Je pensais que ''Requiem of a Grotesque Love'', sur Skyward Sword, serait la seule fanfic sur Zelda que j'écrirais… mais il semblerait bien que non, puisque me voilà lancée sur Breath of the Wild ^^ J'ai craqué, j'avais trop envie d'écrire la classique mais indémodable romance entre la princesse et son chevalier servant après lui avoir tordu le cou dans ma première histoire… Bon au final la romance est assez secondaire avec le recul. Je mentionnerais un peu la première histoire citée, mais vous n'êtes absolument pas obligé de la lire pour comprendre l'histoire présente. Je fais aussi mention de l'histoire de mon amie Foxy, et je vous recommande la lecture de sa fanfic qui est juste formidable. Vous la trouverais sur Wattpad sous le titre ''The legend of Zelda : Ocarina of time and fate'', et sous le pseudo Belladone24. Je vous conseille de les lire toutes les deux (la mienne vient en première et celle de mon amie est la suite) pour comprendre certains détails ou clin d'œil, mais seulement si le Boys'sLove ne vous dérange pas. Boys's Love qui sera d'ailleurs vaguement présent dans cette histoire mais j'ai fait en sorte que cela reste lisible même pour ceux que ça n'intéresse pas spécialement. Ne pas les lire ne gênera pas la compréhension de l'histoire présente, elles sont parfaitement indépendantes les unes des autres (ou presque, comme tous les jeux Zelda se répondent de loin en loin).

Mon amie a également participé à la rédaction de quelques passages où ses personnages apparaissent.

Et enfin, toute l'histoire est intégralement écrite,je n'ai plus qu'à poster les 50 chapitres au rythme de un par jour, comme je le fait pour chacune de mes histoires longues.

Sur ce, après un tel pavé d'introduction, je vous souhaite une bonne lecture ; et n'hésitez pas à me laisser des commentaires :)


Chapitre 1 : Light in the Darkness

Noir.

Si noir.

Un noir absolu, étrange, presque poisseux.

Il flottait là-dedans, sans parvenir à remuer. Il ne pouvait que garder les yeux ouverts dans cette immensité de ténèbres. Du moins les croyait-il ouverts, il ne pouvait pas cligner pour le vérifier.

Ce ne fut qu'en entendant un son minuscule qu'il réalisa qu'il flottait jusque là dans un silence absolu. Ce son si doux, comme une goutte cristalline tombant dans une étendue d'eau lui agressa pourtant les oreilles comme l'aurait fait le l'acier crissant sur une armure.

Une épée à lame blanche glissant sur une carapace de métal noirâtre, laissant un sillage d'étincelle et une infime éraflure…

Peur.

Si peur.

Ne pas se souvenir, surtout pas. A aucun prix.

_ …nk…

Il tendit l'oreille à cette voix pure provenant de… D'où provenait-elle, d'ailleurs ? De sa propre tête vide ? Des ténèbres l'entourant ? De nulle part ? De partout ?

_ Link…

Link ? Qu'est-ce que c'était ? Quelque chose à manger ? Ça serait bien, il avait faim. Il sentait comme un creux dans son estomac, un vide qu'il lui fallait combler avec…

De beaux morceaux de viande sur une pique de bois, saignants à souhait, juteux, les bords grillés à la flamme du feu de camp dansant devant ses yeux…

Oui, de ça il voulait se souvenir, mais l'instant s'échappa de son esprit vide.

_ Link, réveille-toi…

Se réveiller ? Donc ''Link'' n'était pas le nom d'une nourriture quelconque. C'était le nom de quelqu'un. Son nom.

Il était Link. Et une voix si douce qu'elle lui faisait l'effet d'un soleil lui demandait de se réveiller.

_ Link, réveille-toi !

La lumière surgit sans prévenir devant ses yeux sans qu'il n'ait esquissé le moindre mouvement. Cela lui confirmait qu'il avait bien les yeux ouverts. Il avait donc deux certitudes. Il s'appelait Link, et n'avait pas les yeux fermés.

Il émanait une délicieuse chaleur de cette lumière dorée. Il lui sembla qu'elle prenait forme humaine, lentement, jusqu'à ce qu'il puisse presque discerner son visage. Encore un peu et il verrait cette apparition dont la voix douce résonnait en lui avec une tonalité familière et douloureuse.

_ Link, je t'en supplie, réveille-toi…

Les ténèbres se refermèrent brutalement sur la lumière, l'avalant, la réduisant à néant.

Et il hurla.

_oOo_

Il hurlait toujours lorsqu'il se redressa, s'arrachant à un liquide chaud pour se retrouver dans un monde froid. L'air pénétrant dans ses poumons lui donnait l'impression d'une pelote d'aiguilles fourrageant dans sa gorge.

Il voulait se rendormir, retourner dans l'obscurité et s'y oublier.

Autour de lui rien ne lui semblait familier.

Il était dans une salle obscure, embrumée, sur une sorte d'autel, pataugeant dans cinq centimètres d'une eau d'un bleu fluorescent qui n'avait rien de naturel. Même sans souvenirs, il le savait !

Levant les yeux, il réalisa qu'une drôle de chose brillant de bleu se trouvait au-dessus de l'autel, semblant prête à tomber dessus. Peu désireux de voir cela se produire, il se jeta hors de l'autel et retomba sur le sol. Un sol froid et lisse que la lumière de la chose parait de reflets bleus.

Il se força à respirer malgré la douleur que cela lui procurait, tremblant de tous ses membres. Son cœur recouvra lentement un rythme normal, mais il lui fallut de longues minutes pour se relever… et retomber immédiatement, son menton heurtant une marche de l'autel qu'il n'avait pas vu jusque là, dissimulée dans la brume.

Un gout métallique envahi aussitôt sa bouche.

Du sang.

Il connaissait ce gout, ne voulait plus le sentir, ne pas se rappeler, ne pas penser…

Terrifié, désemparé, perdu, il se replia sur lui-même et pleura comme un enfant abandonné, longuement. De lourds sanglots étranglés, douloureux, qu'il arrachait de sa gorge en de longues plaintes rocailleuses.

Il était Link, et il avait mal, c'était les deux seules certitudes qu'il avait à cet instant.

_oOo_

Loin, très loin de là, dans d'autres ténèbres pulsant d'un violet malsain au rythme d'un battement de cœur monstrueux, une lumière ténue luttait farouchement pour ne pas se laisser engloutir.

Elle luttait depuis si longtemps dans cet enfer, seule.

Plus d'une fois, elle avait faillit abandonner, laisser les ténèbres la dévorer. Ça aurait été tellement plus simple, tellement moins douloureux… Elle aurait put disparaitre, cesser de se battre, enfin se reposer…

Mais toujours le souvenir de ce qu'elle chérissait s'imposait à elle au dernier instant, la forçant à se relever et à reprendre sa lutte.

Parfois, elle tentait de l'appeler, mais jamais elle n'avait perçu sa présence.

Il était parti si loin, si loin…

Mais cette fois, elle l'avait senti. Il revenait.

Après un si long sommeil, il s'était enfin réveillé…

Alors elle avait ravalé ses larmes d'épuisement et de souffrance, avait joint ses mains déchirées par son trop long combat et avait reprit la bataille, libérant tout la Lumière en elle, repoussant une nouvelle fois les Ténèbres.

_ Link… Pardonne-moi…

_oOo_

Link finit par se redresser, ses larmes taries. Il se contraignit à garder son calme en détaillant le décor l'entourant. La brume s'était dissipée, et de légères lueurs orangées formant des constellations sur les murs noirs produisaient un éclairage suffisant pour qu'il discerne des volutes dorées courant sur l'étrange matière noire du sol et des murs. L'autel où il s'était réveillé se trouvait au centre de la salle, brillant d'arabesques émettant une lumière bleue, tout comme la machine se trouvant au-dessus. La surface de l'autel était légèrement creuse et remplie de l'eau dans laquelle il s'était trouvé. Il s'approcha prudemment et regarda son reflet légèrement trouble.

Il avait l'allure d'un jeune homme d'une vingtaine d'années, aux cheveux châtains mi-longs tombant en désordre sur ses épaules et son front, ses oreilles en pointe dépassant de deux mèches épaisses encadrant son visage séduisant aux yeux bleu saphir. Ou était-ce l'éclairage qui leur donnait cette couleur ?

Il recula pour observer son corps dans son ensemble, incapable de se souvenir l'origine des trop nombreuses cicatrices couturant sa peau. Sans savoir d'où lui venait cette certitude en découvrant son corps nu, il sut que ses muscles souples étaient ceux d'un épéiste. Et s'il était un épéiste, il devait trouver son épée.

Avec prudence, il entreprit de fouiller la salle vide.

Derrière l'autel, il trouva un coffre de la même matière noire que le reste, la serrure brillant d'orange. Il l'ouvrit et en sorti une vieille chemise élimée de couleur crème, un vieux pantalon abimé couleur poussière, deux chiffons épais ocre et des courroies de cuirs usée. Il s'habilla et noua les chiffons à ses pieds. Le pantalon s'arrêtait à mi-mollet et les manches de la chemise à peine en dessous des coudes. Il passa une sangle de cuir à sa taille et une autre en diagonale autour de son buste.

Avec une ficelle trainant au fond du coffre, il attacha ses cheveux en queue de cheval basse.

Alors seulement il prit conscience d'un ronronnement continu quelque part dans la salle. D'un coup d'œil circulaire, il repéra sa seule provenance possible : une stèle illuminée de bleue juste à côté d'une arche comble qui devait être une porte.

Si l'issue était bloquée, ça lui faisait une belle jambe d'avoir trouvé des guenilles pour s'habiller !

Il s'approcha de la stèle et fronça les sourcils en y découvrant une tablette incrustée sur le dessus. Il se prépara à une lutte sans merci pour l'arracher de la pierre, ou quelque soit le nom de cette étrange matière noire, mais n'eut qu'à toucher la tablette pour qu'elle se détache.

Elle faisait environ vingt centimètres, peut-être moins, et était d'un marron presque noir. Le dessin doré d'un œil versant une larme était gravé dessus, l'iris d'un bleu irréel.

Link retourna la tablette et haussa un sourcil en découvrant une étrange surface lisse d'un noir absolu. Il la tapota du bout de doigt, méfiant et laissa échapper l'objet lorsque la surface s'illumina de bleu, le même symbole d'œil pleurant apparaissant en plus clair. La tablette heurta le sol et le son sec de l'impact se répercuta longuement sous la voute du plafond.

Le jeune homme ramassa l'objet après s'être assuré du bout du pied qu'il ne risquait rien. Il voulut la reposer sur la stèle mais son emplacement avait été comblé par une constellation bleue.

Et l'arche comble ne l'était plus.

Il pouvait donc sortir.

En avait-il seulement envie ?

Cette salle était la seule chose qu'il connaissait, et l'extérieur lui serait sans aucun doute hostile. Et il n'avait pas trouvé d'épée pour l'aider à l'affronter.

Pourtant, un vent frais lui parvenait du bout d'un long couloir, une lumière claire lui indiquant la sortie.

Il se rappela de la voix l'ayant éveillé et se dit qu'elle ne l'avait pas fait pour qu'il demeure dans cette étrange salle.

Le premier pas fut le plus difficile, mais ses jambes étaient plus assurées qu'à son réveil. Accrochant la tablette à sa ceinture, il se dirigea vers la lumière.

Il se figea avant de sortir pour de bon du couloir, hésitant. Le vent sentait si bon, la chaleur était si douce… il distinguait des nuances de verts incroyables, de gris multiples, de bleus magnifiques…

Il voulait voir.

Il se retourna mais l'obscurité de l'endroit qu'il quittait ne lui donnait pas envie d'y retourner. Pour y faire quoi, de toute façon ? Y mourir de faim ? Très peu pour lui.

Il s'appelait Link, il était un épéiste sans épée, c'était les seules certitudes qu'il pouvait se passer mentalement avant de se jeter dans l'inconnu.

Il se retourna vers l'extérieur, inspira, et sorti enfin au grand air.

Le vent s'engouffra dans ses cheveux alors qu'une vue à couper le souffle s'offrait à son regard. Des immensités infinies, des forêts, un ciel d'un bleu incomparable, des montagnes si hautes, des ravins si profonds, des étendues d'eaux sans fonds… le monde lui paraissait si vaste. Il était beau à en pleurer.

Une nostalgie poignante lui étreignit la poitrine alors qu'une envie irrépressible de protéger cette beauté envahissait tout son être.

Il observa longuement les étendues sauvages sous ses yeux. Une multitude d'animaux vivaient là, mais d'humains comme lui, nulle trace. Des sangliers courraient entre les arbres d'un bois, des insectes bondissaient dans les herbes folles, des oiseaux fendaient les cieux, des poissons bondissaient dans les ruisseaux…

La pointe de sa flèche désignait sa cible. Un oiseau dodu et appétissant qu'il pourrait faire griller. Sa chair était tendre, il le savait d'instinct…

Link soupira alors que le vague souvenir s'estompait. Il avait faim, et l'idée de manger commençait à l'obséder. Mais il n'avait rien pour partir en chasse, et doutait d'être capable d'attraper un quelconque gibier à mains nues, et encore moins de le tuer !

Un sentier animalier descendant le flan de la falaise où il se trouvait, il l'emprunta dans l'idée de chercher quelque chose pour se nourrir. Il trouverait bien des herbes comestibles quelque part !

La chance lui sourit, il trouva un pommier à côté d'un amas rocheux. Il grimpa aux branches de l'arbre et dévora plusieurs fruits avant que sa faim ne soit enfin apaisée. Les pommes étaient rouge, avec une chair ferme un peu aigre, pas encore tout à fait mures, mais elles lui avaient parut succulentes.

En redescendant de son perchoir, il aperçu les vestiges d'un feu de camp sous l'amas rocheux. Les tissons de bois parfaitement rangés lui indiquèrent qu'un être doué d'intelligence avait fait ce feu, et il sut en touchant la cendre que ça ne datait que de quelques heures à peine. Peut-être la nuit précédente.

Reprenant espoir, il se redressa et observa avec plus d'attention son environnement. Une ruine se dressait quelque part à sa droite, et il décida de s'y diriger pour cherche un autre point de repère.

La première créature vivante que Link croisa fut un Bokoblin, une créature courtaude et trapue à la peau rouge, avec un mufle de cochon et de grandes oreilles battant comme des ailes de chauve-souris. Un pagne déchiqueté entourait ses hanches et il brandissait une massue Boko, une sorte de gourdin rudimentaire en bois.

Alors que sa mémoire demeurait vide, le jeune homme savait que cette créature était un monstre, un ennemi, un rejeton des Ténèbres qu'il devait éliminer à tout prix.

Mais l'éliminer avec quoi ?

Le Bokoblin semblait patrouiller sur une vieille allée où quelques herbes sauvages poussaient entre les pavés disjoins, juste devant le grand bâtiment ressemblant à un temple en ruine. Link se glissa derrière un muret effondré et regarda le Bokoblin passer sans le voir. Il ramassa une branche d'arbre se trouvant à cet endroit et en arracha les feuilles. Il inspira et bondit par-dessus son muret en poussant un hurlement qui terrifia le pauvre Bokoblin qui en lâcha sa massue. Le jeune homme lui jeta sa branche au visage avant de plonger sur l'arme du monstre et de la ramasser dans une roulade. Il se rétabli sur ses pieds et frappa le Bokoblin, le projetant dans les airs. Ses longs bras et ses courtes jambes s'agitèrent d'une façon ridicule. Il avait à peine touché terre que Link lui tombait dessus, fracassant de son arme le crâne du monstre, l'écrasant à plusieurs reprise.

Le Bokoblin cessa de bouger et explosa en une fumée d'un noir violacé qui se dissipa dans le vent.

Link se redressa et essuya son front du revers du bras. Il leva les yeux vers les ruines à l'accès désormais dégagé et grimpa un escalier qui avait dû être majestueux avant d'être envahi par les herbes et les gravats.

L'entrée du temple béait, ses portes arrachées de leurs gonds depuis une éternité. Il pouvait distinguer dans l'ombre, tout au fond, la statue monumentale d'une femme.

Il recula, sans comprendre pourquoi. Il ne voulait pas s'approcher de cette statue, elle lui évoquait quelque chose de… de quoi exactement, il ne le savait pas vraiment. Un mélange de crainte, de colère, de révérence… de gratitude ?

Il préféra rejoindre un sentier à peine plus large d'une piste de gibier longeant les ruines, serpentant entre d'autres, plus petites.

La piste s'arrêta abruptement au bord d'une petite falaise dominant un bois clairsemé. Link sentit son cœur s'emballer en apercevant une cabane entre les arbres… et de la fumée s'échappant de la cheminée. Il s'empressa de descendre la falaise, trouvant sans mal des prises sur sa surface irrégulière.

Il arriva finalement au pied et se mit à courir en direction de la cabane, bondissant par-dessus les troncs effondrés et les taillis. Les branches basses lui cinglaient les jambes mais ne suffisaient pas à l'arrêter.

Enfin… Il allait enfin rencontrer quelqu'un.

Il se figea en arrivant à proximité de la cabane et reprit son souffle, soudainement intimidé. Il pouvait voir un vieil homme grand comme un ours assit devant une marmite à l'extérieur de la modeste cabane de bois au toit de peaux tannées tendues. Le vieil homme releva la tête et Link put le détailler avec attention.

Il portait des vêtements sombres et une capuche dissimulait dans ses ombres son visage buriné mangé par une épaisse barbe blanche. Il devait avoir la soixantaine environ.

Le vieil ours attisa le feu sous sa marmite avant de relever les yeux, deux petits yeux d'un vert sombre surmontés d'épais sourcils blancs en broussaille. Il observa Link en s'appuyant sur sa canne de bois noueux au bout de laquelle pendait une lanterne éteinte. Quelque chose dans son regard interpela le jeune homme. C'était comme si, alors qu'il le regardait, le vieil homme… avait du remord.

_ Il me semblait bien avoir vu de la lumière provenir du Sanctuaire de la Renaissance. Bon retour parmi nous, Link.

_ Vous connaissez mon nom ?

C'était ses premiers mots, si Link exceptait ses sanglots des premiers instants. Et il les arrachait de sa gorge avec douleur, croassant comme des pierres se heurtant l'une à l'autre.

Le vieil ours sourit derrière sa moustache et fit signe au jeune homme de se rapprocher, ce qu'il fit avec une certaine lenteur.

_ Tu as l'air troublé, mon garçon. Tu… ne me reconnais pas, n'est-ce pas ? Je me doutais que quelque chose comme cela se produirait. De quoi te souviens-tu ?

_ Je m'appelle Link, et je suis un épéiste armé d'une massue de bois.

_ Eh bien, c'est déjà ça ! As-tu une idée de quoi faire, maintenant que tu es réveillé ?

_ J'ai déjà mangé des pommes et tué un Bokoblin. Je voulais chercher un autre humain et je vous ai trouvé. Maintenant, je n'ai plus d'objectif.

Sa voix retrouvait des intonations plus lisses et harmonieuses. Le vieil ours se releva en s'appuyant sur sa canne et fit signe à Link de le suivre.

_ Viens. Si tu es en manque d'objectifs, je vais t'en montrer un.

Link haussa les épaules et emboita le pas au solide vieillard.

Ils marchèrent un long moment entre les arbres clairsemés du bois avant de déboucher sur une vaste plaine herbeuse. Le vieil homme semblait savoir exactement où aller, quel chemin prendre pour éviter les groupes de Bokoblins se rassemblant ça et là. Il ne parlait pas, se contentant de jeter des regards en arrière dans les passages les plus difficiles pour s'assurer que Link le suivait bien.

Ils arrivèrent finalement devant une structure qui semblait avoir surgi de terre des décennies plus tôt, presque entièrement ensevelie sous des gravats rocheux. Link repéra une sorte de cavité pour atteindre le centre de la structure et s'y glissa. Au centre brillait une stèle comme celle sur laquelle il avait trouvé la tablette pendue à sa ceinture, sous une étrange pierre de matière noire inconnue. Il prit sa tablette et la retourna quelques secondes entre ses mains avant de la poser sur la surface lisse de la stèle.

Il ne se passa d'abord rien, puis la pierre s'illumina de runes bleues et une goutte de lumière glissa telle une larme sur la surface lisse pour tomber sur la tablette. Soudainement le sol se mit à trembler sous ses pieds. Et il s'éleva soudainement dans un enfer de pierres et de terres, à une vitesse vertigineuse.

Le vieil ours paraissait imperturbable alors qu'une véritable tour sortait de terre en vibrant.

Lorsque l'ensemble se stabilisa enfin, Link regarda autour de lui. Il se trouvait bien plus haut que l'endroit d'où il été sorti. Le monde qui s'offrait dans son ensemble à son regard était époustouflant. Aucun mot ne pouvait le décrire avec justesse, rien ne pouvait rendre justice à cette beauté de nature sans commencement ni fin.

_ Link… Je te présente… la terre d'Hyrule !