Titre : La glace finit toujours par fondre

Auteur : Sesshy's wife ou Sesshy-girl

Genre : Dans ce chapitre : Colère, agassement, rire, interrogations et peurs.

Disclamer : Les perso d'Inu-Yasha ne m'appartiennt pas, ils sont la propriété exclusive de Rumiko Takahashi. C'est pas juste ! Je veux Sesshômaru rien que tour moi ! T.T Seuls Sakura et sa famille, les voyous de son époque, le petit Eiji et sa maman ainsi que Suzumebachi sont mes créations personnelles. Enfin pour l'instant il n'y a qu'eux.

Note J'ai trop la flemme pour les traductions. Et puis plus j'avance, moins j'en mets. lol ! Enfin si y'a des trucs que vous comprenez pas, vous savez quoi faire ! n.n


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Chapitre 5 : Interrogations.

"Oï, Kagome !"

"Laisse-moi tranquille !"

La jeune fille courrait, ses pieds foulant l'herbe verte et tendre. Elle en avait assez. Quel mufle ! Inu-Yasha était vraiment insupportable quand il s'y mettait. Oui, elle aimait bien Kôga, et alors ? Il était attentionné envers elle, toujours respectueux et gentil, contrairement au hanyô. Mais elle le considérait simplement comme un très bon ami, rien de plus. Pourquoi ne voulait-il pas le comprendre ? Pourquoi s'énervait-il toujours ? Et puis qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire ? Il aimait Kikyô, il l'avait même revue hier, alors qu'il la laisse un peu tranquille ! Inu-Yasha no baka ! Elle allait rentrer chez elle, c'était la seule solution pour qu'il la laisse un peu tranquille.

- Inu-Yasha : "Mate, Kagome !"

- Kagome : "Osuwari !"

- Inu-Yasha : "Gwaaaaargh !"

Le hanyô fut projeté au sol ou il resta immobile quelques secondes avant de parvenir à se redresser de quelques centimètres. Il aurait dû être habitué depuis le temps, mais la chute était toujours aussi douloureuse. Enfin cela dépendait des endroits où il prenait l'envie à Kagome de l'humilier de cette façon. Autant l'herbe avait quelque peu amortie sa chute autant il le sentait passer sur les chemins caillouteux. Mais là n'était pas la question.

Qu'est-ce qu'elle pouvait bien avoir Kagome ? Elle était irritable ces derniers temps et s'énervait pour un rien. Pourtant, Inu-Yasha ne comprenait pas pourquoi elle avait eu une telle réaction aujourd'hui. Comme d'habitude, l'autre crétin d'ookami était venu tourner autour de Kagome. Alors, comme d'habitude, ils avaient commencé à se chamailler. Et, toujours comme d'habitue, Kagome avait défendu Kôga. Alors Inu-Yasha s'était énervé. Il lui avait dit qu'elle ferait mieux de rester avec Kôga plutôt que de flirter avec lui de cette façon. Mais il avait dit ça sur le coup de la colère, il ne l'avait pas pensé et ne le pensait toujours pas. Mais Kagome, après lui avoir lancé un osuwari retentissant tout en le traitant de baka, s'était enfuie en courant. Il fallait qu'il ait une sérieuse discussion avec elle. Le hanyô se releva et il repartit à sa poursuite.

Après plusieurs mètres de course, une puissante odeur lui agressa les narines. Une odeur infecte par-dessus le marché ! Inu-Yasha piqua un sprint. Apercevant enfin la silhouette de Kagome, il fit un bond prodigieux pour atterrir promptement devant elle. La jeune fille dut s'arrêter brusquement pour ne pas le percuter de plein fouet. Croisant les bras, elle prit son air le plus fâché et sa voix la plus sèche pour lui montrer combien elle était en colère.

- Kagome : "Qu'est-ce que tu veux encore ? Je t'avais pourtant demandé de ne pas me suivre."

- Inu-Yasha : "Y'a une sale odeur qui flotte dans le coin . . ."

- Kagome : "Moi je ne sens absolument rien. Laisse-moi passer."

Et, comme le hanyô ne bougeait pas, la jeune fille le contourna et repartit.

- Inu-Yasha : "Kagome !"

Mais la jeune fille fit comme si elle n'avait rien entendu. Si il croyait qu'il allait l'empêcher de partir avec une excuse aussi bidon, il se trompait sur toute la ligne. Si il voulait s'excuser, il n'avait qu'à le faire. Mais elle ne lui pardonnerait pas aussi facilement cette fois. Cependant, demander à Inu-Yasha de s'excuser c'était comme demander à un cul-de-jatte de courir un marathon : c'était impossible . . .

Soupirant, Kagome continua à avancer. Soudain, une légère odeur lui parvint. Une odeur pour le moins désagréable. Et plus elle avançait, plus elle était forte. Comme si elle venait de la direction qu'elle empruntait. Iie, elle venait bien de cette direction. Alors Inu-Yasha ne mentait pas ? Le pauvre. Si elle pouvait la sentir, qu'est-ce que cela devait donner pour lui ? La jeune fille secoua la tête. Pourquoi s'apitoyer sur son sort ? Un sourire apparu alors sur ses lèvres. Au contraire, elle allait l'emmener au cœur ce cet enfer. Il le méritait bien.

Se couvrant le nez et la bouche d'une main, Kagome continua dans la direction du puit. Et nul doute que l'odeur en venait bien. C'était là qu'elle était la plus forte. La jeune fille s'en aperçu lorsqu'elle eu l'audace de se pencher au-dessus et de renifler à l'intérieur. Son visage fut instantanément étiré par une grimace de dégoût et elle porta par réflexe les mains à son visage.

- Kagome : "Pas d'erreur, cette odeur vient bien d'ici. Mais qu'est-ce qui peut bien sentir comme ça ? Ça pue, c'est une horreur !"

- Inu-Yasha : "Je t'avais pourtant prévenue."

Une manche devant son visage pour le protéger de cette infâme odeur, Inu-Yasha l'avait rejoint en silence. Kagome ne voyait de lui que ses yeux, mais elle pouvait sans difficulté y lire le dégoût qu'il ressentait. Satisfaite de cette petite 'vengeance' improvisée, elle mit un certain temps à comprendre ce que venait de lui dire le hanyô. Son visage reprit alors une expression colérique.

- Kagome : "Oh ça va hein ! C'est pas cette odeur qui va m'empêcher de rentrer chez moi."

- Inu-Yasha : "Mate ! Et si Naraku avait piégé le puit ?"

- Kagome : "Il en ignore l'existence pour autant qu'on en sache. Trouve autre chose."

- Inu-Yasha : "Pourquoi es-tu fâchée ?"

Kagome ouvrit de grands yeux écarquillés. Pourquoi ? Il lui demandait pourquoi !

- Kagome : "Tu me demande pourquoi ?"

- Inu-Yasha : "Ben oui."

- Kagome : "Parce que tu m'exaspères, voilà pourquoi ! Alors je vais rentrer chez moi et tu n'as pas intérêt à venir me déranger !"

- Inu-Yasha : "Pourquoi c'est moi qui me fait engueuler ? J'ai rien fait ! C'est toi qui t'énerves pour un rien !"

Alors s'en fut trop pour Kagome. Non seulement il ne se remettait pas du tout en cause, mais en plus il l'accusait, elle. Mais qu'est-ce qu'il pouvait bien avoir dans la tête ?

- Kagome : "Inu-Yasha . . . Osuwari !"

- Inu-Yasha : "Gwaaaaargh !"

Et pour la troisième fois de la journée, Inu-Yasha mordit la poussière à l'entente d'un simple mot de la jeune fille. Kagome, quant à elle, grimpa sur la margelle du puit, un masque de colère sur le visage.

- Kagome : "Inu-Yasha no baka ! Baka ! Baka ! Baka ! Tu es un idiot irrécupérable ! Je t'interdit de remettre les pieds à la maison !"

Sur ces mots, la jeune fille sauta dans le puit où elle disparu dans une aveuglante lumière violette et blanche, laissant seul le hanyô la tête enfoncée dans le sol. Elle n'eut donc pas le loisir de le voir se relever avec de la terre plein le visage. Ni d'entendre ce qu'il disait. En un sens, cela valait peut-être mieux pour lui.

- Inu-Yasha : "Kuso ! J'en ai jusque dans le nez et dans la bouche ! Kuso Kagome ! Pourquoi elle s'acharne sur moi alors que je n'ai rien fait ? Je suis un pauvre hanyô maltraité . . . C'est pourtant encore la faute de ce sale ookami puant ! Il n'arrête pas de semer la merde partout où il va cet enfoiré ! Je ne vois vraiment pas ce que Kagome peut bien lui trouver . . ."

Bienheureux celui qui ne se rend pas compte de sa propre bêtise. Aucun doute pour lui, Inu-Yasha devait vivre une vie on ne peut plus heureuse. Oui, il devait. Alors pourquoi n'était-ce pas le cas ? Pourquoi rien de bien ne pouvait-il lui arriver ? Rien de bien ? Pourtant il avait rencontrés des personnes qui l'appréciaient pour qui il était et qui se fichaient de ce qu'il était. Alors pourquoi tout était-il si difficile pour lui ?

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Toujours enveloppée de la lumière, Kagome atterrit souplement au fond du puit du temple familial. Enfin débarrassée de cette odeur infecte. Mais elle dû bien vite se rendre à l'évidence : l'odeur n'avait pas disparue. Elle était même plus forte que jamais !

- Kagome : "Mais qu'est-ce qui se passe ici ?"

Réprimant un haut le cœur, la jeune fille grimpa bien vite à l'échelle de corde qu'elle avait demandé à ojisan d'installer. Elle sortit en trombe du temple et referma la porte, aspirant une bonne goulée d'air frais. Enfin c'était ce qu'elle pensait avant que la puanteur ne la saisisse une nouvelle fois à la gorge. L'odeur était même présente en dehors du temple. Soudain, elle prit peur : et s'il était arrivé quelque chose à sa famille ?

Courant le reste du chemin, elle rentra précipitamment chez elle. Fermant la porte, elle décida de ne pas se faire avoir une troisième fois. Respirant doucement et prudemment, elle ne distingua qu'une odeur de lavande. Certes assez forte, mais les horribles relents ne se faisaient pas sentir ici. Rassurée, elle soupira et enleva ses chaussures.

- Kagome : "Tadaïma."

- Ojisan et Mama : "Okaeri."

- Sôta : "Okaeri, neesan."

Kagome sourit. Ils avaient tous l'air en forme et on ne peut plus normaux. Elle s'était inquiétée pour rien. Enfin pour rien . . .

- Kagome : "Qu'est-ce qui se passe avec le puit ? D'où vient cette horrible odeur ? Et pourquoi la maison empeste-t-elle la lavande ?"

- Ojisan : "Inu-Yasha n'est pas avec toi ?"

- Kagome : "Inu-Yasha ! Inu-Yasha ! Pourquoi faut-il toujours en revenir à lui ? Je suis rentrée, cela ne vous suffit pas ?"

Ils se sont encore disputés . . . Sa famille n'eu aucun mal à arriver à cette conclusion. Ils commençaient à bien connaître les réactions de Kagome face au hanyô et il n'était pas difficile de deviner quand elle lui en voulait. Elle pouvait être si facile à cerner parfois.

Le vieux prêtre soupira. Inu-Yasha n'était donc pas là et ils s'étaient disputés tous les deux . . . Cela réduisait le nombre de chances qu'il se rende compte que son frère était venu ici. Il n'osait imaginer ce que lui ferait le youkaï si jamais cela arrivait. Il avait eu beau le braver, il n'en avait pas moins été terrifié. Sesshômaru était quelqu'un, il devait l'avouer.

- Kagome : "Et puis ne réponds pas à ma question par une autre ! Qu'est-ce qui se passe ici ?"

Sôta recula instinctivement d'un pas tout en avalant sa salive. Quand elle est en colère, neesan fait peur . . . Mme Higurashi la regarda avec un petit sourire. Elle aimait ce côté volcanique de sa fille aînée. C'est fou ce qu'elle peut être différente de Sakura-chan. Tout comme Sesshômaru l'est d'Inu-Yasha. En fin de compte, chacune avait rencontré celui auquel elle ressemblait tout en lui étant différente. Kagome et Inu-Yasha, qui se disputaient souvent et qui avaient tendance à vite s'énerver mais sur qui on pouvait néanmoins compter ; Sakura et Sesshômaru, plus matures, plus maîtres d'eux et entourés d'une sorte de carapace recelant de mystères. Elle avait hâte de voir comment ils allaient évoluer ensemble.

Après deux ou trois toussotements, ce fut le vieux prêtre qui se décida à prendre la parole pour répondre à la question de sa petite fille.

- Ojisan : "Vois-tu Kagome, je me suis dit qu'il fallait faire quelque chose avec le puit, quelque chose qui empêcherait les youkaï d'essayer d'y passer si jamais son secret était découvert. Souviens-toi de cette Yura que tu as jadis affronté avec Inu-Yasha. J'ai alors composé un mélange, qui nous vient de nos illustres ancêtres, qui saura repousser les youkaï. Nous n'avons désormais plus rien à craindre."

- Kagome : "Ojisan . . ."

Tous se tendirent au ton de la voix de Kagome. Elle n'était pas convaincue, et cela se voyait sur son visage. Et il fallait dire que le vieux prêtre avec toutes ses mimiques ne facilitait pas la tâche.

- Kagome : "Ton idée est vraiment stupide . . ."

- Ojisan : "Nani ?"

Le vieil homme en eut les larmes aux yeux et sa bouche s'ouvrit toute grande. Dieu que sa petite fille pouvait être méchante lorsqu'elle était en colère !

- Kagome : "Ton mélange n'est efficace que contre les youkaï qui ont un bon odorat. Ceux, comme Yura qui manipulent des cheveux, des pantins ou autres ne seront pas affectés."

Devant l'argumentation de la jeune fille, le vieux prêtre se sentit soudain bête. Pourquoi n'avait-il pas pensé à ça lorsqu'il cherchait une excuse pour expliquer cette odeur émanant du temple entier ?

- Kagome : "Enfin vu la réaction qu'a eu Inu-Yasha tout à l'heure, je suis sûre que Sesshômaru ne s'approchera jamais à moins de quelques kilomètres du puit. Au moins, ils ne se battrons peut-être plus le temps que durera ton mélange, ojisan."

Tous les trois se crispèrent au nom de Sesshômaru, certains plus discrètement que d'autres. Mais ils se détendirent bien vite, Kagome n'avait pas comprit. De toute façon, comment aurait-elle pu le deviner ? Comment aurait-elle pu savoir que Sesshômaru était venu dans cette maison la veille ? Comment aurait-elle pu savoir que la raison pour laquelle il était venu résidait en un mot, un mot qu'il haïssait mais qu'il avait appris à accepter, le mot 'ningen' ?

Jamais elle n'aurait pu envisager une telle solution. Et, même s'ils lui avaient révélé la vérité, elle leur aurait sans doute rit au visage. Sesshômaru avec des émotions autre que la haine et le mépris ? Inimaginable ! Mais pourtant réel . . .

- Kagome : "Mais j'y pense . . . Pourquoi cette odeur est-elle aussi présente à l'époque Sengoku alors que vous ne pouvez pas traverser le puit ?"

Un blanc se créa. Ils n'avaient pas réfléchi pour trouver une réponse à cette question. A vrai dire, ils n'avaient même pas pensé à y réfléchir . . . Pourtant, il leur fallait vite trouver une explication plausible.

Une fois de plus, ce fut le vieux prêtre qui les tira de leur embarras. Il bomba le torse, releva la tête, posa ses mains sur ses hanches et partit d'un rire tonitruant que l'on n'aurait jamais pensé pouvoir sortir d'un homme aussi vieux et frêle.

- Ojisan : "Hahaha ! C'est simplement parce que ce mélange est si efficace qu'il est parvenu à traverser les époques ! Que dis-tu de ça, Kagome ? Oserais-tu maintenant douter de mes pouvoirs ? Hahaha !"

- Kagome : "C'est vraiment n'importe quoi. Tu n'es jamais capable de parler sérieusement ou quoi ?"

La jeune fille secoua la tête. Pourquoi fallait-il de son grand-père ramène toujours la conversation sur ses prétendus pouvoirs ? Tout le monde présent dans cette pièce savait qu'il n'en possédait aucun. Seul lui était persuadé du contraire. Si ce n'était pas malheureux . . .

Quoi qu'il en soit, Kagome savait qu'insister serait inutile car le vieil homme n'en démordrait pas. C'était fou ce qu'il pouvait être agaçant parfois. Surtout quand elle était en colère contre un certain hanyô dont elle ne voulait même pas entendre le nom.

- Kagome : "Et tu vas me dire que si la maison est parfumée à la lavande, c'est encore à cause d'un de tes prétendus rituels ?"

Le vieil homme ne paru pas remarquer le sarcasme contenu dans sa voix. Ou alors il fit comme si de rien n'était.

- Ojisan : "Bien sûr ! Je vais t'expliquer. En fait . . ."

- Mama : "Ojisan . . . pas la peine d'essayer de lui cacher, tu peux bien lui dire."

Le vieux prêtre ouvrit de grands yeux. Comment pouvait-elle ne serait-ce qu'une seule seconde envisager cette éventualité ? Dire la vérité à Kagome, même si elle gardait le secret, reviendrait à signer son arrêt de mort, leur arrêt de mort à tous. Non, il ne fallait absolument pas mettre sa petite fille au courant.

- Ojisan : "Lui dire ? Mais c'est hors de question !"

- Mama : "Allons, n'en fait pas tout un plat."

- Ojisan : "Mais tu as pensé aux conséquences ?"

- Mama : "Bien sûr, et je prend le risque."

- Ojisan : "Je ne te laisserai pas . . ."

- Mama : "Mais enfin, ce n'est pas si terrible que ça."

- Ojisan : Manquant de s'étrangler. "Pas si terrible ? Bien sur que si, ça l'est !"

- Mama : "Mais non. Ce n'est pas parce que . . ."

- Ojisan : "Iie !"

- Mama : ". . . j'ai raté quelques cookies qu'il faut en faire tout un drame."

Un peu plus et les yeux du vieux prêtre auraient jailli de leurs orbites. De quels cookies parlait-elle ? Qu'est-ce que c'était que cette histoire ? Elle n'avait même pas cuisiné aujourd'hui . . . Enfin aucun gâteau en tout cas. Alors, qu'est-ce que cela voulait dire ?

- Ojisan : "Des . . . cookies . . . ?"

- Mama : "Oui. Même qu'il a fallu parfumer les maison pour faire disparaître l'odeur de brûlé."

- Kagome : "Tu as raté un plat, mama ? Toi qui est si doué en cuisine ?"

- Mama : "Personne n'est à l'abri d'une erreur."

S'assurant que Kagome n'en verrait rien, elle fit un clin d'oeil au vieux prêtre. Ce dernier comprit enfin ce qu'elle tentait de faire et un sourire se dessina sur ses lèvres, sourire qu'il réprima bien vite pour ne pas se trahir. C'était une fabuleuse idée qu'elle avait eue là. Ne se faisant pas prier, le vieil homme saisit la perche au vol. Il prit son air à la fois le plus grave et le plus indigné.

- Ojisan : "Malheureuse ! Et la réputation de notre famille alors ? Tu es considérée comme la meilleure cuisinière de la ville ! Ecoutez-moi, Kagome, Sôta . . . Ceci ne doit jamais sortir d'ici, d'accord ?"

- Sôta : "Haï !"

Kagome soupira. Encore une fois, son grand-père partait dans ses délires. Quand ce n'était pas avec ses prétendus pouvoirs, c'était avec la réputation de leur famille. Et en plus il ne parlait pas comme tout le monde, non. Il hurlait. La jeune fille prit un air désespéré.

- Kagome : "Non mais je vous jure, ce qu'il ne faut pas entendre . . ."

- Ojisan : "Kagome ?"

- Kagome : "Oh, c'est bon. J'ai compris."

- Ojisan : "A la bonne heure."

- Mama : "Au fait Kagome . . . Yuka-chan est passée tout à l'heure pour t'amener les cours que tu as manqué avant les vacances et que tu n'avais pas encore. Elle nous a dit qu'elle irait ensuite à la bibliothèque pour réviser un peu avant la reprise des cours."

- Kagome : "Hum . . . ça tombe plutôt bien. Je vais aller la rejoindre pour travailler un peu. Avec toutes ces effluves, je serais incapable de me concentrer."

La jeune fille poussa un soupir avant de se diriger vers les escaliers. Pourquoi tout le monde s'acharnait-il de cette façon sur elle ? Elle en avait assez. Tout ce qu'elle voulait, c'était mener une vie normale et réussir ses examens d'entré au lycée. Oui, une vie d'adolescente normale. Sans youkaï et autres qui essayaient de la tuer pour récupérer le Shikon no Tama. Sans Naraku et ses plans tordus. Sans Kikyô pour la gêner. Sans Inu-Yasha . . .

Mais c'était impossible, et elle le savait. Les combats, la haine, les disputes, l'amitié, l'amour . . . tout cela faisait parti de sa vie. Tout comme Naraku, Kikyô, Inu-Yasha, Kôga et tous les autres . . . Jamais elle ne pourrait avoir une vie de lycéenne normale, quoi qu'elle fasse. C'était peut-être là sa destinée après tout.

Et puis, elle n'avait pas à se plaindre outre mesure. Bien sûr, elle avait vécu des moments éprouvants et difficiles, mais ses amis avaient toujours été là pour elle. Inu-Yasha était toujours là, avec elle, et il la protégeait . . . Il veillait sur elle durant son sommeil, il s'inquiétait lorsqu'elle était blessée lors d'un combat, il faisait des crises de jalousie lorsque Kôga faisait mine de la courtiser . . .

Alors qu'elle rassemblait ses affaires de cours, Kagome releva brusquement la tête, un air contrarié sur le visage. Pourquoi est-ce qu'elle pensait encore à cet idiot ? Inu-Yasha n'était qu'un imbécile qui passait son temps à se battre, à se goinfrer et à raconter des absurdités. Où avait-il vu qu'elle était amoureuse de Kôga ? C'était n'importe quoi. Quoi qu'il aurait peut-être mieux valu pour elle.

Kôga était un gentleman, lui. En plus, il était séduisant, fort, doux, gentil et attentionné. Et surtout fidèle ! Tout pour le désigner comme le parfait petit ami. Alors pourquoi ? Pourquoi n'était-elle pas amoureuse de lui ? Peut-être que . . . peut-être que si elle l'avait rencontré avant Inu-Yasha . . . peut-être que les choses auraient été différentes . . . Inu-Yasha . . . Qu'éprouvait-elle réellement pour le hanyô ?

Secouant vigoureusement la tête, la jeune fille chassa ses pensées hors de son esprit. Elle n'était pas rentrée chez elle pour penser à Inu-Yasha mais au contraire pour s'en débarrasser. Alors elle allait s'y appliquer et pas plus tard que tout de suite en partant retrouver Yuka à la bibliothèque pour rattraper son retard.

Descendant les escaliers à la hâte, Kagome repartit de chez elle après un rapide 'sayonara' grommelé à sa famille. Ce fut finalement la mère de la jeune fille qui brisa le silence, alors que son regard se posait sur l'uniforme fraîchement lavé et repassé qui attendait sa propriétaire.

- Mama : "Je me demande depuis hier . . . Pourquoi Sakura-chan ne veut-elle pas que l'on dise quoi que soit à Kagome ?"

- Ojisan : "Cette petite m'a l'air fort troublée. On dirait qu'elle ne fait que fuir les contacts avec les gens. Elle ne fait confiance à personne, même à sa propre famille. Les seules personnes en qui elle croit sont Sesshômaru et la petit fille."

- Mama : "Ce qui est d'autant plus étrange. Si elle fuit les contacts, pourquoi privilégierait-elle ceux qu'elle entretient dans l'autre monde ?"

- Ojisan : "Peut-être qu'ils lui apportent quelque chose qu'elle ne trouve pas ici."

- Mama : "Mais quoi ? Que peuvent bien lui apporter des étrangers que même sa propre famille serait incapable de lui donner ?"

- Ojisan : "C'est peut-être justement parce que ce sont des étrangers. Ils ne connaissent pas son passé, donc par définition la Sakura-chan de ce monde-ci. Ils ne connaissent que Sakura-neesan, celle de l'époque Sengoku."

- Mama : "Tu penses qu'elles seraient différentes ?"

- Ojisan : "Selon moi, quand Sakura-chan passe dans l'autre époque, elle peut y être ce qu'elle n'ose pas montrer chez elle. Il y aurait fort à parier que si on lui demandait de choisir où vivre, elle choisirait de rester auprès de Sesshômaru. C'est vraiment l'impression qu'elle m'a donnée dans le temple hier."

Préférer vivre avec des étrangers qu'avec sa propre famille . . . Mme Higurashi fut prise d'un frisson. Que ferait-elle si Kagome décidait d'aller vivre aux côtés d'Inu-Yasha ? Comment accueillerait-elle sa décision ? Bien sûr elle serait immensément triste. Quelle mère ne le serait pas alors qu'elle perdrait la chair de sa chair, cette vie qu'elle avait portée en elle durant neuf mois et qu'elle avait senti grandir pendant tout ce temps ? Cependant, elle l'accepterait. Si Kagome pouvait être plus heureuse ainsi . . . Comment pourrait-elle l'en empêcher ? Le bonheur de sa fille passait avant le sien. Il en avait toujours été ainsi, et cela serait toujours le cas.

- Sôta : "En parlant de Sesshômaru . . . il me fait vraiment peur. Il est très différent de Inu-Yasha-niisan."

- Mama : "Il est vrai qu'ils sont opposés comme le sont le jour et la nuit."

- Ojisan : "Pour des frères, à part une légère ressemblance physique . . ."

- Sôta : "Ne mama . . . Neesan n'avait-elle pas dit que Sesshômaru était un youkaï cruel qui détestait les ningen ? Dans ce cas, pourquoi . . . ?"

- Mama : "Pourquoi était-il avec Sakura-chan et Rin-chan ? Je n'y vois là qu'une seule réponse : elles ont commencé à le changer. Sesshômaru a commencé à s'adoucir et à développer des sentiments grâce à leur présence."

- Sôta : "Tu crois vraiment ?"

- Mama : "On dit que même le pire des monstres est capable d'avoir des sentiments. Alors pourquoi pas lui ?"

- Ojisan : "En tout cas, il a encore du chemin à faire pour changer de caractère."

- Mama : "Il ne faut pas trop en demander non plus ojisan. Sesshômaru ne deviendra jamais comme Inu-Yasha. Il ne pourra pas changer à ce point. Et puis l'évolution sera lente quoi que d'après ce que Kagome nous ait raconté, ce que nous avons vu hier doit être un véritable prodige."

La sonnerie retentissant coupa court à leurs pensées. Mme Higurashi sortit de la cuisine et se dirigea vers l'entrée.

- Mama : "Je vais ouvrir. Ce doit être Sakura-chan."

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Sakura marchait lentement en direction de la maison des Higurashi. Elle priait inconsciemment pour que la jeune fille, Kagome, ne soit pas chez elle. Ou que si elle l'était, elle ne la croiserait pas. Se rappelant les paroles de Sesshômaru à son égard, elle avait voulu laisser son Shikon no kakera (les deux morceaux ayant fusionnés en un seul à sa plus grande surprise) chez elle. Mais, sans savoir pourquoi, elle n'avait pu se résoudre à le faire. Comme si quelque chose la poussait à les garder avec elle. Sûrement son inconscient. On ne savait jamais ce qui pourrait se passer si Hinata y touchait . . . La jeune fille avait donc pris le risque de le prendre avec elle.

Et elle marchait toujours, réfléchissant à ce que la famille Higurashi allait bien pouvoir lui dire pour qu'elle change d'avis. Mais ce ne serait pas le cas. Elles ne pourraient jamais être amies et ce, tout simplement parce qu'elles venaient du même monde. Jamais cela ne se produirait. Quand bien même cette Kagome serait la jeune fille la plus gentille du monde. Car même avec ça, ça se reproduirait . . .

Sakura s'aperçut soudain qu'elle était arrivée à destination. Elle leva les yeux, embrassant du regard les grands escaliers menant au temple ainsi qu'à la maison des Higurashi. Et elle commença son ascension, retenant son souffle par intervalles à la moitié des marches. Le mélange du vieux prêtre était encore très présent dans l'air. Mais ce n'était rien comparé à ce qu'elle allait probablement devoir affronter à l'intérieur. Kagome et la fraîcheur lavande . . .

Arrivant devant la porte, la jeune fille resta un instant immobile avant de prendre une grande inspiration suivit d'une grimace de dégoût. Il est vraiment nauséabond ce mélange . . . Puis, elle pressa la sonnette, tendant l'oreille alors que le son étouffé retentissait de l'autre côté de la porte.

Elle n'attendit que quelques secondes avant que Mme Higurashi ne vienne lui ouvrir, un grand sourire sur le visage.

- Sakura : " Konnichiwa."

- Mama : " Konnichiwa, Sakura-chan. Entre. Kagome vient de sortir il y a quelques minutes."

Sa fille était sortie ? Sakura soupira de soulagement aussi discrètement qu'elle le pu. Un léger sourire étira ses lèvres.

- Sakura : "Haï."

Mme Higurashi s'effaça pour la laisser passer avant de refermer la porte. Elle ne vit donc pas la grimace qui s'était formée sur le visage de la jeune fille, quelques pas après son entrée. Pas plus qu'elle n'entendit le léger hoquet qu'elle émit, une main sur la bouche.

- Mama : "Ton uniforme est prêt. J'ai réussi à faire disparaître toutes les tâches et il est sec. Il t'attend dans le salon."

- Sakura : "Arigatô."

Connaissant le chemin, la jeune fille s'y rendit en quelques instants. Mais elle sentait son malaise augmenter à chaque seconde. Cette odeur avait toujours autant d'effet sur elle. Pas étonnant puisque ce jour-là, ces effluves étaient fortement présents dans l'air. Comment aurait-elle pu oublier quoi que ce soit d'effectif à cette journée qui avait tout bouleversée dans sa vie ? Non, il ne fallait pas qu'elle y pense. Pas encore. Pas maintenant.

- Ojisan : "Konnichiwa, Sakura-chan."

- Sôta : " Konnichiwa."

La jeune fille sursauta. Absorbée dans ses pensées, elle ne s'était même pas rendue compte qu'elle était arrivée au salon.

- Sakura : "Ko . . . konnichiwa."

- Ojisan : "Daijôbu ? Tu es bien blanche."

- Sakura : "Haï. C'est juste que je . . . je ne supporte pas la lavande depuis que je suis petite. Ça me donne des vertiges et des mots de tête très violents."

Un silence se fit à cette annonce. Et eux qui avaient vidé plusieurs bombes désodorisantes partout dans la maison . . . Même si une journée était passée, l'odeur était encore fortement présente. Pas étonnant que la jeune fille soit si pâle et que sa démarche soit hésitante.

Sôta fit un bond prodigieux jusqu'à la fenêtre, un bond digne des plus grands champions de saut en longueur, et il ouvrit celle-ci en grand. Il alla ensuite chercher une chaise qu'il plaça juste à côté. Puis, en jeune homme bien élevé, il escorta Sakura jusqu'à cette ouverture salvatrice.

Après quelques bouffées d'air frais, la jeune fille reprit sensiblement quelques couleurs. Elle sourit alors à Sôta qui la regardait d'un air inquiet.

- Sakura : "Arigatô. Si tu agis ainsi en chevalier servant avec toutes les filles, tu dois être bien populaire dans ta classe, ne ?"

- Sôta : Commençant à rougir. "Ano . . . ano . . ."

- Sakura : Son sourire se fige puis disparaît. "Mais utilise-le à bon escient. Jamais pour faire le mal ou sur une mauvaise impulsion. Sinon les gens autour de toi en souffriront. D'accord ?"

- Sôta : "Ha . . . haï . . ."

Le jeune garçon était surprit du changement de Sakura. Elle qui lui souriait si aimablement une seconde avant avait maintenant le regard perdu dans le vague. Un regard dans lequel on pouvait y lire une certaine souffrance, une souffrance reflétant une terrible expérience vécue. Etait-ce pour ça qu'elle lui avait demandé de ne pas agir ainsi ? Quelqu'un avait-il déjà agit de la sorte avec elle ?

- Mama : "Sakura-chan ? Daijôbu ?"

Sakura secoua vivement la tête pour chasser les pensées qui commençaient à l'envahir et elle se força à esquisser un petit sourire qui se voulait rassurant.

- Sakura : "Haï, daijôbu. Mon malaise est passé maintenant. Si vous n'y voyez pas d'inconvénient, je vais reprendre mon uniforme et rentrer chez moi. J'ai promis à okâsan de faire encore plus d'efforts pour le lycée. Autant que je commence tout de suite pour lui prouver ma bonne fois."

- Mama : "Bien sûr."

- Ojisan : "Yoshié a tendance à s'emporter facilement, mieux vaut en effet pour toi que tu ne la provoques pas."

- Sakura : "Surtout qu'elle ne sait pas que je suis partie. Mais otôsan me couvre. Si elle s'aperçoit de mon absence, je suis censé être allée faire une course. Mais il vaut mieux que je ne tarde pas trop."

La jeune fille se leva, prête à prendre congé. Un murmure étouffé à sa droite lui fit cependant tourner la tête. Dès que son regard croisa celui de Sôta, ce dernier ouvrit la bouche puis il se ravisa, baissant la tête. Sakura sourit et se tourna vers lui.

- Sakura : "Tu voulais me demander quelque chose, ano . . . Sôta desu ne ?"

- Sôta : "Haï . . ."

- Sakura : "Vas-y je t'écoute. Et ne t'en fait pas, j'ai encore le temps d'y répondre."

Le jeune garçon releva la tête et il posa la question qui lui brûlait les lèvres depuis hier.

- Sôta : "Quel genre de youkaï est Sesshômaru ?"

- Sakura : "Pourquoi me demandes-tu ça ?"

- Sôta : "Neesan nous l'a longuement décrit comme très froid, très cruel et détestant les ningen. Je voudrais bien comprendre."

- Sakura : "Tu sais, Sesshômaru est quelqu'un de très difficile à cerner. Même avec le temps que j'ai passé avec lui, je n'arrive pas toujours très bien à le cerner. Mais ce dont je suis certaine, c'est que Sesshômaru ne montre jamais ses sentiments. Il est souvent très froid, quasiment toujours calme, inaccessible, shikashi . . . même s'il ne le montre pas, je suis sûre qu'il n'est pas insensible, que c'est juste une façade qu'il se donne, comme s'il avait honte de montrer ce qu'il peut ressentir. Ou alors peut-être n'est-ce pas une carapace protectrice. Peut-être est-ce tout simplement de la maladresse parce qu'il ne sait pas exprimer ses sentiments . . . Il y a parfois de rares moments qui me le font penser. J'en suis sûre. Il est . . . Enfin je . . ."

La jeune fille se tu et commença à rougir, conscience qu'elle s'avançait en terrain glissant et inconnu. Il valait mieux pour elle en rester là si elle ne voulait pas faire face à des questions embarrassantes. Questions pour lesquelles elle n'aurait pas forcément de réponses.

- Sakura : "J'ai répondu à ta question ?"

- Sôta : "Je crois que oui. Arigatô."

Elle est amoureuse . . . Conclusion tout de suite tirée par Mme Higurashi. La douceur qu'avait prise sa voix à la simple évocation du youkaï, son air presque rêveur, la rougeur naissante sur ses joues et son embarras, tout la confortait dans cette direction. Et puis, si l'on mettait de côté son caractère de chien, elle devait bien avouer que Sesshômaru avait un certain charme que rehaussait son côté froid et inaccessible.

- Sakura : Courbette. " Je vous remercie sincèrement pour ce que vous avez fait et je vous en suis infiniment reconnaissante."

- Mama : "Ce n'était rien voyons."

- Sakura : " Je suis aussi désolée de vous avoir dérangé. Je vais vous laisser maintenant."

- Ojisan : "Ne dis pas ça. Tu n'as occasionné aucun dérangement."

- Mama : "Je vais te raccompagner."

- Sakura : "Merci, mais ce n'est pas la peine. Je connais le chemin maintenant. Sayônara."

Se dirigeant vers la porte, Sakura se saisit de son uniforme que lui tendit Mme Higurashi. Les tâches de sang avaient vraiment l'air d'être toutes parties. Heureusement pour elle.

- Ojisan et mama : "Sayônara, Sakura-chan. Reviens quand tu veux."

- Sôta : "Sayônara, Sakura-san."

Le silence accompagna la jeune fille et il dura bien après que le claquement de la porte annonçant son départ ait retenti. Mme Higurashi finit par tourner un regard quelque peu inquiet vers le vieux prêtre.

- Mama : "Ojisan . . . tu penses aussi que . . ."

- Ojisan : "Il y a trop de ressemblances, trop de coïncidences pour que ce soit le hasard."

- Mama : "Alors ce n'est malheureusement pas mon imagination. Cela risque d'être dur pour Sakura-chan. Encore plus dur que pour Kagome."

- Ojisan : "J'en ai aussi peur."

Sôta les regardait attentivement. De quoi étaient-ils en train de parler ? Pourquoi leurs regards étaient-il si triste ? Et leurs visages si graves ?

- Sôta : "Mama, ojisan . . . de quoi vous parlez ?"

- Mama : "Rien qui te concerne, Sôta. Va donc jouer maintenant. Profite bien de ton avant-dernier jour de vacances."

- Sôta : Haussant les épaules. "Je suis trop jeune pour comprendre, c'est ça ?"

Une moue boudeuse sur le visage, le jeune garçon monta de mauvaise grâce dans sa chambre pour tenter d'aller pulvériser son record sur son jeu vidéo préféré.

- Ojisan : "Il ressemble de plus en plus à Kagome . . ."

- Mama : "Je trouve aussi."

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- Kôga : "C'est de ta faute si Kagome est partie, sale clébard !"

- Inu-Yasha : "Avant d'accuser les autres, tu ferais mieux de considérer ton cas, espèce de loup famélique !"

Le youkaï et le hanyô se firent face, front contre front, essayant de grogner plus fort que l'autre. Leur rivalité pour le cœur de Kagome, même de façon assez inconsciente pour Inu-Yasha, les faisait s'affronter à chacune de leurs rencontres. Querelles qui lassaient bien vite les spectateurs présents.

- Miroku : "Vous ne vous êtes jamais dit que ça pourrait être de votre faute à tous les deux ?"

- Kôga et Inu-Yasha : Désignant l'autre du doigt. "C'est de sa faute." Regards meurtriers. "Arrête de m'accuser, c'est de ta faute !" De nouveau front contre front. "Arrête de dire la même chose que moi, sale clébard/espèce de loup famélique !"

Et c'était repartit pour une fois. Encore une. Et après ils se demandaient pourquoi Kagome était partie . . . Ils ne se rendaient pas compte à quel point ils étaient lourds ?

- Sango : "Ça suffit maintenant ! C'est parce que vous passez votre temps à vous chamailler que Kagome-chan est partie ! Vous pensez vraiment qu'elle vient ici exprès pour entre vos disputes ridicules ?"

- Shippô : "C'est vrai ça ! Mettez-vous un peu à sa place enfin !"

L'ookami tout comme l'inu se turent sur le champ. Après un rapide regard à son rival, chacun regarda le sol d'un air penaud.

- Kôga : "Ouais . . . c'est peut-être un peu de ma faute . . ."

- Inu-Yasha : "Hn . . . moi aussi . . ."

- Miroku : "Pour une fois que vous vous mettez d'accord . . ."

- Inu-Yasha : "Keh ! De toute façon qui voudrait être d'accord avec ce loupiot ?"

- Kôga : "Ou avec ce sale clébard ?"

- Inu-Yasha : "Nani ?"

- Kôga : "T'as très bien entendu, sale clébard !"

- Inu-Yasha : "Je vais te tuer !"

- Shippô : Secouant la tête d'un air navré. "De vrais gamins . . ."

- Miroku : "Je cois qu'il est vraiment impossible de les faire changer . . ."

- Sango : "Je commence à penser la même chose, hôshi-sama."

Nouveaux grognements, nouveaux surnoms affectueux, nouvel affrontement . . . Est-ce qu'ils cesseraient un jour leurs comportements puérils et immatures ? Le hôshi et la taijiya en doutaient vraiment.

- Shippô : Fronçant le nez. "Ne, Inu-Yasha . . . C'est quoi cette odeur depuis tout à l'heure ?"

- Inu-Yasha : "Keh. Comme si je pouvais le savoir !"

- Shippô : "Mais on dirait que ça vient du puit."

- Inu-Yasha : "Oui, c'est de là que ça vient. Aucun doute là-dessus."

- Kôga : "Du puit ? Quel puit ? En tout cas, c'est vrai que ça pue . . ."

Inu-Yasha sourit, content de savoir quelque chose que Kôga ignorait. Et il ne tenait pas à lui révéler. Du moins pas si facilement et sans quelque chose en échange. Mais Miroku l'interrompit dans ses réflexions.

- Miroku : "Je ne sens rien."

- Sango : "Moi non plus."

- Inu-Yasha : "Allez-y donc et on verra bien ce que vous en penserez après."

Prenant le chemin menant au puit, Miroku et Sango eurent tôt fait de subir eux aussi les effluves nauséabondes et agressives. Saisis par cette forte odeur, ils se protègent bien vite le nez et la bouche de leurs mains.

- Sango : "Oh ! Je comprends mieux maintenant pourquoi Inu-Yasha voulait que l'on s'éloigne du puit."

- Miroku : "Et aussi pourquoi Kôga n'a pas protesté sur ce point."

- Sango : "Mais qu'est-ce qui peut bien sentir ainsi ?"

- Miroku : "Je n'en ai aucune idée."

- Sango : "Hôshi-sama, pensez-vous que c'est encore un plan de Naraku ?"

- Miroku : "Iie. Ça ne lui ressemblerait pas. Ce n'est bien sûr pas à exclure, mais il n'est pas censé connaître le puit, ne ? Je ne pense pas qu'il y ait un rapport."

- Sango : "J'espère que vous avez raison, hôshi-sama."

- Miroku : "Moi aussi. Retournons donc auprès d'Inu-Yasha."

- Sango : "Haï."

Se retournant, ils s'éloignèrent d'un bon pas et aspirèrent de grandes goulées d'air frais pour que leurs poumons purgent celui, vicié, du puit. Quand ils revinrent auprès du hanyô et du kitsune, il n'y avait plus aucune trace de l'ookami.

- Sango : "Où est Kôga ?"

- Inu-Yasha : "Keh ! Il s'est tiré."

- Shippô : "Il a dit qu'il avait quelque chose à faire."

- Inu-Yasha : "Tant mieux. J'en avais marre d'avoir ce sale loupiot dans les pattes."

- Miroku : Secouant lentement la tête. "Inu-Yasha . . . tu ne changeras jamais . . ."

Pas étonnant que Kagome-sama ait préféré partir . . . Mais comme à chaque fois, elle reviendrait une fois qu'elle se serait calmée. Inu-Yasha et elle se disputeraient encore une fois puis ils se réconcilieraient encore. Comme toujours. Ils étaient si prévisibles l'un comme l'autre qu'on pouvait parfois deviner à l'avance ce qui allait se passer entre eux.

Au pire, si la jeune fille tardait, Inu-Yasha retournerait la chercher, puisque lui seul pouvait passer dans les deux époques par l'intermédiaire du puit. Et ils se remettraient tous à la recherche des Shikon no kakera et de Naraku.

Naraku . . . Cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas manifesté. Trop longtemps. Assez longtemps pour pouvoir affirmer qu'il préparait une autre de ses coups tordus. Oui, il était trop longtemps resté dans l'ombre pour que ce soit de bon augure. Miroku en était sûr. Naraku se manifesterait dans très peu de temps.

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Sakura rentrait chez elle, le cœur battant la chamade à l'idée que sa mère se soit aperçue de son absence. Car si c'était le cas, et même sous la couverture de son père, elle se ferait sévèrement réprimander. Elle avait intérêt de faire très attention à tout ce qu'elle allait dire ou faire désormais.

Tout comme elle avait dû le faire chez les Higurashi. Elle s'était laissée envahir par ses émotions et elle avait faillit dire quelque chose qu'elle aurait peut-être regrettée. Est-ce qu'ils s'en sont rendus compte ? Sakura n'en savait rien. Mais elle se jura d'être plus prudente à l'avenir. Avec les Higurashi comme avec sa mère. Elle ne devait absolument rien laisser transparaître sur ce qu'elle pouvait bien ressentir pour Sesshômaru. Rien. Surtout qu'elle ne le savait pas très bien elle-même . . .

Franchissant la porte sans bruit, la jeune fille pénétra à pas de loups chez elle. Elle jeta un coup d'œil discret dans le salon où son père, instituteur de primaire, mettait ses cours au point pour la rentrée. Ce dernier leva la tête et lui fit un clin d'œil complice après avoir désigné la cuisine d'un signe du menton. Sakura soupira de soulagement. Sa mère ne s'était pas aperçue de son absence . . .

Après un signe de la main à son père, la jeune fille monta le plus rapidement et le plus silencieusement possible les escaliers menant à sa chambre, la dernière pièce au fond du couloir. Ouvrant la porte, Sakura se sentit apaisée. Sa chambre lui procurait toujours cet effet de calme plus qu'aucun autre endroit au le monde. Parce que c'était sa pièce à elle, qu'elle avait pu aménager comme elle l'avait voulu. Elle aimait la disposition de ses meubles, la couleur de ses murs, le petit balcon à sa fenêtre . . . La jeune fille embrassa sa chambre du regard.

Une armoire blanche se trouvait à gauche de sa porte, à droite une petite commode, blanche elle aussi. Juste en face d'elle, la double fenêtre de son balcon était entrouverte, laissant le vent jouer avec les rideaux immaculés. A sa gauche se trouvaient sa chaise et son bureau, toujours d'une blancheur parfaite malgré les années. Ce dernier ne comportait aucune photo d'éventuels amis. Juste celles de sa famille. Dernier meuble complétant cette pièce, son lit. Aussi blanc que le reste, seul l'édredon vert ajoutait une touche de couleur, jouant à merveille avec les tableaux et les photographies de couchers de soleils qui ornaient les murs ça et là. Des murs aussi blancs que de la craie.

Poussant un soupir de satisfaction, Sakura referma la porte et ouvrit sa fenêtre en grand avant d'aller s'accouder quelques instants au balcon. Elle avait encore quelques leçons à faire et elle voulait profiter de la douce brise qui soufflait avant de s'y mettre.

Je me demande quel temps il fait là-bas. J'espère que Rin va bien . . . Rin . . . Sakura avait d'emblé adoptée la fillette, la traitant comme sa propre petite sœur. La jeune fille en ressentit un pincement au cœur. Rin . . . Hinata . . . Elle avait beaucoup pensé à Rin et été à son contact. Et Hinata dans tout ça ? Hinata était quand même sa sœur de sang. Mais malgré ça, elle n'avait que très peu pensé à elle, comme pour sa mère et son père.

Sakura se sentit envahie par une vague de culpabilité. Culpabilité d'avoir préféré penser à des étrangers plutôt qu'à sa propre famille. Comment avait-elle pu ? Quel genre de fille et de grande sœur pouvait-elle bien être ?

Se redressant vivement la jeune fille décida que demain, son dernier jour de vacances, elle le passerait exclusivement avec Hinata. Comme si cela pouvait l'excuser . . . Elle savait bien qu'il n'en serait rien. Mais ce matin sa petite sœur lui avait parlé d'une fête foraine et ce, avec un espoir non dissimulé dans la voix. Soit, elle l'y emmènerait et elles passeraient leur après-midi là-bas.

Un peu rassérénée par ces pensées, Sakura rentra se mettre au travail sans tarder. Ouvrant son agenda, elle poussa un soupir de consternation. Il lui restait tout ça ? L'après-midi allait être long, très long . . . Commençons par ce que j'aime le moins : les maths !

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Le lendemain, après avoir prouvé à sa mère qu'elle avait terminé toutes ses leçons, Sakura passa la journée entière avec Hinata. Elles déjeunèrent en ville, firent quelques boutiques et allèrent à la fête foraine.

Le soir venu, après avoir dîné en famille, la grande et la petite sœur se retrouvèrent dans la chambre de l'aînée, assises sur le lit. Durant toute la journée, pas un mot n'avait été prononcé au sujet de l'autre époque. Mais Hinata avait visiblement des tas de questions à lui poser, la jeune fille s'en était rendue compte plusieurs fois dans la journée. Il était arrivé à la fillette d'ouvrir la bouche puis de détourner les yeux dès qu'elle croisait ceux de sa sœur aînée. Maintenant, le moment était venu de lui révéler ce qu'elle voulait savoir.

- Sakura : "Tu te poses des questions, ne Hinata ?"

La fillette sursauta, ne s'attendant pas à cette approche directe. Elle baissa la tête quelques secondes, comme honteuse d'avoir été découverte si vite, avant de murmurer sa réponse.

- Hinata : "Ha . . . haï . . ."

- Sakura : "Tu n'as pas à être gênée, c'est tout à fait normal que tu veuilles savoir. Vas-y, je t'écoute."

Relevant la tête, Hinata regarda sa sœur aînée dans les yeux. Elle pouvait vraiment lui poser toutes les questions qu'elle voulait ? Son sourire encourageant le laissait penser. Alors, prenant son courage à deux mains, la fillette se plaça face à Sakura et la fixa sans ciller, mais moins confiante qu'elle ne le laissait paraître.

- Hinata : "Pourquoi . . . pourquoi la petite fille qui était avec toi t'appelait-elle Sakura-neesan ?"

La jeune fille sourit. Alors c'était qui préoccupait tant Hinata ? Le fait que Rin l'appelle Sakura-neesan ? Etait-ce une sorte de . . . jalousie ? Oui, sûrement.

- Sakura : "Comme je l'ai déjà expliqué, Rin est une jeune orpheline qui m'a soignée alors que je m'étais blessée à la cheville. Quand je l'ai rencontrée pour la première fois, elle ne pouvait plus parler. Et une fois la parole retrouvée . . . Hinata, sais-tu quels sont les premiers mots qu'elle a prononcés à ce moment-là ?"

- Hinata : "Iie."

- Sakura : Avec un sourire nostalgique. "Sakura-neesan . . . Ce sont ses tout premiers mots. Tu ne peux pas savoir à quel point ça m'a fait chaud au cœur. Et puis, à certains moments, elle me faisait vraiment penser à toi. Quoi que tu es plus tête de mule qu'elle . . ."

- Hinata : "Naruhodo . . ."

Devant l'air sombre de sa cadette, Sakura ne pu s'empêcher de sourire. Elle était bel et bien jalouse.

- Sakura : "Ne t'inquiète pas, Hinata. Tu es et tu restes ma seule et unique sœur de sang. Même si je considère Rin comme ma seconde petite sœur, elle ne prendra jamais ta place et je ne t'aimerai pas moins pour autant. Vous avez à peu près le même âge et j'aimerais vraiment que vous deveniez amies. Ne sois pas jalouse de Rin, ne Hinata ?"

- Hinata : Boude. "Je ne suis pas jalouse."

- Sakura : Sourit. "Si, tu l'es."

- Hinata : Détournant la tête. "Iie."

- Sakura : "Si."

La jeune fille se jeta sur sa sœur et la chatouilla activement, jusqu'à ce que cette dernière en pleure de rire. Et encore, elle n'avait pas utilisé sa technique du doigt magique qui avait si bien fonctionné avec Jaken.

- Hinata : "Yamete . . . Onegaï . . . Neesan yamete !"

La fillette se tortillait de son mieux pour échapper aux chatouilles de Sakura. Mais elle savait que ce serait impossible. Jamais elle n'avait réussit. Sa sœur était la plus forte dans ce domaine, force était pour elle de l'admettre.

- Sakura : "Alors tu admets ta défaite ? Tu te rends ?"

- Hinata : "Ha . . . haï . . . tu as gagné . . . je suis jalouse . . . Demo yamete !"

- Sakura : "Tu vois bien que j'avais raison."

Sakura relâcha la fillette qui avait du mal à retrouver son souffle et elle éclata de rire, bientôt imité par Hinata. Ce petit jeu entre elles leur avait tellement manqué. Du coup la tension redescendit au point mort.

Il leur fallu de longues minutes pour se calmer et reprendre leur souffle. Surtout pour Hinata. Redevenant alors sérieuse, la fillette continua son interrogatoire.

- Hinata : "Et l'homme bizarre qui t'accompagnait ? Il paraissait si . . . mystérieux, si froid . . . et si étrange . . ."

- Sakura : "Sesshômaru est quelqu'un de très complexe et je ne sais pas si un jour je parviendrais à le cerner complètement."

La jeune fille poussa un soupir. A chaque fois qu'elle pensait s'être rapprochée de lui et parvenir à mieux le comprendre, il se passait quelque chose qui le rendait encore plus froid qu'avant. Dôshite . . . ?

- Hinata : "Neesan . . . tu l'aimes ?"

- Sakura : "Hinata !"

La jeune fille faillit s'étrangler à la question de sa sœur et elle sentit ses joues commencer à la brûler. Pourquoi lui posait-elle cette question ? N'était-elle pas un peu jeune pour se préoccuper de ces choses-là ? Qu'est-ce qui pouvait bien lui laisser penser qu'elle était amoureuse de Sesshômaru ?

Et puis de toute façon, si cela lui arrivait un jour, ce serait un amour à sens unique. Donc mieux vaudrait qu'il n'y ait pas d'amour du tout qu'un amour non partagé et douloureux.

- Hinata : "Tu rougis neesan ! Tu rougis ! Ne, ne ? Tu es vraiment amoureuse de lui ?"

- Sakura : Soupirant. "Hinata . . . Il faut que je t'avoue quelque chose . . ."

- Hinata : "Alors tu es vraiment amoureuse de lui ?"

- Sakura : "Il ne s'agit pas de ça ! Je vais te raconter quelque chose de très important, quelque chose que okâsan ne devra jamais savoir. Il faut absolument que tu me promettes de garder le secret. D'accord ?"

Surprise par le ton soudain sérieux de Sakura, la fillette arrêta de sourire et regarda cette dernière avec une mine interrogative. Qu'est-ce qui pouvait avoir tant d'importance, qu'est-ce qui pouvait être si grave pour que sa sœur aînée se mette dans cet état ? Et surtout, pourquoi ne fallait-il surtout rien dire à leur mère ?

- Hinata : "Neesan ?"

- Sakura : "Hinata, tu me le promets ?"

- Hinata : "Ha . . . haï."

Alors, Sakura reprit l'histoire, son histoire, celle de Rin, de Sesshômaru, de Jaken, de AhUn . . . Elle reprit tout depuis le début, n'omettant de raconter aucun détail à sa cadette. Hinata pourrait comprendre, la comprendre. Comprendre pourquoi sa relation avec Sesshômaru et Rin ne pouvait qu'être particulière et différente des relations que l'on a habituellement avec une tierce personne. Elle ne la jugerait pas comme le ferait leur mère. Elle, elle la soutiendrait. Elle en était sûre.

Hinata observa quelques minutes de silence, semblant digérer les informations qui venaient de lui être communiquées. Ainsi c'était la véritable histoire de sa sœur, celle de son aventure dans l'époque où elle avait dit avoir voyagé et passé plusieurs jours, les jours de sa disparition. Comment ne pas la croire ? Même si ce qu'elle racontait était vraiment incroyable. Et à la fois effrayant. Mais aussi terriblement attirant . . .

- Hinata : "Alors cet homme n'est pas humain . . ."

- Sakura : "Exact. Le foulard servait à dissimuler ses oreilles. Ce ne fut d'ailleurs pas une mince affaire de le forcer à accepter . . ."

- Hinata : "Pourquoi le crapaud et le dragon à deux têtes ne sont pas venus ?"

- Sakura : "Je n'en sais rien. Peut-être n'ont-ils pas réussit à traverser le puit. Peut-être ne voulaient-ils pas venir."

- Hinata : "J'aurais bien aimé les voir . . ."

- Sakura : "C'est vrai que c'est dommage pour AhUn. Mais pour Jaken, tu ne perds rien, je t'assure. Et puis imagine la tête qu'aurait faite okâsan."

- Hinata : "Je ne préfère pas . . ."

- Sakura : "Moi non plus. Elle m'aurait enfermée à vie avec des gardes du corps devant ma porte et sur mon balcon. L'enfer !"

- Hinata : "Ça pourrait être drôle. Je les imagine bien se précipiter dans la salle de bain en courant, pistolet au poing, juste parce que tu auras crié en glissant sur la savonnette . . ."

- Sakura : "Il n'y a rien d'amusant là-dedans ! Ce serait au contraire terriblement gênant . . ."

- Hinata : Redevenant soudain sérieuse, mais gardant un petit sourire en coin. "Alors comme ça tu es amoureuse d'un youkaï . . . C'est un peu étrange comme premier amour, ne ?"

- Sakura : Rougissant légèrement mais prenant un ton faussement indigné. "Hinata, ça suffit !"

- Hinata : Grand sourire. "J'ai rien dit !" Redevenant tout à fait sérieuse. "Quand y retourneras-tu ?"

La fillette crispa ses doigts sur l'édredon. Elle ne voulait pas que sa sœur reparte dans l'autre monde, un monde où elle n'avait pas sa place. Un monde où elle, elle n'existait pas. Un monde où elle avait des gens qui l'attendaient, des gens dont elle parlait avec chaleur comme elle ne l'avait jamais fait pour personne. Un monde où son cœur s'éloignait d'elle, de sa véritable famille. Elle ne voulait pas perdre sa grande sœur. Mais elle savait aussi que cette dernière y tenait plus que tout. Elle ne pouvait donc pas l'en empêcher.

Comme à chaque fois qu'elle évoquait l'autre époque, Hinata remarqua que le regard de Sakura se faisait vague et rêveur, tout comme son ton était sensiblement plus chaleureux, plus doux. Elle n'aimait vraiment pas ça. Comme si quelque chose au fond d'elle lui hurlait qu'elle allait perdre sa sœur, que ce monde allait la lui ravir. C'était complètement ridicule car elle n'abandonnerait jamais sa famille. Elle ne l'abandonnerait jamais elle. Alors pourquoi son cœur lui faisait-il si mal ?

- Sakura : "Je n'y retournerais pas avant le week-end prochain. J'ai promis à okâsan de ne manquer aucun cours et je respecterai ma parole."

La fillette soupira. Ça lui faisait encore une semaine. Elle pourrait encore profiter de sa sœur durant une semaine entière. Quoi qu'elle pourrait peut-être en profiter plus que ça en y réfléchissant bien . . .

- Hinata : "Je pourrais y aller aussi ?"

- Sakura : "Nani ?"

- Hinata : "Dans l'autre époque ? Je pourrais dis, neesan ?"

La jeune fille était surprise par la question de sa petite sœur. Elle n'avait vraiment pas songé qu'elle pourrait être curieuse au point de vouloir y aller elle aussi. Quoi qu'à sa place, Sakura aurait sûrement agit de la même façon. Néanmoins, sa réponse était déjà toute prête et n'admettait aucune contestation.

- Sakura : "Iie."

- Hinata : "Dôshite ?"

- Sakura : "Pour trois raisons. Premièrement, j'ai déjà eu du mal à convaincre okâsan de me laisser y retourner et je sais qu'elle ne te le permettra pas à toi. Deuxièmement, c'est un endroit qui peut être très dangereux et je ne tiens pas à ce qu'il t'arrive malheur. Je ne me le pardonnerais jamais. Okâsan et otôsan non plus. Troisièmement, je ne pense pas que tu sois capable de pénétrer dans l'autre époque. Apparemment, nous ne sommes que deux à pouvoir nous le permettre."

- Hinata : "Mais si je n'essaye pas, on ne peut pas savoir !"

- Sakura : "Je te l'interdis, Hinata ! Je ne veux pas que tu t'approches du Temple Dévoreur d'Os ni du puit. Tu m'as bien comprise ?"

- Hinata : "Neesan . . ."

- Sakura : "Onegaï Hinata . . . Promets-le moi !"

- Hinata : "Wakatta neesan, je te le promet."

- Sakura : "A la bonne heure."

Raté. Pourtant ça lui paraissait être une bonne idée . . . Apparemment pas assez pour convaincre sa sœur. Mais elle trouverait bien un moyen pour pouvoir passer plus de temps avec elle. Elle l'obligerait à se souvenir d'elle. Elle ne la laisserait pas les quitter pour ces gens de l'autre époque. Non, certainement pas ! Elle l'aimait trop pour ça.

- Hinata : "Neesan . . . ces gens, ils vont revenir ?"

- Sakura : "Haï. Je suis sûre que Rin reviendra volontiers. Comme je te l'ai dit, j'aimerais vraiment que vous deveniez de bonnes amies. Ce serait une chose vraiment merveilleuse. Je pourrais ainsi profiter de mes deux kawaï imouto en même temps."

Mes deux kawaï imouto . . . Ainsi une étrangère avait vraiment pris possession du cœur de sa sœur en si peu de temps ? Alors qu'elle, ça faisait huit ans qu'elle était à ses côtés . . . On pouvait vraiment s'attacher à quelqu'un aussi vite ? On pouvait vraiment éprouver des sentiments aussi forts qu'un lien de sang en aussi peu de temps ? Alors où était sa place à elle ?

- Sakura : "Quant à Sesshômaru, c'est autre chose . . . Il est fier, très fier. Trop fier. Il n'acceptera pas aussi facilement que Rin. Et il ne reviendra sûrement pas de lui-même. Non, en aucun cas. Bien qu'il l'ait fait une fois. Dakedo . . . dakedo . . ."

- Hinata : "Neesan ?"

- Sakura : "Depuis que je l'ai vu avec le foulard, j'ai terriblement envie de le voir porter des vêtements de notre époque !"

La fillette ne su que répondre, déstabilisée par le changement d'attitude de Sakura. Comment pouvait elle être aussi sérieuse puis sortir quelque chose d'aussi futile la seconde suivante ? Ça lui faisait mal de le reconnaître, mais sa sœur avait changé. Elle paraissait plus heureuse, plus sûre d'elle. Elle était aussi plus souriante et plus accessible, comme si quelque chose s'était libéré en elle et avait brisé sa carapace protectrice. Avant, jamais elle n'aurait osé dire quelque chose comme ça.

- Hinata : "Neesan . . ."

- Sakura : "Je te jure, je suis sûre qu'il serait très séduisant. Et puis, je me demande à quoi il ressemblerait sans sa fourrure sur l'épaule. Il serait tout à fait différent, j'en suis certaine . . ."

La fillette se permit un sourire. Oui, sa sœur avait vraiment changée. Mais ce n'était pas vraiment pour lui déplaire, elle devait bien se l'avouer. Elle avait peur qu'elle ne s'éloigne, mais pourquoi alors qu'elle était plus près d'elle que jamais ?

- Hinata : "Neesan . . ."

- Sakura : Semblant sortir de sa rêverie. "Nani ? Dôshita no, Hinata ?"

- Hinata : Pointant un doigt tremblant vers sa sœur. "Une . . . une araignée . . . là . . ."

Sakura se retourna en proie à la panique. Elle détestait les araignées ! Et ce, plus que tout sur terre ! Tout du moins autant que les hentaï qu'il lui avait été donné de croiser. Quoi qu'elle détestait peut-être plus les araignées finalement, elles étaient plus sournoises. Enfin c'était encore à débattre . . .

Mais où est-elle cette . . . ? Elle avait beau scruter partout, impossible de la trouver ! Kami ! Faites qu'elle ne se soit pas glissée dans mon lit ! Quelle horreur ! Rien que de l'imaginer, elle en avait des frissons partout.

- Sakura : "Doko ? Hinata ! Oï Hinata ! Doko ?"

Un gloussement attira son attention. La fillette essayait de le masquer, mais elle n'arrivait plus à contenir le fou rire qui s'était emparé d'elle. Neesan est vraiment unique. Elle s'est battue contre un frelon géant et elle panique à la moindre évocation d'une araignée ? Elle côtoie des youkaï et elle a peur d'un simple insecte ? Comment ne pas vouloir en profiter ?

- Sakura : Ton se voulant menaçant. "Hinata . . ."

- Hinata : Lui tirant la langue entre deux crises de fou rire. "Je t'ai eu !"

- Sakura : "Hinata . . . Mate, tu vas voir !"

La jeune fille se jeta sur sa cadette pour lui faire subir de nouveau le supplice des chatouilles. Sauf que cette fois elle n'échappera pas à ma technique du doigt magique . . . Oui, après tout elle l'avait bien mérité, ne ? Et puis ça leur faisait du bien à l'une comme à l'autre.

- Sakura : "Je vais t'apprendre à te moquer de ta grande sœur . . ."

- Hinata : Entre deux hoquets. "Iie . . . Onegaï da kara . . . Neesan . . . yamete !"

- Sakura : "Pas avant que tu n'aies compris la leçon !"

Suffocant de rire, Hinata passait néanmoins un très bon moment. Elle était avec sa grande sœur et c'était tout ce qu'elle désirait. Elle ne demandait rien d'autre. Juste passer du temps avec son modèle, celle à qui elle voulait tant ressembler plus tard. Sa sœur, son modèle d'adoration. L'être qu'elle ne voulait partager avec personne.

Cette même personne qui avait tant changé depuis son retour. Elle était différente, mais en même temps si semblable que c'en était presque effrayant. Mais Sakura, cette même Sakura qui la serrait contre elle en rigolant en ce moment, elle était unique. Et c'était sa sœur à elle, sa sœur tant aimée. Et rien ne pourrait la lui enlever. Jamais. Rien ni personne. Ne ?


Voici donc le court chapitre 5.

Par manque de temps, je ne sais pas quand je pourrai taper le chapitre 6 et donc, le mettre en ligne. Je demande votre clémance, pitié !

A part ça, reviews ?