Voilà la suite ! Désolé pour le petit retard mais j'ai passé deux jours à essayer d'envoyer mon document sans réussir... Petit caprice de l'ordinateur. Bonne lecture ;-)

Le docteur Weir se massa les tempes et tenta de prendre un air calme. Pourtant il lui était difficile d'ignorer la peur grandissante qui l'envahissait.

- Nous pouvons y aller avec un jumper occulté, déclara le major Lorne.

- Il y avait des hommes à la porte lorsque je l'ai traversé, répondit Teyla, même s'ils ne voient rien passer, ils iront prévenir le chef du village.

- Une grenade, des fumigènes et un passage en force alors, suggéra le militaire. Et ensuite on envoie le jumper. Ils sont partis à pieds, je pense que ça pourrait faire un bon effet de surprise si on avait à se montrer.

Elizabeth prit le temps de réfléchir. Si l'un des gardes réussissait à s'échapper… Mais ça ne pouvait pas être pire que la situation actuelle.

- Kemal a t'il dit ce qu'il comptait faire au colonel Sheppard et à Ronon ?

- Non.

- Major, je veux que vous rassembliez vos hommes dans les vingt minutes. Vous vous chargez de les briefer sur la situation.

- Bien Madame.

- Et n'oubliez pas, c'est une mission de sauvetage.

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McKay évoluait dans la forêt au pas de course. Il veillait à ne pas laisser de traces trop visibles, s'arrangeant pour marcher sur la terre dure et non l'humide. Pourtant, en dépit de ses efforts, n'importe quel chasseur pourrait suivre sa piste sans problème. A tout moment il s'attendait à voir surgir un des deux autres villageois. Il s'imaginait déjà tombant, le corps criblé de balles. Il faisait maintenant nuit noire, le scientifique ralentit le pas, devant se rendre à l'évidence : il était perdu.

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- Je croyais que ça ne devait pas prendre plus de deux heures, dit Sheppard.

- Je sais, répondit Ronon, mais il y a beaucoup de liens.

- Vous n'avez pas un autre couteau pour que je puisse vous aider ?

- Non.

- Oh… Vous me décevez là.

Le colonel consulta sa montre d'un œil nerveux. Trois heures… Mais que faisait Teyla ?! Il appuya sa tête contre les barreaux de leur prison et inspira à fond pour évacuer la pression. Il ne remarqua pas les deux silhouettes qui s'approchaient à grands pas.

- Colonel…

- Quoi ?

- Regardez.

Il jeta un coup d'œil devant lui.

- Oh, de la visite… Trini, c'est bien ça ? Et voici Loréa… J'espère que vous m'excusez si je ne vous accueille pas avec un grand sourire.

- Nous venons vous informer que votre ami est mort.

Le cœur du militaire eut un raté, puis deux.

- Je… Mais…

- La deuxième lune vient d'apparaître, nos hommes doivent déjà être sur le chemin du retour.

Ronon s'avança.

- Je ne vous crois pas.

La femme lui lança un regard sévère.

- Dans ce cas il vous suffira de patienter encore un peu, vous ne tarderez pas à voir son cadavre.

- Je veux parler à Kemal.

- Très bien, c'est votre droit.

Elle fit volte-face et parti, entraînant sa fille avec elle. Le colonel fixait le petit corps. Jamais il ne se serait cru capable d'haïr un enfant. Tellement de rancœur envers une gosse… Mais c'est à cause d'elle que Rodney est… Non ! C'est la faute de Kemal, pas de la gamine ! Mais si elle… Kemal ! Pas elle ! Ce n'est pas…

- Loréa !

Sheppard plissa les yeux. Trini était agenouillée près de sa fille. Elle tentait de calmer les convulsions agitants les frêles membres. Le colonel se laissa glisser à terre, choqué par la révélation. Une crise d'épilepsie… Loréa était épileptique…

- Faîtes attention à ce qu'elle n'avale pas sa langue, lança-t-il à la femme.

Mais les mots se perdirent dans sa gorge et il douta qu'elle l'eût entendu. Il serra la mâchoire pour ne pas laisser voir le tremblement de son menton. Juste une crise d'épilepsie…

- Ronon, je vous donne 20 minutes pour nous sortir de là, dès qu'ils se seront éloignés. Nous allons quitter cette planète.

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- Faim, froid, mais en vie. Concentre-toi sur le positif, tu es vivant. Et puis Ronon doit avoir envoyé en l'air les gardes de la prison à l'heure qu'il est, ils vont arriver dans ton dos, te flanquer une frousse pas possible et on va tous rentrer sur Atlantis. Non… ça ne marche pas comme ça.

Rodney resserra sa prise sur la crosse du pistolet. Le contact métallique le rassurait. Son index caressait la gâchette, jamais il n'avait été aussi content de posséder une arme. Il écarta une branche qui se tendait vers son visage et continua sa route. Son plan était simple, rester vivant coûte que coûte en attendant ses amis. Ou alors survivre et prendre la porte dès que possible pour le site alpha, sans son transmetteur de code d'identification il ne songeait même pas à contacter Atlantis. La dernière hypothèse était de se faire refroidir en tentant de fuir les fous furieux du village.

Un craquement sec retentit à sa droite. Le scientifique se figea et tendit l'oreille. Sûrement une bestiole. Il repris sa marche mais pressa le pas avec la désagréable sensation d'être observé.

Il commençait à faire froid et son uniforme ne tenait guère chaud. Rodney se frictionna les bras pour booster sa circulation sanguine. L'odeur de la forêt lui devenait de plus en plus insupportable, plantes, fleurs, rien que des trucs allergisants. Il ferma un bref instant les yeux, le bruit du coup du villageois se brisant sur le rocher avait décidé d'élire domicile dans ses tympans. J'en suis quitte pour quelques cauchemars. Il ressentit un picotement dans la nuque, comme lorsque…

- Retourne-toi lentement.

McKay s'exécuta, la peur au ventre. Les deux autres villageois se trouvaient à une dizaine de mètres derrière lui.

- Plus que jamais tu mérites la mort.

- Je vous le répète, je n'ai rien fait à la petite, répondit le scientifique même si le ton n'y était pas.

- On ne parle pas de ça ! s'emporta l'homme non armé. Tu as tué Nufi !

Fait ta prière Rodney, c'est foutu maintenant.

- Je ne sais pas qui est Nufi.

- C'était mon frère ! Mon petit frère ! Et tu l'as tué !

- Calme-toi Maho, intervint l'autre.

- Et puis moi je n'ai pas revu ce Nufi depuis qu'on s'est séparé, ajouta McKay.

- Alors pourrais-tu m'expliquer pourquoi tu tiens son arme ?

Le regard du scientifique se posa sur le pistolet.

- Jette-le, ordonna le villageois qui tenait le P-90.

- Je veux le venger, déclara froidement le dénommé Maho.

Sans attendre, il prit le P-90 des mains de son ami et s'avança vers McKay. Celui-ci ne bougea pas, tenant toujours son pistolet. C'était manger ou être mangé, la loi du plus fort. Du plus rapide ? Rodney leva son bras et tira. Il vida le chargeur sur l'homme, sans rien ressentir. Puis il le laissa tomber devant le regard ébahi de son dernier adversaire. Ce dernier s'élança vers lui avec un rugissement féroce. Le scientifique fit volte-face et bondit à travers les arbres.

On ne plaisante pas avec l'instinct de survie.

TBC...