Coquille vide

Rating : M (anciennement R)

Pairing : SS/HP

Disclamer : Rien à moi sauf la dépression des personnages

Avertissement : Slash (relation homosexuelle entre deux hommes) donc homophobes, s'abstenir. De plus, cette histoire sera assez sombre psychologiquement parlant et contiendra quelques scènes de sexe donc âmes sensibles s'abstenir aussi. Elles seront néanmoins assez longues à venir (les scènes de sexe, pas les âmes sensibles, lol) alors ne vous emballez pas.

Note de l'auteur : Voici le deuxième chapitre pour lequel vous n'avez pas eu longtemps à attendre pour une fois. J'espère qu'il vous plaira autant que le premier et que j'ai réussi à le faire aussi sombre tout en étant de meilleure humeur.

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Réponses aux reviews

Alex : Merci pour ton aide et encore une fois : VIVE MOI ! Je vais finir par paraître prétentieuse alors que pas du tout... Et tout ça par ta faute ;P (ah oui et merci pour la pub sur ton LJ, ça a plutôt bien marché lol) Et encore bon anniversaire, on va dire que ce chapitre est mon cadeau un jour en retard !

Crystal d'avalon : Un happy end ? Je ne sais pas encore mais il y a de fortes chances que oui. Suivant mon inspiration pour la suite... En tout cas, merci pour ta review et j'espère que ce nouveau chapitre sera à la hauteur de tes attentes. Biz

Fushicho : Voilà la suite tant attendue, en espérant qu'elle te plaira :) Bonne lecture et merci pour ta review

Mnemesysfr : Mais quelle paresseuse... Tu ne te logues même pas pour envoyer une review ! Pas que ça change quoi que ce soit mais je me devais de réagir ;) En tout cas, merci de ta review et voici la suite (pour ce qui est de voir des yeux de Severus, je suis bien d'accord. En plus, je ne voyais pas vraiment comment faire passer toute cette apathie à la troisième personne, ça avait moins d'impact je trouve)

Onarluca : Merci de ta présence à chaque chapitre et de tes reviews ! J'espère que la suite te plaira.

Vif d'or : Tout comme Onarluca, merci d'être là à chaque update et de me laisser une review à chaque fois, ça fait chaud au coeur. C'est vrai que c'est très sombre et ça restera encore un bon moment comme ça mais ça devrait être un happy end normalement. Biz et bonne lecture.

Edge : ... (Tu as la même réaction qu'Alexiel) ... (Je n'avais jamais reçu une review aussi constructive) ... (J'espère que la suite te laissera encore sans voix) ... (pas que j'ai quelque chose contre ta voix) ... (Voilà que je me marre toute seule) ... (Tu as une mauvaise influence sur moi) ... (Merci quand même pour tes ... et j'espère que la suite te plaira)

Crackos : Vi, c'est un peu triste j'avoue. Ce sera sûrement un happy end mais ça risque quand même d'être encore un peu sombre un bon moment. Donc préparez tous vos mouchoirs (lol) et bonne lecture !

La rodeuse : Merci ! Pour la psychologie des personnages, ça va évoluer mais assez doucement. Je ne veux pas bâcler les choses en allant trop vite. Enfin bref, j'espère que ce deuxième chapitre te plaira.

Snapye : Oui, c'est à peu près passé. Merci de t'en inquiéter ! C'est vrai que souvent dans les fics, dès que Voldie est mort, tout le monde est heureux et oublie les mauvais moments vécus. Mais déjà dans le bouquin ils ont tous l'air un peu traumatisés avant même que les choses soient vraiment sérieuses, alors je pense qu'ils auront du mal à sortir psychologiquement indemnes de toute cette guerre. Surtout pour ceux dont la vie n'a tourné qu'autour de cette lutte comme Sev ou Harry, ou même Dumbledore. J'avais donc envie de montrer comment ils pourraient se sentir après tout ça. Ça y est, je me laisse emportée dès que le sujet m'intéresse :) Je préfère m'arrêter là avant de t'ennuyer et te souhaiter une bonne lecture. Merci pour ta review, biz

Nardy : Merci Sandy ! Dire que je n'ai toujours pas eu le temps de lire les derniers chapitres que tu as updaté... Mais merci pour cet enthousiasme ça fait bien plaisir. Et pour le courage, c'est pas ce qui manque. En fait, ce serait plutôt le temps qui fait défaut mais bon je fais avec. Quoiqu'il en soit, voici la suite en espérant que ça te plaira autant que le début. Biz

Warriormeuh : Merci pour Sev, le pauvre je le fais souffrir... Voici la suite en espérant qu'elle te plaira !

Oxaline : Wouaaaah, on pense à moi ! Comment ça me fait plaisir. Il faut croire que tu m'as envoyé des ondes encouragisatrices (je sais pas si ça se dit mais on va dire que oui) parce que j'ai retrouvé l'inspiration et le temps assez soudainement. D'ailleurs, j'ai même pratiquement fini de taper le chapitre d'une page est enfin tournée, donc encore un peu de patience. En tout cas, merci pour cette review qui m'a fait chaud au coeur et je te souhaite une bonne lecture ! A bientôt

Petite grenouille : Merci. Pour une fois, j'ai été assez rapide à updater alors j'espère que tu aimeras ce deuxième chapitre.

Gégette88 : Mdr. Alex va finir par recevoir un salaire de ma part à force de me faire de la pub partout. D'ailleurs, il faut que je pense à la remercier pour m'avoir apporté un nouveau lecteur ;) Ou plutôt une nouvelle lectrice je pense... En tout cas, merci d'être passée et d'avoir laissé une review. Voici le deuxième chapitre en espérant qu'il ne te décevra pas ! A bientôt

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Chapitre 2

Le silence. J'ai toujours aimé le silence. Pas de reproches, pas de cris, pas de pleurs. Pour moi, le silence a toujours été synonyme de paix. Ou de calme avant la tempête, parfois.

Quand j'étais enfant, c'était le soulagement. J'angoissais à l'idée qu'il soit remplacé par les pas de mon père se rapprochant de ma chambre. Ou pire, de celle qu'il partageait avec ma mère. Car le bruit devenait alors douleur.

Quand j'étais mangemort, c'était plutôt l'espoir. Quand le Lord Noir gagnait une manche ou portait un coup fatal à l'Ordre, il offrait des festivités à ses chers serviteurs. J'ai toujours répugné ce genre de spectacles. Autant pour ce que subissaient les victimes que pour le rôle que je me devais de jouer depuis des années. Je préférais de loin les réunions plongées dans le silence, mes collègues mal à l'aise ou effrayés par la colère de notre maître et moi encore capable de croire en un avenir moins sombre.

Quand je suis professeur, le silence est un aboutissement, une victoire totale sur ces choses bruyantes que certains appellent affectueusement enfants. Leurs visages terrorisés, leurs regards angoissés, leurs mains tremblantes, tout autant de détails qui me plongent dans une profonde satisfaction.

Ou plutôt me plongeaient...

Aujourd'hui, silence ou bruit... Peu m'importe.

Je les observe distraitement. Tous penchés au dessus de leurs chaudrons, paniqués à l'idée de commettre une erreur qui leur ferait subir une de mes célèbres colères. J'en vois un qui pâlit subitement et qui échange un regard terrorisé avec son voisin. Dans peu de temps, sa potion explosera et pourtant j'hésite à intervenir.

Même l'idée d'enlever des points aux rouge et or ou de me montrer totalement injuste envers eux n'a plus l'effet escompté. Alors j'attend. J'attend l'accident. Je ne sais pas exactement si j'espère ou non réagir quand les cris s'élèveront et que je devrais envoyer les blessés à l'infirmerie.

Est-ce que je sentirai mon sang bouillir, est-ce que je me retiendrai d'en étrangler un ou deux ? Ou bien est-ce que je resterai encore indifférent à tout ce qui m'entoure... Tout ce qui me semble certain c'est que :

Je m'ennuie.

C'est la conclusion qui m'est venue la nuit dernière. Alors que je remuais tranquillement le philtre sur lequel j'avais passé ma soirée, ça m'est apparu très clairement. Je ne ressentais plus le moindre plaisir à découper, effiler, peser, broyer, remuer... Je crois que plus que mon insensibilité, c'est ça qui devrait enfin me faire paniquer. Pourtant, je me sens seulement incroyablement las. Je n'ai donc absolument plus rien, même mes chères potions s'échappent.

Ca y est. L'explosion tant attendue vient de retentir dans la classe. Une fumée turquoise et opaque se répend rapidement et je n'aperçois bientôt plus que des silhouettes s'agiter. Néanmoins, les cris me suffisent à repérer mes élèves. Je ne crois pas avoir jamais crié de peur et je reste un instant immobile à me contenter d'écouter. Sans agir.

Et je soupire. Faisant preuve de bien plus d'énergie que ce dont je m'aurais cru capable, j'interromps mon observation passive. Pas par envie ou nécessité, mais plutôt par habitude. Je me lève, je sermonne, je crie, j'enlève des points, je nettoie d'un coup de baguette et je leur adresse à tous un regard glacial. Ils n'y voient que du feu et quand la cloche sonne, se ruent tous dehors sans un regard en arrière.

Je me demande s'il existe quelqu'un dans cette école qui aurait pu s'apercevoir que pendant que je jouais mon rôle de méchant directeur des serpentards, le coeur n'y était plus. Albus sûrement, mais j'ai toujours tendance à le mettre dans une catégorie à part.

Je sors de ma salle, je ferme la porte derrière moi et me dirige vers la Grande Salle pour déjeuner. En croisant une horde de poufsouffles apeurés par ma présence, je me souviens que je devrais en ressentir une certaine fierté. J'ai tellement bien joué mon rôle ces dernières années, que personne ne voit la différence avec celui que j'étais avant. Tant mieux. Je crois.

Deux mois. Deux mois que je suis libre, que l'école a repris et que je suis dans un état second. Je continue néanmoins à agir comme autrefois et je m'ennuie, je n'ai plus goût à rien. Ma seule conclusion positive est que je dois être un sacré comédien.

La salle est déjà bondée quand je m'installe entre Minerva et Poppy. Je leur adresse à peine un hochement de tête en guise de salutations mais encore une fois, rien d'anormal. Quand l'entrée apparait, je ne suis même pas surpris de sentir mes yeux parcourir les tables à la recherche d'une tête ébouriffée sur laquelle ils s'arrêtent aussitôt.

Ce qui me surprend par contre, c'est que je ne peux m'empêcher de m'interroger... Potter... Est-ce que lui entre tous, est-ce qu'il a remarqué ? Comme moi j'ai remarqué son propre mal-être ? Sûrement pas. Il a déjà bien assez à faire avec ses propres problèmes.

Peu importe.

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Je ne sais pas vraiment comment je suis arrivé ici. Il me semble que j'effectuais ma ronde comme toutes les nuits. Un moyen comme un autre de tromper l'ennui. Et me voilà maintenant debout face au vide, dans un état quelque peu second.

Si je m'écoutais, je passerais mes journées au lit. Je suis tellement fatigué dernièrement... D'ailleurs je ne comprend pas vraiment pourquoi. Ce n'est pas comme si j'avais des journées exténuantes désormais. Ni même le moindre soucis à l'horizon. Pourtant je suis tellement épuisé, qu'en l'absence de Potter mon esprit reste bloqué sur la fatigue et le sommeil.

Je ne me l'explique pas mais c'est comme ça. Après tout, pourquoi pas. Ce n'est pas comme si je m'en préoccupais, mais la curiosité semble être tout ce qui me reste dernièrement. Tout ce qui m'assure que je suis encore vivant.

Est-ce que c'est la curiosité qui me fait me tenir là ? Est-ce que je suis curieux de connaître les sensations d'une chute libre d'une bonne centaine de mètres ?

Je ne crois pas. En fait, je ne sais pas. Je ne sais même pas ce que je fais là. Il ne me semble pas avoir envisagé le suicide depuis de nombreuses années et encore moins me suicider de cette manière. Il me serait si facile de choisir une fiole de poison dans mes réserves... Alors me jeter d'une tour du château, ça n'a jamais été dans mes perspectives.

Perplexe, je me contente de regarder le sol. C'est tout de même tentant. Un simple pas et plus rien. D'une certaine façon, ça ne changerait pas grand chose à la loque humaine que je suis devenue. La fatigue en moins.

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J'ai failli le faire. J'ai failli sauter et ça ne me remue pas plus que ça. Je ne sais pas si je dois remercier Albus d'être intervenu juste au bon moment. Ou juste au mauvais moment, je ne suis pas encore sûr. La dernière fois que je l'ai vu aussi paniqué et en colère, c'était... Je ne crois pas l'avoir jamais vu aussi paniqué et en colère, en fait.

Pourquoi se met-il dans des états pareils pour pas grand chose, finalement. Ce n'est pas comme si quelqu'un souffrirait de ma mort, comme si j'étais encore d'une quelconque utilité pour la société ou cette école. Ce n'est pas comme si j'étais encore vraiment en vie aujourd'hui.

Pourtant il persiste. Il faut croire qu'il attend encore quelque chose de moi. Je suis maintenant assis en face de lui, un sorbet citron à la main et lui essayant de me faire réagir, m'expliquant qu'il est peut-être tant que je réfléchisse à tout ça. A tout quoi ? Je ne sais pas. La seule réflexion qui me traverse l'esprit à cet instant précis est : Comment cette sucrerie a-t-elle atterri dans ma main ?

J'hésite à lui demander mais une dernière lueur de sagesse me conseille d'éviter. Alors j'attend. J'attend qu'il se décide à m'expliquer ce qu'il attend de moi. J'attend. Encore. Ma vie semble se résumer à ce mot : attendre. Attendre quoi au juste ? Aucune idée. Peut-être que tout se termine, que la fin arrive. Sûrement.

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A suivre...