Salut tout le monde! Désolée pour le long, long temps passé sans écrire. Je m'étais dit que comme c'était un chapitre sur les vacances d'été, je l'écrirais pendant les vacances d'été ; puis je me suis dit que j'attendrais la rentrée pour pouvoir vérifier la cohérence avec le tome 5, et finalement, mon boulot me prend trop de temps, je n'ai pas le HP5 là où j'habite actuellement, donc signalez-moi les erreurs de cohérence à propos des articles de journaux, si c'est vraiment trop mauvais je ferai une version modifiée. A priori, KimNaylor m'a dit qu'il n'y avait pas de contradiction, et elle a lu trois fois le tome 5, dont une très récemment.

De toute façon, comme on me le faisait remarquer dans une review, il y a une erreur de cohérence beaucoup plus importante, à sa voir que Cho et Marietta ne sont effectivement pas en même année que Padma. Je réécrirai peut-être une version de ça. En attendant, même si ça fait plein de petits détails trivialement faux dans cette fic, ça ne change pas l'esprit, donc, même si c'est scandaleux, ça ne jette pas la fic par terre.

Je remercie encore tous mes reviewers pour leurs encouragements (et leur patience :) )

Ah, et encore un petit message. Dans mes lecteurs, il y a peut-être bien des fans de yuri (ou shôjo ai, ou femslash, enfin romance entre deux femmes, quoi), et je viens de créer une communauté C2 sur le yuri francophone. Pour aller jeter un oeil, cliquez sur mon nom d'auteur, puis allez voir dans mes communautés, enfin vous devez connaître le truc. Je dois vous avertir : pour l'instant, ça manque de fics Harry Potter. Peut-être que je devrais y ajouter celle-ci, même si elle est de moi et que ça fait un peu prétentieux... Il y a peu de yuri sur Harry Potter, surtout par rapport au yaoi, et je n'en ai pas lu qui m'aient vraiment plu.


"Cedric Diggory a été assassiné par Lord Voldemort."

Cette phrase, que Dumbledore avait prononcée pendant le banquet de fin d'année, continuait à résonner sinistrement dans l'esprit de Marietta.

Parfois, elle se prenait à y croire, un peu.

Pourtant, l'ambiance horrible qui avait suivi la mort de Cedric s'était estompée. Les larmes de Cho restaient gravées dans son esprit, mais pas la panique qui avait suivi. Elle était revenue chez ses parents qui l'aimaient, et se sentait en sécurité.

Il faut dire qu'elle en avait besoin. Elle y avait vraiment cru, au début.

L'année s'était finie dans l'effroi général, et même après être rentrée, Marietta avait observé les journaux, attendant avec terreur des annonces de meurtre et de guerre.

Mais rien ne s'était passé. Marietta ne comprenait pas. Elle avait voulu en parler à Cho. Elle aurait voulu parler à Cho en général. Mais surtout de ça.

Mais les parents de Cho avaient estimé préférable qu'elle passe ses vacances juste avec eux, pour qu'elle puisse oublier le plus possible le cadre de Poudlard. Il lui fallait, disaient-ils, un dépaysement total, et ils étaient partis dans un pays étranger inconnu. Marietta leur en avait beaucoup voulu. Puis elle s'était laissée convaincre que c'était vraiment meilleur pour Cho, et elle leur en avait un peu voulu.

Elle lui avait envoyé des hiboux, sans oser lui parler de ses doutes à propos de leur avenir, car elle ne voulait pas parler de Cedric, ni même le lui rappeler, pas sans pouvoir la voir en face. Ca avait été des lettres très courtes. Cho n'y avait pas répondu. Marietta ne savait pas si elle les avait vraiment reçues.

Elle devait donc essayer de comprendre toute seule ce qui se passait.

La gazette du sorcier, même si elle était restée muette au sujet de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, avait commencé à publier de petits articles qui, au détour d'une phrase, mettaient en doute les compétences d'Albus Dumbledore, directeur de Poudlard, qui commençait à sérieusement vieillir.

"Sorcière Hebdo" avait publié un article bien satirique et méchant sur Harry Potter, qui "faisait tout pour se faire remarquer". Encore quelques mois avant, à l'occasion des épreuves du Tournoi des Trois Sorciers, les articles sur lui était dithyrambiques. Mais les rédacteurs semblaient l'avoir complètement oublié. Ca n'avait pas beaucoup étonné Marietta. Ca avait été exactement la même chose pour Gilderoy Lockhart. On ne s'étonne pas de ce genre de choses deux fois. On devrait peut-être.

Sorcière Hebdo n'était pas un journal sérieux, de toute façon.

"La gazette du sorcier" si, par contre, et les petites insinuations contre Dumbledore et Harry Potter devenaient de plus en plus fréquentes. Marietta avait supposé qu'ils voulaient faire comprendre à ceux qui avaient entendu parler du discours de Dumbledore que ce n'était rien du tout, mais qu'ils ne voulaient pas mettre de vrai démenti pour ne pas affoler ceux qui n'avaient rien entendu. Mais pourquoi cette attitude? Marietta avait besoin d'un vrai démenti, par quelqu'un de crédible, pas trois lignes à la fin d'une article anonyme. Ne pouvaient-ils pas penser à leurs lecteurs?

Elle avait même cherché d'autres journaux, pour savoir ce qu'ils en disaient.

Sa mère s'en était rendu compte, bien sûr. Sa mère se rendait souvent compte des choses. Elle ne s'était pas moquée de Marietta pour avoir lu tous ces articles, elle n'avait pas non plus pris l'air gêné des grandes personnes qui ne veulent pas parler aux enfants. Elle lui avait, doucement, calmement, présenté ce qu'elle savait de l'histoire, et son opinion à ce sujet. Julius s'était mêlé à la conversation, et Marietta avait pleuré de soulagement de pouvoir en parler, de n'être plus seule.

Et ils en avaient parlé, et longuement parlé.

Alors, que restait-il comme possibilités?

Soit Albus Dumbledore était gâteux et s'était laissé manipuler par un Harry Potter en mal d'attention. C'était la théorie de "La gazette du sorcier". C'était aussi la théorie de Joan Edgecomb. Mais cela ne voulait rien dire. La fidélité de Joan au ministère était indefectible depuis la guerre, une fidélité surprenante pour une ancienne Serpentard, disaient certains.

Soit Albus Dumbledore était un manipulateur qui voulait faire croire au retour de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom pour créer la peur et se faire donner les pleins pouvoirs. C'était la théorie de certains des collègues de Joan. Elle l'avait raconté lors d'une imitation hilarante d'un paranoïaque tremblotant. Ceci dit, Julius trouvait cette théorie d'une certaine beauté formelle.

Soit il y avait eu un gigantesque malentendu, Harry Potter avait été tellement effrayé par la mort de Cedric qu'il avait cru voir des choses encore bien pires, et il était parti en vacances et on n'avait pas pu le retrouver pour un démenti et tout allait s'arranger à la rentrée. Marietta aurait bien aimé pouvoir dire que c'était sa théorie. Mais cela demandait un peu trop de coïncidences.

Ou alors, peut-être que Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom était vraiment revenu?

Mais, alors que Marietta pouvait raisonner tranquillement sur les autres possibilités, évaluer le pour et le contre, en plaisanter avec ses parents, pour celle-là elle ne pouvait pas.

Elle se rappelait avec effroi les histoire que lui avait racontées sa mère à propos de la guerre. Comment elle avait rompu, dans la haine et parfois dans le sang, avec la plupart de ses camarades de promotion, qui soutenaient plus ou moins discrètement les Mangemorts, quand elle était rentrée au service de contre-espionnage du Ministère. Comment, bien que restant dans l'ombre, efficace mais pas brillante, elle tremblait de peur chaque nuit en pensant à ce qu'elle osait affronter, et à ce qui pouvait lui arriver.

Son père, lui, n'en parlait jamais. C'était effrayant aussi. Julius pouvait d'habitude parler de n'importe quoi avec l'air épanoui.

Si c'était l'un quelconque des autres cas, même effrayants, même si il y avait du conflit au bout, elle pouvait laisser faire les choses, se contenter de se faire une opinion, de savoir, d'agir au mieux et d'attendre que tout s'arrange.

Mais si... si Vous-savez-qui avait pu revenir des morts, alors il n'y avait plus aucune issue, personne à laisser agir, aucun moyen de rien arranger. Aucune meilleure attitude à avoir. Il était impossible pour une personne normale d'y faire quoi que ce soit, et même des personnes exceptionnelles n'avaient pas pu l'arrêter. Il ne restait aucun essai, aucun choix. Rien que la mort.

Alors, même si ça pouvait être ça, quel était l'intérêt d'en envisager la possibilité?

Ca ne pouvait pas être ça, de toute façon. Parce que même si les journalistes pouvaient parfois être de mauvaise foi, ils n'auraient pas dissimulé le sang et les larmes et les morts qui auraient eu lieu si... si ça c'était vraiment passé comme ça. Et Joan l'aurait su, aussi, parce que Joan savait beaucoup de choses. Alors ça ne pouvait pas.

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Assise près de la fenêtre, Marietta se surprit une fois de plus à compter avec espoir le nombre de choses qui la séparaient de la rentrée. Elle allait voir Cho. Enfin.

Elle effleura de la main son classeur rempli de coupures de journaux concernant de près ou de loin l'affaire en question et se sentit un peu ridicule. Y aurait-il une seule de ses camarades qui aurait fait la même chose? Elle n'oserait probablement pas leur en parler.

Elle regarda le paysage, s'absorbant dans sa rêverie, et même si l'idée lui traversa la tête, elle ne prit pas le temps d'examiner la question : avait-elle fait tout cela pour détourner un temps son attention de l'absence de Cho? Au fond, elle se moquait bien de la vraie réponse. Elle se moquait de Dumbledore, de Fudge, d'Harry Potter et même de Cedric qui était mort. Il n'y avait que trois possibilités, et, mis à part pour l'amour abstrait du savoir, aucune ne comptait vraiment.

Ou au contraire, maintenant, était-elle en train de penser à Cho pour oublier ce classeur, pour ne pas se demander s'il n'y avait vraiment que trois possibilités?

Il est parfois difficile de savoir quelles sont les choses les plus importantes.