La voiture filait déjà à travers les rues de Central, le lieutenant-colonel Hawkeye au volant. Roy claquait des doigts, ses gants dans la poche de son manteau. Derrière, Virgil regardait le paysage défilé, son masque cachant toute expression.

- Warren, j'aimerais juste savoir quelque chose.

- Quoi, général ?

- Comment fais-tu ? Pour cette alchimie ?

- Très simple. Comme vous devez sûrement le savoir, dans tout ce qui peut exister, il y a un mélange d'énergie positive et d'énergie négative.

- Je sais.

- Les deux forment ce qu'on appelle le yin et le yang, ou l'équilibre ou d'autres choses.

- Je le sais aussi.

- Ce que je fais, je brise cet équilibre pour en retirer l'énergie ou négative ou positive. Principalement, j'utilise l'énergie négative. La seule contrainte est qu'il faut savoir ce contrôler. L'énergie négative est capable de corrompre la personne pour faire mauvais usage de cette énergie.

- Tu as réussi ?

- A quoi ?

- A te contrôler ?

Si Virgil avait eu un visage, se disait Roy, il aurait fait un sourire mi-figue, mi-raisin.

- Plus ou moins, répondit-il. Il n'y a pas vraiment de réussite à se contrôler. C'est un combat perpétuel contre soi-même. Rien d'autre.

- Eh, les bavards. On est arrivé, signala Hawkeye.

- Merci, Riza.

Elle stoppa la voiture devant le grand immeuble puis ils sortirent. Le bâtiment était une grande tour d'acier et de verre de plusieurs dizaines de mètres de haut. Plusieurs forces de police étaient déjà présentes sur les lieux. Roy s'approcha d'un soldat qui se mit au garde à vous à la vue de son supérieur.

- Repos, soldat. Quelle est la situation ?

- Le personnel a été pris en otage. On estime environ 34 preneurs d'otages. Les portes de devant ainsi que les issues de secours sont verrouillées

- Vous avez un plan du bâtiment ? demanda Virgil.

- T'es qui, toi ?

- Le nouvel alchimiste d'état, Virgil Warren, dit-il en sortant sa montre.

- Milles excuses, monsieur, s'excusa le policier, terriblement confus.

- Vous ne pouviez pas savoir. Je viens d'être nommé ce matin. Bon, est-ce que vous avez un plan du bâtiment ?

- Tout de suite, monsieur.

Roy et Riza regardèrent Virgil.

- Qu'est-ce que tu comptes faire ? demanda le brun.

- Pour l'instant, je ne sais pas.

Le policier revint avec un grand rouleau dans les mains. Il le donna à Virgil qui le déboucha et sortit le plan. Insatisfait, il rangea la carte et la tendit au policier.

- Amenez-moi une carte 3D du bâtiment avec les conduits d'aération.

- Oui, monsieur.

Il revint quelques minutes, un ordinateur portable dans les mains. Virgil s'assit par terre et posa l'ordinateur sur ses genoux.

- Général, venez voir.

Roy regarda le plan.

- C'est le plan de ventilation, et alors ?

- Regardez. Il y a un conduit qui part du bas de l'immeuble et qui se dirige droit vers le hall. Les portes doivent pouvoir être déverrouillées de l'intérieur.

- Il faudrait que quelqu'un y aille.

- J'y vais.

- C'est sûr qu'avec ta taille, tu devrais pouvoir passer, acquiesça-t-il sans aucune moquerie.

Le jeune homme ne tiqua pas. Il avait l'habitude qu'on lui dise qu'il était petit. Mais il n'avait pas perçu une once d'ironie dans la voix du général. Il jeta un coup d'œil en direction des portes : celles-ci étaient en verre teinté d'une épaisseur d'1 centimètre. C'était la vitre parfaite pour tendre une embuscade. Il avait enlevé sa chemise et l'avait vulgairement roulée en boule avant de la jeter à travers la vitre de leur voiture. Alors qu'il s'apprêtait à se glisser dans le conduit, Riza vit vers lui.

- Virgil, prends ça, dit elle en lui tendant un micro.

- Merci, répondit-il en le prenant et en se le mettant dans l'oreille. Ca me sera sûrement utile.

Il se glissa dans le conduit et rampa à travers le couloir d'aluminium. Heureusement qu'il n'était pas claustrophobe. Lorsque les militaires refermèrent la grille, la luminosité se divisa par deux. Le masqué jura.

- Virgil, ça va ? demanda une voix à travers son micro.

- Je vois presque plus rien, répondit-il.

- Tu veux qu'on fasse quelque chose ?

- Oui, continuez de leur sommer de se rendre. Si vous ne faites plus rien, ils vont se douter de quelque chose. Pour moi, ça ira.

Et il avait raison. Au bout de quelques instants, ses yeux s'étaient habitués à la noirceur et il voyait désormais beaucoup mieux. Au bout de quelques virages qu'il n'avait pas vu, quelques jurons et égratignures, Virgil pu voir le bout du conduit. La lumière l'aveugla juste un instant avant qu'il ne se décide à ouvrir la grille. Il s'avança, accroupi, derrière le comptoir où personne ne surveillait. Il passa fugitivement la tête par-dessus et observa la situation : une vingtaine de personnes, personnel et clients, était assis par terre les mains liées. Cinq preneurs d'otage se tenaient en joue devant la vitre, prêt à faire feu à la moindre ouverture de la porte.

- Merde, jura Virgil en murmurant à son micro alors que le bruit des otages qui parlaient entre eux assourdissait sa voix.

- Quoi ? s'alarma Roy.

- Il y a cinq tireurs devant la porte et prêts à faire feu si j'ouvre cette putein de porte.

- Et les otages ?

- Tous en vie. Mains liées. Aucune blessure.

- Tant mieux. A toi de trouver une solution.

- Bien, général.

Il réfléchit quelques instants avant que la solution ne parut, évidente, à son esprit.

- Général, écartez-vous ainsi que tout le monde de la porte. Je vais l'ouvrir.

- Tu es sûr de ce que tu fais ?

- Sûr et certain.

Il entendit Mustang donner quelques ordres.

- C'est fait. Ouvre la porte.

- Tout de suite, général.

Il releva la tête, puis pianota une commande sur l'ordinateur. Les portes s'ouvrirent. Personne. Surpris, les preneurs passèrent la tête dehors et furent aussitôt menacés par dix policiers, armes pointées vers eux.

- Rendez-vous ! les somma un officier de police.

Ils obéirent. Dix contre cinq, c'était inégal et quasi impossible. Ils furent donc débarrassés de leurs armes et menottés. Roy, suivi de son lieutenant-colonel, entra dans le bâtiment.

- On monte aux étages ! ordonna-t-il au Darkness Alchemist.

Celui-ci se releva, s'assura que les sangles derrière son masque étaient toujours correctement fixées, puis suivit le général à travers les escaliers. En plein milieu des escaliers, il s'arrêta. Ses deux collègues s'arrêtèrent eux aussi, voyant que l'alchimiste ne les suivait plus.

- C'est trop facile, commenta l'alchimiste.

- C'est tant mieux, répondit Roy.

- Non, général. Il a raison.

- Je crois qu'ils ont posé une bombe dans les fondations pour faire exploser la tour si jamais leur prise d'otage tournerait mal.

- Très bien. Vas voir.

- A vos ordres, mon général. On reste en contact.

Les deux officiers hochèrent la tête. Ils montèrent les escaliers tandis que lui les descendaient quatre à quatre. Il devait arriver avant ses collègues sinon, ils étaient tous perdus.

Du côté de Roy et Riza :

Ils montaient les escaliers comme des furies, avalant les escaliers. Roy devant, Riza derrière. Lorsqu'ils touchèrent au bout des escaliers, ils n'étaient qu'à la moitié du bâtiment. Roy, légèrement plus attentif que sa subordonnée, entendit le cran de sûreté s'ôter. Il jeta brièvement un regard à Riza, son 9mm en main, toujours aux aguets. Alors, il comprit. Il se jeta sur Riza, l'entraînant avec elle dans les escaliers alors que les balles traversèrent la porte pour se ficher dans le mur d'en face. Finalement, lorsqu'ils furent sur le palier de l'étage, ils se rendirent compte de la gêne de la situation : ils étaient allongés l'un sur l'autre, Riza à califourchon sur Roy. Ils rougirent tous les deux assez fortement, puis, comme entraînés dans une spirale, Riza approcha doucement son visage de celui de Roy. Rien n'aurait pu interrompre ce moment sauf…trois preneurs d'otages ouvrant la porte et voulant voir si leurs cibles étaient mortes. En un clin d'œil, Roy claqua des doigts et crama deux de ses adversaires alors que Riza en clouait un au sol avec une balle entre les deux yeux. Elle jeta un coup d'œil à Roy, main tendue devant lui, le majeur sur le pouce, prêt à recourir à l'alchimie si d'autres se présentaient.

Du côté de Virgil :

Il était arrivé dans les fondations. Ce n'était que de la terre où étaient plantés des impressionnants piliers d'acier qui soutenaient la structure. Au pied de l'un deux, Virgil trouva une mallette. Il s'en approcha puis l'ouvrit et ses yeux noirs s'écarquillèrent : une bombe à retardement. Il y avait assez d'explosif pour faire exploser tout le bâtiment et le détonateur indiquait deux minutes. Virgil referma la mallette puis l'empoigna et se rua dans les escaliers. Le détonateur était toujours bien présent dans son esprit et l'heure tournait. Lorsqu'il fut dehors, le détonateur n'indiquait plus que trois secondes. Il prit son élan et jeta la bombe le plus loin et le plus haut qu'il put. Zéro ! Une gigantesque explosion retentit dans le ciel de Central, éparpillant des morceaux sur le sol.

- Virgil ! Virgil ! hurla Mustang dans son micro.

- Pas la peine de hurler si fort, mon général. Je suis entier. J'ai eu juste le temps de lancer la bombe en l'air. Elle a explosé en ne faisant que très peu de dégâts.

- Tant mieux. Viens nous rejoindre. On va avoir besoin de toi.

- J'arrive.

Il rentra à l'intérieur du bâtiment en courant et monta encore une fois les escaliers. Il trouva Roy et Riza devant une porte blindée qui portait déjà la trace de nombreux impacts et brûlures.

- Je suppose que vous avez besoin de moi pour passer.

- Exact.

- Bon, poussez-vous.

Il s'avança vers la porte et tendit sa main droite, ouverte, paume vers le haut, devant lui. Avec sa main gauche, il réunit une important quantité d'énergie négative qui tourbillonnait dans sa main. Il s'éloigna de la porte et lança sa boule pourpre comme une boule de bowling sur la porte qui vola en éclat dès le premier coup. Virgil se tourna vers ses supérieurs. Riza, plus observatrice que Roy, remarqua qu'un de ses yeux n'étaient pas noir : son œil droit était rouge, la pupille noire, son iris n'était réduit qu'à trois virgules noires disposées en cercle et reliées par un cercle autour de la pupille. Elle ne releva pas la question. Ils entrèrent dans la pièce.

Il y avait cinq hommes en kimono, en posture de combat, prêts à sauter sur n'importe quel adversaire.

- Laissez-les moi, demanda simplement Virgil en serrant plus fort ses sangles.

- Tu es sûr de vouloir le faire ?

- Oui. Partez devant, je vais les retarder.

Les deux officiers partirent devant. Et au moment où les karatékas allaient se jeter sur les deux adultes, Virgil s'élança sur eux. C'était impressionnant comme il voyait bien avec son œil droit. Il arrivait même des fois à savoir à l'avance ce que ferait son adversaire.

Un coup de pied mieux placé que les autres fit crouler un de ses adversaires en deux. Il sauta sur une épaule de cet adversaire, puis se retourna et enchaîna avec un coup de pied dans la nuque. Celle-ci se brisa avec un craquement écoeurant, mais Virgil n'y prêta même pas attention.

Du côté de Roy et Riza :

Le général et sa subordonnée étaient devant une grande porte. Ils la poussèrent à deux, puis trouvèrent le dirigeant de la chaîne d'entreprise Texas bâillonné et ligoté sur sa chaise, un pistolet sur la tempe, le chef des preneurs d'otage s'apprêtant à tirer. Celui-ci ôta le cran de sûreté et voulut appuyer sur la détente. Malheureusement pour lui, Roy fut le plus rapide et d'un claquement de doigts réduit le preneur d'otages à un tas de cendres. Riza alla détacher le malheureux président.

Du côté de Virgil :

Il n'en restait plus qu'un. Armé d'un katana, il se lança sur Virgil. Celui-ci bougea juste d'un centimètre. Le karatéka se tenait le ventre et laissa retomber son arme, la douleur dans le ventre était tellement insupportable. Il regarda le jeune homme masqué qui était à un centimètre de lui, sa main devant le ventre de son adversaire, son bras entouré du halo pourpre. Virgil retira sa main et laissa tomber l'homme en kimono par terre. Il s'adossa à un mur, défit les sangles qui retenaient son masque et enleva ce dernier. Il en profita pour respirer profondément et laisser le vent lui caresser le visage. Malheureusement, le bonheur fut de courte durée puisqu'il dû remettre son masque en entendant des bruits de pas venant de l'escalier.

Voilà, le chapitre trois est terminé. Pour l'instant, c'est le plus long chapitre. Dans le quatrième chapitre, vous verrez enfin pourquoi l'Alchimiste des Ténèbres porte un masque, la vérité sur son œil droit et la confrontation Ed/Virgil. Si certains connaissent Naruto, ils remarqueront que j'ai emprunté deux éléments. Par contre, à vous de les trouver.

Extrait du prochain chapitre :

Edward et Virgil se tournaient autour tels des chiens se battant autour d'un os. Edward, lame dehors. Virgil, Sharingan activé. Au bout de quelques secondes, Edward se jeta sur le masqué. Celui-ci évita l'assaut rageur de la lame, puis attrapa le blond par l'épaule, le retourna vers lui et lui envoya son poing dans le visage.

- Je vais te dire pourquoi je porte un masque.

Virgil défit les sangles de son masque, puis l'enleva, faisant éclater la vérité au grand jour.