Elizabeth: Je confirme, notre très cher inspecteur se fait apprivoiser et c'est là quelque chose de fort ardu à écrire. Lui, le si fière, si sarcastique, si froid, si efficace, si… (tu vois où je veux en venir…) inspecteur. Nous ouvre son cœur et nous laisse entre apercevoir un homme tendre, attentionné, voir même passionné. Sans toutefois, se départir de ses autres traits de caractères cités ci-dessus. Dur, dur,…
Concernant le rythme des publications, no comment! Et je ne pense pas que sa vas s'améliorer car mes chapitres deviennent toujours plus longs et moi j'ai toujours moins de temps. Enfin, je fais de mon mieux.
Je suis soulagée que tu aimes mes chapitres "contemplatif" et je pense que tu vas te régaler, sachant qu'a partire du chapitre suivant, l'action vas revenir en force (enfin si tout va comme je l'ai prévu)!
Pour ce qui est de l'orthographe, il devrait y avoir du mieux cette fois .
Merci de ton soutient…
Syl: Un très grand merci pour toutes ces reviews qui m'ont fait si chaud au cœur. J'étais si heureuse d'avoir une lectrice de plus que cela m'a redonné du courage, et l'envie de terminer vite le prochain chapitre que voici pour te remercier.
Je suis très flattée que tu apprécie Oki et je pense que ce chapitre va répondre à pas mal de tes questions.
Concernant le Kenshin-gumi, je ne pense pas qu'ils apparaîtront. J'ai voulu faire une fic entièrement basée sur le personnage passionnant qu'est Saïtô, d'autant plus qu'il, comme tu le sais, à réellement exister. En fait ce qui m'a fascinée, c'est justement que cet homme si froid et mystérieux décrit par Watsuki ait put tomber amoureux…et aussi qu'une femme ait eu envie de partager sa vie avec quelqu'un de passablement violent qui non seulement à tué beaucoup de gens à la guerre, mais aussi dans l'ombre…
Tu m'as l'air fort bien renseignée, mais si tu ne le connais pas déjà, je te propose d'aller faire un tour sur wikipedia .org d'ici tu trouveras également des liens qui te permettront de découvrir l'histoire du Shinsengumi et d'Okita entre autre.
Pour ce qui est d'Okita justement, il n'est pas là par hasard mais comme il est déjà mort ou moment où ce déroule ma fic, son rôle se limitera sûrement à mettre en évidence le caractère de Saïtô ou à introduire des éléments de son passé ou simplement une touche de mystère… à voire.
J'espère avoir bien répondu à toutes tes interrogations.
Bonnes lectures à tous
La rencontre des Loups
Chapitre 6 : Tokio
Lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle fut d'abord surprise. Mais, presque aussitôt, la mémoire lui revint. Elle était lovée dans les bras de Saïtô, la tête posée dans le creux de son épaule. A en juger par l'obscurité de la pièce, elle n'avait pas dû dormir plus de deux heures. Elle remua légèrement et se serra encore un peu plus contre l'inspecteur. Celui-ci, déjà éveillé, raffermit sa prise et lui passa tendrement la main dans les cheveux. Elle se sentait bien. Jamais elle n'aurait imaginé qu'un jour elle puisse se sentir aussi bien et en sécurité dans les bras d'un homme. Jamais.
Alors qu'elle s'éveillais de nouveau, le jour était levé et Yûta avait remplacé l'inspecteur dans ses bras. A côté du futon, elle trouva un paquet soigneusement emballé avec du papier de soie. La jolie fleur odorante qui se trouvait dessus ne lui laissait aucun doute sur le destinataire. Le cœur palpitant, elle se saisi donc du paquet et l'ouvrit. Il contenait un kimono. Fort simple et confectionné avec du coton et non de la soie, il était néanmoins plus beau que tous les kimonos qu'elle n'avait jamais portés. Sa couleur vert pâle lui irait à ravir. L'obi et l'ourlet du col étaient vert émeraude. Il y avait aussi un ruban assorti pour retenir ses cheveux et un peigne. Très émue, elle s'empressa de faire sa toilette, délaissant ses vieilles frusques pour revêtir le kimono qui lui allait à merveille.
Comme l'uniforme de Saïtô était toujours là, la jeune fille en déduisit qu'il n'était pas encore parti travailler. Désireuse de le remercier au plus vite, Oki se mit en quête de l'inspecteur. Avec Yûta comme guide, se ne fût pas très difficile. Saïtô était dans la cour arrière en train de s'entraîner. Lorsqu'elle s'avança sur la véranda elle fût saisie de stupeur par la puissance qui se dégageait de l'homme plus encore, elle fût effrayée par son expression. Toutefois, celle-ci se radouci lorsqu'il s'arrêta un instant pour l'admirer. Pour la première fois, Oki lui offrit un sourire avant de s'incliner légèrement en signe de remerciement. Leur regard se croisèrent puis il reprit son entraînement.
Troublée par ce qu'elle venait de voir, Oki se rendit à la cuisine où elle se servit un reste de bouillie d'avoine, et ressortit s'installer sur la véranda. L'expression farouche de Saïtô l'effrayait mais, d'un autre côté, sa puissance la rassurait. Petite fille, elle avait souvent vu les hommes s'entraîner au maniement du sabre mais cela n'avait rien à voir avec ce à quoi elle assistait maintenant. Jamais elle n'avait vu une telle force doublée d'une si grande rapidité, mais ce qui la fascinait le plus, était son regard… Plus elle admirait Goro Fujita et plus elle se sentait sereine, en sécurité.
Pendant que Saïtô se rafraîchissait au puits, Oki, malgré sa blessure au côté qui la tiraillait un peu plus à chaque pas, se promena dans le jardin autour de la maison. Elle fut surprise d'y trouver un jardin potager parfaitement entretenu. D'ailleurs, maintenant qu'elle y réfléchissait, cela ne se limitait pas qu'au potager : les fleurs étaient magnifiquement arrangées, les arbres joliment taillés. Oki ne se doutait pas qu'un homme tel que l'inspecteur Fujita s'intéressât au jardinage. D'un autre côté, elle comprenait bien que cette activité puisse lui apporter la paix et le bien-être nécessaire à l'équilibre de tout homme. Un bruit de pas derrière elle la fit sursauter alors qu'elle était absorbée dans la contemplation de quelques fleurs. Elle se retourna et se trouva en face de Saïtô. Il avait revêtu son uniforme et arborait à nouveau son expression froide et arrogante. Toutefois, plutôt que de l'effrayer, cette expression la rassura profondément. Saïtô dû s'en apercevoir car son visage se radouci et il lui adressa un demi-sourire.
"J'ai à faire au poste. Ne sors pas d'ici et repose-toi. Je rentrerai peut-être tard." Comme il terminait sa phrase, il s'engagea sur le sentier qui menait au portail.
"Fujita-san ! Merci…"
Saïtô ne daigna pas se retourner, mais leva néanmoins la main en signe de salutation.
Lorsqu'il rentra chez lui, fort tard comme il l'avait annoncé, toutes les lumières étaient éteintes. Toutes à part une. En passant devant la chambre d'Oki, il l'aperçut sur son futon lovée entre les pattes de son loup. Son instinct lui dit qu'elle ne dormait pas encore. Ce soir, il se sentait las et poisseux. La soirée avait été longue et il n'aspirait plus qu'a quelques instants de paix. Comme toujours dans ces moments là, il mit chauffer un peu d'eau dans l'intention de se préparer un thé.
"Aimerais-tu aussi une tasse de thé ? " Sans même la voir, il avait sentit la présence d'Oki dans la pièce.
Celle-ci parut tout d'abord un peu étonnée, mais, comme il se retournait, elle hocha légèrement la tête en souriant et s'approcha. Confusément, quelque chose la troubla et plutôt que de s'asseoir, elle alla se planter devant Saïtô. Celui-ci demeura stoïque bien qu'elle le dévisagea longuement, presque sans gêne. De loin, dans la pâle lumière que procurait le feu et parce que les uniformes de la police sont bleu foncé, elle n'avait pas tout de suite saisi ce qui l'avait troublée lorsqu'il s'était retourné mais maintenant qu'elle lui faisait face, non seulement elle pouvait le voir, mais également le sentir. Du sang. Il y avait du sang sur ses vêtements. Presque machinalement elle saisi la manche de sa robe de chambre et voulut s'en servir pour essuyer une petit tache écarlate sur la joue de Saïtô lorsque il lui saisit le bras.
"Ne fais pas ça, c'est inutile. Je devrai me laver de toute façon. Occupe-toi plutôt du thé …"
Il la laissa plantée là et disparut dans sa chambre.
Alors qu'elle était entrain de servir le thé, il réapparu vêtu de ce qui devait être son vêtement d'intérieur : un simple hakama de couleur crème avec un haut assorti. Ses cheveux encore mouillés étaient proprement peignés en arrière. Sans mot dire, il s'assit en face d'Oki et se servit quelques gorgées. Toute fatigue semblait l'avoir quitté, et son expression froide et détachée avait laissé la place à un visage plus serein.
Ils burent tous deux, en silence, chacun plongé dans ses propres réflexions.
Soudainement, sans crier gare, Oki releva les yeux de sa tasse qui refroidissait entre ses mains, se leva, fit le tour de la petite table basse et vint s'agenouiller tout près de Saïto qui lui fit alors face. Oki était subitement devenue très pâle et tremblait légèrement. Lorsque enfin elle osa relever la tête pour affronter l'inspecteur, elle fut surprise par son expression confiante, presque attendrie. Il avait abandonné son air sarcastique. Elle comprit alors que c'était une faveur qu'il lui faisait mais aussi une manière de lui demander sa confiance.
Ils se dévisagèrent un instant. Saïtô, conscient de l'effort qu'elle devait faire sur elle-même pour garder son calme malgré ce qu'elle s'apprêtait à dire, déposa sa main sur sa joue en un geste qui se voulait apaisant. Aussitôt, Oki agrippa cette main et la serra fort contre son visage. Un flot de souvenirs l'envahit. Son cœur battait la chamade et elle avait grand peine à refouler ses larmes. Acceptant l'invitation de cette douce main qui l'attirait gentiment, Oki vint se blottir contre l'inspecteur qui l'accueillit dans ses bras et lui offrit quelques caresses rassérénantes.
" Mon nom est Tokio Takagi mais je crois me souvenir que seule ma mère m'appelait ainsi. Mes parents, des marchands de riz à ce qu'il paraît, et mon frère nouveau-né sont morts dans l'incendie de notre maison à Aizu. A ce qu'on m'a dit, je dois la vie sauve à mon père qui au péril de la sienne parvint à me protéger des flammes. Il mourut quelques heures plus tard dans les bras de l'homme qu'il considérait, alors, comme son meilleur ami et me confia à lui."
Oki se redressa et, sans se dessaisir de la main de l'inspecteur, s'agenouilla face à lui. Elle leva un instant son visage si parfait vers Saïtô avant de le baisser à nouveau sur leurs deux mains enlacées. Ce dernier sentit alors une goutte tiède s'écraser sur sa main qu'il referma un peu plus fermement ,espérant ainsi, exprimer à la jeune fille sa compassion et l'inciter à continuer son récit.
"Malheureusement, reprit cette dernière encouragée par cette marque d'affection, le pauvre homme déjà accablé de dettes ne pouvait se permettre de nourrir une bouche de plus. Il décida donc de me confier à l'orphelinat de Nagoya. J'avais six ans. Je n'ai quasiment gardé aucun souvenir de ma famille ou de cet orphelinat. Juste un visage. Celui de ma mère, sans doute. Je ne crois pas être restée très longtemps dans cet endroit…"
A mesure qu'Oki avançait dans son récit, son pouls s'accélérait et de plus en plus de larmes ruisselaient le long de ses joues, sans qu'elle ne puisse rien y faire. Mais maintenant que, pour la première fois, elle parlait, il lui semblait devenir d'un coup plus légère et se sentiment nouveau la poussait à continuer.
"…Puis un jour, ce fut mon tour d'être adoptée. Mais je réalisais très vite que l'on m'avait délivrée d'un cauchemar pour me jeter dans un autre bien pire encore. De toutes les années de malheur que j'ai passées chez M. Tashimi, il fut gentil avec moi trente minutes: le temps de convaincre le responsable de l'orphelinat qu'il ferait un bon père pour moi. Il m'emmena vivre dans une grande demeure près de Yokohama. Je compris très vite qu'il m'avait en fait adoptée à contre cœur, dans le vain espoir de redonner à sa femme chérie le goût à la vie qu'elle avait perdu quelques mois plus tôt lorsque leur fille, du même âge que moi, était décédée des suites d'une pneumonie.
Hélas, au lieu de reporter son affection sur moi comme l'avait espéré son mari, elle sombra encore un peu plus dans le désespoir et finit par se pendre. Ce jour là, j'ai bien cru qu'il allait me tuer. Mais finalement il me garda chez lui et m'obligea à travailler. Les premières années, je survécus aux coups et privations répétées, et malgré tout, pour mon plus grand malheur, je grandis et devint une jeune fille…"
… Chacune de ses phrases était comme un poignard qui rouvrait la cicatrice de son passé, qui somme toute n'avait jamais cicatrisé…
"…Sais-tu ce qu'est cette mèche blanche ? " La douleur et la honte la submergea. "C'est le souvenir indélébile de la première fois…"
Tout-à-coup elle se sentit horriblement sale et retira sa main de celle de l'inspecteur. Elle n'osait pas lever la tête de peur de croiser le regard de Saïtô qui, elle en était sûre, avait deviné.Lire dans ses yeux le même dégoût qu'elle s'inspirait présentement, l'effrayait. Troublée de réaliser à quel point l'affection de l'inspecteur comptait pour elle, elle se retourna espérant ainsi échapper à son jugement…
"… la première fois où je fus violée par M. Tashimi…"
Voilà, elle l'avait dit. Plus moyen de faire marche arrière à présent. Tout son corps se mit à trembler et elle pleura. Oki n'entendit, ni ne remarqua le froissement et le mouvement dans son dos. Pourtant ses larmes de désespoir devinrent des larmes de soulagement lorsqu'elle sentit Saïtô l'enlacer tendrement, sa joue doucement appuyée contre la sienne. Il imprima à leur deux corps un léger balancement de gauche à droite et elle se laissa bercer dans ses bras comme une enfant.
"D'une manière ou d'une autre, ils le paieront. Tous."
Le ton employé par le loup de Mibu était glacial, mais curieusement Oki sentit une douce chaleur l'envahir. En croisant le regard de Yûta, qui couché dans un coin de la pièce venait de se redresser, elle comprit que la meute venait de s'agrandir et que la chasse allait commencer.
Rassurée, elle continua son triste récit.
A dater de ce jour, il me loua de plus en plus souvent aux pervers de son entourage et empocha une fortune sur mon corps… mon corp, mon sang et mes larmes. Cela dura des années. Puis un jour, l'idée de risquer ma vie, de me faire battre à mort s'il devait me rattraper me fût égale et je décidai de tenter ma chance et de m'enfuir. Je devais avoir dix-neuf ans. Je partis donc, non sans emporter quelque argent et, inconsciente que je fus, je dérobai son précieux diamant, pensant ainsi me venger de toutes les fois ou il m'avait humiliée en me comparant à cette maudite pierre. Hélas, le fils unique de Tashimi qui me haïssait et me reprochait la mort de sa mère, me surpris alors que je quittais nuitamment la demeure. La seule chose dont je me souvienne, c'est le bruit de gargouillis qu'il fit alors qu'étouffé par le sang qui s'écoulait par sa bouche et son nez, il mourait, l'air étonné de ce qui lui arrivait.
S'ensuivit des jours et des nuits de marche éperdue à travers la campagne et la forêt. Le début d'une longue fuite qui, aujourd'hui, dure encore. Je serais sans doute morte, ou pire, à l'heure qu'il est si la chance ne s'était pas enfin décidée à me sourire un peu en mettant Yûta sur ma route.
