Elizabeth : Merci énormément pour ton encourageante review. J'espère que la suite sera à la hauteur...
La rencontre des Loups
Chapitre 2 : L'agression
La tête ailleurs, empruntant comme chaque jour le chemin menant à la forêt, endroit où elle était sûr de retrouver son ami, elle repensait à sa journée de travail à l'auberge, dans laquelle elle était employée depuis bientôt trois mois. Chemin faisant, elle maudissait intérieurement son patron d'avoir encore refusé de l'augmenter comme il avait promit. Comme à chaque fois que quelqu'un la contrariait, elle tentait de se calmer en recherchant le nom d'oiseau qui conviendrait le mieux à l'imbécile heureux concerné, en l'occurrence son chef...Cui'ci y devrait remercier le ciel d'être encore en vie...Un salaud pareil... Trop absorbée par ses charmantes pensées, ce n'est que bien après la sortie de la ville, lorsque la forêt était déjà proche qu'elle eut l'impression d'être suivie.
Le soleil était déjà bas sur l'horizon et les ombres se rallongeaient à vue d'œil. Le cœur battant la chamade, elle prit un chemin détourné, d'habitude peu fréquenté car plus long et escarpé, afin de vérifier si elle était suivie ou non. Tout les sens en alerte, elle s'efforçait d'avancer le plus calmement possible comme si elle ne se doutait de rien. Un rapide coup d'œil par-dessus l'épaule, lui permit de constater que les cinq hommes la suivait toujours. Allant, à l'encontre de son instinct qui lui criait : DANGER !, elle rassembla tout son courage pour ne pas céder à la panique et courir.
Dans sa tête, les pensées se bousculaient : ça ne peut pas être eux, il ne peuvent pas m'avoir retrouvée, c'est impossible, je ne veux pas, ce serait trop injuste après tout ce que l'on a enduré. Pitié, faites que non...Tâchant de garder l'esprit lucide, de ne pas se laisser envahir par le désespoir, elle continua sa route sans se retourner, consciente, que la meilleure chance de leur échapper était de les semer dans la forêt qu'elle connaissait bien.
L'astre du jour étant maintenant couché; le jour ce faisait de plus en plus pâle. Sitôt arrivée à l'orée du bois, Oki quitta le chemin et se mit à courir de toute ses forces à travers les bois, adressant une prière muette a son ami, pour qu'il lui vienne en aide. Comme elle s'y attendait, elle ne tarda pas à entendre des hommes courir derrière elle. Ils étaient rapide et malgré ses incessants zigzags, elle ne parvient pas à les semer. Pourtant, elle courrait du plus vite qu'elle pouvait, se souciant peu des branches qui lui fouettait le visage et le corps. Elle était à bout de souffle. Toute sa poitrine lui faisait mal. Son cœur, semblait devenu fou et la sueur qui perlait sur son front l'aveuglait. Ses poursuivant était toujours plus proche. Elle allait arriver dans une petite clairière lorsqu'elle sentit une main puissante lui agripper l'épaule et la projeter avec force sur le côté. Elle trébucha sur une racine et fini sa course folle contre le tronc d'un chêne immense. C'est à se moment-là, qu'elle sentit sa présence. Observant les fourrés sur sa droite, elle y distingua son ami dissimulé. Elle croisa son regard et compris qu'elle n'avait plus rien à craindre.
Repus, il se tenait confortablement installé sous son sapin préférer, qui avait le bon goût, de lui offrir, fraîcheur et sécurité pour la journée. Suffisamment reposé, il sorti de sa cachette et s'étira longuement en admirant distraitement les derniers rayons de soleil s'éteindre à l'horizon. Ensuite, il délaissa cette place de choix, sans néanmoins omettre de marquer a nouveau son territoire et s'en alla d'un pas souple et nonchalant, à la rencontre de son amie. Il était en route depuis quelques instants lorsque un frisson lui hérissa le poil, le figeant sur place tout les sens en alerte. Puis suivant son cœur et son instinct, il s'élança dans un galop effréné à travers la forêt déjà bien sombre...
L'homme qui l'avait agressée s'approcha d'elle l'air mauvais. Retrouvant quelque courage, Oki se retourna afin de lui faire face.
« Qui êtes-vous, que me voulez-vous ? » Dit-elle sur un ton qu'elle aurait voulu plus ferme.
Balayant sa question d'un revers de la main, l'homme afficha un sourire malveillant tandis qu'il s'approchait encore un peu plus près d'elle, lui coupant toute retraite. Les yeux brillant de désir, il avança le bras en direction du col de son kimono. Oki ferma les yeux. Son sang se glaça lorsqu'elle senti la main moite de son agresseur toucher sa peau. Une peur indicible l'envahi, des souvenirs cruels lui revinrent à l'esprit. D'un seul coup, elle eût l'impression d'être retournée dans le passé. Un passé douloureux, trop douloureux. Une larme roula sur sa joue. Elle aurait voulu hurler, mais les sons n'atteignirent même pas le seuil de ses lèvres tant sa gorge était nouée. Un cri de terreur lui fit rouvrir les yeux. L'homme gisait au sol égorgé.Yûta venait de bondir du fourré, saisissant le malfrat au bras. Celui-ci les yeux empli d'effroi tomba sous le poids du loup qui l'égorgea d'un puissant coup de mâchoire. Tout était terminé.
Dès ce moment, tout alla très vite. Elle vit Yûta se jeter sur le second agresseur resté un peu plus en retrait, en même temps qu'elle sentit une immense douleur s'insinuer en elle. L'homme armé d'une arbalète avait, d'un geste désespéré, tenté d'abattre la bête, mais Yûta devinant la trajectoire du trait, l'évita sans peine avant de lui sauter au cou, tout crocs découverts. Le carreau ayant manqué sa cible initial, avait atteint Oki sur le côté gauche, avant de se ficher dans le tronc, derrière elle. Celle-ci à la limite de perdre connaissance, devina plus qu'elle ne vit, le loup, terrasser encore deux de ses agresseurs puis, à bout de force, elle tomba à genou. C'est alors que plutôt que de se jeter sur le dernier individu qui prenait la fuite, Yûta se précipita vers sa jeune maîtresse blessée. Le carreau lui avait entaillée la chair sur le côté gauche, causant une plaie d'à peu près dix centimètre de long, sur presque deux de profond. La coupure était très nette et saignait abondamment.
Laissant le projectile figé dans le tronc du chêne, Oki guidée par son loup à l'affût de la moindre faiblesse, se rendit au ruisseau proche, dont les rives dégagées de toute végétation, bénéficiait à présent de la lumière, encore faible mais plus pour longtemps, de la lune. Après avoir lavé du mieux qu'elle put le sang, elle se confectionna un bandage de fortune avec un morceau de sa robe. Elle se sentait faible et sa blessure la faisait souffrir. Assise au bord de l'eau, elle regarda Yûta couché à ses côtés. Il était occupé à nettoyer le sang qui maculait, par endroit, son épaisse fourrure noire, si brillante au claire de lune.
Leurs regards se croisèrent, y lisant toute la détresse de sa compagne, il se leva afin de s'assoire tout près d'elle dans l'espoir de la réconforter. Avec une extrême douceur, il frotta sa tête contre sa joue et la gratifia de quelques coups de langue empreints de tendresse. Emue, Oki s'agrippa au cou de l'animal et enfouit son visage livide dans l'épaisse toison. Elle se blotti tout contre lui se réchauffant de sa chaleur, les tranquilles battement de son coeur lui donnèrent comme à chaque fois, un sentiment de sécurité.
Protégée, elle se mit à sangloter. Tout son corps tremblait et serrant le loup toujours plus fort, ses sanglots se muèrent bientôt en un torrent de larme. Incapable de lutter plus longtemps, elle pleura sans retenue jusqu'à épuisement. Une fois calmée, elle relâcha son étreinte et sécha son visage. Le loup s'écarta et s'assis juste en face d'elle, l'enveloppant d'un regard aimant et bienveillant.
Plongeant ses yeux jaune dans ceux mordoré de son amie, il l'a regarda d'un air qu'elle seule comprenait : les yeux d'Oki se mirent à briller et sur son visage livide apparut un mince sourire d'acquiescement. Yûta agita timidement la queue, l'air satisfait, et disparu dans le fourré proche pour en revenir la gueule chargée d'un long et solide bâton, qu'il traînait tant bien que mal entre ses quatre pattes. Oki s'en saisi et entreprit de se relever. La tête lui tourna et la douleur dans les côtes reprit de plus belle, lui arrachant un cri.
Malgré la souffrance régulière comme les battements de son cœur elle fixa le loup d'un air résolu. « Tu as raison mon beau, faut pas lâcher prise. Et puis tu es là, n'est-ce pas ? Pardonne-moi. » Le loup gémit doucement et partit devant l'invitant à le suivre. Merci mon ami...Une dernière larme roula le long de sa joue et apaisée, elle lui emboîta le pas. Le loup lui avait promis, elle l'avait lu dans ses yeux...
Suivant le loup qui la menait par le chemin le plus court en direction de Tokyo, Oki, lourdement appuyée sur son bâton reprit le chemin de l'auberge. Après une marche épuisante qui lui semblât une éternité, ils arrivèrent devant l'entrée de la modeste bâtisse. Yûta s'appuya très légèrement contre la jambe d'Oki, levant le nez afin de bien la voir, il scruta son visage l'air interrogateur. Pouvait-il la laisser seule jusqu'au lendemain soir ? Tendant la main pour le gratter derrière les oreilles elle lui rendit son regard ; puis le loup disparut dans la nuit en quête d'une odeur qu'il n'oublierai jamais. Il avait promis...
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