Excusez-moi pour n'avoir pas écrit pendant si longtemps ! L'inspiration m'avait momentanément désertée.

J'espère qu'il y a encore quelques personnes qui suivent cette fic, qu'elles n'ont pas tout oublié, et que ce chapitre leur fera plaisir !


Quand Marietta sortit de sa crise de larmes, il y avait toujours un grand vide dans son ventre, qui refusait de se remplir.

Elle alla manger comme un automate, répondant à ses camarades par monosyllabes. Cho ne lui adressa pas un mot de cette soirée. Sans la mépriser ouvertement, bien sûr, elle avait plus de grâce que ça...

"J'ai tout cassé," se disait Marietta, "est-ce que j'ai vraiment tout cassé ?"

Elles étaient amies, bien sûr. Une amitié ne se casse pas comme ça. Il lui suffisait de la rejoindre après le repas, de s'excuser, de... pourrait-elle vraiment jurer qu'elle ne l'avait pas pensé réellement ?

Cho la considérait comme sa meilleure amie. Il n'aurait rien dû y avoir de grave !

Mais pourtant, elle ne s'étaient jamais disputées avant. Parce que Marietta n'avait jamais voulu la facher ou lui faire de mal, et que Cho n'était pas le genre de fille à s'énerver sur un malentendu. Et l'esprit agité de Marietta commençait à lui souffler les pires scénarios. Après tout, elle le savait depuis longtemps, qu'elle n'était pas faite pour être l'amie de Marietta. Ce n'est pas comme si ce qu'il y avait entre elles n'était pas basé sur son hypocrisie, sur un malentendu.

Et si Cho n'allait plus lui parler, du moins pas de la même manière ? Et si elle ne l'avait gardée auprès d'elle que parce que ça lui plaisait, justement, d'avoir une camarade qui ne l'agressait jamais, ne la blessait jamais ?

Elle ne savait pas, après tout, ce que Cho lui trouvait. Elle n'avait jamais compris comment quelqu'un d'aussi brillant pouvait apprécier sa compagnie... et si elle ne savait pas les raisons, il y avait toujours un risque, pas vrai, de trancher la partie la plus importante de leur lien en tatonnant au hasard.

J'ai tout cassé...

Bien sur, elle aurait dû essayer de réparer cela... mais même après le repas, même quand elle auraient pu se retrouver toutes les deux toutes seules quelque chose l'empêcha de courir après Cho, de la rattraper, de supplier.

Toujours l'impression que c'était Cho qui avait tort, et qu'elle n'avait pas à s'excuser, pas vraiment.

Si en disant la vérité, elle devait à chaque fois se facher avec elle, si elle ne pouvait le réparer qu'en mentant et en simulant, cela valait-il encore la peine de faire semblant encore longtemps ? Surtout si elle ne pouvait pas reconstruire cette confiance qu'elle avait eu tant de mal à comprendre, si après les horreurs qu'elle avait dites elle passait du statut d'amie à celui de vague camarade ?

Et puis, après tout, Cho lui avait dit ce qu'elle pensait d'elle, n'est-ce pas ? Quelqu'un qui mérite un peu de pitié pour être amoureuse d'elle, mais juste un peu, parce que quand même, il y a des choses beaucoup plus graves...

Cela valait-il la peine de vivre dans une illusion, de jouer pour tenir une place qu'elle ne méritait pas de toute façon ?

Elle remonta dans son lit. Elle n'avait pas, vraiment pas envie de rester dans la salle commune ce soir-là.

Rafaela monta chercher un livre, mais quand Marietta lui lança un regard noir, elle partit sans lui parler.

Personne ne pouvait l'aider, en ce moment.

Elle essaya de penser qu'il y avait réellement des choses plus graves, ou au moins d'autres choses importantes dans le monde. Qu'elle pouvait vivre sans l'amour de Cho - elle se l'était toujours dit, pas vrai ? - qu'elle pouvait vivre sans l'amitié de Cho.

Mais quand elle essayait de penser à d'autres choses qui auraient pu être importantes, tout était dans leur camp, toujours, pour tout ce à quoi elle pouvait penser, et il ne lui restait plus rien.

Jamais rien.

Comme elle les détestait, ces gens de l'AD, tous tant qu'ils étaient ! Elle ne savait pas exactement quelle heure il était, mais il était tard, ils devaient être en train de s'entraîner, en ce moment... et bien sûr, Cho n'était pas venue la chercher. Cela aurait pu être une réconciliation, mais elle ne l'avait pas fait...

Oh oui, très certainement, les gens de l'AD devaient être heureux et fiers, en ce moment. Et ils avaient la compagnie de Cho, ils étaient en train de parler avec elle comme si tout allait bien, et Marietta était prête à parier que pas un d'entre eux, pas un, n'avait remarqué son absence. Elle n'était pas comme Cho, ou Harry Potter. Elle était le genre de personne qu'on pose dans un coin et qu'on oublie.

Et Cho elle-même était probablement très contente qu'elle ne soit pas venue, cela lui permettait de faire équipe avec Harry Potter, de parler avec lui, et de l'écouter faire comme s'il allait sauver le monde juste parce qu'il l'avait déjà fait.

Et elle le détestait, elle le détestait tant, Harry Potter le brillant, capable de retenir le coeur de Cho quand elle-même en était incapable.

Qu'il crève.

Et petit à petit, sa haine remontait, comme un liquide qui imprègne un vieux morceau de chiffon tout tordu. Qu'ils crèvent tous, tant qu'ils étaient, ces apprentis guerriers qui faisaient bien sentir aux autres leur infériorité.

Et même contre Cho, elle commençait à ressentir de la rancoeur.

Pourquoi y avait-il des gens si supérieurs à elle ? Pourquoi une personne pouvait-elle capturer son coeur, lui inspirer de la joie ou du désespoir en quelques mots, sans avoir fait quoi que ce soit pour ça, juste en étant né naturellement attirant, naturellement merveilleux, plus chanceux que les autres, sans même s'en rendre compte ?

Ce n'était pas de la faute de Cho. Ce n'était pas de la faute de Cho.

Mais quand même, c'était horriblement injuste... n'aurait-elle pas dû avoir un peu plus de compassion pour les gens dont elle bouleversait l'existence ainsi ?

Mais non, elle était en train de s'amuser à l'AD - de s'amuser avec Harry Potter, et de ne pas penser à tous les gens qui souffraient par sa faute, par leur faute.

Qu'ils crèvent, qu'ils crèvent, qu'ils crèvent.

Elle se leva brusquement de son lit. Ca ne lui allait plus de pleurer à ne rien faire. Ca ne lui alalit plus de maudire la distance qui faisait que personne ne lui accordait jamais la moindre attention - sauf à la limite, une attention modérée quand elle faisait la gentille fille qui accepte tout.

Son aigreur l'avait entièrement gagnée, maintenant.

Et elle se dit que ce soir au moins, tout le monde, même Harry Potter, allait remarquer son existence.