Coquille vide
Rating : M
Pairing : SS/HP
Disclamer : Rien à moi sauf la dépression des personnages
Avertissement : Slash (relation homosexuelle entre deux hommes) donc homophobes, s'abstenir. De plus, cette histoire sera assez sombre psychologiquement parlant et contiendra quelques scènes de sexe donc âmes sensibles s'abstenir aussi. Elles seront néanmoins assez longues à venir (les scènes de sexe, pas les âmes sensibles, lol) alors ne vous emballez pas.
Note de l'auteur : La la la, la la la... Ooooh, mais que voilà ? Un nouveau chapitre ? Mais oui, vous ne rêvez pas ! Bon ok, il a un peu tardé mais toutes les versions précédentes ne me plaisaient pas... Alors je l'ai réécris un nombre incalculable de fois et je pense que c'est pas trop mal (j'avoue être une éternelle insatisfaite dans mes écrits) Il faut dire que la transition Apathie de Sev / Réveil de Sev ne devait pas être trop violente ou ça aurait créé une sorte de rupture dans le style et donc indirectement dans l'histoire... Mais je pense que ça devrait aller et que la fin de ce chapitre pourra permettre le changement tant attendu – à savoir, le début de guérison de nos deux protagonistes et leur rapprochement. Enfin bref, j'espère que cette nouvelle partie vous plaira et que vous me pardonnerez pour mon long silence :) Bonne lecture à tous.
Note 2 : Beaucoup m'ont demandé si il y aurait parfois le point de vue d'Harry. La réponse est non. J'y ai pensé mais si je fais un POV Harry, alors tout le mystère/intrigue/suspens (bien que ces termes soient un peu forts, il y a quand même pas mal de choses que je passe sous silence exprès et qui seraient dévoilées trop tôt si je changeais de POV) disparaîtrait et l'histoire aurait beaucoup moins d'intérêt. Enfin, c'est mon avis... Et comme je suis l'auteur et que seul mon avis compte... ;-P Donc voilà, si je me sens un jour l'envie, je réécrirai l'histoire selon Harry. C'est à voir. En attendant, contentez vous de notre cher Sev !
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Réponses aux reviews
Onarluca : Le bientôt a été un peu long mais j'espère que tu me pardonneras :) En tout cas, merci de ta review et je te souhaite une bonne lecture !
Alinemcb54 : Voici la suite un peu tardive, en espérant que tu n'as pas abandonné après cette terrible attente ! Quoiqu'il en soit, je te remercie pour ta review et je te souhaite une bonne lecture.
Ange de un cisme : Je ne sais pas encore pour le flash back spécial Voldy... Comme c'est un point de vue au présent, c'est pas évident à insérer. Mais je vais y penser donc si je trouve un endroit qui me convient et une idée intéressante, ça peut se faire ! En attendant, j'espère que ce chapitre te plaira et je te dis à bientôt :)
Jenni944 : Merci pour ta review ! Je sais que ce chapitre s'est fait attendre mais j'espère qu'il te plaira également. En espérant pour toi une bonne lecture, je te dis à bientôt :)
Minerve : Bien sûr que ton avis compte mais le mien reste quand même le plus important ;) lol. En tout cas, si ça peut te rassurer, c'est un happy end. Enfin... Sentimentalement parlant, après je pense qu'ils ont un passé trop sombre pour être totalement guéris. Mais ils seront relativement heureux ! (mais tu sais, il peut y avoir slash sans que les deux soient sauvés, ça veut rien dire... Le sexe et l'amour sont deux choses différentes. Et l'amour ne peut pas forcément sauver tout le monde :P) Enfin bref, je vais pas tout te dévoiler, sinon c'est pas drôle. Donc je te dis à bientôt en espérant que tu aimeras ce chapitre également ! Biz
Alexiel : Hello you ! J'ai pas eu le temps de répondre à ton mail mais merci pour le lien d'Allociné :) Je regrette juste qu'on voit pas Sev dans la bande annonce, il y a du favoritisme, pfff. Les producteurs connaissent rien au marketing, c'est fou ça. Enfin bref, sinon j'espère que la fac te plaît. La mienne est bcp moins bien qu'Orsay mais les cours sont heureusement intéressants donc ça va. Mais il faut avouer que le campus d'Orsay est quand même très privilégié ! Bon je vais pas te raconter ma vie dans les RAR, lol. Donc je te souhaite une bonne lecture en espérant que ce chapitre te plaira autant que les autres. Biz
petite grenouille : Merci pour ta review. Je sais que ce chapitre a été long à attendre mais j'espère qu'il te plaira. Je te souhaite donc une bonne lecture et à bientôt !
Edge : Mdr.
M
E
R
C
I
Ca fait un peu pom-pom girl, non ? En espérant que l'attente n'aura pas été trop longue (s'étouffe toute seule en écrivant ça) je te souhaite une bonne lecture et je te dis à bientôt ! Biz
Dam Hatter : Ô gloire à toi mon ti hamster préféré ! Pour m'avoir offert ce superbe HP6 même si une certaine partie de l'histoire (Seeeev, tu es innocent !) m'a définitivement traumatisée. Sinon, je sais que je passe pas bcp sur msn ou sur le net mais j'espère que tu vas bien et qu'on se croisera bientôt. En attendant, je te bisouille pleins et j'espère que ce chapitre te plaira ! Biz
Oxaline : Merci :) J'espère que tu seras toujours aussi enthousiaste à la fin de ce chapitre également ! En tout cas, je te souhaite une bonne lecture et je te dis à bientôt.
Vif d'Or : Je suis traumatisée par le tome 6 mais j'avoue qu'il est génial. Je l'ai littéralement dévoré et j'ai mis environ deux semaines à m'en remettre, lol. En tout cas, il y a dedans une double raison pour que je ne spoile pas dans mes histoires et que je ne dépasse jamais le tome 5 dans les bases de mes fics. Déjà pour Sirius dans le tome 5 mais là, Sev et Albus... Nan, je peux pas prendre ça en compte pour faire du SSHP, ou en tout cas pas avant quelques mois de thérapie :) Enfin bref, j'espère que l'attente n'aura pas été trop longue (sourit d'un air innocent) et que ce chapitre aura mérité ce retard... Biz et à bientôt !
Nanie nouche : Toi qui voulais la suite, j'espère que le retard ne t'a pas découragée... Quoiqu'il en soit, je te remercie pour ta review et tes compliments. J'espère aussi que ce chapitre te plaira et je te souhaite une bonne lecture. A bientôt.
Melindra : Yeaaah ! J'ai le sourire aux lèvres juste en lisant ta review :) Sourire qui se ferait sûrement encore plus grand si un certain dragon apparaissait prochainement, soit dit en passant... Mais comme je suis très mal placée pour oser parler retards, je me contente de t'envoyer des ondes positives pour te donner le courage nécessaire pour tes prochains chapitres. Et je te remercie bien sûr pour ta review, en espérant que tu aimeras autant ce chapitre qui s'est malheureusement fait attendre. Biz et à bientôt !
Calynounette : Avec des reviews pareilles, je suis vraiment honteuse d'avoir tant tardé à updater... Mais je préférais vous faire patienter et vous poster un chapitre qui me satisfaisait à peu près plutôt que ça soit bâclé et que je m'en veuille longtemps. Donc j'espère que cette dernière version de ce chapitre sera à la hauteur des autres et que tu ne seras point déçue par mon style. Style qui n'est pas évident à conserver maintenant que Sev va mieux et qu'il se 'réveille'. L'introspection quand on va bien, c'est l'horreur, mdr. Heureusement il en est encore loin. Enfin bref, cette partie est un peu une transition entre l'apathie et la guérison. Autant dans l'histoire que dans le style d'écriture. Et c'est pour ça que j'ai eu beaucoup de mal à l'écrire aussi. Surtout que je suis une éternelle insatisfaite quand j'écris... A chaque relecture, je vais changer quelque chose, je suis hyper pointilleuse sur les mots choisis, les tournures de phrases et tout ça. Donc au bout d'un moment, je m'oblige à m'arrêter et j'envoie le chapitre. Chapitre que je vais d'ailleurs te laisser lire plutôt que de raconter ma vie très peu passionnante :) Donc merci et bonne lecture !
Oreha : Voici la suite tant attendue qui j'espère, te plaira ! En tout cas, merci de ta review et à bientôt pour le prochain chapitre. Bonne lecture.
Chapitre 5 :
Des visages. Des gens que j'ai connu. D'autres dont j'ignorais même les noms. Tous appartenant à une partie de mon passé que je souhaiterais oublier. Mais je n'en ai oublié aucun. Et il y en a tant... Tant de visages...
Des cris aussi. Des hurlements. Des gémissements. Des supplications et des pleurs... Qui se répètent, qui se répercutent en échos dans ma tête... Forts, si forts... Sans fin, encore et encore... De plus en plus forts, à tel point que je me mêle à cet horrible concert, en espérant que mon propre cri d'horreur recouvrira celui des autres.
Et du sang. Tellement de sang. Du sang partout, qui répend son odeur écoeurante et qui souille mes vêtements. Des flaques de sang sous chacun de mes pas, que je ne peux éviter, qui me poursuivent... Sans cesse... Ce sang qui s'écoule de ces corps sans vie qui jonchent le sol, ce sang qui dégouline le long de mes doigts... Ce sang sur mes mains...
Ce sang sur mes mains...
" Meurtrier. "
Cette voix, je la connais. Je cesse aussitôt de crier et me retourne dans sa direction pour plonger dans deux prunelles d'un vert délavé, vides, sans vie. Je veux hurler, je veux lui expliquer, je veux qu'il comprenne, je veux... Je veux...
" Tu es un monstre. "
J'essaie de nier, de lui parler mais ma voix ne s'entend plus à travers les cris des morts. Alors j'essaie de m'approcher de lui mais mes jambes refusent de bouger. Je tend une main désespérée vers ces yeux qui me jugent et me condamnent mais je reste paralysé par la vision de ce sang qui recouvre mes paumes.
Lui aussi le voit et des larmes pourpres viennent voiler ce regard accusateur. Pire, déçu. Des sillons écarlates s'écoulent des prunelles désormais vides de toute expression. Je parviens enfin à faire un pas. Mais il s'éloigne. De plus en plus. De plus en plus vite. Alors je cours pour le rattraper. Je dois le rattraper... Il le faut... Des doigts s'agrippent soudain à sa robe. Je hurle comme je n'ai encore jamais hurlé. Les morts l'entraînent avec eux sans qu'il ne cherche à se débattre et je le vois disparaître avec impuissance. Disparaître...
Et soudain le silence. Je n'entend plus qu'un murmure qui me hante... Une voix sans âme... Une voix qui me fait mal... Qui disparaît, elle aussi...
" Je rejoins tout ceux que tu as détruit. Car tu m'as détruit moi aussi. Tu aurais pu me sauver mais tu n'as pas réussi. C'est ton impuissance qui as causé ma perte. De toute façon, c'était déjà trop tard. Tu m'as détruit. "
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Je me redresse dans un hurlement d'angoisse, en nage et pris de violents tremblements. Il me faut plusieurs dizaines de secondes avant que je ne comprenne qu'il ne s'agissait que d'un rêve. Ou plutôt d'un cauchemar. Le même qui me hante depuis presque vingt ans bien que l'apparition de cette fin soit plus récente.
Pris d'un soudain haut le coeur, je me lève et me dirige maladroitement vers la salle de bain. J'ouvre le robinet d'une main tremblante et pousse un soupir douloureux quand l'eau glacée entre en contact avec la peau moîte de mon visage. Génial, il est exactement 5h03 du matin et me voilà déjà avec une migraine carabinée.
J'avale une de mes potions d'un air absent et enfile une robe de chambre avant de m'affaler dans mon plus vieux fauteuil, face au foyer humide et glacé de mon salon. Et je reste là. Sans bouger. Sans allumer la cheminée. Sans dormir. Sans lire. Sans rien. Je reste juste là et j'attend que le temps passe. Que la journée commence. Que la routine quotidienne reprenne le pas sur ma morne existence.
Mais mes pensées dérivent déjà. Des bribes de mon rêve se projettent devant moi et j'abandonne l'idée d'essayer de les repousser. Au contraire, je me laisse envahir par la douleur ainsi générée et je fixe sans les voir ces yeux verts bien connus.
C'est de sa faute. Comme toujours. Avec le réveil de mes émotions qu'il a engendré il y a maintenant deux semaines, il y a ajouté le retour de mes vieux cauchemars. Et même mieux que ça, il en a rajouté un. Il s'est rajouté, lui. Sans le vouloir. Sans le savoir. Et c'est bien ce qui le rend dangereux. C'est bien pour ça que je lui en veux. Je lui en veux sans lui en vouloir. Je lui en veux comme je m'en veux.
Je pensais m'être pardonné comme la société l'avait fait, à la fin de la guerre. Mais il faut croire que ce n'était qu'un court répit. Mon apathie avait été plus forte que mes démons, voilà tout. Et puisque ce cher Potter avait réussi à me sortir de ma torpeur émotionnelle, ils étaient revenus aussi forts qu'avant. Non, encore plus qu'avant. La culpabilité d'antan n'était rien à côté du sentiment d'horreur que je ressens en voyant chaque nuit Potter s'ajouter à ma liste de victimes.
Cette pensée me fait peur. Depuis mon 'réveil', j'ai l'impression d'étouffer. Je suis envahi par l'angoisse. Le matin, la journée, le soir, la nuit... A chaque instant, je la ressens. En présence de Potter, elle semble s'estomper légèrement face à la fascination qu'il m'inspire mais dès son départ, elle revient plus forte que jamais.
Je n'en peux plus. J'ai perdu tout appétit, je ne dors presque plus et ça commence à se remarquer. Je sais que Minerva s'inquiète mais j'ai entendu Albus la rassurer en disant que c'était une étape indispensable à ma guérison. Voilà une guérison dont je me serais bien passé. La personne apathique que j'étais était bien plus enviable que l'homme blessé que je suis redevenu. Même mon ancienne personnalité semble être de retour. Il faut dire que passer mes nerfs sur les autres a toujours été pour moi le meilleur des remèdes.
Evidemment, comme j'avais joué mon propre rôle jusqu'ici, je ne suis pas sûr que quique ce soit ait remarqué ce retour à l'ordre. Hormis notre cher directeur bien sûr.
Et Potter.
C'est complètement fou. Ce n'est qu'un môme. Un gosse. Un héros certes, qui a accompli de grandes choses, je ne le nie pas, mais rien de cela ne m'a jamais interessé. Et il est puissant. La puissance m'a toujours attiré. Après tout je ne suis pas un serpentard pour rien. Pourtant, ce n'est pas non plus ce qui me fascine chez lui.
En fait, je ne sais pas vraiment ce que Potter a de si particulier, qui peut avoir raison de mes défenses aussi facilement. Tout ce que je sais, c'est qu'il est devenu une obsession. Je n'aime pas cette idée mais je n'y peux rien. Tout ce qui le concerne influe sur mon existence avec une telle force que ça m'effraie.
Les Potter sont ma damnation. Ils ont été créés pour me détruire mais je ne peux m'en défendre, ni même les éviter.. Oui, ma damnation. C'est la seule explication.
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Le voilà enfin. J'ai toujours été un lève-tôt mais ma présence dans la Grande Salle à une heure si matinale est surtout due au retour de mes cauchemars et à l'envie de profiter au maximum de Potter. Alors j'ignore les regards inquiets de Minerva, je me force à avaler un peu de café pour que mon corps ne s'effondre pas en plein cours et surtout, je l'observe et savoure ce spectacle qui atténue mon angoisse incessante.
C'est un réel soulagement chaque matin que d'obtenir cette petite et trop courte demi-heure d'apaisement avant d'entamer une inintéressante journée d'enseignement. Si seulement Albus acceptait de m'offrir un Potter personnel qui m'accompagnerait partout et qui me permettrait de souffler un peu... Pas que j'ai osé le lui demander, bien sûr. Même si en dehors de ses yeux verts, tout le reste m'indiffère, j'ai encore un reste d'instinct de préservation.
Néanmoins, bien que je ne sache pas vraiment si ça vient d'Albus ou de Potter, notre jeune héros me tient compagnie tous les soirs. Depuis ce fameux jour où il a envahi mon espace personnel et où je me surprend encore en me rappelant avoir fait de même. Cette journée est d'ailleurs un peu floue dans mon esprit. Il me semble qu'on soit restés longtemps au milieu de ce couloir, protégés des autres résidents grâce à un sortilège de repousse qui me laisse profondément perplexe. Ca ne venait pas de moi, ça ne venait pas de Potter non plus, de ça je suis sûr. Albus était en réunion... Alors qui...
Peu importe.
Ensuite, je crois que nous nous sommes séparés sans un mot et avons repris le cours normal de notre existence. A la seule exception près qu'il me rejoint tous les soirs dans mon bureau. Où il reste sagement à faire ses devoirs. Sans m'adresser la parole. Sans que je ne lui parle non plus. J'ai bien pensé aborder le sujet qui nous hante tous les deux mais il ne semble pas près. Et je ne suis pas sûr de l'être non plus.
Alors j'attend qu'on le soit. Pour l'instant, sa seule présence me suffit. J'ai l'impression que c'en est de même pour lui. La preuve, il lève les yeux vers moi. Les siens sont vides, les miens sont hantés. Nous avons tous les deux – d'un accord tacite – abandonné nos barrières d'occlumens il y a trois jours. Je me sens vulnérable ainsi mais puisque c'est lui... Il détourne déjà les yeux, retrouve cette expression fausse pour ses amis que je déteste tant et je continue à le fixer. Discrètement et avec une certaine adresse, il faut l'avouer.
Bientôt la salle se videra, je le perdrai de vue et je retrouverai ma salle de classe. En attendant ce soir. Où il frappera à ma porte. Où il me rejoindra. Où nous ne parlerons pas. A moins que si, en fait. Le temps est peut-être venu... Mais que ce soit le cas ou non, je sais que je vais attendre. Que je vais l'attendre. Jusqu'à ce soir. Oui, ce soir...
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A suivre...
