Titre La glace finit toujours par fondre

Auteur Sesshy's wife ou Sesshy-girl

Genre : Dans ce chapitre : douceur, mais aussi colère et affrontements.

Disclamer : Les perso d'Inu-Yasha ne m'appartiennt pas, ils sont la propriété exclusive de Rumiko Takahashi. C'est pas juste ! Je veux Sesshômaru rien que tour moi ! T.T Seuls Sakura et sa famille, les voyous de son époque, le petit Eiji et sa maman ainsi que Suzumebachi sont mes créations personnelles. Enfin pour l'instant il n'y a qu'eux.

Note : Les mots japonais seront traduits en bas de page.


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La glace finit toujours par fondre

Chapitre 4 : Promesse et retour : ma vie est là-bas mais mon cœur est ici.

Sesshômaru avait énormément apprit sur la jeune fille en l'écoutant parler. Il savait désormais qu'elle vivait avec sa mère, son père et sa petite sœur, coupée du reste de sa famille, qu'elle ne connaissait d'ailleurs pas. Elle semblait beaucoup aimer sa sœur ainsi que son père, shikashi elle était plus réservée envers sa mère.

Mais plus que sur elle, il avait apprit beaucoup sur son monde et il était maintenant sûr qu'elle ne pouvait venir que du futur, bien qu'un détail le gênait énormément : il n'y avait aucun youkaï dans son monde. Comment cela pouvait-il être possible ? Les ningen n'auraient jamais pu avoir raison de tous les youkaï, alors . . . quelle pouvait être l'explication ?

Mais quand elle avait commencé à parler des objets qui étaient son quotidien, Sesshômaru avait mis de côté cet aspect du futur. La ningen avait longuement parlé des diverses inventions qui n'existaient pas ici. De là, le taïyoukaï en avait conclu une chose : les ningen étaient devenus avec le temps des êtres encore plus paresseux. Ils se déplaçaient peu par eux-mêmes mais par le biais de machines appelées "bicyclettes", "voitures", "trains", "bus" ou "métros" . . . Ils n'avaient plus à cultiver leurs champs, ils achetaient tout déjà prêt dans des endroits appelés "magasins" ; ils n'avaient plus besoin d'aller puiser l'eau de la rivière, elle arrivait directement chez eux . . . Il n'y avait pas à dire les ningen le dégoûtaient vraiment par leur fainéantise et leur envie de luxure.

Et puis ce n'était pas tout. Même si le concept du fonctionnement du "parapluie" lui apparaissait clairement, il ne comprenait pas tout à fait certaines autres choses. Par exemple, comment fonctionnaient les "voitures". La ningen avait parlé de "pétrole" et de "mécanique" et Sesshômaru n'avait pas tout saisit.

Un autre concept lui échappait : "l'électricité". Il en comprenait parfaitement l'utilité mais ne parvenait pas vraiment à se la représenter. A quoi cela ressemblait-il ? Etait-ce pareil aux flammes ou aux éclairs ? Cela avait-il une odeur ? Pouvait-on la toucher ? D'où venait-elle ? Cette "électricité" avait apparemment une très grande importance pour les ningen de cette époque puisqu'une grande partie de leur "technologie" semblait en dépendre. Donc des ningen privés "d'électricité" seraient complètement perdus . . .

Puis, Sesshômaru s'était rendu compte que la ningen avait cessé de parler et que le silence régnait dans la caverne. Il avait alors, lui aussi sombré dans un léger sommeil pour ensuite se réveiller avec le premier rayon de soleil. Il était alors sorti pour marcher un peu et pour réfléchir à tout ce qu'il avait appris la veille.

Et maintenant il était là, marchant sans avoir de but précis. Après avoir constaté que le ciel semblait dégagé et qu'il n'y aurait donc pas d'orage aujourd'hui, ses pensées se concentrèrent sur la ningen Sakura. Elle ne pouvait avoir inventé tout ce qu'elle avait raconté à Rin hier. Et si elle disait la vérité, alors Naraku . . . Elle ne pouvait pas avoir de lien avec Naraku.

Mais en repensant à la fourrure blanche qu'elle avait dans la main, Sesshômaru ne pouvait s'empêcher de douter. Elle ne pouvait être arrivée là toute seule, il fallait forcément que la ningen ait rencontré ce maudis Naraku. Mais quand et comment ?

Le quand était certain sur un point : la ningen avait eu un contact avec Naraku après son affrontement avec Suzumebachi, c'était évident. Mais était-ce la toute première fois ? Sesshômaru l'ignorait.

La question la plus difficile était celle traitant du comment. Comment avait-elle pu entrer en contact avec Naraku alors qu'elle n'avait jamais été seule après son combat. Il avait toujours été auprès d'elle. Iie, pas auprès d'elle. Il avait été non loin d'elle, nuance. Sauf au moment où il l'avait empêcher de tomber au sol, mais c'était une exception.

Il la revoyait encore, si fragile contre lui, cherchant à reconnaître les traits de son visage rendus flous par le poison. Sesshômaru s'arrêta et il ferma les yeux, un rayon de soleil caressant doucement son visage. Il revoyait la scène comme s'il y était encore et il sentait le contact de la ningen se serrant contre lui et le froid qu'elle dégageait à ce moment-là, tel un corps sans vie.

Une autre image vint se greffer par-dessus la première, assez semblable. Hier aussi, cela était arrivé. La seule différence était la température de la ningen. Hier il avait sentit la douce chaleur de son corps contre le sien, la sensation de ce corps féminin se blottissant contre lui . . .

Sesshômaru ouvrit brusquement les yeux, conscient que s'il continuait dans cette direction, la suite n'allait pas lui plaire. Il avait simplement retenu la ningen pour ne pas qu'elle . . . Qu'elle quoi ? Qu'elle se blesse ? Et alors qu'est-ce que cela pouvait bien lui faire ? Elle n'était qu'une ningen après tout. Mais le taïyoukaï savait que c'était faux. Elle était certes une ningen, mais elle n'était pas qu'une ningen. Il n'aurait su définir exactement ce qu'elle était demo . . . elle était différente des autres ningen tout en leur étant semblable.

Elle pouvait être joyeuse tout comme Rin mais elle pouvait aussi être froide comme la glace, tout comme lui. C'était ce qu'elle avait été hier, sarcastique et froide dans ses propos, une de ses facettes qu'il voyait pour la première fois et qui ne lui plaisait pas. Il connaissait ses regards et ses paroles et elle avait été totalement différente de ce qu'elle avait auparavant. Elle lui avait un peu fait penser à lui sur le moment. Si froide et indifférente.

'Je me souviens d'avoir eu très froid et c'était comme si . . . comme si je n'étais pas seule, comme si . . . comment dire . . . comme si quelqu'un était avec moi dans ma tête.'

Pourquoi ces paroles lui revinrent en mémoire à ce moment précis, Sesshômaru ne le savait pas et il s'en fichait. S'il avait été trop préoccupé pour vraiment en saisir le sens hier, leur réalité lui sautait maintenant à la figure. Naraku avait réussit à s'introduire dans le rêve de la ningen, sûrement parce qu'elle avait été affaibli par le poison. Cela expliquerait le fait qu'il avait eu l'impression qu'elle se débattait dans son sommeil et si tel était bien le cas, elle n'avait sûrement pas invité Naraku de son plein gré. Mais cela ne lui disait toujours pas comment avait-il fait. Peut-être que les Shikon no tama no kakera qu'il convoitait tant avaient ce pouvoir . . .

Mais en y réfléchissant bien . . . Yume ? Iie . . . Ce n'était peut-être pas dans le rêve de la ningen qu'il s'était introduit finalement. Elle avait eu une absence hier, avant de s'évanouir. Naraku pouvait peut-être s'introduire dans son esprit. Mais dans ce cas, pourquoi ne lui avait-elle rien dit ? Et si Naraku venait lui rendre visite et qu'il lui effaçait la mémoire après ? Peut-être lui laissait-il une sorte de message subliminal lui dictant son comportement ? Cela expliquerait son hésitation et son incertitude quant à cette hypothétique présence. Et le froid qu'elle avait dégagé ? Un effet de Naraku ou du poison ? Peut-être était-ce seulement un effet du poison car hier elle n'avait pas refait la même chose. Oui, hier elle dégageait une douce chaleur.

'Je me souviens juste avoir ressentit une douce chaleur à un moment comme si une présence était à mes côtés pour m'apaiser dans mon délire.'

Encore une fois, sans savoir pourquoi, les paroles de la ningen lui revinrent en mémoire. Il haussa un sourcil, surprit. Une douce chaleur . . . Elle parlait de . . . moi . . . ? C'était une question absurde, de qui d'autre aurait-elle bien pu parler ? Il était le seul à l'avoir approchée d'assez près pour . . . lui communiquer sa propre chaleur. Oui, ce devait être pour ça qu'elle avait commencé à se réchauffer un peu après qu'il l'ait pris contre lui. La chaleur de son propre corps avait contribué à réchauffer celui de la ningen et le soleil avait fait le reste. Alors il lui avait en quelque sorte sauvé la vie . . . une seconde fois . . .

Et est-ce qu'il le regrettait ? Après tout, elle était une ningen et lui un puissant et fier taïyoukaï. Il était honteux pour sa réputation qu'on le sache en pareille compagnie, surtout qu'il avait deux ningen avec lui, deux femmes qui plus est. Si jamais Inu-Yasha venait à l'apprendre . . . Sesshômaru n'imaginait que trop les railleries dont il serait l'objet que ce soit dans son dos ou non. Son baka de demi-frère était trop bête pour le craindre à sa juste valeur et il serait capable de tenir des propos outrageant à son encontre juste en face de lui.

Un sourd grognement sortit de la gorge du taïyoukaï. Penser à ce baka d'Inu-Yasha l'énervait toujours au plus haut point et cela n'était vraiment pas prêt de changer un jour. Il nourrissait tant de haine et de ressentiment à son égard qu'il était parfaitement impossible que cela soit autre. La perte de son bras gauche était une partie de cette haine, mais elle l'avait seulement augmenté, elle n'en était pas l'origine. Non, l'évènement qui avait vraiment marqué son aversion pour ce misérable hanyô qui lui tenait lieu de demi-frère remontait déjà à fort longtemps . . . Chichue . . .

Soudain, Sesshômaru tendit l'oreille. Il s'était considérablement éloigné de la caverne, mais il entendait tout de même les éclats de voix de la ningen Sakura et de Jaken. De par les quelques mots qu'il pouvait saisir, le taïyoukaï comprit qu'ils se querellaient. Matta . . . Il était encore très tôt et ils étaient visiblement déjà très énervés tous les deux. Les grognements de AhUn se joignirent à eux ainsi que le rire de Rin.

Sesshômaru entreprit alors de faire demi-tour plus pour arrêter ce vacarme qui augmentait à chaque pas qu'il faisait que pour en connaître la raison. Concentrant toute son attention sur leurs voix, il s'aperçut que la ningen Sakura semblait rire elle aussi. Seul Jaken semblait furieux et cela ne surprit pas l'inuyoukaï. Depuis qu'il avait ressuscité les deux ningen, le petit youkaï était plus maussade et plus grognon que jamais. L'idée qu'il puisse être jaloux ne lui effleura pas l'esprit, après tout comment pouvait-on être jaloux de ningen ?

Le temps qu'il arrive, les bruits avaient en partie cessé. Ne lui parvenaient plus que les gloussements étouffés des deux ningen et les grognements indignés de Jaken. Néanmoins, il pu voir la ningen Sakura ranger son "parapluie" dans son sac. Sesshômaru nota instantanément que ce dernier avait l'air en assez piteux état.

Il pénétra dans la caverne sans un mot, sans demander aucune explication. Il ne voulait rien demander aux ningen et si Jaken avait été humilié par quelque chose, il ne lui dirait rien. Il avait alors deux solutions : faire parler le petit youkaï de force ou rester dans l'ignorance. La deuxième option lui semblait la meilleure, après tout cela ne le regardait pas.

Ce furent AhUn qui le remarquèrent les premiers. Dès qu'elles virent le ryûyoukaï tourner la tête vers l'entrée de la caverne, les deux ningen firent de même. Si le visage de Rin s'éclaira d'un sourire, celui de la ningen Sakura resta impassible. Elle le fixa quelques secondes de ses yeux verts puis elle retourna à ses occupations. Sesshômaru en fut quelque peu étonné. Il s'était attendu à se qu'elle rive son regard au sien comme elle l'avait déjà fait mais cela n'avait pas été le cas. Il avait à peine eu droit à un rapide coup d'œil et cela le froissa.

Shikashi si la ningen ne lui prêtait aucunement attention, Sesshômaru l'observait en silence. Il était presque totalement convaincu que Naraku et elle n'étaient pas alliés mais ce n'était pas pour autant qu'il ne la surveillerait pas attentivement. Il serait attentif au moindre de ses gestes, à la moindre de ses paroles, à tout ce qui pourrait lui permettre d'y voir plus clair.

§


§

En repensant à ce qui s'était passé le matin, Sakura ne pouvait s'empêcher de s'esclaffer. Elles avaient tellement ri avec Rin ! Il faut dire que la scène avait été plutôt comique à voir. Moins quand on voyait l'état de son parapluie, mais après quelques petites retouches cela irait mieux. Et puis au pire, elle pouvait toujours en acheter un autre.

Jaken . . . Tout avait commencé avec Jaken. Rin, AhUn et elle dormaient quand ils avaient été réveillés en sursaut par les hurlements hystériques et coléreux du petit youkaï. Complètement perdues et apeurées elles s'étaient toutes deux vivement redressées elles avaient regardés autours d'elles sans comprendre.

Puis Sakura avait enfin aperçut Jaken. Il était en train de se battre avec . . . son parapluie ! Ou plutôt, il courait dans tous les sens, le parapluie à ses trousses. Une des baleines s'était accrochée dans ses vêtements, donnant ainsi l'impression que le parapluie suivait Jaken. Ce dernier criait et hurlait comme un dément.

D'abord sidérée, Sakura avait éclatée de rire, bientôt imitée par Rin. Elles se tenaient le ventre et avaient les larmes aux yeux devant le spectacle qui leur était offert. Et plus la peur et la colère de Jaken augmentaient, plus elles riaient.

Finalement, Jaken s'était emparé du Nintôjô et il avait essayé de se débarrasser du pauvre parapluie ainsi. Il l'avait frappé avec colère jusqu'à ce qu'il se décroche enfin. Le petit youkaï avait alors levé le Nintôjô avec la ferme intention de brûler cet objet démoniaque qu'il l'avait attaqué.

Comprenant son geste, Sakura s'était élancée et elle avait vivement saisit son parapluie. Ni les trépignements, ni les menaces de Jaken ne l'avaient poussé à le lâcher. Ce n'avait beau être qu'un objet, elle n'allait pas le laisser le détruire pour un prétexte aussi ridicule : son parapluie n'était pas vivant et il n'avait donc pas pu l'attaquer.

Shikashi, lorsqu'elle lui demanda comment cela était arrivé, Jaken ne voulut pas lui répondre. Il se contenta de pester une nouvelle fois contre elle et sa magie démoniaque. Comble de l'ironie pour un youkaï qui fait jaillir du feu d'une tête posée sur un bâton . . . Et c'est moi qu'il traite de sorcière. On aura tout vu. Sakura l'avait regardé s'éloigner tout au fond de la caverne en traînant les pieds.

Comment avait-il déclenché le mécanisme d'ouverture ? Est-ce que, mal réveillé, il avait marché ou trébuché dessus ? Est-ce que, faisant preuve de courage, il avait voulu l'inspecter de plus près ? Sakura n'en savait rien, et elle ne le saurait probablement jamais, à moins que Jaken se décide à lui avouer un jour, ce qui était purement inconcevable.

Elle avait alors rangé son parapluie après lui avoir redonné un aspect plus . . . enfin une forme qui ressemblait plus à un parapluie qu'à un amas de tissu et de ferraille. Cela n'avait pas été sans mal, Jaken s'était vraiment défoulé dessus.

Et puis Sesshômaru était arrivé. Il n'avait rien dit, n'avait posé aucune question. Rin avait visiblement été enchantée et Sakura aussi, elle devait l'admettre. Mais elle se souvenait qu'elle avait décidé hier de rester de marbre devant lui, aussi, elle s'y appliqua en gardant un visage impassible tout en ne lui jetant qu'un bref coup d'œil. Elle avait alors feint d'être entièrement absorbée par le contenu de son sac et elle l'avait totalement ignoré, n'adressant la parole qu'à Rin et AhUn.

Et même maintenant qu'ils marchaient dans la forêt, elle continuait à ignorer Sesshômaru. Elle sentait qu'il lui jetait fréquemment des coups d'œil et elle s'en sentait mal à l'aise. Ses regards n'étaient pas de simples regards, elle le sentait bien. Dès qu'il posait ses yeux sur elle, un frisson lui parcourait la colonne vertébrale. Elle avait l'impression d'être surveillée et cela lui déplaisait au plus au point. Si c'est une forme de vengeance parce que je l'ignore, c'est vraiment mesquin. Mais ce n'est pas pour autant que je céderais. Il a sa fierté et j'ai la mienne. On verra bien qui l'emportera au final.

La jeune fille s'appliqua alors à faire plus attention à son environnement pour passer le temps. Rin, après avoir cueillit un gros bouquet de fleurs, chevauchait maintenant AhUn. Sakura était à leur droite, un peu en avant. Jaken tenait les rênes du ryûyoukaï qui donnait de temps en temps des coups de têtes histoire de voir s'il ne pouvait pas lui arracher un bras. Après tout, il n'avait besoin de personne pour le guider et il n'allait pas se sauver. Alors le fait d'être tenu ainsi, et en plus par Jaken, l'énervait au plus haut point. Sesshômaru était, quant à lui, à gauche de AhUn et légèrement en arrière.

Sakura évitait soigneusement de regarder dans sa direction et, de toute façon, elle n'y pensa bientôt plus. En effet, elle ressentait une impression bizarre, comme une sensation de déjà vu. Elle avait beau scruter autour d'elle, elle ne reconnaissait rien. Il faut dire que ce n'était pas évident non plus. Cette forêt est immense et tous ces arbres se ressemblent tellement . . . Mais l'impression était toujours là et la jeune fille essayait de reconnaître un quelconque détail qui l'aurait mis sur la voie, mais rien n'y faisait.

Soudain, Sesshômaru accéléra le pas. Il les dépassa et s'arrêta un peu plus en avant, semblant avoir repéré une quelconque odeur qu'il semblait connaître. Dès qu'ils l'eurent rejoint, ils s'arrêtèrent à sa hauteur. Sakura ne pu s'empêcher de lui jeter un rapide coup d'œil. Le visage du taïyoukaï était impassible, mais ses yeux étaient froids et emplis de haine. Qu'est-ce qu'il a ?

- Jaken : "Que se passe-t-il, Sesshômaru-sama ?"

Sesshômaru ne répondit pas, semblant ne pas l'avoir entendu. Son expression se fit plus dure et un grognement à peine audible monta de sa gorge. Enfin, après quelques secondes de silence, il se remit en marche.

- Jaken : "Sesshômaru-sama ?"

- Sesshômaru : "Ikuzu. L'odeur d'Inu-Yasha est trop fortement présente ici pour que l'on s'y attarde."

- Jaken : Regarde de tous les côtés. "Nani ? Inu-Yasha ? Où ça ?"

- Sesshômaru : "Il n'est pas là. Seule sa détestable odeur l'est."

Le ton froid de Sesshômaru montra à Sakura combien il pouvait haïr cette personne. Que pouvait-elle bien lui avoir fait ? Et surtout, qui était-elle ? Tout comme elle, Rin semblait intriguée. Shikashi, si la jeune fille ne posa aucune question, la fillette, elle osa le faire.

- Rin : "Ne Sesshômaru-sama, qui est Inu-Yasha ?"

- Jaken : "Cela ne te regarde pas, ningen !"

- Rin : "Demo, Rin aimerait savoir . . ."

- Jaken : "C'est pas de chance car tu vas devoir prendre ton mal en patience."

Le ton sarcastique du petit youkaï énerva profondément Sakura. Mais pour qui se prenait-il pour parler comme ça à Rin ? Apparemment AhUn étaient du même avis qu'elle car ils grognèrent juste avant de brusquement lever leurs têtes soulevant ainsi Jaken à plusieurs centimètres du sol. Ce dernier avait entortillé les rênes autour de sa main et ce fut une grossière erreur car il resta ainsi suspendu sans pouvoir se libérer.

- Jaken : "Mais tu vas me laisser descendre espèce de youkaï mal luné ?"

Un grognement féroce de AhUn fut sa seule réponse et Jaken comprit qu'il ne s'en sortirait pas en mettant le ryûyoukaï en colère. Un coup d'œil lui montra que Sesshômaru ne ferait rien pour lui vu qu'il continuait de s'éloigner sans les attendre. Il était à la merci de ses trois bourreaux.

- Sakura : "Je crois que tu ferais mieux de répondre à la question de Rin."

- Jaken : "Je n'en ai aucune envie. Demande-leur de me reposer immédiatement au sol !"

- Sakura : "Je n'en ai aucune envie. Répond plutôt à la question."

- Jaken : "Jamais !"

- Sakura : "Alors tu ne retoucheras pas le sol de si tôt. Vous venez AhUn, allons rejoindre Sesshômaru qu'il voit la posture ridicule de Jaken."

Obéissant, Ahun se remit en marche. Sakura savait que ce n'était plus qu'une question de secondes avant qu'il ne craque. Effectivement, au bout de quelques pas, il parut enfin se décider.

- Jaken : "Inu-Yasha est le demi-frère cadet de Sesshômaru-sama ! Voilà, t'es contente ? Alors maintenant dis-leur de me reposer par terre !"

- Rin : "Sesshômaru-sama no otôto ?"

- Jaken : "Ce misérable hanyô est son demi-frère. C'est une honte et un déshonneur pour le maître que le même sang coule dans leurs veines ! Il ne mérite pas de vivre !"

- Sakura : "Je ne connais pas cet Inu-Yasha, demo . . . Comment peux-tu dire de telles choses ? Chaque être à le droit de vivre, qu'il soit mauvais, bon, misérable ou non. Je sais qu'il y a certaines personne dont on se dit que la Terre tournerait mieux sans elles. Cependant chaque personne à son rôle à jouer et est importante pour quelqu'un."

- Jaken : "Je me fiche de ce que tu penses."

- Rin : "C'est quoi un hanyô ?"

- Sakura : "Il est moitié youkaï et moitié ningen, ne ? Ça expliquerait que Sesshômaru semble le détester. J'ai pu remarquer qu'il avait une certaine animosité à l'égard des ningen."

- Jaken : "Sesshômaru-sama est mille fois supérieur à vous, ningen inférieurs."

- Sakura : "AhUn, vous pouvez reposer Jaken maintenant."

Le ryûyoukaï s'arrêta et s'exécuta de mauvaise grâce après un dernier grognement. Une fois à terre, Jaken s'empressa de dégager sa main des rênes et de la frotter vigoureusement pour y faire revenir le sang qui avait partiellement arrêté d'y couler. Il croyait le supplice terminé mais il se trompait. Il s'en rendit compte au moment où il reçu un coup violent sur la tête.

- Jaken : "Itaï ! Mais ça va pas !"

- Rin : "Sakura-neesan !"

- Sakura : "Ne t'inquiète pas, Rin. Je vais simplement montrer à môsieur Jaken que les ningen ne sont pas si faibles que ça."

La jeune fille leva une nouvelle fois la main, prête à frapper de nouveau, une lueur amusée dans le regard. Ah, il prenait les ningen pour des êtres faibles et inférieurs . . . Et bien elle allait lui prouver par A+B que c'était faux.

- Jaken : "Tu es exactement comme cette ningen qui accompagne ce misérable Inu-Yasha . . . Vous êtes des vraies sorcières toutes les deux !"

- Sakura : "Alors ça doit être le propre de ces deux frères d'êtres accompagnés par des sorcières. Après tout, ils ne seraient pas frères pour rien. Et puis . . . la sorcière va te montrer de quoi elle est capable !"

La jeune fille se jeta sur Jaken qui détala sans demander son reste. Elle se lança donc à sa poursuite, indifférente au fait qu'il se dirigeait tout droit vers Sesshômaru. AhUn aussi se remit en marche, passablement amusé par la couardise du petit youkaï et par l'attitude de Sakura.

Cette dernière avait sans difficulté rattrapé Jaken. Elle lui frottait maintenant vigoureusement le poing sur la tête et elle continuerait jusqu'à ce qu'il lui demande grâce et qu'il s'excuse de ses paroles. AhUn et Rin s'arrêtèrent peu de temps après à côté d'eux.

- Jaken : "Itaï ! Lâche-moi, sorcière !"

- Sakura : "Excuse-toi d'abord !"

- Jaken : "Jamais !"

- Sakura : "Très bien. Dans ce cas je vais devoir utiliser mon arme secrète."

- Jaken : "Une arme secrète ?"

- Sakura : "Tu sembles avoir peur . . ."

- Jaken : "Pour qui tu me prends ? Jamais une ningen ne pourra me faire peur !"

- Sakura : "Soit, alors prépare-toi. Tu vas connaître le supplice du doigt magique."

- Rin : "Le doigt magique ?"

- Sakura : "C'est une technique que m'a apprise mon père et elle peut être redoutable, enfin cela dépend de la personne sur laquelle elle est effectuée. Mais en tout cas, elle est redoutable sur ma sœur."

- Jaken : "Peuh ! C'est une minable technique ningen."

- Sakura : "Si j'étais toi, je ne me réjouirais pas trop vite. Tu risquerais de déchanter."

La jeune fille, toujours avec cette même lueur amusée dans le regard, se prépara à l'attaque. Elle tenait toujours fermement Jaken contre elle, l'empêchant de bouger. Alors, approchant sa main droite des côtes du petit youkaï, elle entreprit de le chatouiller avec ardeur.

D'abord surprit, ce dernier fut bientôt prit d'une crise de fou rire. Personne ne l'avait chatouillé alors il ignorait qu'il y était sensible et quel effet cela faisait. Il se tordait dans tous les sens pour essayer de se dégager, mais Sakura le tenait trop fermement. Et elle riait elle aussi, tout comme Rin. Jaken aurait voulu les faire taire parce qu'il pensait qu'elles se moquaient de lui, mais en fait non, c'était simplement son rire qui était contagieux.

- Sakura : "Attention, je passe maintenant aux choses sérieuses. Voici ma célèbre technique du doigt magique !"

Si Jaken pensait avoir affronté le pire, il s'aperçu vite que ce n'était le cas. Il sentit bientôt les chatouilles de la jeune fille se faire plus fortes et il eu un hoquet mélangeant le rire et la douleur quand il sentit un de ses doigts s'enfoncer entre ses côtes. Enfin c'était ce dont il avait l'impression. Chaque seconde était pour lui un supplice. Il était partagé entre le rire et les larmes. En fait non, il riait tellement qu'il en pleurait. Mais en même temps le doigt magique de Sakura lui faisait à la fois un peu mal et, paradoxalement, le faisait encore plus hurler de rire. C'était là une technique redoutable pour toute personne y étant sensible, il devait bien le reconnaître.

- Jaken : "Ya . . . yamero . . . je . . . je . . ."

- Sakura : "Haï ? Tu ?"

- Jaken : "Je . . . je . . ."

- Sesshômaru : "Vous comptez rester ici encore longtemps ?"

Au ton glacial du taïyoukaï, la jeune fille lâcha immédiatement Jaken. Ce dernier, tout tremblant et sans force, fut incapable de se remettre debout dans un premier temps. Il fallut qu'il respire bien à fond pendant presque une minute avant de calmer les battements affolés de son cœur et de pouvoir reprendre sa respiration.

Sakura, elle s'était relevée et elle regardait le sol d'un air gêné. Elle s'était laissée déborder par ses émotions et elle avait agit sous le coup de l'impulsion. Qu'est-ce que Sesshômaru allait bien penser d'elle maintenant ? Pour qui allait-elle passer ? Elle était gênée mais en même temps détendue. Se défouler ainsi sur Jaken l'avait partiellement déstressé. Mais Sesshômaru était intervenu au mauvais moment. Jaken allait enfin s'avouer vaincu, c'est pas drôle.

Une moue boudeuse sur le visage, la jeune fille entreprit une nouvelle fois de contempler ce qui l'entourait. Enfin cela ne changeait pas de d'habitude car comme elle l'avait déjà remarqué, tous ces arbres se ressemblaient. Shikashi, cette fois quelque chose dans les fourrés attira son attention et elle s'avança dans sa direction, comme attirée par un aimant invisible.

- Sakura : "Qu'est-ce que c'est ?"

La jeune fille écarta les buissons qui entravaient son passage et elle déboucha alors dans une clairière. Cette dernière était comme toutes celles où elle s'était arrêtée auparavant. Une seule chose la distinguait des autres : en son centre, il a avait un vieux puit en bois partiellement recouvert de lierre. Ce puit . . .

Sakura s'approcha davantage et elle s'arrêta juste devant. Posant les mains sur la margelle, elle ferma les yeux. Aucun doute, c'était ici qu'elle arrivée lorsque elle s'était retrouvée dans ce monde. C'était le puit dans lequel elle s'était réveillée après être tombée dans celui du temple. Ce pouvait-il qu'il y ait un quelconque lien entre les deux puits ? Et si cette hypothèse n'en était pas une ? Alors cela voudrait dire que . . .

- Rin : "Sakura-neesan !"

La jeune fille se retourna. AhUn, Rin, Jaken et Sesshômaru l'avaient suivis et ils pénétrèrent à leur tour dans la clairière. A voir la mine peu enthousiaste de Sesshômaru et à la façon qu'il avait d'être sur ses gardes, Sakura comprit que l'odeur de son demi-frère devait être plus fortement présente ici. Mais bon, elle n'y pouvait rien et puis elle avait autre chose à penser qu'au confort olfactif du taïyoukaï. Il n'a qu'à respirer par la bouche, tiens !

Sakura se retourna vers le puit et elle en scruta l'intérieur comme si elle allait pouvoir voir son monde de l'autre côté. Car elle était sûre que ce puit faisait le lien. Elle était partie par un puit pour en arriver dans un autre. Il ne fallait pas être devin pour se rendre à l'évidence.

Et puis il y avait autre chose, la lumière . . . Quand elle était tombée dans le puit, elle avait été enveloppée d'une lumière violette et blanche. Il s'était passé la même chose dans le village de Rin, elle s'était soudainement mise à émettre cette lumière. Est-ce qu'elle aurait des pouvoirs magiques ou quelque chose de ce genre ? Sakura non baka ! Tu as passé l'âge de croire à ces contes pour enfants.

Oui, elle avait passé l'âge, et pourtant . . . Si un jour quelqu'un lui avait dit qu'elle ferait un voyage dans le temps, qu'elle se battrait contre un frelon géant et qu'elle côtoierait des youkaï . . . Elle aurait rit au nez de cette personne. Mais là, elle était forcé d'y croire. Alors le fait qu'elle puisse posséder des pouvoirs n'était peut-être à mettre de côté finalement.

La jeune fille porta la main à sa tête. Tout cela faisait beaucoup en peu de temps. Et encore, ce n'était pas fini, elle avait encore une épreuve à affronter, et une épreuve de taille. Alors, lentement, elle se retourna vers ses compagnons. Elle avait quelque chose à leur dire, quelque chose de très important.

- Rin : "Anô . . . Sakura-neesan, daijôbu ?"

- Sakura : "Haï . . . Rin, tu te souviens de ce dont nous avons parlé hier ?"

- Rin : "Haï."

- Sakura : "Et bien . . . anô . . ."

- Rin : "Sakura-neesan veut repartir chez elle ? Sakura-neesan a trouvé le chemin pour rentrer ?"

- Sakura : "Je pense avoir effectivement trouvé la façon de rentrer chez moi, demo rien ne me garanti que c'est le bon chemin. Et puis . . . je n'ai pas tellement envie de rentrer. Je sais qu'il faut que je leur donne de mes nouvelles, demo . . . je n'ai pas envie de vous laisser."

- Rin : "Sakura-neesan . . ."

- Sesshômaru : "Et ce puit serait le moyen qui te permettrait de rentrer ?"

Sakura fixa le taïyoukaï. Il daignait enfin lui adresser la parole et pour autre chose qu'une remarque méprisante. Elle le sentait quelque peu intéressé, tout du moins c'est l'impression qu'il lui donnait. Considérant cela comme une capitulation de sa part, elle n'eu pas vraiment le loisir de s'en réjouir pour le moment.

- Sakura : "Haï, c'est ce que je pense."

- Jaken : "C'est ridicule ! Comment un vieux puit pourrait-il conduire où que ce soit ?"

- Sakura : "Je l'ignore moi-même. Mais je sais que je suis tombé dans le puit du temple dans ma ville et que je me suis réveillée ici dans celui-ci. Après je ne fais que tirer des conclusions."

- Sesshômaru : "Es-tu sûre de toi ?"

- Sakura : "Je ne peux avoir aucune garantie que ce que j'avance est véridique. Shikashi je ne vois pas d'autre explication. Ce puit ne peut-être que le lien entre mon monde et le votre. Donc, logiquement si j'y rentre, je devrais retourner chez moi."

Disant cela, elle se retourna une nouvelle fois vers le puit pour le scruter. Elle savait que cela ne servirait à rien. Ce n'est pas en le regardant qu'un passage secret va apparaître. Mais se raccrocher à un objet réel, un objet qu'elle pouvait toucher, lui permettait encore de croire que tout ce qu'elle vivait n'était pas un rêve, une illusion.

- Rin : "Alors Sakura-neesan va vraiment partir ?"

La fillette avait mit pied à terre et elle avançait lentement vers Sakura, comme si elle avait peur de l'effrayer. La tristesse se lisait dans ses yeux ainsi qu'une lueur d'espoir. Elle ne voulait pas que la jeune fille parte et elle espérait vraiment qu'elle resterait avec eux, avec elle. Shikashi, elle savait que son souhait était égoïste car Sakura avait un autre chez elle, là où elle avait toujours vécue. Elle ne pouvait pas lui demander de rester, de toute façon elle le lui avait promis hier.

Sakura regarda Rin s'avancer vers elle et son cœur se serra. Elle jeta aussi un coup d'œil à AhUn et à Jaken avait de poser les yeux sur Sesshômaru. Son cœur se sera alors une nouvelle fois. Non, elle ne voulait pas partir, elle voulait rester ici avec eux, rester dans ce monde où elle se sentait si bien . . . Mais elle savait que c'était impossible. Enfin, cela l'était mais ce serait purement égoïste et cruel de sa part. Elle préférait rester dans un monde inconnu avec des personnes qu'elle venait juste de rencontrer plutôt que de rentrer chez elle auprès de sa famille qui l'avait vu naître et grandir . . . Non, elle ne pouvait pas leur faire cela.

- Jaken : "Alors ? Tu pars ou pas ?"

- Sakura : "Ma vie est là-bas . . . mais mon cœur est ici . . ."

- Jaken : "Ce qui signifie ?"

- Sakura : "Où que j'aille, dans quel monde je sois, je laisserais derrière moi des personnes que j'aime et qui comptent sincèrement pour moi. Donc, quoi que je décide, une partie de moi sera toujours malheureuse. Shikashi . . . si je sais que les personnes que j'aime sont heureuses, je le serais aussi. Parce que voir et savoir les êtres qui me sont chers heureux suffit à mon bonheur."

- Sesshômaru : "Et que décides-tu ?"

- Sakura : "Je . . . je dois rentrer chez moi. Ma famille m'y attend et ma vrai place est là-bas, dans mon monde."

- Rin : "Sakura-neesan . . ."

- Sakura : "Shikashi ma place et aussi à vos côtés car c'est là que mon cœur se trouvera désormais pour l'éternité quoi qu'il se passe à l'avenir. Parce qu'ici j'ai trouvé des personnes qui comptent vraiment pour moi. De plus, si je suis venue ici, c'est qu'il devait y avoir une bonne raison. Je ne crois pas à ce que l'on appelle le destin, demo je pense que chaque chose à un sens. Alors je vais repartir. Mais quoi qu'il advienne, je ferais tout pour revenir vous voir, même si c'est la dernière chose que je fais."

- Rin : "Sakura-neesan . . ."

Elle se précipita vers la jeune fille et se jeta dans ses bras, retenant avec peine ses larmes. Elle sentit les bras de Sakura se refermer autour d'elle dans une étreinte chaleureuse et rassurante. A l'idée que c'était peut-être la dernière fois que cela arrivait, le cœur de Rin se serra et elle sentit qu'elle allait bientôt pleurer si cela continuait.

- Sakura : "Rin . . ."

Sakura passa la main dans les cheveux de la fillette pour tenter de la calmer. Elle était au bord des larmes et elle le sentait bien. Son envie de rester était déjà grande, mais si en plus Rin se mettait à pleurer, la jeune fille n'aurait plus la volonté nécessaire pour repartir. Enfin pour aujourd'hui tout du moins.

Sakura fit glisser son sac de son épaule. Il y avait quelque chose qu'elle devait faire avant de partir. Elle écarta doucement et lentement Rin d'elle pour pouvoir bouger plus librement et elle fouilla dans son sac. Alors, où est-ce qu'ils sont ? Enfin, elle trouva ce qu'elle cherchait. Retirant sa main de son sac, elle en sorti un paquet qu'elle s'empressa de défaire pour en sortir le contenu. Une fois le papier rangé dans son sac, il ne lui restait plus dans la main que cinq rubans de couleur différente. Un noir, un vert, un rouge, un orange et un jaune.

- Sakura : "J'avais acheté ses ruban pour les offrir à Hinata, ma petite sœur, mais je crois qu'ils seront plus importants si je les utilise maintenant."

- Jaken : "Et comptes-tu en faire ?"

- Sakura : "Des cadeaux."

Elle posa les rubans sur la margelle du puit et ne garda en main que le orange.

- Sakura : "Rin, je voudrais t'offrir ce ruban. Acceptes-tu de le garder comme un souvenir de moi ?"

- Rin : "Haï ! Rin en serait très heureuse."

- Sakura : "Alors approche-toi que je te l'attache."

La fillette ne se le fit pas répéter deux fois. Elle s'approcha de Sakura, un sourire sur le visage. La jeune fille noua alors le ruban autour de la petite couette de Rin, mettant un peu de couleur dans sa chevelure sombre et sauvage.

- Rin : "Arigatô Sakura-neesan."

- Sakura : "Mais c'est moi qui te remercie de l'avoir accepté, Rin. Surtout qu'il te va très bien."

Rin laissa échapper un petit rire cristallin. Elle allait visiblement mieux, au grand soulagement Sakura. Elle n'aimait pas la voir triste et le fait qu'elle ait reprit un peu de poil de la bête la déchargeait d'un grand poids. Après un dernier regard à la fillette, Sakura saisit les rubans noir, jaune et rouge. Elle se dirigea alors vers les trois youkaï et tout d'abord vers AhUn. Elle s'arrêta alors devant le ryûyoukaï et elle lui présenta le ruban noir.

- Sakura : "AhUn, vous me feriez très plaisir en acceptant ce petit cadeau que je vous offre avec joie. Par contre, je suis désolée, je ne peux vous en proposer qu'un parce que je n'en ai pas assez."

Ah et Uh regardèrent la jeune fille avec surprise. Elle leur offrait un cadeau, à eux ? Ils ne s'y attendaient pas et ce geste les toucha beaucoup. C'était le tout premier cadeau qu'ils recevaient . . . Après s'être jeté un bref coup d'œil, Ah et Un hochèrent la tête.

Sakura s'accroupit et elle entreprit de nouer le ruban sur le harnachement du ryûyoukaï, juste entre les deux têtes. Une fois redressée, elle attira Ah et Un vers elle pour les caresser. Le ryûyoukaï, quoique un peu embarrassée frotta doucement ses deux têtes contre elle dans un geste affectueux accompagné de petits grognements.

Après une dernière caresse, la jeune fille se dirigea vers Jaken. Là, elle lui tendit le ruban jaune.

- Sakura : "Voilà pour toi, Jaken."

- Jaken : "Peuh ! Que veux-tu que j'en fasse ?"

- Sakura : "Ce qui te plaira, du moment que tu l'acceptes. Tu pourras le brûler, le jeter, mais au moins prend-le."

- Jaken : "Et si je refuse ?"

- Sakura : "Tu veux goûter encore une fois à ma technique du doigt magique ?"

- Jaken : "Tu n'oserais pas "

- Sakura : "En es-tu vraiment sûr ?"

- Jaken : "Si tu essayes de m'intimider, c'est raté."

- Sakura : "Mince, moi qui pensait que ça marcherait . . ."

- Jaken : "Je n'aime pas le ton ironique que tu viens d'employer !"

- Sakura : "Alors tu ne veux pas de mon cadeau ?"

- Jaken : "Iie !"

- Sakura : "Accepte-le, onegaï."

- Jaken : "Iie."

- Sakura : "Onegaï, Jaken . . . sama . . ."

- Jaken : "Puisque je te dis que . . . Nani ?"

Pensant avoir mal entendu, le petit youkaï scruta attentivement la jeune fille. Celle-ci soutenait son regard sans ciller. Son visage était triste mais on y lisait aussi la détermination. Elle ferait sûrement tout ce qui était en son possible pour le faire accepter. Mais il n'en voulait pas de son ruban. Et puis pourquoi l'accepterait-il de toute façon ? Elle passait son temps à l'asticoter et à le ridiculiser, s'en était presque de la persécution.

Jaken allait refuser une nouvelle fois lorsqu'un coup d'œil sur le visage de la ningen lui fit ravaler ses paroles. Ses yeux . . . ses yeux étaient envahis par la tristesse et Jaken cru qu'elle allait se mettre à pleurer. Ce serait de ma faute si jamais elle pleurait ? Ce serait à cause de moi ? A cette pensée, la résolution du petit youkaï commença à fondre. Après tout, elle pouvait aussi être gentille quand elle le voulait et puis elle n'était jamais méchante avec lui. A bien y réfléchir, c'était un peu comme une sorte de jeu entre eux, oui, on pouvait voir ça comme ça. En plus, elle l'avait appelé Jaken-sama alors qu'elle avait dit qu'elle détestait ce genre de suffixe . . . Elle avait fait un effort pour lui, alors de son côté il pouvait bien en faire un pour elle.

Il saisit alors le ruban dans la main tendue de la jeune fille d'un air bourru et d'une façon plus brusque qu'il ne l'aurait voulu. Il avait marmonné tout en ne la regardant pas et avait rangé le ruban sous ses vêtements d'un geste désinvolte.

- Jaken : "C'est bon, je le prend, ton ruban de malheur."

- Sakura : "Arigatô . . ."

Un sourire avait éclairé le visage de la jeune fille. Elle était heureuse d'avoir fait plier Jaken, ce qui n'avait pas été une mince affaire. Au moment où il avait refusé de prendre le ruban, Sakura s'était aperçu avec stupeur qu'elle en avait été peinée et blessée. Pourquoi donc ? Jaken l'insupportait au plus au point par moment et il était grognon et de mauvaise fois. Alors pourquoi son cœur s'était-il serré de cette façon et pourquoi avait-elle été soulagée quand il avait enfin accepté ? Est-ce qu'en fait elle tenait plus à lui qu'elle ne voulait bien se l'avouer ? Aucune chance ! Et pourtant . . .

Mais Sakura avait quelque chose de plus important à faire que d'éclaircir ses sentiments pour Jaken. Le plus compliqué restait à faire. Elle tourna la tête vers Sesshômaru et se dirigea vers lui d'une démarche incertaine. Elle ignorait totalement la façon dont il allait réagir. La jeune fille savait bien qu'il refuserait de toute façon son cadeau, il était trop fier pour ça. Il fallait pourtant qu'elle trouve un moyen de lui faire accepter.

- Sakura : "Anô . . . Sesshômaru . . . J'aimerais que tu acceptes toi aussi ce présent. Je sais que ce n'est pas grand-chose, demo c'est pour te remercier pour tout ce que tu as fait pour moi depuis que nous sommes rencontrés."

Elle lui tendit nerveusement le ruban rouge, appréhendant sa réponse. Elle était sûre qu'il allait refuser, elle en était sûre et certaine. De plus, son regard froid, distant et fier ne laissait rien présager de bon.

- Sesshômaru : "Que je l'accepte ou non, quelle différence cela peut-il faire ?"

Sakura fut quelque peu déstabilisée par le ton froid du taïyoukaï. Elle savait que ça n'était pas gagné d'avance mais là, c'était pire que ce qu'elle avait imaginé. Peut-être qu'il se vengeait pour l'attitude qu'elle avait adoptée avec lui depuis hier ? Iie, ce n'était pas son genre, du moins le pensait-elle.

- Sakura : "Si tu l'acceptes, cela signifiera que tu consens à ce que je revienne vous voir dès que je le pourrais. J'aimerais alors qu'au moment où je reviendrais vous soyez tous présents pour que nous puissions encore partager des moments tous ensemble."

- Sesshômaru : "Des moments où tu m'ignores totalement ? Je ne vois pas ce que cela pourrait t'apporter."

Il est fâché . . . Ça s'annonçait mal, vraiment très mal. Sesshômaru était quelqu'un de très buté et de très borné quand il le voulait et Sakura n'osait pas imaginer ce que cela donnait quand il était fâché. Pourtant, elle n'avait pas vraiment le choix, elle allait devoir affronter la rancune de Sesshômaru. Mais après tout, elle n'allait pas se laisser intimider de cette façon. C'était lui qui avait commencé alors elle n'avait pas à se sentir coupable.

- Sakura : "Cela ne serait pas arrivé si tu n'avais pas fait la même chose avec moi. Depuis hier tu es étrange et c'est toi qui as commencé à m'ignorer le premier je te signale. Ne me mets pas toute la faute sur le dos, tu as aussi ta part de responsabilité."

- Sesshômaru : "Mon comportement ne regarde que moi."

- Sakura : "Il en est de même pour le mien."

Ouh la la, la situation prenait maintenant une toute autre tournure. Sakura avait pris une voix plus ferme et son attitude l'était tout autant. C'était de sa faute maintenant ! Et puis quoi encore ? Elle avait certes sa part de responsabilité en ayant voulu adopter le même comportement que lui, demo . . .

- Sesshômaru : "Tu insinuerais donc que tout est de ma faute."

- Sakura : "Exactement !"

AhUn, Rin et Jaken regardaient et écoutaient la scène sans oser intervenir. Le ryûyoukaï était quelque peu inquiet de voir la jeune fille provoquer de cette façon le taïyoukaï. Si un conflit devait s'ensuivre, il ne savait quel parti prendre. Bien entendu, Sesshômaru était son maître, bien qu'il ne lui portait aucune affection. Et c'était l'inverse pour Sakura : elle n'était pas maîtresse mais il lui portait une grande affection. Alors devait-il écouter son cœur ou son sens de la fidélité ?

Rin regardait cet échange avec une pointe de tristesse. Elle n'aimait pas les disputes ni les conflits et voir des proches se disputer était quelque chose qui l'attristait beaucoup. Mais en y réfléchissant, Sakura avait paru songeuse et un peu mélancolique depuis hier. C'était peut-être à cause de Sesshômaru . . . Oui, cela devait être ça. Alors il valait peut-être mieux pour elle qu'elle lui dise ce qu'elle avait sur le cœur pour être soulagée après. La fillette espérait simplement que cela ne durerait pas encore trop longtemps.

Jaken était étonné du brusque changement de comportement de Sakura. Elle affichait une mine triste une minute auparavant et la voilà maintenant qui bravait ouvertement Sesshômaru ! C'était incroyable tant par le changement en lui-même, que par le courage dont elle faisait preuve. Peu de personnes auraient osées parler au taïyoukaï de cette façon, lui le premier. Il tenait trop à sa vie pour ça. Sesshômaru ne l'avait toujours pas tuée mais cela n'étonna plus le petit youkaï. Après tout, hier aussi elle s'était montrée incorrecte et son maître l'avait laissée en vie. Et Jaken se doutait bien que ce jour n'arriverait jamais, Sesshômaru ne tuerait jamais cette ningen. Toutes les possibilités étaient envisageables, bien entendu, mais s'il ne l'avait pas déjà fait c'était parce qu'il ne le ferait probablement jamais. Il était ainsi. Avec lui, c'était tout tout de suite ou rien.

Sesshômaru fixait intensément la ningen qui lui faisait hardiment face. Si elle avait eu Jaken par les sentiments, ce qui était étonnant de la part de petit youkaï, elle ne l'aurait jamais lui, le puissant Sesshômaru, de cette façon. Et elle le sait. C'est pour ça qu'elle n'a pas essayé. N'empêche que pour quelqu'un qui tenait à lui faire accepter un présent, elle avait plutôt une drôle de façon de se comporter. Ce n'était pas en le défiant qu'elle y arriverait.

Le taïyoukaï n'avait pas eu l'intention d'évoquer le fait de son ignorance à son égard mais il n'avait pu empêcher les mots de sortir tous seuls. C'était bien la première fois que cela lui arrivait et cela lui déplaisait au plus haut point. Le fait qu'il avait été vexé par le comportement de la ningen ne regardait que lui et personne d'autre. Hors il en avait fait étalage devant eux. Il ne pensait pas que Rin ait comprit le sous-entendu et il en doutait aussi pour AhUn. Peut-être Jaken l'avait-il comprit. En revanche une chose était sûre, la ningen Sakura, elle, avait très bien saisit ses propos. Elle avait même été jusqu'à avouer qu'elle avait été blessée par son comportement de la veille.

Pourtant Sesshômaru n'avait pas eu conscience d'avoir été différent de d'habitude. Il avait certes été préoccupé, mais c'était tout. Alors pourquoi réagissait-elle de cette façon ? Pourquoi avait-elle été affectée par le changement qu'elle avait cru discerner à tort chez lui ?

En rivant ses yeux aux siens, Sesshômaru s'aperçut que le regard de la ningen avait changé. Il exprimait moins de colère et moins de ressentiment, il était plus incertain et un peu absent, comme si elle n'avait plus vraiment conscience d'être en face de lui, comme si son esprit s'éloignait de la réalité. L'inuyoukaï avait l'impression qu'elle le regardait sans le voir. Naraku ?

Sakura avait soutenu le regard de Sesshômaru, elle ne voulait pas s'avouer vaincue. Mais très vite, elle s'était de nouveau noyée dans les beaux yeux d'or du taïyoukaï. Elle ne savait pas pourquoi mais l'éclat de ses yeux l'envoûtait chaque fois que les siens les croisaient. Dôshite ? Pourquoi ressentait-elle ça ? Pourquoi sont cœur commençait-il de nouveau à s'emballer ? Elle en voulait à Sesshômaru et là, elle sentait sa détermination fondre comme neige au soleil, une douce torpeur l'envahissant.

Elle songea que c'était peut-être la dernière fois qu'elle le voyait. A cette pensée son cœur se serra. Elle voulait le revoir, oui elle le désirait. Mais si cela devait être la dernière fois qu'elle échangeait paroles et regards avec lui, elle ne voulait pas que cela se finisse sur une dispute. Iie, elle ne le voulait pas.

- Sesshômaru : "Je suppose que je me dois d'accepter."

La voix de Sesshômaru fit sortir Sakura de sa torpeur et elle s'aperçut qu'il la regardait d'une drôle de façon. Sakura no baka ! Pour un peu elle se serait giflée. Elle avait encore une fois été perdue dans ses pensées et elle avait fixé Sesshômaru sans le voir. Baka ! Baka ! Baka ! Pourquoi fallait-il qu'elle fasse ça aux moments les moins opportuns ?

Et puis le sens des paroles du taïyoukaï lui parvint clairement. Nani ? Elle devait avoir mal entendu, ce n'était pas possible ! Il ne pouvait pas avoir dit ce qu'elle avait cru qu'il avait dit !

- Sakura : "Tu . . . C'est vrai ?"

- Sesshômaru : "Haï."

Alors elle ne s'était pas trompée, il acceptait réellement son présent ! C'était trop beau pour être vrai. Mais pourquoi avait-il brusquement dit oui ? 'je me dois' C'était bien ce qu'il venait de dire, ne ? Pourquoi avait-il dit ça ? Masaka ! Il ne voulait tout de même pas se faire . . . pardonner ? C'était une façon de s'excuser pour son attitude ? Iie, cela ne lui ressemblait absolument pas. Je dois me faire des idées . . . Oui, c'était ça, elle se faisait des idées. Mais néanmoins il avait accepté et c'était tout ce qui comptait.

- Sakura : "Arigatô. Je vais l'attacher."

Ne percevant aucune réponse, la jeune fille s'avança d'un pas. Une absence de réponse est une réponse en elle-même. Elle n'avait pas besoin de réfléchir où elle accrocherait le ruban, elle le savait depuis le début. Elle approcha lentement sa main de la poignée de Tenseiga, attentive à la moindre réaction de Sesshômaru. C'était là que devait se trouver le ruban symbole et leur 'attachement'. Car c'était grâce à Tenseiga, tout autant qu'au taïyoukaï, qu'elle était aujourd'hui en vie.

Elle passa le ruban dans le petit trou qui se trouvait en haut de la poignée et elle l'y attacha solidement, un sourire sur les lèvres. Oui, c'était là qu'était sa place. Demo voir Sesshômaru avec un ruban attaché dans les cheveux aurait été amusant. A cette pensée, la jeune fille sourit de plus belle. Oui, il aurait été magnifique ainsi. Quoique ridicule aussi à mon avis.

Sesshômaru avait regardé la ningen revenir à elle et s'approcher de lui sans rien dire. Il lui avait dit la première chose qui lui était passée par la tête. Il avait seulement voulu qu'elle entende le son de sa voix pour qu'elle revienne à elle. Il ignorait si Naraku était vraiment à l'origine de son absence soudaine mais si tel avait été le cas il pensait qu'en l'entendant parler elle reviendrait à elle. Cela avait marché oui et il ignorait ce qui le lui avait fait supposer. Mais le résultat était bel et bien là.

'Je suppose que je me dois d'accepter.' Comment avait-il pu dire une telle chose ? Cela pouvait laisser sous-entendre qu'il s'excusait. Hors ce n'était pas le cas puisqu'il n'avait rien à se reprocher. C'était la deuxième fois en quelques minutes qu'il disait quelque chose qu'il ne voulait pas dire. Cette ningen est dangereuse. Elle commençait à lui faire dire n'importe quoi et cela ne lui plaisait pas du tout.

Shikashi, il n'avait rien dit et rien fait. Il l'avait regardé attacher son ruban à la poignée de Tenseiga qui n'avait pas réagit alors qu'elle le touchait. Il en avait été intrigué. C'était son sabre, son héritage de son père et une ningen pouvait le toucher sans qu'il réagisse . . . Mais à bien y réfléchir, la ningen d'Inu-Yasha avait, elle, réussit à saisir Tessaïga. Cela, il pouvait le comprendre puisqu'au moment où elle l'avait saisit, elle voulait sauver Inu-Yasha. Ce qui était par ailleurs absurde car qu'aurait-elle pu faire contre lui, le puissant Sesshômaru ?

Donc, en passant sur le point absurde d'Inu-Yasha se faisait protéger par une ningen bien que cela lui corresponde tout à fait, Sesshômaru pensait que si cette dite ningen avait pu saisir Tessaïga c'était parce qu'elle était liée à Inu-Yasha. Ce qui voulait dire que si la ningen Sakura avait pu toucher Tenseiga c'était parce qu'elle était d'une certaine façon . . . liée à lui ? Absurde. Oui, c'était absurde, il n'avait aucun lien avec elle.

Mais en y réfléchissant bien, cela était peut-être plus logique qu'il ne l'avait d'abord supposé. Tenseiga les avait ressuscitées, elle et Rin. Elles étaient donc liées à son épée. Oui à Tenseiga pas à lui. Il n'avait été que le vecteur de leur nouvelle vie, c'était Tenseiga qui en avait été l'auteur. Mais en même temps s'il n'avait rien fait pour elles, Tenseiga n'aurait rien pu faire tout seul. Alors cela voulait quand même dire qu'il était plus lié qu'il ne le croyait aux deux ningen.

La jeune fille se recula, faisant sortir Sesshômaru de ses pensées. Il remarqua immédiatement qu'elle tentait de réprimer un sourire et il s'en sentit offensé.

- Sesshômaru : "Puis-je connaître la raison de ce sourire ?"

Et voilà. Encore une fois, il n'avait pu réussir à réprimer ses paroles. Pourquoi cela lui arrivait-il ? Cette ningen . . . C'était cette ningen qui le poussait à dire des choses qu'il pensait sans vouloir les dire. Elle le poussait ? Iie, il les disait de lui-même sans qu'elle fasse quoi que ce soit. Ce qui est encore plus dangereux. Il était temps qu'elle parte.

Sakura releva la tête, surprise par la question du taïyoukaï. Elle avait eu beau essayer de chasser l'image de Sesshômaru un ruban noué dans les cheveux, plus elle essayait de ne pas y penser et plus l'image se faisait précise dans son esprit. De part le regard qu'e Sesshômaru lui lançait, la jeune fille su qu'il fallait qu'elle soit prudente dans sa réponse. Si je lui dis la vérité, il va me tuer . . . Enfin il ne le ferait peut-être pas réellement, demo . . .

- Sakura : "Il n'y en a pas. Ou plutôt si, je me disais que j'étais vraiment contente de tous vous avoir rencontré et qu'où je sois, je penserais toujours à vous."

Bon, ce n'était pas totalement vrai, mais ce n'était pas faux non plus. Elle pensait réellement ce qu'elle venait de dire, même si cela n'était pas la cause de son sourire. Mais l'expression des yeux de Sesshômaru disait clairement qu'il n'était pas totalement convaincu. En fait non, il ne l'est pas du tout . . . Avant qu'il ne pose une nouvelle question, elle allait opter pour la seule solution qui lui restait, la plus lâche, mais aussi la plus sûre : la fuite.

La jeune fille tourna le dos à Sesshômaru et elle se dirigea alors vers le puit où elle se saisit du ruban vert, le dernier resté sans propriétaire. Mais plus pour longtemps. En effet, la jeune fille le noua autour de son poignet avant de ramasser son sac.

- Sakura : "Je crois qu'il est maintenant temps pour moi de partir."

- Rin : "Sakura-neesan . . ."

- Sakura : "Je reviendrais, Rin, je reviendrais. Je te le promets. Je ferais tout ce que je pourrais pour revenir vous revoir le plus vite possible. Tu as ma parole . . . imouto."

- Rin : "Sakura-neesan !"

La fillette se jeta une nouvelle fois dans les bras de Sakura avec tout l'amour qu'elle pouvait lui porter. Et ça pour l'aimer . . . Son amour pour celle qu'elle considérait comme sa grande sœur était si intense . . . Et puis elle n'y pouvait rien, elle ne pouvait cacher les sentiments qu'elle ressentait, elle avait toujours été comme ça et elle le serait sans doute toujours.

- Rin : "Sakura-neesan promet qu'elle reviendra bientôt ?"

- Sakura : "Haï. Dès que j'aurais rassuré ma famille et que je leur aurais tout expliqué, je reviendrais. Rien ne pourra m'empêcher de revenir. Ne t'inquiète pas."

Les deux jeunes filles se séparèrent à regret, sachant le moment du départ arrivé. Après avoir déposé un léger baiser sur la joue de Rin, Sakura enjamba le puit et s'assit sur la margelle. Elle regarda la fillette avec tendresse.

- Sakura : "Rin, sois bien sage pensant mon absence. Obéit bien à Sesshômaru et à Jaken et prends bien soin de AhUn."

- Rin : "Haï."

La fillette retenait avec peine ses larmes. Sakura lui avait promis de revenir, demo . . . Si jamais elle n'y arrivait pas ? Si jamais quelque chose l'empêchait de revenir ? Elle avait une folle envie de se jeter dans ses bras et de la supplier de ne pas partir, de rester avec elle, Sesshômaru, Jaken et AhUn pour toujours ! Elle était si heureuse quand ils étaient tous ensemble . . . Mais sa promesse et le fait de reconnaître son geste comme purement égoïste la retinrent. Elle devait la laisser partir.

Sakura détourna les yeux de ceux, humides, de Rin. Elle sentait elle aussi son regard s'embuer et si elle la regardait une seule seconde de plus, elle allait sûrement se mettre à pleurer, et il ne fallait surtout pas que cela arrive. C'était déjà assez dur comme ça.

La jeune fille regarda alors les trois youkaï qui n'avaient pas bougés mais qui, en revanche, avaient les yeux fixés sur elle. Après quelques secondes passées à les contempler pour graver à jamais leur image dans sa mémoire, Sakura posa ses yeux sur Sesshômaru et uniquement lui. Ce qu'il allait pourvoir lui manquer . . . Mais elle reviendrait alors . . . Et puis, même s'il ne l'avait pas dit noir sur blanc, en acceptant son ruban il avait accepter de la revoir. A cette idée, la jeune fille son cœur de gonfler de joie. Elle détacha alors son regard du beau youkaï aux cheveux argentés pour regarder une dernière fois tous ses compagnons. Puis, d'un mouvement du bassin, elle sauta dans le puit.

- Sakura : "Sayônara . . . et à bientôt !"

La jeune fille fut happée par l'obscurité du puit. Il y avait beau y avoir du soleil, elle le trouvait terriblement sombre. Cela était peut-être dû au fait qu'elle avait peur. Oui, elle avait peur de s'être trompée ou alors d'avoir eu raison mais de ne jamais pouvoir revenir . . . Non, elle devait avoir confiance, tout se passerait bien. J'espère que ce puit est vraiment le lien entre cette époque et la mienne. J'aurais l'air fine si jamais il ne se passe rien . . .

§


§

Yoshié, Takao et Hinata étaient paniqués. Cela faisait presque deux semaines maintenant que Sakura avait disparu. Ils avaient fait bon nombre de recherches qui n'avaient apportées aucun résultat. Takao et Hinata avaient pressé Yoshié d'appeler la police sans tarder, avant qu'il n'arrive un malheur qu'ils ne pourraient que regretter. Mais elle avait un tout autre concept de la vie. Certes sa fille avait disparut, mais elle se débrouillerait sans l'aide de la police. Elle ne voulait pas que Sakura puisse avoir quoi que ce soit qui gênerait la future brillante carrière qu'elle lui avait tracée d'avance. Iie, rien ne viendrait entacher ce qu'elle avait bâti pendant 17 ans.

Shikashi, Yoshié savait qu'elle ne pourrait y arriver seule. Ses connaissances n'étaient pas très étendues car en dehors de son travail elle ne fréquentait que très peu les gens. Elle avait décidé de se confier à une seule personne qui, elle en était sûre, serait en mesure de l'aider à retrouver sa fille. C'est chez cette personne qu'elle se rendait aujourd'hui, accompagnée de son mari et de sa fille cadette.

Justement, elle le vit sortir de chez lui et se diriger vers eux. Il ne les avait pas encore aperçu mais ce n'était plus qu'une question de secondes désormais. En le voyant, Yoshié éprouva un vif sentiment de soulagement. Oui, lui serait capable de retrouver sa fille. De toute façon elle ne lui laisserait pas le choix. Il était son dernier espoir.

Quelques secondes plus tard, le visage de l'homme indiqua clairement qu'il venait de les remarquer. D'abord interrogatifs, ses yeux se firent joyeux par la suite. Il l'avait reconnue et il se nanti d'un sourire chaleureux.

"Yoshié ! Cela faisait longtemps ! Que me vaut l'honneur de votre visite ? Oh ! Takao-san et Hinata-chan sont là aussi."

- Takao et Hinata : "Konnichiwa."

Yoshié éprouvait toujours le même sentiment d'apaisement quand elle était en sa présence et, même s'ils n'habitaient pas très loin l'un de l'autre, ils ne se voyaient que très peu. C'était un vieil homme aux cheveux et à la barbichette grise. Il était plutôt petit et un peu voûté et il portait des habits de prêtre. Yoshié pressa le pas, soucieuse de lui parler au plus vite.

- Yoshié : "Ojisan . . . Je suis heureuse de vous revoir après tout ce temps, même si c'est en ces conditions."

Ojisan . . . Cet homme n'était pas son grand-père, mais il avait toujours tenu à ce qu'elle l'appelle ainsi. Elle s'était pliée à son exigence par politesse, très gênée au début par cette familiarité et puis elle s'y était habituée. Maintenant, elle trouvait ça rassurant et elle en était heureuse.

- Ojisan : "Dôshite ? Que se passe-t-il ?"

- Yoshié : "Ma fille aînée a disparu depuis presque deux semaines."

- Ojisan : "Je ne vois pas en quoi je peux vous aider . . . Avez-vous appelé la police ?"

- Yoshié : "Iie, je suis sûre qu'avec vos prières, vous pourrez nous aider à la retrouver. J'ai entièrement confiance en vos capacités."

Des larmes de bonheur brillèrent dans les yeux de l'homme. Enfin une personne douée de bon sens qui reconnaissait son talent ! Sa petite-fille et son petit-fils avaient beau se moquer de lui, il y avait au moins une personne qui croyait en lui. C'était si merveilleux ! Il ferait tout pour ne pas la décevoir, il en allait de son honneur et de sa fierté.

- Ojisan : "Mon talent est à votre service. Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour vous aidez à la retrouver. Comment s'appelle-t-elle déjà ?"

- Yoshié : "Sakura."

"Sakura ? Vous ne l'avez toujours pas retrouvée ?"

Tout le monde se retourna au son de cette petite voix fluette. Elle appartenait à un jeune garçon d'environ 6 ans qui les regardait avec surprise. Yoshié cru qu'elle allait se jeter sur lui et le secouer jusqu'à ce qu'il lui avoue ce qu'il avait fait de sa fille. Le fait que ce soit un tout jeune garçon et qu'il était impossible qu'il ait fait quoi que ce soit à Sakura ne lui traversa même pas l'esprit. Il savait quelque chose et elle allait lui faire avouer quoi.

Voyant à l'expression du visage de sa femme qu'elle allait commettre un acte stupide, Takao prit les devants. Il s'agenouilla devant le petit garçon en souriant.

- Takao : "Comment t'appelles-tu ?"

- Eiji : "Eiji."

- Takao : "Dis-moi, Eiji-kun . . . Tu as déjà vu Sakura ? Tu sais où elle est ?"

- Eiji : "Haï. Elle jouait à cache-cache avec des garçons."

- Takao : "A cache-cache ? C'est un jeu très amusant et j'y jouais beaucoup quand j'étais petit."

- Eiji : "Moi aussi j'aime beaucoup y jouer."

- Takao : "Et tu as vu où Sakura était cachée ?"

- Eiji : "Haï. Normalement je n'avais pas le droit de le dire demo Ryûji m'avait promis qu'il jouerait à cache-cache avec moi et il a menti. Il n'est jamais venu jouer avec moi. Il est méchant !"

Les yeux du jeune garçon s'étaient remplis de larmes. Il était revenu ici tous les jours en espérant revoir Ryûji pour jouer avec lui. Il l'avait attendu longtemps à chaque fois, sortant de chez lui en cachette. A chaque fois il repartait déçu mais en se disant qu'il avait sûrement eu un empêchement. Il lui avait promit alors il ne pouvait pas avoir oublié. On n'oubliait jamais ses promesses. C'était pour ça qu'Eiji était là aujourd'hui.

Mais maintenant, il avait comprit que Ryûji ne viendrait jamais. Il lui avait menti. Ces mots firent très mal au jeune garçon qui renifla bruyamment. Alors si Ryûji n'avait pas tenu sa promesse, il n'était pas obligé de tenir la sienne.

- Takao : "Tu as raison Eiji-kun. C'est très mal de mentir et Ryûji a fait quelque chose de très mal."

- Eiji : "Haï. Il est méchant !"

- Takao : "Ce n'est pas Sakura qui t'a dit qu'elle jouait à cache-cache, ne ? C'est Ryûji qui te l'a dit ?"

- Eiji : "Haï."

- Takao : "Et qu'est-ce que Ryûji t'avait demandé de ne pas dire ?"

- Eiji : "Il jouait à cache-cache avec Sakura et d'autres garçons et c'était à Sakura de se cacher. Ils n'arrivaient pas à la trouver mais moi, j'avais vu où elle s'était cachée alors je leur ai dit. Et c'est là que Ryûji m'a dit de ne rien dire et il m'a promis de jouer à cache-cache avec moi mais il n'est jamais revenu. Je suis content qu'il ne l'ait pas trouvé alors. Sakura a dû partir avant."

- Takao : "Et où Sakura s'était-elle cachée ?"

- Eiji : "Vous aussi vous jouez à cache-cache avec elle ?"

- Takao : "On peut dire ça. En fait je suis son papa et je voudrais la retrouver pour lui dire qu'elle a gagné mais je n'y arrive pas. Dis-moi, Eiji-kun, où s'est-elle cachée ?"

- Eiji : "Moi, otôsan il est parti avec une grognasse. C'est ce que okâsan dit. Et en plus elle crie tout le temps quand elle lui parle au téléphone et lui il crie aussi et il dit que c'est du harcèlement. C'est quoi du harcèlement ? Okâsan ne veut pas me le dire."

Yoshié cru qu'elle allait étrangler ce sale gosse. Il perdait son temps à parler de cache-cache et de la vie sentimentale de sa mère. Mais ce qu'elle voulait, elle, c'était savoir où était sa fille. Et elle voulait le savoir maintenant ! Et puis pourquoi Takao ne le pressait-il pas plus de parler ? Elle était entourée d'incompétents . . .

Mais Takao ne perdait pas son temps comme le songeait sa femme. Il menait habilement Eiji à lui dire ce qu'il voulait savoir, petit à petit, pour ne pas le brusquer et pour le mettre en confiance. Il y avait très bien réussit et il sentait qu'il s'approchait de la réponse. Mais il savait aussi qu'il fallait qu'il se dépêche avant que Yoshié ne s'en mêle parce qu'alors ce serait fichu.

- Takao : "Le harcèlement c'est quelque chose de mal, Eiji-kun. Comme mentir, c'est mal aussi."

- Eiji : "Alors okâsan fait quelque chose de mal quand elle téléphone à otôsan et quand elle lui crie dessus en lui disant qu'elle va se suicider s'il ne revient pas à la maison ? Le suicide aussi c'est mal ?"

- Takao : "Haï, Eiji-kun, c'est mal. Le suicide est une façon de fuir les problèmes au lieu de les affronter. Mais pour les résoudre, c'est ce qu'il faut faire, il faut les affronter et non les fuir."

- Eiji : "Je le dirais à okâsan. Je lui dirais que ce qu'elle fait, c'est pas bien. Mais je ne sais pas si elle m'écoutera, elle ne m'écoute jamais quand je lui parle."

- Takao : "Peut-être qu'elle t'écoutera, Eiji-kun . . . Peut-être . . ."

- Eiji : "Vous êtes gentil monsieur . . . Vous ne voulez pas être mon nouveau papa ?"

La demande innocente du jeune garçon déstabilisa Takao. Il ne s'attendait pas à ce qu'il lui dise une chose de ce genre. Il lu l'espoir dans ses yeux et la perspective de devoir dire non le peina énormément quand il pensa à ce qu'Eiji allait ressentir. Il essaya de trouver les mots justes qui ne peineraient pas l'enfant, mais son cœur se serra. Apparemment ce jeune garçon avait une mère qui se fichait totalement de lui et il était livré à lui-même et en manque d'affection. Si ce n'était pas malheureux.

- Takao : "Tu es un petit garçon très gentil et je suis sûr que tu serais un bon fils. Mais vois-tu, j'ai déjà une femme et deux filles que j'aime beaucoup. C'est pour ça que j'aimerais que tu me dises vite où Sakura s'était cachée la dernière fois."

- Eiji : "Je comprend . . . Mais si j'ai un jour un nouveau papa, je veux qu'il soit aussi gentil que vous."

- Takao : "C'est très gentil ce que tu viens de me dire, Eiji-kun. Ça me fait vraiment plaisir. Je suis sûr que ta maman trouvera un jour un nouveau papa pour toi."

- Eiji : "Je l'espère . . . Vos filles ont de la chance de vous avoir comme papa . . ."

- Takao : "J'essaye d'être un bon père, même si ce n'est pas facile tous les jours. Je fais de mon mieux pour les rendre heureuses."

- Eiji : "Je suis sûre qu'elles vous aiment beaucoup. Alors vous devez beaucoup manquer à Sakura. Il faut que vous vous dépêchiez de la retrouver."

- Takao : "C'est pour ça qu'il faut que tu me dises où elle s'était cachée."

- Eiji : "Elle est allée se cacher dans le temple. Elle s'est arrêtée quelques secondes au coin de la rue pour reprendre son souffle parce qu'elle avait beaucoup couru et puis elle a encore couru jusqu'au temple."

- Takao : "Elle s'est cachée dans le temple du Puit Dévoreur d'Os, tu es sûr ?"

- Eiji : "Haï !"

- Takao : "Arigatô, Eiji-kun. Pour te remercier, et si ta maman est d'accord, tu pourras venir jouer de temps en temps à la maison avec Hinata. Tu es d'accord Hinata ?"

- Hinata : "Haï."

- Ojisan : "Tu habites près d'ici ?"

- Eiji : "Haï. Dans la rue d'à côté."

- Ojisan : "Alors dans ce cas, quand tu voudras aller jouer avec Hinata-chan tu viendras au temple et je préviendrais Takao-san."

- Takao : "Et moi je viendrais te chercher pour t'emmener à la maison. Tu es d'accord."

- Eiji : "Haï ! Arigatô !"

Le jeune garçon était aux anges, très heureux de la gentillesse et de l'attention qu'on lui portait. C'était tellement rare chez lui. Mais seulement, une chose le gênait.

- Eiji : "Vous n'allez pas mentir comme Ryûji, ne ? Je pourrais vraiment aller jouer chez vous ? C'est une vraie promesse ?"

- Takao : "Une vraie de vraie. Je te le promet et je tiens toujours parole."

- Hinata : "C'est vrai. Otôsan me ment jamais."

- Takao : "Maintenant tu ferais mieux de rentrer chez toi, jeune homme. Et surtout ne te perds pas en chemin."

- Eiji : "Haï. Sayônara."

- Takao : "Sayônara, Eiji-kun."

- Hinata : "Sayônara et à bientôt."

Ils regardèrent tous Eiji s'éloigner en trottinant tout en faisant des signes de la main. Une fois qu'il eu disparu à l'horizon, Takao et Hinata se retournèrent vers le temple qu'ils regardèrent fixement, incapable de dire quoi que ce soit. Qu'allaient-ils trouver à l'intérieur ?

- Yoshié : "Sakura s'est faite agressée par des sales voyous ! Qu'est-ce qu'ils ont fait à ma fille ? Ne Takao, qu'est-ce qu'ils lui ont fait ?"

- Takao : "Je l'ignore. Peut-être Sakura a-t-elle réussit à fuir . . ."

- Yoshié : "Elle serait rentrée à la maison dans ce cas !"

- Hinata : "Et si on allait voir dans le temple ?"

- Ojisan : "Il n'y a rien à voir. J'y vais très régulièrement et je peux vous assurer qu'il n'y a absolument rien."

- Yoshié : "Mais que va-t-on faire alors ? Comment allons-nous retrouver ma fille ?"

- Ojisan : "Suivez-moi. Je vais allez me préparer pour effectuer un rituel qui serait, je pense, capable de faire revenir Sakura."

- Hinata : "C'est vrai ? Vous pouvez faire ça ?"

- Ojisan : "Bien sûr. Je possède de puissants pouvoirs."

- Hinata : "Sugoï !"

- Yoshié : "Je compte sûr vous, vous êtes mon dernier espoir."

- Ojisan : "Ikuzu."

Ils se mirent alors tous les quatre en route. Si Yoshié faisait confiance aux pouvoirs du vieil homme et si Hinata était encore trop jeune pour bien comprendre, Takao était septique. Non pas qu'il traitait le vieux prêtre de menteur, mais il avait un esprit trop rationnel pour croire que de quelconques rituels puissent être magiques. Mais en même temps qu'est-ce qu'ils perdaient à essayer ? Du temps, c'était certain et c'était ce qui leur faisait le plus cruellement défaut. Mais il n'avait pas le choix. Quand Yoshié avait décidé quelque chose, rien ne pouvait la faire changer d'avis. Il sourit en pensant au fait que Sakura avait hérité de cette partie de son caractère, elle pouvait aussi être très obstinée quand elle le voulait. Sakura . . . J'espère que tu vas bien . . .

§


§

Alors qu'elle commençait à ne plus y croire, la lumière avait enveloppée Sakura, la même lumière éclatante, aux mêmes lueurs violette et blanche. La jeune fille avait vu ce qui l'entourait se modifier lentement, en se torsadant et en prenant mille reflets irisés. C'est beau . . . C'était effectivement magnifique et, après un temps qui lui parut durer à la fois une éternité et trop peu de temps, elle atterrit en douceur sur le sol. Suis-je rentrée chez moi ?

Jetant des regards autour d'elle Sakura remarqua qu'il n'y avait pas de lierre et qu'il faisait extrêmement sombre. En levant la tête, elle n'aperçut pas le ciel, mais une charpente qui lui laissait penser qu'elle était dans un bâtiment. Alors je suis bien revenue dans le temple ? Un autre détail attira son attention : une échelle, faite de cordes et de planches, avait été installée et elle lui permettrait de remonter sans difficulté.

Sakura se fit d'ailleurs la réflexion qu'il était parfaitement étrange d'avoir installée une échelle ici. A quoi pouvait-elle bien servir ? Pourquoi quelqu'un descendrait-il dans ce puit ? Enfin elle n'allait pas se plaindre, elle n'aurait pas à faire d'escalade. La jeune fille saisit l'échelle quand elle cru discerner des voix. Elle se figea immédiatement et prêta attentivement l'oreille.

"Vous êtes sûr de ce que vous faites ?"

"Ne vous inquiétez pas. C'est une prière de notre famille qui a traversé les siècles, la fierté de notre temple."

"Demo . . . ça fait déjà plusieurs heures que nous sommes là et neesan n'est toujours pas revenue . . ."

"Silence. Rome ne s'est pas faite en un jour."

Ces voix . . . Sakura connaissait ces voix, du moins trois d'entre elles. La quatrième appartenant visiblement à un vieil homme, sans doute un prêtre d'après ce qu'elle avait entendu. Mais qui cet homme était n'avait pas vraiment d'importance. Ce qui en avait, c'étaient les trois autres personnes présentes ici.

"Et maintenant, l'eau de la purification !"

Un bruit fit lever la tête à Sakura et, avant qu'elle n'ait pu faire quoi que ce soit, elle se retrouva trempée de la tête aux pieds. Elle laissa échapper un petit cri de surprise qui se transforma en cri de mécontentement. Non mais pour qui il se prenait ce vieux bonhomme pour jeter de l'eau sur les gens ? Bon d'accord il n'était pas sensé savoir qu'elle était juste en dessous, mais quand même . . .

Bien décidée à lui exprimer le fond de sa pensée, la jeune fille commença à grimper le long de l'échelle. Elle ne s'aperçut du silence qui régnait que quand elle fut arrivée à la moitié de son ascension. Tout d'un coup inquiète à l'idée d'avoir rêvé, elle osa un léger murmure interrogatif.

- Sakura : "Otôsan ? Okâsan ? Hinata ?"

Mais le silence fut sa seule réponse. De plus en plus inquiète, elle redoubla d'ardeur pour grimper les derniers échelons et sortit timidement la tête du puit puis le buste. Elle resta ainsi, figée dans cette position, sans être totalement sortie du puit. Ses yeux s'emplirent de larmes quand elle vit sa famille debout devant elle. Elle s'aperçut alors à quel point ils lui avaient manqué. Ils avaient l'air aussi surpris et bouleversés qu'elle, sans parler du vieux prêtre qui pleurait, un air de profonde satisfaction sur le visage.

- Takao : "Sakura . . . c'est . . . c'est vraiment toi ?"

- Sakura : "Haï, otôsan . . . c'est bien moi, tadaima."

- Hinata : "Neesan . . ."

- Sakura : "Tadaima . . . Hinata . . ."

Les yeux remplis de larmes, Hinata se jeta sur sa sœur, manquant de la faire chuter. Elles échangèrent une véritable étreinte qui montrait tout l'amour qu'elles éprouvaient l'une pour l'autre et que l'éloignement n'avait fait qu'attiser. Bientôt, elles sentirent une paire de bras supplémentaire les entourer toutes le deux.

Takao serra follement ses deux filles contre lui, complètement incrédule et voulant une preuve concrète qu'il n'était pas en train de rêver. Mais quand ses bras de refermèrent sur sa fille aînée, il su que ce n'était pas une illusion, Sakura était vraiment de retour. Elle était revenue parmi eux et elle semblait en parfaite santé mise à part le fait qu'elle était trempée.

Quand ils se séparèrent enfin, Sakura avait tellement de choses à leur dire qu'elle ne savait pas par où commencer. Fallait-il qu'elle leur parle d'abord des voyous, de son voyage dans le temps, de Rin, de Sesshômaru ? Il y avait tellement de choses à dire et elle était si heureuse de les revoir après tout ce temps . . .

Puis, un mouvement à sa gauche attira son attention. Okâsan . . . Oui, sa mère était là. Elle aussi s'était visiblement inquiétée pour elle, sinon elle ne serait pas venue ici. Sakura se tourna lentement vers sa mère pour la rassurer, pour lui dire qu'elle allait bien.

Shikashi avant d'avoir pu dire quoi que ce soit, elle ressentit une douleur cuisante à la joue gauche et elle comprit sur le champ que sa mère venait de la gifler, violement. Sous le choc et sous la violence de la gifle, Sakura faillit une nouvelle fois chuter dans le puit. Arrivant malgré tout à conserver son équilibre, elle regarda sa mère sans un mot, une expression incrédule sur le visage, tout comme Takao et Hinata. Yoshié, quant à elle, regardait sa fille aînée avec colère.

- Hinata : "Neesan . . ."

La fillette regarda sa sœur d'un air apeuré avant de la pointer du doigt en tremblant. Sakura porta alors machinalement la main à ses lèvres quand elle sentit, au même moment, un goût métallique lui envahir la bouche. Elle n'eut pas besoin de regarder son doigt pour comprendre qu'elle saignait. Shikashi, elle ne pouvait toujours pas prononcer un mot, ne comprenant pas le geste de sa mère. Pourquoi l'avait-elle frappée ?

La jeune fille resta ainsi, en équilibre précaire au-dessus du puit. Elle ne se préoccupa pas du sang qui coulait lentement sur son kimono, elle ne s'en rendait même pas compte. Elle ne réagit pas non plus quand quelques gouttes du liquide écarlate tombèrent sans bruit au fond du puit. Un seul mot lui revenait sans cesse à l'esprit. Dôshite ?

§


§

Cela faisait maintenant plusieurs minutes que Sakura avait sauté à l'intérieur du puit et le silence régnait. Pas un mot n'avait été prononcé depuis que Rin, s'étant penchée au-dessus du puit, avait déclaré avec surprise que la jeune fille avait disparu. Elle était depuis restée dans cette position, sans bouger, à scruter le fond du puit comme si cela allait la faire réapparaître.

Jaken fixait le puit d'un air distrait et il semblait réfléchir, une main posée sous le menton. AhUn humaient le vent, cherchant probablement à sentir l'odeur de la ningen. Mais Sesshômaru savait que c'était inutile. Il avait un flair beaucoup développé que celui du ryûyoukaï et, même pour lui, il ne restait aucune trace de la jeune fille. Seules flottaient encore dans l'air quelques dernières effluves de la ningen qui furent bientôt dispersées par une douce brise.

Sesshômaru percevait une autre odeur qu'il aurait reconnu n'importe où, l'odeur de la ningen d'Inu-Yasha. Celle de son baka de demi-frère était elle aussi présente ainsi que celle des quatre autres ningen et youkaï les accompagnant. Mais celles de la ningen et d'Inu-Yasha étaient les plus fortes, les plus présentes. Cela ne voulait dire qu'une seule chose : la ningen se servait aussi de se puit pour faire le lien entre son monde et celui-ci. Alors elles venaient du même endroit ? De toute façon, il s'en fichait. Cela ne le regardait pas. C'était leur vie, pas la sienne.

Le taïyoukaï posa alors les yeux sur Rin qui n'avait toujours pas bougée. Il savait que le départ de la ningen avait été dur pour elle, mais il commençait à s'impatienter. Pourquoi restait-il là ? La ningen Sakura était maintenant rentrée chez elle et elle n'allait certainement pas revenir de sitôt. Et puis de toute façon, qu'est-ce que cela pouvait lui faire qu'elle revienne ou non ? Il n'avait absolument pas besoin d'elle et à vrai dire, il était plutôt soulagé de son départ. Enfin, l'était-il tant que ça ?

Et elle, pourquoi avait-elle donc formulé le souhait de les revoir ? Qu'elle veuille revoir Rin, Sesshômaru pouvait le comprendre. Il avait très vite comprit qu'un profond attachement liait les deux ningen. Elles n'avaient aucun lien de sang, shikashi elles s'aimaient comme deux sœurs. Le taïyoukaï pensa avec ironie que leur situation était opposée à celle qui le liait à Inu-Yasha : ils avaient un lien de sang, au plus grand déplaisir de Sesshômaru, et ils se haïssaient.

Que la ningen Sakura veuille revoir AhUn aussi il pouvait le comprendre, car elle portait une réelle affection au ryûyoukaï qui la lui rendait. Il savait que AhUn le considéraient comme son maître légitime même s'il n'avait aucune affection pour lui et, de toute façon, Sesshômaru n'en demandait aucune. Ils le servaient, alors les sentiments n'avaient pas à entrer en ligne de compte.

Ce qui l'étonnait, c'était qu'elle veuille revoir Jaken alors qu'elle passait son temps à se disputer avec lui. Ils se lançaient tout le temps des pics à la tête et Sesshômaru avait l'impression que parfois ils se cherchaient querelles pour des broutilles. C'était parfaitement singulier.

Et lui ? Pourquoi voulait-elle le revoir, lui ? Analyser les sentiments des autres n'était pas le point fort du taïyoukaï. Autant il pouvait lire en Jaken et en Rin comme dans des livres ouverts, autant c'était plus difficile avec la ningen Sakura. Elle semblait le respecter et l'instant d'après elle pouvait le braver ouvertement. Elle pouvait être joyeuse, douce et réservée comme froide et distante.

Et puis il y avait des paroles, des regards qu'il ne savait comment interpréter, comme celui qu'elle lui avait lancé avant de partir. Mais plus que certains regards, c'étaient ses regards . . . Ils avaient quelque chose de particulier. Sesshômaru n'aurait su dire quoi, mais quand elle se mettait à le regarder droit dans les yeux, c'était comme si quelque chose se passait. Souvent l'expression de ses yeux s'adoucissait et elle lui semblait plus fragile, plus . . .

Il secoua imperceptiblement la tête. La direction que prenaient ses pensées ne l'amènerait nulle part si ce n'est à des choses qu'ils ne désiraient pas entendre. Le taïyoukaï n'était pas encore prêt à accepter ce qu'il commençait à ressentir, ce que les deux ningen qu'il avait sauvées commençaient à lui apporter. Très lentement, elles commençaient à lui apporter ce qui lui faisait principalement défaut : des sentiments . . . Mais il était encore trop tôt pour qu'il s'en rende compte et encore plus pour qu'il les accepte.

Son regard se posa alors sur le ruban rouge qui flottait au gré de la brise, attaché à Tenseiga, et il se maudit silencieusement de n'avoir pas refusé ce 'cadeau'. Sesshômaru avaient beau être parfois cruel, il respectait toujours ses engagements et il ne revenait jamais sur sa parole. Même s'il ne lui avait rien promis, ce ruban l'obligeait à revenir voir la ningen une fois qu'elle reviendrait dans leur monde. Cette perspective ne l'enchantait guère car son temps était trop précieux pour être gâché ainsi. Et pourtant . . .

Soudain, une légère odeur lui parvint. Elle était faible, très faible mais son flair ultra sensible lui permit de la détecter tout de suite. Il connaissait cette odeur pour l'avoir déjà ressenti deux fois auparavant hors, c'était impossible. Il s'aperçut alors avec surprise que cette odeur émanait . . . du puit !

Sesshômaru leva un sourcil, intrigué, et il s'approcha lentement du puit, indifférent au regard des deux youkaï braqués sur lui. Comment pouvait-il sentir cette odeur ? Comment pouvait-elle lui parvenir ? Arrivé au niveau de la construction de bois, le taïyoukaï en scruta attentivement l'intérieur sans pour autant y voir quoi que ce soit. Rin avait levée les yeux sur lui et elle le regardait d'un air interrogateur.

- Rin : "Sesshômaru-sama ?"

Sans savoir pourquoi, Sesshômaru se sentit le besoin de dire à Rin ce qu'il avait sentit. Peut-être parce qu'il savait qu'elle était très attachée à la jeune fille. Peut-être pensait-il qu'elle avait le droit de savoir ?

- Sesshômaru : "Le sang . . . Je distingue l'odeur de son sang dans le puit."

Si Sesshômaru cru entendre un grognement inquiet du ryûyoukaï, il n'y fit pas attention. Il essayait de comprendre comment une telle chose était possible. Elle n'avait pu se blesser en partant car il l'aurait sentit avant. Cela voulait-il dire qu'il pouvait sentir ce qui se passait à l'époque de la ningen ?

- Jaken : "Du sang ?"

Le petit youkaï s'était approché, curieux, une pointe d'inquiétude mal dissimulée dans la voix. Et il n'était pas le seul. AhUn l'avaient suivit et ils humaient l'air plus fortement avant de percevoir, eux aussi, la présence du sang de Sakura dans le puit. Elle était si faible qu'ils ne la distinguaient presque pas. Mais elle était quand même là, et cela suffit pour les faire grogner d'inquiétude.

Mais la plus inquiète restait Rin. La fillette regardait avec horreur le fond du puit, s'attendant d'un instant à l'autre Sakura dans une mare de sang. Mais elle ne voyait rien de tel ce qui la rassurait et la terrifiait tout à la fois. Elle leva la tête vers Sesshômaru, les yeux agrandis par la peur.

- Rin : "Sakura-neesan est blessée ? Sakura-neesan va mourir ?"

Sesshômaru n'aurait su le dire avec exactitude car il ne savait rien de ce qui se passait de l'autre côté. Demo, si la quantité sang qu'il percevait était celle que la ningen avait perdu, elle devait être loin, très loin de l'article de la mort. A vue de nez, et ce n'était pas une métaphore, il ne devait pas y en avoir plus de quelques gouttes. Sans savoir pourquoi, Sesshômaru se sentit quelque peu soulagé de cette déduction.

- Sesshômaru : "Iie, il . . ."

Mais ne l'écoutant pas, Rin avait déjà sauté dans le puit, ses cheveux de jais flottant derrière elle. Sakura était en danger ? Qu'à cela ne tienne, elle allait venir la sauver comme la jeune fille l'avait pour elle quand elles avaient été attaquées par les loups. Elle ne songea même pas à ce qu'elle ferait une fois sur place, ni comment elle ferait pour retrouver Sakura. Tout ce qu'elle souhaitait avec ardeur, c'était être près d'elle et rien d'autre. C'est dans cet état d'esprit qu'elle se laissa tomber.

- Jaken : "Nani ? Ningen no ba . . ."

Mais Jaken ne pu finir sa phrase que Sesshômaru avait lui aussi sauté dans le puit à la suite de Rin. Ses longs cheveux argentés flottèrent gracieusement durant un court instant avant de disparaître à l'intérieur du puit. Complètement choqué par l'attitude de son maître, le petit youkaï ne pu bouger pendant quelques secondes.

Puis, reprenant ses esprits, il courut à toute vitesse vers le puit, suivit de AhUn. Etant trop petit pour voir à l'intérieur il dut, après quelques acrobaties, se hisser sur la margelle. AhUn, ne firent rien pour l'aider, complètement focalisés sur ce qu'ils voyaient à l'intérieur. Au plutôt ce qu'ils ne voyaient pas. Le ryûyoukaï grogna avec désarroi, le puit était vide ! Jaken s'en aperçut aussi tout de suite, dès qu'il se pencha vers la sombre bouche du puit. Sa surprise vira vite à la panique.

- Jaken : "Sesshômaru-sama ? Où êtes-vous, Sesshômaru-sama ?"

Respirant un grand coup, Jaken tenta de se calmer et de réfléchir rationnellement. Qu'un puissant taïyoukaï comme son maître puisse passer dans un autre monde comme cela semblait être le cas, n'avait rien d'étonnant. Mais si deux faibles ningen avaient réussit aussi, il le pourrait également.

Avalant nerveusement sa salive et prenant une grande inspiration, Jaken sauta . . . pour violement atterrir au fond du puit. A moitié assommé, il resta quelques secondes sans bouger, allongé sur le ventre. Finalement, avec un grognement de douleur, il se retourna sur le dos. Il su immédiatement qu'il ne s'était rien passé dès qu'il vit Ah et Un le regarder avec curiosité. Il était toujours là, dans son monde. Pourquoi n'avait-il pas réussit à partir lui aussi ?

Après avoir constaté qu'il n'avait rien de cassé, Jaken chercha un moyen pour sortir. Le seul qui était envisageable était de grimper au lierre qui couvrait une partie du puit. Oui, c'était la seule solution. Heureusement pour le petit youkaï, le Nintôjô était resté à l'extérieur du puit. Il l'avait posé avant de monter sur la margelle. Il aurait eu encore plus de mal à grimper s'il l'avait eu avec lui. Jaken s'agrippa alors au lierre et il entama sa pénible ascension. Sesshômaru-sama, onegaï, revenez sain et sauf. Qui sait ce que vous aurez à affronter où que vous puissiez être . . . Moi, Jaken, j'attendrais ici même votre retour.

§


§

Une fois la surprise passée, ce fut la colère contre sa mère qui l'emporta chez Hinata. Pourquoi avait-elle frappée Sakura alors qu'elle venait tout juste de revenir d'ils ne savait où ? Elle ne lui avait pas adressé un seul mot, elle n'avait pas attendu la moindre explication ! Elle l'avait giflée avec violence et en plus elle l'avait blessée. C'était la première fois de sa vie qu'elle ressentait une telle chose à l'égard d'un membre de sa famille mais elle ne s'en formalisa pas.

- Hinata : "Okâsan ! Dôshite ? Pourquoi as-tu frappé neesan ?"

Yoshié ne répondit pas, frémissante de colère, les yeux fixés sur sa fille aînée. Tous les regards étaient dirigés vers elle mais elle ne parut pas s'en rendre compte.

- Takao : "Yoshié ?"

- Hinata : "Okâsan ?"

Pourquoi lui posaient-ils des questions ? Elle n'avait de comptes à rendre à personne et elle ne désirait pas s'expliquer. Elle avait tout à fait le droit d'être en colère contre Sakura et tout autant de la gifler si bon lui semblait. Et puis pourquoi s'inquiétaient-ils pour elle ? Elle allait très bien alors qu'ils s'étaient fait un sang d'encre pour elle. Oui, elle revenait en pleine forme comme si elle avait seulement fait un voyage scolaire. Son visage ne laissait pas transparaître la moindre trace de culpabilité et cela, Yoshié ne pouvait le tolérer.

Sakura fixait toujours sa mère avec incompréhension. Mais elle se sentit trembler sous son regard froid et dur. A cet instant elle lui fit penser à Sesshômaru, sauf qu'elle n'avait jamais eu aussi peur du taïyoukaï. Même avec l'expression la plus froide, même avec l'expression de colère qu'il avait eu en remarquant l'odeur de son demi-frère, il ne lui avait jamais arraché le moindre tremblement, contrairement à ce qui était en train de se passer maintenant. La jeune fille commença alors à revenir de sa surprise quand elle comprit que son tremblement était mû tant par la peur que par la colère et la tristesse. Ce fut ce qui parvint à la sortir de son mutisme.

- Sakura : "Okâsan . . . Tu n'as pas l'air heureuse de me revoir . . . Si j'avais su, je serais restée là-bas, avec eux . . ."

Si les paroles de Sakura parurent rendre Yoshié encore plus furieuse, elles blessèrent et intriguèrent Takao et Hinata. 'je serais restée là-bas, avec eux' Mais de qui voulait-elle parler ? Avec qui était-elle et où ? Mais avant qu'ils n'aient pu poser la moindre question, il furent arrêtés par . . .

"Sakura-neesan !"

Tous sursautèrent au son de cette petite voix fluette et inquiète. Qui avait parlé ? Le temple était vite, il n'y avait qu'eux cinq . . . Mais plus que la voix elle-même, ce fut le terme 'neesan' qui les déstabilisa le plus. Ils purent voir sans difficulté l'incrédulité que reflétait le visage de Sakura ainsi qu'une étincelle qui illumina son regard l'espace d'une seconde. Et, toujours avec autant de surprise, ils la virent se tourner puis se pencher vers le fond du puit.

- Sakura : "Rin ? Sesshômaru ? Mais que . . . Que faites-vous ici ?"

- Rin : "Sakura-neesan est blessée ? Sakura-neesan saigne ?"

La jeune fille porta la main à sa bouche et elle constata qu'effectivement, elle saignait encore un peu, shikashi rien de bien méchant. Elle sourit alors à Rin de façon apaisante.

- Sakura : "Daijôbu, Rin. Arigatô."

Après un dernier coup d'œil à Rin, Sakura fixa Sesshômaru. Le taïyoukaï la dévisageait aussi de son impassible regard doré. Que faisait-il là ? Est-ce qu'il avait sentit son sang à travers le puit et qu'il avait été inquiet pour elle ? Baka ! Sesshômaru n'est pas comme ça. Non, il ne s'était sûrement pas inquiété pour elle. Mais dans ce cas, pourquoi était-il là ? Comment Rin avait-elle su qu'elle était blessée ? Et surtout, comment étaient-ils arrivés dans son monde ?

- Hinata : "Neesan ? A qui parles-tu ?"

- Takao : "Sakura, il y avait quelqu'un d'autre avec toi ? Qui sont ces personnes ?"

Le cœur de la jeune fille s'emballa. Elle était sûre qu'Hinata et son père pourraient accepter la réalité, mais sa mère . . . Et puis Rin passait encore mais Sesshômaru . . . Si sa mère le voyait et qu'elle s'apercevait qu'il n'était pas un ningen, elle allait faire une crise cardiaque ! Et même pire . . . Il fallait vite qu'elle trouve une solution, et une solution convaincante, ou alors qu'elle prie pour un miracle.

- Ojisan : "Je crois que le plus important pour le moment c'est que Sakura aille bien. Mais ne restons pas ici pour discuter. Mon petit-fils et sa mère sont à la maison, allons donc boire quelque chose pour nous remettre de nos émotions."

- Yoshié : "Iya. Je veux avoir des explications, et maintenant !"

C'étaient les premiers mots qu'elle prononçait depuis son retour et ils glacèrent Sakura sur place. Ses yeux s'emplirent de peur et elle agrippa avec force la margelle du puit. Même Sesshômaru au somment de sa froideur et de son indifférence n'avait pas eu une voix aussi froide et aussi chargée de menaces.

- Ojisan : "Yoshié, le rituel n'est pas encore terminé. Après l'eau de la purification, il reste encore quelque chose à faire. Il faut que je m'assure que Sakura et les deux autres personnes qui sont dans le puit ne sont pas hantées par un quelconque esprit malin. Cette partie du rituel peut être dangereuse et j'aimerais que vous m'attendiez à l'abri à la maison avec Takao-san et Hinata-chan. Il faut être prudent et je préfère jouer la carte de la sûreté."

Tout le monde regarda Yoshié, attendant sa réponse. Sakura était la plus anxieuse et elle était aussi terrifiée à l'idée qu'elle refuse. Elle allait avoir besoin de temps pour trouver un plan pour tout expliquer sans pour autant mentir. Autant dire que ça allait être dur.

Yoshié se détourna de Sakura pour fixer le vieux prêtre. Ainsi le rituel n'était pas fini et elle n'allait pas pouvoir avoir ses explications tout de suite . . . Cela la contrariait beaucoup car elle n'aimait pas attendre. Mais en même temps penser à des esprits malins qui se seraient peut-être introduits dans le corps de sa fille la fit frissonner. De toute façon, elle faisait entièrement confiance au vieil homme. C'est un bon prêtre et je le connais depuis très longtemps. Il ne pourrait jamais mentir, et surtout me mentir.

- Yoshié : "D'accord je vous fais confiance, ojisan."

- Ojisan : "Bien. Dites aussi à mon petit-fils, Sôta, de venir me rejoindre. Je pourrais avoir besoin de son aide. Il n'en a pas l'air mais il est très doué."

- Yoshié : "Ikuzu."

Leur tournant le dos, Yoshié sortit dignement du temple. Après un dernier regard à Sakura, Takao et Hinata sortirent à leur tour. La jeune fille poussa un profond soupir de soulagement avant de sortir du puit. Elle jeta alors un regard en coin au vieux prêtre. Il va falloir que je me débrouille avec lui avant d'affronter okâsan . . . Elle allait tout d'abord commencer par rentrer dans son jeu.

- Sakura : "Quel est ce rituel dont vous parliez ?"

- Ojisan : "C'était une excuse pour faire partir ta famille."

- Sakura : "Une excuse pour les faire partir ? Dôshite ?"

- Ojisan : "Je connais bien Yoshié et lui faire accepter la vérité ne sera pas chose facile."

Décidément, ce vieux prêtre était bien étrange et ce qu'il laissait entendre avec ses sous-entendus alarmèrent la jeune fille. Elle se tendit et se mit sur ses gardes.

- Sakura : "De quelle vérité parlez-vous ?"

- Ojisan : "La raison pour laquelle tu as disparu . . . Tu étais à l'époque Sengoku, ne ?"

Dire que Sakura était surprise était un doux euphémisme. L'époque Sengoku ? Alors c'était le nom de cette époque, elle avait bien fait un voyage dans le passé ? Mais plus que ça, c'était le fait qu'il connaisse son existence qui laissait perplexe la jeune fille.

- Sakura : "Comment le savez-vous ?"

- Ojisan : "Disons que je sais que ce puit n'est pas tout à fait ordinaire. Et puis le nom de Sesshômaru m'a mis sur la voie."

- Sakura : "Nani ?"

Sesshômaru ? Il connaissait Sesshômaru aussi ? Comment était-ce possible ? Il avait bien dit qu'il savait que ce puit n'était pas ordinaire, alors était-il lui aussi capable de passer dans l'autre monde ?

- Sesshômaru : "Comment connais-tu mon nom, ningen ?"

Le taïyoukaï sortit du puit avec grâce, ses longs cheveux flottant derrière lui telle une pluie argentée. Il atterrit avec souplesse sur le sol, Rin sous le bras, juste à droite de Sakura. La jeune fille ne manqua pas de remarquer qu'il fixait le prêtre d'un air glacial. Il déposa ensuite Rin au sol et la fillette courut se jeter dans les bras de Sakura.

- Rin : "Sakura-neesan !"

- Sakura : "Rin . . ."

La jeune fille s'accroupit et la serra contre elle. Elles avaient été séparées seulement quelques minutes mais Rin avait manqué à Sakura et la réciproque était vraie. A les voir ainsi, une personne étrangère à la scène n'aurait pas douté qu'elles étaient deux sœurs qui avaient été séparée depuis un long moment. Personne n'aurait pensé qu'elles ne l'étaient pas et qu'elles ne se connaissaient en réalité que depuis deux semaines.

- Sakura : "Rin, comment as-tu fait pour venir ici ?"

- Rin : "Sesshômaru-sama a dit qu'il avait sentit le sang de Sakura-neesan. Alors Rin a eu peur et Rin a sauté dans le puit pour aller aider Sakura-neesan. Rin y a pensé très fort et Rin est arrivée ici."

Alors comme ça Sesshômaru avait pu sentir son sang de l'autre côté du puit . . . Elle comprenait que Rin se soit inquiétée et qu'elle soit venue, mais lui, pourquoi l'avait-il suivi ? Est-ce qu'il s'était aussi inquiété pour elle ? Baka ! Arrête de penser ça, tu sais bien que c'est impossible. Mais elle ne pu s'empêcher de rougir un peu à cette ô combien attrayante perspective. Elle aurait vraiment aimée qu'il s'inquiète un peu pour elle. Mais il était pour l'instant bel et bien là avec Rin, et cela suffisait amplement pour l'instant à la jeune fille.

- Sakura : "Arigatô, Rin . . ."

Sesshômaru, lui, se préoccupait plus du vieux prêtre que des deux ningen. Comment connaissait-il son nom ? Il ne l'avait jamais vu, c'était certain, et il venait du monde de la ningen Sakura et non du sien. Shikashi il sentait sur lui comme une odeur vaguement 'familière', bien que le terme 'familière' soit un peu inapproprié. Disons qu'il avait déjà ressentit quelques fois une odeur légèrement similaire à la sienne. Le taïyoukaï allait le questionner quand il vit que ce dernier le scrutait avec insistance, une main sous le menton. Sesshômaru en conçu une vive irritation.

- Ojisan : "Hum . . . Je ne t'imaginais pas comme ça. Ta ressemblance avec Inu-Yasha n'est vraiment pas frappante. Oui, pour deux frères vous ne vous ressemblez pas du tout, si ce ne sont les cheveux et les yeux."

- Sakura : "Nani ?"

Si Sakura était de plus en plus surprise Sesshômaru, lui, commençait à comprendre. Seules deux personnes avaient pu parler de lui à ce vieux ningen impertinent. Cela expliquerait aussi pourquoi leurs odeurs étaient fortement présentes ici. Un sourd grognement monta de la gorge du taïyoukaï. Non seulement ce ningen ce permettait de le tutoyer sans aucune gêne, mais en plus il le comparait à cet abruti d'Inu-Yasha. Si ce qu'il pensait était correct, et il y avait très peu de chance pour que cela ne le soit pas, ce ningen ne devait pas beaucoup tenir à la vie. Ou alors il était complètement stupide. Sesshômaru penchait plutôt pour la seconde hypothèse.

- Sesshômaru : "Je déteste me répéter. Réponds à ma question, ningen."

- Ojisan : "C'est très simple. Ma petite fille, Kagome, peut traverser le puit pour passer d'une époque à l'autre. C'est ainsi que j'ai rencontré Inu-Yasha qui en est aussi capable. Et c'est en écoutant le récit de leurs aventures que j'ai entendu ton nom pour la première fois."

Sesshômaru l'aurait parié. Inu-Yasha pouvait venir ici, cela expliquait la forte présence de sa détestable odeur. Cela expliquait aussi pourquoi il croyait connaître l'odeur du vieux : s'il était le grand-père de la ningen de son erreur de demi-frère il partageait une odeur commune avec elle. C'était le cas dans toutes les familles, chacune avait une odeur caractéristique dont était nanti chacun de ses membres, en plus de son odeur individuelle. Tout comme lui et Inu-Yasha . . .

Il savait aussi maintenant que le vieux était au courant qu'il avait déjà essayé de tuer Inu-Yasha et sa ningen, Kagome. Alors pourquoi continuait-il de lui parler comme s'il était son égal. Il est vraiment stupide. Mais quelque part, le taïyoukaï était soulagé qu'il n'ait pas mentionné le contenu des aventures de la ningen. Il ne comprit pas pourquoi et cela l'énerva un tantinet.

Sakura tentait de digérer ce qu'elle venait d'apprendre. Premièrement : Sesshômaru et Rin avaient pu venir dans son monde. Deuxièmement : la petite-fille du vieux prêtre était aussi capable de traverser le puit. Troisièmement : apparemment elle avait déjà rencontré Sesshômaru. Et quatrièmement : le frère de Sesshômaru pouvait aussi aller d'une époque à l'autre.

- Sakura : "Alors comme ça je ne suis pas la seule à pouvoir franchir le puit pour aller à l'autre époque . . . Et qui est au courant du pouvoir de ce puit ?"

- Ojisan : "En dehors de Kagome et Inu-Yasha, il n'y a que mon petit-fils, sa mère et moi. Personne d'autre ne connaît le secret de ce puit. Je pense que Kagome va être heureuse d'apprendre qu'une autre jeune fille est aussi capable de passer dans l'autre époque et . . ."

Le cœur de Sakura se mit à battre plus vite. Ainsi, il voulait mettre sa petite-fille au courant de tout. Mais elle était de ce monde, elle était comme les autres . . .

- Sakura : "Ne lui en parlez pas, onegaï ! Je ne veux pas qu'elle le sache !"

Mr Higurashi fut surprit par la véhémence des paroles de la jeune fille. Pourquoi une telle réaction ? Pourquoi ne devait-il rien lui dire alors qu'elles vivaient la même chose ? D'accord, Sakura était avec Sesshômaru et Kagome avec Inu-Yasha et cela ferait sans doute des étincelles. Mais si elles devenaient amies, ne serait-ce pas un moyen pour rapprocher les deux frères ennemis ?

- Ojisan : "Je suis pourtant sûr que vous vous entendriez bien. Kagome doit être un peu plus jeune que toi et elle est très gentille. Pourquoi refuser qu'elle le sache ?"

- Sakura : "Je désire seulement avoir le moins de contact possible avec les gens de ce monde car j'ai apprit à les connaître. Je ne veux plus être trahie ni déçue. Je n'ai que trop connu ça et je ne veux plus jamais le revivre . . . Ne lui dites rien, onegaï . . ."

- Rin : "Sakura-neesan . . ."

La jeune fille affichait un petit sourire triste et son visage reflétait une sourde douleur. Ses yeux le suppliaient d'une façon muette, en plus de ce qu'elle venait de dire. Tout son être exprimait la souffrance et la tristesse, personne n'avait manqué de le remarquer et tous se demandèrent ce qui avait pu lui arriver pour qu'elle réagisse comme ça.

- Ojisan : "Si tu insistes je ne lui dirais rien, demo . . ."

"Ojisan, c'est quoi cette histoire de rituel ?"

Sôta venait d'arriver à toute vitesse dans le temple, ne comprenant pas pourquoi son grand-père l'avait fait appelé pour ce genre de chose. Il savait bien qu'il ne croyait que très modérément, pour ne pas dire pas du tout, à ses prétendus pouvoirs. Le jeune garçon se figea à la moitié de l'escalier quand il s'aperçut de la présence de Sesshômaru, de Sakura et de Rin.

- Ojisan : "Tu tombes bien, Sôta."

- Sôta : "Ojisan, qui sont ces personnes ?"

- Ojisan : "Je t'expliquerais plus tard. Pour l'instant va me chercher une serviette, des vieux vêtements de Kagome et un foulard autre que celui habituel. Hayaku !"

Le jeune garçon regarda son grand-père d'un air ahuri. A quoi allaient lui servir toutes ces choses ? Il ne comptait quand même pas faire un de ses prétendus 'rituels' avec ça ? Se sentant dévisagé, Sôta regarda en contrebas pour tomber nez à nez avec les yeux froids de Sesshômaru. Ce dernier le fixait d'une façon qui le fit frissonner et il avait l'impression qu'au moindre mouvement il se jetterai sur lui pour le tuer. Si les paroles de son grand-père ne l'avaient pas convaincu, le regard du taïyoukaï y parvint sans difficulté.

- Sôta : "Haï . . ."

Sôta recula doucement dans l'escalier, le cœur battant la chamade, et il sortit précipitamment du temple. Une fois à l'extérieur, il sentit un grand poids quitter ses épaules. Il ne savait pas s'il aurait pu supporter encore longtemps le regard si terrifiant de cet homme aux longs cheveux argentés.

Courant jusqu'à la maison, le jeune garçon eu envie de prendre tout son temps pour revenir, il n'était pas pressé d'affronter une nouvelle fois l'homme terrifiant qui s'y trouvait. Shikashi, ojisan lui avait dit de se dépêcher alors cela devait être important. Il ne pouvait donc pas se permettre de traîner et il accéléra encore l'allure.

Sakura était restée silencieuse jusqu'à ce que le jeune garçon parte. Ce devait être le frère de cette fille qui pouvait comme elle passer dans l'autre époque. La jeune fille avait pu remarquer sa surprise en les voyant ainsi que le malaise qui était visible sur son visage quand Sesshômaru avait commencé à le dévisager.

En toute logique, si Sôta était le frère de cette Kagome qui accompagnait Inu-Yasha, le frère de Sesshômaru . . . Il était logique qu'il n'ait pas l'air d'apprécier le jeune garçon, même s'ils ne se connaissaient visiblement pas.

Mais cela n'était pas vraiment important. Ce qui l'était vraiment c'était de savoir comment elle allait s'en sortir avec sa mère. Et puis une autre question lui trottait dans la tête.

- Sakura : "Que voulez-vous faire avec tout ça ?"

- Ojisan : "Tu es trempée, ne ? Je pense qu'une serviette et des vêtements secs ne pourront pas te faire de mal."

- Sakura : "Et pour le foulard ?"

- Ojisan : Jette un coup d'œil vers Sesshômaru. "Je doute que ta famille, et tout particulièrement Yoshié, réagisse bien en voyant les oreilles de Sesshômaru."

Le taïyoukaï laissa échapper un léger grognement de mécontentement. Il en avait plus qu'assez du comportement de ce vieux fou qui continuait à le défier ouvertement. Les deux ningen n'auraient pas été avec lui, cela ferait longtemps qu'il l'aurait déchiqueté de ses griffes. A vrai dire non, il se serait servit de son fouet de youki pour ne pas se souiller du sang de ce vil ningen.

- Sesshômaru : "Savez-vous à qui vous parlez ?"

- Rin : "Sesshômaru-sama est le seigneur des terres de l'Ouest et c'est le plus puissant de tous les taïyoukaï ! C'est Jaken-sama qui l'a dit."

Sakura se retint de sourire. Rin avait l'air heureuse comme une écolière qui avait bien apprit sa leçon et qui venait de la réciter. La jeune fille avait déjà entendu Jaken le dire plusieurs fois, comme s'il croyait que Rin et elle doutaient de la puissance de Sesshômaru ou quelque chose dans le genre. Mais cette révélation, même totalement véridique, posait problème.

- Sakura : "Je doute que le fait de dire qu'il est un taïyoukaï adoucira okâsan. Je ne sais pas comment je vais pouvoir lui expliquer qui vous êtes, surtout Sesshômaru. Je ne veux pas mentir mais je ne peux pas non plus dire la vérité . . . Je ne sais que faire . . ."

- Rin : "Il faut toujours dire la vérité."

- Sakura : "Il y a des vérités qu'il ne vaut mieux pas entendre parfois, Rin. Je ne parle pas de mentir, juste de ne rien dire en espérant que okâsan ne pose aucune question. Si jamais elle apprend toute la vérité, elle ne l'acceptera jamais. Et pour que je suive sans tâche l'avenir qu'elle m'a préparé elle serait capable de m'enfermer à vie . . ."

- Ojisan : "Tu exagères . . . Et puis tu seras bientôt majeure, ne ?"

- Sakura : "On voit que vous ne connaissez pas bien okâsan. Vous ne savez pas de quoi elle est capable pour arriver au but qu'elle s'est fixée initialement. C'est pour ça que j'ai hésité à rentrer . . ."

- Sesshômaru : "Lui dire que tu ne veux pas suivre l'avenir qu'elle te destine serait la meilleure chose à faire."

- Sakura : "J'y ai déjà pensé. Mais je ne suis pas encore prête à défier okâsan, je n'ai pas encore assez confiance en moi. De plus, tout retomberait sur Hinata et je ne veux pas qu'elle vive la même chose que moi. Pour l'instant okâsan la laisse à peu près tranquille et je veillerais sur elle au possible."

- Rin : "Sakura no okâsan . . ."

La jeune fille se rendit compte que l'expression de Rin s'était assombrie. Et pour cause : la fillette était orpheline et elle, elle n'arrêtait pas de parler de sa mère depuis tout à l'heure. Ce qu'elle pouvait manquer de délicatesse parfois . . . Sakura serra Rin contre elle.

- Sakura : "Gomen ne, Rin."

- Rin : "Iie, Rin va bien . . ."

"Ojisan, me voilà !"

Sôta s'appuya contre le mur tout en reprenant son souffle. Il avait finalement couru tout le long du chemin et il tentait maintenant de reprendre sa respiration. Il tenait sous le bras ce que le vieux prêtre lui avait demandé d'apporter.

Ce dernier s'approcha de son petit-fils avec un sourire avant de prendre et d'examiner avec un air professionnel ce Sôta venait de lui rapporter, soit une serviette, un foulard noir, une jupe beige et un pull kaki. Bien, ça devrait faire l'affaire.

- Ojisan : "Sôta, attends-nous dehors."

- Sôta : "Dôshite, ojisan ?"

- Ojisan : "Ne discute pas et ferme la porte derrière toi."

- Sôta : "Demo . . . D'accord."

Poussant un soupir de résignation, le jeune garçon amorça un demi-tour. Quand ojisan avait un regard brillant mais déterminé, il savait qu'il était inutile de lui tenir tête. Et c'était justement le regard qu'il arborait maintenant. Sôta jeta un dernier coup d'œil aux autres personnes présentes dans le temple.

La jeune fille attira tout d'abord son regard. Elle était très belle et avait des formes généreuses, même un enfant comme lui était capable de s'en rendre compte. Mais plus que son physique, ce fut l'expression de son visage qui retint l'attention du jeune garçon. Elle avait des traits fins qui lui conféraient une apparente gentillesse. Mais contrastant avec, elle avait une attitude tendue et elle semblait avoir peur de quelque chose. Quand elle remarqua son regard posé sur elle, elle sourit gentiment à Sôta. Gêné, ce dernier détourna les yeux pour les poser sur la fillette qui était serrée contre la jeune fille.

Ses traits reflétaient l'innocence même et Sôta la trouva tout de suite très jolie. En la fixant plus attentivement, le jeune garçon en conclu qu'elle devait avoir à peu près son âge et son cœur se mit à battre un peu plus vite. Rougissant, il tenta de se raisonner : ce n'était pas parce qu'elle était peut-être de son âge qu'il fallait qu'il se sente tout de suite intimidé. C'était à chaque fois la même chose : dès qu'il rencontrait une fille de son âge il rougissait et cela était immanquablement suivit par des bégaiement si elles lui adressaient la parole. Cette fois ne ferait pas exception aux autres.

Sentant un frisson lui courir le long de la colonne vertébrale, le jeune garçon releva la tête pour poser ses yeux sur le troisième occupant du temple. Il le regretta tout de suite. Ce dernier le fixait de son étrange regard doré, regard qui n'avait absolument rien d'amical, bien au contraire. Sôta déglutit difficilement. Il avait l'impression que l'homme aux cheveux argentés pouvait lire en lui et cela le rendit encore plus mal à l'aise, surtout quand ses yeux se firent plus dur, plus menaçants.

N'ayant aucune envie d'essuyer les foudres de cet homme effrayant pour une raison qu'il ignorait, le jeune garçon se hâta de sortir du temple et d'en fermer soigneusement la porte derrière lui. Il soupira de soulagement une fois qu'il fut sûr d'être hors du champ de vision de l'homme dont un simple regard le clouait sur place. Réprimant un tremblement rien qu'à cette pensée, Sôta s'adossa contre le mur du temple. J'espère qu'il ne restera pas trop longtemps ici . . .

Une fois son petit-fils sorti, Mr Higurashi se dirigea vers ses 'invités' avec un sourire. L'attitude apparemment hostile de Sesshômaru envers Sôta n'avait pas échappée au vieux prêtre mais il fit comme s'il n'avait rien vu. Il ne s'était rien passé et il doutait qu'il se passe un jour quoi que ce soit. Mais s'il devait en arriver là, il agirait sans l'ombre d'une hésitation. Il terrasserait le youkaï par un de ses puissants sorts ancestraux dont il avait le secret. Sesshômaru n'y résisterait pas, il ne le pourrait pas. Le vieil homme tendit alors la serviette et les vêtements à Sakura.

- Ojisan : "Sakura-chan, tu ferais mieux de te sécher et de te changer avant d'attraper froid."

- Sakura : "Haï, arigatô."

Attrapant la serviette et les vêtements que le vieux prêtre lui tendait, Sakura regarda autour d'elle. Certes, elle commençait à trembler à cause de l'eau qui imbibait son kimono et elle aurait bien voulu enfiler quelque chose de sec mais un problème se posait. Où pouvait-elle se changer ? Le temple ne lui offrait aucune protection. Où qu'elle aille, elle serait exposée au regard de tous et cela, elle n'en avait aucune envie. Je préfère encore garder mes habits mouillés que de me déshabiller en public. Même si ledit public était plutôt restreint et se composait d'une fillette, d'un taïyoukaï et d'un vieux prêtre.

Il ne fallut pas longtemps à Mr Higurashi pour comprendre l'hésitation de Sakura à se changer. Lui tournant le dos, il entama une discussion avec Rin tout en l'entraînant dans un coin. Après un dernier regard pour la jeune fille, la fillette suivit le vieux prêtre avec un timide sourire. Elle se sentit peu à peu plus à l'aise en sa présence et elle tenta de répondre du mieux qu'elle pouvait aux questions du vieil homme sur son époque. Son enthousiasme était communicatif et bientôt la fillette ne montra plus beaucoup de réserve.

Adossé au mur, Sesshômaru regarda d'un œil mauvais le vieux prêtre s'éloigner avec Rin et l'entraîner plus loin. Son irritation augmenta quand il vit la fillette sourire et rire comme si elle connaissait le ningen depuis longtemps. Il retint de justesse un grognement de mécontentement qui menaçait de s'échapper de sa gorge. Décidemment, ce ningen lui plaisait de moins en moins.

Avisant un mouvement sur sa gauche, le taïyoukaï tourna la tête. Il vit Sakura s'éloigner dans un coin et commencer à se sécher les cheveux. Lorsqu'elle rejeta sa longue chevelure brune en arrière d'un gracieux mouvement de la tête, Sesshômaru ne put détacher son regard d'elle. Pourtant, il savait qu'il le devait. Il n'avait pas le droit de regarder ce qui allait suivre, il le savait.

Pourtant quand la ningen commença à faire glisser son kimono qui révéla ses épaules nues les yeux dorés du inuyoukaï étaient toujours posés sur elle. Mais quand la jeune fille s'arrêta et qu'elle commença à se rhabiller, le charme paru se rompre. Sesshômaru détourna bien vite les yeux de la gracieuse silhouette pour les fixer sur le vieux prêtre et Rin qui conversaient toujours joyeusement. Il ferma un instant les yeux pour ne plus se concentrer que sur les voix des deux ningen. Mais il revoyait encore la blancheur des épaules nues de Sakura et il se surprit à voir l'image de ses lèvres frôlant son cou et testant la douceur de sa peau.

Le taïyoukaï ouvrit brusquement les yeux, secoué par ce flash qu'il venait d'avoir. Qu'est-ce qui lui prenait d'avoir une telle pensée ? Et surtout à l'égard d'une ningen ! Il avait côtoyé des femmes youkaï qui avaient eu beaucoup plus de charmes à lui offrir qu'elle. Shikashi aucune n'avait réussit à l'intéresser quelque soit les méthodes qu'elles avaient employées, que ce soit par une attitude provocante ou par des allusions discrètes. Il n'avait jamais cédé à leurs avances déplacées et obscènes lui, le fier seigneur youkaï. Alors pourquoi ? Pourquoi avait-il eu à l'instant une telle pensée pour cette ningen qui était tout à fait quelconque ?

Quelconque ? L'était-elle vraiment ? Pas vraiment puisqu'elle avait réussit à lui faire accepter sa présence à ses côtés, lui qui méprisait les ningen plus que tout. D'accord, il les considérait Rin et elle comme des ningen à part. Mais ceci n'expliquait en rien cela. Pourquoi cette image de ses lèvres effleurant doucement le cou puis les épaules de la ningen Sakura lui était-elle venue à l'esprit ? Pourquoi cela lui avait-il paru si tentant et surtout si . . . 'naturel' ?

Grognant tant d'incrédulité que de colère contre lui-même, Sesshômaru se borna à fixer Rin et le vieux prêtre, n'osant les quitter des yeux. Son attention était plus focalisée sur le ningen que sur la fillette. Si jamais il tentait d'une manière ou d'une autre de regarder la jeune fille en train de se changer, le taïyoukaï le tuerait à coup sûr.

Sakura soupira en voyant Mr Higurashi s'avancer dans un coin et lui tourner le dos tandis qu'il conversait avec Rin, conversation qui avait d'ailleurs l'air animée. La jeune fille s'avança alors dans le coin opposé. Elle se pencha en avant et frotta énergiquement ses cheveux avec la serviette. Quand elle estima qu'ils étaient à peu près secs, elle rejeta la tête en arrière, faisant voler sa longue chevelure sombre. Sakura entreprit alors de leur redonner un aspect plus présentable alors que ses mèches rebelles et emmêlées la faisaient plus ressembler à une sorcière qu'autre chose.

La jeune fille entreprit alors de se déshabiller. Elle desserra quelque peu sa ceinture avant de commencer à faire glisser le long de ses épaules le haut de son kimono. Mais quelque chose lui fit stopper son geste, une sorte de sixième sens lui dictant de se retourner car elle était observée. Remettant vite son kimono en place, Sakura tourna lentement la tête s'attendant à croiser les yeux de la personne qui l'observait. A son plus grand étonnement, ce ne fut pas le cas. Rin et Mr Higurashi étaient toujours en train de discuter et ils lui tournaient le dos.

Sakura se retourna pour voir ce qu'il en était de Sesshômaru bien qu'elle le devinait trop fier pour oser faire une telle chose. Comme elle l'avait prédit, le taïyoukaï ne regardait pas dans sa direction mais, appuyé contre le mur du temple il contemplait Rin et le vieux prêtre. Du moins c'est ce que supposait la jeune fille. Elle ne distinguait que le profil de Sesshômaru mais la direction de son regard ne trompait pas. Elle cru le voir tressaillir à un moment et elle se hâta de se retourner pour ne pas donner l'impression qu'elle l'observait.

Faisant attention de bien leur tourner le dos, la jeune fille fit glisser le haut de son kimono et le laissa retomber sur ses hanches, révélant son ample poitrine. Sakura resta un instant ainsi à contempler ce qui avait été à l'origine du cauchemar qu'avait été sa vie jusque là. Que n'aurait-elle pas donné pour être comme toutes les autres filles, pour avoir une poitrine d'une taille plus normale ! Non seulement elle la trouvait extrêmement laide mais en plus cela avait deux autres effets très désagréables : elle avait souvent mal au dos à cause de son poids et en plus ils étaient très encombrants par moment.

"Atchoum !"

Son éternuement ramena la jeune fille à la réalité et elle se rendit compte qu'elle commençait à être frigorifiée. Serrant la serviette contre elle, elle entreprit de se sécher consciencieusement. Attrapant son sac, elle en sortit son soutien-gorge qu'elle attacha en toute hâte avant de passer le pull qu'on lui avait prêté.

Elle enroula ensuite la serviette autour de sa taille et elle enleva son kimono trempé. S'essuyant du mieux qu'elle pouvait, elle enfila la jupe avant d'enlever la serviette. Sakura tenta tant bien que mal de voir le résultat mais n'ayant aucun miroir avec elle, elle ne pu que deviner ce que donnait son accoutrement : elle avait l'air d'une fille trop pauvre pour s'acheter des vêtements à sa taille ! La jupe lui arrivait à mi-cuisses, le pull lui découvrait le ventre et les manches étaient trop courtes d'au moins dix centimètres. Qu'à cela de tienne, la jeune fille les remonta jusqu'à ce que cela ne soit plus choquant.

Ramassant son sac, elle se dirigea vers la sortie du temple et donc, vers Sesshômaru, Rin et Mr Higurashi. Mais avant de partir et d'aller affronter sa mère, il restait une dernière chose à faire, sans doute la plus difficile. Courage Sakura, ça va aller . . . Avalant sa salive, elle jeta un coup d'œil à Sesshômaru qui, à sa plus grande surprise détourna le regard. Sakura marqua une seconde d'hésitation avant de continuer son chemin vers la fillette et le vieux prêtre. C'était lui qui avait ce dont elle avait besoin pour la suite.

Sesshômaru avait senti la ningen s'approcher mais il n'avait pas fait un geste pour la regarder et il avait même détourné les yeux quand son regard avait croisé le sien, l'image d'eux qu'il avait eu il y a quelques minutes était encore fortement présente à son esprit. Et plus il s'efforçait de ne plus y penser et plus elle s'imposait à lui, augmentant sa fureur.

Shikashi, une fois que la jeune fille l'eu dépassé, il se dit que la regarder maintenant effacerait peut-être l'autre image qu'il avait d'elle. Levant son regard doré vers elle, le taïyoukaï cru tout d'abord à un mirage. Clignant des yeux, il s'aperçut finalement que ce n'en était pas un. Sesshômaru ne savait que penser. Comment cette ningen pouvait-elle se promener dans cette tenue ?

Le bout de tissu qui était censé lui couvrir les jambes était ridiculement court, beaucoup plus court que celui qu'elle portait quand elle était arrivée dans son monde. Quant à celui qui devait lui couvrir la poitrine . . . il était visiblement trop court lui aussi, révélant la peau blanche de son ventre et comprimant visiblement sa poitrine.

La voyant tirer nerveusement sur son pull pour tenter de couvrir son ventre, la colère de Sesshômaru diminua un peu. Visiblement, elle n'était pas si à l'aise que ça dans cet accoutrement. Et puis ce n'était pas vraiment comme si elle avait le choix : son kimono était trempé, il lui fallait des vêtements secs. Mais ces vêtements-ci . . . Le taïyoukaï se promit qu'il trouverait un moyen de se venger du jeune ningen qui les lui avait apporté. En plus c'était le petit frère de la ningen d'Inu-Yasha, cela tombait plutôt bien.

Un mouvement de la ningen Sakura attira son attention. Elle se baissait pour ramasser quelque chose que le vieux prêtre avait posé sur les marches du temple tout à l'heure. Les yeux de Sesshômaru s'écarquillèrent légèrement quand il vit la jupe, déjà très courte, remonter de plus en plus, révélant son corps plus que la décence ne le permettait. Mais ce qui le décida à bouger fut le regard du vieux prêtre qui ne quittait pas le postérieur de la jeune fille, comme hypnotisé . . . Kisama ! Il ne pouvait laisser passer une telle chose.

Sakura s'accroupit tout en tirant sur sa jupe d'une main et ramassant le foulard de l'autre. Elle avait sentit la jupe remonter ostensiblement vers ses fesses et elle n'avait aucune envie que cette partie de son anatomie soit exposée à la vue de tous. De plus elle sentait des regards sur elle et elle s'en sentait encore plus mal à l'aise.

Se relevant puis se retournant tout en prenant soin de tirer sur la jupe, la jeune fille sursauta quand elle vit Sesshômaru arriver brusquement devant elle, une froide lueur éclairant ses yeux dorés. Il fixait Mr Higurashi d'un air qui ne laissait rien présager de bon pour le vieil homme si elle n'intervenait pas immédiatement. Le craquement des articulations de la main du taïyoukaï la conforta dans cette décision et, même si elle ignorait l'objet de cette subite colère muette, elle devait reprendre le contrôle de la situation.

- Sakura : "Sesshômaru, j'aimerais que tu acceptes de porter ceci."

La jeune fille présenta le foulard noir au taïyoukaï qui mit quelques secondes avant de poser son regard sur elle. Le ningen avait de la chance, il n'allait pas mourir de ses mains, pas aujourd'hui du moins. Mais au moindre comportement suspect, il n'hésiterait pas ! Sesshômaru contempla alors le morceau de tissu, semblant se demander à quoi il pouvait bien servir. Les paroles du vieux prêtre lui revinrent en mémoire et son utilité lui apparu alors clairement.

- Sesshômaru : "Je n'en veux pas."

Je m'y attendais. Son refus avait été prévisible et Sakura ne s'était pas trompée. Il fallait maintenant qu'elle trouve un moyen de le convaincre, ce qui n'allait, semblait-il, pas être une mince affaire. Mais elle n'abandonnerait pas aussi facilement. Si il était buté et obstiné, elle aussi pouvait l'être. Ils allaient être deux à jouer à ce petit jeu.

- Sakura : "Onegaï !"

- Sesshômaru : "Hors de question."

- Sakura : "Dôshite ? Il faut que tu le portes car okâsan ne doit pas savoir que tu n'es pas un ningen !"

- Sesshômaru : "Cela te dérangerait-il ? Le fait que je sois un youkaï, un taïyoukaï même, te poserait-il un problème ?"

- Sakura : "Moi ? Pas le moins du monde demo . . . okâsan . . . On voit bien que tu ne la connais pas. Je préfèrerais faire face à Suzumebachi une seconde fois plutôt que d'affronter sa colère !"

Sesshômaru la regarda tout en levant un sourcil, signe discret chez lui marquant la surprise. Ainsi sa mère l'intimidait à ce point . . . Ne pas vouloir affronter l'autorité maternelle, le taïyoukaï le comprenait. Il avait lui-même vécu des expériences sur lesquelles il n'aimait pas trop revenir. Mais de là à préférer combattre un youkaï et cela, surtout venant de la part d'une ningen, était passablement surprenant.

Sesshômaru fixa ses yeux dorés sur ceux de la jeune fille. Il nota tout de suite son air décidé masqué sous ses paroles où il décelait une note de supplication qu'elle avait visiblement cherché à dissimuler. Tout comme lui, elle avait sa fierté shikashi il avait beaucoup plus de vécu qu'elle et quand il avait décidé quelque chose il ne revenait presque jamais sur ses décisions.

- Sesshômaru : "Cela ne me concerne pas. Je n'ai donc pas à te suivre. Rin et moi allons rentrer."

Un éclair de surprise suivit d'un autre de colère passa dans les yeux de la jeune fille. Cette attitude était bien typiquement masculine : dès qu'un problème nécessitait leur présence, il n'y avait plus personne ! Mais elle n'allait pas se laisser faire, oh non ! Elle ne les laisserait rentrer dans leur monde qu'une fois qu'ils auraient tous été voir sa mère et pas avant.

- Sakura : "Bien sûr que cela te concerne ! Tu dois venir avec moi et il faut que tu réussisses à forger à okâsan une opinion de toi favorable ! Toi tout comme Rin !"

- Sesshômaru : "Pourquoi ferais-je une telle chose ? C'est ton affaire et pas la mienne."

- Sakura : "Cette discussion aura une influence sur notre avenir à tous les trois !"

- Sesshômaru : "Je peux savoir en quoi cela influerait sur ma vie ? Ta mère n'a aucun pouvoir sur moi."

- Sakura : "Mais elle en a sur moi ! Si vous repartez sans la voir elle en serait totalement offensée et le résultat de la discussion serait déjà fixé dès le départ ! Il faut que vous veniez avec moi et que vous impressionnez okâsan pour qu'elle me laisse retourner dans votre monde !"

- Sesshômaru : "Tu as ton monde ici. Tu n'as pas besoin de venir dans le nôtre."

Entendre cela de la bouche du taïyoukaï blessa plus la jeune fille qu'elle ne l'aurait jamais admit. Elle voulait se rapprocher de lui et là il venait ouvertement de la repousser. Ainsi il n'éprouvait vraiment rien pour elle . . . Pas même un peu de compassion ? D'amitié ? D'affection ? Iie, il n'est pas homme, ou plutôt devrais-je dire youkaï, à avoir ce genre de sentiments . . . Alors pourquoi les avait-il ressuscitées ? Pourquoi était-il venu plusieurs fois à son secours ? Pourquoi avait-il accepté son ruban ? Et puis pourquoi n'arrêtait-elle pas de se poser des questions tout le temps ?

Prenant une grande inspiration, Sakura s'exhorta au calme. Elle ferma les yeux et reprit une respiration plus lente et plus profonde tout en cherchant une réponse appropriée. Elle avait déjà formulé ce qu'elle ressentait avant de leur offrir les rubans et elle avait clairement exprimé son souhait de revenir. Sesshômaru ne s'y était pas opposé. Alors pourquoi se montrait-il si froid maintenant ? Avait-elle fait ou dit quelque chose qui l'avait contrarié ? Et voilà que je recommence, c'est pas vrai . . .

- Sakura : "J'ai déjà expliqué que je ferais tout pour revenir dans votre monde et je n'ai pas changé d'avis, j'y suis même encore plus confortée qu'avant. Avec vous, surtout avec Rin, j'ai enfin eu la sensation d'être utile à quelqu'un et d'être appréciée pour ce que je suis et non pour mon apparence ou ce que l'on croit voir en moi. J'ai enfin l'impression d'exister quand je suis avec vous . . . Je me sens bien et j'aimerais que ces moments que nous passons tous ensemble soient éternels."

- Sesshômaru : "Tu ne fais que caresser des chimères. Notre monde ne pourra jamais être le tien, à toi qui y es étrangère."

- Sakura : "Je le sais bien, tout comme mon monde ne pourra jamais être le votre. Et pourtant qu'est-ce qui vous empêcherait d'y revenir ? Vous être trois de votre monde à pouvoir passer de l'autre côté et nous sommes deux du notre à pouvoir faire de même. Si cette opportunité nous a été donnée, c'est qu'il y a forcément une raison là-dessous. Je ne crois pas au destin mais je ne pense pas que cela soit une coïncidence. Alors tant que cette faveur, autant que ce bonheur, me sera permise, je vivrai chaque instant passé avec vous comme si c'était le dernier !"

- Rin : "Sakura-neesan . . ."

- Sakura : "Oui, parce que dans votre monde j'ai quelqu'un qui attend mon retour et j'y ai rencontré des personnes qui sont pour moi comme ma deuxième famille quoi qu'en pensent les autres. C'est vous qui m'avez redonné sourire et gaieté, choses que je croyais presque éteintes chez moi . . . Alors . . . je me battrai pour revenir, même pour passer ne serait-ce que quelques petites secondes à vos côtés !"

La jeune fille se tu, cherchant à reprendre son souffle suite à ses longues tirades passionnées, chose dont elle n'avait pas l'habitude. Durant tout son monologue, l'expression du visage de Sesshômaru n'avait pas changée et il était resté impassible. Sakura se demandait ce qu'il pouvait bien penser et son masque indéchiffrable l'irritait au plus au point. Elle voulait tellement savoir ce qu'il pensait . . .

Un petit rire lui fit relever la tête et une expression de surprise inonda son visage quand elle s'aperçut que c'était Sesshômaru qui riait. Masaka ! Elle ignorait jusqu'à ce jour que le taïyoukaï était capable d'une telle chose ! La surprise était telle qu'elle ne trouva rien à dire.

Sesshômaru avait attendu que la ningen Sakura se taise. Il avait alors fermé les yeux et un petit rire s'était échappé de ses lèvres et avait secoué ses épaules. Il était très loin du fou rire et ses lèvres étaient toujours fermées, ne découvrant pas ses dents. La dernière fois où il avait eu un rire semblable avait été quand, grâce au bras ningen 'prêté' par Naraku, il avait réussit à s'emparer momentanément de Tessaïga.

Lorsqu'il ouvrit les yeux, il croisa immédiatement le visage étonné de la ningen Sakura. Bien sûr, elle ne pouvait pas comprendre et c'était normal. Lui seul en connaissait la raison. Rivant son regard à celui de la jeune fille, Sesshômaru cessa de rire et un petit sourire que l'on pourrait qualifier d'ironique étira quelque peu ses lèvres fines et bien dessinées.

- Sesshômaru : "C'est amusant . . . Tes paroles sont pleines de conviction, mais cela ne reste que des paroles . . ."

- Sakura : "Je ne . . ."

- Sesshômaru : ". . . Alors je vais vérifier si tes désirs sont véritables ou si ce ne sont que des paroles en l'air. Parce que si ce n'est que le dire, tout le monde peut le faire. Prouve-moi ta détermination et je jugerai si oui ou non ta présence est souhaitable dans notre monde."

Quelqu'un d'autre que Sakura aurait eu envie de frapper Sesshômaru jusqu'à ce qu'il cesse d'employer ce ton moqueur ainsi que pour effacer son sourire ironique de son beau visage. Mais pas elle, non pas elle. La jeune fille savait maintenant que sous son apparente froideur et sous le ton ironique qu'il avait employé . . . Sakura savait que là-dessous se cachait quelqu'un qui ne savait pas exprimer ses sentiments autrement. Le taïyoukaï avait de grosses difficultés dans ce domaine, cela était plus que certain. Mais la jeune fille parvenait parfois à décrypter le message qu'il voulait faire passer. Aussi, ne s'en formalisa-t-elle pas. Un sourire éclaira alors son visage tandis qu'elle prenait la parole.

- Sakura : "Alors tu acceptes d'aller voir okâsan avec moi ?"

- Sesshômaru : "Je n'aime pas me répéter. Ikuzu."

D'une démarche aussi digne que le lui permettait ce qui lui restait de dignité et de fierté, le taïyoukaï s'avança vers l'escalier. Shikashi au bout de quelque pas, la voix de la jeune ningen l'arrêta.

- Sakura : "Mate !"

Sesshômaru jeta un regard empli de fureur à la ningen. Il accédait à son désir alors pourquoi lui demandait-elle de ne pas partir maintenant ? Qu'est-ce qu'elle pouvait bien encore lui vouloir ? Le taïyoukaï se demanda s'il n'allait pas finalement regretter sa décision et rentrer chez lui dans l'instant.

- Sesshômaru : "Nanda ?"

- Sakura : "Tu oublies de mettre le foulard ! Ne bouge pas, je vais te l'attacher."

- Sesshômaru : "Je peux me débrouiller seul."

- Sakura : "Je n'en doute pas, shikashi . . . il faut le nouer . . ."

Au regard furieux qu'il lui lança, Sakura su qu'elle l'avait blessé en lui rappelant son infirmité. Mais elle ne pouvait pas faire autrement et elle n'avait pas dit ça pour le rabaisser d'une quelconque façon que ce soit. Demo la réalité était la réalité et elle ne pouvait rien y changer. Sesshômaru aurait été incapable de nouer ce foulard seul.

- Sakura : "J'en ai pour quelques secondes."

Alors qu'elle s'approchait, le taïyoukaï détourna la tête pour regarder droit devant lui. Lorsqu'il sentit qu'elle lui posait doucement le morceau de tissu sur la tête, il ne bougea pas plus qu'une sculpture de glace. Il en fut de même lorsque ses doigts ajustèrent ledit tissu de façon à dissimuler le haut de ses oreilles. Il la sentit alors soulever son épaisse chevelure argentée et la lui poser sur l'épaule gauche pour pouvoir faire son nœud librement. Sesshômaru pensa avec une sorte de nostalgie que la dernière personne à lui avoir touché les cheveux était son père, Inu-no-Taïshô, et cela remontait déjà à fort longtemps . . . Chichue . . .

Lorsque ses doigts frôlèrent sa nuque, Sesshômaru ne pu s'empêcher de frémir malgré lui, le contact des doigts de la ningen laissant une impression de douce chaleur là où ils avaient effleuré sa peau. L'image qu'il avait alors eu auparavant réapparu en force dans son esprit, mais cette fois les rôles étaient inversés : c'était la jeune fille qui passait doucement ses lèvres sur sa nuque . . .

Le taïyoukaï serra le poing jusqu'à ce qu'il sente ses ongles s'enfoncer dans la chair de sa main. La douleur effaça en partie l'image qui hantait encore son esprit. Il savait qu'il n'était pas sain pour lui d'avoir de telles pensées. Il ne devait pas se laisser contaminer par l'imbécillité de son baka de demi-frère. Il ne s'enticherait jamais d'une ningen. Iie, jamais ! L'amour que son père avait porté à la ningen Izayoï, la mère d'Inu-Yasha, avait été sa seule faiblesse et il l'avait perdu. Et tout ça malgré les avertissements qu'il s'était efforcé de prodiguer à son père . . .

- Sakura : "Et voilà c'est terminé ! Tu vois, je t'avais bien dit que cela ne serait pas long."

La sensation de ses cheveux que l'on enlevait de son épaule pour les laisser retomber en cascade argentée dans son dos suivit de la voix guillerette de la ningen achevèrent de ramener Sesshômaru à la réalité. Sans un mot et sans un regard il commença à gravir l'escalier.

Sakura le regarda avancer, elle aussi sans dire un mot. Puis, baissant les yeux, elle contempla ses mains. Un sourire se dessina alors sur ses lèvres. Elle ne s'était jamais imaginée qu'un jour elle allait pouvoir passer ses doigts dans les longs cheveux argentés de Sesshômaru. Ils étaient très doux et avaient une texture soyeuse. Jamais, même avec les meilleurs shampoings et après-shampoings, la jeune fille n'était parvenue à un tel résultat. Il faudra que je lui demande ce qu'il utilise pour arriver à un tel résultat.

Secouant la tête, Sakura retint un petit rire nerveux mais ne put s'empêcher de sourire de plus belle. C'était fou ce qu'elle pouvait être versatile parfois. Il y a quelques minutes elle tremblait rien qu'à l'idée de parler à sa mère et voilà que maintenant elle s'inquiétait que la chevelure de Sesshômaru soit mieux entretenue que la sienne. Le contexte aurait été différent, elle se serait ouvertement moquée d'elle-même. Mais là, ce n'était pas vraiment le moment.

- Ojisan : "Maintenant que tout le monde est prêt, je pense que nous ferions mieux de le suivre."

- Sakura : "Vous avez raison. Tu es prête Rin ?"

- Rin : "Haï !"

- Sakura : "Bien. Ikuzu."

Derrière le vieux prêtre, la main dans celle de Rin, Sakura gravit à son tour les escaliers qui allaient la mener à l'extérieur du temple, dans son monde qu'elle avait quitté durant presque deux semaines. Des escaliers qu'elle aurait, du moins l'espérait-elle, souvent à emprunter dans le futur ; des escaliers qui allaient la mener vers l'être qu'elle redoutait le plus en ce monde : sa mère.

§


§

Dès qu'ils eurent émergés du temple et rejoint un Sôta qui remercia Kami de n'être pas resté seul plus longtemps avec 'l'homme aux yeux effrayants', ils se dirigèrent tous les cinq vers la maison des Higurashi où les attendait la famille de Sakura.

Le cœur de la jeune fille battait follement dans sa poitrine sous le coup de l'appréhension. Tout le long du chemin, elle essaya de se représenter la conversation avec sa mère et de trouver des réponses convaincantes aux questions qu'elle lui poserait. Il fallait qu'elle soit ferme mais sans être agressive ou paraître lui manquer de respect et annoncer les faits sans mentir ni les altérer. Mais cela allait être dur : comment lui dire qu'elle revenait d'un séjour dans une autre époque et que Sesshômaru n'était pas un ningen ?

Sakura se laissait guider par Rin qui suivait elle-même le vieux prêtre. La jeune fille n'avait pas conscience de ce qui l'entourait, trop concentrée sur ses pensées. Elle ne remarqua même pas qu'elle était entrée dans la maison. C'est pourquoi, lorsque la fillette s'arrêta, elle la percuta.

Le choc ramena Sakura à la réalité. Elle regarda autour d'elle, un peu perdue puis, baisant les yeux, elle adressa un petit sourire coupable à Rin qui la regardait d'un air intrigué. Sans attendre de réponse, elle releva les yeux pour faire face à ceux du vieux prêtre. Elle remarqua alors qu'ils étaient devant une porte close. Derrière cette porte, okâsan m'attend . . . nous attend . . .

Sakura jeta un rapide coup d'œil sur les personnes qui l'entouraient. Le vieux prêtre semblait attendre un quelconque signe de sa part pour ouvrir la porte. Rin levait vers elle un regard chargé de tendresse et d'encouragements muets. Sôta, légèrement rouge, ne quittait pas Rin des yeux jusqu'à ce qu'un frisson lui fasse détourner la tête avec précipitation et se tasser contre le mur. Sesshômaru, lui, regardait avec une froide lueur dans les yeux la forme tremblotante du jeune garçon.

Respirant à fond, elle fit un signe de tête au vieux prêtre signifiant qu'elle était prête. Acquiescant à son tour, il ouvrit lentement la porte comme pour ménager l'effet de leur entrée ou peut-être seulement pour lui donner encore quelques secondes pour se calmer. La jeune fille n'en savait rien et elle n'avait pas envie de le lui demander. Je peux le faire ! Relevant fièrement la tête comme elle avait déjà vu Sesshômaru le faire, elle s'avança dignement derrière le maître de maison, la tête droite. Je n'ai plus peur !

Mais la confrontation s'annonçait difficile et Sakura s'en rendit compte immédiatement. Elle en perdit sa belle assurance. Ce n'était pas la tension qui régnait dans la pièce qui en fut responsable, non. Mais plutôt la vision de sa mère les bras croisés sur sa poitrine avec les yeux emplis de fureur, ce même regard qui l'avait toujours fait trembler de peur et qu'elle levait sur elle en ce moment.

De plus, la tasse de thé et les petits gâteaux placés devant Yoshié étaient intacts. C'est très mauvais signe . . . En effet, dans l'éducation que leur mère avait inculquée à Sakura et Hinata, la politesse voulait que même si l'on n'avait pas faim ou même si l'on n'aimait pas, pour faire plaisir à ses hôtes il fallait toujours prendre un peu de ce que l'on nous offrait. Hors si même elle ne l'avait pas fait en ce jour c'était que sa colère était assez forte pour lui faire oublier ses bons principes.

Sakura commença à trembler. Jamais elle n'arriverait à faire face à sa mère si elle était dans cet état. Jamais elle n'accepterait ce qu'elle avait à lui dire. Jamais elle ne parviendrait à convaincre. Jamais elle ne pourrait retourner dans leur époque. Jamais elle ne pourrait les revoir. Pourquoi cela doit-il se passer ainsi ? Je ne veux pas . . . Je ne veux pas . . . La jeune fille sentit ses yeux la brûler. Iie ! Je ne dois pas pleurer !

Elle sentit la petite main de Rin presser la sienne avec plus de force, comme pour l'encourager et la réconforter silencieusement. Sakura baissa lentement les yeux vers la fillette où elle pu lire sans difficulté le message que cette dernière voulait lui transmettre.

'Gambate, Sakura-neesan !'

Souriant, la jeune fille répondit à la pression de sa main dans la sienne. Sa réponse était aussi visible dans ses yeux et les mots auraient été inutiles.

'Arigatô, Rin . . .'

Relevant bravement la tête, Sakura s'apprêta à faire face à sa mère, à ses accusations, à ses questions, à ses reproches, à sa colère. Elle était toujours terrifiée, mais cette fois-ci elle était bien décidée à ne rien laisser paraître. Alors, pour éviter de croiser le regard de Yoshié, la jeune fille préféra étudier son père et sa sœur.

Tous deux fixaient Sesshômaru et Rin, une expression interloquée sur le visage. Ils savaient que Sakura s'entendait généralement bien avec les enfants, ce dont Takao se ventait de lui avoir transmis. 'Ce don avec les enfants est dans la famille Séno depuis des générations. Je suis vraiment heureux et fier d'avoir pu le transmettre à Sakura.' Oui, il ne cachait en rien sa fierté sur ce point.

Mais plus que Rin, c'était Sesshômaru qui les intriguait. Ils connaissaient les problèmes de Sakura et savaient qu'elle évitait les contact avec les gens de son âge, hommes ou femmes. Et lui, il avait l'air quelque peu plus âgé qu'elle. Il semblait respirer la dignité et la noblesse rien que par la façon dont il était entré et à celle qu'il avait de se tenir debout. Il leur semblait aussi entouré de mystère. Mais quelque chose chez lui les dérangeait sans qu'ils sachent quoi.

Ce fut finalement le vieux prêtre qui brisa le silence tendu qui s'était installé. Une main derrière la tête, il prit un air gêné avant de partir d'un petit rire tout en regardant Yoshié.

- Ojisan : "Je tiens à m'excuser pour les vêtements que porte Sakura-chan. Kagome, ma petite fille, est un peu plus jeune qu'elle et elles n'ont pas la même carrure. Aussi, je te prierai de ne pas lui en tenir rigueur, Yoshié."

Cette dernière daigna enfin lever les yeux vers le vieux prêtre. Encore une fois, Sakura pu remarquer qu'elle avait manqué à une autre règle qu'elle leur avait apprise. 'Quand quelqu'un vous parle, regardez toujours cette personne dans les yeux. Ne pas le faire est un grave manque de politesse à l'encontre de votre interlocuteur.'

Quoi qu'il en soit, les yeux de Yoshié se firent un peu moins durs une fois qu'ils eurent croisés ceux du vieux prêtre. Mais ça voix ne laissa filtrer aucune chaleur.

- Yoshié : "Ce n'est pas ce qui me préoccupe le plus pour le moment. Maintenant, veuillez tous vous asseoir pour que nous puissions entendre ce que tu as à dire pour ta défense, jeune fille."

Sakura réprima un frisson. Oui, c'était vraiment mauvais signe. Sa mère ne plaisantait vraiment pas. Il n'y avait que dans les moments où elle était extrêmement sérieuse ou en colère qu'elle les appelait, Hinata ou elle, 'jeune fille'. Ces moments étaient généralement difficiles à affronter et se finissaient souvent par des larmes.

Sakura avala sa salive et avança d'un pas incertain. Elle jeta un bref coup d'œil à Sesshômaru pour se rendre compte qu'il soutenait sans ciller les regards de son père et sa sœur. Que n'aurait-elle pas donné pour qu'il ne lui dise ne serait-ce qu'un mot pour l'encourager ou la rassurer . . . Qu'est-ce que je raconte ? Ce n'est pas comme s'il était mon petit ami . . .

Sentant le rouge lui monter aux joues, elle secoua imperceptiblement la tête. Qu'est-ce qui lui prenait de penser ça à un moment pareil ? Elle n'avait pas le droit d'attendre quoi que ce soit de lui. Elle n'avait rien à lui demander à part de rester lui-même. Il avait déjà accepté de la suivre et elle lui en était infiniment reconnaissante. C'est en lui et en Rin qu'elle allait puiser la force nécessaire pour affronter sa mère.

- Mme Higurashi : "Bien. Nous allons vous laisser entre vous. Sôta, Otôsan, nous sortons."

Sakura sursauta au son de sa voix. Elle ne s'était pas aperçue qu'une autre personne était présente dans cette pièce. Pourtant la femme était assise non loin de sa mère. Le vieux prêtre avait parlé de la mère de Kagome et elle venait de l'appeler Otôsan. C'était donc vraisemblablement la mère de Kagome et de Sôta. C'était une femme d'apparence calme et gentille. Elle semblait à peu près du même âge que sa propre mère, peut-être un peu plus jeune.

La bonne éducation que lui avait apportée sa mère reprit le dessus. Sakura se courba légèrement en rougissant à cause de ce manque de politesse alors que sa mère était dans la même pièce.

- Sakura : "Je n'avais pas vu que vous étiez là, veuillez excuser mon manque de politesse. Ohayo, watashi wa Sakura desu. Et voici Sesshômaru et Rin. Hajime mashite. Dozo yoroshiku."

- Mme Higurashi : "Il n'y a pas de mal voyons. Watashi wa Kagome to Sôta okâsan desu. Hajime mashite, Sakura-chan."

- Sakura : Nouvelle courbette. "Arigatô gozaimasu."

La jeune fille se redressa, souriante. Cette femme l'avait tout de suite mise à l'aise et elle respirait la gentillesse et la bonté. Elle devait être une bonne mère, attentionnée et aimante envers ses enfants. Elle devait probablement les laisser libre de choisir leur avenir et le chemin qu'ils avaient choisi si cela faisait leur bonheur. Oui, cela devait être le cas puisque sa fille était autorisée à aller voyager dans l'autre époque. Ils en ont de la chance. Pourquoi okâsan n'est-elle pas comme ça ?

Un mouvement attira son attention. La femme s'était levée et, après une courbette en direction de Yoshié, Takao et Hinata, elle se dirigeait maintenant vers la porte. Le vieux prêtre et Sôta commencèrent eux aussi à reculer.

- Yoshié : "Il n'est pas nécessaire que vous partiez. Au contraire, ce qui va se dire ici vous concernera en partie alors, onegaï shimasu . . . vous pouvez rester."

- Ojisan : "Yoshié . . . Tu . . ."

Nul besoin de plus de mots pour que Yoshié comprenne ce que voulait dire le vieux prêtre, son regard seul suffisait. Il ne servait à rien d'en parler maintenant, ils n'étaient pas encore prêts. De plus, elle s'était jurée qu'elle ferait tout ce qui était en son pouvoir pour éviter que cela ne se réalise un jour. Et cela n'arriverait pas. Jamais. Même si cela avait déjà commencé, elle en repoussait l'évidence. Jamais elle ne le permettrait. Et ils étaient concernés. Tous. Secouant la tête pour chasser ces mauvaises pensées, Yoshié fixa le vieil homme.

- Yoshié : "Iie. Je pensais juste que cela pourrait, comment dire . . . vous concerner d'une certaine façon. C'est pour cela que j'aimerai que vous restiez."

Le vieux prêtre détourna le regard pour regarder la femme qui était entre temps arrivé à son côté. Quand leurs yeux se croisèrent, ils semblèrent se dire 'Si seulement elle savait que cela avait déjà commencé pour nous aussi et ce depuis un bon moment déjà . . . Mais il ne faut rien lui dire pour l'instant, elle n'est pas encore prête à affronter la réalité.'

- Ojisan : "Je vois . . . Nous n'y voyons donc aucune objection."

Le signal fut comme donné par les paroles du vieil homme. Sakura et Rin avancèrent jusqu'à un fauteuil où elles s'assirent, la fillette sur les genoux de la jeune fille. Sôta, sa mère et son grand-père allèrent se placer de chaque côté de la porte. Sesshômaru, quant à lui, préféra s'adosser contre le mur non loin des deux jeunes ningen.

Yoshié ne le vit pas d'un très bon œil et prit cela comme une offense personnelle. Elle n'était pas habituée à ce qu'on lui désobéisse et elle détestait ça. Et si cet homme bizarre voulait la défier, elle n'allait certainement pas se laisser faire.

- Yoshié : "Asseyez-vous aussi."

- Sesshômaru : "Je préfère rester debout."

Elle resta surprise un instant. Elle avait employé son ton qui n'admettait aucune réplique et qui lui assurait d'être obéi quelle que soit la personne. Seulement il y avait répondu avec autant de froideur dans la voix. Ainsi il continuait à la défier . . . Elle le regarda alors dans les yeux, avec un regard autoritaire et légèrement agressif qui constituait sa deuxième arme. Mais il n'en paru pas affecté le moins du monde et le lui rendit tout aussi bien.

Yoshié s'empourpra légèrement sous le coup de la colère. Comment pouvait-il la défier tout en restant aussi calme, comme de marbre, non de glace ? Elle en profita pour l'étudier. Avec sa tenue excentrique, ses cheveux longs et d'une couleur non conforme à la norme, ses ongles trop longs, ses marques sur le visage, il ne lui faisait vraiment pas bonne impression. C'est un voyou !

De plus quelque chose dans ses yeux la gênait. Elle était trop loin pour voir quoi, mais elle savait qu'il y avait chez lui quelque chose qui n'était pas normal. Mais le pire était qu'il portait à la hanche un sabre qu'il avait osé emmener ici, dans la maison d'autrui. Quel manque de politesse. C'était à se demander comment ses parents l'avaient élevé.

Mais malgré tous ces détails, quelque chose d'autre émanait de cet homme. Quelque chose que Yoshié n'aimait vraiment pas. Quelque chose qui la poussait à haïr cet homme qu'elle ne connaissait pourtant pas. Une part d'elle-même enfouit au plus profond de son cœur lui hurlait que c'était parce que c'était lui. Mais elle ne l'écouta pas, n'entendant pas ses cris de détresse intérieure. Elle avait quelque chose de plus important à faire pour l'instant que de s'occuper de lui. Sa fille passait avant tout. Et ses explications aussi.

- Yoshié : "Après tout c'est vous qui voyez. Si vous voulez rester debout au lieu de vous asseoir, c'est votre problème. C'est un manque absolu de correction et de politesse. Mais je ne m'attarderai pas plus longtemps sur des choses que vous n'êtes apparemment pas apte à comprendre." Se tournant vers Sakura. "Jeune fille . . . te rends-tu compte que tu es partie pendant presque deux semaines ? Heureusement que ce sont les vacances. Comment aurais-tu fait si ça avait été pendant les cours ?"

Sakura ne pu réprimer un soupir. Elle s'en serait doutée. Les études . . . Encore et toujours les études . . . C'était vraiment la seule chose à laquelle sa mère pensait. Pourquoi était-elle ainsi ? Pourquoi ne pouvait-elle pas se rendre compte de la façon dont elle se comportait ? Pourquoi devait-elle la blesser quoi qu'elle fasse ?

- Sakura : Ton amer. "Je te remercie de te soucier de ma santé, okâsan."

- Yoshié : "Ton insolence ne fera qu'aggraver ton cas."

- Sakura : "Tu me parles de mes cours comme si c'était la chose la plus importante au monde et tu ne me demande même pas comment je vais ! Dois-je en conclure que je ne représente rien pour toi ? Je n'ai pas l'impression d'être ta fille mais plutôt une marionnette que tu manipules pour lui faire faire ce que toi tu rêvais de faire à son âge ! Mais je ne suis pas toi et je ne le serais jamais ! Je suis moi ! MOI !"

Haletante, Sakura tenta de reprendre son souffle. Ses propres paroles lui faisaient mal. Ce qu'elle disait était injuste, et elle le savait, mais c'était ce qu'elle ressentait vraiment. A présent, c'était officiel. Maintenant, sa mère savait . . .

Seulement . . .

- Yoshié : "Cesse ceci immédiatement, sinon . . ."

- Rin : "Ne grondez pas Sakura-neesan, onegaï !"

Rin s'était levée et elle dressait son petit corps entre Sakura et sa mère comme pour la protéger de ses paroles. La jeune fille se remémora la scène avec les loups, là où elle-même avait protégée la fillette de son corps pour lui permettre de s'enfuir. Rin reproduisait exactement la même chose. Sakura dû lutter pour ne pas la serrer dans ses bras. Shikashi, en ce lieu 'l'ennemi' était différent, très différent de l'autre fois.

Yoshié jeta à la fillette un regard qui aurait fait trembler n'importe qui. Rin ne fit pas exception et elle se rassit maladroitement sur les genoux de Sakura. Cependant, même si elle avait peur, ses yeux ne cillèrent pas et affrontèrent ceux de Yoshié. Sakura devrait mieux choisir ses fréquentations. Je vais veiller à ça aussi.

- Yoshié : "Je ne te permet pas d'intervenir dans cette conversation, jeune fille. D'ailleurs Sakura, qui est-elle ?"

Rin voulu répondre mais Sakura la fit taire en lui plaçant gentiment mais fermement une main sur la bouche. Elle avait été courageuse de tenir tête à sa mère ainsi, mais elle ne devait pas la défier davantage. Elle n'avait pas à être impliqué dans quelque chose qui dépassait son champ d'action.

- Sakura : "Rin est une jeune orpheline. Je m'étais tordue la cheville et c'est elle qui m'a soignée."

Enfin jusqu'à ce que je sois ressuscitée par Sesshômaru. Mais elle n'allait pas le dire à sa mère. Jamais. Ou peut-être le jour où elle serait apte à l'entendre et à le comprendre. Sous réserve qu'elle le soit un jour.

- Yoshié : "Et cet . . . homme ?"

Du coin de l'œil, Sakura vit Sesshômaru tiquer. Elle ne savait pas si c'était dû au terme 'homme' qui signifiait probablement pour lui 'ningen', à l'hésitation dans la voix de sa mère ou au ton méprisant qu'elle avait employé. Mais peut-être était-ce les trois à la fois. Mais pourquoi se montrait-elle désagréable avec lui ? Parce qu'il ne lui avait pas obéit ? Si c'était cela, c'était un comportement puéril de la part de sa mère.

- Sakura : "Il se nomme Sesshômaru. Il nous a sauvé la vie à Rin et moi alors que nous nous faisions agresser."

Enfin il nous a plutôt offert une seconde vie à toutes les deux. Mais encore une fois elle ne pouvait le dire à sa mère. En un sens, elle avait menti parce qu'elles étaient mortes mais dans un autre, il les avait bien sauvées. Alors elle ne mentait pas vraiment. Elle disait juste les choses d'une autre manière.

- Rin : Qui avait enfin réussi à de débarrasser de la main de Sakura qui l'empêchait de parler. "Sesshômaru-sama est le seigneur des terres de l'Ouest et c'est un puissant . . ."

Sakura commença à paniquer dès les premiers mots de la fillette. Pitié, pas ce mot . . . Rin, onegaï . . . Elle ne pouvait pas la faire taire d'un coup, ça aurait paru suspect. Le seul moyen était de lui couper la parole tout en continuant sa phrase. Il fallait qu'elle trouve quelque chose à dire. Hayaku !

- Sesshômaru : "Combattant."

Nani ? Sesshômaru ? Pourquoi était-il intervenu ? Etait-il décidé à mettre son plan en application ? Allait-il essayer de se faire bien voir de sa mère ? La jeune fille en doutait fort, mais elle pria pour tout en le remerciant mentalement d'avoir rattrapé la bêtise que Rin avait faillit dire.

- Takao : "Un combattant?"

Sentant la tension monter, Takao avait voulu quitter quelques instants le terrain glissant. Il avait remarqué que Yoshié semblait avoir une sorte d'animosité farouche contre le jeune homme et il pensait que s'il parlait de lui, elle pourrait peut-être plus l'apprécier.

- Sesshômaru : "Etant le seigneur, le prince, des terres de l'Ouest, je me dois de savoir combattre. Si celui qui lutte pour la survie de ses frontières ne sait ni se défendre ni attaquer, il ne survivra pas longtemps. C'est la loi du plus fort qui est en vigueur. Il ne faut éprouver ni pitié ni peur, juste le désir d'être le plus puissant et de rester en vie."

Une fois encore, le cœur de Yoshié lui hurla un avertissement qu'elle n'entendit pas. 'Prince ! Il a dit prince !' Comment pouvait-il parler ainsi à leur époque ? On aurait dit qu'il se croyait à l'époque des samouraïs.

- Yoshié : "Et c'est parce que vous êtes un soi-disant seigneur que vous vous habillez de cette façon pour le moins . . . étrange et tape à l'œil ?"

Sesshômaru s'exhorta à la patience. Après tout ce n'était qu'une ningen, c'était normal qu'elle ne puisse comprendre certaines choses. Par exemple qu'il aurait pu la tuer d'un simple mouvement du bras pour tout le manque de respect dont elle avait fait preuve à son égard depuis qu'elle avait ouvert la bouche. Mais il ne le ferait pas, il le savait. C'était la mère de la ningen Sakura et même si elles semblaient ne pas s'entendre, il ne pourrait pas la tuer. Du moins pas en sa présence. Il fallait donc qu'ils en finissent au plus vite avant qu'elle ne lui fasse perdre son calme. Ce qu'elle cherchait assurément à faire.

- Sesshômaru : "Je n'ai pas à répondre à cette question. Ma façon de m'habiller ne regarde que moi. Si elle ne vous plait pas, rien ni personne ne vous oblige à me détailler aussi impoliment que vous le faites depuis tout à l'heure. Et surtout pas moi. Sentir vos yeux me parcourir de cette façon me déplait au plus haut point."

Le mot 'ningen' mourut sur ses lèvres. Pourtant, l'envie de la rabaisser en lui prouvant sa supériorité à lui, puissant taïyoukaï, face à elle, faible ningen, était vraiment séduisante. Il voulait lire la peur dans son regard. Il voulait l'entendre le supplier de la laisser en vie. Il voulait l'entendre s'excuser. Il voulait . . . Mais les youkaï n'existaient plus dans ce monde-ci alors, comment aurait-elle réagit ? Peut-être lui aurait-elle ri au nez. Et cela, il n'était pas près à le tolérer. Iie, il la tuerait avant qu'elle n'ait le temps de comprendre quoi que ce soit. Quoi qu'en y réfléchissant bien, ce n'était pas le genre de personne qui devait connaître le sens du mot rire. Comme lui . . . ou comme sa propre mère . . .

Sakura déglutit péniblement et retint un rire nerveux. Sesshômaru n'avait visiblement aucune envie de plaire à sa mère et, de toute façon, cette dernière ne lui facilitait en rien la tâche. Elle craignait ce qui allait suivre. Oui, sa mère n'allait sûrement pas laisser passer cet affront dont elle avait été victime.

Si jamais Yoshié n'avait pas reçu la même solide éducation que celle qu'elle s'efforçait de retransmettre à ses filles, elle se serait jetée comme une furie sur cet homme pour le faire taire à coup d'ongles et de gifles. Jamais de toute sa vie elle ne s'était sentie aussi humiliée. Et surtout devant sa famille ! Jamais elle ne pourrait laisser passer ça. Jamais ! Mais cet homme cherchait à ce qu'elle s'énerve, elle en était sûre. Alors, prenant une grande respiration, elle parla avec tout le calme dont elle était capable.

- Yoshié : "Alors vous pourrez peut-être répondre à celle-ci : quelles sont ces marques sur votre visage ?"

- Sesshômaru : "Les héritiers mâles au sang pur de ma famille en héritent automatiquement dès leur naissance."

- Takao : "Une sorte de signe distinctif ?"

Sesshômaru ne répondit pas. Son père avait une ligne violacée sous chaque œil. Lui, Sesshômaru, en avait deux et il possédait aussi une lune sur le front. Tous les deux étaient de père et de mère youkaï. Inu-Yasha, un hanyô, n'avait pas ces marques, étant de sang impur, moitié youkaï moitié ningen.

- Yoshié : "Et le fait qu'il vous manque le bras gauche, c'est aussi un signe distinctif de votre famille ? On vous ampute peut-être dès la naissance ?"

- Sakura : "Okâsan !"

- Takao : "Yoshié !"

Sakura risqua un regard vers Sesshômaru qu'elle devinait sur le point d'exploser. Cette fois, sa mère n'y était pas allée avec le dos de la cuillère. Elle avait même mis les deux pieds dans le plat. Comment avait-elle pu oser lui demander une chose pareille ? Surtout avec un ton sarcastique comme celui qu'elle avait adopté.

La jeune fille vit Sesshômaru se tendre imperceptiblement à cause de la colère et de la rage qu'éveillait en lui cette ningen plus qu'insolente. Jamais il n'avait été traité ainsi, même par Inu-Yasha. Et cette ningen se le permettait . . . Peut-être qu'il n'allait pas l'épargner en fin de compte. Peut-être allait-il la tuer dans d'atroces souffrances, laissant son sang se répandre sur le sol pendant qu'elle sentirait avec horreur la vie quitter son pitoyable corps . . .

Les articulations de sa main craquèrent comme pour se préparer au carnage auquel il allait se livrer et un sourire apparu sur son visage. Jaken aurait été là, il aurait couru très vite et très loin de son maître pour aller se mettre à l'abri. Il savait que voir Sesshômaru sourire, surtout de cette façon était signe de grand danger. Oui, du sang allait souiller cette demeure . . .

"Iie . . ."

Le sourire du taïyoukaï s'effaça et il jeta un discret coup d'œil vers la ningen Sakura. Sa voix avait été si faible que même Rin n'avait rien entendu. Seul lui avec son ouïe très développée pouvait saisir ses mots.

"Ne lui fais rien . . . onegaï . . ."

Elle avait la tête baissée et tremblait imperceptiblement. Une légère odeur salée semblait se dégager d'elle. Elle . . . pleure ? Etait-ce de sa faute ? Etait-ce parce qu'elle avait senti qu'il en voulait à la vie de celle qui lui avait donné la sienne ?

"Je sais que son comportement est inacceptable, demo . . . onegaï . . ."

Non, ce n'était pas de sa faute. Comment cela aurait-il pu d'ailleurs ? C'était de la faute de cette ningen qui se disait sa génitrice et sa tutrice. C'était à cause de son comportement qu'elle pleurait. Elle qui n'avait pas eu peur de se battre contre un youkaï, elle qui n'avait pas peur de lui . . . Il l'avait vu trembler devant sa propre mère. Elle qui lui paraissait fière, elle qui lui paraissait forte . . . Elle pleurait pour lui, parce qu'elle avait honte du comportement de sa mère . . . Cette maudite ningen . . . Elle ne perd rien pour attendre.

- Sesshômaru : Regard meurtrier. "Vous semblez prendre tout ceci à la légère. La perte de mon bras prouve qu'il n'en ait rien. Sous-estimer un adversaire plus faible que soi peut parfois se retourner contre vous. Vous ne resteriez même pas une seule journée en vie là d'où je viens. Maintenant, je ne suis pas venu ici pour être critiqué ni pour subir un interrogatoire. Alors cessez immédiatement vos questions et remarques déplacées si vous ne voulez pas en subir les conséquences."

- Yoshié : "Comment osez-vous ?"

Une fois de plus, Takao se décida à changer le cours de la conversation. Là, ça commençait vraiment à déraper et il n'avait pas envie que tout cela se termine en pugila. Quelque chose le dérangeait toujours chez cet homme, mais en même temps il éprouvait pour lui un respect muet. Peu de gens arrivaient à rester ainsi de marbre face à Yoshié. Oh il était furieux, Takao pouvait sans problème le sentir et le comprendre, surtout après le dernier coup bas de sa femme. Mais son calme apparent était admirable.

- Takao : "Comment vous êtes-vous rencontrés ?"

Sakura essuya la larme qui roulait en silence sur sa joue. Jamais elle n'avait été autant humiliée par le comportement de sa mère, même dans les pires situations. Mais là . . . Comment osait-elle se comporter de la sorte avec Sesshômaru ? Comment pouvait-elle se montrer aussi détestable alors qu'elle ignorait tout de lui ? Comment pouvait-elle oser lui faire honte ainsi et surtout devant lui ? Iie, c'était surtout lui qu'elle humiliait le plus. Et il avait réussi à se contrôler. Alors elle devait faire de même. Elle ne devait surtout pas montrer à sa mère l'emprise que celle-ci exerçait encore sur elle.

Relavant la tête à la question de son père, elle se força à sourire d'une façon convaincante. Ce n'était pas facile, mais elle devait le faire. Sa voix aussi ne devait rien montrer de ce qu'elle ressentait en ce moment. Et il fallait aussi qu'elle trouve quoi répondre sans mentir mais sans révéler quoi que ce soit de compromettant à sa mère.

- Sakura : "J'ai rencontré Sesshômaru et Rin quelques heures après être . . . partie du temple. J'étais totalement perdue et j'ai fini par déboucher dans une clairière. C'est là que je les ai vu pour la première fois. Sesshômaru était blessé, sûrement après avoir livré un combat difficile. Rin est alors arrivée et elle a commencée à le soigner. Je l'ai aidé. Elle m'a ensuite hébergée et nous sommes retournés voir Sesshômaru tous les jours pour lui prodiguer les soins nécessaires. Une fois suffisamment en forme, il est parti. Nous l'avons alors suivit car rien n'attachait Rin au village dans lequel elle logeait vu qu'elle n'avait plus de famille."

- Rin : "Demo Rin a une famille maintenant. Sesshômaru-sama, Sakura-neesan, Jaken-sama et AhUn sont la nouvelle famille de Rin."

La fillette avait levé des yeux brillant de bonheur vers le visage de Sakura. Elle qui avait si longtemps été seule et rejetée de tous, elle qui ne demandait qu'une peu d'amour en retour de tout ce qu'elle avait à donner, elle qui était si attachante . . . Sakura ne pu que la serrer contre elle tout en lui passant doucement la main dans les cheveux. Rin ne tarda pas à lui rendre son étreinte.

- Sakura : "Oui, Rin . . . Nous sommes ta nouvelle famille et rien ni personne au monde ne pourra rien y faire. Jamais nous ne te laisserons, kawaï imouto."

Rin se serra plus fort contre Sakura pour enfoui son visage au creux de son épaule. Elle était si bien comme ça. Elle aimait sentir le contact de la jeune fille. Elle lui rappelait tant sa mère parfois. Elle savait qu'elle ne pourrait jamais la remplacer. Personne ne pourrait remplacer sa mère qu'elle aimait encore tant. Mais s'était si bon de ressentir de l'amour après tout le temps qu'elle avait passé seule.

Hinata regarda sa sœur serrer Rin contre elle et elle en éprouva une pointe de jalousie. La fillette l'appelait 'Sakura-neesan' alors qu'elles n'avaient aucun lien de sang et sa propre sœur l'appelait 'kawaï imouto' avec tant de tendresse dans la voix . . . Cela voulait-il dire qu'elle ne l'aimait plus autant qu'avant ? Elle s'était lassée d'elle et elle avait trouvé une nouvelle petite sœur . . . Mais pourquoi ? Elle, elle aimait tellement sa grande sœur . . . Soit, elle ferait tout pour qu'elle revienne vers elle ! Jamais elle ne la lui laisserait. Jamais. C'était sa sœur à elle.

- Hinata : "Qui sont Jaken-sama et AhUn ?"

Sakura releva la tête pour regarder sa sœur. Jaken est un gnome vert très bruyant et antipathique et AhUn est un dragon à deux têtes. Tous deux sont des youkaï. Voilà ce qu'elle aurait voulu répondre. Mais elle ne le pouvait pas.

Hinata vit avec satisfaction sa sœur se dégager de l'étreinte de la fillette. Mais le visage si emprunt de bonheur de celle-ci l'empli de remords. Après tout, elle était seule au monde . . .

- Sesshômaru : "Deux serviteurs."

Il lança un rapide coup d'œil à la sœur de la ningen Sakura. Il n'avait pas trop aimé la façon dont elle avait regardé Rin, avec cet éclair de jalousie qui était passé dans ses yeux. Mais quelque part, il comprenait ce qu'elle devait ressentir en voyant sa sœur en chérir une autre, de la même façon que son père avait . . .

- Takao : "Je te reconnais bien là ma fille. Je suis vraiment fier de toi."

- Yoshié : "Moi je trouve qu'il n'y a pas de quoi."

- Takao : "Enfin Yoshié. Tout le monde n'aurait pas porté secours à un homme blessé et ne se serait pas occupé d'une jeune orpheline par-dessus le marché."

- Yoshié : "Et très peu de personnes auraient suivie un homme dont elles ignoraient tout après avoir mystérieusement disparu de chez elle sans laisser le moindre mot."

- Sakura : "Ce n'est pas comme si j'avais eu le choix . . ."

- Yoshié : "De quel choix parles-tu ?"

- Sakura : "Des conditions qui m'ont menée au temple du Puit dévoreur d'os."

- Takao : "Tu parles des voyous ?"

- Sakura : "Comment êtes-vous au courant ?"

- Yoshié : "Tout simplement en se renseignant. Maintenant explique-nous où tu étais."

En se renseignant ? Comment ? Shino et les autres ne se seraient sûrement pas ventés de sa disparition. Il n'y avait personne aux alentours à part un petit garçon . . . Un petit garçon ? Mais, et lui ? Ne serait-ce pas lui qui . . . Iie. Quel est le pourcentage de chance qu'ils auraient eu de le retrouver ? Il devait être infime . . . Il devait y avoir une autre solution, mais laquelle ?

Ce n'est pas le plus important. Non, le plus important était qu'elle allait devoir révéler à ses parents et à sa sœur qu'elle revenait d'une autre époque. Hinata et son père passaient encore demo . . . Okâsan ne voudra jamais me croire . . .

- Sakura : "A quoi cela va-t-il servir ? Tu ne voudras jamais me croire."

- Yoshié : "Laisse-moi juger ce qui est bon à croire de ce qui ne l'est pas."

Sakura soupira. Comme toujours sa mère voulait avoir le dernier mot. Et elle l'aurait une fois encore. Elle écouterait son histoire avec un visage impassible mais rougissant de colère, et décrèterait avec force que tout cela était purement impossible et qu'elle n'avait pas à mentir parce qu'elle était allée flirter avec un homme de mauvais goût. Elle terminerait en croisant les bras et en disant qu'elle avait besoin de consulter un psy.

En fait non, elle ne dirait pas cela. Aller voir un psy reviendrait à dire que quelque chose n'allait pas chez sa fille et donc dans sa famille. Or cette dernière se devait d'être parfaite. Elle m'enfermera sûrement dans ma chambre jusqu'à ma majorité et même au-delà ne me libérant que pour aller en cours et m'imposant un couvre-feu très strict. A moins qu'elle ne me fasse suivre des cours par correspondance . . . Mais avait-elle le choix ? Iie. Sa mère attendait une réponse et elle ne lâcherait pas prise avant de l'avoir.

Soupirant une nouvelle fois, la jeune fille tâcha d'expliquer du mieux qu'elle pouvait le phénomène duquel elle avait été victime : cette lumière violette et blanche qui l'avait entourée dans le puit à l'allée comme au retour ; le fait qu'elle avait été dans une autre époque qui était apparemment l'époque Sengoku ; le fait que le puit était le lien entre les deux époques ; le fait que Sesshômaru et Rin étaient des habitants de cette époque et que, eux aussi, ils avaient réussit à traverser. Elle essaya d'argumenter sur le fait que cette opportunité n'était pas donnée à tout le monde, que c'était une chance, que c'était sûrement parce qu'elle avait quelque chose à accomplir de l'autre côté . . .

Si son père et sa sœur étaient complètement incrédules, sa mère était toujours impassible. Mais contrairement à l'attente de Sakura, son visage avait considérablement blanchi. Puis, surprenant tout le monde, Yoshié se leva d'un bond et abattit de toutes ses forces ses mains sur la table, reversant thé et petits gâteaux. Ses yeux lançaient des éclairs et sa voix était sifflante d'une colère qu'elle ne retenait pas. Mais une autre émotion perçait sans que la jeune fille puisse l'identifier.

- Yoshié : "Je t'interdis de revoir ces personnes ! Tu ne dois plus jamais les revoir ! Jamais ! Je t'accompagnerai en cours, je t'enfermerai à vie s'il le faut mais jamais je ne te laisserai avoir d'autres contacts avec eux !"

Sakura était sans voix. Elle ne s'attendait pas du tout à une telle réaction et à de telles paroles respirant la haine. Bien sûr, elle savait que sa mère ne voudrait pas qu'elle les revoit, mais quelque chose la chiffonnait . . .

- Sakura : "Okâsan . . . tu . . . tu me crois ?"

- Yoshié : "Le problème n'est pas de savoir si je crois ton histoire ou non. Le problème c'est que je te dis, iie je t'ordonne de m'obéir et tu m'obéiras, quoi qu'il puisse nous en coûter à tous."

- Sakura : "Mais pourquoi ? Pourquoi fais-tu ça ? Tu . . . tu ne les connais même pas ! Je suis sûre que si tu te donnais la peine de le faire, tu . . ."

- Yoshié : "Assez ! J'en sais déjà bien assez comme ça ! Tu n'as pas à discuter mes ordres ! Alors lève-toi et rentre tout de suite à la maison !"

Sakura se releva vivement, manquant de faire chuter Rin qui parvint in extremis à garder son équilibre. Certes, elle s'était levée. Mais elle n'avait pas l'intention d'obéir pour autant.

- Sakura : "Je refuse !"

- Yoshié : "C'est un ordre, jeune fille !"

- Sakura : "Un ordre auquel je n'ai pas l'intention d'obéir !

- Yoshié : "Comment oses-tu me défier ?"

- Sakura : "Et toi ? Je suis ta fille, j'ai des sentiments . . . Comment oses-tu me traiter comme un vulgaire objet ?"

- Yoshié : "C'est plus que je ne peux en supporter !"

Traversant en quelques enjambées les trois mètres qui la séparaient de Sakura, Yoshié leva le bras et amorça une gifle qui allait montrer à son effrontée de fille qui commandait dans cette famille. Jamais elle ne lui laisserait le choix dans ce domaine. Jamais ce jour n'arriverait ! Jamais ! Elle ne le permettrait pas. Et si il fallait en arriver là, elle ferait obéir Sakura par la force.

- Takao : "Yoshié ! Ne fais pas ça !"

- Hinata : "Iya ! Okâsan !"

- Rin : "Sakura-neesan ! Abunai !"

Sakura ferma les yeux dans l'attente du choc inévitable qui allait se produire entre la main de sa mère, brûlante de colère, et sa joue, brûlant elle d'indignation. Elle savait que la gifle qu'elle avait reçue dans le temple ne serait rien en comparaison de celle qui l'attendait ici. Mais ça ne faisait rien. Elle resterait quand même droite, subissant la douleur sans broncher. Elle lui montrerait le pouvoir de sa détermination. Car jamais sa mère ne pourrait l'empêcher de retourner voir Sesshômaru et Rin. Sans oublier Jaken et AhUn. Même l'armée ne pourrait l'arrêter.

Alors la jeune fille attendit. Un bruit suivit d'exclamations étonnées lui parvint, mais pas la moindre douleur. Ouvrant prudemment un œil, Sakura eu du mal à croire ce que ses yeux voyaient et son cerveau mis plusieurs secondes à traiter et à analyser l'information.

Devant elle, le visage congestionné par la colère et l'animosité, sa mère avait été stoppée dans son élan par . . . Sesshômaru ! Sa main s'était refermée sur le poignet de Yoshié et il devait monopoliser toutes ses forces pour ne pas le lui broyer ou le faire fondre avec son Dokkasô. Ça aurait pourtant été si simple . . . Il pourrait peut-être un peu se relâcher. Oh, pas beaucoup. Juste de quoi lui laisser une cicatrice à vie. Rien de bien méchant. Juste pour lui rappeler que c'était lui le plus fort.

Mais la voix de Yoshié, vibrante de fureur coupa court à ses pensées.

- Yoshié : "Lâchez-moi !"

Il resserra d'avantage son étreinte et la petite grimace de douleur qui crispa un instant le visage de cette ningen détestable lui fit plaisir. Peut-être allait-elle enfin se rendre compte qu'il fallait éviter de l'énerver. Si Jaken avait pu le comprendre, tout le monde le pouvait, même cette stupide ningen. Il pensa distraitement qu'il ne faudrait pas qu'il oublie de bien se laver la main une fois rentré.

- Yoshié : "Vous me faites mal, lâchez-moi !"

Et en plus d'être stupide et énervante, elle n'avait aucune fierté. Elle admettait ressentir de la douleur en public. Sesshômaru aurait préféré mourir sur le champ plutôt que d'avouer pareille chose. Il n'y avait aucun doute possible, elle représentait bien la race des ningen. Ils étaient tous semblables. Enfin tous . . .

Ses yeux se posèrent sur les deux ningen qui avaient fait le choix de le suivre lui, le puissant taïyoukaï Sesshômaru, et qu'il avait accepté à ses côtés sans trop savoir comment. Elles étaient différentes. Elles ne se plaignaient pas et faisaient preuve de courage, qualités rares pour des ningen, surtout pour des femmes.

Il pouvait lire l'étonnement dans les yeux de la ningen Sakura. De l'étonnement ainsi que de . . . la joie et de la reconnaissance. Elle est heureuse. Dôshite ? Sa mère avait faillit la frapper avec violence et elle, tout ce qu'elle trouvait à faire c'était de lui sourire. Et si . . . et si c'était parce qu'il l'avait sauvé ? Encore . . . Aucun doute là-dessus, ses yeux le remerciaient. Mais pourquoi avait-il fait ça ? Pourquoi l'avait-il . . . protégée ? En fait c'était comme si . . . son corps avait agit seul. Mais en même temps, il n'avait pas eu envie que cette ningen lève la main sur la ningen Sakura, même si c'était sa mère.

Soudain, l'expression de ses yeux changea. Ils s'écarquillèrent et la peur remplaça cette douce lueur qui y brillait l'instant d'avant. Il ne lui fallut qu'un dixième de seconde pour comprendre pourquoi. La mère de la jeune ningen avait amorcé un geste de sa main gauche. Elle allait le frapper. Elle voulait le frapper.

Un grondement s'échappa de sa gorge. Une ningen osait lever la main sur lui, le puissant Sesshômaru. De tous ceux qui avaient essayé de lutter contre lui, aucun n'était ressorti vivant si ce n'étaient les ningen qui voyageaient avec Inu-Yasha. En tout cas, si jamais elle osait, elle n'en ressortirait pas vivante. Il la tuerait sur le champ, malgré la présence de ses deux ningen.

Mais la main de Yoshié s'arrêta à quelques centimètres de sa joue, tremblante. Ce qu'elle lisait dans les yeux de l'homme la terrifiait. En fait non, c'étaient ses yeux même qui la terrifiaient. Des yeux cruels et froids comme la glace. Des yeux d'où ne ressortait aucune pitié, aucun sentiment humain. Des yeux dorés tel le froid métal. Des yeux sans aucune chaleur. Son cœur se serra. Ce n'était pas lui . . . Iie, ça ne pouvait pas être lui . . .

Si elle ne le frappa pas, elle n'en perdit cependant pas sa répartie.

- Yoshié : "Frapper un étranger, même tel que vous, serait d'une grande incorrection. Mais sachez que je ne vous laisserai pas interférez dans la vie de la fille, qui ou quoi que vous soyez. Vous n'avez rien à faire ici et je vous chasserai de cet endroit où vous ne devriez pas être. Retournez donc chez vous et ne revenez jamais."

Un instant, Sesshômaru l'avait cru assez intelligente pour s'arrêter, se taire et partir. Oui, il l'avait cru quand elle avait arrêté sa main à quelques centimètres de son visage. Mais dès qu'elle avait ouvert la bouche, il avait comprit qu'il s'était trompé. Jamais cette ningen ne saurait se montrer raisonnable. Elle était trop fière, ou trop bête, pour cela.

- Sesshômaru : "Je n'ai aucun ordre à recevoir de vous qui n'êtes rien pour moi. Je fais ce que bon me semble avec qui je veux. Et ce n'est certainement pas quelqu'un comme vous qui me fera aller à l'encontre de ma volonté. Si j'ai décidé de venir la revoir, je reviendrais. De même que si elle veut revenir, elle reviendra. Vous n'avez aucun pouvoir de décision là-dessus."

- Yoshié : "Elle est ma fille et elle est encore mineure par-dessus le marché. Elle fera ce que je lui ordonnerai. Elle ne m'avait jamais désobéi, jamais tenu tête jusque là. Je remarque que vous avez déjà une mauvaise influence sur elle."

- Sesshômaru : "Je pense ne pense pas y être pour quoi que ce soit. Elle s'est seulement rendu compte qu'elle ne pouvait plus supporter votre comportement ni vos agissements."

- Yoshié : "Comment pouvez-vous juger mon comportement, comment pouvez-vous me juger alors que vous ne me connaissez même pas ?"

- Sesshômaru : "Je vous retourne la question."

Le taïyoukaï relâcha la main de Yoshié et ils se regardèrent en chiens de faïence, leurs yeux lançant des éclairs. Durant tout leur échange, pas un autre bruit ne s'était fait entendre. Même les mouches n'osaient plus bourdonner. La tension était perceptible par tout le monde et personne ne souhait être celui ou celle qui devrai les arrêter avant que cela ne tourne au massacre.

Sakura n'avait pas prononcé un mot, comme tous les autres. Mais elle n'appréciait pas vraiment que l'on parle d'elle tout en faisant comme si elle n'était pas là. Quoi ? Elle n'était pas transparente tout de même ! Et puis c'était quand même de sa vie, de son avenir dont il était question.

La jeune fille n'aurait su dire si Sesshômaru agissait ainsi uniquement pour préserver sa fierté, ou allez savoir quoi, ou si c'était pour elle. Après tout, il avait empêché sa mère de la frapper et il semblait intercéder en sa faveur pour qu'elle puisse revenir le voir lui, et les autres. Mais peut-être se trompait-elle. Peut-être qu'il avait seulement perdu son calme et qu'il disait tout ce qui lui passait par la tête. Non, c'était fort peu concevable. Sesshômaru était quelqu'un qui était né avec une quasi-totale maîtrise de lui. Il n'aurait pas pu s'emporter pour si peu. Enfin si peu . . . C'était quand même d'elle dont il s'agissait . . .

Mais avec tout ça, elle en avait perdu le fil de la discussion. Où en étaient-ils ? Elle avait plutôt intérêt à tout écouter si elle ne voulait pas manquer quelque chose de capital.

'Si j'ai décidé de venir la revoir, je reviendrais. De même que si elle veut revenir, elle reviendra. Vous n'avez aucun pouvoir de décision là-dessus.'

En parlant de choses capitales . . . Elle n'avait pas rêvé, Sesshômaru venait bien de prononcer ces paroles . . . Mais, comment . . . ? C'est bien lui qui m'a dit que son monde ne serait jamais le mien . . . Il n'était pas du genre à revenir sur ce qu'il disait ou faisait. Alors pourquoi ? Sakura était perplexe. Mais en même temps, ça lui faisait si plaisir d'entendre ça de sa bouche. Ça prouvait qu'il ressentait quand même quelque chose pour elle, même si cela n'était qu'un tout léger début d'amitié. N'importe quoi du moment qu'elle pouvait le revoir.

La jeune fille lui serait éternellement reconnaissante pour tout ce qu'il avait bien pu dire ou faire aujourd'hui. Eternellement. Mais maintenant, c'était à elle de convaincre sa mère et ce, par tous les moyens.

- Sakura : "Arigatô, Sesshômaru. Maintenant, c'est à moi de régler ça."

Lorsque Sesshômaru tourna les yeux vers elle, elle pu les voir 's'adoucir' un peu. Ils perdirent de leur animosité sans pour autant devenir chaleureux, il ne fallait pas exagérer. Les éclairs meurtriers (et là elle n'extrapolait pas) de ses yeux disparurent pour laisser place à son habituel regard indéchiffrable où rien ne transparaissait.

Après quelques secondes, il haussa les épaules et releva fièrement la tête avant d'aller s'adosser au mur d'un air indifférent.

- Sesshômaru : "Fais comme tu veux."

Sakura retint un sourire. Son attitude laissait croire qu'il s'en contrefichait, mais quelque chose en elle lui murmurait qu'en fait son haussement d'épaule signifiait : 'Elle était à ma merci.' ou 'J'aurai pu la tuer.' ou encore 'Les ningen . . .' La troisième paraissait la plus rassurante.

La jeune fille se tourna alors vers sa mère, prête à argumenter pour obtenir ce qu'elle voulait plus que tout. Jamais elle n'avait désiré quelque chose à ce point. Jamais, en dehors de sa famille, elle ne s'était autant attachée à quelqu'un. Jamais elle n'avait tenu tête à sa mère de cette façon. Mais en y réfléchissant bien, tout ça avait du bon. Il était enfin temps qu'elle s'affirme auprès de sa mère.

- Sakura : "Okâsan . . . Je crois que je comprend . . . Je sais que tu m'as toujours protégée à ta façon, de la manière que tu croyais la meilleure. Je sais que c'est ta façon de montrer que tu m'aimes et je regrette ce que j'ai pu dire sous le coup de la colère tout à l'heure. J'ai toujours suivit à la lettre le chemin que tu m'avais tracé et ce, sans rechigner. Je sais que les études ont une grande importance pour toi car elles seront la base de ma vie future. Mais ce n'est pas comme si je te demandais de les arrêter. Je veux juste pouvoir revoir Sesshômaru, Rin et les autres de temps en temps. Je ne te demande pas grand-chose. Juste pendant le week-end et les vacances. Je te jure que je travaillerai plus dur, que j'aurai des meilleures notes . . . mais je t'en prie, je t'en supplie . . . Laisse-moi les revoir . . . onegaï . . ."

- Yoshié et Sesshômaru : ". . ."

- Takao : "Sakura . . ."

- Hinata : "Neesan . . ."

- Rin : "Sakura-neesan . . ."

- Sakura : "Et si . . . et si malgré tout tu refuses ce que je te demande . . . alors . . . alors je ne rentrerai pas à la maison !"

La jeune fille étudia sa mère pour tenter de percer ses pensées. Mais rien ne transparaissait, que ce soit sur son visage ou dans ses yeux. Pourtant, quand elle se détourna avant de s'en aller, Sakura cru discerner de la tristesse dans son regard.

Ce ne fut que lorsque Yoshié arriva devant la porte close qu'elle se décida à ouvrir enfin la bouche.

- Yoshié : "Quoi que je dise et quoi que je fasse, tu ne changeras pas d'avis ?"

- Sakura : "Iie."

- Yoshié : "Ces personnes que tu viens à peine de rencontrer t'ont beaucoup changée. Peut-être parce que tu t'es enfin ouverte à quelqu'un d'autre que nous, ta famille. Je ne sais si c'est une bonne chose ou non. Normalement, tout porterait à croire que oui, demo . . ."

- Sakura : "Okâsan . . ."

- Yoshié : "J'ai peut-être effectivement été trop sévère avec vous deux et particulièrement avec toi, Sakura depuis quelques temps. Mais je redoutais tant ce moment. C'est pour ça que j'ai agi ainsi. J'ai espéré que ça ne se produirait pas durant ta génération . . ."

- Sakura : "Je ne comprend pas . . ."

- Yoshié : "Mais tous mes efforts n'ont servis à rien. Tu as finalement rencontré ton Prince d'or et d'argent mêlé et je n'ai rien pu y faire . . . rien . . . Pourquoi toi ? Pourquoi nous ? Qu'est-ce que j'ai bien pu faire de mal ?"

Sakura était complètement perdue, et elle n'était pas la seule. Seuls le vieux prêtre et sa fille semblaient comprendre de quoi il retournait. Pourquoi sa mère se mettait-elle dans des états pareils juste parce qu'elle souhaitait les revoir ? Elle détestait tant Sesshômaru ? Et pourquoi l'avait-elle appelé 'Prince d'or et d'argent mêlé' ? Etait-ce parce que . . . ?

La jeune fille rougit. Non, sa mère ne pouvait pas en arriver à des conclusions aussi hâtives. Elle n'avait tout de même pas cru que . . . que elle et Sesshômaru allaient . . . qu'entre eux il y avait . . . Non, bien sûr que non ! De toute façon, ça n'arriverait jamais. Le taïyoukaï n'avait pas une assez bonne considération des ningen pour en arriver à cette possibilité.

- Sakura : "Je ne comprend pas ta détresse. Je ne te demande pas de partir pour toujours . . . En plus tes efforts portent leurs fruits encore maintenant, ne ? Sinon pourquoi t'aurai-je promis d'étudier encore plus sérieusement qu'auparavant ? Et puis je n'ai pas changé, je suis toujours . . . moi."

La jeune fille vit sa mère tressaillir puis il lui sembla voir ses épaules trembler légèrement. Mais peut-être s'était-elle trompée.

- Yoshié : "C'est vrai . . . Takao, Hinata . . . rentrons à la maison."

Ouvrant puis franchissant la porte, Yoshié sortit sans se retourner. Mais, après avoir fait quelques pas en dehors de la pièce, elle paru se raviser et elle ajouta quelque chose.

- Yoshié : "Ce n'est pas la peine de trop en faire. Fais juste de ton mieux, comme d'habitude. Nous t'attendons pour dîner. Ne sois pas en retard."

Et elle parti, refusant que Mme Higurashi les raccompagne. Elle connaissait le chemin. L'odeur légèrement salée d'une larme et le bruit étouffé d'un sanglot parvinrent jusqu'à Sesshômaru. Il nota les informations sans trop y attacher d'importance. Elle pleurait ? Et alors ? Il s'en contrefichait. En fait non, il en était heureux. Elle avait été vaincue par sa propre fille. Et quoi de plus humiliant pour une mère que d'être vaincu par son propre enfant ? Ofukuro . . .

Après être restés un instant immobiles, Takao et Hinata semblèrent revenir à la réalité. Ils regardèrent Sakura en souriant puis ils se dirigèrent en silence vers la porte. Sur le seuil, son père lui adressa un clin d'œil tandis que sa sœur lui faisait un petit signe de la main.

- Takao : "Ne mets pas trop de temps à les raccompagner."

- Hinata : "A tout à l'heure, neesan."

Et ils disparurent du champ de vision de l'adolescente qui se laissa tomber, ébahie, dans le fauteuil. Sa mère avait accepté ! Elle . . . elle . . .

- Sakura : "J'ai gagné . . . J'ai tenu tête à Okâsan . . . Rin, je vais pouvoir revenir vous voir !"

- Rin : "Rin est contente ! Rin va pouvoir revoir Sakura-neesan !"

- Sakura : "Si tu savais comme je suis heureuse . . ."

Les deux jeunes filles se jetèrent dans les bras l'une de l'autre. Elles étaient au comble du bonheur. Sakura avait tant espéré le 'oui' de sa mère . . . Bon d'accord, il avait été implicite, mais il était là. Elle avait gagné . . . elle avait gagné le droit de les revoir. C'était magnifique. Que demander de plus ? Oh une chose . . . elle avait un autre vœu à formuler . . .

Sakura se redressa, tira un peu sur ses vêtements pour les remettre en place, se leva et s'avança pour faire face à la famille Higurashi.

- Sakura : "Je suis désolée que vous ayez dû assister à tout cela."

- Mme Higurashi : "Ce n'est rien voyons. Nous avons l'habitude des disputes."

- Sôta : "C'est vrai. Neesan et Inu-Yasha-niisan se disputent tout le temps . . ."

- Mme Higurashi : "Mais c'est fou ce qu'ils s'adorent."

- Ojisan : "Haï haï."

Sesshômaru retint un grondement. Comment ce misérable gamin ningen osait-il appeler Inu-Yasha de cette façon ? D'un côté, ça lui correspondait bien à lui qui aimait à traîner parmi les ningen. Mais en même temps, cela entachait leur famille, sa famille, lui. Inu-Yasha avait quand même du sang de youkaï dans les veines. Alors si ce ningen l'appelait 'niisan' . . . c'était soit qu'il estimait les ningen au même niveau que les youkaï soit qu'il descendait les youkaï au même niveau que les ningen. L'une comme l'autre, ces deux solutions étaient inacceptables. Il fallait vraiment que ce ningen apprenne sa place.

Alors comme ça l'autre fille et le frère de Sesshômaru passaient leur temps à se disputer . . . Quel genre de personne pouvait bien être cet Inu-Yasha ? Sakura n'arrivait pas à s'en faire une image. Etait-il aussi beau que le taïyoukaï ? Avait-il le même caractère ? Probablement pas. Sinon il ne passerait pas son temps à se disputer avec la fille. Il était peut-être plus immature d'où le fait que Sesshômaru ne le supportait apparemment pas. D'ailleurs son nom venait d'être évoqué et l'inuyoukaï semblait moins impassible qu'auparavant.

Mais elle s'égarait là. Elle avait quelque chose d'important à demander avant.

- Sakura : "J'ai . . . j'ai un service à vous demander. Je sais que ça ne se fait pas, demo . . . pourriez-vous, onegaï, laver mon uniforme ? Il ne faut pas que ma mère le voit dans cet état. J'ai eu beau frotter, toutes les tâches ne sont pas parties."

La jeune fille sortit son uniforme tâché de sang, du sang des loups, de son sang. Elle savait que si jamais sa mère mettait la main dessus, elle reviendrait immédiatement sur sa décision. Or, il n'en était pas question.

Mme Higurashi prit des mains de la jeune fille l'uniforme tendu avant de l'examiner avec attention.

- Mme Higurashi : "C'est du sang, ne ? Je ne sais pas ce qui t'est arrivé mais ça n'a pas dû être très drôle. Quoi qu'il en soit, ne t'inquiète pas. J'ai fini par trouver un produit miracle. Avec Kagome, je suis équipée. Quand elle entre, rares sont les fois où son uniforme n'est pas tâché de sang. Et la plupart du temps ce n'est pas du sien."

Sakura avala sa salive. Mais quel genre de personne était donc cette Kagome ? Une tueuse psychopathe ? C'était fort peu probable. Mais sinon comment expliquer qu'elle pouvait rentrer recouverte de sang ? Et comment ce faisait-il que sa mère ne paraisse pas s'en inquiéter ? Elle devait faire une drôle de tête car Mme Higurashi poursuivit.

- Mme Higurashi : "Inu-Yasha passe son temps à se battre. A ce que raconte Kagome, il en ressort parfois en piteux état. C'est à se demander combien de litres de sang contient son corps."

Si elle avait espéré la rassurer de cette façon, c'était un peu raté. Alors ce serait cet Inu-Yasha le tueur psychopathe ? Non, ça ne tenait pas debout. Ces personnes-là faisaient souffrir sans se blesser. Enfin il s'agissait peut-être d'un nouveau genre de psychopathe sado-masochiste. On en voyait tellement de choses et de personnes incroyables . . .

Percevant un léger mouvement à sa droite, Sakura jeta un coup d'œil sans en avoir l'air à Sesshômaru. Ce même Sesshômaru qui avait à cet instant précis un petit sourire narquois sur le visage. Apparemment il n'est pas étranger à certaines des blessures de son frère. Pour qu'ils en arrivent à ce point, ils ne devaient vraiment pas se supporter. Et à voir les regards que les trois membres de la famille Higurashi lançaient au taïyoukaï, ils n'ignoraient pas qu'il n'y était pas étranger.

- Sôta : "Mais il ne faut pas s'inquiéter. Inu-Yasha-niisan est fort. Il tue tous les méchants, enfin presque tous . . ." Petit coup d'œil discret à Sesshômaru. ". . . et il protège neesan. Elle dit qu'il est violent, bête, gamin et qu'on ne peut pas compter sur lui, mais moi je l'aime bien. Il est gentil et marrant."

Violent . . . bête . . . gamin . . . marrant . . . Sakura eu un instant de doute et elle se demanda si Sôta parlait bien du frère de Sesshômaru. Il était réellement comme ça ? Mais comment deux frères pouvaient-ils paraître différents à ce point ? Bon ils n'étaient que demi-frères, comme lui avait 'gentiment' appris Jaken, mais quand même. Sesshômaru qui respirait la maturité, le sérieux et la maîtrise de soi à tous les niveaux . . . La jeune fille ne s'étonnait maintenant plus du fait que les deux frères ne s'entendaient pas.

- Sakura : "Peut-être aurais-je l'occasion de le rencontrer un jour . . ." Entend un léger grognement de Sesshômaru. ". . . ou peut-être pas. Je vous remercie de votre gentillesse et de votre patience. Nous allons y aller maintenant."

Elle avait à peine eu le temps de faire un pas que la voix de Sesshômaru l'arrêta dans son élan.

- Sesshômaru : "Pas encore. Il reste encore quelque chose."

- Sakura : "Quoi donc ?"

Le taïyoukaï ne répondit pas. Il se contenta de fixer le vieux prêtre qui soutint son regard sans broncher. Après quelques secondes, un sourire éclaira son visage.

- Ojisan : "Wakatta. Je m'en occupe tout de suite. Sôta, viens avec moi."

- Sôta : "Dôshite ?"

- Ojisan : "Viens, c'est tout."

- Sôta : Ton boudeur. "Haï . . ."

Le vieux prêtre et son petit fils disparurent donc. Mme Higurashi se retrouva donc seule avec ses invités. Sans se départir de son sourire, elle les accompagna jusqu'à la porte et se proposa de les escorter jusqu'au temple. Avec un petit rire, Sakura déclina son offre. Ils ne risquaient pas de se perdre et pouvaient s'en sortir seuls pour trouver leur chemin.

- Mme Higurashi : "Ne vous inquiétez pas, Ojisan s'occupe de tout. Oh, reviens demain Sakura-chan. Ton uniforme sera prêt."

- Sakura : "Haï. Arigatô gozaimasu."

Sesshômaru à leur tête, ils repartirent donc en direction du temple du Puit dévoreur d'os. A peine rentrés et sitôt la porte fermée, le taïyoukaï arracha presque le foulard qui lui cachait les oreilles. Il le tendit à Sakura sans un mot et cette dernière le prit en se permettant un petit sourire.

- Sakura : "C'est dommage, il t'allait bien. Tu ne veux pas le garder encore un peu ?"

Sesshômaru la fusilla du regard et la jeune fille ne pu retenir un petit rire cristallin. Elle fit mine de se protéger d'une éventuelle attaque de l'inuyoukaï. L'accord de sa mère lui avait rendu sa bonne humeur.

- Sakura : "Je rigole, je rigole . . . Enfin, c'est vrai qu'il t'allait bien. Shikashi . . ."

Le regard de la jeune fille se posa sur le puit, le lien entre leur époque et la sienne.

- Sakura : "Je crois qu'il est l'heure pour vous de repartir."

- Rin : "Sakura-neesan ne vient pas avec Sesshômaru-sama et Rin ?"

- Sakura : "Iie, Rin. Je t'avais déjà expliqué que toi et moi ne vivions pas dans la même époque. Ma vrai place est ici, dans ma famille."

- Rin : "Demo . . . Sakura-neesan a dit que Sesshômaru-sama, Jaken-sama, AhUn, Sakura-neesan et Rin étaient une famille . . ."

- Sakura : "C'est vrai, je l'ai dit. Et je le pense toujours. Mais je ne peux pas venir vivre avec vous. J'ai certaines obligations, certains devoirs qui me retiennent ici. Mais je viendrais vous vous aussi souvent que je le pourrais. Je reviendrais ce week-end."

- Rin : "Week-end ? C'est quand ?"

- Sakura : "Bientôt, Rin . . . Bientôt . . ."

S'accroupissant, Sakura serra la fillette contre elle tout en lui caressant les cheveux comme elle affectionnait le faire. Rin se blottit une nouvelle fois dans ses bras, ses petits bras entourant le cou de Sakura à l'étrangler. La jeune fille tint bon quelques secondes, mais il fallait bien qu'elle respire à nouveau avant de mourir par asphyxie. Elle repoussa donc Rin en riant.

- Sakura : "Doucement, Rin . . . Si tu m'étouffes, je ne pourrais plus revenir te voir, vous voir."

Rin sourit en retour d'une façon embarrassée avant de rire elle aussi.

- Rin : "Gomen, Sakura-neesan."

Elles rirent encore ensemble pendant quelques secondes avant que Sakura ne lève la tête vers Sesshômaru. Ce dernier les regardait sans mot dire, une petite lueur 'amusée' brillant dans ses beaux yeux dorés. Lueur qui disparut dès que la jeune fille daigna enfin lui porter une quelconque attention. Daigna ? Un éclair de contrariété assombrit son regard. Il résonnait comme quelqu'un de jaloux. Mais pourquoi le serrait-il ? Et surtout de Rin. Il fallait qu'il rentre le plus vite possible. Cet endroit le faisait agir bizarrement.

- Sakura : "Sesshômaru . . . Je voulais te remercier pour tout à l'heure."

Le taïyoukaï leva un sourcil surprit. Pourquoi vouloir le remercier ? Elle l'avait déjà fait tout à l'heure et rien dans son comportement ne nécessitait un quelconque remerciement.

- Sesshômaru : "A quel propos ?"

- Sakura : "Pour tout. Pour ne pas avoir révéler que tu étais un youkaï. Pour avoir arrêté okâsan. Pour avoir réussit à te contrôler face à elle. Pour avoir répondu à ses questions . . ."

- Sesshômaru : "Je n'attendais aucun remerciement de ta part. Je n'ai fais qu'agir en conséquence de cause tout en disant la vérité, rien de plus."

Sakura fixa ses yeux dans ceux du taïyoukaï. Et, comme à son habitude, il n'y laissait rien filtrer restant parfaitement impassible et inexpressif. Mais il ne mentait pas, elle le sentait. Tout ce qu'il avait pu dire ou faire . . . tout ça il l'avait pensé et voulu. A cette pensée, ses yeux pétillèrent de joie et elle se sentit rougir. Détournant la tête pour ne pas que Sesshômaru s'en aperçoive, elle chercha un autre sujet de conversation.

- Sakura : "Qu'est-ce que tu as demandé au vieux prêtre ? Parce que tu lui as bien demandé quelques chose, ne ?"

Mais avant que Sesshômaru n'ait même le temps d'ouvrir la bouche pour répondre que cela ne la regardait pas, elle était sûre qu'il allait lui répondre ça, elle le vit plisser le nez et une grimace furtive passa un instant sur ses traits. Quelques secondes plus tard, le vieux prêtre ouvrait la porte du temple en soufflant comme un bœuf. Il portait deux baquets apparemment remplis d'un liquide qu'il s'efforçait de ne pas renverser dans sa précipitation. Sakura nota qu'il avait une pince à linge sur le nez. Elle en comprit très vite l'usage. Immédiatement une forte odeur leur avait agressé les narines.

- Sakura : "Mais qu'est-ce que c'est que ça ?"

- Rin : "Ça sent pas bon !"

Le vieux prêtre avait descendu les marches en manquant de tomber plusieurs fois. La jeune fille priait silencieusement pour qu'il arrive à garder son équilibre. Elle n'avait aucune envie d'être aspergée du liquide nauséabond.

Sesshômaru ne quittait pas le vieil homme des yeux. Finalement, il était peut-être plus intelligent qu'il n'en avait l'air. Il avait parfaitement saisit son message. Il le regarda poser les deux baquet au sol puis se tenir le dos en grimaçant. Ce que les ningen peuvent être fragiles. Il avait bien plus vécu que ce vieillard et ne paraissait même pas la moitié de son âge. Une fois de plus, la supériorité des youkaï était prouvée.

- Sesshômaru : "Et pour le reste ?"

Mr Higurashi le regarda avec hauteur, bien qu'il soit plus petit que le taïyoukaï. Comment pouvait-il penser qu'il avait oublié ?

- Ojisan : "J'en ai fait un troisième baquet que j'ai répandu tout le long du chemin. Et maintenant la maison entière est parfumée à la lavande."

- Sakura : "De quoi vous parlez ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire de baquets et de lavande ?"

En fait, plus que les baquets, c'était la lavande qui l'inquiétait. Elle détestait l'odeur émise par cette plante. Le moindre souffle de vent lui en apportant les effluves pouvait la rendre malade, à savoir de gros maux de tête qui pouvaient durer plusieurs heures. Peut-être qu'elle n'irait pas récupérer son uniforme demain en fin de compte. Shikashi elle n'avait pas vraiment le choix, elle allait en avoir besoin pour le surlendemain. Peut-être qu'en restant sur le pas de la porte . . .

- Ojisan : "Bon, je vais vous laisser. N'oubliez pas de répandre le contenu des baquets de chaque côté du puit. Quand je dis de chaque côté, je ne veux pas dire à droite et à gauche mais dans cette époque et dans l'autre. Hahaha."

Sakura et Rin rirent poliment de son prétendu trait d'humour mais Sesshômaru le fusilla du regard. Le vieux prêtre en saisit immédiatement la signification : 'La prochaine fois que tu me prends pour un abruti et que tu me manques de respect, je te tue.' Et il savait d'instinct que le taïyoukaï ne plaisantait pas. Il remonta alors bien vite les marches avant de s'arrêter devant la porte.

- Ojisan : "Avec tout ça, Inu-Yasha ne pourra jamais sentir ton odeur dans cette époque. Il ne saura jamais que tu es venu ici."

Sur ce, il ferma bien vite la porte et parti en gloussant. Il savait que Sesshômaru ne le suivrait pas, mais il ne pu s'empêcher de lancer un coup d'œil angoissé par-dessus son épaule alors qu'il rentrait chez lui où il fut accueillit par l'entêtante odeur de lavande dont la maison était imprégnée.

Sesshômaru ne pu retenir un grondement de rage. Comment ce ningen avait-il osé se moquer de lui ? Comment avait-il pu dévoiler ça de cette manière ? Pour quoi allait-il passer aux yeux des deux ningen maintenant ? Lui, le fier seigneur taïyoukaï venait d'être tourné en ridicule par un vieux ningen rabougri. De la façon dont le vieil homme avait annoncé la chose, on aurait dit que lui, Sesshômaru, lui avait demander son aide. Et ce n'était pas le cas. Bien sûr que nom. Jamais il ne demanderait une aide quelconque à un ningen. Jamais. Et puis il avait prononcé le nom de son détestable hanyô de demi-frère . . .

- Sakura : "Inu-Yasha ? Alors il serait doté des mêmes attributs que toi ? Je veux dire pour l'ouïe et l'odorat . . ."

Sesshômaru ne perçu aucun sarcasme dans la voix de la jeune fille. Juste de la curiosité. Ainsi, le fait qu'il ait voulu dissimuler sa venue à Inu-Yasha ne lui paraissait pas risible . . . Mais elle semblait s'intéresser à Inu-Yasha depuis qu'elle avait entendu son nom la première fois. Beaucoup trop. Et cela énerva le taïyoukaï qui sentit le besoin de rabaisser son demi-frère.

- Sesshômaru : "Inu-Yasha est un hanyô. Ses capacités olfactives et auditives ainsi que sa force sont de loin inférieures aux miennes. Il m'est inférieur."

Et je suis plus beau que lui ajouta-t-il in peto. Mais cela il n'avait pu se résoudre de le dire à voix haute, sentant le ridicule d'une telle affirmation à ce moment précis. Et il imaginait sans peine le petit sourire moqueur qu'aurait affiché le visage de la jeune ningen. Il n'avait pas besoin de ça. Pas maintenant.

Sakura réprima un sourire. On aurait dit que Sesshômaru cherchait à se mettre en valeur par rapport à son demi-frère. Comme s'il était jaloux. Kawaï ! Même s'il n'avait aucune raison de l'être. Après tout, elle ne connaissait pas cet Inu-Yasha. Et puis ils n'étaient pas . . . Enfin il n'éprouvait rien pour elle, alors . . .

- Rin : "Sesshômaru-sama n'aime pas son frère ?"

- Sesshômaru : ". . . Iie."

Sakura aurait juré avoir perçu une hésitation, comme s'il avait hésité à répondre. Après tout, quoi qu'il ait pu lui faire ou qui il soit, tous deux partageaient le même sang. Enfin une partie. Alors ils ne pouvaient pas se détester à ce point. Des frères restaient avant tout des frères, unis par le sang et par la chair, quoi qu'il arrive.

Un mouvement attira son attention. Sesshômaru venait de se baisser pour ramasser l'un des baquets. Une nouvelle fois, une légère grimace de dégoût passa sur son visage. Avec son odorat elle-ne-savait-combien-de-fois-plus-sensible-que-celui-d'un-ningen, il devait vivre un supplice. Déjà qu'elle, elle avait du mal à respirer . . .

Et puis, le visage de la jeune fille s'assombrit. L'initiative de Sesshômaru marquait leur départ. Rin et lui allait repartir dans leur époque retrouver Jaken et AhUn et elle, elle rentrerait docilement chez elle pour rejoindre sa famille. Elle soupira, elle aurait tant voulu rester encore un peu avec eux.

- Sesshômaru : "Ikuzu."

Rin regarda le taïyoukaï puis la jeune fille, ne sachant quoi faire. Mais Sakura lui avait promis qu'elle reviendrait bientôt, alors elle l'attendrait sagement comme elle le lui avait déjà promis. Elle se jeta alors à nouveau la jeune fille et se serra contre elle.

- Rin : "Sakura-neesan reviendra bientôt, ne ?"

- Sakura : Lui passant encore la main dans les cheveux. "Haï, promis."

- Rin : Relevant la tête vers Sakura. "Rin fera des beau colliers de fleurs pour Sakura-neesan tous les jours jusqu'à ce que Sakura-neesan revienne."

- Sakura : "Arigatô. Vas-y maintenant, Sesshômaru t'attend pour partir."

Le taïyoukaï debout devant le puit semblait en effet attendre la fillette. Et il commençait aussi à s'impatienter. Ces au revoir qui s'éternisaient lui paraissaient futiles et beaucoup trop longs.

Rin se sépara à regret de la douce chaleur que lui prodiguait Sakura et elle s'avança vers Sesshômaru.

- Rin : "Sayonara, Sakura-neesan."

- Sakura : "Sayonara, Rin. Sayonara, Sesshômaru."

- Rin : "Sayonara . . ."

Après un dernier regard et un dernier signe de la main pour Sakura, Rin se laissa glisser dans la puit. Sesshômaru ne la suivit pas tout de suite. Il se retourna et fixa la ningen dans les yeux.

- Sesshômaru : "Elle aussi est capable de les voir . . . les Shikon no kakera."

Il avait hésité à poursuivre mais n'avait finalement rien dit de plus. Il avait simplement regardé encore un peu la jeune fille avant de sauter gracieusement à la suite de Rin.

Sakura resta surprise un instant. 'Elle' ? De qui voulait-il parler ? Ah ! Et si c'était de la fille qui pouvait comme elle traverser les époques ? Alors, comme elle, elle pouvait les voir . . . Elle devrait donc faire attention à ne pas la croiser sous peine d'être démasquée. Ou alors, il fallait qu'elle évite de les porter avec elle. De toute façon comme il n'y avait aucun youkaï dans son monde, ils ne risqueraient rien. La jeune fille sourit. Est-ce que Sesshômaru avait tenté de la protéger en lui révélant cela ? Etait-ce pour lui faire comprendre qu'il fasse attention ? Iie, ce n'est pas son genre.

Revenant alors à la réalité, Sakura s'avança et elle se pencha par-dessus la margelle du puit, en scrutant le fond. Mais comme elle s'y attendait, il était vide. Sesshômaru et Rin étaient bel et bien repartis chez eux.

- Sakura : "Portez-vous bien . . ."

Elle resta ainsi quelques minutes avant de pouvoir enfin se décider à partir. Il ne fallait pas qu'elle tarde trop. Sa mère avait fait un immense effort en l'autorisant à pourvoir continuer de voir Sesshômaru, Rin et les autres alors de son côté il fallait qu'elle soit raisonnable aussi. Mais une semaine entière . . . Dieu que ça allait être long, horriblement long . . . et ennuyeux. Elle avait pris goût à la vie là-bas. Retourner en cours, même si elle aimait apprendre, allait lui sembler si terne à côté. Mais néanmoins moins dangereux.

Amorçant un demi-tour, la jeune fille buta contre le baquet. Quelle étourdie ! Un peu plus et elle aurait oublié de vider son contenu pour le moins odorant. C'était quand même répugnant . . . mais si Sesshômaru y tenait . . .

Retenant sa respiration, et après avoir vérifié qu'il n'y avait toujours personne dans le puit compte tenu de sa propre expérience, Sakura y vida le baquet. Voilà une bonne chose de faite.

Le récipient toujours aussi malodorant dans les mains, la jeune fille remonta vite les escaliers pour échapper à la puanteur du temple. Elle claqua vite la porte derrière elle et soupira d'aise. Elle pensait être sauvé mais, quelques secondes après, elle sentit la même odeur lui chatouiller désagréablement les narines. C'est vrai, il a dit qu'il en avait répandu dehors aussi . . . Pourquoi est-ce qu'en plus de sentir fort, fallait-il que ça sente aussi mauvais ?

Une main lui couvrant le nez et la bouche, Sakura se demanda quoi faire du baquet. Fallait-il qu'elle le rapporte chez les Higurashi ou pouvait-elle le laisser ici ? Le ramener serait plus poli, mais dans ce cas elle devrait affronter la fraîcheur lavande de la maison et ça, elle n'y tenait pas trop.

S'adossant à la porte, elle sentit quelque chose la gêner entre ses omoplates. Se retournant, elle découvrit un petit mot épinglé sur le bois.

'Laisse le baquet à l'intérieur du temple. Ne t'inquiète pas pour l'odeur, ce n'est que temporaire.

A demain et bon courage.

Ojisan'

Sakura sourit. Décidemment, ces gens étaient très gentils. Peut-être un peu bizarres, mais gentils. Et dire que si elle n'était pas tombée dans le puit, elle ne les aurait probablement jamais rencontrés. Ni eux, ni Sesshômaru, Rin, Jaken et AhUn . . . Quelque part, elle devrait remercier Shino et ses acolytes car c'était en quelque sorte grâce à eux que tout était arrivé. Merci à vous . . . Voilà, c'était fait. Et oui, elle n'irait quand même pas les remercier de vive voix, non. Pas après que qu'ils avaient voulu lui faire. Elle était peut-être gentille, mais pas à ce point.

Déposant le baquet à l'intérieur du temple, la jeune fille plaignit les prochains qui y rentreraient. Vu qu'il resterait fermé, l'odeur serait insoutenable. Mais bon, apparemment ce n'était que temporaire. Enfin ça dépendait combien de temps durait cette période temporaire. Quelques heures ou peut-être quelques jours. En tout cas, elle espérait que ce n'était pas plusieurs semaines . . .

Tournant le dos au temple, Sakura descendit les escaliers menant à la rue. Après un dernier regard par-dessus son épaule, elle marcha au pas de course jusqu'à chez elle. Tout au long du chemin, ses pensées n'étaient concentrée que sur une chose : l'époque Sengoku et tous les mystères qu'elle abritait : Sesshômaru, Rin, Jaken, AhUn, Inu-Yasha, Suzumebachi, Naraku (que Sesshômaru avait déjà évoqué et qui semblait être ce mystérieux Na . . .), l'ookami Kôga qui était responsable de leur mort à Rin et elle, les Shikon no Tama no kakera . . . Oui, bien des choses l'attendaient là-bas et il lui tardait d'y retourner.

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Jaken et AhUn attendaient toujours près du puit. Si le ryûyoukaï s'était paisiblement couché à l'ombre d'un arbre il était bien le seul à prendre les choses calmement. Le petit youkaï vert n'avait pas arrêté de pester et de faire les cent pas devant l'édifice de bois depuis le départ de son seigneur et maître. Enfin depuis qu'il avait réussit à s'extraire du puit.

Jaken commençait vraiment à s'inquiéter. Cela faisait longtemps, trop longtemps que son maître était parti il ne savait où. Oui, où ? Où pouvait-il bien être ? Est-ce qu'il allait bien ? Question stupide ! Le taïyoukaï ne pouvait qu'aller bien puisque personne ne lui arrivait à la cheville. Mais quand même, il était drôlement long . . .

- Jaken : "Tout ça à cause ce cette sale ningen . . . Sorcière ! Je suis sûr qu'elle a jeté un sort à Sesshômaru-sama. Il est différent depuis qu'elle est là . . ."

Le petit youkaï était sûr qu'elle essayait de lui voler son maître. Elle se faisait passer pour leur alliée, mais qui savait vraiment qui elle était et d'où elle venait et surtout, pourquoi elle était venue . . . ?

- Jaken : "Mais oui ! C'est Naraku qui l'a envoyé pour voler le cœur de Sesshômaru-sama ! Et l'autre monde qu'abriterait ce puit est en fait une ruse pour concrétiser ses plans ! Hahaha ! Mais moi, le grand Jaken-sama, j'ai découvert ce que vous mijotiez et je ne vous laisserais pas faire ! Je sauverai Sesshômaru-sama au péril de ma vie ! Il n'y a que moi qui puisse l'aider !"

AhUn regardaient avec une irritation grandissante le petit youkaï gesticuler et crier dans tous les sens. Ça m'étonnerait vu comment tu t'es écrasé dans le fond du puis tout à l'heure ! Si Jaken avait un tant soit peu fait attention à eux, c'est ce qu'il aurait pu lire dans leurs yeux ; il aurait pu les voir relever la tête après avoir humé la douce brise qui venait de leur parvenir et il aurait aussi pu les voir se relever et regarder dans la direction du puit. Et s'il avait regardé le puit au lieu de continuer à parler tout seul, il aurait pu voir Sesshômaru en sortir et atterrir gracieusement au sol, un baquet à la main et Rin calée sur son bras et accrochée à son cou. Mais il ne le fit pas en ne vit donc rien de tout ça.

- Jaken : "Sesshômaru-sama ne pourra rien faire car il s'est laissé piéger. Mais le puissant Jaken-sama veille au grain, rien ne saurait lui échapper ! Sesshômaru-sama est entre de bonnes mains !"

- Rin : "Ne Sesshômaru-sama, pourquoi Jaken-sama il parle tout seul ?"

Le petit youkaï se retourna vivement au son de la voix de la fillette avant de blanchir comme un linge. Il avala sa salive et se rapprocha craintivement de son maître.

- Jaken : "Ano . . . Sesshômaru-sama . . . ?"

Depuis quand êtes-vous là ? C'était ce qu'il avait envie de demander mais les mots semblaient comme coincés au fond de sa gorge.

- Sesshômaru : "Rien ne peut d'échapper, ne ? Alors tu avais sûrement dû remarquer notre présence, Jaken."

- Jaken : Baisse les yeux au sol. "Ano . . . ano . . . ano . . ."

- Sesshômaru : "Il vaudrait mieux que tu n'ouvres plus la bouche pour dire des stupidités."

Il est en colère . . . fut la première pensée de Jaken. Etait-ce que qu'il avait dit qui l'avait offensé ? Qu'a-t-il entendu de ce que j'ai dit d'ailleurs ? fut la seconde. Il s'était montré ouvertement prétentieux en affirmant pouvoir protéger son maître alors qu'il ne l'avait même pas sentit arriver. Il avait dû le blesser dans sa fierté. Le petit youkaï trembla de plus belle. Blesser le taïyoukaï dans sa fierté ou dans sa dignité revenait à gagner la peine de mort comme prix de consolation. Jaken se laissa tomber à genoux et il se prosterna à terre.

- Jaken : "Sumimasen, Sesshômaru-sama. Je ne voulais pas vous manquer de respect ! Je ne mérite pas la confiance que vous m'accordez, je ne mérite même pas d'être votre fidèle serviteur. Punissez-moi pour mon impertinence, Sesshômaru-sama."

- Rin : "Qu'est-ce que tu racontes, Jaken-sama ? Sesshômaru-sama n'est plus là."

- Jaken : "Nani ?"

Lentement, le petit youkaï releva la tête. La première chose qu'il vit fut Rin, accroupie devant lui et l'interrogeant du regard. S'asseyant, il pu effectivement voir que Sesshômaru ne se tenait plus devant lui. Il était tourné vers le puit et en regardait l'intérieur comme s'il cherchait à distinguer quelque chose. Ou quelqu'un . . . Cette pensée irrita Jaken. Sesshômaru-sama pense encore à cette ningen. Elle l'a envoûté, c'est sûr !

Mais en même temps, Jaken était toujours en vie. Sesshômaru ne l'avait pas tué. Il ne l'avait même pas frappé. Pourtant c'était parfois sa façon de rappeler qui était le maître et qui était le serviteur. Alors pourquoi aujourd'hui ne s'était-il rien passé ? Et si c'était grâce à elle ? Iie, impossible. C'est juste que Sesshômaru-sama n'en avait pas envie ou alors . . . Les yeux de Jaken s'emplirent de larmes de joie. Ou alors Sesshômaru-sama tient à moi et il reconnaît mon utilité à ses côtés. Il m'a pardonné.

- Jaken : Voix brisée par l'émotion. "Sesshômaru-sama . . ."

- Rin : "Jaken-sama, pourquoi tu pleures ?"

- Jaken : Essuyant ses yeux d'un revers de manche. "Je ne pleure pas !"

- Rin : "Si tu pleures, Jaken-sama."

- Jaken : "Je te dis que non, sale gamine !"

- Rin : Avec un petit sourire. "Tu es vraiment bizarre, Jaken-sama."

- Jaken : "Urusei !"

Le petit youkaï se releva avec dignité, enfin avec le peu qu'il lui restait, et il épousseta ses vêtements en grommelant que 'Sesshômaru-sama n'aurait vraiment pas dû s'encombrer d'une gamine pareille'. En parlant de Sesshômaru . . . Jaken chercha son maître des yeux. Ce dernier n'avait toujours pas bougé, il se trouvait toujours devant le puit. Jaken le alors vit lever le bras et vider le contenu d'un baquet à l'intérieur.

- Jaken : "Sesshômaru-sama . . . Que faites-vous ?"

Pour toute réponse, le petit youkaï reçu le baquet en pleine tête. Ce dernier la heurta avec un bruit sourd, faisant tomber Jaken au sol avec un petit cri de douleur. Il ne s'évanouit pourtant pas. Se remettant sur son séant, il se massa la tête, là où une belle bosse commençait déjà à se former. Sesshômaru-sama est peut-être toujours en colère en fin de compte . . .

- Sesshômaru : "Jaken, au prochain point d'eau tu laveras ceci."

- Jaken : "Dôshite, Sesshômaru-sama ?"

- Sesshômaru : "C'est un ordre."

- Jaken : "Ha . . . haï, Sesshômaru-sama !"

Le petit youkaï se releva d'un bond. Vu l'éclat des yeux de Sesshômaru, il savait qu'il était inutile de protester ni de l'énerver plus. Enfin sauf s'il souhaitait mettre un terme à sa vie. Ce dont il n'avait bien évidemment pas envie.

- Sesshômaru : "Ikuzu."

Sans attendre de réponse, le taïyoukaï se mit en marche. Rin le suivit après un dernier regard pour le puit. Jaken se dirigea vers AhUn avec l'intention de le tenir par les rênes, comme d'habitude. Mais le ryûyoukaï poussa un grognement, se dégagea et couru de son pas lourd à la suite de Rin et Sesshômaru. Le petit youkaï se mit à courir.

- Jaken : "Mate ! Reviens ici !"

Il les rattrapa, essoufflé comme à chaque fois qu'il courait. Il voulu se saisir une nouvelle fois des rênes mais le ryûyoukaï de repoussa d'un coup de queue avant d'aller auprès de Rin. Cette dernière saisit la bride de AhUn puis elle se retourna vers le petit youkaï vert.

- Jaken : "Tu vas voir, espèce de sale . . ."

- Rin : "Mate, Jaken-sama ! Tu sens mauvais alors ne t'approche pas trop."

Jaken resta sans voix. Comment cette gamine osait-elle dire une chose pareille ? Surtout devant son maître. Et puis c'était faux. Bon d'accord, il n'aimait pas trop les bains, mais il ne sentait pas mauvais pour autant. Dans le doute, il renifla discrètement. Bon, il percevait bien une drôle d'odeur, mais elle était faible et puis cela ne pouvait pas venir de lui.

- Jaken : "Arrête de raconter n'importe quoi, Rin !"

- Rin : "Mais c'est vrai, ne Sesshômaru-sama ?"

Le taïyoukaï s'arrêta et il jeta un rapide coup d'œil par-dessus son épaule. Ils s'étaient certes éloignés du puit, mais l'odeur de la mixture du vieux persistait toujours, imprégnant le baquet que transportait Jaken. Sesshômaru avait pu distinguer l'odeur fortement prononcée du saké mais il n'avait pas cherché à connaître les autres ingrédients. Certaines choses devaient rester secrètes. Celle-ci en faisait partie.

- Sesshômaru : "Au prochain point d'eau, en plus de frotter ce baquet, tu ferais bien d'en profiter pour te laver aussi, Jaken."

- Jaken : "Se . . . Sesshômaru-sama !"

Sesshômaru retint un sourire ironique devant l'air choqué et horrifié de celui qui se déclarait fièrement son serviteur. L'odeur du paquet resterait collée comme une seconde peau au petit youkaï. Et s'il restait ainsi, c'était sa réputation à lui, Sesshômaru le seigneur des terres de l'Ouest, qui en pâtirait. Quel taïyoukaï de ce nom se baladait avec un serviteur empestait à des centaines de mètres ? En plus, cela attirerait obligatoirement l'attention. Quoique les youkaï à l'odorat sensible ne s'approcheraient pas de trop près.

Le taïyoukaï retint une grimace de mécontentement. Ses propres vêtements étaient eux aussi imprégnés. Il allait falloir qu'il fasse partir cette insupportable odeur et ce, le plus vite possible. Ses narines princières et délicates commençaient à en avoir assez.

Ils reprirent donc leur route et Jaken fut obligé de marcher plusieurs mètres en arrière. Il tenta bien de savoir ce qui s'était passé dans le puit, où ils avaient été, ce qu'ils avaient vu mais Sesshômaru ne s'occupait déjà plus de lui. Le petit youkaï fut donc obligé de se contenter des explications de Rin concernant l'autre époque, celle de la ningen Sakura.

Sesshômaru, lui, repensait à ce qui s'était passé dans le monde de ladite ningen. Ou plutôt dans son époque. Au moment de partir, il avait eu envie de dire quelque chose à la ningen Sakura. Mais il n'avait pu trouver les mots justes. Un 'Sayonara' aurait été trop bateau ; un 'Reviens vite' parfaitement déplacé ; un 'Porte-toi bien' trop gentil . . . Alors il s'était ravisé et n'avait rien dit puis il était parti.

Mais pourquoi juste avant lui avait-il dit ça ? 'Elle aussi elle est capable de les voir . . . les Shikon no kakera.' Pourquoi ? On aurait dit une mise en garde, comme s'il voulait la protéger. C'était parfaitement absurde ! Il l'avait juste informée d'une chose qu'elle ignorait, et c'était tout. Enfin l'était-ce vraiment ? Le youkaï secoua la tête. Pourquoi ressentait-il autant d'hésitation au fond de lui ? Pourquoi avait-il cette drôle d'impression ? Et surtout, pourquoi n'arrêtait-il pas de se poser des questions stupides ?

Il n'avait pas vraiment été lui-même. Il avait dû, en quelque sorte, retenir ses instincts tueurs, ses instincts de youkaï. Oui, il avait dû monopoliser ses forces pour éviter de tuer la mère de la ningen Sakura. Pourtant il en avait vraiment eu envie. Et cette sensation de frustration continuait à le ronger. Tout comme les humiliations qu'il avait subi, les questions outrageantes qu'il avait dû endurer sans pour autant broncher. Sesshômaru était d'un naturel calme et maître de lui, mais en cet instant, la colère avait bouillonnée en son corps et avait menacée d'éclater à chaque instant s'il ne relâchait ne serait-ce qu'un tout petit peu le contrôle de lui-même qu'il s'imposait.

Mais ce qui l'énervait le plus, c'était la façon dont il avait parlé. Il avait vouvoyé cette ningen, lui ! Et à part sa propre mère, ce n'était plus arrivé depuis. Alors pourquoi ? Pourquoi ? Surtout que cette ningen n'en valait absolument pas la peine. Elle ne méritait pas d'être respectée. Elle pensait plus à elle qu'à son propre enfant, elle se fichait des conséquences de la répercussion de ses actes sur sa propre descendance . . . Alors pourquoi ? Pourquoi lui rappelait-elle tant sa propre mère, cette mère qu'il avait aimé et qu'il avait dû apprendre à haïr . . . ?


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La relation Sakura/Sesshômaru avance peu à peu. Il ne faut pas trop en demander à notre Sesshy, il est (selon l'expression d'une amie fanficueuse de talent) constipé émotionnellement. Alors il lui faut du temps, beaucoup de temps . . .

Je suis désolée si l'attente entre deux chapitres est longue, mais il faut que je combine mon temps entre toutes mes fics en cours, mes cours à la fac et mon boulot . . .C'est dur dur ! Sans compter que je ne peux pas me connecter à Internet quand je le souhaite. T.T

J'ai trop la flemme de faire les traductions à chaque fois . . . Si y'a des mots que vous comprennez pas, laissez-moi une petite review. Enfin même si vous comprenez tout, n'hésitez pas. J'aime recevoir plein de reviews, même si l'intérêt n'est pas bien grand, je m'en fiche. n.n

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