Marietta était en train de préparer le pudding de Noël avec sa mère, et profita de cet instant de solitude : "Maman?"

"Oui, ma chérie?"

"Est-ce que tu penses qu'il y a des personnes spéciales?"

Joan la regarda, surprise : "Qu'est-ce que tu veux dire?"

"Je veux dire" précisé Marietta "des gens qui sont plus forts que les autres. En tout. Qui sont plus courageux, plus forts, et que tout le monde aime."

"Certainement pas."

Marietta fut surprise par la réponse péremptoire de Joan, qui continua.

"Tout le monde a des défauts. Et tout le monde a des qualités. Certains savent mieux les mettre en avant que d'autres, c'est tout. Et le fait de se faire apprécier de tous n'a aucun rapport avec la valeur d'une personne. Ca s'appelle le charisme, et c'est aussi distinct des qualités de coeur que peuvent l'être la beauté ou le sens de l'humour. Tu as fini de malaxer le beurre?"

Marietta lui tendit l'ingrédient, et Joan poursuivit. "Je ne sais pas si tu parles d'une personne que tu aimes ou que tu n'aimes pas. Mais si c'est quelqu'un que tu aimes bien, surtout, ne t'attends pas à ne jamais lui découvrir de défauts, sinon, tu serais déçue. C'est peut-être possible d'admirer quelqu'un - même si ça ne m'est jamais arrivé - mais en tout cas, ça doit être comme une personne, jamais comme une idole."

Marietta, intéressée malgré tout, demanda "Et si c'est quelqu'un que je n'aime pas?"

"He bien si tu as des raisons de ne pas l'aimer, c'est qu'elles sont bonnes, et que tout le monde ne l'aime pas! Ne te dis pas que tu dois penser comme tout le monde. Si ça te gâche ta vie sociale, fais semblant, mais ne renonce pas à tes idées si les trouves justes."

"Et si... je n'ai pas vraiment de bonnes raisons?"

"Sa mère cessa un instant de mesurer des ingrédients. "C'est une histoire d'amour?"

Marietta rougit très fort.

"Je me demandais." continua sa mère en la regardant d'un air sérieux, "si c'était ça le problème, ou si c'était encore cette histoire de conflits entre Dumbledore et le ministère."

Joan comprenait vraiment beaucoup de choses...

"Mais apparemment c'est le premier. Alors, comment s'appelle-t-il? Bien sûr, tu n'es pas obligée de me le dire."

Mais elle n'en comprenait pas encore assez...

"Je n'ai pas envie d'en parler..." murmura Marietta. "Mais pour les personnes spéciales, tu crois vraiment? Je veux dire, il doit bien y avoir des gens qui font des choses spéciales, très importantes..."

"Les choses qui ont l'air spéciales et qui se voient bien n'ont pas forcément de rapport avec ce qui est vraiment important, d'une part. D'autre part, vous avez une vie entière devant vous, et quelqu'un qui a été brillant dans sa jeunesse peut devenir une larve loqueteuse plus tard, et réciproquement. Et enfin, la dernière chose dont tu dois te préoccuper est de ta valeur aux yeux du monde. Bats-toi pour être importante aux yeux de ceux que tu aimes et que tu soutiens, c'est déjà bien assez. La popularité est dangereuse, instable, et je ne suis même pas sûre que ça soit si agréable que ça.

"Mais je ne m'occupe pas de ma valeur aux yeux des autres! Je parle de ma vraie valeur!"

"Eh bien, si tu as le sentiment que c'est important, bats-toi pour progresser. Mais ne te compare pas avec les autres. Essaie aussi de ne pas trop comparer les autres entre eux. Tu es la seule personne dont tu saches tout. Comparer avec les autres n'a pas de sens."

Marietta hocha la tête. "D'accord. Merci, maman."

"Heureuse d'avoir servi!" s'exclama Joan. Puis, d'une regard faussement implorant, elle demanda "Dis, dis, dis, tu ne veux vraiment pas me dire qui c'est? Je connais peut-être ses parents..."

Mais Marietta ne voulait vraiment pas.