Après de longs mois d'absences, je me suis enfin décidée à poster ce chapitre... excusez les fautes d'orthographes et de syntaxes, ma bêta est un peu occupée (bcp même!) ... j'espère qd même que ça vous plaira...
Disclaimer: voir chapitre 2
Chapitre 3 : Préparatifs de voyage
Le bruit de la porte se refermant sur Barliman me tira de mes pensées. Je sortis de coin d'ombre en même temps que mon frère pendant qu'Aragorn demandait à Frodo ce qu'il attendait pour ouvrir la lettre de Gandalf. Mon frère questionna le Rôdeur sur la raison pour laquelle il nous avait fait nous cacher dans l'ombre :
— Je préfère qu'il ne sache pas que vous traînez avec un Rôdeur, je ne suis pas une fréquentation très recommandable pour votre oncle…Vous avez appris beaucoup de chose ce soir, trop peut-être pour votre propre sécurité, et il temps que vous retourniez à vos occupations. Mais je compte sur vous pour garder le secret…
Nous quittâmes alors le salon et nous nous mîmes en quête de notre oncle pour l'aider à ranger et nettoyer la salle Commune et les cuisines. Nous le trouvâmes dans ces dernières faisant la vaisselle. Il nous interpella :
— Où étiez-vous passez ? Il y a des gens étranges qui rôdent en ce moment, alors faites attention à vous ! J'ai préparé des ronde pour cette nuit : nous nous devons de veiller sur nos clients. Je ne t'aurais pas demander d'en faire partie, Vinya, mais puisque Lòn est là, il pourra t'accompagner. Vous irez faire un tour vers la Porte Ouest.
— Mais, on va t'aider un peu à ranger avant, non ?
— Non, c'est bon, ça ira, ne vous inquiétez pas, ce n'est pas la première fois. Allez-y, mais couvrez-vous, nous ne sommes plus en été !
Lòn et moi prîmes chacun notre manteau et nous sortîmes de l'auberge. La nuit était tombée depuis longtemps et la rue était très faiblement éclairée par quelques lanternes. Nous étions sous une d'entre elles, positionnée juste au dessus de la porte de l'auberge, mais nous dûmes bientôt quitter la lumière pour l'ombre et nous nous dirigeâmes vers la porte Ouest, proche de l'auberge. Lòn n'avait aucune difficulté à avancer, il y voyait très bien, mais j'avais un peu plus de mal, car l'obscurité était grande et nous avions oublié d'emmener des lanternes. Je trébuchai plusieurs fois sur la route irrégulière, et nous arrivâmes rapidement à la porte Ouest. Nous ne vîmes pas le gardien de la porte, mais nous ne le cherchâmes pas et nous fîmes demi-tour.
Nous n'avions rencontré personne, ni Cavalier Noir, ni Homme, ni Hobbit, pas même un chat, et nous étions prêts à retourner à l'auberge. J'étais sous la lanterne de éclairant la porte, en pleine lumière, mais Lòn lui préférait marcher dans la pénombre et je ne le voyais pas. Soudain, je l'entendis à côté de moi me crier quelque chose que je ne compris pas car au même instant je fus tirée en arrière. Une main se plaqua sur ma bouche. Une lame me frôlait la gorge et je sentis quelques gouttes de mon sang couler lentement. Cela eu l'effet que mon agresseur escomptait probablement, puisque je me glaçai de terreur, en me demandant ce qu'était devenu mon frère. L'homme qui me retenait s'adressa justement à lui, et je compris qu'il était libre de ses mouvements :
— Allez mon gars ! fit-il. Ne fait pas de bêtises sinon ta sœur pourrait en pâtir. J'ai appris que tu avais quelques dons pour te battre, mais ne me joue aucun tour, je ne suis pas seul, j'ai un camarade dans l'ombre, comme toi. Nous sommes à égalité comme cela. Tu réponds à nos questions et on te laisse tranquille. Toi par contre ma jolie, murmura-t-il à mon adresse ; on ira s'amuser un peu ensemble après ça…
Je sentis sa main glisser sur mon corps. D'abord mon buste, puis mes hanches et enfin mes cuisses. Je fus prise de nausée à ce contact.
— Que nous voulez-vous ? demanda alors Lòn, rageusement.
— Nous sommes curieux, tout comme vous, et nous voulons des renseignements… répondit avec un rire méchant un autre homme qui devait se trouver dans la pénombre à quelques pas de moi. On se demande ce qu'ont bien pu se raconter les trois Hobbits et le Rôdeur…Vous êtes restés un bon bout de temps avec eux, alors vous devez être au courant…
— Je ne vois pas ce que vous voulez savoir, ils ont juste donné des nouvelles de la Comté, Grands-Pas a quelques amis là-bas…répliqua Lòn.
— Ne dis pas n'importe quoi…ou vous pourriez avoir affaire à nos patrons, et ils sont beaucoup moins sympathiques que nous…mais peut-être en avez vous déjà entendu parler, ce sont des cavaliers habillé en noir, des cavaliers terribles…
Ni Lòn ni moi ne répondîmes et ce fus le silence pendant quelques instants, puis je sentis l'homme derrière moi s'effondrer avec un râle. Je me retournai et vis que l'homme que mon frère venait d'assommer était un homme du Sud qui était à l'auberge ce soir-là… Je questionnai Lòn sur le deuxième homme et il me dit qu'il l'avait aussi assommé en essayant de faire le moins de bruit possible. Le deuxième était le gardien de la porte, un homme que nous connaissions depuis toujours… Sans prendre le temps de rependre nos esprits, ni réfléchir à ce qu'il venait de nous arriver, nous nous précipitâmes à l'auberge afin de prévenir Aragorn de notre mésaventure. Les Cavaliers Noirs étaient de retour, et il savaient achetés au moins deux hommes à Bree, bien que pour l'instant hors d'état de nuire.
Nous frappâmes à la porte et nous attendîmes que Frodo nous autorise à entrer. En nous voyant, Aragorn parut mécontent :
— Que faites-vous ici ? Je croyais vous avoir demander de vaquer à vos occupation ! Il vaut beaucoup mieux pour notre sécurité à tous que vous en vous occupiez pas de nos affaires !
— C'est un peu tard pour s'inquiéter de notre sécurité ! s'écria Lòn. Deux hommes à la solde d vos Cavaliers viennent de tenter de tuer ma sœur !
— Que s'est-il passé ? demanda le Rôdeur, soudain calmé.
— Nous étions à la porte Sud quand Harry, le gardien, et un homme du Sud nous ont agressés. Ils avaient appris que nous étions entrés ici avec vous, et nous ont questionnés pour savoir de quoi vous aviez parlé avec les Hobbits. Ils nous ont menacés de nous conduire à leurs maîtres si on ne répondait pas, et ils nous ont décrits les Cavaliers Noirs. Mais Lòn a réussi à les assommer tous les deux et nous sommes revenus aussi vite que possible ici pour vous avertir.
— Vous avez bien fait, nous remercia Aragorn, et vous serez plus en sécurité ici. Vous avez de bons réflexes et du courage! ajouta-t-il en direction de Lòn.
— Ils menaçaient de couper la gorge de ma sœur, il fallait bien que je fasse quelque chose ! répondit Lòn avec modestie. Et puis, ils étaient dans l'ombre, alors j'avais un avantage sur eux…
— Peu d'hommes en auraient pourtant fait autant… Si souhaitez que je soigne votre blessure, Ènvinyatë, vous pouvez vous asseoir ici. J'ai quelques compétences en médecine.
Il me désigna un fauteuil, mais j'avais presque oublié cette petite blessure.
— Non, merci, ça ira, ce n'est qu'une petite coupure. Elle se refermera toute seule, je n'aurais qu'à mettre une écharpe pendant quelques jours pour ne pas risquer de faire peur à oncle Barley ! répondis-je nonchalamment.
— Vous n'en aurez aucunement besoin, répliqua Aragorn sérieusement ; puisque vous viendrez avec nous demain, pour notre voyage vers Rivendell.
— Je vous découvre sous un nouveau jour : je ne vous savez pas pince-sans-rire ! ris-je.
— Je ne plaisante pas avec ces choses là…
J'arrêtai de rire.
— Je vous ai mis en danger en vous laissant écouter nos conversations, continua-t-il ; vous devez venir avec nous : vous n'êtes plus en sécurité ici.
— On est plus en sécurité ici que sur la route avec vous, rétorquai-je. Les Cavaliers Noirs sont aux trousses des Hobbits, pas aux nôtres !
— Mais il semblerait que la donne soit changée maintenant. Allez ! Venez vous asseoir ici !
Je m'assis, mais je n'abandonnai pas. Je n'avais pas réellement envie de partir de Bree. J'y avais toujours vécu, et l'exemple maternel ne m'incitait pas au voyage. Car ma mère était partie un jour à travers le Midgewater, un marais proche de Bree, vers une destination inconnue. Elle n'était jamais revenue : elle s'était perdue dans le marais et y était morte.
— Mais quand vous partirez, insistai-je ; ils vous suivront et ne s'intéresseront plus à nous ! Nous n'aurons plus qu'à ne plus nous approcher d'Harry, et ça ira !
— Vous ne connaissez pas les Cavaliers Noirs ! s'emporta alors Aragorn tout en me soignant. Arrêtez d'en parler avec autant de désinvolture ! Vous venez sans le savoir de les défier et ils ne vous le pardonneront pas. Ils ne vous poursuivront peut-être pas en personne, mais ils ont des hommes à leurs bottes, vous avez pu le remarquer. Un jour, plus ou moins proche, ces hommes viendront et vous emmèneront en Mordor ou à Minas Morgul et là vous serez torturés pour le seul amusement de vos geôliers. Et peut-être qu'au bout d'un certain nombre d'années passés dans un tel enfer, vous aurez la chance de mourir pour servir de nourriture aux orques et autres créature du Mordor. C'est cela que vous voulez ?
Il venait marquer un point et il avait même gagné si tout ce qu'il cherchait était de nous effrayer, je dirais même nous terroriser. Car moi comme mon frère, et comme les Hobbits présents, j'étais passablement terrorisée. Mais je ne m'avouai pas vaincue.
— Mais ils ne vont tout de même pas nous attaquer ici ?
— Ils en ont le pouvoir, répondis sombrement le Rôdeur. Je me dois de vous emmener avec nous. Je pourrai vous protéger, et vous serez beaucoup en sécurité à Rivendell !
— Mais pourquoi vous souciez-vous autant de nous ? demanda alors Lòn.
— Parce que je ne laisse pas des amis en arrière face à un tel danger : vous m'avez offert votre amitié, sans vous souciez de mon apparence…Vous ne pouvez savoir à quel point cela fait du bien à un vieux Rôdeur comme moi ! termina-t-il en souriant. Allez ! c'est bon, j'ai fini avec votre blessure !
Il avait disposé une bande sur mon cou, et il l'a coupa à l'extrémité. Je me relevai et Sam, qui n'était intervenu durant tout l'échange – de même que les autres Hobbits, prit la parole.
— Mais, et M. Frodo alors ? Si vous protégez vos amis, vous ne pourrez le protéger lui ! s'écria-t-il.
— Partir tous ensemble me permettra de pouvoir tous vous protéger, rétorqua Aragorn.
— Mais vous les entraînez au devant d'un danger bien plus grand que celui auquel vous comptez les faire s'échapper ! protesta Frodo. Emmenez-les seuls à Rivendell. Nous nous y rendrons par nos propres moyens. Car vous ne pouvez les entraîner dans un voyage aussi risqué par ma faute. Ils ignorent tout du danger qu'ils courent !
— Le danger est du à cet anneau, c'est cela ? fit Lòn. Je me demande ce qu'il a d'extraordinaire…
— Je dois vous accompagner, autant les uns que les autres. Je connais bien des chemins pour arriver à Imladris, et sans moi, vous risqueriez de vous perdre…mais il est vrai qu'il n'ont aucune idée du pouvoir de cet anneau, ni ce qu'il représente…dit Aragorn, pensif.
Il resta quelque temps à réfléchir.
— Je ne sais ce que Gandalf m'autoriserai à vous révéler au sujet de l'Anneau, autant pour votre propre sécurité que par besoin du secret…Je vous dirai cependant que cet anneau est un des anneaux magiques répertoriés par un poème connu dans la tradition elfique :
Three Rings for the Elven-kings under the sky,
Seven for the Dwarf-lords in their halls of stone,
Nine for the Mortal Men doomed to die,
One for the Dark Lord on his dark throne
In the Land of Mordor where the Shadows lie.
One Ring to rule them all, One Ring to find them,
One Ring to bring them all and in the darkness bind them
In the land of Mordor where the Shadows lie.
Trois Anneaux pour les Rois Elfes sous le ciel,
Sept pour les Seigneurs Nains dans leurs maisons de pierre,
Neuf pour les Hommes Mortels destinés au trépas,
Un pour le Seigneur des Ténèbres sur son sombre trône,
Au Pays de Mordor où s'étendent les Ombres.
Un Anneau pour les gouverner tous, un Anneau pour les trouver,
Un Anneau pour les amener tous et dans les ténèbres les lier
Au Pays de Mordor où s'étendent les Ombres.
« L'anneau de Frodo est celui de Sauron, le Seigneur des Ténèbres. Celui-ci veut le récupérer, et s'il y parvient, tous les Peuples Libres de la Terre du Milieu tomberont. C'est pourquoi les Cavaliers Noirs sont après Frodo, et qu'il se rend à Rivendell pour leur échapper.
— Ainsi donc, le destin de tous dépend de la réussite ou non de cette fuite…, fis Lòn d'une voix basse. Et pourtant, continua-t-il en se tournant vers Frodo ; vous préféreriez partir tout seul face à ces Cavaliers plutôt que de nous entraîner tous avec vous…
Il s'avança vers le Hobbit et s'agenouilla face à lui, de façon à ce que leurs visages soient à la même hauteur.
— Vous allez au devant de bien des dangers…Cependant, la Terre du Milieu est un endroit magnifique pour lequel il vaut la peine de se battre. Permettez-moi de vous aider ! Selon la norme de ce pays, je sais plutôt bien me battre : tant que ce fardeau pèsera sur vos épaules et que le danger vous guettera, je vous suivrai et vous protègerai, par la vie ou par la mort.
— Ainsi, notre présence ne sera pas un fardeau de plus pour vous, conclus-je ; car je sais moi aussi me battre – quoique moins bien que mon frère. Et Aragorn n'aura pas à se déchirer en deux pour nous accompagner, car il est connu par chez nous que les enfants de Wilhem Butterbur sont inséparables, et moi aussi je vous suivrai, du mieux que je le peux.
— Je vous remercie, dit Frodo ; mais c'est une aventure risquée : vous risquez votre vie tout comme nous, et j'espère que vous en êtes conscients…
Nous ne pûmes répondre car à ce moment, des bruits se firent entendre dans le couloir, une porte claqua, et celle de la chambre s'ouvrit sur Nob et un autre Hobbit que je n'avais jamais vu mais qui devait être le troisième compagnon de voyage de Frodo.
Il paraissait épouvanté, et il respirait bruyamment comme s'il venait de courir. Il ne parut pas prendre conscience des deux Hommes et de la femme présents dans la pièce et commença à parler après avoir repris son souffle :
— Je les ai vus, Frodo ! Je les ai vus ! Des Cavaliers Noirs !
Il fut surpris, je crois, de ne voir aucun étonnement sur les visages de ses amis, et plus encore lorsque Aragorn, qu'il n'avait pas vus pris la parole :
— Ainsi donc, c'est vrai, ils sont arrivés…notre départ n'en devient que plus urgent, mais nous ne pourrons pas partir avant demain…Où les avez-vous vus, jeune homme ?
— Vous étiez déjà au courrant de leur présence ? Mais qui êtes-vous ?
— C'est un ami de Gandalf, et ces jeunes gens ont eu affaire avec leurs hommes de main tout à l'heure ; mais je t'expliquerai tout cela tout à l'heure. Raconte-nous !
— Je les ai vus ici, dans le village, répondit-il. J'étais resté une heure à l'intérieur. Et puis comme vous ne reveniez pas, je suis sorti faire un tour. J'étais revenu et je me tenais juste en dehors de la lumière de la lanterne à contempler les étoiles. Soudain, je frissonnai et je sentis que quelque chose d'horrible s'avançait en rampant : il y avait une sorte d'ombre plus foncée parmi celles de l'autre côté de la route, juste au-delà de la lumière de la lanterne. Elle glissa aussitôt sans le moindre bruit dans l'obscurité. Il n'y avait pas de cheval.
— De quel côté est-elle partie ?
— Elle a semblé partir le long de la Route, vers l'est, dit-il alors. J'ai essayé de la suivre. Elle s'est évanouie presque aussitôt ; mais j'ai tourné le coin et j'ai été jusqu'à la dernière maison sur la route.
Aragorn, Lòn et moi le regardâmes avec surprise : malgré la peur, que je n'osais imaginer, inspirée par ces Cavaliers, il les avait suivis. Il devait être très courageux ! Même Aragorn était terrorisé par eux !
— Vous avez le cœur solide ; mais c'était une étourderie, dit le Rôdeur au Hobbit.
— Je ne sais pas, répliqua le Hobbit. Ce n'était ni brave ni stupide, je crois. Je n'ai pas pu m'en empêcher. Il me semblait être entraîné en avant. En tout cas, j'y ai été, et j'ai soudain entendu des voix très claires près de la haie. L'une marmonnait et l'autre chuchotait ou sifflait. Je n'ai pas pu entendre un mot de ce qu'elles disaient. Je ne me suis glissé pas plus près parce que je tremblais de tous mes membres. Puis, terrifié, je me suis détourné, et j'allai juste revenir en vitesse, quand quelque chose s'est avancé derrière moi et je…je suis tombé.
— Je l'ai trouvé, monsieur, intervint Nob. M. Butterbur m'avait envoyé dehors avec une lanterne. Je suis allé jusqu'à la Porte de l'Ouest, puis jusqu'à la Porte du Sud. Tout près de la ferme de Bill Ferny, j'ai cru voir quelque chose sur la route. Je ne pourrais pas le jurer, mais il m'a semblé que deux Hommes étaient penchés sur quelque chose, qu'ils le soulevaient. J'ai crié, mais quand je suis arrivé sur place, il n'y en avait plus trace ; il n'y avait que M. Brandybuck étendu sur le côté de la route. Il semblait dormir. « J'ai cru être tombé dans une eau profonde » qu'il m'a dit, quand je l'ai secoué. Très bizarre qu'il était, et aussitôt que je l'ai eu réveillé, il a bondi et il s'est carapaté jusqu'ici comme un lièvre.
— Je crains que ce ne soit la vérité, dit alors M. Brandybuck. Bien que j'ignore ce que j'ai pu dire. J'ai eu un vilain cauchemar, que je puis me rappeler. J'ai perdu tout contrôle de moi-même. Je ne sais pas ce qui m'est arrivé.
— Moi je le sais, fit Aragorn. Le Souffle Noir. Les Cavaliers ont dû laisser leurs chevaux dehors et avoir repassé en secret par la Porte Sud. Ils doivent tout connaître à présent, car ils sont allés chez Bill Ferny. Quelque chose peut arriver cette nuit, avant notre départ de Bree…
— Ne vous inquiétez pas, on montera la garde, fis-je. Je crois qu'oncle Barley a du organiser des tours.
— Vous vous en dispenserez tous les deux. Il en va de votre sécurité et de votre forme pour povoir partir demain matin. A ce propos, il vaudrait mieux aussi que vous avertissiez votre oncle que vous partez.
— Vous partez avec eux, Melle Butterbur ? s'écria alors Nob, surpris.
— En effet. Pas de gaîté de cœur, mais il vaut mieux pour tout le monde qu'il en soit ainsi, je crois…Pourras-tu prévenir oncle Barley que nous partons Lòn et moi demain matin avec M…Soucolline? Dis-lui de ne pas s'inquiéter pour nous et demande lui de faire un peu confiance au vieux Grands-Pas…Tu pourras t'en charger Nob, s'il te plaît ? Je vais aller préparer mes affaires pour le Grand Départ !
— Je viens avec toi, je ne trouverai des affaires à moi que chez toi ! fit mon frère… mais avant, ajouta-t-il en se tournant vers les Hobbits ; permettez-moi de nous présenter, maître Brandybuck : nous n'allons pas voyager ensemble sans même connaître nos nom : je suis Lòndëyondo, Envinyatë est ma sœur, et notre guide que voici se fait appeler Grands-Pas…
— Nous allons voyager ensemble ? fit-il en regardant Frodo qui acquiesça d'un signe de tête. Dans ce cas, je suis ravi de vous connaître, mais appelez-moi Merry, je ne suis pas encore le maître du pays de Bouc.
Avant que nous sortions, Aragorn nous interpella :
— Allez faire votre sac de voyage et revenez après, nous dormirons tous ici, cela nous évitera de vous courir après demain matin !
Nous quittâmes là les Hobbits tandis que Nob allait chercher leurs affaires dans leur chambre avec Aragorn. Lòn me suivi jusque dans mon appartement, seul endroit en ville où il avait quelques chances de trouver des affaires pour le voyage.
Arrivés chez moi, il se dirigea tout droit vers le divan et, à ma grande stupéfaction, s'étant penché dessous, il se releva en tenant un long paquet :
— J'avais caché ça ici car Père n'en voulait pas à la maison et je savais que tu n'y tiendrais pas trop toi non plus…Je les ai achetées avec mon propre argent …
Sur ces mot, il ouvrit les paquet et je découvris une lourde épée dans son fourreau, forgé très finement ; un arc sculpté, plutôt long, comme les appréciait Lòn, accompagné de son carquois rempli de flèches ; une petite hache de voyage très affûtée ; et enfin deux longs poignards, légèrement recourbés, la manche sculpté et la lame gravée de runes elfiques. Toutes ces armes, je les connaissais. Un des clients de l'auberge, un Nain, les avait proposées à la vente, et, comme mon frère, j'avais été captivée par la beauté de ces objets. Car ils étaient le fruit du travail des Elfes, et ceux-ci sont réputés pour leur savoir-faire et la beauté de leur travail, ainsi que la légèreté de leurs armes. J'ignorai cependant qu'il les avait acquis, mais il avait du y laisser toutes ses économies, car le prix qu'en avait donné le Nain était très élevé.
Depuis que Lòn avait dit à Frodo qu'il savait se battre et qu'il voulait le protéger, je m'étais demandé comment il allait bien pouvoir faire, désarmé face aux Cavaliers, et je ne regrettai pas que Lòn ait fait cet achat. Je m'offusquai cependant de son audace : il avait caché ces armes chez moi durant plus de deux mois – depuis le passage du Nain – sans jamais m'en avoir touché mot. Coupant court à mon indignation, il me lança les deux poignards :
— Allez ! Réveille-toi ! Tu auras tout le temps de les admirer au cours du voyage ! Je te donne les deux poignards, je me garde le reste puisque tu n'es pas capable de t'en servir correctement, et je me sers mieux d'un arc que toi. Par contre, j'apprécierai que tu me prêtes un sac à dos. Je vais aller chercher les affaires dont j'ai besoin dans ma chambre.
Sa chambre était en réalité la chambre d'ami, mais puisque seul lui s'en servait et qu'il venait y dormir toutes les semaines, il se l'était appropriée.
Je me dirigeai moi aussi vers ma chambre et ouvris le placard où j'avais entreposé les tenues dont je me servais lorsque je m'entraînais au combat avec mon frère. Je les avais faites moi-même d'après les vêtements que portaient les Elfes de passage à Bree. Elles étaient toutes de la même couleur, d'un vert passé, et consistaient en une tunique et un collant arrivant aux chevilles. La tunique, qui descendait jusqu'aux genoux, était fendu de part et d'autre depuis la taille. Je troquai ma robe grise et toute simple ainsi que mon tablier contre l'une d'elles et m'attachai les deux poignards à la ceinture de façon à ce qu'ils ne me gênent que légèrement dans mes mouvements et que je puisse les atteindre facilement. J'enfournai deux autres tenues dans un sac à dos et j'y ajoutai une petite trousse de toilette, un briquet, deux gourdes que je remplis d'eau, deux couvertures et un manteau – tous deux assez chauds, ainsi que diverses autre choses. J'allai faire un tour dans les cuisines de l'auberge afin de récupérer de quoi nous nourrir pendant le voyage. Je remontai les bras chargés de victuailles, puis je sortis un deuxième sac à dos, un peu plus grand, pour Lòn, et je lui apportais.
Je le trouvai dans sa chambre, debout devant le miroir. Il portait la même tunique que moi mais il avait coupé la sienne au niveau du bas du dos, et portait un pantalon de voyage noir. Il se tenait immobile et pensif et ne semblait pas me voir. Comme j'arrivai derrière lui, il s'adressa à moi d'une voix lointaine en me regardant à travers le miroir:
— Depuis que je suis enfant, je rêve de partir, mais maintenant que mon rêve va se réaliser, je me demande si je serai capable d'aller jusqu'au bout… peut-être qu'après tout ce que je me suis imaginé sur les contrées lointaines, je serai déçu…
— La seule façon de le savoir c'est d'y aller…lui répondis-je en posant ma main sur son épaule. Ces contrées lointaines sont bien différentes de tout ce que nous connaissons, tu ne peux être sûr de ce que tu trouveras là-bas. Demain nous partons pour Rivendell, la cité elfique la plus proche de chez nous…nous verrons bien ce que nous y trouverons…Tu as toujours rêvé de ce voyage, alors ne t'en fais pas. Profites-en, tu vas enfin voir de nouveaux paysages…
— … et nous aurons des Cavaliers Noirs à nos trousses…, recommença-t-il comme s'il ne m'avait pas entendu. …c'est peut-être cela que je redoute le plus… J'ai promis à Frodo de le protéger, mais j'ai peur… peut-être m'enfuirai-je en courant lorsque viendra le moment d'accomplir mon serment…
— Tu as montré tout à l'heure que tu étais capable de faire face à un danger avec courage…
— Mais les Cavaliers Noirs doivent être terribles ! Même Aragorn les craint !
— Tous les craignent et personne ne te reprochera d'en faire autant, pas même Frodo que tu as juré de protéger…n'y pense pas trop : tu verras comment cela se passera lorsque tu les rencontreras…
— Tout cela me fait peur…L'attente et l'anticipation sont les plus dures à vivre…
— Nous partons demain à la première heure, alors d'ici-là, essaye plutôt de dormir, et pense aux bonnes choses qui t'attendent ou aux mauvaises que tu quittes, plutôt que le contraire…et n'essaie pas d'anticiper la peur : elle arrivera sur toi assez vite…Il est temps pour toi de vivre enfin la vie que tu t'es imaginée…
Après une pause, je repris :
— Je t'ai apporté un sac à dos ainsi que quelques aliments à mettre dedans. Quand tu auras fini de te préparer, nous descendrons rejoindre les autres pour la nuit…je serai dans le bureau.
Je l'assurai de mon soutien en accentuant légèrement la pression de ma main sur son épaule, puis je laissai glisser ma main sur son bras et le quittai. J'arrivai à la porte de la chambre lorsqu'il m'arrêta :
— Vinya !…
Je me tournai, et je vis qu'il avait bougé : il me faisait maintenant face.
— Je te remercie…Tu ne dois pas avoir moins peur que moi, et pourtant, tu arrives à me réconforter, comme tu l'as toujours fais depuis la mort de maman…
Je lui souris tendrement :
— C'est mon rôle de grande sœur. Tu as beau être grand et fort maintenant, tu seras toujours mon petit frère, et si tu as besoin de moi pour quoique ce soit, je serai là…
Il me souris à son tour et resta un moment dans un profond silence. Mais je me détournai pour sortir. Je me rendis dans mon bureau. Il fallait que je m'occupe pour essayer d'oublier la peur qui s'emparait petit à petit de moi dès que je laissais mon esprit libre. Il commençait alors à vagabonder vers le Mordor et les Cavaliers Noirs, et il valait mieux pour moi que j'évite de trop y penser.
En attendant que Lòn se prépare, j'examinais les quelques cartes que je possédais. Je les avais acquises quelques semaines après mon arrivée à Bree. Grâce à elles, je savais d'où venaient nos clients et quelles contrées ils avaient traversées pour parvenir à Bree. Les récits des clients – provenant principalement des Nains – m'avaient permis de connaître la géographie du pays environnant et plus lointain, et je savais où se rencontraient les orcs ou les trolls. Par bonheur, nous ne traverserions pas ces régions-ci. Mais j'avais passé tellement de temps sur ces cartes à revivre avec eux les aventures que les clients racontaient que cet examen ne m'apporta rien. J'en enfournai cependant une dans mon sac.
Il me vint subitement à l'esprit la nécessité d'écrire à mon père les raisons de ce départ. Il avait toujours espéré que Lòn s'assagirait avec l'âge, et ne partirait pas. Mais c'était le danger et non l'envie qui nous entraînait vers Rivendell. Notre père ne pensait pas non plus que je partirai un jour, et ce départ lui causerait donc un double chagrin, en plus de le priver de l'aide de Lòn, dont il avait de plus en plus besoin. J'attrapai une plume et commençai à écrire :
Père,
Nous t'avons souvent parlé de Grands-Pas depuis que nous le connaissons, et tu sais que les mystères autour de lui nous intriguent. Ce soir, quatre Hobbits de la Comté sont arrivés à l'auberge, et Grands-Pas s'est lié avec eux. Tu en entendras rapidement parler, mais au cours de la soirée, un des Hobbits, M.Underhill, disparut soudainement. Il réapparut quelques minutes plus tard, mais tous les clients fuirent, effrayés par une telle magie. Les Hobbits et Grands-Pas se retirèrent ensemble, et nous les accompagnâmes. Nous discutâmes avec eux, et nous apprîmes qu'ils étaient en grand danger. Nous nous sommes mis de cette manière nous même en grand danger, et notre curiosité a été punie. Il est maintenant nécessaire que nous accompagnâmes les Hobbits dans leur voyage, leurs poursuivants nous ont agressé dans les rues de Bree cette nuit (ne t'inquiète pas, ils ne nous ont fait aucun mal !), et ils en ont après nous maintenant aussi.
Oncle Barley a déjà sûrement du t'avertir de notre départ, et nous savons que nous te laissons dans l'embarras, seul pour t'occuper de la ferme et sans argent pour t'aider afin d'employer un lad. Mais nous devons nous rendre avec ces quatre Hobbits à Rivendell. Là, nous seront sûrement à l'abris. Nous ne risquons pas de nous égarer, car Grands-Pas sera notre guide et cela maintes années qu'il voyage. Nous essaierons dans la mesure du possible de t'écrire à notre arrivée.
Tu nous manqueras
Nous t'embrassons,
Vinya & Lòn
J'espérai que mon père avait oublié que Rivendell était une cité elfique, car son aversion pour les elfes aurait entraîné une incompréhension totale de sa part face à ce voyage, qu'il aurait déjà du mal à accepter. J'achevai ma lettre et me relevai, me cognant la tête contre celle de Lòn. Je n'avais pas réalisé que mon frère, qui avait fini son paquetage, était entré dans le bureau. Il se tenait penché au-dessus de moi, et lisait ce que j'écrivais.
Sans un mot, je pliai la lettre et me levai afin de trouver une enveloppe dans l'armoire. J'avais laissé la lettre sur le bureau un instant et Lòn en profita pour se saisir de la plume. Je vins me placer derrière lui, dans la même position que lui précédemment. Il ajouta un post-scriptum de sa petite écriture nerveuse :
P.S. : J'ai quelques armes cachées dans mes affaires que tu peux vendre ainsi que quelques économies... Sers-t'en pour payer un lad à la ferme ; tu en auras besoin. Je ne sais pas quand nous reviendrons.
Lòndëyondo.
Je m'étonnai de cette proposition. Je ne le connaissais pas si responsable. Je me sentis fière de mon petit frère.
Nous sommes restés ainsi, penchés sur cette lettre, durant un long moment. Puis il se retourna vers moi en souriant :
— Allez ! Nous devrions y aller, ils doivent nous attendre. » Il paraissait avoir repris confiance en lui.
Il prit l'enveloppe et y glissa la lettre, puis inscrivit le nom et l'adresse de notre père au recto. Pendant ce temps, je fermai tous les volets de l'habitation. Il me rejoint dans l'entrée où nous avions posé nos sacs. Nous les prîmes, puis nous sortîmes. Nous nous arrêtâmes au premier étage pour glisser la lettre sous la porte de Nob. Il comprendrait qu'il devait la faire parvenir à notre père et, contrairement à notre oncle, il n'oublierait pas de le faire.
Nous fîmes rapidement le trajet jusqu'au salon des Hobbits. Nous frappâmes à la porte avant d'entrer pour découvrir les quatre Habbits endormis dans leurs fauteuils de Hobbits. Ils étaient recouverts par des couvertures, et leur sommeil semblait paisible. La peur les avait quittés pour quelques heures, mais je me demandai pourquoi ils ne dormaient pas dans leurs lits : je ne redoutais pas d'attaque cette nuit, dans l'auberge même.
Aragorn, dès notre entrée, nous incita au silence. Trois fauteuils, fabriqué pour des Hommes ceux-là, avaient été rajoutés. Nous nous installâmes dedans, chacun sous sa couverture, mais Aragorn s'enroula dans son grand manteau. Nous étions prêts à passer notre dernière nuit à Bree, avant notre départ le lendemain pour Rivendell, en compagnie de quatre Hobbits de la Comté et du Rôdeur Aragorn.
Voilà! alors? vous en pensez quoi? laissez des reviews SVP!
