Disclaimer : Les personnages de Teen Wolf sont la propriété de Jeff Davis.

Petite mention à ma bêta-lectrice/correctrice pour ses conseils salvateurs, MlleHeathcliff !

Playlist YT non-répertoriée de "Fragrances" : /playlist?list=PL9grB8B3JOKgES3DbERFOdXBugaqfFu-n

Edit 28.02.23 : Oui, vous ne rêvez pas, j'ai décidé de finir cette fic. J'ai donc réécrit les premiers chapitres pour coller avec mon style actuel et pas rendre la lecture chelou en plein milieu. Je vous encourage à les relire pour ceux qui avaient lu la version de 2017... Ça nous rajeunit pas tout ça... Bref, bonne lecture de ces "nouveaux" premiers chapitres, la suite et fin viendra graduellement.
PS: Ton cadeau à un retard de quelques années, mais j'espère qu'il te plaira toujours autant, bisous ma douce Darness. *keur*


Il était beaucoup trop tôt pour un samedi matin et Scott était assis sur un lit, pas le sien. Il était presque sûr que s'il devait faire une liste des endroits sur Terre qu'il souhaitait visiter, la chambre d'un autre homme serait précisément le dernier d'entre eux.

Pourtant, il demeurait immobile.

Peter le lui avait bien fait comprendre, il n'avait pas d'autre choix que de poser ses « sales fesses d'Alpha » sur ce « foutu matelas à ressorts » ou ses abdos, « aussi alléchants soient-ils », se feraient éventrés sans autre forme de procès. Il avait bien essayé de se relever, mais le grognement mécontent du Hale l'avait figé sur place et depuis, il n'avait pas osé faire le moindre mouvement. Son propre comportement le laissait interdit. Il n'était pas du genre à recevoir des ordres et encore moins à s'exécuter avec docilité. Alors pourquoi l'avait-il fait cette fois-ci ? Avait-il uniquement réagi dans la précipitation ?

Un mélange d'appréhension et de frustration démangeait chaque centimètre de sa peau, lui donnant de l'urticaire. Il ne se sentait pas la bienvenue en ces lieux, seul au milieu du silence. Pour commencer, on l'avait forcé à venir... Bon, d'accord, il s'était laissé avoir par un ingénieux chantage, mais c'était presque pareil. Ensuite, il ne comprenait pas pourquoi il faisait le pied de grue, assis certes, mais tout de même, au bord d'un lit ridiculement grand, alors que rien ne le retenait à priori. Il avait le sentiment dérangeant d'être de trop, surtout quand il se rappelait qu'il ne poireautait pas dans n'importe quelle pièce ; il était dans l'antre d'un psychopathe notoire.

Derek et ses SMS énigmatiques ne payaient rien pour attendre. Pendant une seconde, une, il s'était cru avoir affaire à une urgence. Il avait écourté sa nuit, enfourché sa moto et débarqué en trombes au loft, comme si la vie de ses proches en dépendait. Il avait eu à peine le temps de toquer à la porte en métal qu'il avait senti qu'un truc clochait. Son hôte si alerte, loup acariâtre à ses heures perdues, l'avait bousculé en sortant. Qui, sain d'esprit, prendrait ses jambes à son cou devant son convive fraîchement arrivé si ce n'était pas pour échapper à une embuscade ? Question rhétorique.

Dans sa grande escapade à l'autre bout du globe, le grand Derek Hale lui avait également demandé de « rester sage ». Un collectionneur d'infortunes se donnait la peine de jouer les conseillers d'un ton impérieux, de quoi mettre la puce à l'oreille et de... Rester sage, justement.

Scott avait alors compris que sa missive n'était en réalité qu'un traquenard et, au lieu de faire demi-tour, son cerveau avait fait l'erreur monumentale de se dire que peu importait au final, il était déjà là après tout, et il avait franchi le seuil du loft sans faire d'objection. Il s'en étonnait toujours, d'ailleurs, de sa propre capitulation face à une des ruses de la famille Hale, parce qu'il devait se faire une raison, il n'y avait pas à regarder deux fois pour comprendre qu'aucune urgence apparente ne requérait sa présence ici.

Il aurait dû s'en douter aussi. Il était toujours le premier à se faire avoir en beauté lorsqu'un membre de la meute requérait son aide. Il plongeait tête baissée par excès de loyauté.

Cependant, il n'avait pas envisagé être réceptionné par Peter, qui le maintenait déjà par-dessous l'aisselle et lui faisait monter quatre à quatre les escaliers menant à l'étage, prétextant qu'une chose importante s'y trouvait. Il l'avait donc suivi et... de la surprise, il était passé à l'incompréhension. Il n'avait pas assez d'audace pour se délier de la poigne de ce second loup aux humeurs tout aussi, voire bien plus incendiaires, mais il n'avait pas imaginé finir dans sa chambre pour autant. Il avait protesté pour la forme, en vain. Quand il s'agissait d'écouter l'avis des autres, Peter était de loin le plus mal indiqué de la meute. Son ordre avait été clair de toute façon, il forçait son meneur à s'asseoir, balayant les préceptes hiérarchiques d'un revers de main. Il n'accepterait aucune contestation.

Face à tant de hargne, Scott s'était contenté d'obéir et d'attendre son retour. Il n'avait pas la carrure d'un tyran de toute façon.

Toutefois, sa bonne volonté commençait à s'effriter au fur et à mesure que les minutes s'écoulaient. Il n'aimait pas l'idée d'être confiné entre ces quatre murs, là où son esprit pouvait divaguer outre mesure. Il ne voulait pas s'avouer que la véritable nature de ce soi-disant rendez-vous l'inquiétait plus que de raison. Peut-être avait-il inconsciemment choisi d'esquiver l'évidence ?

Son regard passa en revue le plafond, à la recherche d'une échappatoire. Puis, il se massa le front, dépité. Il refusait de ramasser les pièces du puzzle dispersées autour de lui, mais au final, la réalité surpassait son obstination. Son instinct le titillait depuis la lecture du message sur son téléphone portable et il s'était malgré tout jeté dans la gueule du loup. Il sauvait toujours à leur rescousse.

Malheureusement, cela ne répondait pas à la plus importante de ses questions, celle qui grisait son humeur ; que lui voulait exactement Peter, créateur d'embrouilles par excellence ?

Il roula des yeux. Il se supposait en salle d'attente, ce qui n'était pas tout à fait un mensonge : tous les meubles (au nombre incroyablement élevé de trois, lit compris) se tenaient parfaitement droits, bien rangés dans leurs coins respectifs et respiraient le cabinet médical un peu trop lisse. Lui était crispé, mal sapé et lambinait dans une position inconfortable en dépit de l'élasticité optimale de la literie. Il se devait d'insister, il ne se sentait vraiment pas à sa place dans la chambre d'un ennemi potentiel.

L'étagère contre le mur, blanche et épurée, n'était définitivement pas à son goût. Il y trônait négligemment quelques livres, juste ce qu'il fallait pour qu'elle fut utile. La table de chevet à gauche du lit était dans les mêmes tons froids, dénuée de toute lampe, et la penderie encastrée dans les fondations se faisait oublier. Parfois, la petite poignée ronde en métal jouait avec la lumière des lampadaires filtrant par les deux fenêtres, rappel de l'existence d'affaires personnelles derrière la porte coulissante. Comme quoi, l'oncle ressuscité de Derek était doté d'une âme et avait d'autres vêtements en stock que son perpétuel col en V et pantalon noir.

Jusque-là, l'idée qu'un Hale puisse dormir lui paraissait absurde et l'idée qu'il ait eue cette idée se révélait plus absurde encore après réflexion. Ce fait s'amplifiait lorsqu'il s'imaginait Peter ronfler avec insouciance dans les draps impeccables sur lesquels il était en train de perdre la notion du temps. Cela contredisait l'aura invulnérable que le loup-garou s'entêtait à montrer, à l'affût du danger et un œil constamment ouvert. Probablement que Scott les surestimait un peu trop...

— Il ne manque que la camisole, se moqua-t-il à haute voix.

Il eut la soudaine envie d'éclater en sanglots.

Il savait parfaitement pourquoi il détestait cette pièce. Il n'était plus certain de quand exactement, mais tout était parti d'un pressentiment durant l'affaire du Nogitsune, un détail étrange qui avait éveillé ses soupçons. Une odeur.

Celle d'une ombre aux yeux bleu acier.