Coquille vide

Rating : M

Pairing : SS/HP

Disclamer : Rien à moi sauf la dépression des personnages

Avertissement : Slash (relation homosexuelle entre deux hommes) donc homophobes, s'abstenir. De plus, cette histoire sera assez sombre psychologiquement parlant et contiendra quelques scènes de sexe donc âmes sensibles s'abstenir aussi. Elles seront néanmoins assez longues à venir (les scènes de sexe, pas les âmes sensibles, lol) alors ne vous emballez pas.

Note de l'auteur : Si je suis pas une auteur merveilleusement géniale, quand même... Regardez moi ça, que je suis gentille... Pour me faire pardonner de mon gigantesque retard du dernier chapitre, je vous en offre déjà un nouveau ! Hein que je suis géniale, hein ? (se jette des fleurs) Et remerciez les grèves de la RATP et de la SNCF qui m'ont généreusement accordé du temps pour écrire... Maintenant que nos ovations pour les trains supprimés sont passées, je me tais et je vous laisse lire. Bonne lecture !

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Réponses aux reviews

Vif d'Or : Vi, ils sont mignons et encore plus dans ce chapitre, je trouve :) Tu me diras ce que tu en penses... En attendant, je t'embrasse et j'espère que tu aimeras cette suite aussi. Biz

Oxaline : Moaaaah ? En retaaaaard ? Naaaaan... Jamais... Hmmm... En tout cas, je suis presque rapide pour ce chapitre là, nan ? Ca me pardonne ? Oh et je garde le mot 'rédemption' en mémoire, ça me plaît bien comme terme pour la suite :) et pis chuis contente que tu aies aimé le cauchemar, il a pas été facile à écrire. Enfin bref, merci de ta review et à bientôt ! Bonne lecture

Alexiel : Hello ! Je me suis rendue compte que j'avais oublié de te demander ton avis sur HP6 Choquée, pas choquée ? Perso, je crois que pour mes fics futures je vais faire l'impasse sur ce tome même si je l'ai adoré... JKR doit pas être fan des HPSS pour nous rendre la vie si difficile... Sinon, je suis à la fac de Nanterre maitenant. Ça change d'Orsay, ça je peux te l'assurer ! Le cadre n'a rien à voir ! Quant au Sev torturé... (ne cherche pas de transition, yen a pas) Raaah, ça donne envie de le consoler nan ? Ce dont je me porte volontaire bien sûr :) Et pis si ça peut te rassurer, il est de moins en moins apathique. Mieux, la relation de nos deux beaux gosses s'approfondit... Mais je t'en dis pas plus et je te laisse lire. Biz et bonne lecture.

Minerve : Quelle romantique tu fais ! Mais t'en fais pas, ce sera un happy end :) C'est le principal nan ? Bon je te garantis pas les lapins roses et les petits coeurs partout mais au moins, ils iront mieux et ils seront amoureux C'est déjà ça, nan ? En attendant, je te laisse lire ce chapitre et je te souhaite une bonne lecture !

Petite grenouille : La discussion n'était pas pour le soir en question mais j'ai fais un bond dans le temps pour avancer un peu dans l'histoire :) En tout cas, le délais était beaucoup moins long que la dernière fois alors j'espère que tu trouveras ce chapitre à la hauteur ! Biz et bonne lecture !

Nanie nouche : Ce chapitre est moins déprimant alors j'espère que ça te plaira ! Surtout que je ne vous ai pas trop fait attendre, pour une fois... Remercions les grèves des transports qui m'ont empêchée d'aller en cours... Enfin bref. Bonne lecture. Biz

Dragopotter : Merci beaucoup :) Voici un nouveau chapitre tout beau, tout neuf, qui fait pas mal avancer l'histoire. J'espère que ça te plaira et je te souhaite une bonne lecture. A bientôt !

Ange de un cisme : Moaaaah ? Sadiiiique ? Naaaan... J'aime juste préparer psychologiquement mes lecteurs au chapitre qui suit :) Et encore, je suis sympa puisque je ne vous fais pas trop attendre et que je poste cette partie plus tôt que je ne pensais. D'ailleurs, je vais te laisser lire ça alors je te dis à bientôt ! (le Potter personnel, je crois qu'il apparaît dans la moitié de mes fics, lol. J'aime beaucoup cette image ;-P peut-être un désir inconscient de ma part...) Biz

Azuka Snape : Lol, j'ai des reviews de toi sur les deux sites maintenant :) En tout cas, merci de ton enthousiasme ! Et j'espère que tu n'as pas eu le temps de désespérer d'avoir la suite puisque j'ai été plus rapide que d'habitude... (je viens de m'apercevoir que j'avais pas fait les RAR dans mon chapitre sur Hpfanfiction la dernière fois... J'ai complètement oublié...) Je te laisse lire ce chapitre, en espérant que tu aimeras encore ! Biz et à bientôt !

Mnemesysfr : Merci, contente que ça t'ait plu :) Surtout que le cauchemar était pas évident à retranscrire, j'ai été obligée de puiser dans les miens et même si j'ai aimé l'écrire, c'était assez... Dérangeant... Un peu trop introspectif peut-être ! (pas pour le sang et les morts, lol, j'ai encore jamais tué personne ! Mais pour l'angoisse et les voix culpabilisantes qu'on peut ressentir ou entendre dans un mauvais rêve...) En tout cas, ce chapitre est un peu moins sombre je pense. En espérant que le style plus léger ne choque pas trop par rapport aux parties précédentes... Mais je vais te laisser lire, comme ça tu pourras me donner ton avis ! (au fait, j'ai mis le petit chat dans mes favoris pour pouvoir le lire quand j'aurai le temps !) Bonne lecture et à bientôt !

Jenni944 : Merci pour ta review et tes encouragements :) J'espère que tu aimeras aussi ce nouveau chapitre et je te souhaite une bonne lecture. A bientôt !

Melindra : Là, je me suis fait battre à pleine couture... J'ai pas arrêté de recevoir des alertes d'update de toi depuis que tu m'as dit qu'au moins j'envoyais des nouveaux chapitres :) J'ai pas encore eu le temps d'aller les lire mais je les ai mis dans mes favoris en espérant en trouver bientôt, donc tu devrais avoir de mes nouvelles d'ici peu :) Surtout que j'ai vu qu'il y avait une SSHP dans tes nouvelles fics... J'en salive à l'avance ! Sinon, en effet ça n'a pas été facile d'écrire la partie du cauchemar... Comme je disais à Mnemesys, j'ai puisé dans mes propres 'angoisses' pour tout ce qui sont les ressentis et voix culpabilisantes et c'était assez bizarre à écrire, très introspectif aussi. Donc je l'ai réécris je ne sais combien de fois, j'étais jamais satisfaite. (3615 My Life, lol) Quant à la longueur des chapitres... Je sais et c'est fait exprès ! Je suis plus motivée à écrire des parties courtes en ce moment. Je trouve plus le temps et l'inspiration pour ça. Et j'avais prévenu au premier chapitre, sans compter que ça ajoute un plus au côté 'déprime' de l'histoire je trouve. Ca laisse un goût d'inachevé, j'aime bien :) Et cette fic est super sombre et psychologique donc dure à écrire alors des chapitres longs, je suis pas sûre d'en être capable... Enfin bref, je te laisse lire la suite ! Biz et à bientôt ! (Pour le Potter personnel, j'avais pas fait gaffe mais c'est vrai que ça me plaît beaucoup et que ça me vient souvent à l'esprit dans j'écris avec un POV Sev...)

Onarluca : Merci pour ta review, j'espère que ce chapitre te plaira autant que les précédents. Bonne lecture et à bientôt !

Chapitre 6 :

" Pouvez-vous m'aider ? "

Après trois semaines de silence, ce sont les premiers mots que nous échangeons. Je sais que le faire remarquer ou réagir de manière inhabituelle serait une erreur alors je m'oblige à respirer normalement et à terminer ce que je faisais. Puis je lève calmement les yeux des copies que je corrigeais et je le vois penché sur ses devoirs, au premier rang de la classe. Je me demande quel type d'aide il me demande, psychologique ou scolaire ? Peu importe, même s'il ne s'agit que d'un cours avec lequel il a des difficultés, j'imagine que c'est déjà un début.

" A quel sujet ? "

Cela fait plus de deux semaines que j'attend qu'il m'adresse la parole pendant nos petites sessions quotidiennes. Plusieurs soirs, j'ai failli prendre les devants et engager la conversation mais j'ai fini par décider de ne pas le presser. Je ne suis ni psychiatre ni grand spécialiste en psychologie mais je suis déjà passé par là et je connais le gosse. Alors, je suis mon instinct. Et j'attend.

Après tout, j'ai fait le premier pas en lui offrant une présence et une oreille attentive, à lui de faire le deuxième. Il est le seul à pouvoir savoir quand il se sentira prêt et de quelle manière aborder le sujet. Ce moment semble être enfin venu.

" Causes et conséquences de la 103ème révolte des gobelins de 1631. "

Un pâle sourire tente de s'immisser sur ses lèvres mais je vois bien que le coeur n'y est pas. Moi, je n'essaie même pas. Au contraire, je me contente de le fixer et il en fait de même, son regard vide ne reflétant absolument rien. Il ne semble même pas attendre de réponse, c'est presque frustrant. Inconsciemment, je prend une profonde inspiration avant de me lever puis je m'asseois à ses côtés. Je me sens étrangement nerveux. Bien que mon dernier cours d'histoire remonte à loin, je ne pense pas que c'en soit la raison. Je ne suis d'ailleurs pas sûr de vouloir connaître cette raison. Heureusement, par chance ou par habitude, ma voix garde toute son intonnation froide et sèche, ne trahissant aucun signe de malaise.

" Montrez moi ce que vous avez déjà écrit. "

Une heure plus tard et grâce à mes commentaires – évidemment utiles et pertinents si je puis me permettre - il atteint enfin le troisième parchemin demandé. Bien qu'ayant moi-même eu la chance d'avoir suivi les cours de Binns, je reste très impressionné par l'ennui profond que m'inspirent ses sujets. J'ai même cru un moment être retombé dans mon apathie... Sérieusement, l'histoire de la magie pourrait être une matière tellement plus intéressante que... ça... Je me garde néanmoins d'émettre le moindre commentaire désobligeant sur les compétences de mon collègue. J'imagine que mon regard en dit long et suffit à lui seul à exprimer toute mon opinion pendant les réunions.

Quant à Potter, ayant terminé son travail, il rassemble ses affaires et se prépare à partir. Ne voulant pas paraître aussi dépendant de sa présence que je ne le suis vraiment, j'ai déjà retrouvé ma place derrière mon bureau et use de toute l'énergie qu'il me reste pour l'ignorer et replonger dans mes copies.

" A demain et... Merci. "

Le souffle coupé par la surprise et une inexplicable émotion, je ne répond rien et fait un geste vague de la main comme pour montrer combien je me moque de sa grattitude. Cependant, quand je parviens enfin à lever les yeux, il est déjà parti et mon regard ne peut que s'accrocher à 'son' pupitre.

Je crois bien que mis à part Albus, c'est la première fois que quelqu'un me dit merci. En excluant bien évidemment les remerciements que je reçois quand je m'abaisse à me montrer aimable avec Minerva en lui passant la salière ou la corbeille à pain pendant les repas. Non, je parle de sincérité. C'est la première fois qu'on me dit vraiment merci.

J'aimerais dire que ça me dérange. Mais... Ce n'est pas désagréable. Je crois que... Oui. Je pourrais m'y habituer.

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" Combien il y en a eu en tout ? "

C'est devenu notre nouvelle routine. Après trois semaines de silence, voilà une bonne quinzaine de jours que je sers de soutien scolaire et d'encyclopédie au gosse. J'imagine qu'il y a pire comme façon de passer ses soirées pour un quarantenaire célibataire... Ecouter Albus raconter des anecdotes de sa jeunesse – censées être amusantes – en subissant l'incontournable tasse de thé au citron, par exemple. On a beau dire que c'est un grand sage, un puissant sorcier et autres, il reste un vieillard banal quand on le connaît bien. Toujours d'attaque pour parler du bon vieux temps...

" 118. "

Je répond sans relever les yeux et je continue à préparer mon cours pour le lendemain. Potter est encore et toujours une obsession mais je ne ressens plus le besoin d'être en contact visuel constant avec lui. Ou tout du moins, pas quand nous sommes seuls dans cette classe. D'une certaine manière, c'est comme si sa présence m'est acquise et que je n'ai plus besoin de vérifier qu'il ne s'est pas sauvé sans que je ne le remarque. Je ne me comprend vraiment pas quand on en vient à ce môme...

Mais le plus étrange, c'est qu'il est devenu une partie intégrante de mon quotidien. Je crois que je me sens de plus en plus à l'aise en sa présence. Même s'il me rend parfois bizarrement nerveux... Lui-même semble prendre ses marques ici. Il s'étale de plus en plus et n'hésite pas à m'interrompre pendant mon travail. Pour un homme solitaire et indépendant à la limite de la mysantropie comme moi, j'ai peine à croire que je le laisse faire. Pourtant c'est le cas et ça ne me dérange même pas. Au contraire.

" Heu... Monsieur ? Est-ce que je peux vous posez une question ? "

" N'est-ce pas ce que, déjà, vous faites sans arrêt ? "

Ma réponse a beau être laconique et d'un ton de pure indifférence, je ne peux m'empêcher d'être curieux. Depuis qu'il a cessé de faire semblant d'être le parfait petit Potter devant moi, c'est bien la première fois qu'il se montre hésitant et j'avoue être intrigué. Je m'aperçois d'ailleurs avec surprise que j'ai posé ma plume et que je le fixe en haussant un sourcil interrogateur. Ce corps est parfois agaçant à agir ainsi de lui-même...

Notre gryffondor national a d'ailleurs l'air mal à l'aise, comme s'il n'était pas sûr de ce qu'il souhaitait me demander. Je suis presque sur le point de retenir mon souffle tant la tension entre nos deux regards se fait forte. Va-t-il enfin aborder le sujet qui nous intéresse tous les deux ?

" Est-ce que vous restez à Poudlard pour Noël ? "

Ne m'attendant définitivement pas à cette question, je ne parviens pas à retenir le ricanement qui s'échappe de mes lèvres. De déception ou de soulagement ? Je ne suis pas sûr moi-même. Sincèrement, à quoi est-ce que je m'attendais...

" Pourquoi, Potter ? Vous comptez me tenir compagnie pendant les vacances ? Ne me dîtes pas que vous envisagez de rester avec moi plutôt que de passer les fêtes avec Weasley, comme il vous l'a sûrement proposé. "

" Non. Bien sûr que non. C'était une question stupide, je suis désolé."

Et sur ce, il se replonge dans son devoir comme si de rien n'était. Mais il aurait fallu être aveugle pour manquer le regard blessé qu'il m'avait envoyé. Ou plutôt trahi. Pour une fois qu'il sortait du cadre strictement professionnel de nos conversations... Pour une fois que ses yeux ne reflétaient pas ce vide que je déteste...

En deux commentaires stupides, je viens de détruire tous les progrès et toute la confiance acquise de ces dernières semaines.

Ignorant l'étau qui s'est douloureusement reserré dans ma poitrine, je m'empêche de m'auto-AvadaKedavrariser pour ma stupidité et me pince l'arête du nez en espérant neutraliser une migraine naissante. Le pire, c'est que je ne sais même pas pourquoi j'ai dit ça... Pourquoi je l'ai délibérément provoqué... Car c'était de la provocation, aucun doute là-dessus.

J'imagine que c'est par égoïsme – peut-être même une certaine forme de jalousie – et que ma fierté de serpentard a parlé pour moi. J'imagine que j'espérais l'entendre dire que oui, il préférait rester en ma compagnie pour Noël, que lui aussi était dépendant de moi et que ses amis ne faisaient pas le poids... Sur ce coup là, difficile de dire qui est le gamin et l'adulte entre nous deux... Mais j'ai pour circonstance atténuante que de ne voir aucune amélioration chez Potter me préoccupe et m'inquiète de plus en plus. Alors quand il a semblé être sur le point d'aborder un sujet important...

Ce n'est pas une excuse, je sais. Mais la culpabilité que je ressens m'incite heureusement à tenter de me rattraper.

" Oui Mr Potter, je reste à Poudlard pour les fêtes. "

Comme il a relevé la tête et me fixe sans rien dire, je me sens obligé d'ajouter :

" Et j'imagine que si jamais quelqu'un me cherchait, il pourrait me trouver ici. Je dois refaire le stock de potions pour l'infirmerie. Ça me prendra sûrement toutes les vacances. "

Albus m'a déjà dit que j'étais incroyablement maladroit dans ma manière de faire des excuses et que je ferais tout aussi bien de simplement dire 'Je suis désolé'. Mais n'est pas né celui qui parviendra à me faire prononcer ces mots. De toute façon, ça ne semble pas nécessaire puisque Potter finit par se détendre et même par sourire. Pas un sourire radieux ou innocent comme autrefois mais un sourire, un vrai. Et une drôle de lueur dans ses yeux verts...

A cette vision, je me sens soudain submergé par une émotion intense que j'entreprend d'étouffer tout aussi vite, trop effrayé pour chercher à l'analyser. Malheureusement, j'imagine que mon regard, sans mes barrières d'occlumens, a du refléter mon trouble... Espérons juste que Potter n'en a rien vu.

" Et vous pensez qu'il y en aura un jour 119 ? "

Je le regarde un peu surpris, me demandant si j'ai raté une partie de la conversation. Devant l'air faussement innocent du garçon, je finis par comprendre et je sens mes lèvres esquisser un sourire en coin. Je serais presque tenté de sourire pour de bon tant j'éprouve de plaisir à le voir ainsi mais ma dignité de méchant directeur de Serpentard me hurle de n'en rien faire.

" Bien sûr. Pourquoi s'arrêteraient-ils à 118 ? "

Il sourit de cet air toujours un peu mélancolique, un peu hanté mais amusé et je ne peux que soupirer de soulagement puis me forcer à continuer de préparer mon cours. Et surtout, me forcer à ignorer ce pincement au coeur. Par Salazar, Merlin ou toute autre force supérieure à l'écoute, empêchez moi de ressentir ça pour ce gosse. Je ne devrais pas... Vraiment pas... Ressentir ça...

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A suivre...