Coquille vide
Rating : M
Pairing : SS/HP
Disclamer : Rien à moi sauf la dépression des personnages
Avertissement : Slash (relation homosexuelle entre deux hommes) donc homophobes, s'abstenir. De plus, cette histoire sera assez sombre psychologiquement parlant et contiendra quelques scènes de sexe donc âmes sensibles s'abstenir aussi. Elles seront néanmoins assez longues à venir (les scènes de sexe, pas les âmes sensibles, lol) alors ne vous emballez pas.
Note de l'auteur : Voilà enfin, comme promis, un peu d'action Harry/Sev ! Même si je précise qu'il n'y a toujours pas de sexe, il vous faudra encore être patient. Sinon, je sais que je n'ai pas répondu à toutes les reviews mais j'ai à peine le temps de poster ce chapitre et je ne veux pas encore repousser les délais. Donc merci à tous, soyez sûrs que chacun de vos messages est très apprécié, et je vous souhaite une bonne lecture.
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Chapitre 11
Deux bras s'enroulent autour de moi. Un visage se cache au creux de mon épaule. Un souffle chaud caresse mon cou avec douceur. Et une paix que je n'ai jamais ressentie jusqu'ici s'empare de moi. Je suis à ma place. Je me sens bien. J'ai envie de... sourire.
Ce n'est pas normal.
C'est avec un sursaut digne d'un Poufsouffle de première année que je sors de la délicieuse torpeur dans laquelle j'étais plongé.
Mes yeux s'écarquillent, mes doigts aggripent violemment ce corps étranger qui vient de pénétrer dans mon espace vital et j'essaie de me dégager sans résultat. Mon aggresseur quant à lui s'accroche, résiste, raffermit sa prise. Je suis pris au piège.
Un début de panique m'envahit. De mauvais souvenirs ressurgissent. J'entends presque les cris dans ma tête. Si seulement je pouvais attraper ma baguette, si seulement... Mais toutes mes peurs s'évanouissent dès que l'intrus pousse un soupir et que cette voix – Ô Merlin, cette voix – gémit tout près de mon oreille.
Je dois rêver.
" S'il vous plaît, Professeur. Juste... Juste un instant. "
C'est... Impossible.
" P-Potter ? "
Aucune réponse mais l'étreinte s'intensifie. Le gosse semble presque désespéré à l'idée que je puisse le repousser. Comme s'il était seulement envisageable que je le repousse.
Mes bras retombent sur les accoudoirs, mes yeux se ferment et je savoure toutes ces sensations, tout ce bien-être au simple fait d'être dans les bras d'Harry Potter.
Où donc est passée ma fierté ?
Sûrement très loin d'ici car j'ai bien l'intention de continuer à me laisser malmener par ce petit bout de sorcier.
Après tout, j'ai déjà décidé d'abandonner la lutte. Un peu plus tôt, c'était par le suicide que je voyais les choses, mais me fourvoyer avec Potter sera sûrement une défaite plus douce. Bien plus alléchante en tout cas.
Quant à mes principes, la morale et le monde tout entier, qu'ils aillent se faire voir. Parce qu'Il est là. Avec moi. Pour moi. À moi. Rien qu'à moi. Et j'en ai assez de me battre. Je vais en profiter. Je vais être totalement égoïste et assumer.
Surtout que je n'ai jamais prétendu être quelqu'un de bien... J'aime être méchant, j'aime être cynique, j'aime faire peur, j'aime faire mal. Alors je viens de décider que je n'étais plus à un défaut près. Oui, je sens que je vais aimer être égoïste.
Pourquoi ai-je encore l'impression d'essayer de me convaincre ?
Car je sens aussi que je vais le regretter plus tard, quand ma raison aura repris le contrôle, quand la source de tous mes tourments et de tout ce bien-être se sera envolée. Mais pour l'instant, je suis fatigué. Je n'en peux plus de me battre contre moi même. Je vais être docile, je vais laisser Potter prendre ses responsabilités, au diable les conséquences. J'ai essayé d'être adulte mais il n'en a fait qu'à sa tête en venant me faire... ça.
Donc ce sera de sa faute.
D'une certaine façon, tout lui mettre sur le dos me soulage et me fait culpabiliser en même temps. Peu importe, on verra plus tard. Tout ce qui m'importe pour l'instant, c'est lui.
Je penche légèrement la tête et mon nez s'enfouit dans la masse indisciplinée de ses cheveux. Comme lui. Son odeur m'apaise. Il se serre d'avantage contre moi et je suis à la limite de sourire parce que je sais qu'il hésite à grimper sur le fauteuil ou à se glisser sur mes genoux. Je le sais parce que je suis plus que prêt à le recevoir.
Mais il ne fait rien de plus. Il ne bouge plus. Je ne bouge plus. Je me demande s'il ressent autant de plaisir que moi. Notre position est chaste, innocente. Il n'y a rien de sexuel mais c'est incroyablement intense. Et pour l'instant, c'est plus que suffisant.
Je n'ai pas envie de bouger. Mais je sais que rien n'est vraiment résolu, qu'il va falloir qu'on parle. Oui, il faut vraiment qu'on parle. Par contre, je ne me sens pas capable de m'écarter et je décide que m'adresser à ses cheveux n'est finalement pas si mal.
" Comment es-tu entré ? "
Un court silence. Il est pétrifié et semble hésiter à me répondre. Qu'est-ce qu'il a encore fait ?
" J'ai... Plus ou moins détruit les protections de vos appartements... "
Ah oui quand même, je ne m'attendais pas à ça. J'ai moi-même lancé plusieurs sorts de sécurité sur ma porte, tous plus illégaux et dangereux que les autres. Mais d'un autre côté, c'est la seule explication plausible à sa présence dans mon salon. Ce gosse est plus puissant et inconscient que je ne pensais. D'un certaine manière, c'est réconfortant.
" Jesuisvraimentdésoléjenerecommenceraiplusc'estpromis "
Il a dû prendre mon manque de réaction pour de la désapprobation et s'aggripe plus que jamais à moi. Peut-être se sent-il aussi dépendant et vulnérable que moi. Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne chose. Mais c'est trop tard, j'ai déjà décidé d'agir comme un gryffondor et de penser aux conséquences après. Une véritable honte pour un serpentard.
" La prochaine fois, contentez-vous de frapper comme un être civilisé. Je vous ouvrirai. "
Ma voix est dure mais sans hostilité. J'aimerais pouvoir me radoucir, j'aimerais pouvoir être aussi tendre et attentionné que je le suis dans mon esprit. Mais j'en suis incapable. Les habitudes ont la vie dure.
Je le sens qui se crispe. Je lève une main pour la poser sur sa nuque dans l'intention de le rassurer et je suis totalement envoûté par la sensation de sa peau sous mes doigts. Je sais ce qu'il pense. Je sais ce qu'il va me dire. Et je ne peux lui en vouloir.
" Et si vous êtes repris d'une crise de bonne conscience ? "
Je vais avoir du mal à retrouver sa confiance. Je sais que je mérite cette méfiance. Mais il semble vouloir me laisser une chance et c'est plus que ce que j'espérais. Désolé Albus, il faudra vous faire à cette idée car je crois bien que cette fois-ci je n'aurai plus jamais la force de le repousser. Et encore moins l'envie.
" J'ouvrirai. "
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Notre petite routine a repris. A la seule différence près qu'il envahit maintenant mes appartements plutôt que mon bureau. Pas que ça me dérange, bien au contraire. On parle peu mais je sens souvent ses yeux sur moi. Comme il doit sentir les miens. Bizarrement, il est rare que nos regards se croisent.
Il doit être aussi gêné que moi.
Il faut dire que notre scène de 'réconciliation' était plutôt maladroite et a laissé place à un profond malaise quand nous avons enfin trouvé la force de nous séparer. Je ne sais pas combien de temps nous sommes restés dans les bras l'un de l'autre mais j'en ai hérité un terrible mal de dos. Je me fais décidément trop vieux pour toutes ces conneries.
Mais ça lui égal. Et c'est le principal. Alors j'oublie notre différence d'âge, j'oublie que nous soyons tous les deux des hommes – bien que je persiste à le considérer comme un gosse, une façon comme une autre de résister à mes pulsions de plus en plus fréquentes – et la situation me semble presque moins terrible. Presque.
Nous ne nous sommes pas retouchés. Plusieurs fois, j'ai failli lui attraper la main et l'attirer dans mes bras pour pouvoir à nouveau le sentir contre moi. Mais je me suis retenu. Comme lui-même se retient. Lui comme moi sommes dépassés par tout ça et aucun n'ose franchir la dernière étape. Ç'aurait été plus facile si nous avions trouvé ce courage ce jour-là mais après ça... Le doute, la peur, et pour moi ma conscience... Autant de petites choses qui sont revenues nous hanter dès que cet instant de communion est passé.
C'est frustrant. C'est de moins en moins suffisant. Je ne suis pas sûr de pouvoir tenir encore longtemps comme ça.
Trois jours. Cela fait trois jours qu'il passe avec moi et Noël approche à grand pas. Nous nous séparons tous les soirs dans une atmosphère angoissante emplie de non-dits, chacun hésitant à franchir les limites de l'interdit, et il réapparaît tous les matins devant ma porte. A laquelle il frappe. Et que j'ouvre. Comme promis.
Nous prenons nos repas dans la Grande Salle, avec les autres. Nous arrivons ensemble et repartons ensemble, en ignorant soigneusement les regards perplexes. Le premier jour, Albus ne nous a pas adressé un mot et a affiché un air résigné qui a apparemment beaucoup inquiété Minerva puisqu'il a retrouvé son enthousiasme naturel dès le dîner suivant.
Quant aux autres, aucun n'a osé nous poser la moindre question. Moi parce que mon regard doit être suffisamment dissuasif. Potter parce qu'il joue de cette fausse bonne humeur qui berne tout le monde et ne leur laisse pas la chance d'être soupçonneux.
Quand j'y repense, j'aime l'idée qu'il ne soit vraiment lui-même qu'avec moi. J'ai l'impression d'être spécial. Spécial pour lui. Comme il l'est pour moi.
Si seulement il savait combien il l'est pour moi...
A suivre...
