Voilà la suite, comme d'habitude bonne lecture et n'oubliez pas les reviews ;-)
Le major Lorne examina l'écran qui venait de s'afficher à l'intérieur du jumper.
- Le village est à 3km, on y va et on se pose à côté.
Il souleva doucement le vaisseau. Derrière-lui ses hommes se préparaient à un éventuel combat ; ils vérifiaient leur gilet pare-balles, leurs armes, le bon fonctionnement de leur radio…
- Relax les gars, on aura peut-être pas à se battre.
- Ouais, mais ça m'étonnerai quand même, répondit son co-pilote, regardez ça. On a deux villageois qui vont en direction de la porte.
Le regard du major s'attarda sur l'écran. Deux points étaient effectivement en mouvement, à environ 150 mètres de leur position.
- Le village attendra, dit-il.
- On dirait le colonel Sheppard.
- Quoi ?
Il reconnaissait à présent la silhouette qui avançait en agitant les bras et hurlant des ordres aux deux soldats encore à terre.
- C'est que maintenant que vous arrivez ?! s'écria Sheppard aux deux hommes postés près de la porte. Où sont passés les autres ?! J'ai besoin d'un jumper ! Et tout de suite !
Il courrait à toute vitesse, suivit de Ronon. Soudain le fameux jumper apparut à sa droite. Les deux militaires s'arrêtèrent.
- On dirait le major Lorne, remarque le Satedien en regardant à travers la vitre.
- Ça m'en a tout l'air. On y va, on a assez perdu de temps comme ça.
Ils montèrent à bord du vaisseau et furent accueillis par le sourire du major.
- Colonel, ça fait plaisir de vous revoir.
- La joie des retrouvailles pour plus tard. J'ai besoin d'une arme… Et activez-moi le localisateur de cette boîte de conserve, je veux un rayon de 20km.
- Le docteur McKay ?
- C'est bien pour ça que j'ai besoin du localisateur.
Il s'installa aux commandes.
- Nous ne sommes sûrs de rien, grinça-t-il en décollant.
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McKay eut l'impression de rentrer dans un broyeur. L'eau glacée l'enserrait, le compressait. Un violent courant l'entraînait vers le fond. Il battit des mains et des jambes pour conserver la tête hors de l'eau. Son épaule l'élançait.
Il était ballotté de toutes parts, malmené au grès des flots. Ses vêtements s'alourdissaient au gré des secondes. Soudain le scientifique se sentit couler. Sa vision se brouilla et il se retrouva complètement immergé, pris dans une tempête sous-marine. Ses mouvements étaient saccadés, ralentis. Tout était noir autour de lui. Le noir qui vous absorbe. Le même noir qui le terrifiait enfant, lorsqu'il se trouvait seul dans une immense chambre avec pour seule protection sa couverture. Il ferma les yeux, terrifié par les ombres se mouvant autour de lui.
Des sons déformés lui parvenaient aussi. Cris ? Lutte ? Explosion ? Ou tout simplement le chaos aquatique ? Ses oreilles souffraient le martyr. L'air commençait à lui manquer. Sa poitrine était comprimée par une main de fer. La faible lueur lunaire diminuait, s'éloignait. Il tendit la main dans sa direction, ses doigts se refermèrent lentement.
Lentement, McKay partait.
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John ralentit la vitesse du jumper en arrivant à proximité du village. Sous ses pieds c'était l'agitation. Les hommes tournaient autour de l'ancienne prison des deux militaires, armes au poing.
- Ils nous cherchent, déclara Ronon.
- Et nous on cherche McKay, répondit le colonel d'un ton plus sec qu'il ne l'aurait voulu. Quand est-ce que vous m'élargissez le champs d'action de ce localisateur ? Je commence à m'impatienter.
Le major Lorne se mordit la lèvre.
- Avec tout le respect que je vous dois Monsieur… Et l'estime que je porte au docteur McKay je ne pense pas que…
- Vous avez raison Lorne, coupa Sheppard, vous ne pensez pas. Personne ne pense dans ce vaisseau ; on agit, c'est tout.
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McKay griffonnait ce qui semblait être une équation sur son cahier. Les coups de crayon étaient nerveux, les ratures nombreuses. Son voisin se pencha un instant sur le gribouillis mais s'en désintéressa bien vite. Tout autour d'eux, des élèves prenaient des notes. Rodney releva la tête, il était peut-être temps pour lui de s'y mettre aussi. Il sortit une nouvelle feuille et tendit l'oreille pour écouter ce que disais son prof de philo. De la philo alors qu'il était dans une filière scientifique ! Une absurdité totale !
- … Déjà vu ou lu des témoignages de miraculés. Il y a ceux qui s'en sortent sans rien faire ou presque et puis une autre catégorie : les battants. Voilà donc le programme pour les cours à venir, qu'est-ce qui peut vous motiver à survivre ? Qu'est-ce qui peut vous faire tenir face à la pire situation ?
Il balaya l'ensemble de la classe du regard, cherchant une proie idéale.
- Vous par exemple, dit-il en désignant un jeune homme à la mine ennuyée.
- Moi ?
McKay se redressa un peu sur sa chaise, conscient d'être fixé par une bonne trentaine de paires d'yeux.
- Oui, qu'est-ce qui pourrait vous faire tenir si le monde venait à s'écrouler autour de vous ? S'il n'y avait plus aucun espoir ?
- S'il n'y a plus aucun espoir je ne vois pas pourquoi je…
- Vous n'avez pas compris la question, je voudrais savoir ce qui vous pousse aujourd'hui à rester en vie et ne pas vous jeter dans le vide au moindre problème.
- Je… Euh… Je ne sais pas.
- Il n'y a rien qui ne vous donne envie de continuer à vivre sur cette bonne vieille planète ?
- …
TBC...
