- Comprends-moi, Akira ! Nous avons ordre de te ramener. De ton plein gré, ou de force, s'il le faut. Et crois moi que ce n'est pas ce que je rêve d'employer. Alors suis-nous !
- Ne me donne pas d'ordre, Virgil. Tu es peut-être mon aîné, tu n'en restes pas moins mon cousin. Et tu peux aller te faire foutre pour ce qui est d'aller à Central.
- Akira ! explosa Virgil. Fais attention à ce que tu dis ou je serais contraint d'utiliser une méthode que je n'aime pas utiliser.
- Ah, oui ? Et c'est quoi cette technique à deux balles.
- Mangekyô Sharingan.
Sa pupille droite devint rouge et l'iris tourna sur elle-même. Il s'approcha de sa cousine qui commençait à flipper sérieusement. Elle connaissait le Mangekyô et savait ce qu'il faisait. Lorsque son cousin la souleva et terre et plongea son regard dans le sien, il était trop tard. Elle allait revoir la scène de la mort de sa famille adoptive pendant 72 h.
Une seconde plus tard, Virgil la lâcha sur le sol.
- Fais comme tu veux, Akira. Mais tu viendras avec nous. De gré ou de force.
La pauvre était haletante, les yeux embués de larmes. Elle venait de se faire brutaliser mentalement. Par son propre cousin. Son propre sang.
- Je te déteste, cracha-t-elle avant de sortir de la pièce.
- Comme tu veux, chère cousine.
Alors qu'elle courait, elle heurta quelque chose de dur : un torse humain. Sans vraiment réfléchir, elle l'enlaça et y pleura à gros bouillons. Al rougit furieusement. Il arrivait même à faire concurrence à la plus rouge des briques.
- Ah, Al ! s'exclama Virgil en sortant de la chambre. Je vois que tu as fait connaissance avec ma cousine, Akira. Akira, je te présente Alphonse Elric. Alchimiste sous ma tutelle. Pour le moment. Al, je te présente Akira. Ma cousine qui me déteste.
- Eh les gars, hurla Edward en remontant. J'ai passé un coup de fil au canasson et il nous accorde une semaine de vacances grâce à ton sauvetage d'hier soir, Virgil. Il veut juste qu'on ramène la demoiselle qui pleure dans les bras de mon frère à Central. …Al ?
Celui-ci rougit encore plus fortement alors que les sanglots de la jeune femme s'intensifièrent.
- Ma cousine, Akira Warren, expliqua Virgil. Alias, aussi, Akira Ross.
- Parfait. On part quand.
- Dans une heure. Akira, c'est pareil pour toi. Préparez vos affaires.
Une heure plus tard, le train se mit en marche. Akira et les trois autres étaient dans le même wagon. Le silence était pesant. Un peu trop, même.
- Al, c'est toi qui raccompagnera le demoiselle chez Mustang. Nous, on t'attendra sur le quai pour prendre le train pour Resembool.
- Nous ? s'étonna Virgil.
- Tu vas venir avec, Virgil. Et je n'accepterai aucune protestation.
- Foutues vacances, marmonna Virgil.
- Vous allez bien ? demanda Al à voix basse à Akira alors que les deux autres se lançaient dans une joute verbale que l'auteur censurera.
- J'ai connu mieux. Il vous l'a fait à vous aussi ?
- Quoi ?
- Sa technique. Je veux dire celle qui vous fait revoir en boucle pendant 72 h le pire moment de votre vie.
- Non. Il l'a fait à mon frère.
- Il n'a pas de chance, votre frère.
- On a toujours des jours avec, des jours sans, philosopha Al en haussant les épaules.
- Je ne veux pas aller à Central.
- Je peux comprendre. Quand on doit forcer quelqu'un à faire ce qu'il ne veut pas, ça se finit toujours mal.
Elle acquiesça. En plus d'être gentil avec elle, il lui plaisait bien.
- Je veux bien vous prêter mon appartement pendant la semaine, mais à une condition.
- Laquelle ?
- Que tout soit comme c'était en rentrant.
- Oui…Alphonse.
Il lui sourit. Elle lui rendit son sourire. La joute verbale entre les deux alchimistes s'était arrêtée. Visiblement, Virgil avait gagné en raison de la tête de six pieds de long que faisait Ed.
- Allez, te fâche pas, Ed. Je vais venir avec vous. Ca me détendra. Et je pourrais faire connaissance avec ta petite amie.
- C'EST PAS MA PETITE AMIE !
- Ah bon ? J'ai cru voir le contraire dans tes pensées l'autre jour.
- Foutu Sharingan, marmonna Ed.
Le train stoppa et une voix retentit dans l'haut parleur :
- Arrêt pour Central. Dix minutes d'arrêt.
- Terminus, tout le monde descend.
Al prit sa valiser et porta celle d'Akira après qu'elle ait un peu rouspété contre. Les deux autres prirent leurs valises et observèrent les deux adolescents devant eux.
- Ils font vraiment un beau couple, n'est-ce pas ?
- Ca va, répondit Virgil. Bon, je vais acheter les tickets.
- Mais d'où est-ce que tu tires tout ce pognon ?
- Du compte en banque. J'ai hérité d'une petite fortune, je dois dire. Mais je compte bien te faire payer le wagon restaurant.
- Echange équivalent.
Sur le quai, Virgil déposa sa valise à côté de celle d'Edward et descendit les marches en courant vers l'accueil.
- Trois billets pour Resembool, s'il vous plaît.
- A quels noms ?
- Edward Elric, Alphonse Elric, Virgil Warren.
Elle remplit trois tickets verts qu'elle tendit au masque qui retourna sur le quai. Il tendit son billet à Edward, et garda le sien et celui d'Alphonse dans sa poche.
Celui-ci arriva juste à temps pour qu'ils entrent dans le train sans passer par l'arrière. Pendant le trajet, Edward et son frère jouèrent à pierre, caillou, ciseaux pour passer le temps, tandis que Virgil regardait le paysage défiler à travers la vitre. Il avait été dur avec sa cousine. Il l'avait forcée à tout abandonner d'une journée à l'autre, mais il en avait reçu l'ordre. Il soupira. Après tout, il était en vacances. Alors autant en profiter.
Le train arriva à Resembool deux bonnes heures plus tard, et l'après-midi était déjà bien avancé. Il leur avait fallu plus de la moitié de la journée pour revenir à Central et deux heures pour aller à Resembool. Il ne connaissait pas ce village hormis ce qu'il avait vu dans l'esprit de son collègue. Ils prirent chacun leurs valises puis sortirent du train.
Virgil se laissa guider par les deux frères dont l'excitation montait visiblement en flèche. Ils franchirent la barrière d'une maison. Une grand-mère était assise dans un fauteuil à bascule, une pipe dans la bouche et… Il activa son Sharingan. Des larmes ? La grand-mère essuya vite fait les gouttes d'eau salée en voyant les garçons, puis se leva et vint les accueillir.
- Bonjour, mamie Pinako ! s'exclama Al, tout guilleret.
- Salut la naine, répondit Edward.
- Bonjour, madame.
Elle ne tiqua même pas à l'insulte d'Edward, ce qui étonna grandement celui-ci, puis enlaça successivement Alphonse et Edward.
- Qui est-ce que vous ramenez, les garçons ?
- Virgil Warren. Alchimiste d'état et collègue de ces deux énergumènes, répondit le concerné en désignant les deux frères.
- Bienvenue chez nous, Mr. Warren.
- Ne m'appelez pas Mr, s'il vous plaît. Ca me vieillit et je n'ai pas trop envie d'y goûter. Quant à vous, vous êtes ?
- Pinako Rockbell.
- Enchanté.
- Où est Winry ? demanda Edward qui cherchait visiblement la jeune femme des yeux.
La mine de la grand-mère s'assombrit, ce qui n'échappa pas à Virgil.
- Elle est partie en ville, mentit-elle. Elle rentrera dans la soirée.
Edward ainsi qu'Alphonse acquiescèrent. Ils rentrèrent dans la petite maison. Petite, mais coquette, put constater le détenteur du Sharingan.
Le soir arrivé, Winry n'était toujours pas là et l'inquiétude d'Edward faisait peine à voir. Il était assis sur le canapé, le dos courbé, les coudes posés sur les genoux et la tête reposant entre ses mains. Il n'avait pas mangé de toute la journée et cela faisait maintenant deux heures qu'il était comme ça. Finalement, le blond se leva et partit se coucher. Virgil n'attendait que ça. Il se leva du fauteuil où il était assis, puis alla s'installer à la table de la cuisine en face de la grand-mère.
- Pourquoi leur avez-vous menti ?
Elle sembla comme tirée de sa réflexion.
- Je n'ai pas menti.
- Allons, allons. Tout le monde avec un peu d'entraînement sait que vous leur avez menti. Pourquoi ? Edward tient tant à revoir votre petite fille et Alphonse aussi. Depuis combien de temps n'est-elle pas rentrée ?
- Trois jours. Depuis qu'elle…
- Dites le moi. Ils n'en sauront rien.
- Qu'elle…
- Dites le !
- Qu'elle s'est mariée.
Virgil écarquilla les yeux.
- De son plein gré ?
- Non. Après le départ d'Edward, trois hommes sont venus. Ils étaient armés et l'un deux a dit qu'il voulait Winry comme épouse. Elle a protesté, mais ils ne lui ont pas laissé le choix.
- Vous auriez pu protester. Vous auriez dû.
- Ils étaient armés.
- On doit savoir mourir pour ses idéaux. Ne vous faites pas de mauvais sang. Winry sera entre de bonnes mains.
- Entre les mains d'un cloaque d'obscénité morale ?
- Entre les mains d'Edward.
- Comment serait-ce possible ?
- Tout simplement parce que je vais aller la chercher, répondit posément le Warren.
- Et vous comptez faire comment ?
- Très simple. Pour commencer, j'éliminerai les gardes de l'entrée, ensuite, je pénétrerai dans le bâtiment – qui est sûrement surveillé – et me dirigerai vers les étages. Ensuite, je récupèrerai votre petite fille. Et si le mari s'y oppose, il devra faire un choix. Sa vie contre le divorce ou sa mort contre le mariage. Dans les deux cas, il est perdant.
- Et si vous échouez ?
- J'ai rarement connu l'échec.
- Combien de fois ?
- Deux fois. Une fois contre mon frère que j'ai tué, et une seconde fois contre ma cousine que j'ai dû forcer à revenir à Central. Dans les deux cas, j'étais perdant. L'échec ne sert qu'à mieux gagner. Donnez-moi l'adresse et je jure sur mon sang que demain matin, aux premières lueurs de l'aube, votre petite fille sera ici.
- 26, rue de l'aubépine.
- Bonne nuit, madame.
Il monta dans sa chambre. Il enleva ses vêtements et enfila une combinaison noire. Il rejeta ses cheveux en arrière et passa un bandeau dessus. Il ouvrit la fenêtre et sortit par là.
La tuerie allait commencer. Bien sûr, il ne comptait laisser aucun survivant de cette famille.
Mouahahahahahahah. Sang, tripes et boyaux, tout ce que j'aime. Prochain chapitre : tuerie de l'aubépine. S'il vous plaît, laissez des reviews. Ca fait toujours plaisir d'en avoir quelques unes.
En voici un extrait :
Sa lame transperça le corps du second garde alors que son couteau allait se ficher dans la carotide du second. Le sang gicla et éclaboussa l'herbe verte. Le détenteur du Sharingan retira sa lame rouge de sang et entra dans la propriété. Ils allaient payer pour avoir forcé une jeune femme à épouser quelqu'un qu'elle n'aimait pas. Ils allaient tous payer.
