Coquille vide

Rating : M

Pairing : SS/HP

Disclamer : Rien à moi

Avertissement : Slash (relation homosexuelle entre deux hommes) donc homophobes, s'abstenir. De plus, cette histoire contiendra une scène de sexe dans la deuxième partie donc âmes sensibles s'abstenir aussi.

Résumé : Harry aurait dû mourir après avoir porté le coup fatal à Voldemort. Ses blessures étaient bien trop graves. Mais Severus Snape ne pouvait se contenter de le regarder alors qu'il avait le moyen de le sauver. Même si ce ne serait sûrement pas au goût de son jeune élève... (SS-Vampire/HP-Calice)

Note de l'auteur : Finalement, ce sera un Three-Shot, mdr. Il reste certains détails à régler avant de pouvoir boucler l'histoire et c'était trop long pour tenir dans un seul chapitre. Bref, il vous faudra encore attendre un peu pour avoir la fin. En tout cas, merci beaucoup à tous pour vos encouragements, je ne m'attendais pas à en recevoir autant. Malheureusement, je crains de ne pouvoir vous répondre sous peine de vous faire patienter encore quelques jours alors je m'excuse et vous embrasse tous très fort pour me faire pardonner. Bonne lecture !

Désolée pour le retard, ça fait trois jours que je n'arrivais pas à uploader mon chapitre, il a fallu que je contacte les admins de ffnet (en anglais...) pour qu'il répare mon compte.

- - -

Deuxième partie

« C'est hors de question ! »

La voix de Snape me réveille en sursaut et je note distraitement qu'il a l'air furieux. Je me demande bien ce qui se passe.

« Severus, vous ne pouvez pas le garder éternellement enfermé ici... »

J'ai l'étrange impression qu'on parle de moi. Et si j'en juge par le renifflement sarcastique que j'entends derrière les rideaux, Snape ne semble pas totalement rejeter l'idée de me cloîtrer à l'infirmerie. Je ne suis d'ailleurs pas sûr de devoir me sentir flatté ou outré par tant de possessivité. Alors pour l'instant, je me contente d'écouter pour savoir ce qui se passe.

« Il voudra voir ses amis et les Weasley tôt ou tard, vous le savez. »

« Il n'est pas encore rétabli. »

« Severus, soyez raisonnable... »

« Raisonnable ? Et comment pensez-vous que va réagir cette joyeuse troupe quand nous leur annoncerons la grande nouvelle ? Êtes-vous vraiment assez naïf pour croire qu'ils seront raisonnables ? »

« Je leur expliquerai... »

« Et ça ne servira à rien, je serai toujours un horrible mangemort à leurs yeux. Et maintenant qu'ils peuvent rajouter 'vampire' à la liste de mes crimes, ils ne vont certainement pas prendre les choses avec autant de philosophie que vous. »

Il n'a pas tort. Ils vont avoir du mal à accepter notre étrange et nouvelle relation. J'ai moi-même encore quelques difficultés à réaliser que je suis plus ou moins marié à Snape alors je n'ose imaginer la tête de Ron.

« Ne pensez-vous pas que c'est à Harry de prendre cette décision ? »

« Peut-être mais je suis malheureusement le principal concerné. Si Potter est blessé par les remarques de ces gens, je risque de perdre le contrôle et je ne répondrai plus de mes actes. »

« Pourtant il faudra bien prendre ce risque tôt ou tard. »

Un silence s'installe entre Dumbledore et mon professeur. Je ne peux m'empêcher de retenir mon souffle, curieux de savoir ce qui sera décidé quant à mon avenir proche. Sincèrement, je suis assez partagé entre le désir de voir mes amis pour fêter dignement la fin de la guerre et rester avec Snape pour essayer de construire de bonnes bases sur lesquelles pourrait se développer notre relation. Les mots relation et Snape dans la même phrase me firent néanmoins un effet indescriptible. Entre inquiétude et anticipation.

« Qu'en penses-tu, Harry ? »

Je sursaute à nouveau quand je remarque que Dumbledore et Snape ont écarté les rideaux et ont découvert que j'étais réveillé. Je croise distraitement le regard chaleureux du vieillard mais je suis vite attiré par celui de mon professeur. Un instant plus tard et me voilà plongé dans deux orbes noires, incroyablement profondes. Evidemment le souvenir de la 'morsure' me revient aussitôt à l'esprit et je me sens rougir d'embarras. Le sourcil amusé qu'hausse Snape ne fait qu'empirer les choses.

« Alors, Potter ? »

Cet homme insupportable a l'air de trouver ma gêne hautement comique et je ne peux que lui lancer un regard mauvais auquel il reste bien sûr imperméable. Est-ce que je dois vraiment passer ma vie avec lui ? On va finir par s'entretuer... Ou plutôt je vais finir par le tuer puisque lui en sera incapable. Ça doit d'ailleurs être assez rageant et frustrant pour Snape. J'en serais presque désolé. Presque.

Pour ne pas rougir encore plus, je reporte donc mon attention sur Dumbledore qui me fixe avec un petit sourire. Il m'est pourtant difficile de m'empêcher de replonger dans les yeux noirs, tant ils me fascinent encore. Et comme d'habitude, le vieil homme a l'air de savoir exactement à quoi je pense et ose même me faire un clin d'oeil complice. Fatigué par les deux sorciers, je soupire pour la forme et me souviens qu'ils attendent ma réponse.

« Heu... Vous voulez savoir si je veux voir Ron, Hermione et les Weasley ? »

« Albus proposait aussi une conférence de presse et une apparition au Ministère pour rassurer l'opinion publique. », intervient Snape avec une mauvaise humeur non feinte. Moi-même, je sens une vague de panique me submerger à cette idée. Voir mes amis est une chose, affronter les journalistes et subir un interrogatoire en est une autre. Encore une fois, je me surprends à trembler comme une feuille. Je me trouve plutôt pathétique d'être aussi faible dernièrement.

J'entends vaguement Snape grogner et mon corps tout entier est parfaitement conscient qu'il se rapproche de moi. C'est une drôle de sensation qui m'était étrangère jusqu'ici. Un mélange de confiance, de soulagement et de nervosité. En tout cas, dès que je sens ses doigts se poser sur ma nuque avec délicatesse, mes épaules se décontractent et la panique s'efface quelque peu. Finalement, je n'ai pas besoin de réfléchir longtemps à ma réponse. C'est si clair maintenant.

« Je préférerais attendre encore un peu si possible... »

Je sens la main sur ma nuque accentuer sa pression comme pour me rassurer. Ou m'encourager, c'est difficile à dire. En tout cas, je me retrouve bientôt à lever la tête pour adresser un léger sourire à mon professeur. Celui-ci m'ignore totalement et continue à fixer son supérieur qui a l'air enchanté par la scène. Si ses doigts n'avaient pas commencé à caresser la peau de mon cou, ç'aurait pu être vexant. Mais là, , j'ai bien peur que mon attention soit orientée ailleurs que sur la conversation qui se poursuit sans moi.

« Vous avez entendu, Albus, il n'est pas prêt. Il veut attendre. Et je pense que c'est le minimum qu'on puisse lui accorder, non ? »

« Très bien, si c'est ce que vous voulez tous les deux, je n'y vois pas d'inconvénient. Mais la situation ne peut pas durer éternellement. Je vais convaincre le Ministère et les journalistes qu'Harry va bien mais a besoin de repos. Pour nos jeunes amis et les Weasley, je trouverai bien quelque chose pour qu'ils ne viennent pas forcer les portes de l'infirmerie... »

« Ce sont des gryffondors, utilisez la corde sensible. »

Un léger rire venant de Dumbledore me réveille quelque peu et je le fixe d'un air troublé qui semble beaucoup l'amuser. Pour une fois, je n'en ai que faire, mes neurones sont trop concentrés sur ces doigts admirables auxquels je sens que je vais rapidement m'habituer. D'ailleurs, je ferme bien vite les yeux et m'appuie sans m'en rendre contre la hanche de Snape debout près de moi.

« Bien, je crois que je vais vous laisser. Repose toi bien Harry. Vous aussi Severus, vous avez mauvaise mine. »

Sur ce, Dumbledore s'éloigne et sort de l'infirmerie. Moi, je suis léthargique et je m'appuie de plus en plus contre mon professeur sans qu'il ne cherche à me repousser. La torpeur fait cependant place à une soudaine inquiétude quand les derniers mots du directeur atteignent enfin ce qui me reste de cerveau. Mauvaise mine ? Snape ?

Les yeux écarquillés, je fais un bond dans le lit, m'écarte de l'homme et m'accroche brusquement à sa chemise. Je sens vaguement que sa main a interrompu son massage sous la surprise mais je ne m'y attarde pas et le fixe avec attention. C'est vrai qu'il a l'air fatigué. Je ne sais pas pourquoi ça m'étonne, il n'a pas dû dormir beaucoup depuis mon arrivée à l'infirmerie.

« Vous devez dormir ! »

Je n'aurais jamais pensé être capable un jour de donner un ordre à cet homme entre tous, et de m'en sortir vivant, mais je suis bien décidé à ce qu'il m'obéisse. En fait, je ne prends pas grand risque puisqu'il ne peut pas me faire de mal... Lui se contente de me fixer avec incrédulité.

« Je vous demande pardon ? »

« J'ai dit que vous deviez dormir. »

Comme il n'a pas l'air de vouloir m'écouter, je me concentre sur son air épuisé, sa peau trop pâle, ses cernes et ses traits tirés par la fatigue. Une nouvelle vague d'inquiétude me balaie et je le vois grimacer puis me jeter un regard mauvais.

« Ca, c'était très mesquin, Mr Potter. »

« Mais ça marche. »

Je lui souris et je me sens étrangement bien quand il grogne d'amusement en levant les yeux aux plafond. C'est drôle mais nous qui avions des relations plutôt tendues jusqu'ici, nous voilà suffisament à l'aise et en confiance pour pouvoir communiquer normalement. J'avoue que ça me rassure, j'avais un peu peur qu'on soit sur les nerfs en présence de l'autre. Peut-être est-ce le lien, peut-être est-ce simplement parce que la guerre est finie, que nos dettes sont payées et que notre animosité n'a plus de sens. Tout ce que je sais, c'est que je me sens bien.

« Il est hors de question que je vous laisse tout seul ici. Et vous ne pouvez pas quitter l'infirmerie tant que vous n'avez pas complètement récupéré. »

« Alors dormez ici. »

Il hausse un sourcil sarcastique et son regard se pose directement sur mon lit, puis sur moi d'un air indiscutablement suggestif. Je rougis. Il ricane. Je le hais.

« Essayeriez-vous de me séduire, Potter ? »

Bien sûr, il fallait qu'il insiste...

« Il y a d'autres lits, professeur... »

« Aussi confortables que le votre ? J'en doute. »

« Et bien il y a de la place pour deux si on se sert un peu, rien ne vous empêche de m'y rejoindre ! »

C'était censé être de la pure provocation, pas une invitation à se glisser sous les draps avec moi. Et il le sait. Mais il a une façon de me regarder si... Intense... J'en frissonne. Avec un soupir, il passe une main dans ses cheveux gras puis replonge ses yeux noirs dans les miens. Avais-je déjà mentionné combien j'aime ce regard ?

« Vous devriez faire attention à ce que vous demandez, Potter. Au cas où vous l'auriez oublié, je ne suis pas un homme gentil. »

Merci de me le rappeler, comme si je pouvais oublier. Mais présentement, j'avoue que ça m'est égal. C'est comme si tout notre passé tumultueux faisait partie d'une autre vie et que ça n'avait plus aucune importance. Parce qu'il n'y a plus que lui. Lui et moi.

Il me regarde encore, semble hésiter mais finit par se retourner pour se diriger vers le lit voisin au mien. Il retire sa robe noire sur le chemin, ne gardant qu'une chemise et un pantalon de la même couleur. Je ne peux m'empêcher d'en sentir une pointe de regret. Pas que je tenais tant à ce qu'il dorme avec moi mais... Je ne sais pas.

Le voilà qui s'arrête avant d'atteindre les rideaux. Il a dû sentir ma déception. Je retiens mon souffle, pas vraiment sûr de vouloir qu'il revienne ou non. Toutes ces incertitudes et les émotions créées par ce maudit lien commencent à être fatigantes à la longue. Je ressens même la douleur de mes brûlures se réveiller. Il ne manquait plus que ça.

Avant que je n'ai le temps de réagir, Snape est de retour près de moi et me tend une nouvelle fiole de potion sans un mot. Je me demande s'il va en profiter pour rester. Mon coeur s'emballe à cette idée et je bois le remède en tremblant. J'ai à peine le temps de me renfoncer dans l'oreiller que je sens le sommeil s'emparer de moi.

Juste avant de m'endormir, je sens un poids près de moi sur le lit et deux bras puissants viennent m'envelopper en veillant à ne pas me faire mal. C'est tout simplement parfait.

- - -

Je me réveille. Encore. Mais cette fois, il y a quelque chose de radicalement différent. Une sensation de complétude comme je n'en avais jamais ressenti. Je sais parfaitement pourquoi, je sens la chaleur de son corps et l'étreinte de ses bras, c'est la présence de Snape qui me fait cet effet là. Mais ça me réconforte plus qu'autre chose. Si seulement on pouvait rester ainsi toute une éternité...

Je soupire. Il a du sentir que je m'étais réveillé parce qu'il resserre ses bras pour me rapprocher encore plus de lui. Ce que je fais sans rechigner. Son souffle caresse ma nuque, ses doigts ont emprisonné une de mes mains et la parcourent avec volupté. Il n'y a rien de sexuel mais tout me paraît incroyablement érotique. Cette fois, ce n'est sûrement pas le lien, ce doit simplement être mes hormones. Après tout, j'ai 17 ans...

Il embrasse ma nuque et je ronronne presque de contentement. Je ne pense toujours pas être prêt à devenir son amant mais en tout cas, c'est sur la bonne voie. L'idée est de plus en plus plaisante. En plus, le voilà qui sourit. Je ne peux pas le voir mais je le sens. Et j'ai l'incontrôlable besoin d'observer ce rare phénomène.

Toujours serré dans les bras de mon professeur, je me retourne et me retrouve happé par deux lacs noirs qui brillent d'une lueur inhabituelle. Je ne sais pas la reconnaître mais j'espère secrètement que c'est du désir. Ou de l'affection. Peu importe du moment que c'est positif et que ça me concerne. Malheureusement je n'ai pas été assez rapide et il n'y a plus de sourire sur ses lèvres pâles. Mais il a l'air moins fatigué.

« Vous avez dormi. »

« Remarquable déduction, Mr Potter. »

Là où il y avait autrefois du venin, le ton est aujourd'hui plus taquin, presque amical. Presque. Mais moi ça me convient parfaitement et je me surprends à lui sourire. Tout est si facile que c'en est déconcertant. J'espère juste qu'il ne va pas trouver une excuse pour se lever et s'éloigner de moi. Comme pour m'en assurer, je niche mon visage dans son cou et je suis ravi de sentir une de ses mains se poser à la base de ma nuque pour reprendre les attentions de la veille.

Pourquoi ai-je l'impression d'être devenu son animal de compagnie ?

« Bien dormi ? »

« C'était... tolérable. »

Pour Snape, ça équivaut à un oui. Enfin je pense.

« Moi j'ai très bien dormi, si ça vous intéresse. »

Il grogne et je sens sa gorge vibrer contre mon visage. Allez savoir pourquoi, mais ça m'amuse. Je veux qu'il recommence.

« Vous êtes encore mieux qu'une bouillotte. »

« Vous m'en voyez ravi. »

« J'avais toujours pensé que les vampires avaient le sang froid. »

« Une des nombreuses fausses présomptions sur nous. »

« Oh, et est-ce que vou - »

« Potter. Serait-ce trop vous demander de vous taire ? »

Sa voix ressemble au grondement d'un prédateur et je souris en ressentant de nouvelles vibrations. J'ai réussi, cet homme est trop prévisible.

« Faites-moi donc taire vous-même, Monsieur. »

Vive le cliché. D'ailleurs c'est sorti tout seul avant que je n'en réalise tout à fait la portée. Un silence plutôt pesant s'installe entre nous et le corps de l'homme s'est totalement crispé. Merde, j'ai tout gâché avec mes remarques d'adolescent dirigé par ses hormones... Je me baffe mentalement et m'apprête à m'excuser quand il recule soudain son visage pour pouvoir me regarder.

Encore une fois son regard est tellement perçant que ça me coupe littéralement le souffle. Je suis incapable de dire si cet échange visuel ne dure que quelques secondes ou une éternité mais c'est comme si le temps s'est subitement arrêté. Puis il semble prendre une décision et referme l'espace entre nous. Ses lèvres effleurent les miennes et je suis aussitôt parcouru par une sorte de courant électrique.

Je frissonne et il me serre encore plus contre lui, accentuant en même temps notre baiser. C'est chaste. Doux et un peu incertain. Loin de la férocité et du comportement dominateur qu'il avait en buvant mon sang mais tout aussi parfait. Il appuie encore d'avantage et ses lèvres recouvrent totalement les miennes. Sa main posée sur ma nuque glisse dans mes cheveux, l'autre accentue la pression sur ma taille et je le laisse docilement approfondir le baiser.

Dès que nos langues entrent en action, ça devient plus passionné et je me laisse littéralement emporté par le tourbillon de sensations. C'est très loin de ce que j'ai ressenti avec les rares baisers que j'ai pu échanger auparavant. Parce que c'est empli d'une sorte d'émotion difficilement contenue, parce qu'il est doué et peut-être aussi parce que c'est un homme, qui sait. En tout cas, je me sens vraiment inexpérimenté et je fais ce que je peux pour lui rendre ses attentions. Ce qu'il semble tout à fait apprécier, si j'en juge par le grondement qui s'échappe de sa gorge. A moins que ce soit mes gémissements... Peu importe.

Trop tôt à mon goût, il s'écarte et pose son front contre le mien. Etrangement, c'est ce geste plus que le baiser qui me paraît le plus intime.

« Je m'attendais à plus de prudence ou de dégoût de votre part. »

« Déçu ? »

« Peut-être. »

« Peut-être ? »

« Vous torturer a toujours été un de mes petits plaisirs. »

« J'avais remarqué. Sadique. »

« Merci, vous me flattez. »

Je rigole et j'ouvre les yeux pour découvrir qu'il sourit. Dommage qu'il soit trop près de moi pour que je vérifie si ça lui va bien...

« De toute façon, vous ne pouvez plus me torturer. »

« J'ai bien peur que vous ne vous trompiez, Potter. Certes je ne peux plus vous faire de mal mais rien ne m'empêchera de vous ennuyer au possible. »

Ce type est vraiment vexant et il faut toujours qu'il ait le dernier mot. Alors je ne réponds rien et il doit sentir que je boude parce qu'il se met à ricaner puis à m'embrasser. J'ai bien peur de ne pas être capable de le repousser. Il est comme un aimant, il est plus facile de l'approcher que de s'en éloigner. En tout cas, depuis qu'il m'a fait son calice.

« Je pense qu'après ça, vous pouvez m'appeler Harry. », je finis par ajouter d'une voix quelque peu essoufflée après cette deuxième série d'embrassades.

« J'imagine que je dois malheureusement vous laisser utiliser mon prénom, dans ce cas. En dehors des cours, bien sûr. »

Les cours... C'est vrai que ce sont les vacances d'été et que d'ici deux semaines, je devrai commencer ma 7ème année à Poudlard. Ces derniers jours ont été tellement surréalistes que j'avais presque oublié qu'il existait un monde à l'extérieur de cette infirmerie. D'abord la visite de Dumbledore, maintenant ça, il semblerait que le temps commence à nous rattraper. Je me demande comment ça va se passer. La rentrée, mes amis, moi... Snape et moi...

Il se recale dans le lit de manière à ce que je puisse me nicher contre lui et il m'enveloppe à nouveau de ses bras. Je suis donc maintenant allongé à ses côtés, une de mes mains posée sur son coeur qui ne bat plus et mon visage enfoui dans son cou. Je crois que ça va être ma place préférée à partir de maintenant. J'ai encore l'impression d'être protégé, caché dans un cocon de douceur, et c'est vraiment agréable.

« Qu'est-ce qui va se passer maintenant ? »

« Vous vivrez avec moi. »

Bien, je ne me voyais pas retourner dormir dans la tour de Gryffondor maintenant que j'avais goûté à ça. Même si je sens que ça va être bizarre au début de cohabiter avec cet homme.

« Vous croyez que vous survivrez à ma présence dans vos appartements ? »

« Je prendrai sur moi. »

Le salaud. Il aurait pu me dire un truc du genre 'Je pense surtout que je ne tiendrais pas en vous sachant là haut loin de moi' mais non, il fallait qu'il réponde un truc mesquin. Je lui mordille la clavicule pour la forme et il se venge en me donnant un coup sur la tête. Et moi qui croyais qu'il ne pouvait pas me frapper... Vive la déception.

« Arrêtez de bouder, Potter. »

« Harry, on avait dit Harry. »

« Quand vous vous comportez comme un sale môme, vous méritez le Potter. »

« ... »

« Voilà qui est mieux. Harry »

S'il n'avait pas prononcé mon prénom avec autant d'ironie, j'aurais sûrement apprécié. Mais il ne faut pas trop lui en demander, il reste toujours Snape après tout. Snape est un salaud. Severus aussi remarquez, mais c'est un salaud possessif, tendre et protecteur. Donc supportable. Mais Snape par contre, c'est un salaud sadique et mesquin, serpentard et vexant. Donc invivable. J'espère sincèrement que j'aurai le droit à d'avantage de Severus que de Snape. Mais je n'ai rien contre le fait qu'il reste Snape pour les autres. J'aime l'idée d'être privilégié. Ça me donne la sensation d'être spécial. Spécial pour lui.

Je me giffle intérieurement en me rendant compte combien ça sonne fleur bleue tout ça. Puis je relativise en me disant que j'ai tout de même le droit d'être un peu sentimental de temps en temps. Je préfère ça à être totalement malheureux à l'idée de passer ma vie avec Snape. Enfin, Severus.

- - -

Mme Pomfresh est revenue. Je n'ai pas tout à fait saisi l'échange entre Snape et elle mais le peu que j'ai entendu n'a fait que confirmer mes soupçons. Elle avait l'air de lui en vouloir de l'avoir plus ou moins jetée de sa propre infirmerie...

Quoiqu'il en soit, elle lui a vite pardonné en me découvrant réveillé et à peu près en forme. Sans perdre de temps, elle m'a examiné sous tous les angles et quand elle a été suffisament rassurée pour arrêter, elle s'est littéralement jetée sur moi pour me serrer dans ses bras. Je ne peux m'empêcher de revoir la tête de Snape à ce moment là et ça me fait sourire. Je comprends mieux l'expression 'livide de rage' maintenant.

Heureusement, il s'est contrôlé et ne l'a pas aggressée. C'est un soulagement, je ne me voyais pas essayer de les séparer. Et maintenant, l'infirmière est partie s'occuper de je ne sais quoi en demandant à mon professeur de me retirer les bandages. D'après elle, je suis encore faible mais mon corps est rétabli.

Alors j'observe les doigts de Snape retirer les bandes une à une. C'est fou, je n'avais jamais remarqué à quel point cet homme a de belles mains. Grandes et fines, puissantes, légèrement rèches sur ma peau plus douce, terriblement douées, tout simplement parfaites. J'imagine que c'est nécessaire d'avoir de telles mains pour être un bon Maître de Potions. En tout cas moi, ça me fascine.

Il commence par mes bras et c'est avec une certaine inquiétude que je vérifie qu'il ne reste aucune marque. La peau est encore rouge et un peu irritée mais je ne vois pas de cicatrice. Je soupire de soulagement.

« Il faudra appliquer un beaume de soin sur toutes les brûlures pendant quelques jours, jusqu'à ce qu'elles disparaissent totalement. »

Je suis tenté de lui demander s'il s'en chargera lui-même et vu le regard suggestif qu'il me lance, il y a pensé lui aussi. Je rougis et ça l'amuse. En retirant la dernière bande à mon poignet, ses doigts s'attardent et caressent sensuellement ma paume. Je frémis. Son regard se fait plus intense. Mon rythme cardiaque s'accélère. Je crois que s'il n'y avait pas une infirmière à quelques mètres de nous...

Je le vois prendre une profonde inspiration et il retourne à sa tâche avec plus de concentration qu'auparavant. Ce qui est rassurant, c'est que je ne suis pas le seul à ressentir l'attraction du lien. Parfois je me demande même si je ne suis pas réellement attiré par cet homme et si notre situation n'a pas fait qu'accélérer les choses. Bien sûr, nous ne le saurons jamais et ça ne fait pas grande différence. Que ce soit à cause du lien ou non, c'est définitif et bien réel.

Il est passé à mon torse. Mes tétons sont durs quand il les frôle. Il déglutit mais continue silencieusement à m'enlever les bandages. Il semblerait que j'ai totalement accepté l'idée de devenir son amant, ça a été plutôt rapide. Cinq jours. Ça me surprend. Mais ça me rassure aussi, je serai prêt et consentant le moment venu.

Me voilà désormais torse nu et je sens son regard parcourir ma peau sans la moindre gêne. C'est excitant. Trop excitant. Je ne peux pas le laisser s'occuper de mes jambes, je risquerais la combustion spontanée tant je suis écarlate...

« Je crois que je vais demander à Poppy de s'occuper du reste. »

Je lui souris avec reconnaissance. Encore une fois, il a ressenti mon trouble et n'en profite pas. Je n'aurais jamais pensé qu'il puisse être aussi... gentil n'est pas le mot... attentionné, plutôt. Oui, Snape est attentionné avec moi. Remarquez, je ne le connaissais qu'en tant qu'espion mangemort et professeur. Les gens sont différents dans l'intimité. Ou peut-être que c'est simplement à cause du lien. Peu importe.

L'infirmière revient et m'adresse un grand sourire. Elle doit savoir que je suis le calice de Snape mais ne me fait aucun commentaire et s'occupe simplement de moi. C'est moins agréable qu'avec mon professeur mais elle ne me fait pas mal et a déjà presque terminé. Au moins, je ne risque pas d'érection quand elle frôle ma peau...

Je suis désormais presque nu, un simple drap recouvre mes hanches pour m'épargner aux regards concupiscents de Snape. J'ai les yeux fixés sur ma cheville où il reste la dernière bande, je ne le vois pas. Pourtant je sais qu'il me regarde. Je sens ses yeux caresser chaque partie de mon corps et j'en ai la chair de poule. Si seulement Pomfresh se dépêchait que je puisse me rhabiller... Ou sauter sur mon professeur, j'hésite encore.

J'entends une voix rauque s'éclaircir la gorge et je tourne aussitôt la tête pour fixer Snape qui a l'air un peu tendu. Il me faut quelques secondes pour réaliser qu'il doit sentir chacune de mes émotions et donc n'a pas pu manquer la part de désir. Il ne me reste pas assez de sang dans le corps pour rougir d'avantage mais je n'arrive pas à détourner les yeux. Je ne sais pas combien de temps la frustration et la tension sexuelle entre nous va encore durer. Je me demande qui va craquer en premier...

« Bien, c'est fini. J'avais oublié à quel point les calices pouvaient guérir vite, vous avez eu de la chance Mr Potter. »

La voix de Mme Pomfresh me réveille et je me tourne vers elle en sursautant. Ça a l'air de l'amuser mais encore une fois, elle ne fait aucune remarque déplacée. J'aime bien cette femme. Elle m'ébouriffe les cheveux avec affection et je souris quand elle s'approche de Snape avec un air sarcastique parce qu'il la fusille du regard.

« Il est tout à vous Severus, vous pouvez l'emmener. N'oubliez pas le beaume, deux fois par jour pendant six jours, et s'il montre le moindre signe de régression, n'hésitez pas à me le ramener. »

Sur ce, elle disparaît derrière le rideau et nous laisse seul à seul. Je me sens incroyablement gêné et évite soigneusement le regard sombre. Heureusement, je l'entends bientôt soupirer et sa voix brise le silence pesant qui s'était installé entre nous.

« Je vous laisse vous habiller, prévenez moi quand vous serez prêt. »

Il sort avant que je n'ai le temps de répondre et je reste un instant à me demander avec quoi je suis censé m'habiller. Mes vêtements étaient en piteux état après l'attaque et ont été jetés. D'ailleurs Snape m'a expliqué que mes lunettes avaient été cassées et que c'était Dumbledore qui s'en était procuré des neuves pour moi. Par contre, il n'a pas parlé de nouveaux vêtements...

« Sur ma chaise au pied de votre lit, Harry ! », je l'entends soudain me crier.

Un grand sourire aux lèvres, j'abandonne le drap qui servait à me couvrir et me lève avec précaution. Mes jambes sont un peu cotonneuses mais si je me tiens au lit, j'arrive à tenir debout. Plus lentement que je ne l'aurai voulu, j'atteinds les habits qu'on m'avait préparé et il me faut bien cinq bonnes minutes pour tout enfiler.

« Ca y est. »

« Pas trop tôt. »

Il marmonne quelque chose d'autre que je ne parviens à comprendre et revient de mon côté du rideau. Ses yeux s'attardent à peine sur ma silhouette et ma tenue plutôt classique – jean, chemise blanche, gilet et baskets – et remontent directement aux miens. Encore une fois, je me sens hypnotisé par ce regard.

« Est-ce que vous pouvez marcher ? »

« Heu... Je crois mais pas tout seul... »

J'espère que je vais bientôt reprendre des forces parce que j'en ai marre d'être aussi faible. Bien sûr, se reposer sur Snape est agréable, être protégé et chouchouté aussi mais je reste un gryffondor. Je n'aime pas être vulnérable.

Sans un mot, il enroule ma taille d'un bras et me laisse m'accrocher à lui pour pouvoir avancer. Je suis assez rassuré qu'il n'ait pas décidé de me porter, ma fierté en aurait pris un sacré coup. Mais marcher ainsi serré contre lui me plaît assez, c'est plutôt intime et je sens tout son corps évoluer contre le mien. J'aime ça.

On sort de l'infirmerie sans un mot et tout le trajet jusqu'à ses appartements se fait dans le silence. Je suis à la fois nerveux et détendu. Lui reste toujours aussi inexpressif, impossible de savoir ce qu'il ressent. Nous atteignons enfin une porte dans les cachots devant laquelle il s'arrête et moi je suis à bout de forces. Je me tiens plus que jamais à la taille de mon professeur et il resserre légèrement son étreinte.

Le passage s'ouvre après qu'il ait murmuré des mots que je n'ai pas saisi et il me conduit jusqu'à un canapé où je m'affale, épuisé. Je prends pourtant le temps d'examiner la pièce. Une cheminée, un canapé, deux fauteuils, un bureau, des étagères recouvertes de livres à chaque mur, deux portes et une fenêtre. Rien de lugubre mais rien de très chaleureux non plus. Ça lui va bien.

« Albus a envoyé Lupin récupérer certaines de vos affaires chez les Dursley, il ne devrait pas tarder. »

Snape n'a pas l'air ravi à l'idée de voir Remus débarquer ici mais moi je le suis. Je le regarde poser la note de Dumbledore sur son bureau puis farfouiller dans différents papiers en me demandant s'il fera un effort pour être cordial avec le dernier maraudeur ou non. Je sais que j'ai dit que j'aimais l'idée qu'il reste infect avec tout le monde sauf avec moi, mais je réalise maintenant que ce n'était qu'une réflexion puérile. Je ne m'attends pas à ce qu'il sympathise avec les gens qui me sont chers mais s'il pouvait au moins faire un effort et ne pas les insulter...

« J'ai besoin d'une douche. », je finis par dire au bout de quelques minutes de silence. Les sorts de propreté qu'il m'a jeté tous les jours étaient efficaces mais j'ai vraiment envie de sentir mes muscles se relaxer sous le jet d'eau...

« Mauvaise idée, vous avez la peau trop fragile pour une douche. »

Il me répond sans relever les yeux d'un parchemin et ne voit pas ma moue déçue. Par contre, il doit sentir ma contrariété puisqu'il soupire et ajoute toujours sans me regarder :

« Vous pouvez prendre un bain, si vous voulez. »

Un sourire s'épanouit sur mes lèvres sans même que je ne m'en rende compte et j'essaie bien vite de me lever pour trouver la salle de bain. Malheureusement le trajet jusqu'aux appartements de Snape m'a complètement vidé et je manque de tomber. Comme d'habitude, l'homme est déjà à mes côtés pour me soutenir.

« Vous êtes désespérant, Potter. À croire que vous aimez me voir accourir toutes les deux minutes. »

Je m'entends honteusement glousser et je m'accroche au bras que me tend mon professeur. Son pas est lent pour que je puisse le suivre et je m'étonne de la facilité que nous avons à intéragir. Peut-être a-t-il raison, j'aime le savoir toujours prêt à venir à mon secours à la moindre alerte. J'ai bien peur que je vais m'y habituer très vite. Trop vite.

Il me conduit à une des deux portes que j'avais aperçues à mon arrivée et je découvre une salle de bain tout à fait à mon goût. La baignoire est immense et je ne peux m'empêcher de penser qu'elle est assez grande pour deux. Evidemment, je ne dis rien, je ne pense pas être prêt à partager un bain avec Snape. Peut-être plus tard mais pas maintenant.

Il ouvre les robinets et fouille dans l'armoire au dessus du lavabo pour en retirer une fiole emplie d'un liquide que je ne connais pas. Sans même chercher à m'expliquer – j'ai vraiment l'impression qu'il me prend pour un môme ou un objet décoratif quand il fait ça – il la verse dans l'eau recouverte d'une bonne couche de mousse. Puis il sort de la pièce et m'abandonne là – accroché au rebord de la baignoire pour tenir debout – après m'avoir lancé un regard si intense qu'il me fait rougir une fois de plus.

- - -

C'est si agréable... J'ai jusqu'ici eu très peu d'occasions de prendre un bain et je compte bien en profiter. Je suis allongé dans l'eau tiède – je préfère quand c'est plus chaud mais mes brûlures auraient peu apprécié l'idée – depuis une bonne demi-heure maintenant. Les yeux fermés. Détendu. Si bien.

Quand je passe une main sur mon ventre je sens la peau de mes doigts toute frippée et je comprends qu'il est temps que je sorte. Je suis même étonné que Snape ne soit pas venu vérifier que je ne m'étais pas noyé dans le bain... Quoique, il l'aurait sûrement senti. Et peut-être qu'il savoure ce court instant de solitude. Merlin sait comme cet homme est mysanthrope, il doit vraiment rager à l'idée d'être obligé de me supporter jusqu'à sa mort.

Une bouffée d'angoisse m'envahit à cette réflexion. Lui peut sentir quand je ne vais pas bien mais moi non... Avec sa faculté à toujours cacher ce qu'il ressent, comment vais-je savoir s'il veut être seul, s'il est énervé, s'il est triste ou blessé ? Je ne vais être qu'un poids pour lui... Un fardeau... Maintenant que j'ai tué Voldemort, je ne sers plus à rien après tout. Il aurait dû me laisser mourir.

La porte de la salle de bain s'ouvre brusquement et je vois Snape littéralement fondre sur moi. Je n'ai même pas le temps de comprendre ce qui se passe qu'il me serre contre lui, penché au dessus de la baignoire. Ses vêtements vont être trempés maintenant... Et moi... Moi, je suis nu...

« Qu'est-ce qui s'est passé, Harry ? », gronde-t-il d'une voix... Inquiète ?

Ne sachant pas trop de quoi il parle, je ne réponds pas et ferme simplement les yeux pour savourer l'étreinte. Mes bras se glissent sur ses épaules et je le serre le plus fort possible contre moi. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai soudain envie de pleurer. Alors je cache mon visage dans son cou, oubliant que mes cheveux sont trempés et vont sûrement dégouliner sur sa robe.

Puis je me souviens, j'étais en train d'angoisser pour rien. Ça me semble stupide maintenant, j'imagine que c'est juste la retombée du stress qui m'a fait m'inquiéter. Mais tout de même, je persiste à penser que je ne veux pas qu'il me considère comme un boulet.

« Ca va mieux ? »

Sa voix n'est qu'un murmure à mon oreille et j'hoche silencieusement la tête, toujours câlée dans son cou. J'imagine que je devrais lui dire ce que j'ai sur le coeur maintenant mais je n'ose pas briser l'instant. Après tout, d'une certaine façon je ne suis qu'un objet sexuel, une réserve de sang et une possession pour le vampire. Je ne pense pas que Snape me voit vraiment ainsi, je pense qu'il me respecte un peu plus que ça et il a l'air sincèrement inquiet pour moi. Il est même tendre parfois. Comme là.

Alors je soupire et repousse cette pensée au plus profond de mon esprit. Inutile qu'on aborde ce sujet, ce serait gênant. Et je trouverai un moyen de me faire réellement apprécier pour ce que je suis. Je n'ai jamais eu une terrible estime de moi-même mais je suis têtu quand je veux.

« Ca va, désolé de vous avoir encore fait rappliquer. »

Il se dégage légèrement pour m'embrasser sur le front mais ne répond rien. Je ne sais pas trop comment interprêter tout ça. Je crois qu'il veut se relever mais je reste fermement accroché à lui. En cet instant, je suis terriblement dépendant de lui, j'ai l'impression que si je le lâche maintenant, il va s'éloigner trop loin de moi. Hors de portée. Une nouvelle vague d'angoisse m'envahit et une main apaisante se glisse aussitôt dans mes cheveux.

« Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de vous... », chuchote-t-il en me caressant la nuque. Je me détends et souris imperceptiblement.

« Tout ce que vous voudrez. »

Il ricane et se lève en m'emportant avec lui. La tension est retombée. Je suis dans ses bras, une de ses mains au bas de mon dos et l'autre dans mes cheveux et moi complètement collé à son corps. Je suis tellement apaisé que je ne me retrouve même pas avec une érection à ce contact. Je suis en fait limite somnolant.

Je ne sais pas trop ce qui se passe autour de moi à part que la main qui était occupée à taquiner ma nuque a disparu. J'entends la voix de Snape et je frémis de manière incontrôlable, ce qui a l'air d'être devenu une réaction automatique.

Mon corps est soudain complètement sec, il a du me lancer un sort, et un peignoir recouvre bientôt mes épaules. Je l'aide vaguement à glisser mes bras dans les manches – ce qui n'est pas évident puisque je suis toujours collé à lui – et soupire en fermant les yeux avec confiance, quand il me prend dans ses bras et me soulève.

« Un problème ? », une voix douce nous accueille à la sortie de la salle de bain.

« Rien qui ne te concerne, Lupin. »

Le ton froid de l'homme me réveille suffisament pour que je rouvre les yeux et les pose sur Remus avec un sourire. Il me répond aussitôt d'un des siens, toujours aussi doux et apaisants.

« Salut Remus. », je marmonne la tête posée sur la clavicule de Snape.

« Bonjour Harry, je suis venu t'apporter quelques affaires. »

Les bras se ressèrent imperceptiblement autour de moi mais je suis trop fatigué pour en prendre conscience. Personnellement, je suis content de voir l'ancien maraudeur. Même si ce n'est pas le cas de tout le monde dans la pièce.

« Merci. Ça n'a pas l'air de t'étonner de me voir ici... »

Je ne peux m'empêcher d'être inquiet. Je sais qu'il sera le dernier à juger Snape en ce qui concerne sa condition mais il est la dernière personne que je considère comme ma famille et j'ai besoin de sa bénédiction. Sans compter les Weasley bien sûr, mais c'est un peu différent.

« Le professeur Dumbledore m'a tout expliqué. Et Severus et moi avons eu une petite discussion pendant que tu prenais ton bain. »

« ... »

« Ne t'inquiète pas Harry, tout ce qui compte pour moi c'est que toi, tu ne sois pas malheureux. Et j'avoue être rassuré de te savoir bien vivant, maintenant que tout est fini. »

« Merci Remus. »

Je ressens soudain un profond amour – purement familial, je vous rassure – pour cet homme et sa compréhension. J'avais besoin d'entendre ça avant de vraiment pouvoir m'abandonner à Snape, je crois. Je lui souris. Et cette fois, je sens très bien les mains de mon professeur se crisper contre le peignoir.

« Je suis désolé Moony mais je suis fatigué. On parlera plus tard. »

Il comprend sûrement pourquoi tant de hâte, puisqu'il adresse un sourire indiscutablement maraudeur à Snape qui est plus tendu que jamais. J'avais souvent vu Sirius en faire mais c'est la première fois pour Remus. Je suis heureux de le voir comme ça.

« Bien sûr Harry, repose toi bien. Toi aussi Severus, n'en fais pas trop. »

Je rigole en entendant ce dernier lui adresser un renifflement sarcastique et souris une dernière fois au lycantrope qui nous quitte avec un clin d'oeil complice.

« Quand je pense que je vais devoir le supporter pour vous... », constate amèrement Snape une fois que Remus s'est éclipsé.

« Et moi je dois bien vous supporter, vous... »

Il ricane. Je souris. Puis je me blottis encore un peu plus dans ses bras, légèrement surpris qu'il ne soit toujours pas fatigué de me porter. Ça a du bon d'être un vampire.

« Faites attention à ce vous dîtes, Mr Potter. »

« Bien sûr, Professeur. »

Sur ce, je sens mon esprit s'embrouiller et le sommeil m'envahir. Je note distraitement qu'on change de pièce et qu'on me dépose sur quelque chose de mou et confortable. Des mains délicates me débarassent alors du peignoir, m'appliquent une sorte de crème un peu partout pour enfin me recouvrir d'un drap.

Puis un corps aussi nu que le mien me rejoint et se colle contre mon dos en déposant un baiser sur ma nuque. Je me retourne sans trop savoir pourquoi et croise le regard de Severus en souriant. Avant que je ne m'endorme, une dernière réflexion vient hanter mon esprit.

Ses yeux sont rouges.

A suivre...