Pour un moment d'éternité
Disclaimer : Tous ces merveilleux personnages ne sont pas à moi mais à la très talentueuse J. K. Rowling.
Avertissements : Harry et Draco partagent bien plus qu'une simple amitié dans cette fic. Relations homosexuelles évoquées mais rien de très explicite. Si vous n'aimez pas ce genre de chose ne lisez pas.
Pairings : Harry/Draco , Harry/Maelys, Ron/Hermione et quelques autres qui viendront au fur et à mesure…
RAR : Un grand merci à toutes les personnes qui m'ont laissé un petit mot pour le chapitre précédent
NDA : Le chapitre est très court et il arrive après des mois d'attente mais j'espère qu'il vous plaira. Les choses se mettent en place petit à petit…
Chapitre 6 : Le calme avant la tempête
Saisi par la fraîcheur de l'aube, Draco frissonna malgré le drap de fin tissu qui le recouvrait. C'était si léger qu'il sentait à peine le contact sur sa peau nue, juste un frôlement délicat qui rappelait la caresse d'un amoureux. Il se retourna sur le flanc et remonta d'un geste nonchalant sur son corps alangui la lourde couverture richement bordée de fourrure d'hermine rejetée au pied du lit.
Décidemment, il fallait qu'il perde cette fâcheuse tendance à dormir complètement nu, mais les habitudes avaient la vie dure… Depuis qu'il vivait avec Harry, il ne s'était pas passé une nuit sans qu'il vienne rechercher le contact doux et rassurant du corps de son amant contre le sien.
Harry avait une peau qui agissait comme une drogue : une fois qu'on y avait goûté, il devenait extrêmement difficile de s'en passer. Ce souvenir l'avait tourmenté sans relâche durant les longues heures d'insomnie qu'il avait subies pendant ces trois dernières années. Et voilà qu'il y pensait encore en émergeant à regret du rêve qu'il avait fait la nuit dernière.
A pas lents il se dirigea vers le dressing attenant à la chambre et ouvrit l'un des deux immenses placards de chêne verni incrusté d'argent. Après quelques secondes d'examen, il se décida à enfiler une robe de chambre de soie bordeaux dont les reflets variaient selon l'intensité de la lumière. En revenant vers le lit, il entreprit de ramasser ses affaires qui gisaient aux quatre coins de la pièce quand un bruit inopiné le fit sursauter. C'était la mélodie de son téléphone portable qui s'était déclenchée. Surpris et quelque peu agacé, il répondit cependant à l'appel. A l'autre bout de la ligne, il reconnut immédiatement la voix retentissante de son interlocutrice.
« Draco, enfin ! Mais où étais-tu passé bon sang ! Ca fait plusieurs semaines que j'essaie de te joindre sans aucun résultat. Et Severus qui choisit lui aussi le bon moment pour s'évanouir dans la nature sans laisser d'adresse ! Vous tenez à me rendre folle ou quoi ??? »
« Bonjour à toi aussi Granger, » répondit Draco de sa voix traînante qui rappelait l'adolescent antipathique qu'il était il y a encore quelques années. « Ravi de constater que tu sembles en pleine forme. Quand tu auras fini de me crier dessus j'aurais peut-être la chance d'en placer une… »
« Ne m'appelle pas comme ça, nous ne sommes plus ennemis que je sache ! Et tu ne manques pas de culot de me parler sur ce ton après t'être volatilisé comme un voleur ! Où es-tu ? »
« Combien de fois vais-je devoir te répéter que tu n'as pas à te mêler de ma vie, Hermione ? Je suis assez grand pour faire ce que bon me semble. Tu n'as pas à me materner comme si j'avais encore six ans ! »
« Oh ça va, ne recommence pas ! Je ne peux pas m'empêcher de me faire du souci. Vas-tu enfin me dire où tu te trouves ? »
« Tout ce que je peux te dire c'est que je suis en Italie. N'espère pas en découvrir davantage, ça risquerait de faire tomber ma couverture et c'est la dernière chose dont j'ai envie après tout ce qu'il m'a fallu mettre en œuvre pour en arriver là. »
« Mais de quoi parles-tu ? Qu'est-ce que vous manigancez Severus et toi ? Pourquoi suis-je la dernière à être au courant ? »
« Inutile de hausser le ton Hermione. C'est une mission délicate et vu ton état, je doute fort que ton cher mari t'aurait autorisé à y participer. De toute façon, ça s'est décidé très vite. J'espère revenir bientôt si tout se déroule comme prévu. »
« Tu veux dire que… tu l'as retrouvé ? C'est bien lui ? »
« Oui, c'est lui Hermione. J'en suis sûr, je l'ai approché de très près et je lui ai parlé. Ca ne peut pas être quelqu'un d'autre… Mais… il a tellement changé, je ne saurais comment l'expliquer, il y a quelque chose de troublant dans sa façon de bouger, de se comporter. Et il ne m'a pas reconnu, pas une seule seconde. »
Sur ces mots la voix du jeune homme se brisa et Hermione se retint pour ne pas lui exprimer des paroles de réconfort qui auraient pu être perçues comme de la pitié. Elle savait que Draco, dans sa grande fierté, ne les aurait pas appréciées. Aussi se contenta-t-elle de lui affirmer simplement :
« Il te reconnaîtra Draco. Peu importe ce que ça coûtera et le temps que cela prendra, il nous reviendra. Je ne peux pas imaginer le contraire. »
« Il faut que j'y aille, » reprit brusquement Draco. « Ne m'appelle plus, c'est trop dangereux. Je te contacterai dès que j'aurai du nouveau. »
« Non, attends, ne raccroche pas… »
« C'est promis Hermione. »
Sans plus s'attarder, Draco coupa la communication et referma le clapet de son portable.
« Ne m'en veut pas Granger, mais c'est à moi de régler cette affaire. Toi et Weasley l'avez suffisamment protégé. A mon tour d'assumer la relève. »
Le dit Ronald Weasley, Ron pour les intimes, avait de son côté fort à faire pour calmer et rasséréner une Hermione en larmes et encore sous le choc des révélations de Draco. Elle avait pris sur elle pour paraître forte, mais une fois sa conversation avec le jeune homme interrompue, elle avait craqué et s'était vue vaincue par la tension nerveuse qu'elle avait accumulée durant les derniers jours.
Elle avait besoin de se laisser aller, aussi Ron se contenta-t-il de la garder dans ses bras pendant quelques minutes sans rien dire, en lui caressant les cheveux d'un geste lent et apaisant.
« Ne t'inquiète pas 'Mione, Tout va bien se passer. Draco et Severus savent ce qu'ils font. Ce ne sont pas des débutants. »
« Comment veux-tu que je ne m'inquiète pas ? Il s'agit de Harry, de Harry, Ron ! Tu te rends compte ? Depuis combien de temps attendons-nous ce moment ? Qui sait ce qui a pu lui arriver pendant toutes ces années ? »
« Oui, je comprends ce que tu ressens mais on ne peut rien faire de plus que patienter. Tu as entendu ce que Draco a dit : il ne se souvient pas des personnes qu'il a connues dans le passé. Il lui faudra du temps pour se rappeler. Moi aussi j'ai hâte de le revoir mais je ne pense pas que ça lui ferait du bien pour l'instant. »
« Tu as probablement raison mais ça ne m'empêche pas de me faire du souci pour eux. Draco est encore très fragile, il ne s'est pas encore remis d'avoir perdu Harry ; en fait, je crois qu'il ne l'aurait jamais accepté. Penses-tu vraiment qu'il soit la personne appropriée pour se charger de cette mission ? »
« Tu connais Draco : il est aussi têtu qu'une mule. Une fois qu'il s'est mis une idée dans la tête, impossible de l'en dissuader. J'ai du mal à l'admettre, mais Harry et lui faisaient bien la paire ! » laissa tomber Ron avec un petit sourire désabusé.
« Tout à fait d'accord sur ce point ! » ne put s'empêcher de répliquer Hermione en rendant à Ron son sourire.
« Ca va mieux ? » lui demanda son compagnon avec sollicitude. « Tu devrais aller t'allonger et te reposer. Profites-en tant que tu le peux encore… Parce que dans quelques semaines, on n'aura plus une minute à nous ! »
« Mais je ne me sens pas du tout fatiguée », protesta la jeune femme avec une légère moue qui ne fit qu'amuser Ron.
« Et si je t'accompagnais ? » lui suggéra ce dernier d'une voix pleine de sous-entendus.
« Humm ? Et ton travail ? Tu es déjà en retard, Ron ! »
« Oh, je ne doute pas que Remus et Tonks m'accordent une journée de congé quand je leur aurai expliqué la situation ! »
« Ronald Weasley, tu es incorrigible », le gronda tendrement Hermione tout en rougissant malgré elle.
« Comme toujours, mais c'est pour ça que tu m'aimes, n'est-ce pas mon cœur ? »
« Dépêche-toi de prévenir tes supérieurs avant que je ne change d'avis ! »
« C'est comme si c'était fait ! Installe-toi confortablement, je te rejoins tout de suite », lui murmura Ron avant de quitter la pièce un grand sourire aux lèvres.
Tout en secouant la tête, Hermione monta les escaliers avec précaution et entra dans une chambre spacieuse coquettement meublée. Après avoir enfilé une tenue plus décontractée, elle se coucha en soupirant de contentement sur le grand lit qui trônait au milieu de la pièce. Ses yeux noisette fixés au plafond, elle attendait l'homme qu'elle avait épousé pour le meilleur et pour le pire il y avait déjà près de quatre ans.
Alexander Lewis s'était habillé et s'apprêtait à quitter sa chambre quand on frappa discrètement à la porte. En ouvrant, il vit sur le seuil une jeune femme d'une trentaine d'années environ, vêtue d'un uniforme bleu marine classique mais élégant, ses longs cheveux bruns relevés en chignon.
« Bonjour Monsieur Lewis. Avez-vous passé une bonne nuit ? »
« Très bonne, excellente même ! Vous transmettrez mes remerciements à Monsieur Crawford pour son hospitalité. »
« Vous pourrez les lui exprimer en personne. Il m'a chargée de vous prévenir qu'il vous attend dans la salle à manger pour le petit déjeuner. Si vous voulez bien me suivre ? »
Le jeune homme acquiesça et lui emboîta le pas à travers une longue enfilade de couloirs. Il prenait soin de noter mentalement l'agencement des diverses pièces et le plan d'ensemble de l'immense propriété dans laquelle le guidait la domestique. En effet, celle-ci était tellement vaste qu'il aurait été facile de s'y perdre. Enfin, ils arrivèrent au rez-de-chaussée où la jeune femme s'arrêta devant une salle de dimension modeste par rapport au reste de la villa. Dès qu'il y entra, Alexander constata qu'elle n'était occupée que par une seule personne, en l'occurrence Elijah Crawford.
C'est à peine s'il entendit la domestique se retirer en s'excusant poliment pour aller vaquer à ses autres occupations. Toute son attention était focalisée sur le jeune homme qui s'était levé et s'approchait de lui en le saluant d'un air jovial.
« Bonjour Alexander ! J'espère que je ne vous ai pas tiré du lit ? »
« Non, rassurez-vous, j'ai toujours été quelqu'un de matinal. C'est le prix à payer si l'on veut mener efficacement la gestion d'une entreprise. »
« A qui le dites-vous ! Depuis que mon père me forme pour prendre sa succession, je n'ai pas dû dormir plus de cinq heures par nuit depuis des mois ! Mais ne parlons pas affaires aujourd'hui voulez-vous ? Asseyez-vous et prenez le temps d'apprécier votre petit déjeuner. »
« Je vous remercie Elijah, mais je ne peux pas m'attarder. Il faut que je regagne l'Angleterre dans les plus brefs délais. Je dois participer à un congrès très important qui débutera demain et il me reste des détails à peaufiner en vue de cette réunion. »
« Oh, c'est dommage », dit Elijah d'une voix qui se voulait neutre mais dont il ne réussit pas à masquer totalement la déception. « Bien entendu, je comprends, mais hors de question de vous laisser partir d'ici le ventre vide », insista-t-il en le prenant familièrement par les épaules et en le poussant presque jusqu'à une table bien garnie de mets tous plus appétissants les uns que les autres.
Sous le contact de ces mains fermes et empressées, Alexander ne put retenir un tressaillement. Les deux hommes furent un moment surpris de l'initiative d'Elijah. Ce genre de familiarité ne s'autorisait d'ordinaire qu'avec ses amis ou des personnes de la famille. Il y eut un imperceptible flottement, après quoi Elijah retira lentement et comme à regret ses mains des épaules de son invité. Il le regarda avec une certaine appréhension. Bon sang, mais qu'est-ce qui lui avait pris de se comporter avec une telle légèreté avec le directeur de l'une des entreprises les plus influentes de tout le Royaume-Uni ?
Cependant, dans le regard bleu glacier se son vis-à-vis, il ne discernait aucune froideur, juste de la perplexité mêlée à de… la joie ? Non, il devait sûrement s'imaginer cette impression… Pourquoi Alexander serait-il heureux d'être traité d'une façon aussi cavalière ???
« Euh… je vous prie de m'excuser. Je n'avais pas l'intention de vous choquer ou de vous manquer de respect », bredouilla-t-il en détournant la tête.
« Non, ce n'est pas le cas, mais… j'ai juste été surpris. Ne faites pas cette tête », reprit Alexander en affichant un sourire franc et ouvert. « Je ne suis pas en porcelaine ! Ce n'est pas comme si vous aviez commis un crime. »
« Non bien sûr ! » répondit Elijah d'un ton soulagé. « Que les choses soient claires : je ne cherche pas à vous forcer la main, juste à vous montrer que j'apprécie votre compagnie. »
« C'est ce que j'ai cru comprendre… » reprit Alexander.
« Alors tant mieux ! Considérez-vous comme chez vous dans cette maison. »
« Vous accordez une telle liberté à quelqu'un que vous avez rencontré il y a moins de vingt-quatre heures ? » s'étonna le jeune homme.
« Disons que vous faites partie des rares personnes qui ont ce privilège… » répondit Elijah sans s'étendre davantage sur la question. « Mais ne perdons pas plus de temps ! Installez-vous et choisissez ce qui vous fait plaisir. Ca ne vous dérange pas que j'aie renvoyé les domestiques ? »
« Absolument pas ! Au contraire, c'est bien plus agréable de prendre ses repas sans être constamment fixé par trois ou quatre paires d'yeux inquisiteurs qui surveillent vos moindres mouvements … »
« Je suis entièrement de votre avis », répliqua Elijah en riant. « Marianna est une excellente domestique mais à la longue ses attentions peuvent devenir pesantes. »
« Marianna ? C'est la jeune femme qui m'a accompagné jusqu'ici ? »
« Oui. Elle est au service des Crawford depuis une dizaine d'années et nous la considérons pratiquement comme un membre de la famille. Je n'ai rien contre elle, néanmoins je tiens à conserver une certaine indépendance », continua Elijah tout en se versant une tasse de thé parfumé au jasmin.
« Pas toujours facile d'être l'héritier d'une grande famille ? »
« Je ne suis pas le seul ici dans cette situation, c'est une compensation… »
« C'est ça, enfoncez le clou ! » s'exclama Alexander d'un ton faussement indigné.
Les jeunes hommes éclatèrent de rire à l'unisson. Elijah se sentait soulagé en constatant que la tension qui avait menacé de s'installer entre eux avait belle et bien disparu. Il était parfaitement à son aise et en discutant avec Alexander il s'étonna de découvrir que son nouvel ami partageait plusieurs de ses centres d'intérêt.
Tous deux raffolaient de littérature fantastique et avaient dévoré la plupart des romans qui traitaient du sujet, notamment ceux d'un jeune écrivain au succès grandissant, Callista Hamilton. A la grande surprise d'Elijah, Alexander était également un grand amateur de patinage artistique.
« Vraiment ? Maelys adore ce sport elle aussi ! Vous aurez l'occasion d'en parler avec elle, c'est un sujet sur lequel elle est intarissable », lui confia Elijah.
« Ce sera avec plaisir. Votre fiancée a vraiment tous les dons ! »
« Oui, c'est une personne d'exception… » approuva son ami.
« Vous vous connaissez depuis longtemps ? »
« Pas vraiment. Je l'ai rencontrée lors d'un gala de charité il y a un peu plus d'un an, mais nous nous sommes rarement vus avant que les fiançailles n'aient été décidées. »
« Hum… J'imagine qu'avec vos emplois du temps très chargés, ça ne doit pas être facile tous les jours. »
« Bien sûr, mais on finit par s'y habituer. Et vous pouvez me croire, il y a certaines priorités pour lesquelles nous laisserions presque tout passer au second plan. Maelys m'avait l'air particulièrement ravie à l'idée de visiter votre atelier. Elle raffole de votre dernière toile : « La fée au berceau ». Est-ce que vous savez qu'elle a même écrit un article à ce sujet ? »
« Vraiment ? Je l'ignorais. »
« Oui, elle publie régulièrement des critiques d'art. On peut dire qu'elle touche pratiquement à tout. »
« Je suis impressionné. »
« Vous n'êtes pas le seul ! »
Tout en continuant de bavarder, les deux hommes avaient fini leur petit déjeuner et se levèrent pour sortir de table.
« A propos, j'ai contacté un réparateur, il sera là d'une minute à l'autre pour s'occuper de votre voiture. Puisque vous êtes pressé, je peux demander qu'on mette à votre disposition un des véhicules de la villa », lui proposa Elijah.
« Je préférerai attendre un peu et récupérer ma voiture ; vous comprenez, j'y tiens beaucoup. Cependant, si les réparations devaient prendre trop de temps, j'accepte avec plaisir votre offre. »
« Très bien. Puisque nous avons quelques minutes devant nous, que diriez-vous de visiter le parc ? Ca vous tente ? »
« Je vous suis », acquiesça Alexander.
Comme ils se dirigeaient vers la porte principale à l'extrémité d'un long vestibule, Elijah et Alexander ne s'aperçurent pas qu'un regard insistant les épiait depuis qu'ils avaient quitté la salle à manger. Si l'un deux avait eu l'idée de se retourner, il aurait frissonné devant l'animosité intense qui pouvait se lire dans ces deux yeux bruns et brillants de malveillance difficilement contenue.
A suivre…
Et un petit aperçu de ce qui vous attend dans le chapitre à venir :
Draco se précipita vers la forme allongée sur l'herbe humide. Il trébuchait et faillit tomber à plusieurs reprises sur la pelouse glissante et boueuse qui s'étendait tout autour du lac. Quand il fut enfin parvenu à la hauteur de Harry, il s'agenouilla et le prit aussi délicatement que possible dans ses bras, luttant contre son envie de le serrer de toutes ses forces contre lui.
Malgré son désir de le sentir, il avait encore assez de présence d'esprit pour ne pas risquer de le blesser, aussi il lui maintint délicatement la tête pour dégager les mèches noires et luisantes qui lui collaient au front. D'une main tremblante, il chercha son pouls et fut soulagé de sentir les battements de son cœur. Le jeune homme respirait normalement, il n'avait pas de blessures apparentes, sans doute s'était-il évanoui sous la violence de la chute.
De lourdes gouttes de pluie s'abattaient sur eux et plongeaient tout dans un brouillard confus. Harry était glacé et ses vêtements trempés adhéraient à son corps comme une seconde peau. Draco savait qu'il devait l'emmener pour le mettre à l'abri et le réchauffer, mais avant tout il devait tenter de le faire revenir à lui. Pendant quelques secondes, il contempla avidement et avec un mélange d'anxiété et de tendresse son visage mince et pâle aux paupières closes, avant de brusquement s'arracher à sa fascination.
Il n'avait plus le temps d'hésiter ; il se pencha vers les lèvres bleuies et glacées et ferma les yeux …
N'hésitez pas à me laisser une review pour me faire part de vos impressions !
