Le lendemain, quand je partit pour la job, Ziky dormait encore. Je le savait. Elle était paresseuse. Et chanceuse. Elle ne travaillait même pas elle. Ben… Elle travaillait deux fois par semaine et c'était comme cuisinière dans un petit restaurant chic. D'ailleurs, c'est toujours elle qui nous fait à souper. Elle n'a pas fait son cours de cuisine pour rien.
Je rentra de la job vers 6 heure. Ça sentait vraiment bon dans la maison. Je me demande ce qu'elle nous avait fait pour souper.
C'est moi !
Je l'entendit courir vers moi et elle se jeta complètement sur moi. Elle sautait partout en gesticulant trop vite pour que je ne puisse comprendre un mot de ce qu'elle disait.
Wo, girouette ! Calme-toi ! Je ne comprend rien de ce que tu mimes !
Elle se calma et se mit face à moi en commençant à me dire ce qu'elle voulait.
J'était sur Internet pour regarder la recette du souper de ce soir et j'ai reçu un e-mail. Je suis aller le lire et devine qui m'avait écrit ?, gesticula-t-elle avec les yeux pleins d'étincelles.
Non ! Il ne t'as pas écrit pour vrai !?
Je te jure !
Je veut voir !
Non. C'est personnelle !
Oh ! Je vois ! Il t'as écrit un message cochon, c'est ça ?
Pas du tout ! Il dit juste qu'il me trouvait belle hier soir et qu'il aimerait qu'on se revoit, bien sûr avec toi pour que tu puisses traduire. Il dit qu'on pourrait se rencontrer demain au restaurant pour souper et il amènerait un ami à lui. Ce qui veut dire…
Qu'il va amener un gars du groupe !?
Elle me fit signe affirmatif. On commença tout les deux à sauter dans le petit salon que nous partagions. En se dirigeant vers la cuisine pour souper, parce que j'avais une faim de loup, je lui dit :
J'espère que ça va être Chuck qu'il va amener…
Il n'est même pas beau !
Et la guerre éclata, comme à chaque fois qu'on parlais de ça.
Pierre POV
Elle m'envoya sa réponse le soir même. Elle me disait qu'elle était d'accord pour qu'on se rencontre demain soir avec son amie et elle suggéra même le restaurant. Je lui renvoya un e-mail pour lui dire que j'était d'accord. J'ai hâte de la revoir. Ça me rendait nerveux. C'était la première fois que je parlait avec une muette. Ben… Parler était un bien grand mot.
Le soir précédent, j'était en train de me préparer dans ma chambre. Chuck aussi se préparait. C'est lui que j'allais amener avec moi. Comme ça au moins, il n'y a pas de chance qu'il me vole Vicky.
Rendu au restaurant, j'était plus nerveux que jamais. J'avais chaud et mes mains étaient moites. J'espère que j'ai mit assez d'anti-sudorifique. J'espère au moins qu'elle va trouver que sa sens bon… Et mes cheveux ? J'ai peur de ne pas avoir mit assez de gel… Pourquoi je m'en fait ? Ce n'est pas la première fois que je sort avec une fille… Une fille muette, oui.
Elles étaient déjà arrivé. Est-ce que c'est nous qui étaient en retard ? Non. Impossible. Avec Chuck, on est jamais en retard. On s'approcha de leur table.
Salut les filles., dit-je en m'assoyant à côté de Vicky.
Elle était tellement belle ce soir. Chuck s'assit à côté de son amie et on fit les présentation. Son amie s'appelait Carie. Elle présenta également Vicky à Chuck qui ne la connaissait pas encore. On commanda. Chuck et Carie était déjà en grande conversation. Moi je n'osait pas parler. J'avais peur d'avoir l'air d'un con à essayer de la comprendre. Je la regarda. Elle regardait les voitures qui passaient dehors. La neige tombait. C'était très beau à voir. Je me retourna vers mon napperon et sortit mon crayon de ma poche de pantalon. Je commença à dessiner dessus comme je le fait toujours. Vicky me tapa sur l'épaule. Je la regarda et elle me fit signe vers le crayon. Je crois qu'elle voulait le prendre. Je lui donna elle le prit et écrit quelque chose sur son napperon qu'elle me montra.
Ils ont l'air de bien s'entendre.
Il y avait également une flèche vers son amie et Chuck. Je la regarda et lui fit un sourire.
Tu as raison. Ils on l'air de se ressembler.
Je me pencha vers elle et lui dit dans l'oreille pour ne pas qu'ils nous entendent :
Ils ont l'air tout les deux rabats-joies.
Elle rit. Quand elle riait, ça ne faisait aucun son. Par contre, elle avait un très beau sourire. Elle écrit de nouveau sur le papier.
C'est dans des moments comme ça que j'aimerais parler.
C'est dans des moments comme ça que j'aimerais que le langage des signes soit une matière que t'apprend à l'école.
Elle rit de nouveau. Pourtant quand j'ai dit ça, j'était sérieux. Je donnerais n'importe quoi en ce moment pour savoir le langage des signes. Notre repas arriva. J'avais prit un plat de pâtes comme Vicky, Chuck avait prit une pizza et Carie un hambuger.
Vicky tapa sur la table pas fort. Carie la regarda. Elle lui fit quelques signes et Carie rit légèrement.
Oui, mais tu dois avouer que ça fait du bien des fois.
De quoi ?, demanda Chuck.
Elle m'a dit que ça allait être beaucoup moins bon qu'à la maison. Elle est cuisinière, c'est pour ça qu'elle me dit ça.
Je regarda Vicky surpris.
C'est vrai ? Tu es cuisinière ?
Elle fit signe que oui et fit quelques gestes.
Elle dit que la prochaine fois, s'il y en a une, elle va cuisiner un plat et vous aller venir à la maison.
C'est sûr qu'il va avoir une prochaine fois., dit-je.
Vicky me regarda. À son tour d'être un peu surprise.
Vicky POV
Wow. Il venait de confirmer ce que je me demandait. Il voulait me revoir. Peut-être qu'on ne se parlait pas vraiment, mais il était de bonne compagnie. Dire que quand je suis partit de la maison j'était nerveuse. Il n'avait rien à être énervé. En plus, Carie et Chuck s'entendent mieux que se que j'aurais penser. On finit notre repas, on continua à parler, ou gesticuler et on sortit dehors emmitoufler dans nos manteaux d'hiver. Qu'est-ce qui était drôle, c'est que je pouvais parler à Carie et lui dire des choses que je ne voulais pas qu'ils sachent. On riait comme des folles parfois et ils ne comprenaient rien. Je ne disait rien de méchant.
On était arrivé devant la voiture à Carie. Elle et Chuck parlait ensemble. Pierre et moi on les écoutaient. Un moment donné, probablement qu'il était tanné, Pierre m'amena deux pas plus loin. Je crois que tout comme moi, il ne voulait pas passé le reste de sa soirée à les écouter parler.
Il fait beau ce soir., dit-il.
Je lui fit signe que oui.
Tu sais de quoi j'ai peur ?, demanda-t-il.
Signe négatif.
J'ai peur que tu penses des choses sur moi qui ne sont pas vrai.
Je fronça les sourcils. Que voulait-il dire ?
Comme par exemple, que je veut te voir juste parce que je te veut dans mon lit. C'est pas mon intention… Ben… Pas maintenant.
Je rit. Je prit le napperon que j'avais garder dans mes poches. J'avait prévu le coup. Je lui montra le papier et pointa sa poche pour qu'il me donne son crayon. Il compris et me le donna. J'écrit : C'est vrai que j'y ai pensé, mais quand je t'ai vu ce soir, j'ai su que ce n'était pas pour ça que tu m'avais écrit. Il le lu et me sourit.
Pourquoi ?
Je reprit le papier et écrivit : Intuition. Il lu et rit. Il me redonna la papier et me regarda.
Je ne veut pas que tu me répondes parce que je ne comprendrait pas. Je veut juste dire que tu es très belle ce soir., dit-il avec les joues rouges.
Est-ce que c'est parce qu'il faisait froid qu'il étaient rouges ou parce qu'il était gêné ? J'opta pour la deuxième hypothèse. Je lui sourit et lui dit merci à ma manière. J'imagine qu'il comprit. Il me sourit et se retourna vers Chuck et Carie. Tout comme moi. On entendait plus parler. Et il y avait une raison à ça. Chuck embrassait Carie à pleine bouche accoté sur la porte de l'auto ! On rit tout les deux en les regardant.
Je te l'avait dit qu'ils s'entendaient bien !
On continua à rire. Après quelques moments, Chuck s'approcha de nous avec Carie qui le suivait un peu plus loin. Elle me fit signe d'aller la voir. Je fit signe d'attendre à Pierre.
Ça te dérange si j'amène Chuck à la maison ce soir ?
Est-ce que ça veut dire que je doit me trouver un endroit où passé la nuit ?
Elle me fit un petit sourire désolé. Je la prit dans mes bras.
C'est correct. L'important c'est que tu t'amuses, non ?, je lui fit un clin d'œil.
Au moins, tu pourras passé la soirée avec Pierre., elle me fit un clin d'œil à son tour.
Elle marquait un point. Chuck et Pierre vinrent nous rejoindre. Chuck prit Carie par la taille.
Euh, Vicky, as-tu une place où dormir ? Je ne sais pas si tu as envie de les entendre toute la nuit, mais je ne te le suggère pas.
Non. Elle n'a aucune place où dormir., dit Carie à ma place.
Chez moi j'ai une chambre d'amis. Si tu veux, tu peut venir.
Je lui fit signe que oui, sa me tente. Il me sourit. C'est la première fois que quelqu'un m'appelle Vicky et que ça ne me dérange pas. On dirait que quand il l'a dit, c'était doux. Pas comme j'était habitué à l'entendre. On dit au revoir à Chuck et Carie qui ne manqua pas de me dire dans l'oreille de bien faire attention à moi et à moi de lui répondre : Bien sûr, maman. Elle partit avec Chuck et moi je suivit Pierre à sa voiture. Il m'ouvrit la portière. Quel gentlemen. Tout le trajet fut silencieux. Bien sûr, il avait mit de la musique.
