Disclamer : Tout est à moi. Je suis J. K. Rowling déguisée sous un pseudo fort peu tendancieux. J'ai lu toutes les fics concernant mon œuvre et je suis devenue accro aux slashs. D'ailleurs, le tome 7 de Harry Potter ne sera constitué que de lemons. ... Ben quoi ? On peut rêver non ? Hélas, je ne suis pas madame Rowling, mais j'aimerais bien. Avec son pognon, je créerais le Temple Sacré du Yaoi... Le paradis... -commence à divaguer-
Avertissement : Cette fiction est à classer dans le registre du yaoi, homophobes allez vous faire voir, blablabla... Vous connaissez la chanson je crois.
Note importante : Mmh... Je ne pense pas qu'il y ait quoi que ce soit d'important à préciser... Si ce n'est « bonne lecture » !
Rating/Slash : HPDM. Ben oui, il va y avoir du slash, du lemon, du sexe, de la baise ! -s'étouffe devant sa grossièreté- Hum, donc les petits enfants (ça me va bien de dire ça, vu l'âge que je me paye) retournez dans les fictions de dessins animés tout meugnons.
RaR's aux anonymes :
Lilou : Merci beaucoup pour cette danse de la victoire magnifiquement exécutée ! Moi aussi je me procurerais bien un Draco séducteur à emporter partout, si tu savais. Alors sept, en plus… oulà ! Pour le dernier Draco… ah ah… tu vas bientôt le savoir. Merci à toi et gros bisous ! Bonne lecture aussi.
Aerials : Tu es la seule à avoir pu me répondre pour les majuscules alors merci de m'avoir éclairée Voilà la suite, j'espère qu'elle te plaira aussi. Merci beaucoup et bisous ! Rendez-vous à la fin du chapitre, en attendant : bonne lecture !
Didi : Trois propositions de Draco qui auraient pu être juste mais hélas ce n'est pas ça. C'est pas grave tu vas voir dans ce chapitre de quoi il retourne. Alors bonne lecture et merci pour ta review ! Bisous !
Mimi : Merci beaucoup Mimi C'est trop gentil, je suis contente que tu aimes ! Merci pour les encouragements aussi. Gros gros bisous tout plein et bonne lecture.
Tif : 5 mois… Oh mon Dieu, tout ça, vraiment ? Je suis irrécupérable. Enfin, mon ordi l'était surtout. Je te promets de poster le plus vite possible maintenant. Je vais tenter maximum toutes les deux semaines, maintenant que j'ai une beta pour me taper sur les doigts si ça n'avance pas assez vite. Pour le dernier Draco mmh… tu vas voir ! Merci pour la chance, les encouragements et tout, ça fait plaisir ! Et t'inquiète, je ne compte pas arrêter. (encore moins après tes menaces ) Gros bisous et encore merci !
Ehwinn : Prometteuse, c'est vrai ? Mmh… j'adore ça sonne bien ! Huhu, merci beaucoup pour ta review, et bisous bisous !
Zelda-sama : Contente d'avoir pu te faire rire ! Pour Draco, tu vas vite savoir qui es le dernier… Merci à toi et gros bisous !
Macatou : La suite ? Eh bien la voilà déjà ! J'espère que ça te plaira, bisous et merci.
Bonne lecture à tous !
CHAPITRE TROISIEME : Réflexion intensive sur Draco Malfoy.
La nuit fut courte pour Harry. Heureusement pour lui, aujourd'hui il n'y avait pas cours. Il pouvait donc paresser à son aise dans son lit, protégé de la lumière par ses rideaux. Rideaux qu'il faudrait bien qu'il tire un jour, il ne pouvait rester allongé éternellement. Il s'étira longuement, profitant de ce moment bien particulier du matin où l'on ne se rappelle pas vraiment d'hier et où l'on ne pense pas encore à aujourd'hui. Il comptait bien faire durer cet instant le plus longtemps possible, en se calfeutrant au fond de ses draps.
« Harry ! »
Eh bien non, ça ne pouvait pas durer. Harry réprima un juron et plissa les yeux quand Ron ouvrit les rideaux d'un geste que l'on pourrait qualifier de tout sauf tendre. La lumière l'obligea à garder ses paupières closes quelques secondes, puis il enfila ses lunettes pour pouvoir voir le visage impatient de son ami.
« Eh bien quoi ? s'impatienta Harry, voyant le rouquin rester figé debout devant le lit.
- Ah oui ! se reprit Ron, décidément très distrait. Euh, Hermione voudrait te parler. »
Harry soupira et se laissa retomber sur ses coussins.
« Dis lui que j'arrive, le temps de prendre ma douche », murmura Harry en refermant déjà les yeux.
Il sentit une main lui secouer l'épaule, geste qui lui rappela vaguement cette nuit, tout comme les rideaux tirés. Il rouvrit les yeux à contre cœur et vit que Ron n'avait pas bougé d'un pouce. Il lui jeta un regard interrogatif.
« Tu allais te rendormir, se plaignit le rouquin. Hermione a vraiment l'air pressée de te parler. Et qu'est-ce que tu as ?... Tu as l'air d'avoir passé une nuit en enfer.
- Tu n'es pas loin du compte, Ron », répondit amèrement Harry en se souvenant totalement de ses déboires nocturnes.
Il se releva un peu barbouillé et se résigna à laisser tomber sa grasse matinée. Si Hermione était si pressée, ce devait être important. En tout cas, ça avait intérêt.
Il traîna les pieds jusqu'à la salle de bain du dortoir et s'y engouffra après avoir lancé un dernier « j'arrive » à son ami. Une fois déshabillé et exposé au jet bien chaud de la douche, Harry se repassa la scène du baiser de Draco une bonne dizaine de fois. Il avait beau l'envisager sous toutes les coutures, la même pathétique réalité s'offrait à lui : il avait été dominé sur toute la ligne. Malfoy s'était bien foutu de lui et en avait profité pour assouvir ses pulsions dégoûtantes.
Et c'était lui qui avait honte pourtant.
Il était sûr d'être parfaitement hétérosexuel, il n'aurait pas dû prendre plaisir à ce baiser… Si encore il lui avait été donné sans chantage, sans piège, par quelqu'un qu'il aime… non, même avec ces conditions, un baiser d'homme ne devrait pas lui plaire…
Et pourtant,… alors qu'aucune de ces conditions n'étaient réunies hier soir, lorsqu'il repensait à cet instant, il sentait cette chaleur dans sa poitrine.
Harry se secoua un peu et mit les choses au point une fois encore. Que Draco, son ennemi de toujours soit homosexuel, c'est son problème. Mais qu'il ne vienne pas le mêler à tout ça, merde. Les professeurs mettaient un temps dingue à soigner cet imbécile, il était donc coincé avec les sept pour un petit temps encore. Harry se frotta plus vigoureusement les cheveux pour se forcer à réfléchir.
Jamais il ne s'était laissé faire par Draco, et ce n'était pas parce que celui-ci lui faisait des avances plutôt poussées que ça allait changer.
Cette nuit était une erreur, et jamais plus il ne la commettrait à nouveau. Après tout, qu'est-ce qui lui disait que Malfoy n'était pas entrain de se foutre de lui ?
Non.
Pas après un baiser pareil…
Harry passa machinalement ses doigts sur ses lèvres mouillées. Il y avait trop de tendresse pour que ce soit feint. Alors quoi ? Il devait ignorer le serpentard ? Le tabasser ? Non, il devait rétablir l'équilibre. Redevenir l'égal de Draco pour lui faire bien comprendre qu'il n'était pas prêt de se laisser faire sous prétexte que le blond embrassait divinement bien. D'ailleurs non, il embrassait très mal, voilà.
Harry sortit de sa douche tout ragaillardi, encore occupé à se mettre dans le crâne que Malfoy embrassait comme un pied. Il s'habilla joyeusement, sans même se rendre compte que pour la première fois, il faisait attention à ce qu'il mettait. Un accès de coquetterie passager peut-être. Il descendit sereinement les escaliers du dortoir, bien qu'il ne savait pas encore comment changer la donne entre lui et Malfoy. Assise sur un fauteuil, plongée dans un manuel certainement fascinant, Hermione l'attendait seule. Ron participait à un tournoi d'échecs quelques pas plus loin, tournoi qu'il allait certainement gagner.
« Tu voulais me parler ? s'enquit Harry en s'asseyant à côté de la jeune fille.
- Ah Harry, te voilà enfin, répondit-elle en délaissant son livre. Devine ce qui m'est arrivé ce matin en allant prendre le petit déjeuner ? »
Elle avait l'air à moitié émoustillée, à moitié choquée. Harry haussa les épaules, il n'avait bien sûr aucune idée de ce qui avait bien pu se passer.
« Malfoy, en personne, devant toute la grande salle, il…
- Attends, l'interrompit de suite Harry en levant les mains, quel Malfoy ?
- Un serpentard, celui qui m'a insultée au cours de métamorphose, précisa Hermione.
- Okay, continue, répondit-il, un peu las de n'entendre parler que du blond.
- Eh bien, ce matin il est venu me présenter ses excuses. Oh, pas en grandes pompes, juste un petit « désolé Granger » en passant à côté de moi. J'avais déjà presque oublié à vrai dire, alors j'ai mis un temps à faire le lien. C'était un peu de mauvaise foi, mais c'est déjà plus qu'étonnant, tu ne trouves pas ?
- Si, répondit Harry, l'air pensif. C'était bien le Malfoy sournois qui t'avait bousculée, tu es sûre ?
- Oui, pourquoi ? demanda Hermione en fronçant les sourcils.
- Pour rien », répondit prestement Harry en se relevant.
Donc le Draco séducteur avait bel et bien parlé à son double et l'avait convaincu de s'excuser. Harry s'avoua un peu surpris, mais cela ne changeait en rien sa décision : il allait rappeler au serpentard qu'il n'avait pas à le traiter de la sorte. Encore faudrait-il qu'il tombe sur le bon…
A défaut de l'avoir sous la main, il alla parler au gentil Draco, qui attendait son tour pour participer au tournoi d'échec. Lui soutirer quelques informations pourrait se révéler à nouveau utile. Du moins, c'est l'excuse que Harry se trouva pour aller lui parler.
« Bonjour Harry, tu as bien dormi ? s'exclama joyeusement Draco en le voyant venir dans sa direction.
- Mouais, maugréa Harry, ne s'habituant pas trop à un Malfoy aussi enjoué.
- Je suis désolé pour ce que mon double t'a fait cette nuit , déclara soudain le blond, alors que le gryffondor se calait dans un fauteuil.
- Qu'est-ce qu'il t'a dit ? s'écria – peut-être un peu fort – Harry, aussitôt inquiet, agrippant les accoudoirs du sofa de velours.
- Rien, mais je sais tout ce que font mes doubles, c'est normal. Nos esprits ne font toujours qu'un. Nous savons lorsqu'un de nous est triste, ou lorsqu'il pense très fort à quelque chose, par exemple, expliqua doucement Draco, voyant bien que le survivant paniquait un peu.
- Personne ne sait rien alors, hésita-t-il. (Draco approuva de la tête.) Et euh… tu saurais me dire, là maintenant, à quoi pense… disons, le Malfoy colérique ?
- Il ne pense pas à quelque chose en particulier, répondit-il en se concentrant. Il se dit vaguement que les poufsouffles l'énervent quand ils bloquent les couloirs pour papoter.
- Oh, répondit Harry un peu déçu. Vous avez d'autres choses en commun ?
- Eh bien, je pense que nous embrassons de la même manière », sourit Draco en adressant un clin d'œil au gryffondor.
Celui-ci gémit intérieurement. Si le gentil Draco s'y mettait aussi, qu'allait-il bien pouvoir faire, à part se suicider ?...
Draco s'excusa en riant, il n'avait pas pu s'en empêcher. Son tour aux échecs vint, aussi il laissa Harry seul en lui décochant un regard qui lui fit un peu penser à celui du Malfoy charmeur. Harry se laissait un peu trop dépasser par les choses à son goût, comme d'habitude en somme… Il ne manquerait plus que Dumbledore lui cache quelque chose d'essentiel et le tableau serait complet, pensa-t-il ironiquement.
D'humeur fainéante, il passa le reste de la matinée entre les matchs du tournoi d'échec et ses devoirs. Ron prit la raclée de sa vie en finale contre Draco, qui lui aurait volontiers cédé la cagnotte du vainqueur s'il ne l'avait pas envoyé promener de la manière la plus grossière qui soit.
Si les gryffondors avaient tous plus ou moins adopté le serpentard, Ron était largement en queue du peloton de ce côté-là, surtout depuis sa déconfiture au tournoi.
Harry pouvait le comprendre, Malfoy avait toujours été odieux avec lui et sa famille et, même si Ron n'était pas très rancunier, la pilule avait le droit d'avoir du mal à passer.
L'heure du repas de midi approchait et Harry se sentait de plus en plus nerveux. Avoir à se confronter à un certain Draco le mettait mal à l'aise. Ses bonnes résolutions s'effritaient déjà, il se sentait de moins en moins apte à remettre le blond à sa place aussi violemment qu'avant. Mais alors qu'il allait prendre la direction de la grande salle, il aperçut Hermione près du vestiaire de la salle commune. Elle était entrain, à l'instar d'une bonne partie des élèves, de mettre son manteau par-dessus son uniforme.
Après quelques secondes de perplexité, Harry fit le rapport : cet après-midi, ils avaient le droit d'aller à Pré-au-Lard. Y avait-il moyen d'éviter en tout et pour tout sept personnes pendant une après-midi entière, et dans un petit village d'une centaine de maisons à peine ?...
Avoir Draco Malfoy comme sujet de conversation commençait sérieusement à exaspérer Harry. Durant le trajet, il fit part à ses deux amis de son envie de ne pas croiser un seul blond dans les heures qui allaient suivre. Ron fut entièrement d'accord et Hermione n'y vit pas d'inconvénient.
Comme à leur habitude, le trio fit un tour chez Honeyduke et se dirigeait à présent chez Zonko, que les jumeaux Weasley n'avaient pas rebaptisé pour laisser au village son patrimoine intact. Tout se passait très bien, pas une seule fois la moindre allusion à Malfoy n'avait été faite, au grand bonheur de Harry.
Le magasin était plein à craquer et George avait bien fait de prendre un assistant. Il remarqua immédiatement son frère et s'excusa auprès de son client pour aller le saluer.
« Fred n'est pas avec toi ? l'interrogea Ron en balayant le magasin du regard.
- Il s'occupe du magasin sur le chemin de traverse, répondit le jumeau un peu essoufflé, là-bas aussi, c'est la folie. Vous voulez voir notre nouveauté ? Elle doit vraiment être extraordinaire, parce même Malfoy s'est pointé pour me l'acheter ! »
Hermione se frappa le front et Ron jeta un œil inquiet à Harry. Il regardait dans le vide d'un air terriblement désabusé.
« J'ai dit quelque chose de mal ? questionna George en observant les trois amis.
- Ce n'est pas grave, soupira Hermione, c'est juste que nous entendons un peu trop parler de Malfoy ces temps-ci. On va y aller, si jamais, on sera chez Derviche et Bang, ça va ?
- D'accord, mais revenez bientôt, on a des nouveautés sans arrêt ici », leur cria George, emporté par la masse de clients désireux d'obtenir la dernière invention des frères Weasley.
« C'est pas de chance, se lamenta Ron, j'avais presque réussi à oublier que face de fouine fielleuse nous gâchait la vie.
- George ne pouvait pas savoir, dit fermement Hermione, maintenant on arrête de parler de ça. Harry ? appela-t-elle en se retournant. Où est-il allé ? »
Ron fit une grimace d'ignorance particulièrement éloquente, puis proposa de garder leur itinéraire. Si Harry voulait les rejoindre, il n'aurait qu'à aller à l'endroit prévu.
En fait, Harry était dans la direction opposée de Derviche et Bang. Il marchait d'un bon pas, malgré le sol un peu boueux d'automne et cherchait un Malfoy, n'importe lequel. Il en aperçut un apparemment isolé, et fondit sur lui. C'était le Draco timide, parfait pour ce que Harry avait à faire.
« Hey Malfoy, l'interpella durement le survivant, viens un peu ! »
L'appelé sursauta et regarda Harry avec des yeux ronds, obéissant quand même à l'ordre donné.
« Est-ce que tu pourrais penser très fort 'Il faut que le Draco intelligent vienne devant Gaichiffon' ? Le plus vite possible… »
Draco hocha vivement de la tête et bafouilla un petit « oui, bien sûr ». Il leva les yeux au ciel et se mordilla la lèvre d'une façon charmante, ce que Harry ne put s'empêcher de remarquer. Quelques minutes plus tard, le Serdaigle arrivait d'une démarche assurée malgré qu'il soit seul. L'autre Draco s'éloigna pour attendre la fin de leur conversation. Dès que l'intelligent fut à sa hauteur, Harry lui sauta à la gorge :
« Est-ce que ça va prendre encore longtemps ce putain de remède ? Parce que c'est pas que j'en ai marre de toutes vos histoires, mais sept pires ennemis, ça fait un peu beaucoup, cracha Harry convulsivement.
- Le livre que j'ai emprunté est très long, et je fais de mon mieux , répliqua Malfoy en restant d'un calme parfait.
- Eh bien, fais encore plus vite ! fulmina Harry, à bout de nerfs. Parce vous êtes… Enfin non, pas tous, mais… vous m'embrouillez ! Et vous m'énervez aussi ! Vous pensez avoir l'avantage parce que vous êtes sept ? Mais je ne me laisserai pas faire par un crétin de serpentard prétentieux, dusse-t-il être divisé en sept ! Vous êtes tous… que ?... »
Harry s'interrompit un instant. Il entendait quelqu'un pleurer, mais ça ne pouvait pas être Malfoy, puisqu'il était toujours de marbre. Il observa les alentours d'un air irrité et remarqua le Draco timide, debout à une vingtaine de mètres de là, entrain de sangloter. La rue était heureusement déserte, une honte pareille aurait certainement mis le double colérique dans une fureur noire.
« Il n'entend pas notre conversation, mais il ressent mes sentiments, il est normal qu'il pleure, fit remarquer froidement le Serdaigle.
- Mais, toi, tu ne pleures pas !... Et pourquoi le ferais-tu ? s'écria Harry, agacé.
- Je peux être triste sans pleurer, objecta Draco. Et à ton avis, pourquoi le suis-je ? »
C'était une question qui n'attendait aucune réponse. Le serdaigle planta Harry là, et partit rejoindre son double pour l'emmener dans un endroit où il pourrait se calmer. Le survivant se trouva tout bête, au milieu de la rue balayée par le vent glacé, regrettant un peu de s'être emporté comme ça. Les Draco n'avaient pas vraiment fait quelque chose qui puisse le mettre dans cet état, dans le fond.
A part ce foutu séducteur qu'il aurait suffit d'ignorer, l'hystérique semblait ne plus chercher la confrontation et le sournois s'était excusé. Son explosion lui parut soudainement complètement déplacée, lui qui était convaincu il y a quelques minutes que les sept blonds cherchaient à le déstabiliser. Mais était-ce sa faute s'ils le rendaient fou ? Harry s'assit sur un banc et regarda les gens passer sans vraiment les voir.
Pourquoi s'était-il emporté ?
Parce qu'il se sentait pris au piège, faible face à Malfoy, ce qui ne lui était jamais arrivé lorsqu'ils se bagarraient.
Justement voilà, ils ne se bagarraient plus. Non, ils s'embrassaient maintenant…
Et ce revirement de comportement chez son ennemi chamboulait toutes ses habitudes, sa petite routine faite d'injures et de coups bas. La seule solution était de réunifier les Malfoy. Mais si même Dumbledore s'y était cassé les dents…
« Harry te voilà ! cria une voix haletante.
Le survivant se releva en voyant arriver Ron et Hermione en trombe.
« Harry, on l'a ! s'excalama Ron, un peu rouge.
- On a quoi ? demanda-t-il un peu désorienté.
- La solution pour soigner Malfoy ! » annonça Hermione, triomphante, en secouant un petit flacon bleu sous son nez.
Harry marqua une pause. Ça serait trop beau, que juste maintenant, alors qu'il pensait que c'était désespéré…
« On a failli passer à côté en fait, expliqua Ron, tout excité. Tu te souviens quand George nous a parlé d'une nouveauté ? Eh bien, il s'agit justement d'une potion à faire boire à autant de personne que tu veux pour qu'elle n'en fasse plus qu'une ! Avoue que c'est dingue, comme coïncidence, non ?
- Et comment ! Montre-moi un peu la fiole s'il te plait, Hermione », dit Harry, commençant à croire à sa chance.
La notice reprenait les dires de Ron, mais précisait que les personnes gardaient leurs propres pensées malgré qu'elles ne fassent plus qu'un. Elle détaillait également que les effets ne duraient qu'une demi-heure, et que chacun retrouvait un corps à part après ce temps. Très utile lorsqu'on veut emmener des amis et qu'il n'y a pas la place, ou l'autorisation… Harry déchanta lorsqu'il lut la partie « durée de la potion ». Hermione lui rendit cependant un petit espoir :
« Comme le cas de Malfoy est particulier, ça peut peut-être marcher. Par contre, c'est étrange que George affirme qu'il n'ait pas acheté ce produit-là quand il est passé chez Zonko. Il aurait dû se dire que c'était une chance pour lui et ses doubles de redevenir un être unique.
- Il n'a sans doute pas vu l'étalage, suggéra Harry. Venez, on va vite montrer ça à Dumbledore. »
Ils se mirent en route pour les diligences, bien qu'il leur restait deux bonnes heures de liberté.
Après avoir traversé en cavale les couloirs du château et fait enrager Rusard en mettant de la boue partout, ils arrivèrent devant le bureau du directeur.
« Est-ce que quelqu'un connaît le mot de passe ? demanda piteusement Ron en lorgnant d'un œil mauvais la gargouille qui protégeait l'entrée.
- Je n'ai pas eu besoin de le donner la dernière fois que je suis venu, répondit Harry, aussi impuissant que son ami.
- Heureusement que je suis là , soupira Hermione. Retenez-le pour la prochaine fois : Poncirus Cédrat.
- Qui c'est celui-là ? s'enquit Ron en s'engageant dans les escaliers tournants.
- C'est l'inventeur du chewing gum au citron qui ne perd jamais son goût », répondit machinalement la jeune fille.
Elle arriva la première en haut et eut l'honneur d'assister à la tentative de crochetage magique de Dumbledore : il trifouillait la serrure de son propre bureau en marmonnant des mots incompréhensibles. Hermione toussota poliment et le vieux barbu se retourna, surpris, près à se défendre de sa baguette.
« Ah c'est vous, miss Granger, souffla-t-il en abaissant son bout de bois, l'air soulagé. Figurez-vous que j'ai oublié mon mot de passe, c'est bête non ? J'en ai posé un deuxième sur ma porte, au cas où, et voilà que je me retrouve bloqué hors de mon propre bureau. Si seulement je pouvais revenir sur ce mot secret… N'était-ce point Limboranris ? Non, ce n'est pas exactement ça. Et puis il y avait un pays aussi après… »
Harry, Ron et Hermione regardèrent patiemment le directeur soulever sa lourde robe de sorcier grise pour pouvoir s'accroupir de nouveau devant le verrou de la grande porte en chêne. Après quelques minutes de chipotage et de jurons étouffés, Dumbledore parvint enfin à déverrouiller le passage. Tout heureux de retrouver son bureau et Fumseck, il sautilla presque jusqu' à son siège pour accueillir ses élèves.
« Eh bien, eh bien, qu'est-ce qui vous amène chez moi, jeunes gens ? demanda-t-il tout sourire.
- Nous pensons que la dernière invention de Fred et George Weasley pourrait aider à réunifier Malfoy, professeur », dit Harry en posant la fiole sur le bureau. Dumbledore s'en empara et l'examina très attentivement, les yeux pétillants et l'esprit tournant certainement à plein régime.
« En effet, cela pourrait s'avérer très utile ! Faites moi penser à envoyer un petit présent aux Weasley pour les féliciter de leurs fulgurants progrès en potions. »
Harry était soulagé et impatient : Dumbledore était apparemment d'accord pour faire un essai avec la potion des jumeaux, et son cauchemar serait bientôt fini. Il n'aurait jamais pensé se dire ça, mais il avait hâte de revoir Malfoy en version unique.
« Bien, bien, reprit le directeur en se levant, je vais envoyer un hibou et commander d'autres fioles, on ne sait jamais, des fois qu'il arrive un accident à celle-ci.
- Oh, professeur, votre manche ! s'exclama Hermione en pointant du doigt la robe de Dumbledore.
- Qu'y a-t-il ? s'écria-t-il à son tour en secouant son bras. Oh ! (il décolla un morceau de parchemin du tissu de sa robe) Voilà où se cachait mon pense-bête ! 'Limonarboris de Sicile', bon sang, comment ai-je pu oublier un mot de passe si simple ? »
A l'énonciation du code, la porte s'ouvrit toute seule.
« On dirait qu'elle vous invite à sortir , sourit Dumbledore. Vous pouvez y aller jeunes gens, j'annoncerai la bonne nouvelle aux messieurs Malfoy dès ce soir, au souper. Merci pour votre précieuse aide. »
Hermione sembla se nourrir de la reconnaissance du vieux directeur et garda les yeux brillants de fierté jusqu'en bas de l'escalier tournant, jusqu'à ce que Ron brise son état de béatitude et la ramène sur terre en demandant :
« C'est quoi 'Limonarboris de Sicile' ?
- C'est un citronnier sorcier qui produit des citrons sucrés et comestibles dès la cueillette, répondit froidement Hermione, bien obligée de répondre à une question dont elle connaissait pertinemment la réponse.
- Qu'est-ce qu'elle a, d'un coup ? chuchota Ron à l'adresse du survivant, observant son amie râler et prendre les devants pour rejoindre la salle commune.
- Je ne sais pas », répondit Harry, trop à son bonheur d'être sur le point d'en avoir enfin fini avec tous les troubles que les sept Draco engendraient en lui.
A seulement trois dans la salle commune, et avec une Hermione bien décidée à faire ses devoirs, il n'y avait pas grand-chose à faire pour tuer le temps. Le souper avait lieu dans un peu plus d'une heure et les élèves n'étaient pas encore rentrés de Pré-au-Lard.
Ron, encore irrité par sa déroute aux échecs de ce matin, s'évertuait à enchaîner victoire sur victoire contre un joueur invisible généré par le plateau de jeu magique. Harry se retrouva donc désoeuvré et se résigna à s'affaler dans un fauteuil pour attendre avidement l'heure où Malfoy serait à nouveau une seule personne et agirait comme avant.
Et cette heure arriva, forcément, mais bien trop tard au goût de Harry. Il n'aurait jamais cru que soixante minutes puissent paraître aussi longues et ennuyeuses.
Mais ça y était, elles étaient enfin passées, et maintenant il se dirigeait d'un pas rapide, accompagné de Ron et Hermione, vers la grande salle. Harry jeta un œil au Draco serdaigle en entrant, il avait l'air de ne pas se préoccuper de lui. A sa table, le gentil débattait Quidditch avec d'autres élèves et un autre triturait quelque chose en dessous de la table qu'il ne put apercevoir. Chez les poufsouffles, le timide fixait son assiette et chez les serpentards, on était bien trop occupé à critiquer tout ce qui bougeait ou non. Tant mieux, se dit Harry, que ses dernières minutes avec les sept Draco soient paisibles, ça serait déjà ça. Il prit place en début de table, pour être au premier rang pour le discours de Dumbledore et la guérison de Malfoy. Ses deux amis s'assirent près de lui, bien content aussi que cet incident prenne fin. Quand le directeur se leva, le survivant se permit un petit sourire de délivrance.
« Un peu d'attention, je vous prie, annonça-t-il. Il semblerait que nous ayons une bonne nouvelle pour monsieur Malfoy. Enfin, pour tous les morceaux que monsieur Malfoy a éparpillé dans le château. »
La plaisanterie ne fit pas rire certains des concernés, qui grincèrent des dents en attendant de prendre connaissance de la nouvelle en question.
« Nous aurions trouvé l'antidote à vos problèmes de dispersion, monsieur Malfoy », révéla Dumbledore en sortant la petite fiole bleue d'un pan de sa cape, un grand sourire lui fendant le visage d'un bout à l'autre.
Plusieurs élèves murmurèrent leur ravissement, et certains même applaudirent, dont Harry. Quelqu'un pourtant ne semblait pas d'accord, car une voix résonna violemment dans la grande salle :
« Pas question que je retourne dans le même corps qu'eux ! Ils ne sont pas drôles du tout ! »
Harry chercha du regard le fauteur de trouble et remarqua que le Draco gryffondor qui trafiquait quelque chose sous la table venait de se lever, l'air furieux. Le blond s'enfuit en courant et avant de passer la porte, il lança en l'air un objet qui explosa dans une gerbe d'étincelles jaunes et bleues. Tous les élèves et professeurs suivirent avec étonnement les éclaboussures lumineuses qui envahirent le plafond magique. Une fois consumées, elles laissèrent tomber une pluie de poudre violette. Avant d'avoir pu esquisser le moindre geste pour s'en protéger, toute la grande salle s'endormit soudainement dans son assiette.
Harry rêva de choses vraiment bizarres. De monstres à sept têtes et à la crinière blonde exagérément longue, de lèvres pourtant tentantes le poursuivant sans relâche, d'Hermione et de Ron hurlant à l'abomination et au déshonneur.
Petit à petit, ses songes se firent plus nets et leur sens devint compréhensible. Sept Draco le tiraillaient de partout et le suppliaient de les accompagner jusqu'à leurs rideaux de baldaquin qui devaient être ouverts de sa main. Heureusement que quelqu'un le réveilla, sinon il se serait cru devenu fou.
« Harry, vite, ouvre les yeux », intima Ron.
Harry sortit péniblement de son délire pour reconnaître son ami après quelques secondes seulement.
« Ça y est, ils sont réunis ? » demanda-t-il en secouant la tête pour y voir plus clair. Tout ce qu'il aperçut fut le professeur MacGonnagal entrain d'ordonner aux préfets de ramener tout le monde dans son dortoir.
« Pas vraiment, non », grimaça le rouquin. L'un d'eux s'est enfuit en utilisant un Pétard de Rêve Eveillé, une invention de mes frères.
- Si j'ai bien compris, il ne veut pas retourner à son état d'origine celui-là, remarqua Hermione.
- Peut-être parce que lui aussi il aime bien Harry et que si il redevient une seule personne, ses autres côtés l'empêcheront de ressentir ce qu'il veut, répondit Ron en affichant une mine dégoûtée.
- Ton hypothèse peut s'avérer juste, et d'autres Malfoy en ont profité pour se faire la malle aussi, alors on peut supposer que c'est le cas pour eux aussi. Vraiment Ronald, je n'arrive pas à croire que tu aies eu une idée si brillante, songea la jeune fille.
- Moi ce que je n'arrive pas à croire, c'est que Malfoy puisse aimer Harry, vraiment c'est… effrayant. »
Harry ignora la remarque acide de son ami et songea désespérément qu'avec des Draco récalcitrants, on n'était pas prêt de régler cette affaire.
A SUIVRE…
Voilà voilà ! Suspens, Harry parviendra-t-il à rassembler les Draco et à leur faire boire la potion ? Ron aurait-il enfin dit quelque chose d'intelligent dans sa vie ? Qu'ont donc mis les jumeaux dans leur pétard pour obtenir un tel effet hallucinogène ? Hu hu, on se le demande…
J'espère que ça vous a plu, moi je trouvais ce chapitre un peu moins bien, mais il faut bien faire la transition, non ? Dans le prochain, il y aura un peu plus d' « action », vous en faites pas. Enfin, dites moi ce que vous en pensez, je suis ouverte à touuutes les suggestions et remarques. Tiens, j'accepte même les reviews piégées ! Alors n'hésitez pas surtout, je frétille d'avance ! Gros bisous et… non, je n'oublie pas : je vous aime !
Et merci à Cyzia, qui, gentille comme elle est, s'est tapée à rajouter tous les guillemets de ce chapitre en plus de sa correction. Bisous à toi !
