés.

Il y avait de tout : de la dentelle, des motifs, des petits nœuds, tout plein de couleurs différentes. Même les formes différaient d'un modèle à l'autre. Comment choisir ?

- Vous avez besoin d'aide ? les interpella une voix féminine.

Surpris, les trois garçons, dont un devenu fille, se tournèrent vers la sémillante vendeuse brune qui leur sourit aimablement.

- Non, grogna Katsuki.

- Si, contra Izuku récoltant un regard noir et menaçant en retour. On ne sait pas quel modèle choisir.

- C'est pour lui... enfin elle, expliqua Shoto en désignant Katsuki.

- Oh d'accord, sourit la vendeuse. Quelle est votre taille ?

Katsuki cligna des yeux, surpris par la question, puis évaluant la différence de taille entre lui et Izuku, définitivement plus grand que lui à son grand désarroi, il répondit :

- Environ un mètre soixante.

La vendeuse pouffa, visiblement très amusée par la réponse, et précisa, plongeant les trois garçons dans un monde totalement inconnu d'eux.

- Je parlais de votre tour de poitrine et de votre taille de bonnet.

- Bonnet ? reprit Izuku perplexe.

- C'est la première fois qu'il.. qu'elle doit acheter un soutien-gorge, expliqua placidement Shoto. Nous n'y connaissons rien.

- La première fois ? s'étonna la vendeuse en examinant Katsuki de la tête aux pieds. Oh... Dans ce cas, suivez-moi !

Voyant l'hésitation des trois jeunes gens face à elle, la jeune femme reprit :

- Si vous avez d'autres courses à faire jeunes hommes, vous pouvez y aller, je m'occupe de votre amie.

- Très bien, répondit Shoto. Je vais aller dans l'autre magasin conseillé par Fuyumi pour le reste. On gagnera du temps.

Izuku fut tenté de suivre Shoto, peu désireux de rester plus longtemps dans la boutique, mais son poignet fut brusquement enserré dans une poigne forte l'en empêchant.

- D'accord, sourit-il à son ami au double alter. Je t'envoie un message dès qu'on a fini et on se retrouve.

- Hm, confirma Shoto.

Il sortit rapidement l'enveloppe, confiée par Endevor de son sac, et divisa la somme contenue en deux, en laissant la moitié à Izuku avant de quitter la boutique.

Katsuki serra les dents en voyant Double face disparaître. Non, le fait que cet abruti bicolore déserte ne le gênait nullement. Au contraire, l'idée que Shoto se charge seul d'une partie des achats lui convenait très bien. Cela lui épargnerait l'humiliation de courir dans d'autres magasins un peu trop gênant. Mais l'idée de rester seul aux mains de la vendeuse lui avait filé des sueurs froides et, instinctivement, il s'était accroché à Deku pour le faire rester. Et ça, ça le gonflait méchamment. Depuis quand son corps agissait sans son accord, surtout pour garder ce sale nerd près de lui ?

Sans un mot, il suivit la vendeuse jusqu'au fond de la boutique, sentant Deku lui emboîter le pas. Évidemment que cet abruti n'allait pas le laisser seul dans cette situation de merde, surtout pas après sa foutue supplique silencieuse ! La brunette écarta un rideau bordeaux, dévoilant une cabine d'essayage petite et bien éclairée avec un grand miroir au fond.

- Allez-y, entrez, lui dit la vendeuse en souriant. Et déshabillez-vous, juste le haut. Je reviens.

Avec l'horrible impression de monter à l'échafaud, Katsuki entra dans la cabine et tira le rideau dans son dos. Sans attendre, il ôta sa veste d'uniforme, bien fermée pour une fois, et sa chemise blanche, prenant garde à ne pas faire sauter les boutons qui s'étiraient déjà dangereusement. Sa chemise n'était nullement prévue pour contenir une paire de seins et ça se voyait. D'où la nécessité absolue de fermer convenablement la veste pour essayer de cacher la misère, même si le tissu gris du blazer était très tendu sur sa poitrine.

Une fois torse nu, Katsuki leva les yeux vers le miroir, découvrant une vue d'ensemble sur son nouveau buste. C'était... gênant... Très gênant... Il se couvrit la poitrine avec ses bras et tourna le dos au miroir, peu désireux de rester devant son image. Le rideau s'ouvrit brusquement et la vendeuse lui fit un grand sourire en pénétrant dans la cabine. Katsuki croisa le regard soucieux de Deku, attendant sagement de l'autre côté, et eut l'envie, totalement mal venue, de le tirer avec lui dans la cabine pour ne pas rester seul avec la démoniaque vendeuse.

Le rideau se referma et Izuku recula d'un pas, ayant avancé sans s'en rendre compte en voyant le regard lancé par Katsuki. Ses yeux appelaient à l'aide. A peine eut-il le temps de se rassurer, non Kacchan ne risquait rien dans une cabine d'essayage, qu'il entendit la voix de la vendeuse s'élever :

- Levez les bras, je vais prendre vos mesures, puis on pourra passer aux essayages.

Un court silence se fit, et la vendeuse reprit :

- Vous avez une très jolie poitrine. Bien faite, bien proportionnée et bien ferme. Vous êtes sportive ?

- Ouais, grogna la voix féminine de Katsuki.

- Il vous faudra un modèle bien emboitant alors. C'est important de bien maintenir la poitrine, surtout lors d'efforts physiques. Sinon, dans quelques années vous aurez les seins en gants de toilette.

Izuku se sentit rougir jusqu'aux oreilles, les images évoquées par les mots de la vendeuse défilant dans son esprit bien malgré lui. Et le fait que la poitrine en question appartienne à son explosif et susceptible ami d'enfance ne le refroidit nullement.

- Bien, donc vous faites du 90C, ce qui est absolument parfait pour votre morphologie. Je vais vous chercher des soutiens-gorges pour essayer. Je reviens.

Le rideau s'ouvrit et la vendeuse sortit de la cabine d'essayage, laissant derrière elle une blonde rouge écarlate et à deux doigts de l'explosion.

- Tout va bien, Kacchan ? s'enquit prudemment Izuku sans oser s'approcher trop du rideau refermé.

Ledit rideau s'écarta juste assez pour laisser passer un bras et une main qui l'attrapèrent par le col et le ramenèrent sans douceur près de l'étoffe bordeaux.

- Putain Deku ! Je vais buter cette taré ! grogna Katsuki dans un souffle, ne laissant que son visage mortifié apparaître de derrière le rideau. Elle a pas arrêté de me tripoter, bordel !

- C'était pour prendre tes mesures, justifia Izuku en tentant de faire abstraction de la vue du dos nu de son ami d'enfance que lui renvoyait le miroir du fond de la cabine.

- Et me prendre les seins à pleine main pour les peloter, c'était obligé ? contra Katsuki en s'empourprant un peu plus.

- Je sais pas, avoua Izuku rougissant furieusement à l'image qui surgit dans son esprit.

Il maudit intérieurement Mineta et ses fantasmes, qu'il exprimait sans complexe à voix haute, débridant sans le vouloir l'imagination de ses camarades bien plus sages que lui.

La vendeuse revint à ce moment-là, et Izuku souffla discrètement de soulagement, envoyant toutes ses pensées compatissantes à Kacchan qui se retrouvait de nouveau aux prises avec la brune. Celle-ci demanda à sa cliente si elle préférait la dentelle ou les broderies, avec ou sans armatures, fermeture avant ou arrière, balconnet ou push-up et tout un tas d'autres termes techniques et obscurs. Izuku ne put s'empêcher de pouffer quand il entendit Katsuki couper court à l'interrogatoire d'un élégant :

- Parce que j'ai l'air d'en savoir quelque chose, putain ?!

Bien loin de se douter de l'enfer que vivait Katsuki aux mains d'une vendeuse dévouée, et des affres tumultueuses dans lesquelles chaque phrase entendue plongeaient Izuku, Shoto était lui aussi dans une situation problématique. Il avait rapidement trouvé le magasin conseillé par sa sœur, et en arpentait les rayons à la recherche de ce dont son camarade aurait besoin. Il était donc actuellement au rayon accessoires de coiffure et faisait face à un étal conséquent de brosses, peignes, barrettes et autres trucs féminins.

Le problème était qu'il n'avait aucune idée de ce dont parlait sa grande sœur quand elle disait : des trucs pour qu'il puisse se coiffer. Il lui avait bien envoyé un message lui demandant d'expliciter la chose, mais elle n'avait pas répondu. Il était donc là, hésitant entre une brosse ronde, une brosse plate, un peigne anti-noeud, un peigne fin ou un peigne épais. Un lourd soupir lui échappa, regrettant d'être venu seul dans cette boutique. Au moins, Katsuki aurait pu avoir une idée, quoique... A bien y réfléchir, rien n'était moins sûr.

- Vous cherchez quelque chose en particulier ? l'interpella une voix féminine.

Shoto tourna la tête et salua poliment la vendeuse rousse qui se tenait près de lui.

- Je voudrais ceci, dit-il en montrant la liste envoyée par Fuyumi.

- Oh, sourit la vendeuse. Vous avez des précisions sur ce qu'elle veut exactement ?

- Non, avoua l'adolescent au double alter.

- Alors voyons, décida la vendeuse avec enthousiasme. Votre petite amie a-t-elle les cheveux très longs ou mi-longs ?

- Ce n'est pas ma petite amie, corrigea Shoto. Elle est, certes, plus petite que moi et c'est mon amie, mais c'est tout. Et ses cheveux lui arrivent... au bas du dos.

- D'accord, sourit la rousse. Sont-ils épais ? Lisses ? Ondulés ? Frisés ?

Shoto réfléchit, visualisant mentalement la chevelure de Katsuki, avant de répondre.

- Il... elle en a beaucoup... Et ils sont lisses...

La vendeuse glissa dans le panier de son jeune client deux brosses et un peigne, puis lui demanda la couleur de la chevelure de son amie avant d'ajouter tout un assortiment d'accessoires capillaires.

Comprenant que le charmant jeune homme en face d'elle était un peu perdu devant les besoins féminins, la vendeuse se dévoua avec grand plaisir pour le guider dans les nombreux rayons, alourdissant le panier de son client de moult objets divers et variés. Shoto fut dubitatif devant certains choix, mais ne protesta pas, et répondit posément à toutes les questions de la jeune femme.

Non, Katsuki n'était pas très féminin. Il avait la peau claire et les yeux rouges. Il ne portait pas de bijoux et n'avait pas les oreilles percées. Du moins, Shoto n'avait jamais remarqué de trous dans les oreilles de son camarade, pas qu'il y ait prêté une grande attention non plus. Il ignorait totalement en revanche si Katsuki préférait les serviettes périodiques ou les tampons, ou s'il avait des règles abondantes, et pour cause, Katsuki était jusqu'à il y a peu un garçon et donc épargné par les menstruations. Dans le doute, la vendeuse lui mis les deux et de diverses capacités absorbantes.

Après un temps non défini, mais qui parut interminable à Shoto, la vendeuse l'accompagna en caisse pour lui faire régler ses achats. Il envoya un message à Izuku, lui demandant où ils en étaient et reçut rapidement une réponse. Apparemment, Katsuki et Izuku avaient presque fini eux aussi, et ils se fixèrent rendez-vous devant un magasin de sport. Shoto paya ses achats et partit en direction de la boutique indiquée, ses sacs entre les mains, se demandant pourquoi ils devaient aller dans ladite boutique.

Dans le magasin de lingerie, après une bonne vingtaine d'essayages qui avait mis à mal la patience de Katsuki, la vendeuse laissa sa cliente se rhabiller en lui enjoignant de la rejoindre en caisse pour régler ses achats. Elle sourit à Izuku qui tentait de se fondre dans le décor, gêné au-delà des mots par ce qu'il vivait depuis de trop longues minutes. Pour d'obscures raisons, la jeune femme avait cru qu'Izuku était en couple avec la jolie blonde, et lui avait donc demandé son avis sur chaque soutien-gorge essayé.

La première fois, ni Izuku, ni Katsuki ne s'y attendaient. Elle avait tout simplement ouvert le rideau, dévoilant Katsuki torse nu et vêtu d'un soutien-gorge en dentelle rouge, et avait simplement dit :

- Qu'en pensez-vous Monsieur ? Celui-là lui va à ravir n'est-ce pas ?

Izuku avait cligné des yeux de nombreuses fois, incapable de répondre. Ce fut l'exclamation outrée de son ami d'enfance qui l'avait sorti de sa transe.

- Non mais ça va pas ? Vous foutez quoi là ?!

- Allons, allons, il n'y a pas de gêne à avoir, avait rit la vendeuse. Si vous avez amené votre petit ami c'est bien pour qu'il donne son avis.

Katsuki avait failli s'étouffer autant de rage que de honte, et Izuku avait bégayé maladroitement :

- Oh... euh... non... mais...

Puis, devant le regard scrutateur de la vendeuse, il avait préféré abdiquer.

- Oui, ça lui va très bien, c'est très joli.

- Ah ! Vous voyez !

La vendeuse, victorieuse, avait refermé le rideau, incitant Katsuki à essayer autre chose, avant de recommencer le même manège.

Au bout du dixième soutien-gorge, les deux amis d'enfance étaient plus blasés qu'autre chose par la situation, et Izuku donnait rapidement son assentiment pour tout, souhaitant juste que cette torture se termine, autant pour lui que pour Katsuki. Sur l'insistance de la vendeuse, Katsuki avait donc choisi trois soutien-gorges, dont un prévu pour des activités sportives intenses.

Enfermé dans la cabine, il enfila rapidement sa chemise, ayant gardé sur lui le dernier sous-vêtement essayé (un noir avec des broderies rouges). Il fut cependant rapidement confronté à un problème de taille : il ne pouvait plus fermer sa chemise. Il eut beau tirer tant et plus sur le tissu, au risque de le déchirer, rien n'y fit. Les boutons au niveau de sa poitrine ne voulaient pas rejoindre leur boutonnière.

De l'autre côté du rideau, Izuku répondit rapidement à Shoto et informa Katsuki que leur ami avait fini de son côté.

- Donne lui rendez-vous devant la boutique de sport, grogna le blond en tentant une nouvelle fois de fermer cette foutue chemise.

- Pourquoi ? s'étonna Izuku. On va avoir fini.

- Il me faut des chaussures, râla Katsuki. Je perds les miennes, c'est chiant !

Izuku hocha la tête en signe d'assentiment. Il rangeait son portable quand un juron lui fit lever la tête vers le rideau clos.

- Putain de bordel de merde ! Fais chier !

- Kacchan ?

- T'as un tee-shirt de rechange ?

- Euh, oui, répondit Izuku, surpris par la question.

- Large le tee-shirt ?

- Assez oui...

- File moi ça ! Je ferme pas ma chemise !

Comprenant le problème, Izuku ouvrit rapidement son sac et en sortit un tee-shirt bleu ciel à l'effigie d'All Might. Il glissa le vêtement derrière le rideau et le sentit quitter sa main avec violence.

- T'avais pas autre chose qu'un truc de nerd hein ? râla Katsuki depuis la cabine.

- Désolé Kacchan, j'ai que ça...

- Tsss...

Le rideau s'ouvrit brutalement et Katsuki sortit enfin de cette antre infernale, sa veste d'uniforme, ouverte, laissant apercevoir l'avant du tee-shirt bleu ciel qu'il avait enfilé. Il cala sa chemise dans son sac, regrettant de n'avoir pas prévu un haut en plus au cas où, et rejoignit les caisses au pas de charge, pressé d'en finir, Izuku sur ses talons.

- Revenez quand vous voulez, les salua la vendeuse avec un grand sourire.

- Putain quelle arnaque, bougonna Katsuki en arpentant la galerie commerciale. Si cher pour si peu de tissus ? C'est du vol !

Izuku approuva silencieusement, bien d'accord avec son ami d'enfance. Il n'en revenait pas que les soutien-gorges coûtent si cher. Surtout que les femmes n'avaient pas d'autre choix que d'en acheter. C'était scandaleux !

Prenant à peine le temps de noter la présence de Shoto, Katsuki s'engouffra dans le magasin de sport, se dirigeant immédiatement vers le rayon chaussures. Il savait déjà ce qu'il voulait : une paire de basket blanches, exactement comme celle qu'il avait actuellement au pied. Il trouva rapidement son bonheur et commença les essayages, ignorant quelle pointure il lui faudrait.

Izuku lui passa gracieusement les boîtes, et Shoto les rangea au fur et à mesure de ses essayages. Il ne fallut pas longtemps à Katsuki pour trouver son bonheur, en un petit 37. 37 ! Il avait des pieds de nains !

- Tu es plus petit, c'est normal, le rassura Shoto de son ton plat.

- J'avais douze ans la dernière fois que j'ai mis du 37, râla Katsuki tout en se dirigeant vers les caisses. Fais chier !

A peine eut-il payé son achat qu'il échangeait ses chaussures, troquant sa paire en 42 contre celle en 37. Satisfait, il se dirigea vers son ultime étape avant de pouvoir rentrer au lycée. Il avait bien vu dans le miroir du magasin de lingerie que sa coiffure ne ressemblait à rien. Il devait remédier à ce problème. Qu'il soit une gonzesse ne changeait rien au fait qu'il aimait être un minimum stylé. Et la queue de cheval bancale et mal faite, ce n'était définitivement pas possible.

Il avait bien tenté de résoudre le problème lui-même, mais n'avait pas obtenu un résultat satisfaisant. Aussi avait-il décidé de faire appel à un professionnel. Ce fut donc résolu que Katsuki poussa la porte du salon de coiffure, ses deux camarades le suivant en se demandant ce qu'ils faisaient là.

- Mademoiselle, Messieurs, les salua un coiffeur. Je peux faire quelque chose pour vous ?

- Bonjour, répondit Katsuki. Apprenez moi à me faire une coiffure facile et pratique.

Devant l'air surpris du coiffeur, il daigna expliquer :

- A cause d'un alter, mes cheveux ont poussé. Normalement, ils sont courts. Je sais pas me coiffer et ces deux-là ne sont pas plus doués que moi.

- Je vois, sourit le coiffeur. Venez, installez-vous.

Katsuki se laissa tomber sur le fauteuil désigné, grimaçant devant son reflet bien trop féminin à son goût. Il ressemblait à sa mère putain ! Enfin, encore plus que d'habitude.

Le coiffeur dénoua la cravate retenant les cheveux blonds et commença à les brosser soigneusement tout en s'extasiant à voix haute :

- Vous avez des cheveux magnifiques. On voit que vous en prenez bien soin. Les bouts ne sont même pas fourchus. Vraiment, vous avez bien de la chance.

Du coin de l'œil, Katsuki vit Deku se placer juste à côté du coiffeur, les yeux rivés sur les mains du professionnel. Shoto se tenait un peu à l'écart, ses yeux vairons observant placidement la scène.

- Je vais vous faire une tresse, décida le coiffeur. C'est simple et pratique et ça vous ira parfaitement.

Katsuki se contenta d'hausser les épaules et écouta attentivement les explications du coiffeur sur la marche à suivre. Izuku ne perdit pas une miette de la démonstration, bien conscient que Kacchan n'était pas patient et voulant être prêt à l'aider si besoin.

Moins de dix minutes plus tard, les trois adolescents quittèrent le salon de coiffure, Katsuki coiffé d'une épaisse tresse partant de sa nuque et allant jusqu'au milieu de son dos. Il apprécia de ne plus sentir le balancement de ses cheveux sur son crâne et de n'avoir plus aucune mèche lui tombant sur les yeux. Le seul point négatif de son point de vue était que cette coiffure dégageait un peu trop son front, chose dont il n'avait pas l'habitude.

Chargés de leurs achats, ils prirent le bus pour rejoindre Yuei, Katsuki squattant immédiatement l'un des sièges encore libres, et Izuku venant s'installer sur le siège voisin. Shoto resta debout dans l'allée, juste à côté d'eux. Au moins, dans cette configuration, Katsuki ne risquait aucun attouchement indésirable.

- Quoi ?! Tu veux ma photo connard ! rugit soudainement le blond agacé de voir un homme le fixer avec insistance.

- Tu es très jolie, soupira l'homme. Mais vulgaire et grossière. Dommage... Ça gâche tout.

Izuku dut retenir une blonde enragée et prête à sauter à la gorge du suicidaire. A part cet incident, le trajet fut relativement calme, et les adolescents sortirent du bus à leur arrêt. Ils franchirent le portail du lycée et se dirigèrent vers leur dortoir, Katsuki marchant devant, les deux mains dans les poches et l'allure rageuse, Shoto et Izuku discutant derrière lui.

- J'ai envoyé un message pour prévenir Tenya et Momo de la situation, dit Shoto. Je pense qu'ils se chargeront d'en informer les autres.

- C'est mieux oui, admit Izuku. Qui sait comment ils auraient réagi s'ils n'étaient pas prévenus. Je crains quand même leur réaction, surtout celle de Mineta.

- Hm, approuva Shoto. Katsuki est tendu, Mineta va voler s'il dit quoique ce soit.

Les deux amis se regardèrent et soupirèrent de concert. Mineta n'était pas le seul susceptible de finir par énerver définitivement Katsuki, déjà prompt à sortir de ses gongs en temps normal.

Heureusement, quand ils arrivèrent dans leur dortoir, aucun de leurs camarades ne s'y trouvaient, étant encore tous en apprentissage. Seul Aizawa-sensei les attendait. Leur professeur détailla rapidement la silhouette de Bakugo Katsuki, notant les changements avec un certain amusement qu'il cacha à la perfection.

- Endevor m'a prévenu, dit-il en guise de salutation. Les policiers vont interroger le vilain sur le fonctionnement de son alter pour savoir comment te rendre ton corps d'origine. En attendant, as-tu besoin de quelque chose en particulier ?

- Des chemises, grogna Katsuki. Plus large au niveau de... la poitrine.

- Bien, Je vais voir ça de suite et tu trouveras des chemises dans ton casier dès ce soir. Autre chose ?

- L'accès à un terrain d'entraînement.

Aizawa soutint le regard écarlate de son élève, y notant toute sa frustration. Il comprit mieux la demande. Bakugo avait besoin de se défouler. Ce serait en plus l'occasion pour lui d'évaluer les capacités de son nouveau corps. Sortant des clés de sa poche, Aizawa les lança à Todoroki et répondit :

- Le gymnase est à toi. Mais je veux que tu y ailles avec Midoriya et Todoroki.

- Quoi ? rugit Katsuki. Mais...

- Je ne veux pas que tu restes seul, décréta Aizawa. On ne sait pas comment va réagir ton corps et ton alter. En cas de problème, Midoriya et Todoroki pourront intervenir.

Katsuki râla mais céda. Si c'était l'unique condition pour qu'il puisse se décharger de sa frustration et de sa colère face à sa situation, il s'y ferait. En plus il pourrait les défoncer, et ça c'était un bon point. Combattre Deku et Double face était toujours intensément satisfaisant. Aizawa laissa ses trois étudiants seuls, et ceux-ci se dirigèrent rapidement vers les ascenseurs.

- On se retrouve dans la salle commune ? demanda Izuku en sortant de la cabine.

- Hm, confirma Shoto. Le temps de se changer.

Les portes se refermèrent, et l'ascenseur monta à l'étage où se situait la chambre de Katsuki. Juste avant de sortir de la cabine, il prit les sacs de courses que Shoto tenait toujours.

La porte claqua dans son dos et Katsuki soupira de soulagement. Enfin, il était de retour dans sa piaule. Il déposa ses sacs sur son lit et ouvrit son placard, en sortant sa tenue de sport. Il avait hâte de pouvoir se défouler. Rapidement, il se déshabilla, ne gardant que ses sous-vêtements et enfila son pantalon de jogging. Il allait mettre le haut de sa tenue quand il pensa aux propos de la vendeuse en lingerie.

Le soutien-gorge qu'il portait actuellement n'était pas adapté pour faire du sport. Il devait donc en changer. D'un pas vif, il se rapprocha de son lit et vida le sac de lingerie à la recherche du soutien-gorge blanc conçu pour les activités sportives. Une fois trouvé, il arracha les étiquettes, dégrafa le sous-vêtement et batailla longuement avec celui qu'il portait pour l'enlever.

- Bordel ! Tu vas te défaire putain ! râla-t-il en luttant contre le tissu brodé.

Un cri de victoire lui échappa quand enfin il vint à bout des attaches récalcitrantes et il ôta rapidement la bête, enfilant sa jumelle blanche dans la foulée. Malheureusement pour lui, il ne réussit nullement à accrocher l'arrière du sous-vêtement et, quand il eut l'idée de le tourner pour pouvoir l'attacher plus facilement, il se rendit compte que le soutien-gorge s'était accroché dans sa tresse.

Dépité, Katsuki se résigna à demander de l'aide et envoya un message à son ami d'enfance (non, il ne faisait nullement confiance à Double face pour ce genre de truc).

- Ramène toi dans ma piaule, tout de suite ! Sale nerd !

Plaquant son tee-shirt sur le devant de son torse, histoire de garder un peu décence même si Deku en avait déjà vu plus qu'il n'aurait dû, il attendit impatiemment l'arrivée de son camarade.

Izuku monta quatre à quatre les escaliers, son téléphone dans la main. Il sortait tout juste de sa chambre quand il avait reçu le message de Katsuki. Il avait aussitôt piqué un sprint dans les escaliers, craignant le pire pour son ami d'enfance. Non sans appréhension, il toqua à la porte, les pires scénarios catastrophes se jouant dans sa tête. Peut-être qu'un voyeur avait réussi à monter jusqu'à la chambre du blond et était en train de l'agresser en ce moment même !

Mais avant qu'il n'ait eu le temps de se décider à défoncer la porte, cette dernière s'ouvrit, dévoilant une tête blonde, avec un air renfrogné.

- T'es seul ?

- Oui Kacchan, assura Izuku. Qu'est-ce qu'il se passe ?

La porte s'ouvrit plus et Izuku pénétra dans l'antre de son ami d'enfance, rassuré de voir que ce dernier ne semblait nullement menacé par un quelconque pervers.

- T'as pas intérêt à te marrer, sinon je t'explose les dents !

La voix de Katsuki attira l'attention d'Izuku sur celui-ci. Il se figea devant le dos nu du blond, enfin de la blonde, et il comprit immédiatement le problème. Tendant les mains, il entreprit de démêler la natte blonde et le soutien-gorge.

- Je ne vois pas pourquoi je me marrerai Kacchan, souffla-t-il. N'importe qui à ta place aurait ce genre de problème. Je ferai même bien pire je crois.

- Si tu crois que ça me rassure, bougonna Katsuki.

- Voilà, c'est démêlé. Je te l'accroche.

Izuku examina de près les attaches, et les emboita les unes dans les autres, ses doigts frôlant la peau douce de son ami d'enfance au passage.

Un léger frisson parcourut Katsuki quand il sentit l'effleurement des mains de Deku sur son dos. Il grinça des dents mais ne dit rien. Après tout, cet imbécile trop gentil était en train de l'aider, et surtout son touché n'avait rien de pervers ou désagréable. C'était d'ailleurs bien pour ça qu'il avait fait appel à ce sale nerd. Il lui faisait entièrement confiance et était bien certain que jamais il ne le regarderait comme un vulgaire bout de viande et n'abuserait de la situation.

Son soutien-gorge enfin accroché, Katsuki enfila rapidement son haut et quitta sa chambre, Izuku sur ses talons, pressé de pouvoir se défouler. Les deux amis d'enfance retrouvèrent Shoto dans la salle commune, et tous trois prirent rapidement le chemin du gymnase, les deux plus masculins discutant tranquillement en suivant leur camarade féminine. Par chance, ils ne croisèrent pas grand monde sur le trajet et ceux qu'ils croisèrent ne leur prêtèrent aucune attention. Mais il était certain que la situation ne resterait pas longtemps aussi calme.

A suivre...


Commentaire de l'auteure :

Voilà... A la base ça devait être un OS, mais en discutant avec ma choupinette, pleins d'idées sont arrivées et donc ça devient... une fic à chapitre.

Pour vous donner une idée du type de conversation aboutissant à ce résultat, ça donne un truc du genre :

- Et là, tu vois, j'hésite entre ça et ça.

- Tu pourrais aussi faire ça ou ça.

- Oh et puis ça, ou ça ! Mais du coup, je sais pas quoi faire !

- Pourquoi choisir ? Fais tout !

Alors oui, Katsuki va en chier (sinon ce serait moins drôle), mais rien de bien méchant... promis !


Bureau des plaintes et réclamations des personnages martyrisés :

Pendant que Lili discute avec Yzan à bâtons rompus des futurs malheurs de Katsuki, Aizawa soupire :

- C'est moi ou elle en profite pour glisser des messages féministes pas du tout subliminaux ?

- Girl Power ! Yeah ! s'exclame Mina en sautant en l'air le poing levé.

- Je ne suis pas sûre que Katsuki soit le meilleur personnage pour plaider notre cause, soupire Momo.

- Au contraire ! assure Mina. C'était un mec à la base, et là il va vivre ce qu'on vit quotidiennement ! Il va pas aimé !

- Et avec sa grande gueule, il va plaider notre cause, confirme Jiro.

- Au moins, lui il sera écouté ! renchérit Ochako.

- Et si quelqu'un l'écoute pas, il pourra lui exploser la tronche histoire de bien faire rentrer le message, ajoute Toru.

- Je suis surtout inquiète que Lili le fasse tellement souffrir que les lecteurs passent à côté des messages, dit Tsuyu.

- Faites moi confiance les filles, s'exclame Lili. Et faites confiance aux lecteurs ! Ils comprendront les messages ! N'est-ce pas ? N'EST-CE PAS ?

L'aura menaçante qui envahit la pièce fait frémir de peur tous les personnages présents, y compris Aizawa. Chacun prie alors pour que les lecteurs ne passent pas à côté des messages bien cachés dans ce récit qui s'annonce épique.


Rendez vous au chapitre 2 : Rester comme ça ? Pas moyen !

- Laissez moi sortir, merde !

- Il fera jamais ça.

- Ça, c'est viril !