Virgil marchait dans les rues, son regard se promenant sur les architectures des maisons. Soudainement, il entendit un gémissement. La pénombre régnait, mais cela n'empêcha pas le jeune homme de retrouver la source de ses gémissements craintifs. Un groupe de dix hommes acculait une jeune femme contre un mur.
- Allez, viens.
- On ne te fera pas de mal.
Une pupille rouge s'illumina dans les noirceurs de la nuit. Un homme tomba à terre.
- C'était quoi ?
- J'en sais rien.
Un deuxième homme tomba à terre.
- Mais qu'est-ce que c'est, bordel ?
- Moi.
Le masqué sortit de l'ombre, son Sharingan brillant d'une flamme intérieure. Trois des huit hommes restants fondirent sur Virgil. Trois coups portés aux endroits vitaux, et les trois hommes s'effondrèrent, morts, sur les pavés. Quelques coups d'œil aux alentours firent comprendre à Virgil que la jeune femme avait été enlevée.
Un gémissement de douleur le tira de sa léthargie. Il tourna la tête vers l'origine du bruit et constata qu'un homme n'était pas mort. Il l'attrapa par le col et le souleva au-dessus de terre et le fixa intensément.
- Dis-moi où vous l'avez emmenée.
- Jamais.
- Alors tu vas souffrir.
L'iris du Sharingan tourna lentement sur elle-même, plongeant l'homme dans son plus mauvais souvenir pendant 72 h qui ne passèrent qu'une seconde pour Virgil.
- Alors ?
- D…dans l'entrepôt…au sud du village.
- Voilà. Tu vois quand tu veux. Maintenant, pars et que je ne te revois plus nulle part.
L'homme, sans demander son reste, se releva et courut aussi vite qu'il pu pour échapper à ce jeune homme masqué. D'un pas sûr, Virgil s'avança vers le sud de la ville, traversant les plus sombres ruelles du petit village sans ciller.
L'entrepôt était un grand bâtiment en forme de U inversé, tout en tôle et en fer, de vulgaires carreaux, certains brisés, d'autre pas. Une grande porte en béton armé d'environ dix centimètres d'épaisseur sur lequel était peint en gros chiffres blancs le chiffre 04.
Virgil fit une rapide reconnaissance des lieux. Bien. Cet entrepôt était tellement mal entretenu que ses occupants n'avaient même pas remarqué le trou à l'arrière du bâtiment. C'était un jeun d'enfant pour quelqu'un comme Virgil de s'y introduire. L'ouverture était n'était pas haute, certes, mais large. « Tant mieux, pensa Virgil. Je ne suis pas trop épais. »
Il entra dans l'entrepôt. L'intérieur n'était pas mieux que l'extérieur. C'était même pire : des cannettes et des mouchoirs ainsi que différents restes de repas et bouteilles d'alcool traînaient sur le sol de pierre. Du matériel sûrement entreposé là il y a très longtemps vu l'impressionnante couche de poussière qui traînaient sur les treuils. Virgil se cacha derrière un de ses engins et se pencha sur le côté. Il y avait au moins quarante cinq hommes, chacun ayant un nuage rouge au contour blanc brodé sur son haut noir. A la place d'armes à feu, chaque homme portait un katana au côté. Il lui en fallait absolument un. La seule arme qu'il avait étant un couteau à lancer.
La prisonnière était solidement ligotée à une chaise, les yeux bandés et la bouche close par un bâillon. Le seul son qu'elle pouvait émettre n'étant que gémissement. Puis arrivèrent deux hommes : l'un portait le symbole de l'organisation, l'autre portant une longue cape noire qu'ornaient fièrement le nuage rouge à plusieurs occasions son vêtement. Cet homme là était dans un fauteuil roulant poussé par le premier homme et le capuchon de sa cape masquait son visage. On ne pouvait qu'entrapercevoir sa bouche. La main de Virgil esquissait déjà le mouvement vers son étui à couteau, puis se ravisa lorsque Virgil surprit cette conversation :
- Akira, Akira. Tu sais que c'est très fâcheux de t'être enfuie. Mais maintenant que nous avons remédié à ça, tu vas sagement m'écouter. Tu sais que j'ai besoin de ton alchimie pour me reconstituer une jambe. En échange de ma jambe, je te laisse la vie sauve. L'échange équivalent, si j'en crois les livres que tu avais dans ton sac. Alors, que penses-tu de ma proposition.
Un homme lui enleva son bâillon.
- Pour que vous perpétriez pillage et ravage ? Jamais ! Vous pouvez allez vous faire…
- Suffit, petite insolente ! tonna l'homme au capuchon en attrapant, avec une vivacité impressionnante, la gorge de la jeune femme.
De la bouche d'Akira Ross ne s'échappaient que des bruits de suffocation alors qu'elle tentait désespérément de reprendre son souffle. C'en était trop pour le masqué. Si il fallait passer à l'action, c'était maintenant. La main de Virgil partit chercher son couteau qu'il lança sur un homme qui passait près de lui. Trop près à son goût. Le couteau brisa la nuque dans un bruit d'os écœurant. Virgil traîna la dépouille de l'homme derrière le treuil et s'empara de son katana. Virgil se releva, sachant que même s'il était le plus discret possible, un affrontement aurait quand même lieu, puis courut se cacher derrière un autre treuil. Le garde qui patrouillait à cet endroit ne l'entendit même pas et lorsqu'il le remarqua, un fourreau était posé contre sa gorge, en train de l'étouffer. Lorsqu'il fut à court d'oxygène, il s'écroula par terre, le corps flasque et mou.
Il repassa la tête hors de son abri et constata avec horreur que la jeune femme arborait déjà un teint violet. Décidant de faire diversion, il sortit le sabre et se précipita sur un garde. Celui-ci ne l'ayant pas entendu venir sentit un drôle de picotement dans son ventre. Lorsqu'il voulut se gratter celui-ci, il sentit quelque chose en émaner. Il baissa le regard et c'est à cet instant qu'il mourut. Virgil retira la lame. Décidément, il était vraiment trop discret. Il avisa une bouteille de verre par terre, la ramassa et pensa qu'elle devrait faire énormément de bruit si elle se brisait contre une des parois en tôle du bâtiment. Il mit son plan à l'œuvre. Comme prévu, les hommes se retournèrent et l'homme encapuchonné relâcha un peu sa prise. Akira en profita pour reprendre une grande bouffée d'air. « Bon, déjà ça de fait. Oh, putein ! » Une lame venait de s'abattre à quelques centimètres de lui.
A terre, il donna un grand coup horizontal qui trancha net les jambes de l'homme avant que celui-ci ne soit encore tranché en deux. Virgil se releva et abattit son poing dans le visage de son adversaire. Un troisième adversaire se présenta. Virgil contra ses quelques assauts avec une facilité désarmante avant de lui passer son katana au travers du corps.
Les adversaires, tels des mouches à merde, se précipitèrent sur Virgil au moment où celui-ci défaisait son sixième adversaire. Voyant une partie des 38 autres hommes restants, il préféra la fuite temporaire. Juste le temps de concentrer de l'énergie négative sur son sabre. Le sabre, tel un prolongement de son bras, fut entouré d'un halo pourpre. Alors Virgil se retourna, lame vers le bas. Et dire qu'il n'avait pas toujours pas activé son Sharingan. Un adversaire tomba juste après avoir croisé la lame du jeune homme. Suivi d'un autre et d'un autre. Virgil courut sur le mur et effectua son saut de l'ange. Son bras gauche entier se para du halo pourpre et s'abattit sur le sol en projetant des morceaux horriblement pointus de son halo à 360° autour de Virgil. Les premiers de la vague d'assaut furent repoussés de cette manière. Cependant, cela n'arrêta pas ceux qui étaient derrière.
Il contrait assez bien les assauts lorsqu'une deuxième vague le submergea par derrière. Une douleur lui déchira le dos. Puis une autre au ventre. Et enfin une à l'épaule.
- Mangekyô Sharingan, murmura-t-il.
Son œil droit se fit rouge et il exécuta
un grand salto arrière qui eut pour effet de le sortir du
cercle dans lequel il était pris en tenaille il y avait
quelques secondes. Lorsqu'il se posa, il entendit un sifflement
dans l'air. Il eut juste le temps de poser sa lame à plat
au-dessus de sa tête et son index et son majeur sur le point de
jonction des deux lames. Il haussa un court instant les sourcils puis
envoya la lame de son adversaire, maintenant désarmé,
en l'air puis il la rattrapa et frappa un grand coup à
l'horizontal avec les deux lames.
D'autres hommes vinrent par
derrière, l'encerclant de nouveau. Il ne se ferait pas avoir
cette fois. Il courba son buste perpendiculairement au reste de son
corps et, avec ses deux lames, fendit l'air d'un cercle parfait,
tranchant en deux quelques-uns uns de ses adversaires.
Il en élimina trois en courant sur un mur, suivi d'un saut de l'ange et, lorsqu'il retomba sur le sol, il fit un grand mouvement de bas vers le haut, tranchant son adversaire en trois morceaux, puis donna deux coups vers l'extérieur et fit tomber deux têtes qui roulèrent sur le béton. Il dénombra les derniers adversaires : dix. La partie n'était pas gagnée, mais la chance tournait en sa faveur désormais.
Le premier eut la tête coupée. Le deuxième servit de bouclier humain contre le troisième qui se fit enfoncer la lame dans le ventre. Deux autres prirent une volée d'énergie négative en pleine tête. Virgil se recula et prépara une boule d'énergie négative qu'il lança à la manière d'une boule de bowling sur la ligne des cinq adversaires. Trois restèrent sur le carreau suite à cette attaque. Virgil, grâce à la précision de son Sharingan, lança ses deux lames qui formèrent deux cercles avant de revenir dans les mains de leur propriétaire, comme deux boomerangs.
Des applaudissements retentirent. Ceux-ci étaient lents, forts et cadencés.
- Impressionnant. Très impressionnant.
L'homme encapuchonné se leva, délaissant ainsi la gorge de la pauvre Akira qui inspira à grandes bouffées, et dévoila sa jambe de bois. Virgil, derrière son masque, eut un sourire moqueur. L'homme attrapa son katana et courut sur Virgil. Celui-ci esquiva l'assaut en bougeant d'un centimètre à peine. L'homme sentit une chose bizarre dans son ventre. Comme une boule. Il s'écroula à terre, visiblement mort.
Virgil reprit un katana et vint trancher les liens de la jeune femme et lui enlever son bâillon. Elle lui tomba dans les bras, visiblement épuisée. Il la porta dehors.
Alors que la pluie ruisselait sur eux, Virgil prit un peu le temps de la détailler : elle avait les cheveux encore plus noirs que les siens, une taille svelte, de fines jambes. Et là, la dure réalité le frappa : lors de l'incendie, sa cousine non plus n'était pas présente. Elle était dans un pensionnant au Nord-Est d'Amestris. Les yeux de Virgil s'écarquillèrent. Entre ses bras, se tenait Akira Warren.
Elle ouvrit les yeux – de grands yeux bleu acier – et sursauta en voyant le masque. Virgil la reposa à terre puis commença à marcher.
- Où allez-vous ?
- Je rentre à l'hôtel.
- Attendez !
- Quoi ?
- Si jamais vous avez besoin de quoi que ce soit, demandez à voir Akira Ross.
- Et arrêtez d'utiliser ce faux nom !
- Hein ?
- Vous ne vous appelez pas Ross. Votre vrai nom est Akira Warren. Né le 31 Décembre 1901 à Central. Vous mesurez 1m62 et votre Sharingan ne s'est pas encore manifesté.
- Comment vous savez tout ça ?
- Si tu veux le savoir, demande Virgil Warren à l'hôtel.
- V…Virgil ? souffla-t-elle.
- Eh, oui. Virgil.
Elle s'approcha doucement de lui et l'étreignit affectueusement. Pure traîtrise. Sans qu'il le remarque, elle avait défait les liens des sangles et retirait désormais le masque. Elle ne put retenir un cri d'horreur en voyant le visage brûlé de son cousin.
- Qu'est-ce qui t'est arrivé ?
- La famille Warren a été exterminé par un des leurs : Josh.
- Josh ?
- Oui. Depuis, il commettait meurtre sur meurtre et j'ai dû le tuer.
- Je vais te soigner ça, déclara-t-elle. Viens.
La main de la jeune femme se parait déjà d'un halo bleu azur alors qu'elle l'approchait du visage défiguré de son cousin. Virgil lui attrapa le poignet avant qu'elle ne touche son visage.
- Non, répondit-il.
- Mais pourquoi ?
- Parce que mon vrai visage, celui que certains criminels ont appris à craindre, n'est pas ce qui se trouve derrière le masque ou ce qui pourrait se trouver à la place. Mais, ce qu'ils ont appris à craindre, c'est ce masque. Rentre chez toi. Je viendrai te voir demain.
- Tu me le promets, cousin ?
- Promis.
Elle lui tendit son masque qu'il remit à sa place, puis il s'en alla, la laissant seule sous la pluie. Elle décida de suivre le conseil de son cousin. Elle habitait dans un foyer. Lorsqu'elle entra, elle ne vit que des traces de sang. Elle alluma la lumière : des cadavres étaient répandus un peu partout. Elle resta sur place, sans pouvoir bouger, alors que son œil droit devenait rouge pour la première fois. Un cercle noir se dessina autour de la pupille et une virgule noire apparut.
Voilà. Chapitre bien bourrin, autant que Virgil. En tout cas, il les a bien massacrés. N'oubliez pas de laisser quelques reviews. Ca fait toujours plaisir et ça donne envie de continuer.
Extrait du chapitre prochain, Retour à Resembool…à trois :
- Où est Winry, mamie Pinako ? demanda Al.
Le visage de la grand-mère changea
automatiquement. Ce que Virgil ne manqua pas de remarquer.
-
Elle…elle s'est mariée, avoua la grand-mère.
- Quoi ! explosa Edward.
- On n'a pas eu le choix, Ed. Après ton départ, ils sont venus à cinq et m'ont dit que le fils du mafieux du village voulait Winry pour épouse.
- Tu aurais pu refuser.
- Ils étaient armés, Edward.
- Calmez-vous ! ordonna Virgil. Il n'y a pas de quoi se faire un sang d'encre. Je vais aller la récupérer.
- Et vous êtes qui ?
- Virgil Warren, alias Darkness Alchemist. Un ami d'Edward qui compte bien ne pas laisser ça impuni. On ne peut obliger quelqu'un à aimer de force. J'irai cette nuit.
Comme quoi, notre ami Virgil arrive toujours à se mettre dans de belles merdes.
