Roy et Riza descendirent des escaliers avec le président sur les talons. Virgil renfila son masque en vitesse.
- Alors, Darkness ? demanda Roy.
- Tout est bien allé, général.
- Bien. Sortons.
Ils descendirent, lentement cette fois ci, les escaliers. Arrivés dans le hall, ils virent que les otages avaient été libérés et lorsqu'ils virent leur employeur, ils se précipitèrent autour de lui comme des vautours autour d'une carcasse. Les trois militaires sortirent du grand immeuble, saluèrent les quelques policiers qu'ils connaissaient puis remontèrent dans leur voiture. Virgil remit sa chemise qu'il avait jetée en boule deux heures auparavant. Riza était de nouveau au volant. Arrivés au QG, ils regagnèrent directement le bureau de Mustang où plusieurs autres personnes étaient présentes. Celles-ci se levèrent et saluèrent le général.
- Messieurs, voici Virgil Warren, présenta Mustang. Il fera officiellement partie de notre brigade en tant qu'alchimiste d'état. Des questions ?
- Ouais, une ! beugla Edward du fond de son bureau.
- Ah, Fullmetal. Déjà rentré ?
- Je vous signale que mon congé se terminait hier.
- Pourquoi est-ce qu'on a besoin d'un clown dans notre équipe ?
La réaction ne se fit pas attendre : l'œil droit de Virgil redevint comme dans le bâtiment alors que l'alchimiste se craquait les doigts.
- Viens voir un peu ici, blondinette, que je t'arrange le portrait.
- Oh, maman, j'ai peur ! Un clown me menace.
- Je suis peut être un clown, mais je suis pas blonde et donc, j'ai pas autant de neurones qui se barrent de mon cerveau. Et j'ai encore moins la mauvaise idée de m'amouracher d'une fille que je vois une fois tous les six mois sauf si, bien sûr, je désobéis aux ordres de missions pour faire un crochet par Resembool.
Ici aussi, la réaction ne se fit pas attendre. Les joues en feu, Edward se leva et fit face à l'Alchimiste des Ténèbres. Il transmuta rapidement une lame sur son automail et se rua sur Virgil qui esquiva facilement le coup.
Les deux alchimistes se tournaient autour comme deux chiens autour d'un os. Edward, lame transmutée. Virgil, Sharingan activé. Ils se tournèrent autour comme ça encore quelques instants avant que le blond ne s'élance sur Virgil qui vit facilement le coup venir et qui l'esquiva une fois encore. Puis, alors qu'Edward se ruait encore une fois sur le masqué, celui-ci attrapa le bras droit du jeune homme et se plaça dos à dos avec Edward. Virgil bascula rapidement vers l'avant, soulevant Edward de terre et le renversant sur le sol. Il regarda son adversaire profondément, le Sharingan s'incrustant dans la moindre des pensées de l'Elric. A ce moment là, il lui sembla que les secrets les plus intimes du cerveau d'Edward n'avaient plus aucun secret pour le masqué.
- Voilà pourquoi je porte ce masque, dit-il
Il défit les sangles, ferma les yeux et glissa deux doigts à travers les trous des yeux et retira le masque, faisant éclater la vérité au grand jour. Les militaires ne purent réprimer un frisson d'horreur alors que Riza laissa échapper un cri : le visage – le vrai visage – de Virgil était affreusement mutilé. Par bien des endroits la peau était brûlée et ne laissait que des horribles marques noires. Les oreilles étaient dans le même état. Il n'y avait que les lèvres, les yeux et les cheveux qui avaient été épargnés. Edward regardait maintenant Virgil bizarrement, comme s'il regrettait tout ce qu'il avait dit sur Virgil juste avant. Celui-ci rattacha son masque et laissa le blond se relever.
- Maintenant que nous en sommes là, autant vous expliquer. Je vous signale que je n'ai jamais raconté ça à personne. Alors, rien ne sortira de ce bureau. Est-ce que c'est clair ?
- Oui, répondit l'assemblée.
- Asseyez-vous, ça risque de prendre longtemps. Comme vous devez le savoir, il y a quatre ans, un gigantesque incendie a éclaté dans le quartier sud de Central, causant la mort d'une famille toute entière et d'autres personnes.
- Oui, compléta Riza. On n'a jamais retrouvé le coupable et le dossier a été classé.
- Effectivement. Je ne sais pas si vous connaissez la famille qui s'est fait incendiée, alors autant vous le dire. C'était la famille Warren. Ma famille. J'ai été le seul à pouvoir m'échapper de l'incendie. J'ai eu la chance qu'aucune poutre ne me soit tombée dessus. Par contre, j'avais pris le souffle d'une explosion sur le visage. Celui-ci a été affreusement défiguré. Des personnes m'ont transporté à l'hôpital le plus proche. Pendant un an, j'étais dans le coma. Aucun médecin ne savait vraiment si j'allais me réveiller un jour. Tout ce qu'ils savaient, c'est que j'étais en vie. A mon réveil, un an plus tard, j'ai trouvé ce masque. Il était blanc, sans expression et vierge. Les médecins m'ont dit que lorsque l'on m'a transporté à l'hôpital, j'avais ce masque dans les mains. Après que les toubibs aient effectué leurs tests de routine, j'ai demandé un pot de peinture noire et une bouteille de faux sang bien rouge. Après quoi, j'ai peint ces motifs et j'ai passé les contours au rouge sang. Puis, lorsque je suis sorti, je suis allé voir le bibliothécaire de notre famille. Il habite en plein centre ville. Il avait aussi le testament de mes parents. La seule chose que j'étais en droit de réclamer, c'était un livre. Malheureusement, ce livre a été volé par mon frère avant l'incendie. Le bibliothécaire m'avait dit qu'il était en train d'en faire une copie sur ordre de mon père, mais qu'il n'avait pas terminé et que sans le livre il ne pouvait pas le terminer.
- Qu'est-ce que c'était comme livre ?
- Fuery, taisez-vous !
- Les secrets du Sharingan.
- C'est de alchimie ?
- Havoc !
- Non. C'est un attribut héréditaire que tous les membres de notre famille possèdent. Je suis le seul à l'avoir encore. Le Sharingan nous permet de voir les mouvements de chacun au ralenti. Avant, par exemple, les mouvements de Fullmetal étaient extrêmement rapides mais c'est le Sharingan qui m'a permis de les éviter. Il donne aussi la capacité à son détenteur de pouvoir s'immerger dans les esprits des gens. J'ai fait ça à Fullmetal lorsqu'il était au sol. Je parie qu'il a eu l'impression que je lisais en lui comme dans un livre ouvert. N'est-ce pas ?
- Oui, répondit Ed, toujours froissé par sa cuisante défaite.
- Après avoir réussi à maîtriser les trois niveaux du Sharingan, je me suis donné énormément de mal pendant trois ans pour inventer ma propre alchimie. Et au bout de trois ans, j'ai réussi.
- Quelle est cette alchimie ?
- L'Alchimie des Ténèbres. Ce qui justifie mon surnom. Je l'appelle comme ça, mais en fait, c'est juste une rupture de l'équilibre positif et négatif de toutes les choses qui existent.
- On peut avoir une démonstration ? supplia le garçon assis à la droite de Fullmetal.
- Si vous voulez.
Il tendit le bras devant lui qui fut entouré du traditionnel halo pourpre qui caractérisait l'alchimie de Virgil.
- Maintenant, je vous ai raconté mon histoire. A vous de vous présenter.
- Valto Falman.
- Heymans Breda.
- Jean Havoc.
- Kain Fuery.
- Edward Elric.
- Son petit frère, Alphonse Elric. Bienvenue dans la team Mustang.
- Merci.
- Eh bien ! s'exclama Mustang. Je pense que nous avons recruté quelqu'un. Le dernier membre de la famille Warren. Bienvenue dans l'équipe, Virgil. Au fait, tu peux garder ton masque. Je peux comprendre que tu ne veuilles pas que tout le monde voie ton visage.
- Eh, vous avez vu l'heure ! s'exclama Edward. Général, aujourd'hui c'est votre tour de payer le repas.
- Ma paye va encore y passer, marmonna Mustang. Bon, allez, c'est mon jour de bonté. Je vous invite tous au restaurant !
Tout le monde se leva et prit sa veste avant de sortir du bureau. Ils marchaient tranquillement dans la rue, racontant la journée. Au bureau pour certains, sur le terrain pour trois personnes. Virgil s'interrompit dans son récit et remarqua qu'Edward marchait derrière, mains dans les poches. Le jeune homme ralentit son allure pour se placer à côté du Fullmetal. Le silence s'installa, finalement rompu par l'homme au masque.
- Tu sais, Edward, je ne pensais pas vraiment ce que je t'ai dit, ni ce que j'ai dit au sujet de ta petite amie. Je répondais juste à tes provocations. Au fait, je suis désolé pour ce qui vous est arrivé en quatre ans à toi et ton frère.
- Comment tu sais tout ça ?
- Sharingan. En quelques millisecondes, j'ai eu connaissance de tout ce qui vous est arrivé. Tu connais mon histoire, je connais la tienne. Echange équivalent.
- Au fait, quand je te traitais de clown, je ne savais que tu portais un masque pour cacher ton visage. Est-ce que tu peux m'expliquer pourquoi tu as peint ces sortes de cicatrices au-dessus des sourcils ?
- Ce sont mes cicatrices. Les cicatrices du passé. Celles que je ne pourrais jamais oublier.
- Lorsque tu as dit que tu avais réussi à maîtriser les trois niveaux du Sharingan. Il y a trois niveaux ?
Edward assaillait Virgil de questions qui se forçait à répondre. Après tout, ça passait le temps et ça l'avait soulagé de parler de son histoire et de ne pas tout garder sur le cœur.
- Oui. Le niveau acquis se remarque par le nombre de virgules présentes sur le cercle. Une virgule, niveau de base. Deux virgules, niveau moyen. Trois virgules, niveau extrême.
- Et ton alchimie ?
- En tant qu'alchimiste, tu dois sûrement savoir que dans chaque chose, il y a un mélange d'énergie négative, et d'énergie positive.
- Oui.
- Ce mélange forme le yin et le yang, ou l'équilibre, enfin, appelle le comme tu veux.
- Ok.
- Mon alchimie résulte de la séparation forcée de ces deux énergies. Après, j'utilise l'une ou l'autre selon mon humeur.
Ils étaient désormais dans le restaurant en train de discuter alchimie.
- La seule difficulté hormis le contrôle de soi, c'est de provoquer soi même la fission de ces deux énergies. Elle doit se faire naturellement, et la provoquer peut avoir des conséquences désastreuses.
- Un peu comme la transmutation humaine.
- On peut dire ça comme ça. Tiens, maintenant que j'y pense, tu as de bons goûts en ce qui concerne les femmes.
Edward piqua un fard. Il savait très bien de qui le Warren voulait parler.
- Je la connais depuis qu'on est gamin et je ne sors pas avec elle, tenta de s'expliquer.
- C'est pour ça que tu as dormi avec elle dans son lit, insinua-t-il en appuyant fortement sur le « son ».
Edward rougit encore plus. Le souvenir de cette nuit ne l'avait pas quitté du trajet et la douce caresse des lèvres de Winry sur les siennes avait laissé une profonde marque dans le cœur du jeune homme. Roy tendait l'oreille et avait tout entendu de la conversation du Warren et de l'Elric à propos de son congé à Resembool. Les lèvres de l'Alchimiste de Flamme s'étirèrent en un sourire. Il avait enfin un nouveau terrain pour taquiner Ed.
- Tu vois le jeune homme là-bas ?
- Ton frère, oui et alors ?
- Je ne voulais pas qu'il s'engage dans l'armée.
- Et il t'a désobéi. Je suis au courant.
- J'oubliais.
- Mais pourquoi tu n'as pas voulu qu'il s'engage ? Ca, je n'ai pas eu le temps de le voir.
- Je savais ce que c'était être dans l'armée. Il voulait suivre l'exemple. C'est tout. En parlant de lui, est-ce que tu pourrais…
- Quoi donc ?
- Lui apprendre le même type d'alchimie que toi ?
Virgil resta bouche bée. Jamais on ne lui avait demandé, et jamais il n'y avait pensé. Pour que son frère l'ait comme professeur, Edward allait devoir parlementer et il faudrait encore que le dit frère soit d'accord.
- Donne-moi des bonnes raisons de le faire.
- Il s'est engagé comme alchimiste d'état sur un coup de tête. Et si ce n'est les transmutations, il n'a pas beaucoup d'expérience. Et j'ai peur qu'un jour, au cours d'une mission, il ne se fasse tuer.
- Raisons valables. Maintenant est-il d'accord et surtout…est-ce que moi je suis d'accord. Tu demanderas à ton frère si oui ; et moi, je réfléchirais à la question.
- C'est entendu. Pour l'instant, tu sais ce qu'on va faire ?
- Non, mais je sens que ça ne va pas tarder.
- On va prendre les plats qu'on aime les plus chers et faire payer un max au général.
- Tu es diabolique.
- Je me venge de lui. Il critique ma taille, je le taxe.
- Pas bête.
L'équipe de Mustang s'installa à une grande table, puis commanda son repas.
Chapitre 4 terminé. Une ch'tite review ? Allez, ne soyons pas rat, voici l'extrait traditionnel du prochain chapitre :
Virgil ouvrit le dossier intitulé Josh Render. Il feuilleta les quelques pages : meurtres avec préméditation, vols à main armée, commanditaire de plusieurs meurtres. La dernière page était une photo. Les yeux noirs de Virgil s'écarquillèrent et il laissa tomber le dossier sur son bureau. Lorsqu'il eut repris ses esprits, il attrapa le dossier et sortit en hâte du bureau qu'il partageait avec Edward et Alphonse. Les militaires présents dans la grande pièce où Mustang remplissait un dossier à son bureau relevèrent la tête, Mustang y compris, puis regardèrent le jeune homme. Celui-ci tendit le dossier au général qui regarda la photo.
- Qui est-ce ? demanda-t-il.
- Mon frère, répondit le détenteur du Sharingan.
