Chapitre 17 : La feuille qui tombe…
Bonjour tout le monde :D Alors, on arrive au chapitre 17, qui pourrait paraître un peu étrange également (et oui ! je peux être encore plus « space » que je ne l'ai été au départ hehe). En fait, tout est dans le titre. Il reprend d'une façon imagée ce qui se passe dans la tête des personnages présentés. Sincèrement, vous ne vous êtes jamais amusés à regarder une feuille tombée d'un arbre ? Je sais, c'est idiot, mais pour ma fic, je crois que c'est l'image adéquate pour expliquer les pensées des protagonistes. Et puis, si c'est encore trop abstrait, vous en fait pas, ce sera plus théorique plus loin dans l'histoire ;D
Bonne lecture !
Merci pour vos coms !
Kinga
Vistesreves : Slt ! Néji ne semble pas de marbre à ce qu'il se passe tout en conservant une certaine réserve par rapport à la situation. Insensible ? Dans ce chapitre, il le sera encore moins (enfin, je pense :d) Et pour ce qui est de Tenten…Son sang qui coule, sa maison qui semble cacher un secret, des cadavres,…Toutes ces questions sont sur le point de se répondre à elles-mêmes… J'espère que la suite te plaira toujours ! En tout cas, merci pour le com et Bonne lecture !
Thealie : Slt ! Eh ben moi qui espérait être plus claire, c'est pas gagné. Mais je pense que tu t'attardes trop sur le pourquoi. Le sang de Tenten coule d'un coup, sans prévenir, c'est assez déroutant, j'admets. Mais ce sont plus les émotions auxquelles il faut s'arrêter que sur les interrogations. Les réponses viendront bientôt. Les sentiments ressentis eux, resteront gravés et à jamais oublier. C'est intriguant de penser à ce qu'on peut ressentir sans se poser de questions…Petit conseil : n'essaie pas de tout comprendre d'un coup :D Merci pour le com et Bonne lecture surtout!
Rulae : Slt ! Eh oui, eh oui…il est plus long. Et celui qui vient est tout aussi imposant lol. Ah Kiba…Lui, perdre ? C'est peut-être un peu ça, mais juste dans un sens bien personnel. Il ne veut pas que Tenten se dresse entre lui et Néji de façon directe et indirecte. Si elle se met entre les deux hommes, c'est pour en protéger un ou les deux…Qui sait ? Elle est confuse notre Tenten lol. Ce que le fauve comptait faire ne le peut plus à cause d'elle, elle qui avait été la cause de cette situation. Là, c'est moi qui est confuse hehe. Ce chapitre va être plus clair, je l'espère. Néji…Alors lui, c'est un personnage très complexe. Et pour le mettre en scène, c'est du travail :D Son lien avec Tenten n'a pas été encore très abordé alors qu'on est au 18ème chapitre. Cela avait été trop abstrait pour que les deux s'en rendent compte. Est-ce que cela va bien plus loin qu'un sauvetage, qu'une amitié, qu'une confiance mutuelle ? Ce chapitre va mettre en scène les deux personnages en les forçant, malgré tout, à un petit dialogue (je dis petit car avec Néji…lol) Le rapport avec la famille Hyuuga et L'Akatsuki n'est pas celui là. T'en fais pas, tu trouveras sûrement plus tard ;d Mais ce rapport existe et aura des répercussions bien particulières…Je te laisse découvrir :D Ah ! Par contre, tu as su discerner un point très important, essentiel même. Sakura et sa technique. Un nouveau prototype, un autre univers. Trois chapitres auparavant, on en a une première allusion et Sakura semble elle-même déboussolée par cette technique. Alors pourquoi l'a fait-elle ? Pourquoi sur Tenten alors qu'elle ne semble pas la maîtriser à la perfection ? Et qu'est-ce Tsunade pourrait avoir là-dedans alors qu'elle ne faisait pourtant que roupiller… ? Un monde parfait : à qui serait-il destiné, à tout le monde ? Lol, je te renvoie les questions mdr. Merci pour ton com surtout ! Et bonne lecture :D :D
Ce qui me réveilla…Mm…Ce qui aurait pu me réveiller après que ce cauchemar si long, si pénible se termine. Etait-ce le vent glacé du matin de cette saison pourtant bien chaude ? Etait-ce lui qui avait fouetté mon visage si violemment afin de me faire quitter le monde des songes pour le peu que j'y suis entrée ? La température de cet endroit était-elle le seul facteur qui puisse me permettre d'ouvrir les yeux ?
Je humais le parfum frais des lieux. La nature me rendait vivante. Le vent frôlait ma joue avec force. J'étais allongée sur l'herbe bien sèche, du manque de pluie, et je faisais du tronc d'un arbre, un dossier confortable. J'aimais dormir à la belle étoile, surtout que je n'avais aucune envie de rentrer chez moi. J'aimais me coucher à terre, m'accoster quelque part et m'endormir paisiblement. J'aimais tout simplement ce genre de petite choses simplistes.
Alors qu'est-ce qui changeait de l'habitude ?
Je laissais mes yeux s'évader vers le ciel. Un ciel gris, pas spécialement accueillant…triste. Et puis, ce vent qui balayait les feuilles des arbres afin de les forcer à faire une chute vers les ténèbres. J'observais ce spectacle si banal avec intérêt. Ces pauvres petites feuilles qui tentaient par tous les moyens de s'accrocher à leur unique chance de survie, leur seule attache. J'eus de la peine face à ce constat.
Idiot…Cela peut paraître idiot de penser ainsi. Comparer l'existence d'un végétal à celle d'un humain…Toutefois, la seule chose qui m'importait à cet instant précis fut la danse sadique qu'offrait le caprice du temps à ses végétaux couleur émeraude.
Car si cette feuille tombe…
Si elle lâche sa seule raison d'être, elle n'aura pas d'autre choix que de s'allonger à terre, dépérir sur le sol qui l'a fait naître. Elle n'aurait plus qu'à mourir, n'est-ce pas ?
Je contemplais toujours ce paysage de là où j'étais…tout en bas…avec une pointe de nostalgie peut-être.
Penser qu'une feuille qui tombe puisse laisser un souvenir si amer…
Pourquoi…Pourquoi me retrouvais- je à terre, moi ?
Pourquoi sentais-je une odeur fétide autour de moi, une odeur qui ressemblait à celle d'un saignement ? Que je me sentais affaiblie au point de m'endormir à chaque battement de cils ? Aurais-je perdue un combat pour me retrouver dans cet état ? Si faible…
Je sentais mes cheveux quitter quelques peu mes deux chignons pourtant bien attachés. Le vent leur donnait une sensation de liberté. Ils s'élevaient devant mes yeux pleins de réflexions en espérant les laisser s'évader du poids énorme que produisaient mes interrogations. Je le ressentais…cet air de bien-être qui enivrait mes sens.
Et si tu tombais comme cette feuille…que ferais-tu ?
Prenant appuis contre le tronc, de sorte à faire longer mon dos dessus, je tentais de me relever sans pour cela user de mes mains. A présent, j'étais debout devant cet arbre, qui m'avait permis de prendre un peu de repos. Je m'étais enfin levée de ma longue et épuisante nuit.
S'être levée après être tombée si bas…
Relevant mes mains, afin de les scruter minutieusement de tous les côtés possibles, je remarquais bien les traces qu'avait laissées la soirée précédente. Le sang, même séché était dérangeant avec son odeur nauséabonde que je sentais même au niveau de ma gorge. J'eus un rictus dégoûté par ma propre faiblesse.
« Tu te lèves enfin ? »
Je me figeais. Cette voix me fit bondir de l'intérieur sans que je n'aie pu le contrôler. J'avais pourtant cru être seule. Toute seule alors que je me comparais à cette feuille balayée par le caprice du ciel. J'étais certaine que personne n'était à mes côtés, que la chaleur n'existait pas puisque le vent l'avait fait fuir…
« J'ai une chose à te demander. »
Je me retournais machinalement vers celui qui m'avait interpellé. La surprise fut gigantesque. Mes yeux s'ouvrirent plus que la normale et ma voix tremblait dans ma gorge. Qu'est-ce qu'il faisait ici ? Pourquoi était-il là ?! Je n'osais y penser…Peut-être voulait-il se moquer de moi ? Me traiter d'incompétente, de faible ? Que cherchait-il en restant à mes côtés ?
Mais alors…m'aurait-il veillée toute la nuit ? Car comment se serait-il retrouvé au même endroit que moi ? Comment saurait-il que je m'étais « enfin » réveillée ? Il m'avait attendue, je le savais…
Laissant de côté mon long cheminement de possibilité, je fis remuer mes lèvres avec lenteur tentant d'ouvrir la bouche, énoncer ce qu'il savait déjà…ce qu'on savait tous les deux.
Mais, je repoussais cet instant de quelques mots maladroits.
« Pourquoi es-tu encore ici ? »
Je baissais ma tête de honte ou de peur. Ses yeux blancs me fixèrent intensément, préparant sans doute la réponse à ma question.
« Je voulais savoir une chose. »
J'eus un sourire assez cru. C'est un ton ironique qui lui répondit. Un ton qui se voulait méchant et fier. Que voulait-il connaître ? Désirait-il ressasser ce qui s'était produit ? Se moquer de ma faiblesse, s'amuser à me rabaisser ? Je me sentais déjà bien misérable de me retrouver face à lui, alors…
« Une chose ? »
J'avais encore un peu de dignité, je ne pouvais que la protéger de cette façon.
« C'est à propos de nous. »
Heureusement que mon cœur était bien trop fatigué par la nuit épuisante qu'il avait passée. Qu'il était totalement endolori par la peine, la peur, l'impuissance. L'ironie m'accompagnait partout, pensais-je avec amertume. J'étais rassurée d'être trop lasse pour sursauter face à l'émotion qui me gagnait en entendant cette allusion.
« Nous ? »
Mon sourire méfiant fut chassé bien rapidement et je me raclais la gorge afin de paraître la moins surprise. Je parvenais avec grand effort à rajouter…
« Il n'y a jamais eu de "nous" que je sache… »
Il ne répondit rien. A quoi est-ce que je m'attendais ? Qu'il déballe tout d'un coup sans me faire languir ; qu'il réponde correctement à mes questions sans pour cela prendre son air froid, indifférent ; qu'il arrête de parler avec le mystère enroulé autour des rares mots qu'il prononce ?
Non, en faite…J'aurais juste voulu que la glace fonde…
« Quel lien y a-t-il entre toi et moi ?
Répondre par une question encore plus énigmatique au point que mon cœur n'explose dans mes entrailles… Néji voulait vraiment me tuer. Dans une situation moins particulière que celle-ci, j'aurais déjà frôler la mort devant tant de stupeur.
Je reculais vivement. Mon cœur si gelé s'était totalement brisé. Que l'étonnement était grand, que mon sang s'écoulait vite. J'avais peur qu'à l'intérieur de moi quelque chose n'explose pour de bon…
« Un…Un lien ? »
J'avais l'impression de l'agacer à répéter tout ce qu'il disait avec bégayement, un peu de peur aussi…Pourtant, il garda, bien évidement, son masque sans expression sur le visage.
Il avait juste fermé les yeux. Peut-être pour être en incapacité de me juger, ni avoir à déchiffrer les sentiments qui m'habitait au moment de cet interrogatoire. Il semblait se concentrer sur ma voix cassée et tremblante pour se faire une idée de ma réponse. Enfin, c'est comme cela que je le voyais…
Je détournais la frimousse et mes yeux vagabondèrent sur le sol séché de nouveau. Moi aussi, je ne voulais pas le regarder…
« Il n'y a jamais eu de lien entre nous. »
Le ton de ma voix fut amer. Parler de ça, me mettait-il mal à l'aise ? Cela me blessait ? Je ne saurais comprendre ce que je ressentais face aux propos incohérents que mon équipier utilisait. Peut-être étais-je encore trop chamboulée pour ressentir quoique se soit ?
Il croisa ses deux bras et ne répondit toujours rien. Son air impassible, son aura silencieuse, j'y étais habituée. Je connaissais Néji depuis des années maintenant et il n'avait pas spécialement changé durant tout ce temps. Son comportement n'aurait jamais dû me surprendre, j'avais appris à le reconnaître, j'avais même tenté de l'analyser comme je le pouvais. C'était mon coéquipier, un membre de mon équipe, une personne avec laquelle j'avais partagé tout un tas d'aventures, avec laquelle j'avais partagé une partie de ma vie…
« Notre équipe… »
Le chuchotement sortit timide, mélancolique, un brin libérateur aussi. Je ne faisais pourtant que déclarer la vérité, celle que pendant plusieurs semaines j'avais négligée. Mon équipe, ma raison d'être, ma deuxième famille…Cela me fit comme une révélation et mon cœur bondit de plus en plus vite.
« Tu es mon équipier, Néji. Voilà notre lien. »
Il ouvrit alors les yeux. J'avais laissé tomber ma contemplation inutile et je l'observais intensément. Il fit pareil, mais son regard fut bien plus profond que le mien. J'avais presque envie de le fuir et en même temps, je voulais y plonger.
Il eut un silence durant lequel, j'essayais de reprendre mon souffle et tout le contrôle de mon corps. Néji restait toujours aussi froid et ne bougea pas. Il semblait pourtant réfléchir à ma réponse sérieusement.
« Il m'a dit autre chose… »
Je m'étais à peine remise de mon étonnement que Néji reprit. J'avalais difficile ma salive et j'entendais mon cœur battre douloureusement contre mes tempes.
« Kiba ?! »
Il fronça les sourcils face à mon ton brusque et rapide. J'avais parlé par réflexe… instinct ? Comme si j'énonçais une évidence avec une voix peu rassurée.
« Il t'a dit quelque chose, n'est-ce pas ? »
Mes yeux croisèrent le sol, nostalgiques…Néji me laissa le temps de répondre tout en voyant mon visage se teindre d'un voile peiné.
« On s'en va d'ici. »
Kiba…
Il est parti, a mis de la distance, s'en est allé…
Et pourtant, c'est lui qui est venu me « chercher »…
« Il n'a rien à voir avec tout ça. Je ne sais pas pourquoi il est venu t'affronter, mais je sais très bien qu'il… »
Le garçon m'arrêta brusquement. Sa voix froide me fit un peu frissonner.
« Ne le défend pas. S'il est venu pour se battre avec moi, c'est qu'il avait une très bonne raison. Il sait plus de choses que l'on ne croit. Ne le prend pas pour un saint. »
Je relevais ma frimousse ébahie. Quelles étaient ses accusations ?
« De quoi tu parles ? Tout ça, c'est dû au hasard. »
« Hasard…Tu étais sur mon chemin. »
Mon teint devint si transparent. J'avais l'impression que mon corps avait perdu de sa chaleur, de ses couleurs. Je pensais n'avoir pas la force de tenir debout.
Cette discussion…Cette discussion servait à quoi ? Pourquoi d'un coup, des souvenirs refaisaient surface, sans contrôle ? Pourquoi ma mémoire avait enregistré toutes ces paroles et prenait un malin plaisir à me les faire repasser maintenant ?
Que mon âme se fige, j'aurais moins à penser…
« Il m'a raconté que tu… »
« Depuis quand écoutes-tu les autres, Néji ? »
Bien que l'incompréhension soit le sentiment qui me dominait, je tentais de paraître la moins bouleversée possible. C'est avec le ton le plus froid que je possédais que je lui posais cette question.
Il me toisa de son regard glacé. Malgré la fatigue, la tristesse, j'avais encore assez de force pour me défendre. Même si…il ne semblait pas que je sois attaquée. Pourtant, je me sentais comme telle.
« Qu'est-ce qu'il a pu bien dire pour t'intriguer comme ça ? »
La main de Néji involontairement se crispa sans que je ne le remarque.
« Famille maudite ! »
« Une équipe soudée, hein ? »
« Elle n'aurait jamais dû être avec vous… »
« Rien que tu n'aies besoin de savoir. »
Il voulait que je réponde à ses questions, alors que face aux miennes, le silence lui était permis ?! Injuste.
Et pourquoi je ne comprenais en rien à son discours autant énigmatique que son comportement ? A croire qu'il ne savait pas que son attitude flegme rendait la communication avec lui quasi impossible.
« En tout cas, je ne sais rien. Je n'ai rien à voir avec vos histoires à tous les deux… »
« Je ne voulais pas te voir entre nous… »
« Rien du tout ! »
Mon hurlement résonna subitement comme de la rage ancrée en moi. Comme toutes ces phrases qui apparaissaient dans ma tête depuis le début de cette conversation. Quelles étaient leurs intentions ?! Pourquoi martelaient-elles mon cerveau avec tant de vigueur, de force ?
J'avais si mal…Ma tête me tambourinait de l'intérieur. Je voulais juste que cela s'arrête le plus vite possible. Des mots pleins de peine, traversèrent les parois de ma bouche.
« Après ce qui est arrivé, crois-tu que se soit l'essentiel pour moi ? »
Je le voyais ennuyé ; ses poings s'étaient refermés férocement et ses yeux de neige me contemplaient avec, peut-être, une pointe de regret.
Néji Hyuuga…
Je n'aurais jamais cru lui parler autant. Bien qu'il soit mon équipier, il ne s'était jamais vraiment intéressé à qui que se soit. Tout lui était indifférent à chaque fois. Le voir en face de moi, le voir se poser des questions silencieuses, mais précises, cela me touchait, m'énervait et m'intimidait en même temps.
Il avait prononcé les mots désirés, hier…aurais-je rêvé ?
Hier…ce garçon m'avait sauvée…une nouvelle fois…
« Tu vas t'en sortir. »
C'était mon allié. Il m'avait secourue ce jour-là aussi. Il m'avait débarrassée de mon ennemi sans que celui-ci n'ait pu achever ce qu'il était en train de me faire subir, sans qu'il n'ait eu le temps de soupirer. Il s'était approché de moi, était prêt à m'aider…
Et moi…
« Laisse-moi mourir… »
Je repris mon souffle qui se fit de plus en plus difficile. Ses mots étaient si douloureux, si prêts de mourir. Je faillis échapper des gouttes d'eau de mes yeux devant tant de tristesse et de désarroi.
« Néji…à propos d'hier…je me suis souvenue ne pas t'avoir remercié…pour l'autre fois. »
Je voyais à travers mes yeux légèrement brumés, ses sourcils se froncer, m'indiquant ainsi sa perplexité. Il attendait que je m'explique de moi-même sans pour autant qu'il use de la parole.
« Tu ne m'as pas laissé mourir… »
Il soupira avec discrétion. Il avait enfin compris…
J'étais un peu gênée de parler de ça ici, en pleine forêt, alors que le jour s'était à peine levé, que le vent me sifflait dans les oreilles, alors que ma nuit fut si terrible…
Pourtant, n'était-ce pas le meilleur moment pour le lui dire ?
Car hier aussi…il ne m'avait pas laissé mourir…
« Ce n'est rien. »
Tout pouvait indiquer que cela ne l'atteignait pas. Tout. Ses réponses brèves, sa voix glacée, son visage désintéressé…Absolument tout. Alors pourquoi avais-je la nette impression que la glace avait fondue, pourquoi ?
« C'était mon rôle. »
Peut-être car j'avais une confiance aveugle en Néji. Depuis toujours. D'abord, je l'avais admiré en tant que combattant hors pair, j'avais tant voulue être digne d'être dans son équipe, c'est pourquoi j'avais fait tous ces efforts. Aussi bien que pour être remarqué par Tsunade-sama…
Et lui qui ne se mêle jamais aux autres, qui ne discute avec personne, celui qui combat essayant de prouver ce dont il est capable, celui qui ne s'attache pas…
Lui, m'avait sauvée…
Et maintenant… je me sentais tellement ridicule ! Tous ces efforts en vain, tous ces espoirs perdus…J'avais essayé de montrer aux autres que j'étais forte, que j'étais digne. Mais à présent, que ressent-il à démontrer ?
Ma frimousse anxieuse s'obscurcit et mes yeux s'attardèrent sur mes mains avec remord.
Il m'avait sauvé la vie. Qu'est-ce que j'en faisais ?! Pourquoi n'avais-je plus l'impression d'exister ? J'avais honte de ce que j'étais devenue. Ma raison d'être m'échappait, j'aurais voulu la rattraper, j'aurais aspiré la suivre au point de courir l'éternité. Mais je l'avais négligé. J'avais négligé ma vie pendant ces quelques semaines.
J'avais laissé tomber l'espoir…
« Oublie tout ça. »
Il ne parut pas bien comprendre. Il étendit son visage de porcelaine, les traits légèrement intrigués.
« Suis ton propre conseil, Néji. Il n'y a pas d'autre lien. Je ne sais pas ce que Kiba a pu te dire, mais ça n'a pas d'importance. Tout doit redevenir comme avant. »
Avant...Cela fait si longtemps…
Je tendis mes mains en avant. Mains sales avec la puanteur du sang collé sur chaque parcelle de peau. Les traces collantes qu'il avait laissées étaient des marques indélébiles. Jamais, je ne pourrais les effacer de ma mémoire. Jamais…
Je contemplais Néji avec calme.
Toutefois, j'avais assez fui, je m'étais assez cachée…Je désirais montrer ce que je vaux. Le montrer à Néji, à Tsunade,…J'avais assez versé de larmes, bien assez de sangs…Je voulais retrouver ma force, ma dignité. J'aurais désiré croiser le regard de mon équipier sans ciller, sans avoir peur, ni honte. J'aurais voulu être digne, qu'il ait confiance en moi…
Je devais changer…
J'avais une semaine pour ça…
« Cela ne se reproduira plus. »
Néji ne m'arrêta pas alors que je m'éloignais à présent de lui, loin des remises en question, plus loin de cet arbre, de cette feuille qui tombait…Encore plus loin… Pourquoi aurait-il stoppé ma course ? Je sentis tout de même ses pupilles glaciales me fixer pendant que je m'enfonçais dans la lumière du jour. Elles me guettaient sans compréhension.
Je courrais à présent plus vite que j'en étais capable, respirant à moitié l'air frais du matin. Je m'éloignais de lui…Sa présence me gênait, je me sentais désarmée, honteuse…Je devais mettre de la distance entre lui et moi.
« Tu te répètes trop souvent Tenten. »
Le jeune Hyuuga resta un moment seul. Rien ne se lisait sur ses traits. Ni la fatigue, qui l'avait bercé pendant cette nuit sans sommeil, ni la pitié, qui aurait pu se manifester après qu'il ait été témoin d'une telle faiblesse, ni…
A quoi bon énumérer tous les sentiments qui auraient pu l'animer, s'il ne laissait de toute façon rien transparaître ? C'était tout bonnement stupide et inutile.
Pensant qu'il était temps de rentrer chez lui afin de se reposer, au moins quelques heures, il voulu prendre le même chemin utilisé par la jeune femme partie plusieurs minutes de cela. Mais il se rendit compte de quelque chose qui lui fit détourner le regard.
Un peu de sang était resté sur ses doigts. Certainement après qu'il ait tenté de réveiller son équipière de sa léthargie. Bizarrement, il ne s'en était pas rendu compte ; ça n'avait pas grande importance. Cela lui était déjà arrivé de voir du sang, de le faire couler même. Très souvent…
Mais à cet instant précis, il fit comme hypnotisé par cette marque terne et froide sur sa main. Comme si, juste à cet instant, ce liquide avait eu une importance capitale et qu'il possédait la réponse à toutes ses questions. Il l'observa attentivement puis, soupira lourdement.
« Oublier ? »
Et si… tu tombais ?
La jeune femme émergeait de son épuisant sommeil. Tout en plissant ses yeux de peur d'être gênée par la luminosité de sa chambre, elle en cacha momentanément sa vue de sa main. Une larme perla alors lentement sur sa joue…Frôlant sa peau gelée de ses doigts fébriles, elle fixa le plafond avec tristesse.
« Ca fait si longtemps…que je n'aie pas été aussi triste... »
Une douleur lancinante lui traversa la tête, comme un coup de poignard avide qui désirait se forger un chemin vers ses souvenirs. Des souvenirs qui lui étaient réapparus si brutalement en mémoire alors qu'elle avait tout fait pour les repousser…du moins, elle le croyait…Et maintenant, la kunoichi restait là, emplie de sentiments confus et inavouables…Qu'est-ce qu'elle avait mal à la tête en y pensant !
« Aussi triste de revenir ici… »
Elle se redressa, s'assit presque sur son lit afin de mieux pouvoir observer sa chambre. Une pièce des plus simples. Une couleur d'un bleu pâle, une grande armoire faite de bois, de chêne peut-être ? Et quelques autres bricoles qui remplissaient cet endroit afin de le rendre moins gigantesque à ses yeux. Il y avait aussi un bureau recouvert de dossiers, de feuilles éparpillées : résultat d'un travail éprouvant qui lui avait certainement pris beaucoup de temps et d'énergie…
La mélancolie se lisait sur ses traits fatigués et las. Elle avait mal dormi, on ne pouvait que le confirmer en voyant des cernes orner sa jolie frimousse, ses yeux gonflés, rougeâtres tellement les larmes les avaient épuisés et son visage absent, encore perdu dans son univers.
« Moi…je voulais le rejoindre, ne pas le quitter…Que je suis triste… »
La fleur de cerisier voulu se lever, sortir de son lit, ne plus réfléchir à rien. Ce serait tellement plus simple…Cependant ses pieds n'avaient pas la force de la porter hors de toutes ces questions, cette agitation. Quelle faiblesse…La jeune femme ferma ses pupilles devant ce constat.
« Je ne voulais pas ouvrir les yeux…J'aurais voulu le voir éternellement même avec mes yeux clos… »
Elle sanglotait doucement, ne voulant pas causer trop de bruit, de peur d'être vue, remarquée, de peur de devoir s'expliquer. La jeune femme ne désirait vraiment en aucun cas justifier son mal. Cela ne se justifie pas toujours, n'est-ce pas ? On a mal et puis, c'est tout…Pourquoi chercher le compliqué ? Peut-être parce qu'elle était médecin. Et chacun sait très bien qu'un médecin désire tout savoir…
« J'aurais voulu t'oublier comme les autres…comme ceux que tu as laissés, mais je n'y arrive pas… »
Sakura se recoucha brutalement sur son oreiller et ses yeux vacillèrent dans les ténèbres. Elle les referma, elle ne voulait plus rien affronter, elle voulait se vider la tête de toutes pensées négatives. Ne plus penser, ne plus se souvenir de lui. De son visage froid et indifférent ; triste et frappé par la vengeance dès le plus jeune âge. De ses yeux qui ne la regardaient presque jamais…
Pourquoi avoir rêvé de lui ? Pourquoi sa mémoire avait-elle eu ce besoin vital que de venir se ressourcer dans cette vie imaginaire ? Se rappeler de son attitude envers elle, son attitude avec les autres, avec lui-même. Pourquoi avait-elle été si heureuse de le retrouver là-bas ? Il avait été tellement différent de ce dont elle se rappelait. Plus prévenant, plus attentionné,...moins lui-même.
Sa mémoire la trahissait. Ses rêves ne lui montraient que la façade qu'elle aurait aimé connaître. Ce garçon n'avait jamais été ni amical, ni amoureux. Pas comme dans ce rêve…Il était devenu quelqu'un d'autre…C'était à se demander si la jeune fille l'avait réellement rencontré…
« En faite, moi je préfère le Sasuke de mon rêve…C'est lui que je ne voulais pas quitter…Mais est-ce une si mauvaise chose ? »
Ne la vois-tu pas ?
Les yeux émeraude de la fleur de cerisier s'ouvraient et rencontraient le plafond comme si elle se réveillait de nouveau. Une autre approche de son problème, de ce mal de tête qui l'emplissait. Oui, la jeune femme s'était levée une seconde fois.
De plus en plus de larmes abondaient son visage plus pâle qu'à l'habitude. Elle semblait observer quelque chose, qui se trouvait être bien plus loin que ce mur.
« En réalité, moi je triche depuis le début… »
Elle sentit le froid la gagner. Un regard léger en direction de la fenêtre et elle comprit immédiatement. Elle fixa de son œil vert le vent combattre avec la résistance de la vitre, les rideaux qui virevoltaient plus haut que l'air ne pouvait leur permettre.
« J'aurais préféré rester avec ce Sasuke là…Je ne fais que me mentir. Je ne vis que dans les souvenirs. »
Ne la sens-tu pas ?
Une nouvelle rafale de vent fut projetée. La kunoichi aurait peut-être dû fermer la fenêtre hier soir ? Elle avait tout simplement oublié, tout lui avait été égal. Trop de fatigue l'animait pour lui permettre de réfléchir à ce détail. Le souffle du vent fit basculer quelques feuilles à terre, Sakura soupira : du rangement l'attendait.
Et puis, alors qu'elle continuait de râler intérieurement, elle vit un petit objet familier sur la table. Un cadre muni d'une photo. Son cœur sursauta alors que les larmes reposaient encore sur ses joues.
Cette photo…Elle l'avait mise là pour…
Pour qu'elle lui donne du courage pour travailler ? Pour qu'elle soit ensevelie par des papiers et qu'elle ne puisse plus la déranger ? La jeune ninja ne savait pas. On agit parfois par instinct. Ca aurait été le cas ici aussi ?
Son équipe réunie. Tous ne faisant qu'un. Quelque chose de concret qui essayait de subsister malgré les distances et les nombreux drames accumulés. Elle aurait tellement voulu revenir à cette époque simpliste où aimer ce garçon n'avait été qu'un petit combat contre son amie d'enfance. Des cris, des insultes qui fusillaient, des larmes parfois. Mais au moins, ce n'était pas un combat contre soi-même. Contre des désillusions, contre des espérances,…Ce n'était pas que de l'imagination. Ceci avait réellement eu lieu. Pas comme ce rêve…
Elle sourit, la kunoichi aux cheveux roses…Etrange depuis quand a-t-elle pris l'habitude de sourire ainsi…avec tant d'amertume ?
« Est-ce que je me mens à moi-même depuis le début ? Je serais si contente de revenir à cette époque, mais elle n'est plus, elle ne sera plus. Qu'est-ce que je continue à aimer alors ? »
Chaque matin, elle passait à côté de cette photo. Parfois elle la regardait longuement, parfois passait à côté sans s'en soucier. Tout n'était qu'une question de temps. Elle finirait par se lasser de cet espoir qu'elle avait gardé au fond d'elle, comme un secret bien gardé. Elle se lasserait d'espérer. Elle le savait. Cependant plus le temps passait…
Et cette image était ancrée en elle…
« Sasuke… »
Ne l'entends-tu pas ?
Elle serra son poing. Les larmes ne vinrent plus tapisser ses joues rougies par le froid. Tout ça n'était qu'un rêve…Elle avait beau être triste, elle avait beau pleurer, elle avait beau se mentir, il y a des choses qui ne pourront jamais changer…
« Je ne voulais pas te quitter… Mais si pour te retrouver là-bas, je dois te retrouver ici, je le ferais ! »
Cette feuille qui tombe…
« C'est quoi, cette tête, hein ? T'as fait la fiesta toute la nuit ?»
Le garçon secoua négativement de la tête, bien que cet effort lui fit craquer un peu la nuque, il tu le fait qu'il se sentait totalement minable. Il avait l'impression de tomber en miette. Que touts ses muscles étaient engourdis par une force invisible et qui le rendaient très…mais alors très faible.
Lui, qui d'habitude est toujours plein d'énergie, ce changement l'étonne lui-même. Même après une soirée entre amis, après une longue mission, il ne s'est jamais senti aussi épuisé. Peut-être est-ce dû au fait que ce ne soit pas que physique ? Il n'avait pas trop envie de se poser de questions. De toute manière, lui savait vers qui il fallait se tourner pour lui fournir des réponses. Cette personne qui, il le pensait sincèrement, serait capable de guérir tous ses maux. Une petite visite chez sa chère Sakura et tout sera réglé ! C'est pourquoi, il se trouvait déjà à l'hôpital.
« J'ai juste mal dormi. Avec Sakura-chan, on est resté assez tard dans son cabinet. Elle avait quelque chose d'important à faire. »
L'interlocuteur, au timbre de voix surprise, demanda :
« Une chose importante ? »
Lee se contenta de soupirer, fatigué.
« Oui…même si je ne sais pas exactement quoi. Une technique qu'elle met au point, c'est tout ce que je sais. »
Le shinobi aux cheveux blonds se tint le menton, pensif. La réponse de son ami ne semblait pas lui suffire.
« Sakura-chan fait des cachotteries maintenant…Faudrait vérifier ça. Tu n'es pas d'accord avec moi, Lee ? »
Celui-ci leva le poing haut et fort en direction de Naruto, le regard intransigeant et implacable quant à sa réponse et ses intentions.
« Ne dérange pas ma Sakura-chan ! Elle a le droit d'avoir ses petits secrets, alors si tu ne la laisses pas tranquille, t'auras qu'à venir m'affronter ! »
Le jeune Uzumaki cligna des yeux. Le comportement de Lee était suspect. Dans un sens, c'était juste, il ne devait pas s'occuper des affaires qui ne le regardaient pas ; surtout pas ceux de Sakura. Lui, qui savait très bien, comment elle pouvait réagir de façon agressive parfois. Il en frisonne encore. Seulement, il semble très étonné. Généralement Lee serait le premier à vouloir connaître tout de la jeune medic-nin, mais pourquoi cette fois-ci, n'était-ce pas le cas ? Il l'observa attentivement, comme si la réponse était inscrite sur le front du jeune garçon.
« Depuis quand as-tu cette bosse ? »
Avait-il bien fait de regarder là ? Apparemment…
Le ninja à la tunique verte toucha, sans tact apparent, la bosse en question. Il grimaça un peu. Elle était grande et le faisait souffrir. Sans regarder son ami, il répondit :
« Ah…ben ça…c'est quand je suis tombé du lit ce matin … »
Naruto fit une mine dépitée, désolée face à cette révélation. Lui qui attendait quelque chose de beaucoup plus croustillant, il était déçu. C'était juste une chute des plus banales.
« J'ai mal dormi. »
Juste une chute, rien de plus. Non, mais qu'est-ce qu'il s'imaginait ? Intérieurement, il eut un peu honte de son comportement.
Ne t'es-tu jamais demandé quel bruit cela provoquait ?
« Et toi, qu'est-ce que tu fais à l'hôpital si tôt ? »
Le ninja fit alors un quart de tour sur lui-même et contempla une porte marinée fermée. Ses yeux océans noyés de secrets sourirent en même temps que sa bouche.
« Je suis venu pour voir quelqu'un. »
Lee s'étonna subitement. Il n'y avait pas spécialement de missions ces derniers temps…A croire que la paix existait encore…
« Ah bon ? Qui ça ? »
Naruto s'empressa de répondre.
« Kiba…Il est salement amoché en plus. »
Le shinobi à la coiffure ridicule fit les yeux ronds.
« Il…Il s'est battu ??? »
Le jeune Uzumaki hocha la tête affirmativement.
Lee resta perplexe face à cette révélation. Ses pensées sortirent à voix haute. Il parla d'une une voix lointaine, comme s'il était seul.
« Je savais…qu'il était malade après sa dernière mission, je le croisais souvent alors qu'il venait se faire examiner par ma Sakura-chan, mais…il se serait vraiment battu alors ? »
Le garçon eut une moue dubitative avec un tantinet d'inquiétude. Peut-être un mauvais pressentiment ? Il se souvint alors de la rage qu'avait éprouvé le fauve au restaurant, il y a quelques jours. Cette rage injustifiée.
« Il ne pourra jamais aider quelqu'un qui en a besoin. Il ne l'a jamais fait alors que…Alors qu'elle était avec lui !!! »
Injustifiée, vraiment ? Il commença à en douter de plus en plus sans savoir pourquoi.
Et si tu te posais la question ?
« Avec qui ? »
Naruto sursauta face à la voix brusque que Lee avait employée. La surprise se lisait sur son visage.
« Eh bien… »
Le blond bégaya légèrement. Il paraissait d'un coup mal à l'aise. Mettant sa main à la tête, il s'ébouriffa lui-même les cheveux, peut-être afin de mieux évacuer son stress…
« En fait… »
Lee sentit sa gorge se serrer devant son impatience. Faire durer le suspense ainsi…ce n'était pas humain ! Comment ce garçon pouvait-il lui faire cela alors qu'il avait tellement besoin de savoir ?!
« Ca va peut-être te sembler bizarre…mais… »
L'élève de Gaï n'était pas spécialement pressé. Dans tous les domaines, il gardait patience, confiance, enthousiasme. Cependant, une seule fois, une fois si unique et si précipitée, il perçu une peur inébranlable s'emparer de ses sens. Il ne savait l'expliquer, ni comment la gérer…mais se fut la première fois pour lui…
De son côté, le porteur du démon Kyuubi ne savait pas comment s'y prendre. Il se sentait un peu honteux d'avouer ça, à Lee. Il pourrait être déçu…Bon ! Il reprit difficilement son souffle et le dit d'une traite. Il rigola ensuite, un peu embarrassé…
« Je n'en ai aucune idée… »
« Alors qu'est-ce que vous comptez faire ?! »
Il fit une grimace alors qu'il hurlait pratiquement ses paroles. Il avait à peine récupéré ses forces, que déjà il les utilisait. Ce n'était pas la meilleure idée qui soit. Cependant, c'était dans son caractère bien borné, bien fier. Il n'y avait rien à y changer.
« On ne peut pas laisser faire ça ! »
Il n'y avait que sa voix qui balayait sa chambre d'hôpital si violement. Personne ne savait que répondre, ni comment réellement réagir. Tout était si compliqué. Parler ne servait peut-être plus à rien, au fait.
« On ne peut pas la laisser comme ça ?! Vous ne l'avez pas vue comme moi. Elle…Elle…On ne peut pas continuer ! Il faut arrêter ça tout de suite ! »
Il ne faisait face qu'à des visages silencieux, des yeux baissés. Il comblait à lui tout seul, l'espace. Sa fureur, sa haine même, vinrent frapper lourdement le cœur des gens présents. Enfin, ceux qui se sentaient bien plus concernés que d'autres. Il y en avait aussi de ceux là…
Soudain, une petite voix tremblante, désemparée répondit à sa manière aux réactions du jeune homme.
« Tout ça, c'est de ma faute. »
Les gouttes d'eaux s'écrasèrent sur ses genoux, quelques unes d'entres elles sur le parquet bruyant. La jeune fille prit ses deux mains et y engouffra toutes les larmes qui la rongeaient, toute cette culpabilité qui l'habitait. La kunoichi ne parvenait même plus à rester correctement sur sa chaise tellement les sentiments dans son corps l'engourdissaient.
Une femme aux longs cheveux noirs et aux yeux étrangement rouges vint près d'elle. Sa prestance quelque peu intimidante de par la beauté, mais aussi par le mystère l'accompagnait dans ses actes. Son visage anxieux se posa sur la jeune fille. Kurenai mit une main affectueuse sur l'épaule de son élève en espérant la réconforter.
« Allons…Ce n'est pas ta faute Hinata. »
Le fauve allongé sur son lit de malade observait la scène et se calma un peu malgré son énervement intérieur toujours intact. Il voulu employer un ton qui se voulait moins brutal.
« C'est vrai, tu n'y es pour rien…Mais, il faut faire quelque chose pour arrêter cette mission. L'Hokage doit comprendre que… »
« Elle le sait. »
Une voix faible, mais ferme se manifesta. Le garçon aux lunettes sur les yeux, à l'air impassible, qui s'était maintenu près de la fenêtre en silence depuis le départ, prit dorénavant sa place dans cette discussion.
« Elle n'y peut rien non plus… »
L'Inuzuka répliqua immédiatement. Son grincement de dents fut dérangeant. Sa colère face à la vérité si…évidente. Il ne pouvait plus tolérer la situation. Ca allait trop loin, beaucoup trop loin. Il devait tout faire pour arrêter cela…même si le cri était la seule chose qu'il pouvait faire pour le moment…
« Comment ça ?! Il doit y avoir un moyen. Même si elle n'est pas de taille face à leurs forces, elle se doit de protéger son village! »
Cette fois-ci, se fut une voix douce et compréhensive qui lui répondit.
« Essaie de comprendre, Kiba. Elle est attaquée de tous les côtés. La famille Hyuuga et puis, L'Akatsuki…Tsunade-sama n'est pas un dieu. »
Le fauve grogna de plus bel. Il regarda son sensei avec dureté. Seulement, son regard se voila lorsqu'il fut attiré par les sanglots étouffés Hinata. Elle était toujours effondrée de larmes et de tristesse sur sa chaise. Le garçon se reprit malgré le goût salé des pleurs de son équipière.
« Arrêtez Kurenai-sensei ! Quelqu'un doit pourtant être capable d'agir. C'est impossible…A quoi sert-on, nous, alors ?! »
Et si la feuille s'écroule…
Sa voix se brisa un peu à la fin de sa phrase. Murmurant avec souffrance cette question dans la pièce.
« A protéger le village… pour le moment… »
Shino affirma cela avec un ton froid, presque indifférent.
L'Inuzuka baissa alors la tête, signe d'impuissance puis, serra fortement les poings, signe de frustration.
« Mais à quel prix… ? »
Il se chuchota silencieusement les mots douloureux de sa propre conscience.
« Oublie juste le spectacle. »
Rageur, il frappa le lit de son poing abîmé par son précédent combat. Jamais ! Jamais, il ne pourrait oublier. Cette image était gravée en lui. Cette fille qui pleurait sur le pas de la porte. Cette ninja à l'allure garçonnière qui était venue le sauver, lui. Le secourir alors qu'il affrontait son propre équipier. Pourquoi était-elle venue ? Pourquoi ?! Il ne voulait pas…Sa culpabilité n'en était que plus grande…Il avait pourtant essayé de tout faire pour qu'elle le déteste, surtout en draguant cette fille. Il avait essayé naïvement, lentement. Peut-être n'avait-il pas essayé jusqu'au bout ? Inconsciemment, il aurait voulu qu'elle ne s'en aille pas…
« Tu ressembles à Néji quand tu as ce regard. »
Mais, il y a eu cette allusion…N'était-ce pas plutôt elle qui l'avait enragée à ce point ? Qui lui avait donné la possibilité de se venger ainsi ? Non, il ne ressemblait pas Néji et il ne voulait pas y ressembler. Bien qu'il soit plus fort que lui, Kiba l'avoua intérieurement malgré sa fierté. Il ne voulait pas…Il ne pouvait pas…
Néji, il n'était au courant de rien. Il ne se doutait absolument pas de ce qui se tramait derrière son dos. Serait-ce ça, justement que le fauve lui enviait ? Son ignorance ?
« On peut compter sur lui. Tenten le sait. »
Il ne savait pas s'il le détestait ou le jalousait. C'était encore confus dans son esprit. Cependant, Kiba se rendait à présent compte de la situation dans laquelle il se trouvait…
Là où l'oubli n'est pas permis, là où il se sentait impuissant…
Là où le remord était le sentiment dominant…
…aurais-tu la force de garder les yeux ouverts ?
Il entendit le silence perturbé de son sensei et de son équipier. Il ressentit le poids des larmes d'Hinata assiéger son esprit. Il aurait voulu hurler son mal, s'en disposer…
Le jeune shinobi sentit son corps se faire lourd, près à s'enfoncer dans son lit comme s'il était attiré par les ténèbres coloré d'un fond noir malsain. Faire un geste était devenu une corvée…
Et lui, qui semble s'enfoncer…Prêt à fermer les yeux.
« Tu devrais te reposer Kiba. Le médicament devrait faire effet maintenant. »
C'est ainsi qu'on expliquait sa difficulté à bouger, à parler, à oublier. Des médicaments ?
Le garçon ferma les yeux trop fatigués pour être colériques.
Il s'endormit avec aisance…
Hinata n'arrivait pas à s'arrêter. Ses plusieurs tentatives avaient lamentablement échouées. Les larmes coulaient toujours, abondaient son visage si délicat. Inconsciemment, elle eut peur de ne jamais pouvoir s'arrêter. Comment pouvait-elle évacuer sa douleur autrement que par des pleurs ? Elle ne savait pas, elle n'osait pas le savoir. Pleurer faisait du bien, pleurer libérait. Pourtant, elle se sentit encore plus misérable de se laisser aller ainsi. La jeune fille aurait désiré être assez forte pour gérer ses émotions. Mais elle ne l'était pas, elle ne l'avait jamais été…La kunoichi gémit encore plus en admettant cet état des faits.
Shino ne disait rien. On ne changeait pas ses habitudes si facilement. Il fixa son équipier qui dormait paisiblement dans son lit de malade. Il afficha un regard plus que sérieux. Le shinobi n'était pas aussi borné que lui, il n'était pas aussi démonstratif que son ami, non il ne l'était pas. Le garçon soupira doucement. Heureusement, il n'était pas comme Kiba…Sinon, cette mission lui aurait causé une prise de conscience dont il n'avait pas besoin. Il n'était pas quelqu'un de concerné, tant mieux…Le jeune homme pouvait continuer à contempler la pièce avec désintéressement.
Kurenai passait lentement d'un visage à l'autre. Voir Hinata pleurer si bruyamment lui cassait le cœur en plusieurs morceaux. Ses sanglots étaient presque insupportables. Cela l'étouffait…Voir Shino garder son indifférence et sa sérénité permirent à la jeune femme de souffler un peu, de se concentrer sur autre chose. Voir Kiba endormi par la fatigue qu'à dû lui procurer cette nuit lui pinçait le cœur de nouveau. Pourquoi avait-il réagi ainsi ? Il savait bien ce qu'il en coûtait de venir défier Néji Hyuuga. Et pourtant…Son élève avait agi sans penser aux conséquences qu'aurait pu entraîner cet acte pour leur mission. Il avait agi comme un imbécile, elle aurait dû le lui faire savoir. Toutefois…Les yeux de Kurenai se brumèrent de compassion en visionnant Kiba allongé aux côtés de son fidèle animal, blessé lui aussi au combat. La sensei ne pouvait lui en vouloir, elle en était tout simplement incapable.
La salle était remplie de divers sentiments, de différentes réactions. Mais personne ne saurait dire celui qui fut le plus sincère, le plus fort. Personne pour comprendre, personne pour oublier…
Qu'allaient-ils faire maintenant ? Sincèrement, qui aurait pu penser que ça irait si loin cette histoire ? Qui ? Que restait-il à faire, à endurer ? Tous se le demandaient. Le chuchotement inaudible d'une feuille qui tombait par la fenêtre fut la seule réponse qu'ils puissent tous espérer…
Et si cette feuille tombe…
Si ta raison d'être t'échappe…
Que feras-tu…?
Petite précision quant aux phrases écrites en gras. Vous vous souvenez les avoir déjà rencontrée au chapitre 3 : Emergence ? En fait, c'est la petite voix intérieure qui se manifeste pour dire les choses qu'on pense tout bas, la conscience…C'est une façon de montrer la vulnérabilité des personnages. Bonne ou mauvaise technique ? A vous de me dire :D
Kinga :D
