La rue de l'aubépine était facile à trouver. Elle se trouvait en plein centre du village. La maison aussi d'ailleurs. Elle surplombait toutes les autres maisons de deux mètres au moins. La propriété était entourée d'un haut mur de briques et la grille de l'entrée était gardée par deux gardes. Comme Virgil put le constater, cette famille était restée très ancien temps. Tous les gardes étaient armés de sabres.
Virgil activa son Sharingan et sortit un de ses couteaux qu'il lança dans la carotide d'un des gardes. Le sang gicla sur l'herbe verte et le corps tomba, éparpillant une mare rouge sur l'herbe. Le second garde, quelque peu inquiet, sorti son sabre et le tint à deux mains, la lame haute et les mains tremblantes. Virgil parvint silencieusement jusqu'à lui et lui trancha la gorge d'un coup net et bien porté. Du sang coula sur la combinaison, mais cela ne se remarquait pas trop. Virgil retira le couteau du cou du mort, puis rangea les deux couteaux et empoigna les deux katanas.
Il entra dans la propriété. Maintenant, ils allaient payer pour avoir forcer une jeune fille à épouser quelqu'un qu'elle n'aimait pas. Ils allaient tous payer. La porte s'ouvrit, laissant passer la relève des gardes qui, comme leurs prédécesseurs restèrent sur le carreau. Virgil entra dans la propriété, ses deux lames s'égouttant sur le carrelage blanc rougi par les larmes rouges. Il monta les étages et l'alarme se déclencha. « Quel con ! » Dans sa vengeance, il avait oublié les caméras. Maintenant, il se retrouvait avec toute la maisonnée sur le dos. Dix gardes arrivèrent. Ils encerclèrent Virgil qui laissa tomber ses katanas au profit de couteau reliés à deux fils que Virgil maniait avec une dextérité peu commune. Les dix gardes ne virent même pas les couteaux passer. Ceux-ci découpaient tout ce qu'ils touchaient. Des membres ensanglantés tombèrent par terre et le carrelage ressemblait plus à une piscine de sang qu'à autre chose. Le jeune homme rangea ses couteaux et s'adressa aux morts :
- J'ai baptisé cette technique : moulinet à quadruple tranchant.
Il rempoigna ses katanas et fonça aux étages.
Winry se réveilla en sursaut. Son mari dormait à côté d'elle, la tête enfoncée dans l'oreiller. Elle soupira. Pourquoi avait-elle dû se marier à ce…cet…enfoiré ? Ah, oui ! Il la voulait comme épouse et c'était elle ou sa grand-mère. L'alarme retentit à ses oreilles. Quelqu'un pénétrait dans la maison. Elle eut peur et en même temps, se sentit soulagée. Et si c'était Edward qui était venu la chercher ? Non. Ca ne pouvait être ça. Il était à Central. Une larme, une seule, coula.
Pendant ce temps, Virgil se battait comme un forcené. Les gardes ne cessaient d'arriver et aussitôt, leur sang giclait sur les murs, le carrelage et les vitres. Onze gardes lui couraient après alors qu'ils tentaient de les semer dans les caves. Il avait déjà gaspillé tous ses couteaux et ses katanas étaient sur le point de craquer tellement ils avaient pris des coups en quelques heures. Il ne restait que ses moulinets. Le jeune homme entendit une lame siffler. Il eut juste le temps de lever sa lame qui résista une dernière fois avant de céder. Les bouts d'acier volèrent en éclats et Virgil lança le pommeau à la tête d'un homme. Il utilisa sa deuxième en la lançant au travers d'un garde qui se fit clouer au sol. Virgil sortit ses couteaux à fil, s'arrêta et les fit tourner à une vitesse impressionnante autour de lui. Quiconque s'approchait se faisait aussitôt déchiqueter en plusieurs morceaux. Virgil avança vers les gardes, mais une fulgurante douleur à l'œil gauche l'empêcha d'agir. Il laissa tomber ses couteaux et dû se tenir l'œil tant la douleur était grande. Les gardes en profitèrent. Ils lui sautèrent dessus et le ligotèrent. Alors qu'il passait devant un éclat d'acier, celui-ci renvoya parfaitement le visage de Virgil : deux Mangekyô Sharingan. « Comment est-ce possible ? Normalement, le Sharingan ne se représente que sur un œil. Et là…deux.
On l'enferma dans une chambre où il s'autorisa un somme.
Le lendemain matin, il échafaudait un plan pour les sortir, lui et Winry, de ce guêpier. Alors que le verrou de la porte s'enlevait, il eut l'illumination. Il se cacha sous le lit. Là où il était, l'homme entré ne pouvait pas le voir. Lorsque celui-ci remarqua qu'il n'y avait personne dans la chambre, il entra et referma la porte derrière lui. Virgil jubilait. Il attrapa vivement la cheville de l'homme et le fit tomber à terre. Il sortit de dessous le lit et plaqua une main sur la bouche du garde. Il lui brisa la nuque et sortit de sa cellule. Il allait devoir se déplacer rapidement, furtivement, et silencieusement. Surtout qu'il n'avait plus aucune arme. Heureusement que ses Sharingan étaient là. Il les activa. La vision avait une fois de plus changé. L'œil droit montrait les points vitaux, tandis que l'œil gauche lui permettait de voir à travers les murs. C'était un immense avantage, certes, mais il était seul. Seul contre tous. Il lui fallait une arme et vite.
Au détour d'un couloir, il aperçut un garde. Sans réfléchir, il entra dans la première pièce et désactiva ses Sharingan pour retrouver une vision normale étant donné qu'avec, il voyait tout en rouge, blanc et noir. « Oh, merde. Je crois que je me suis planté de chambre. Eh, mais, c'est Winry. » Il s'avança sans faire aucun bruit derrière elle. Elle était en train de dessiner un portrait d'Edward.
- Winry ? tenta-t-il.
Elle se retourna brusquement et ouvrit la bouche. Par réflexe, Virgil posa une main dessus.
- Calmez-vous. Je suis un ami d'Edward. Je suis venu ici pour vous ramener chez vous. Votre véritable chez vous.
Elle se calma et Virgil lui redonna l'usage de la parole.
- Je m'appelle Virgil Warren. Je suis alchimiste d'état et un collègue d'Edward. Nous avons eu des vacances, et j'ai appris par votre grand-mère que vous aviez été mariée de force à quelqu'un que vous n'aimiez pas. Je me suis « introduit » dans la maison dans l'espoir de vous sauver, mais je me suis fait avoir.
- Comment avez-vous fait pour sortir ?
- Je vous raconterai cela plus tard. Pour l'instant, est-ce que vous savez où est-ce qu'il y aurait une arme ?
- Oui.
Elle se leva et sortit un katana d'une armoire. Elle le lui tendit.
- Merci. Maintenant, je ne vous obligerai pas à partir. Vous devez choisir. Soit vous restez ici, soit vous venez avec moi.
- Edward est à la maison ?
- Oui.
- Alors je viens avec vous.
- Très bien. Suivez-moi comme si votre vie en dépendait. Elle en dépend d'ailleurs.
- Très bien.
Virgil réactiva ses Sharingan et ouvrit la porte. Juste au moment où un garde passait devant. Ouvrir n'était pas tellement le mot approprié. Il avait plutôt donné un coup de pied dedans. Le garde s'était pris la porte en plein nez et était correctement sonné. Winry sortit après Virgil qui eut regardé s'il n'y avait personne aux alentours. Tandis qu'elle descendait les escaliers, il enjambait la rambarde et courait dehors. Depuis son intrusion hier soir, la sécurité avait été renforcée. Il empoigna Winry et la serra contre lui tout en lui posant la lame sous la gorge.
- Qu'est-ce que vous faites ?
- Laissez-moi faire. Je sais ce que je fais.
Elle se tut, malgré la goutte de sueur qui perlait derrière sa nuque. Ils avancèrent ensembles. Les gardes se retournèrent et tous dégainèrent. Virgil restait calme et Winry s'affolait de plus en plus. A la sortie, il ne lui souffla qu'un seul mot : courez.
Elle obéit et se mit à courir. Ils tournaient à chaque coin de rue, espérant semer leurs poursuivants, et ce qui devait arriver arriva : un grillage. Sans s'arrêter, Virgil découpa le grillage et passa à travers. Une fois que Winry fut sortie, il grava un cercle de transmutation et posa les mains dessus. Un grand mur d'une vingtaine de mètres s'éleva. Virgil s'y adossa et souffla. Ils avaient réussi à mettre une vingtaine de mètres entre eux et les hommes en smoking. Ils rejoignirent calmement, mais inquiets, la maison.
Edward était assis sur les marches dans la même position que la veille, désespérant de voir revenir la jeune femme. D'ailleurs, Pinako aussi s'inquiétait. Virgil lui avait juré qu'il la ramènerait, et il était déjà midi. Edward releva la tête et écarquilla ses deux iris dorés. Devant lui, accompagnée du détenteur du Sharingan, Winry marchait – ou plutôt courait – vers lui. Il eut juste le temps de se relever et de la recevoir dans ses bras. Il jeta un regard empli de gratitude vers Virgil qui lui répondit :
- Ce n'est rien.
Il entra dans la maison où Pinako se releva immédiatement.
- Où est-elle ?
- Dans les bras d'Edward.
Elle courut dehors et enlaça les deux adolescents. Virgil, lui, tomba dans le canapé et se dit qu'une bonne douche ne lui ferait pas de mal.
Pffouu. On pourra dire qu'il en a fait des dégâts. Dixième chapitre terminé. Champagne ! et…reviews !
Extrait du prochain chapitre :
Un rayon de soleil lui chatouilla le visage. Il ouvrit timidement un œil qui se posa sur la plus belle vue qui lui eut jamais été donné de voir : Riza dormait contre lui, son visage entouré par quelques cheveux blonds, ses yeux encore profondément fermés. C'était leur première permission commune et ils comptaient bien en profiter pour faire une grasse matinée et passer leur journée entre eux.
Je sais. Les extraits se font de plus en plus courts. Je suis impardonnable.
