Le soir venu, quelqu'un toqua à la porte de l'appartement de Al.
- Entrez, dit celui-ci. Nii-san ! s'exclama joyeusement le garçon en étreignant son frère.
- Salut, Al. Tu peux…
- Tu veux un café ? le coupa-t-il.
- Volontiers.
Al, suivi de son grand frère, entra dans la cuisine. Il prit deux tasses dans un placard qu'il posa sous le verseur de la machine à café avant de faire couleur deux cafés.
- Qu'est-ce que tu voulais, Ed ?
- Te parler. Aujourd'hui, au restaurant, j'ai demandé à Virgil s'il était d'accord de t'instruire.
- Pourquoi ?
- Al, tu sais que je tiens à toi et que je ne supporterai pas de te perdre. Alors je me suis dit que peut être Virgil pourrait t'aider à progresser en alchimie.
- Après coup, ce n'est pas une mauvaise idée. Son alchimie est intéressante. J'aimerais bien savoir comment il fait.
- Tu le sauras si tu acceptes qu'il soit ton professeur.
Chez Virgil :
Il était couché sur son lit, le masque trônant sur sa table de chevet. La question d'Edward traînait inlassablement dans sa tête.
- Lui apprendre le même type d'alchimie que moi…murmura Virgil avant de s'endormir.
Chez Al :
Après pas mal de négociations, Edward réussit à ce que Alphonse consente à se faire instruire par Virgil. L'image du jeune homme à la peau brûlée ne quittait pas l'esprit d'Al. Son histoire non plus, d'ailleurs.
- Al ?
- Oui, nii-san ?
- Tu ne me prêterais pas la charité, ce soir ?
Le plus jeune des Elric fit la moue pour finalement acquiescer.
- Tu n'as qu'à prendre la chambre d'amis.
- Merci, Al.
Le lendemain matin, au bureau :
Virgil arriva de bonne heure, avant tout le monde. Le lieutenant-colonel entra le second et s'étonna de voir la présence de l'alchimiste.
- D'habitude, c'est moi qui arrive en premier. Bon, je pense qu'on a une bonne heure avant que Fuery n'arrive, alors je vais te montrer comment remplir un dossier.
Elle attrapa un des dossiers en retard de la réserve personnelle du général, le posa sur une table et montra à Virgil qui écouta avec une grande attention et sans interrompre comment remplir ce fichier de paperasse.
- Ensuite, termina-t-elle, tu l'apportes sur le bureau du général et c'est lui qui doit signer.
- Il ne doit faire que ça ?
- Et en remplir quelques uns.
- Et il arrive à prendre autant de retard, dit-il en contemplant la montagne de dossiers qui constituaient la réserve personnelle de dossiers en retard du général.
- Je vais t'expliquer comment il fait. Il arrive à onze heures et il dort les trois quarts de son service et…
Le lieutenant-colonel fut interrompu par le bruit de la porte qui s'ouvrait. Elle ne se retourna pas et lança un « Bonjour, Fuery ».
- Je ne savais pas que j'avais changé de nom, rétorqua une voix grave au timbre sensuel.
Riza se retourna en s'excusant auprès de son supérieur qui lui répondit simplement :
- Il est vrai que ça devient surprenant de me voir arriver avant la plupart de l'effectif.
- Je vous laisse, rétorqua Virgil qui avait très bien compris pourquoi le général venait si tôt.
- Vous allez où, Warren ? questionna Riza.
- A la bibliothèque, mentit-il.
Il sortit du bureau et s'adossa à la porte avant de partir à la bibliothèque en ne pouvant réprimer un sourire qui passa invisible derrière son masque. Celui-ci lui permettait d'ailleurs de pouvoir mentir parfaitement et ses yeux ne le trahissaient jamais.
Dans le bureau :
Roy se tenait toujours sur le pas de la porte, son attaché-case à la main, son manteau dans l'autre. Il accrocha le manteau, posa son attaché-case sur son bureau, enleva son haut pour se retrouver juste en chemise dont il déboutonna les deux premiers boutons du haut puis attrapa un dossier qu'il posa sur son bureau. Il s'assit dans son fauteuil et prit son stylo puis commença à remplir le dossier.
Il leva les yeux, puis vit que Riza n'avait pas bougé. Il referma son stylo, se leva et passa la main devant les yeux du lieutenant-colonel. Elle ne fit rien. Elle fixait le vide, sans rien faire, sans rien dire. Cette manière là ne fonctionnait pas. Roy décida d'en utiliser une toute autre. Il posa ses mains sur les deux bras de la jeune femme puis approcha doucement son visage de celui de Riza.
Lorsque ses lèvres rencontrèrent celles de Riza, ce fut comme un brusque retour à la réalité. Ses yeux se ranimèrent et elle tenta vainement de repousser son supérieur, mais une petite voix dans sa tête lui indiqua que l'occasion ne se représenterait peut être pas. Elle s'abandonna à l'étreinte de Roy qui – elle fut obligée de le reconnaître – embrassait divinement bien. Sa langue titillait le rebord des lèvres de la jeune femme. Celle-ci entrouvrit les lèvres.
Du côté de Virgil :
Il était au terrain d'entraînement. Les tatamis verts aux bords rouges étaient disposés de sorte à former une sorte de gros matelas. Il y avait des mannequins à l'arrière. Virgil attrapa un katana qu'il dégaina. Lame vers le bas, il s'approcha doucement des mannequins en paille et les taillada tous en pièces en quelques coups seulement, le Sharingan l'aidant à frapper plus précisément. Lorsque les cibles ne furent plus que paille et corde déchiquetée, Virgil rangea le katana et se tourna vers l'arrière de la pièce. Alphonse était là, vêtu d'un débardeur noir et d'un pantalon noir. Il l'observait à travers les fentes de son masque et inversement, Virgil le regardait, chaque œil donnant une vision différente du jeune garçon de seize ans.
- Qu'est-ce que tu veux, Alphonse ?
- J'ai bien réfléchi à ce que m'avait dit Ed, hier soir lorsqu'il est venu me voir.
- Ah, la proposition de t'instruire ? Alors, qu'en penses-tu ?
- Je peux comprendre mon frère. Il s'inquiète pour moi. Et si vous êtes d'accord, je suis partant.
- Alors on commence. Déchausse-toi et vient en face de moi.
- Dois-je en conclure que vous acceptez ?
- Oui. Allez, viens.
Ni une, ni deux, Alphonse se déchaussa et se plaça en face de l'alchimiste au Sharingan.
- Tout d'abord, tu dois savoir que dans chaque chose, il y a un mélange d'énergie positive et d'énergie négative. Rien n'est bon, rien n'est mauvais. Ce ne peut être que l'usage que tu en fais qui est bon ou mauvais. Est-ce que c'est clair ?
- Oui.
- La plupart du temps, on provoque la fission de ces deux énergies dans l'air. Mais on peut aussi le faire sur d'autres matières.
- Et l'échange équivalent ?
- Il est fait. Je prends l'énergie pour ensuite l'utiliser en me servant de mon bras ou d'autres parties de mon corps comme conteneur pour ensuite le rejeter sous différentes formes. A partir de ça, tu peux l'utiliser dans diverses techniques. Certaines ne peuvent être utilisées que par des Warren en raison de l'utilisation du Sharingan. Comme celle-ci.
Les trois virgules noires apparurent. Virgil tendit sa main gauche devant lui, la paume ouverte et tournée vers le haut. Il plaça sa main gauche au dessus de la droite et une boule d'énergie négative apparut dans la paume droite du jeune homme.
Dans Central :
Une femme prenait sa douche. L'eau s'écoulait sur sa peau et elle n'entendit pas la porte de la salle de bains se fermer silencieusement. L'homme qui venait de s'introduire sortit un couteau, puis s'approcha silencieusement de la cabine de douche. Il retira violemment le rideau de douche et larda la femme de coups de couteau. Le vue du sang l'excitait et il en était déjà à son cinquième meurtre. Le sang se mêla à l'eau qui coulait toujours, répandant de l'eau rouge dans les canalisations. Les cris de sa victime retentissaient à son oreille et cela l'excitait de plus en plus.
Au terrain d'entraînement :
- Tu n'y arrives pas ? Pourtant un gamin de cinq ans pourrait y arriver.
Virgil avait essayé par tous les moyens de faire maîtriser à Al la fission des énergies, mais aucun n'avait marché. Cependant, un seul persistait : la provocation.
- Tsss, même ma grand-mère fait mieux, continua Virgil en provoquant de plus en plus Al qui restait stoïque.
Virgil n'avait plus qu'une solution : insulter la mère de l'Elric.
- Alphonse, ta mère devait être une moins que rien pour mettre au monde un nullard comme toi.
Alphonse releva la tête, les joues en feu et les yeux brûlants de haine. Comment ce jeune homme osait insulter sa mère. Il allait voir ce dont il était capable. Il se concentra puis observa les restes de mannequins derrière lui. Comme lui avait appris Virgil quelques minutes auparavant, il les défragmenta et les envoya par derrière sur Virgil. Celui-ci, grâce au Sharingan, les sentit venir et se baissa juste à temps. Alphonse sauta sur le côté pour éviter son attaque qui alla profondément amocher un mur. Virgil se releva et s'approcha d'Al, lui aussi relevé, puis le complimenta.
- Et si on allait bosser, maintenant ? termina Virgil.
Deux heures plus tard, au bureau de la team Mustang :
Virgil ouvrit le dossier intitulé Josh Render. Il feuilleta les quelques pages : meurtres avec préméditation, vols à main armée, commanditaire de plusieurs meurtres. La dernière page était une photo. Les yeux noirs de Virgil s'écarquillèrent et il laissa tomber le dossier sur son bureau. Lorsqu'il eut repris ses esprits, il attrapa le dossier et sortit en hâte du bureau qu'il partageait avec Edward et Alphonse. Les militaires présents dans la grande pièce où Mustang remplissait un dossier à son bureau relevèrent la tête, Mustang y compris, puis regardèrent le jeune homme. Celui-ci tendit le dossier au général qui regarda la photo.
- Qui est-ce ? demanda-t-il.
- Mon frère, répondit le détenteur du Sharingan.
Suite à ça, Mustang se leva, les yeux écarquillés.
- Je croyais que toute ta famille avait été tuée.
- Moi aussi. Enfin, jusqu'à ce que je vois la photo.
- C'est peut être un autre qui ressemble trop à ton frère.
- Non. C'est Josh Warren.
Puis, la vérité apparut aux yeux de Virgil.
- OH L'ENFOIRE ! hurla Virgil.
- Quoi ?
- C'est lui qui a provoqué le feu. Regardez. Il devrait ou être mort, ou avoir le visage brûlé. Et bizarrement, il était le seul à ne pas être présent le jour du fameux incendie.
- Coïncidence.
- Je ne crois pas aux coïncidences, général.
Le téléphone vint interrompre leur discussion.
- Général de brigade Roy Mustang, j'écoute.
- Général, on vient de retrouver le corps d'une femme morte. Assassinée dans sa douche, visiblement. On a retrouvé l'arme du crime. Le tueur l'a sûrement oublié dans sa fuite précipitée.
- Comment ça précipitée ?
- Il s'est enfui par la fenêtre.
- Ne bougez pas, nous arrivons.
Roy raccrocha.
- Darkness, Fullmetal, Al, Riza, on y va.
Les quatre concernés hochèrent la tête, puis sortirent à la suite du général. Riza prit le volant. Dix minutes plus tard, ils entrèrent dans la maison. L'intérieur était propre et joyeux. Malheureusement, la salle de bains ne l'était pas. Le corps nu de la femme avait été recouvert d'une bâche. Virgil s'en approcha et souleva la bâche. Il détourna la tête en laissant retomber la protection.
- Alors ?
- 28 coups de couteau portés seulement aux points vitaux et tous.
- Monsieur. Nous avons l'arme du crime.
- Faites moi voir ça, ordonna Roy. Un couteau banal. Virgil.
Virgil prit le couteau en main quelques instants, l'examina minutieusement. Lorsque son regard se posa sur une inscription écrite à la base de la lame, il écarquilla les yeux. Il était écrit : Au seul homme que j'ai jamais aimé, mon frère Josh – Virgil.
- Alors ?
- C'est le couteau de mon frère.
- Fais voir.
- Regardez l'inscription. C'est moi qui lui avais offert ça pour Noël il y a quatre ans. J'avais dépensé une petite fortune pour lui payer ce couteau.
- En tout cas, une chose est sûre. Nous avons affaire à un tueur en série. Cela fait déjà le cinquième meurtre qu'il exécute. Nous devons le coincer.
- J'ai un plan, annonça Virgil.
- Quoi ?
- Un appât. Et cet appât, ce sera moi. Il déteste sa famille et il fera tout pour se débarrasser du dernier membre hormis lui. Je vous propose de faire une grande annonce aux informations, comme quoi un nouvel alchimiste d'état s'est engagé. Mentionnez bien mon nom et mon prénom. Ca doit être diffusé sur les gros écrans de Central. Si il le sait, il me trouvera. Et c'est moi qui lui règlerai son compte.
- Mais…
- Sauf le respect que je vous dois, général, je ne peux me permettre de le laisser en vie. Si vous l'emprisonnez, il s'évadera grâce au Sharingan. Moi seul peux l'en empêcher. Seul un Warren peut tuer un Warren.
- Je m'incline, capitula Roy, mais je n'aime pas ça du tout. Je n'ai pas envie de perdre un alchimiste à peine un jour après son recrutement.
- Je vous comprends. Aussi, je ferai mon possible pour rester en vie.
- Tu as intérêt.
- Oui, général.
Cinquième chapitre terminé. Au programme dans le chapitre suivant :… Non mais vous croyiez vraiment que j'allais vous le dire ? En attendant, voici un extrait du prochain chapitre :
Le Sharingan de son frère n'était pas tout à fait comme les autres : les trois virgules étaient réunies en une sorte d'hélice à trois branches, ne laissant qu'un trou au centre de cette hélice. Alors à ce moment, Virgil se rendit compte de ce qu'avait son frère. Il l'avait lu dans un ancien livre.
- Alors, tu l'as finalement développé.
- Oui, stupide petit frère. Je suis le seul à le posséder. Et tu veux que je te dise comment il faut faire ? Il faut tuer un membre de sa famille. Et je compte bien t'ajouter à mon tableau de chasse.
Les deux frères se mirent en position de combat. Le combat promettait d'être ardu. Il n'avait que le Sharingan. Son frère, lui, possédait le Mangekyô Sharingan.
