L'examen d'entrée se déroulait désormais dans une immense salle haute de plafond. Plusieurs loges étaient pratiquées dans les murs afin de permettre aux hauts gradés de l'Armée de juger par eux-mêmes les capacités des aspirants alchimistes. D'immenses tentures frappées de l'idéogramme de l'Armée et d'autres de celui des Alchimistes d'Etat.
Plusieurs aspirants passèrent devant le jury constitué du nouveau Généralissime, plusieurs généraux et quelques Alchimistes d'Etat. Certains aspirants furent recalés, d'autres acceptés avec une note moyenne de six. Le dernier aspirant arriva. Il était plutôt petit – un mètre soixante environ – et portait un masque sur le visage. Il s'avança vers le centre de la salle et le soldat présent lui ordonna d'ôter son masque.
- Non, répondit simplement le masqué.
- Comment !
- Non. Je n'enlèverai pas ce masque.
- Je te somme de…
- Laissez, Hollom ! ordonna le Généralissime. Voyons voir ce qu'il vaut.
- Excusez-moi, Monsieur. Bon, tu as tout ce qu'il te faut pour tracer ton cercle de transmutation ?
L'aspirant regarda la craie d'un regard blasé, puis ce regard passa sur le Généralissime.
- Vous n'avez rien de plus…disons…consistant ?
- Monsieur, fit Roy Mustang qui était membre du jury. Je pense que nous devrions…
Le reste de la phrase fut chuchotée à l'oreille. Le Généralissime sourit puis se tourna vers Hollom.
- Libérez les bêtes, lui ordonna-t-il avec un sourire moqueur.
Hollom réprima un frisson puis s'avança vers le mur du fond et abaissa un levier qui fit apparaître une ouverture dans le mur. Deux paires d'yeux rouges rougeoyèrent dans la pénombre. Deux chimères s'avancèrent de leur démarche de prédateur, montrant les crocs et avides d'en découdre. Elles tournaient autour du jeune homme comme deux vautours sans vraiment l'attaquer. Il leur jeta un regard ennuyé.
Puis les chimères s'élancèrent sur lui. Il évita la première d'un salto arrière et la seconde d'une roue. Grognant parce que leur proie leur avait échappé, les deux monstres répétèrent l'assaut pour le même résultat. Il se passa cinq minutes pendant lesquels le jeune homme esquiva les assauts des chimères puis, prenant une posture de combat, s'élança sur les chimères. Au départ, il ne se battait pas vraiment. Il contrait plutôt. Puis les coups se firent plus violents et rageurs. Les deux chimères furent envoyées toute deux contre le mur d'un coup de pied circulaire particulièrement puissant.
- Lâchez les deux autres.
Deux autres chimères apparurent et se ruèrent sur le jeune homme qui se baissa juste à temps pour éviter un coup de croc qui lui aurait déchiqueté la nuque. Il se tourna vers le dirigeant de l'Armée.
- Vous êtes joueur ! lui hurla-t-il. A mon tour de vous montrer ce que je sais faire.
Il courut sur un mur et s'élança en un parfait saut de l'ange sur le dos. Alors qu'il allait retomber, les extrémités de ses membres s'entourèrent d'un halo pourpre et noir. Se réceptionnant sur le sol d'une manière exceptionnelle, il envoya la première chimère en l'air d'un uppercut avant de sauter et d'envoyer un coup de pied retourné qui balança la chimère au sol. Au contact du sol, celui-ci s'enfonça et flot de sang se déversa de la bouche de la chimère désormais morte. Lorsqu'il retomba par terre, une autre bête se rua sur lui par derrière. Il se retourna juste à temps pour faire un losange avec ses bras croisés et entourer le cou du monstre. Sa prise se resserra alors que la chimère suffoquait et crachait du sang sur le masque blanc. Elle s'écroula, étranglée, sur le sol froid.
Il avisa les deux dernières chimères qui fonçaient sur lui. Il sauta puis brandit son poing. Tout son bras fut entouré du halo étrange. Lorsqu'il retomba, il frappa le sol avec une force incroyable, projetant des morceaux de son halo en direction des chimères. Celles-ci furent transpercées par une multitude de piques pourpres qui les tua sur le coup. Le sang s'éparpilla sur le sol.
Le jeune homme se retourna vers le jury surpris de ce retour de force.
- Accepté, prononça le Généralissime. Présentez-vous dans deux jours au QG militaire et demandez le général de brigade Mustang. Comment vous appelez-vous ?
- Warren. Virgil Warren.
- Vous pouvez disposer.
Virgil sortit de la salle, laissant les quatre cadavres de chimère sur le sol et les spectateurs dans leurs loges.
Il enfila son masque. Celui-ci était devenu une seconde peau pour lui. Heureusement que sa mère avait eu l'idée de lui offrir pour Noël il y a quatre ans. Il sortit puis ferma son appartement à clé. Malgré l'heure matinale, les rues de Central regorgeaient déjà de personnes s'acharnant au travail. En passant devant un marchand de fruits, son regard s'attarda sur une pomme. Il soupira. Plus jamais il ne mangerait de pomme. Du moins, pas en public.
Il marcha d'un pas résolu vers le QG. Pas dur à repérer. L'idéogramme peint sur la tenture rouge était énorme. Il entra, puis se présenta à l'accueil.
- Je cherche le général de brigade…comment s'appelait-il déjà ? Roy Mustang.
- Virgil Warren, je suppose ?
- Vous supposez bien. A qui ais-je affaire ?
- Seulement à une simple réceptionniste. Le général Mustang se trouve actuellement dans son bureau. Il vous y attend.
- Dites moi juste où c'est.
- Vous prenez ce couloir. Ensuite, vous prenez le premier couloir sur la droite et c'est la huitième porte de gauche.
- Merci.
Il suivit l'itinéraire que lui avait indiqué la réceptionniste puis entra dans le bureau. C'était grand. Il y avait un bureau au fond et derrière, une baie vitrée qui donnait sur les rues.
- Warren, prononça Mustang en relevant le regard vers lui et en le détaillant.
Il avait enfilé un t-shirt noir ainsi qu'une chemise noire qu'il laissait ouverte et un pantalon noir. Ces vêtements tranchaient un peu avec son masque de kabuki blanc sur lequel il avait peint des motifs noirs entourés de rouge. Le contour des yeux était noir sur quelques millimètres. Ce masque se mariait délicieusement avec ses cheveux noirs longs où deux mèches rouge sang trônaient fièrement. Ses iris d'un noir profond s'accordaient avec les motifs de son masque et tranchaient avec la blancheur de celui-ci.
- Venez vous asseoir, Warren. J'ai quelque chose pour vous.
Virgil s'exécuta. Il s'assit en face du général qui tenait à la main une enveloppe et une boîte.
- Tenez. Voici votre certificat d'alchimiste ainsi que votre montre qui prouve votre appartenance aux Alchimistes d'Etat.
- Darkness Alchemist ? Pourquoi ce surnom ?
- Tous les alchimistes d'état ont droit à un surnom. Et le nouveau Généralissime est assez fantaisiste, je dois dire.
- Je vois. Vous êtes seul dans ce bureau ?
- Non. Mais pour une fois je suis le premier à être arrivé.
La porte s'ouvrit, laissant entrer une jeune femme. Virgil put constater qu'une lueur s'allumait dans le regard du général.
- Lieutenant-colonel Hawkeye, interpella Mustang.
- Oui, général ?
- Je vous présente notre nouvel alchimiste d'état, Virgil Warren. Alias, Darkness Alchemist. Warren, je vous présente le lieutenant-colonel Riza Hawkeye.
- Enchanté.
- De même.
- Général ?
- Mh ?
- Comment se fait-il que vous soyez déjà là ? D'habitude, vous n'êtes pas là avant onze heures.
- Il faut croire que j'ai changé, lieutenant-colonel.
Elle se contenta d'aller dans son bureau. Roy la suivit quelques instants des yeux avant de pousser un soupir. Son regard revint vers Virgil. Son masque lui permettait de garder un visage neutre et impassible à tout instant.
- Qu'est-ce que vous avez à me fixer comme ça, général ?
- J'essaie de déchiffrer ce que tu penses.
- Je vais vous le dire. Je suis amusé. Amusé par votre petit manège avec le lieutenant-colonel. Je parie que c'est la seule femme dont vous soyez vraiment tombé amoureux, n'est-ce pas ?
- Oui, souffla Roy.
Le téléphone sonna, rappelant les trois militaires à leur tâche. Roy décrocha.
- Général de brigade Roy Mustang, j'écoute.
- Général Mustang ? On nous signale une prise dans le siège de l'entreprise Texas. Est-ce que vous pouvez vous y rendre ?
- Aucun problème.
Ils raccrochèrent.
- Warren, ta première mission. Riza ! Prise d'otage chez Texas. On y va.
- A trois ? demanda-t-elle.
- A trois.
Virgil entendit le bruit d'arme que l'on rechargeait, puis le lieutenant-colonel sortit de son bureau, un 9mm à la main et un autre dans un holster à la hanche. Le jeune homme fixa les sangles présentes derrière le masque et sortit à la suite du général qui enfilait déjà ses gants.
Voilà pour le chapitre 2. Pour le masque, voilà un lien pour le voir : http/www.fanstore.fr/images/120Joey20Latex20SLIPKNOT20Masque.jpg
Pour ceux qui ne le connaissent pas, c'est le masque de Joey Jordison, le batteur du groupe Slipknot.
J'espère que ce chapitre vous a fait autant plaisir à le lire que moi à l'écrire.
A plus pour le chapitre 3. En attendant, voici un extrait :
- Repos, soldat. Quelle est la situation ?
- Le personnel a été pris en otage. On estime environ 34 preneurs d'otages. Les portes de devant ainsi que les issues de secours sont verrouillées
- Vous avez un plan du bâtiment ? demanda Virgil.
- T'es qui, toi ?
- Le nouvel alchimiste d'état, Virgil Warren, dit-il en sortant sa montre.
